00:01Emmanuel Macron qui a fait des déclarations ce week-end,
00:05il suit ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez,
00:08il dit que oui, LFI est à l'extrême gauche.
00:13Je constate que dans les positions qu'ils prennent,
00:16dit le président de la République, on va peut-être le voir s'inscrire à l'image,
00:20en particulier sur l'antisémitisme,
00:22ils contreviennent à des principes.
00:27Je crois qu'il n'y a pas tellement de mystère pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche.
00:31Comment est-ce que vous réagissez, Éric Coquerech ?
00:32Écoutez, c'est un peu gros ce qu'essaye de faire Emmanuel Macron, on le voit bien.
00:35C'est-à-dire qu'après, il rajoute l'extrême droite.
00:37L'idée, c'est de faire du nini et de faire une parallèle,
00:41qui après, d'ailleurs, en plus, peut justifier les alliances
00:44que font ces troupes à l'Assemblée nationale
00:47sur le contenu du programme du IRN,
00:50sur certains textes de loi ou certains amendements,
00:53et puis qui permettent un peu, j'allais dire,
00:55de dire qu'il y a un cercle de la raison,
00:57et c'est le seul, finalement, qui respecte la démocratie.
01:00On a les deux extrêmes de deux côtés.
01:01Donc, voilà.
01:02C'est gros, c'est grossier, c'est une récupération politique.
01:05Moi, je vais dire, Emmanuel Macron, il a fait trois...
01:07Quand il a été élu en 2017, c'est trois promesses.
01:08Vous avez vu les déclarations sur l'antisémitisme ?
01:10Je constate que dans les positions qu'ils prennent,
01:12en particulier sur l'antisémitisme,
01:14ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République.
01:15J'ai à venir.
01:16Il y avait trois réactions, d'accord ?
01:18Trois promesses.
01:19Plus de SDF, plus de chômage,
01:22l'extrême droite réduite.
01:23Dans les trois cas, c'est un échec terrible.
01:26Alors, je ne sais pas si sa façon de réagir,
01:28au fait que depuis 2017, l'extrême droite monte,
01:31c'est de s'en prendre à ceux qui s'opposent
01:33le plus fortement à l'extrême droite,
01:35de façon à les diaboliser,
01:38et que ce ne soit plus,
01:39quand on sait que c'est nous qui pouvons être éventuellement
01:41une alternative à gauche,
01:42que ce ne soit plus une alternative possible,
01:44jusqu'à ce que, j'y reviens,
01:46prendre des textes de l'extrême droite,
01:48les mettre en amendement dans le budget.
01:49Il y a des textes, par exemple,
01:50qui sont directement posés dans le budget,
01:52sur la préférence nationale,
01:53sur des aides sociales.
01:55Je ne sais pas si c'est sa tactique,
01:56sa stratégie,
01:57mais moi, je la dénonce véritablement.
01:59Vous savez,
02:01sur quoi s'est appuyé M. Nunes
02:03pour expliquer que nous étions tout d'un coup
02:05d'extrême gauche,
02:05que le Conseil d'État avait complètement infirmé
02:08en mars 2024 encore,
02:10et à plusieurs reprises.
02:11Il a donné plusieurs...
02:12On vote les censures.
02:14C'est bien.
02:14On vote les censures.
02:15C'est-à-dire,
02:16la seule possibilité,
02:17quand vous avez des 49-3,
02:18c'est-à-dire,
02:18on s'oppose à l'Assemblée nationale.
02:20Ça nous catégorise avec extravagance.
02:21Après, il a pris trois choses.
02:23Il a dit,
02:23on s'attaque à l'institution judiciaire.
02:25Je vous rappelle qu'en 2019,
02:27manifestation des syndicats de policiers
02:29devant l'Assemblée nationale,
02:29le seul parti qui a refusé d'être là
02:32quand les policiers disaient
02:33le problème de la police,
02:34c'est la justice,
02:35c'est nous.
02:35Ensuite, en gros,
02:36il nous accuse sous des termes divers
02:39de défendre les personnes victimes de racisme.
02:41Et la troisième chose,
02:42c'est qu'on voudrait sanctionner le PS
02:44en se présentant au municipal.
02:45Voilà les trois raisons,
02:46arguments qui justifieraient,
02:48alors qu'on a le même programme,
02:49on compte prendre le pouvoir par les urnes,
02:52de manière démocratique.
02:52Voilà ce qui justifierait
02:53d'être classé à l'extrême-gauche
02:54pour essayer de nous diaboliser.
02:56Tout ça est quelque chose
02:58qui est assez connu dans l'histoire.
02:59Trump s'en inspire.
03:00Il diabolise tout ce qui est au fondant à lui
03:02en les traitant de tous les noms.
03:04Et je trouve que M. Macron
03:06joue un jeu très dangereux
03:08en faisant ça pour la démocratie.
03:09Est-ce qu'il n'y a pas
03:09un triple problème là-dedans ?
03:10C'est-à-dire que chacun, finalement,
03:11décide de se diaboliser.
03:13La droite diabolise le centre,
03:14le centre diabolise la droite,
03:15la gauche est diabolisée par les autres.
03:17Est-ce que finalement,
03:17les étiquettes qu'il ne faudrait pas
03:18laisser de côté,
03:19c'est extrême-gauche et extrême-droite ?
03:21Oui, justement.
03:21Et extrême-droite.
03:22Parce que sinon...
03:22Ça ne vous dérange pas,
03:23vous de qualifier...
03:23On veut en un gars, là.
03:25Vous avez raison de dire
03:25que c'est ça, la histoire.
03:26C'est-à-dire que l'extrême-droite,
03:27elle, est catégorisée systématiquement
03:30par le Conseil d'État
03:31depuis des années à l'extrême-droite,
03:32tout simplement parce que
03:33son origine est celui de l'extrême-droite,
03:35son origine historique.
03:36M. Mélenchon aussi, à ce compte-là.
03:38Le trotskisme,
03:39ce n'est pas exactement le centre-gauche.
03:40Non, non.
03:40Les origines de Jean-Luc Mélenchon
03:42politique, le Parti Socialiste,
03:43ne sont pas classées à l'extrême-droite.
03:45Et nous n'avons pas, nous...
03:45Le trotskisme,
03:46c'est pas l'extrême-droite.
03:47Nous n'avons pas, nous,
03:48des personnes de l'OS
03:50et des anciens Waffen et SES
03:52dans la création d'un courant historique
03:53dans lequel nous sommes.
03:54Si vous voulez,
03:54ce n'est pas tout à fait la même chose.
03:55Vous voyez ce que je veux dire
03:56par rapport au extrémisme,
03:57y compris dans les pratiques racistes, etc.
03:59Donc, ce n'est pas la même chose.
04:00Donc, le mot extrême-droite,
04:01pour vous, est normal.
04:02Mais vous avez raison de dire
04:03que vous, vous dites,
04:04finalement,
04:06les deux devraient,
04:07ils ne devraient plus avoir
04:08d'extrême-gauche et d'extrême-droite.
04:09Mais c'est un peu la même chose
04:10que veut Macron d'une autre manière.
04:12C'est une manière
04:13de banaliser l'extrême-droite.
04:14Et ça arrange encore plus
04:15ceux qui, comme M. Retailleau,
04:17finalement,
04:18puissent dans le programme
04:18de l'extrême-droite
04:19et imaginent des alliances avec eux.
04:21Donc, tout ça,
04:22diaboliser...
04:23Laissez-moi finir.
04:24Diaboliser...
04:24M. Retailleau ne puissent pas
04:25dans le programme de l'extrême-droite.
04:26Il a un programme de droite.
04:27Non, oui,
04:28un programme d'extrême-droite.
04:29Écoutez bien les propos
04:29qu'il termine.
04:30Donc, Retailleau a quelque chose
04:31à voir avec l'extrême-droite.
04:32Quand vous parlez
04:32des Français de papier,
04:33c'est quoi ?
04:34L'expression vichysoise
04:35par rapport aux Français
04:36qui sont panés en France.
04:37Donc, Vichy,
04:38Retailleau et Alvichy.
04:39Qui a utilisé l'expression ?
04:40Je me permets.
04:41Non, mais attendez.
04:42Non, non, je ne sais pas.
04:43Vous me demandez si...
04:44Vous me demandez aujourd'hui...
04:45Je vous demande si Retailleau
04:46égale Vichy.
04:46Vous me demandez si aujourd'hui,
04:48M. Retailleau,
04:49puissent dans le programme
04:49de l'extrême-droite.
04:50Je vous réponds, oui.
04:52Quand M. Retailleau dit
04:53qu'il faudrait substituer
04:54au droit du sol
04:55le droit du sang,
04:56c'est typiquement
04:57dans le programme
04:57de l'extrême-droite
04:58puisque c'est revenir
04:59sur la notion très républicaine
05:00d'une citoyenneté politique.
05:02Quand M. Retailleau
05:03parle de français de papier,
05:04je n'y peux rien
05:05si c'était jusqu'à maintenant
05:07Maurras et Vichy
05:09qui parlaient de ce genre d'expression.
05:10On ne va pas rentrer
05:10dans le droit du sol
05:11et le droit du sang,
05:11mais il y a beaucoup
05:12de pays européens
05:13qui utilisent le droit du...
05:14Oui, mais il se trouve
05:14que c'était justement
05:15la fierté en France,
05:16si vous voulez,
05:16c'est que nous pensons
05:17que la citoyenneté
05:19est un fait politique
05:20d'appartenance à la République
05:21et non pas un fait ethnique
05:22et c'est ce qui nous c'est par...
05:23C'est LFI
05:24ou c'est l'ensemble des Français ?
05:25Non, non, non, c'est la République
05:26qui...
05:26Ça, c'est dans les textes,
05:27si vous voulez.
05:27C'est tout un combat
05:28extrêmement important
05:29et justement qui différencie...
05:30Donc il y a des textes
05:30que vous vous combattez
05:31en disant,
05:32notamment des textes européens
05:33en disant,
05:33tiens, il faudrait peut-être
05:34ne pas en tenir compte.
05:35Par contre, ceux-là,
05:35vous les gardez.
05:36Là, je parle des fondements
05:36de notre République.
05:37Je parle de ce qui fait
05:38la citoyenneté.
05:39Ce qui fait la citoyenneté,
05:40c'est une adhésion politique.
05:42Monsieur Coquerel,
05:43vous voulez une sixième république,
05:44vous voulez détruire
05:46la cinquième république.
05:46Vous mettez peut-être en question
05:47ce genre de fondement.
05:48Pour moi, il est essentiel.
05:49Parce que la différence
05:50entre une citoyenneté ethnique
05:52et une citoyenneté politique
05:54républicaine,
05:55c'est tout ce qui nous différencie
05:57justement théoriquement
05:57jusqu'à maintenant
05:58l'extrême droite
05:59des forces républicaines.
06:00Je regrette que la droite
06:03dite républicaine anciennement
06:06qui faisait barrage
06:06par rapport à l'extrême droite
06:07finisse par reprendre
06:08ce genre d'argument.
06:09Mais dans le cadre
06:10des municipales,
06:11plusieurs de vos candidats
06:12disent par exemple
06:12dans cette circonscription,
06:14dans cette ville,
06:15il faudrait que finalement
06:16les racisés soient représentés
06:17par des racisés.
06:19Non, jamais ça n'a été dit.
06:20Jamais ça n'a été dit.
06:21Il y a des liens pour venir là.
06:22Je veux dire.
06:23Des gens qui rassemblent
06:24au genre de...
06:25Ce que nous disons,
06:25c'est qu'un parti...
06:26Quand Mme Obono dit
06:27à la fête de l'Huma,
06:28il y a trop de blins.
06:28Ce que nous disons...
06:29On va dire comme ça.
06:30Je vous réponds à votre question.
06:32Quand nous disons
06:33qu'une force qui se bat
06:35contre toutes les discriminations
06:36qui compte avant tout
06:38représenter ceux qui vivent
06:39toutes les inégalités
06:40et donc les catégories populaires
06:41et que dans les catégories populaires
06:43comme souvent dans l'histoire
06:44de notre pays,
06:45ce sont celles qui accueillent
06:47les immigrations les plus récentes
06:48et que les immigrations
06:49les plus récentes,
06:50ils se trouvent dans l'histoire
06:51de notre pays.
06:51Là, depuis les années 60-50,
06:54viennent souvent
06:54de nos anciennes colonies.
06:56Ce que nous disons,
06:57c'est que si nous allons
06:58jusqu'au bout,
06:59ça veut dire que
07:00ceux que nous présentons
07:01à nos élections
07:02doivent effectivement ressembler
07:04à...
07:04Mais c'est un critère ethnique.
07:06Donc un certain...
07:07Non, c'est pas un critère ethnique,
07:08c'est un critère social.
07:09Et il se trouve que
07:10comme les deux sont souvent liés
07:11dans les discriminations,
07:13inévitablement,
07:14si vous avez des listes...
07:14Comme Mme Bollon dit
07:15à trop de blanc
07:16à la fête du Luma,
07:17ça vous dérange ?
07:17Si vous avez des listes
07:17que vous présentez
07:18en Seine-Saint-Denis
07:19où vous comptez représenter
07:21justement avant tout
07:22tous ceux qui vivent
07:23des discriminations,
07:24vous avez des listes
07:25par exemple qui sont...
07:26Alors souvent,
07:26c'était pas le cas.
07:27Au milieu des listes,
07:27il y avait des personnes
07:28racistes,
07:29contre les parties traditionnelles,
07:30mais vous n'avez pas
07:30des maires que vous présentez
07:32qui soient présumés noirs
07:33ou arabes,
07:34ça veut dire quelque part
07:35que vous êtes tombés à côté
07:35parce que vous ne représentez
07:37pas la population.
Commentaires