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  • il y a 3 jours
Une heure d’entretien incontournable en partenariat avec CNEWS et Les Echos. Une personnalité politique, un dirigeant économique ou un intellectuel revient sur les grands thèmes de l'actualité et répond aux questions sans détour de Pierre de Vilno pour apporter des réponses concrètes aux Français.

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Transcription
00:00Oui, je crois qu'hier à la fête de l'Humanité, vous avez débattu avec Sophie Binet, la patronne de
00:04la CGT, que vous connaissez bien.
00:06La CGT, comme un certain nombre de parties de gauche face à la hausse du prix des carburants et l
00:10'inflation, réclame une hausse du SMIC et un gel du prix des carburants.
00:14Est-ce que c'est une idée qui, selon vous, est recevable, avec l'idée que le travail ne paie
00:18plus en France et qu'avec un SMIC, on n'arrive pas à vivre ?
00:20Qu'est-ce que vous répondez à Mme Binet ?
00:22D'abord, sur le principe, discuter avec les partenaires sociaux, c'est une bonne chose, qu'ils soient syndicats ou
00:26patronats,
00:26parce que dans les partenaires sociaux, il ne faut pas oublier qu'il y a aussi les organismes patronales qui
00:29sont très attentives au développement des entreprises.
00:31Moi aussi, d'ailleurs, venant de l'entreprise, je le redis très clairement, le social est un aval de la
00:37dynamique économique.
00:38Il faut, en gros, créer la richesse avant de la partager. Je suis pour le partage, mais je suis aussi
00:41très pour la création.
00:43Voilà, donc je ne l'oublie jamais, il faut mettre les choses dans le bon ordre.
00:46D'où le SMIC ? Là, c'est la réponse au SMIC.
00:47Bon, on a en France une loi qui fait que le SMIC est indexé quand l'inflation dépasse 2%, très
00:52bien, c'est quand même une forme de protection.
00:54Il y a peu de pays qui ont ça, donc on a une forme de protection des salaires les plus
00:58bas, dont acte, de là à l'augmenter.
01:00Vous voyez bien que les entreprises, et ce n'est pas possible, c'est les entreprises qui paient les salaires.
01:03Dans leur compte d'exploitation, dans l'équilibre général, est-ce qu'elles peuvent le faire ?
01:07Si jamais elles le faisaient, de toute manière, elles le répercuteraient sur le prix de leurs produits, ce qui alimenterait
01:11l'inflation.
01:12Donc, ce n'est pas si simple.
01:13Et de la même manière, ce n'est pas le ministre du Travail qui fixe les salaires dans toutes les
01:16entreprises de France.
01:17C'est ce qu'on appelle la négociation annuelle obligatoire.
01:19Moi, j'en ai fait beaucoup quand j'étais chef d'entreprise, il faut laisser aux entreprises le souhait de
01:23négocier.
01:24Et le gel des prix des carburants, la deuxième mesure qu'elles réclament, et que réclament notamment la France insoumise,
01:28on en a déjà parlé sur ce plateau.
01:30Oui, on en a parlé tout à l'heure, on a échangé là-dessus.
01:32Oui, il y a des aides ciblées pour les entreprises, je le redis, pour leur permettre de continuer leur activité,
01:37et pour les salariés les plus modestes, gros rouleurs,
01:39mais on ne peut pas généraliser de manière très extensive un système d'aide structurelle.
01:44Non, mais là, ce serait les compagnies pétrolières qui paieraient, pour le coup, s'il y avait un gel du
01:47prix des carburants, ce ne serait pas l'État, c'est leur argument.
01:50C'est toute la discussion qu'on a, notamment avec le premier d'entre eux.
01:53Moi, je vois que le groupe Total tient parole, maintient le prix des carburants au-dessous des seuils de 2
01:58euros,
01:58c'est leur manière à eux de participer à l'effort, ça me semble une bonne manière d'avancer.
02:02Mais ce que vous dites me semble absolument essentiel, c'est-à-dire, vous vous rappelez par exemple que ce
02:06sont les entreprises qui paient les salaires,
02:08qu'on ne peut pas décréter l'État une hausse des salaires artificiels comme ça-là,
02:11des raisonnements économiques élémentaires, mais qui me semblent manquer peut-être une partie de la gauche et des syndicats,
02:15vous parlez des partenaires sociaux, qui croient qu'il suffirait que l'État décrète pour que la société s'adapte
02:20immédiatement.
02:21Est-ce qu'il n'y a pas une forme de raisonnement économique élémentaire qui manque quelquefois à gauche?
02:25– À gauche et parfois ailleurs, on le sait, c'est un problème un peu qu'on a de manière
02:32assez générale,
02:33c'est que les raisonnements économiques effectivement de base ne sont pas toujours installés,
02:37qu'est-ce que c'est qu'un amortissement, qu'est-ce que c'est qu'un bilan, qu'est
02:40-ce que c'est qu'une dette, un déficit, des taux,
02:42tout ça c'est peut-être des notions économiques peu maîtrisées dans la classe politique,
02:47et c'est embêtant parce qu'elle vous rattrape l'économie, c'est terrible, l'économie, on peut la négliger.
02:51– Vous voulez dire que les politiques sont nulles en économie ?
02:52– C'est-à-dire que vous vous retrouvez par exemple avec des partenaires politiques qui comprennent rien à ce
02:56que vous dites ?
02:56– Non mais c'est intéressant pour les Français de savoir ça.
02:59– Je dis en tout cas que ce sujet de l'économie, au sens qu'il est une science,
03:03l'économie ce n'est pas un dogme, c'est une science, et n'est pas la compétence la plus
03:08installée.
03:09– C'est la façon jolie de le dire Jean-Pierre Farrand.
03:12– Oui, parce qu'il faut être nuancé dans le propos, et c'est vrai que le fait de prendre
03:15des chefs d'entreprise comme moi,
03:16forcément ça ramène dans le monde politique des gens qui savent ce que c'est,
03:19puisque ça a été notre vie pendant des années, je ne suis pas tout seul d'ailleurs,
03:23j'ai le ministre Papin aussi qui vient de la grande distribution, vous le savez,
03:26nous on essaie d'amener cette vision économique parce qu'elle est essentielle,
03:30et je le redis, tournez le dos à l'économie, ça tient quelques années,
03:32mais elle vous rattrape inéluctablement, et on est sanctionné par les marchés financiers,
03:36on a un certain nombre d'indicateurs qui traduisent bien comment le monde extérieur,
03:40notamment le monde qui vous finance, traduit la performance économique.
03:42– Oui, c'est ça, c'est ça, c'est ça.
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