00:00Un autre sujet, Jean-Pierre Farandou, c'est la TVA sociale que met sur la table François Hollande,
00:04après avoir été défavorable en 2012 lorsqu'il a accédé au pouvoir. Qu'est-ce que vous pensez de cette
00:08idée ?
00:09Moi je me méfie beaucoup d'évaluation magique, c'est-à-dire que tout à coup, il y a des
00:13gens qui disent
00:14« c'est simple, on n'a qu'à baisser les cotisations ». C'est la différence entre le salaire
00:17brut et le salaire net.
00:18Voilà, génial, ça y est, on a trouvé la martingale.
00:20Bon, d'abord, moi je dis avant de baisser les cotisations, la première chose à faire, c'est de rétablir
00:25les comptes de ces grands systèmes
00:26parce que ces cotisations, elles financent les retraites, elles financent la santé.
00:29On en a déjà beaucoup parlé. Faisons en sorte déjà que ça soit rétabli.
00:32Parce que c'est une drôle d'idée de baisser les recettes d'un système qui est déjà en déficit.
00:36Il n'y a qu'un petit problème là, économique.
00:38Ah donc vous êtes pour plus d'impôts, vous ? Alors que les Français sont déjà ponctionnés au maximum.
00:42Non, non, moi j'ai...
00:43Vous avez dit que c'est une idée bizarre de baisser les recettes.
00:48Vous avez la sécurité sociale qui est en déficit. Vous lui baisser les recettes, vous croyez que ça va arranger
00:52son déficit ?
00:53Et vous-même, vous m'avez dit que c'est quand même pas normal de baisser le reste à charge
00:56pour les dentistes.
00:57Vous êtes en contradiction là.
00:58Non, je ne suis pas en contradiction, c'est juste qu'au lieu de regarder dans la dépense et de
01:02mieux l'aiguiller,
01:03je me demande si on ne peut pas mieux aiguiller la dépense plutôt que de prendre encore vos Français.
01:06Mais c'est une différence de point de vue Jean-Pierre Farrandou.
01:08Non, non, non, quand on le fait sur les dentistes, vous m'avez dit que ce n'est pas normal.
01:10Vous avez démarré comme ça, vous voyez.
01:11Là, vous reflétez une petite contradiction qui n'aide pas les Français.
01:13Vous savez bien que non Jean-Pierre Farrandou.
01:15Non, non, mais bon, pour vous dire que ce n'est pas si simple.
01:17En revenant à la TVA sociale.
01:18Donc voilà des gens qui, avant même de rétablir les comptes de la santé et des retraites,
01:22qui sont les deux éléments principaux de la protection sociale.
01:24Mais ça serait un truc à somme nulle, c'est qu'on augmenterait la TVA pour baisser les cotisations sociales.
01:28Donc c'est ça l'idée.
01:30De combien on peut l'augmenter la TVA ? Deux points.
01:32Et encore ?
01:33François Hollande dit 24%.
01:35Oui, de 20 à 24.
01:36C'est audacieux parce que là, pour le coup, les économistes disent
01:39« Ouais, il y a peut-être une petite marge de manœuvre en France à les deux points par rapport
01:42aux autres pays européens. »
01:43Sauf les produits de première nécessité et l'énergie.
01:45On affine.
01:45Deux points de TVA, ça vous fait deux points de cotisation en moins, à peu près.
01:49Bon, les salariés gagnent deux points.
01:51Deux points. Est-ce que ça répond au problème ?
01:53Moi, je ne sais pas, les gens qui se prennent, c'est quelque chose.
01:56Mais est-ce que c'est à la hauteur des attentes ? Je ne le crois pas.
01:58L'idée, c'est de faire payer les importations, c'est de faire payer aussi,
02:03que toute la protection sociale ne repose pas seulement sur le travail, sur les entreprises, sur les salariés.
02:07Ah, mais ça, on peut en parler.
02:08C'est aussi ça l'idée de la TVA sociale.
02:10Il y a des arguments en faveur.
02:11Oui, mais il y a la modalité, il y a la discussion.
02:14Je termine sur la TVA.
02:15Comme dirait l'autre, ça augmente les prix quand même.
02:17Donc vous reprenez un peu d'une main par l'inflation, par les prix,
02:20ce que vous avez donné par la réduction des cotisations.
02:22Voilà, donc on peut en débattre.
02:24Alors maintenant, sur le principe, est-ce qu'on ne demande pas trop au travail ?
02:27Oui.
02:28Ayons le débat.
02:33Le financement à la sécurité sociale en 1945, tout était sur le travail.
02:36Parce qu'on pouvait.
02:37On pouvait, très bien.
02:38Je vous l'ai expliqué.
02:39Vous avez vu comment les cotisations sont déformées, on rajoute la CLG en 1991.
02:43Et ça ne suffit toujours pas puisqu'on est en déficit.
02:45Est-ce qu'il est normal de demander au travail,
02:47les entreprises ou les salariés, de tout prendre sur leurs épaules ?
02:50En tout cas, le constat montre que c'est difficile.
02:53Dans la mesure où on fait ce constat,
02:54est-ce qu'on ne devrait pas, à moyen terme,
02:56surtout la présidentielle s'en vient dans quelques mois,
02:59exiger des réformes, mais beaucoup plus considérables
03:01que le rafistolage d'un modèle qui par lui-même ne fonctionne plus ?
03:04Le fait que le commun est mortel, lorsqu'il travaille,
03:07l'essentiel de ce qu'il gagne sera récupéré par l'État
03:09ou par je ne sais quel organisme, mon instance.
03:11Est-ce qu'il n'y a pas un modèle à réformer fondamentalement,
03:14bien au-delà du rafistolage légitime qu'on peut faire ?
03:16C'est la discussion qu'on a commencé à avoir,
03:18j'ai utilisé le mot réforme, les réformes importantes.
03:20Moi je pense que par exemple, le travail, qu'est-ce qu'il doit payer ?
03:23C'est ce qui est lié au travail.
03:24Donc c'est quoi ? C'est les retraites,
03:26les retraites c'est la contrepartie du travail,
03:28c'est aussi le chômage, le chômage c'est un risque lié au travail,
03:31et vous avez les accidents du travail, les maladies professionnelles.
03:34Très bien.
03:34Qu'il y a un système assurantiel avec des cotisations, c'est logique.
03:38Après les autres prestations, elles sont pour tout le monde au fond.
03:40La santé, elle est pour tout le monde.
03:42Tout ce qui est perte d'autonomie en fin de parcours, c'est pour tout le monde.
03:48Les familles, c'est pour tout le monde.
03:51Donc que ces objets-là, on réfléchisse à un financement de nature différente,
03:55qui s'adosserait davantage à la fiscalité,
03:56parce qu'il faut bien trouver aussi des ressources,
03:58je pense que c'est une réflexion qui mériterait d'être posée.
04:01C'est une réflexion qui mérite d'être posée.
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