Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 49 minutes
Le 9 septembre, la commission d'enquête du Sénat sur les violences dans le périscolaire poursuivait ses auditions. Elle entendait des maires de communes touchées par des signalements d'agressions sexuelles dans le périscolaire : Joakim Giacomoni, maire de Colombes, Laurent Cathala, maire de Créteil, Charlotte Libert, maire de Vincennes, Olivier Araujo, maire de Charly et Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen. En juin 2026, la Chambre haute a ouvert une commission d’enquête consacrée aux violences dans le périscolaire. La sénatrice LR de Paris Agnès Evren en est la rapporteure. Cette mission est née du scandale du périscolaire à Paris, révélé en avril 2026 : 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles. Les maires auditionnés ont détaillé la façon dont ils ont géré la situation. Ils ont abordé leurs liens avec l'institution judiciaire et avec les parents, et ont déploré un fonctionnement en silo. Revivez ces échanges. Année de Production :

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00:09Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat, l'émission
00:00:14qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17Comme toute cette semaine, on continue à suivre les travaux de la commission d'enquête du Sénat sur les affaires
00:00:22de violences sexuelles dans le secteur périscolaire.
00:00:24Les sénateurs ont entendu des élus locaux alors que les communes, je le rappelle, ont la gestion de la compétence
00:00:31du secteur périscolaire dans les écoles
00:00:33et donc sont en première ligne pour lutter contre ce fléau. Je vous laisse écouter cette audition.
00:00:38Il était important pour nous de vous entendre en tant que maire parce que vous le voyez bien dans les
00:00:44médias, il y a une immense émotion des familles.
00:00:48Les familles ont droit à la vérité, les familles ont besoin d'explications et donc vous êtes aujourd'hui quatre
00:00:53mères, enfin cinq tout à l'heure de quatre départements différents
00:01:00et c'est vrai que vous avez un point commun, c'est d'avoir été tous confrontés à des situations
00:01:06de crimes et délits parce qu'on parle de dysfonctionnement
00:01:09mais il s'agit de crimes et délits commis donc sur des enfants, on parle d'enfants de deux ans,
00:01:13de trois ans, de quatre ans, de cinq ans
00:01:15et que hélas, comme je le répète souvent, si Paris est un cas exceptionnel par l'ampleur des enquêtes pénales
00:01:21en cours, 235 enquêtes pénales en cours
00:01:23et par l'omerta qui y a régné, pour autant, Paris n'est pas une exception et que hélas, quasiment
00:01:31tout le territoire de France,
00:01:3472 départements selon SOS périscolaire ont des remontées de signalement en termes encore une fois de violence dans le périscolaire.
00:01:42Et donc l'enjeu de cette commission, ça a été dit par le président, moi je ne suis pas magistrate,
00:01:47je ne suis pas procureure, nous ne sommes pas un tribunal,
00:01:49c'est encore une fois d'essayer de comprendre pourquoi est-ce que toutes ces défaillances en termes de contrôle,
00:01:55de recrutement, d'organisation du périscolaire
00:01:59peuvent avoir lieu en France et on voit bien que vous êtes, comment dire, tous en tant que maire confrontés
00:02:06aux mêmes difficultés,
00:02:08évidemment on parlera j'imagine de la pénurie d'animateurs formés et qualifiés et donc ce qui compte aujourd'hui
00:02:15c'est de vous écouter, de comprendre
00:02:18et donc ce que je vous propose dans un premier temps, c'est que je vais vous poser des questions
00:02:22sur lesquelles j'aimerais que vous répondiez chacun 3 à 4 minutes
00:02:25et ensuite on pourra revenir évidemment sur la situation périscolaire dans vos communes.
00:02:33Tout d'abord, un premier bloc de questions auxquelles je souhaiterais que vous répondiez sur la remontée d'informations et
00:02:39le signalement.
00:02:40Comment avez-vous été mis au courant des suspensions, des suspicions d'agression ?
00:02:46Quelles décisions avez-vous prises dans les 24 heures qui ont suivi ?
00:02:51En combien de temps l'animateur soupçonné a-t-il été écarté des enfants ?
00:02:56Avez-vous procédé à un signalement auprès de la justice et des services préfectoraux de la jeunesse ?
00:03:02A quelles difficultés avez-vous été confrontés dans la procédure de signalement ?
00:03:06Et quels sont désormais vos process ?
00:03:10Ma deuxième question concerne les relations avec la justice.
00:03:14Êtes-vous tenu au courant ou non de l'avancement de l'enquête judiciaire ?
00:03:19Quelles sont là aussi vos difficultés auxquelles vous avez été confrontés ?
00:03:23Madame Libère, Madame la maire, vous évoquiez dans vos réponses au questionnaire l'intervention de la brigade de protection des
00:03:28mineurs
00:03:29dans une classe pour entendre des enfants, ce qui est totalement contraire à la réglementation qui vise à protéger les
00:03:36enfants.
00:03:37Ça a été le cas également à Colombes, ce qui a créé une véritable sidération chez les parents, puisque les
00:03:42parents n'avaient même pas été informés.
00:03:45Et donc, aviez-vous l'un et l'autre été informés de ces auditions au préalable ?
00:03:51Lundi, les procureurs de la République nous ont indiqué que le temps de la procédure judiciaire est long et ne
00:03:56correspond pas au temps de la suspension administrative,
00:03:58qui est beaucoup plus courte.
00:03:59Donc là, c'est de vous exprimer sur la synchronisation de l'enquête judiciaire avec la suspension administrative.
00:04:06Comment gérez-vous cette différence de temporalité ou encore une décision de classement ?
00:04:12Et enfin, ma dernière question porte sur les relations avec les parents.
00:04:16J'ai senti une immense émotion de la part des parents, parce qu'en fait, on les tient à l
00:04:20'écart de toute information.
00:04:22Alors après, c'est peut-être lié au secret de l'enquête, mais comme je le répète souvent,
00:04:26la présomption d'innocence ne doit pas se traduire par un silence opposé aux familles.
00:04:32Vous imaginez l'angoisse que ça peut générer quand l'enfant a parlé.
00:04:35Et c'est à partir de là que la famille et l'enfant traumatisé doivent être évidemment accompagnés.
00:04:41Et donc, combien de temps après les faits avez-vous informé l'ensemble des parents ?
00:04:48Y a-t-il eu une demande de la part de la justice, de la police, de ne pas communiquer
00:04:52?
00:04:52Si oui, dites-le nous.
00:04:54Et en l'absence de consigne de la justice, pourquoi avez-vous pris la décision de ne pas communiquer avec
00:05:01les parents ?
00:05:02Voilà, je vous donne maintenant la parole successivement.
00:05:05Et ensuite, on reviendra plus précisément sur les recommandations, les solutions,
00:05:09parce que les parents attendent des recommandations.
00:05:11Moi, je l'ai dit, cette commission, elle est transpartisane.
00:05:14La protection de l'enfance, elle n'est ni de droite ni de gauche.
00:05:17Ce que nous demandent les parents aujourd'hui, c'est de leur dire la vérité
00:05:20et de faire des recommandations pour que plus jamais ça puisse se reproduire.
00:05:24Je vous remercie.
00:05:25On va commencer par vous, Madame la maire, enfin, à Monsieur le Président.
00:05:29Merci.
00:05:35Oui, merci beaucoup.
00:05:36Merci pour cette commission qui va nous permettre effectivement de mettre en lumière,
00:05:41je pense, un certain nombre de difficultés auxquelles nous sommes tous confrontés
00:05:44et qui se sont révélés être particulièrement la prégnante ces derniers mois,
00:05:50avec les difficultés qui ont été mises au jour avec les affaires parisiennes
00:05:56et qui ont de manière très légitime suscité les mois chez les parents,
00:06:02avec tout un tas de questions, et je crois que vous avez relevé les plus importantes,
00:06:06et des difficultés qui sont réelles dans notre exercice de mère
00:06:09et dans les responsabilités qu'on peut avoir vis-à-vis de ses parents
00:06:12et surtout vis-à-vis de ses enfants.
00:06:15Alors, concernant les remontées d'informations et les signalements,
00:06:20en fait, ça, c'est votre première question.
00:06:23En fait, aujourd'hui, rien n'est extrêmement organisé, de mon point de vue.
00:06:27Nous, à Vincennes, la plupart du temps, ce sont les parents
00:06:30qui nous ont informés d'un certain nombre de faits
00:06:34qu'ils suspectaient avoir eu lieu sur leurs enfants.
00:06:38C'est même la très grande majorité,
00:06:40c'est-à-dire que ce sont les parents qui viennent au service de la mairie
00:06:44pour nous dire, voilà, voilà ce qui s'est passé
00:06:47et voilà comment ça s'est passé.
00:06:49Ça, c'était vrai jusqu'à présent.
00:06:53La situation après Paris, si je peux me permettre,
00:06:56est un tout petit peu différente.
00:06:58Maintenant, il y a une défiance totale vis-à-vis des institutions
00:07:01et certaines familles n'osent même plus
00:07:04ou ne veulent plus venir nous indiquer
00:07:07les faits que leur ont répété leurs enfants
00:07:11parce que certains avocats leur disent qu'il ne faut pas le faire,
00:07:14ce qui rend notre fonction de mère encore plus compliquée
00:07:18parce qu'on devient complètement aveugle
00:07:20par rapport à des faits sur lesquels, évidemment,
00:07:23nous sommes tenus responsables, cas échéant, en tant qu'employeurs.
00:07:27Aujourd'hui, il faut bien voir que c'est à l'initiative des familles,
00:07:30la plupart du temps, que nous sommes tenus informés
00:07:33de faits relatifs, en tout cas à Mincennes, de signalements, etc.
00:07:37Alors, ce qui pose un problème parce qu'on pourrait,
00:07:41le cas échéant, si nous étions informés tout de suite,
00:07:44suspendre les animateurs en question
00:07:47quand ils sont identifiés, quand on n'est pas sur une plainte contre X,
00:07:50mais dès lors que l'animateur en question est suspecté, est identifié,
00:07:54nous pourrions, le cas échéant, suspendre de manière systématique.
00:07:57C'est ce que je fais.
00:07:58Dès lors que la famille est en capacité de nous dire
00:08:01comment ça s'est passé et avec quel animateur,
00:08:05moi, je suspends dans l'heure,
00:08:07c'est-à-dire qu'à partir du moment où on a vérifié, croisé, etc.,
00:08:11et que tout ça corrobore,
00:08:12dans la journée et dans l'heure, l'animateur est appelé,
00:08:16il est suspendu pour le lendemain.
00:08:18Et sur un temps, et ça rejoint votre deuxième question,
00:08:21qui peut être extrêmement long,
00:08:22puisque pour l'instant, on le suspend pour quatre mois,
00:08:26jusqu'à temps qu'on ait une information de la justice,
00:08:29information qui n'arrive jamais.
00:08:33Un classement sans suite,
00:08:35si on ne le sait pas par les parents,
00:08:38très rarement, on le sait par l'institution.
00:08:41Et donc, en fait, on peut garder des animateurs
00:08:44qui peuvent être en plus complètement innocentés,
00:08:46suspendus pendant des mois,
00:08:48sans que nous sachions que la procédure est terminée.
00:08:53Donc, en tant qu'employeur, évidemment,
00:08:55ça pose un problème vis-à-vis de notre agent.
00:08:59Est-ce qu'il faut aussi se mettre à côté,
00:09:02du point de vue de l'agent qui est innocent,
00:09:04de faire suspendre pendant quatre mois,
00:09:06plus pendant quatre autres mois,
00:09:07plus un temps infini ?
00:09:08Et en fait, c'est un peu compliqué.
00:09:10Donc, on finit souvent par apprendre
00:09:13par la rumeur ou par les parents
00:09:15qui nous appellent directement d'un classement sans suite,
00:09:17et auquel cas,
00:09:18eh bien, on rétablit le dialogue,
00:09:21mais encore une fois, nous ne sommes pas juges.
00:09:23Donc, parfois, nous n'avons pas l'information
00:09:25relative à la procédure.
00:09:26Donc, on ne sait même pas de quoi
00:09:27il a été accusé, parfois.
00:09:29Donc, on l'a suspendu,
00:09:30et en fait, on est complètement aveugle,
00:09:33parfois, sur toute la procédure,
00:09:35ce qui est relativement compliqué.
00:09:37Et on y reviendra après,
00:09:38mais ensuite, une fois que l'agent a été suspendu,
00:09:41mais il a été nommé par un certain nombre de parents,
00:09:43que fait-on de cet agent ?
00:09:44Reste-t-il en contact ou pas avec les enfants,
00:09:46même inno-santé ?
00:09:48Et peut-on, en tant qu'employeur,
00:09:50ça, c'est une vraie question,
00:09:51faciliter son passage dans une autre filière
00:09:53que celle de l'animation, s'il le souhaite,
00:09:56pour qu'évidemment,
00:09:58il ne soit pas forcément remis
00:10:00dans la filière animation,
00:10:01alors que les parents sont, évidemment,
00:10:04extrêmement crispés,
00:10:04parce que dans la tête d'un parent,
00:10:06la plupart du temps,
00:10:06à partir du moment où vous êtes
00:10:08dans une procédure judiciaire,
00:10:09vous êtes coupable.
00:10:14Voilà.
00:10:15Les relations avec...
00:10:17Donc, oui, il y a une désynchronisation totale
00:10:19entre le temps de l'enquête administrative
00:10:21et le temps de l'enquête judiciaire,
00:10:22ce qui nous pose des difficultés
00:10:24de communication vis-à-vis des familles.
00:10:25Ça, c'est votre dernière question.
00:10:28Nous, on essaye de faire part aux familles
00:10:33par écrit des signalements
00:10:38liés aux violences sexuelles,
00:10:39parce que des signalements,
00:10:40on en a plein d'autres,
00:10:42des signalements liés aux violences sexuelles.
00:10:44Dès lors qu'on a posé deux conditions,
00:10:47la famille le souhaite.
00:10:50Elle est d'accord,
00:10:51parce que certaines familles considèrent
00:10:52que c'est leur problème, entre guillemets,
00:10:55et qu'ils ne souhaitent pas voir leur nom
00:10:57apparaître en public.
00:10:59On peut le comprendre,
00:11:00sur l'intimité de leur enfant, etc.
00:11:02Et le deuxième critère,
00:11:05et c'est là où c'est relativement flou,
00:11:07et je pense que dans d'autres départements,
00:11:09c'est pareil,
00:11:10dès lors que la justice nous y autorise,
00:11:13enfin, que le procureur nous y autorise.
00:11:15Et très souvent,
00:11:17le procureur nous dit
00:11:18« Le temps de l'enquête est ouvert,
00:11:20donc vous n'avez pas à communiquer aux familles,
00:11:23et vous pouvez juste dire
00:11:25qu'il y a eu un signalement
00:11:26avec des faits dans cet accueil de loisirs. »
00:11:31Ce qui nous met dans une situation très délicate,
00:11:35parce qu'ils ne comprennent pas
00:11:37que, un, nous ne puissions,
00:11:39un, ne pas avoir d'informations
00:11:41sur le contenu de l'événement,
00:11:42parce que parfois nous n'avons pas la plainte
00:11:44et nous n'avons pas le contenu de l'événement,
00:11:46que, deux, nous ne puissions pas communiquer
00:11:50pour des raisons qui sont avancées
00:11:53par le procureur de la République
00:11:54qui nous dit « C'est le temps de l'enquête,
00:11:55donc il faut faire en sorte
00:11:58de ne pas avoir de contacts,
00:12:00de ne pas donner d'informations. »
00:12:01Voilà, ce qu'on peut comprendre aussi.
00:12:03Mais je pense qu'on peut trouver
00:12:04un juste milieu entre deux comportements
00:12:07qui nous permettent quand même
00:12:09d'aller vers les familles
00:12:11sans forcément mettre en péril une enquête.
00:12:15Donc, à nous de déterminer,
00:12:17je pense quel est le bon niveau d'informations
00:12:19que nous pouvons donner aux familles.
00:12:23Je crois qu'il y a une circulaire
00:12:24du 23 mars 1926
00:12:26qui demande aux procureurs
00:12:27d'aller vers les maires
00:12:28pour leur donner un minimum d'informations,
00:12:31ce qui, pour moi,
00:12:33de mon côté depuis maintenant
00:12:35quelques temps,
00:12:37qu'on a vécu ces épisodes,
00:12:39n'est pas appliqué aujourd'hui,
00:12:40dans le 94.
00:12:41J'entends, je parle de ce que je connais.
00:12:43Moi, si je n'avais pas forcé
00:12:45la porte du procureur,
00:12:46je n'aurais jamais eu ces informations.
00:12:49Voilà ce que je peux vous dire à ce stade.
00:12:51Je ne sais pas si je réponds à vos questions.
00:12:54On reviendra de toute façon
00:12:55sur un certain nombre de points.
00:12:57M. Laurent Catalat, M. le ministre.
00:13:04Vous avez souhaité m'entendre
00:13:10dans le cadre de votre mission d'enquête.
00:13:15Je fais le rapprochement
00:13:18entre à la fois la table ronde
00:13:20et la commission d'enquête.
00:13:22et je vais m'efforcer
00:13:24d'y répondre au mieux,
00:13:26car effectivement,
00:13:28la question centrale que vous soulevez
00:13:30est au cœur des préoccupations
00:13:33de toutes les municipalités,
00:13:35quelles que soient leurs couleurs politiques.
00:13:39Personnellement,
00:13:39je porte une attention encore plus grande
00:13:41de par ma vie antérieure
00:13:44comme secrétaire d'État à la famille,
00:13:48chargée de l'application
00:13:49de la Convention internationale des enfants
00:13:51en 1991,
00:13:55dans une autre vie.
00:13:57Mais la question se pose toujours
00:14:02avec la même acuité.
00:14:04Et c'est sur le fondement
00:14:06de trois principes.
00:14:07Le premier principe,
00:14:08la sécurité,
00:14:11le confort des enfants.
00:14:13Le deuxième,
00:14:15c'est la continuité pédagogique.
00:14:22Le temps périscolaire
00:14:23n'est pas un temps mort
00:14:25entre le matin et la soirée.
00:14:30Et enfin,
00:14:32la prise en compte globale
00:14:35de l'enfant
00:14:36dans tout ce parcours.
00:14:42Par rapport aux questions
00:14:43que vous avez posées,
00:14:44Mme la rapporteure,
00:14:46je ne me reconnais pas tout à fait
00:14:48dans la mesure
00:14:49au cours des cinq dernières années,
00:14:51c'est-à-dire au six,
00:14:52le dernier mandat.
00:14:53Je n'ai connu qu'un signalement
00:14:56au mois de février 2026,
00:15:00dont la procédure
00:15:01est aujourd'hui encore en cours.
00:15:03et je n'ai pas la possibilité
00:15:06de vous dire exactement
00:15:09quel est son aboutissement.
00:15:11Toujours est-il,
00:15:12et là je réponds
00:15:14à vos questions,
00:15:15que, un,
00:15:16sur le signalement
00:15:17d'un parent,
00:15:19nous avons informé
00:15:21l'école concernée,
00:15:24plus exactement
00:15:25la directrice
00:15:26a informé
00:15:27toute l'école,
00:15:29que chaque parent
00:15:30pouvait venir
00:15:33prendre des informations
00:15:35auprès d'elle,
00:15:36mais aussi auprès
00:15:36du service de la mairie.
00:15:40Des réunions ont été organisées
00:15:42avec la classe concernée,
00:15:45les enfants,
00:15:46les parents
00:15:46de la classe concernée.
00:15:50Et une réunion
00:15:52a rassemblé
00:15:52non seulement
00:15:54les services de l'éducation,
00:15:56mais également
00:15:57la ville,
00:15:58la police
00:15:59et la justice
00:16:00pour informer
00:16:01les parents.
00:16:03Et cela,
00:16:03dans le temps
00:16:08du démarrage
00:16:10de la procédure.
00:16:13Depuis,
00:16:14nous n'avons pas
00:16:15d'informations
00:16:16sur l'évolution
00:16:19de la situation.
00:16:21Nous n'avons aucun contact
00:16:23avec les autérités
00:16:26judiciaires.
00:16:28Nous avons pris
00:16:29la responsabilité
00:16:31d'engager
00:16:32une enquête
00:16:32administrative
00:16:33qui nous a permis
00:16:37de suspendre
00:16:38l'agent
00:16:40sur la base
00:16:41de la manière
00:16:42de servir,
00:16:43plus exactement
00:16:44parce qu'il ne respectait
00:16:46pas les consignes
00:16:48et qui se trouvait
00:16:50à certains moments
00:16:52tout seul
00:16:53dans
00:16:56le dortoir
00:16:58ou les toilettes,
00:17:00ce qui est
00:17:01formalement interdit.
00:17:04Mais
00:17:04nous ne disposions
00:17:06d'aucun autre
00:17:08élément.
00:17:11De plus,
00:17:13cet agent
00:17:14avait été
00:17:16recruté
00:17:17au niveau
00:17:17de la ville
00:17:19mais avec
00:17:20l'assentiment
00:17:21des services
00:17:21de l'État
00:17:22puisqu'il avait
00:17:24un statut
00:17:25qui dépassait
00:17:26le cadre
00:17:27de vacataires
00:17:29et rien
00:17:31ne permettait
00:17:31de se surposer.
00:17:38Il est clair
00:17:40qu'une meilleure
00:17:41information
00:17:42de la part
00:17:43des services
00:17:44judiciaires
00:17:45de la collectivité
00:17:48permettrait
00:17:49d'avancer
00:17:51davantage
00:17:51dans le cadre
00:17:53de ces situations
00:17:54qui sont
00:17:54très délicates.
00:17:59Par rapport
00:18:00à vos questions,
00:18:02je crois avoir
00:18:03fait le tour.
00:18:04Oui,
00:18:04on aura
00:18:05plus précisément.
00:18:07Merci,
00:18:07M. le maire.
00:18:08M. le maire
00:18:09de Colombe.
00:18:12M. le président,
00:18:13Mme le rapporteur,
00:18:16je vous remercie
00:18:17tout d'abord
00:18:17de donner
00:18:17aux élus locaux
00:18:18l'occasion
00:18:19de contribuer
00:18:19à vos travaux
00:18:20sur la prévention
00:18:21et le traitement
00:18:22des violences
00:18:22dans les accueils
00:18:23du périscolaire.
00:18:25Notre ville
00:18:26compte près
00:18:27de 95 000 habitants
00:18:28et accueille
00:18:298 500 enfants
00:18:30chaque jour
00:18:31au sein
00:18:31de ces 41 écoles.
00:18:33Comme dans
00:18:34des milliers
00:18:34de communes,
00:18:35nous avons fait
00:18:35le choix
00:18:35d'organiser
00:18:36les tentes
00:18:37des périscolaires
00:18:37en articulation
00:18:38avec la journée scolaire.
00:18:40Cette organisation
00:18:41repose sur les accueils
00:18:42du matin,
00:18:43du soir,
00:18:43la restauration scolaire
00:18:44et les études surveillées,
00:18:45ainsi que les accueils
00:18:46de loisirs
00:18:47du mercredi
00:18:47et des vacances.
00:18:49Ces services
00:18:49constituent un maillon
00:18:50essentiel de la vie
00:18:51quotidienne des familles
00:18:52et de l'action
00:18:54éducative locale.
00:18:55Les collectivités
00:18:56territoriales
00:18:57ont une responsabilité
00:18:58majeure,
00:18:59offrir à chaque enfant
00:19:00un environnement sûr,
00:19:02protecteur
00:19:02et bienveillant.
00:19:03Cette exigence
00:19:04est au cœur
00:19:05de notre engagement
00:19:06de services publics
00:19:07et ne souffre
00:19:07aucune exception.
00:19:09Les violences
00:19:09pouvant être commises
00:19:10à l'encontre d'enfants
00:19:11dans un cadre éducatif
00:19:12ou paris scolaire
00:19:13suscitent une émotion
00:19:14légitime et profonde.
00:19:16Elles constituent
00:19:17une atteinte grave
00:19:18à l'intégrité des enfants,
00:19:19à la confiance des familles
00:19:20et aux valeurs
00:19:21qui font notre action
00:19:22face à de tels faits.
00:19:24Notre position
00:19:24est simple,
00:19:26aucune violence,
00:19:27aucun comportement
00:19:28inapproprié,
00:19:29aucun manquement
00:19:29à la protection
00:19:30de l'enfance
00:19:31ne peut être toléré.
00:19:32Toutefois,
00:19:33il est également important
00:19:34de rappeler
00:19:35que les collectivités
00:19:36assurent ces missions
00:19:37dans un cadre contraint
00:19:39et avec des moyens limités.
00:19:41Comme beaucoup de villes,
00:19:42nous avons récemment
00:19:43été marqués
00:19:44par plusieurs signalements
00:19:45de faits de violences sexuelles,
00:19:47quatre,
00:19:48commises sur des mineurs
00:19:49par plusieurs
00:19:49de nos animateurs.
00:19:51En tant que nouveau maire,
00:19:53ce fut un choc
00:19:54de vivre ces dénonciations.
00:19:57Mais même si
00:19:58je n'avais pas recruté
00:19:59ces agents
00:20:00et j'hérite
00:20:01de cette situation
00:20:03d'un personnel
00:20:06auquel je dois faire face
00:20:07comme employeur.
00:20:10Cependant,
00:20:11je me suis retrouvé
00:20:11également face
00:20:12à l'émotion
00:20:13et la colère
00:20:14des parents
00:20:14dans le même temps.
00:20:16Et je pense
00:20:17que pour un nouveau maire
00:20:18ou plus ancien,
00:20:20cela restera
00:20:23peut-être l'histoire
00:20:24qui marquera
00:20:24mon premier mandat.
00:20:27Je ne pense pas
00:20:28pouvoir oublier
00:20:29effectivement
00:20:30les déclarations
00:20:31des parents
00:20:32qui viennent
00:20:33vous raconter
00:20:34le témoignage
00:20:35de leur enfant
00:20:36et des mots
00:20:36qu'ils emploient
00:20:37qui sont effectivement,
00:20:39qui relèvent
00:20:40effectivement
00:20:41de l'indicime.
00:20:42Vrai ou pas vrai.
00:20:44Puisqu'il y a
00:20:45une enquête.
00:20:46Mais cette petite phrase
00:20:48pour bien rappeler
00:20:49la situation
00:20:51d'émotion
00:20:52dans laquelle
00:20:53ces parents
00:20:54viennent se confronter
00:20:55à nous.
00:20:58dans ces situations
00:20:59le maire
00:21:00que je suis
00:21:02a dû
00:21:03improviser.
00:21:07Émotionnellement
00:21:08a dû improviser.
00:21:09Et puis
00:21:09a dû prendre
00:21:10le costume
00:21:11de l'institution.
00:21:13Finalement
00:21:14c'est
00:21:15la froideur
00:21:16de l'institution
00:21:17face à l'émotion
00:21:18des parents
00:21:19dans un cadre
00:21:20réglementaire.
00:21:23Outre la suspension
00:21:24à titre conservatoire
00:21:26que nous avons
00:21:26immédiatement engagée
00:21:27à chaque signalement,
00:21:29je n'avais en tant que maire
00:21:30aucun pouvoir
00:21:31et que peu d'informations
00:21:32sur l'enquête
00:21:33confiée à la brigade
00:21:33des mineurs.
00:21:35Je devais donc
00:21:36répondre aux familles
00:21:36qui se tournaient
00:21:37vers la ville
00:21:37sans avoir aucune information
00:21:39sur les plaintes déposées,
00:21:40le nombre de plaintes
00:21:42ou l'état d'avancement
00:21:43de l'enquête.
00:21:45Si notre ville
00:21:46demande de longue date
00:21:47les casiers judiciaires
00:21:48et les inscriptions
00:21:49au figé,
00:21:49nous ne pouvions garantir
00:21:51aux familles
00:21:51qu'aucune enquête
00:21:52n'était en cours
00:21:53et qu'aucune condamnation
00:21:54n'était intervenue
00:21:55depuis le recrutement
00:21:56de l'agent.
00:21:57Malgré ces contraintes
00:21:58et dans le cadre légal
00:21:59et limité
00:22:00qui est le nôtre,
00:22:01nous devons maintenir
00:22:02un haut niveau
00:22:02de vigilance
00:22:03et renforcer
00:22:04continuellement
00:22:05nos dispositifs
00:22:06de prévention.
00:22:07Notre expérience
00:22:08nous conduit
00:22:09à identifier
00:22:09trois priorités
00:22:10essentielles.
00:22:12La première
00:22:12est la prévention
00:22:13à travers le recrutement,
00:22:14la formation,
00:22:15la sensibilisation.
00:22:17La deuxième,
00:22:20je vais peut-être
00:22:21garder cette partie
00:22:23parce que c'était
00:22:23mon propos liminaire
00:22:24mais je ne vais pas
00:22:25aller sur les préconisations,
00:22:26je pense qu'on en reparlera
00:22:27après.
00:22:28En revanche,
00:22:28je voulais vous donner
00:22:29les détails
00:22:29effectivement,
00:22:31comment est-ce qu'on agit
00:22:32à partir d'un signalement
00:22:34et comment on reçoit
00:22:34les signalements
00:22:35parce qu'effectivement
00:22:35dans les quatre cas,
00:22:37le signalement
00:22:37a été fait
00:22:38par les parents
00:22:39auprès de la direction
00:22:40du centre de loisirs
00:22:41qui nous a fait remonter
00:22:42les informations
00:22:43en mairie centrale.
00:22:46Les parents
00:22:47ont prévenu
00:22:47prioritairement
00:22:48les responsables
00:22:49des centres de loisirs
00:22:50et la réaction
00:22:51des familles
00:22:52le plus fréquemment
00:22:52observée,
00:22:54évidemment,
00:22:54c'est de la colère,
00:22:55c'est ce sentiment
00:22:55dont je vous parlais
00:22:56d'effondrement,
00:22:57de culpabilité,
00:22:58d'anxiété
00:22:59pour la sécurité
00:23:00de leur enfant
00:23:00et la volonté
00:23:01tout de suite
00:23:02de vouloir rentrer
00:23:03dans une procédure
00:23:04judiciaire
00:23:05en évoquant
00:23:06de vouloir porter plainte.
00:23:09Face à ces signalements
00:23:11à la seconde même,
00:23:12puisque effectivement
00:23:13dans l'heure,
00:23:14comme le maire
00:23:16de Vincennes
00:23:16le disait,
00:23:19des mesures
00:23:21ont été prises
00:23:22immédiatement
00:23:22en suspension
00:23:23immédiate
00:23:23des animateurs
00:23:24concernés,
00:23:25signalement
00:23:25au SDJES,
00:23:27un article 40
00:23:28au procureur
00:23:29de la République,
00:23:31des rendez-vous
00:23:31d'échanges
00:23:32avec les parents,
00:23:32des victimes présumées,
00:23:34des réunions
00:23:34d'information
00:23:35avec les fédérations
00:23:35de parents d'élèves
00:23:36et des écoles
00:23:37concernées
00:23:38et parfois même
00:23:40d'écoles
00:23:42concernées
00:23:42parce qu'on
00:23:44retrace immédiatement
00:23:45le parcours
00:23:46de l'éducateur.
00:23:47Donc c'est une vague
00:23:48dans la ville.
00:23:49On n'informe pas
00:23:50que l'école,
00:23:51en fait,
00:23:52puisqu'il faut
00:23:53reparcourir le risque.
00:23:55Donc plusieurs plaintes
00:23:56ayant été signalées,
00:23:57ces réunions
00:23:57réunissant toutes
00:23:58les familles
00:23:58des écoles concernées,
00:24:01toutes les fédérations
00:24:02de parents d'élèves
00:24:04des écoles
00:24:04de la ville
00:24:05et tous les directeurs
00:24:05des centres de loisirs
00:24:06ont été également
00:24:09réunies
00:24:09afin de pouvoir
00:24:10échanger
00:24:12et prévenir.
00:24:14Les suspensions
00:24:15à titre conservatoire
00:24:16pour préserver
00:24:16la sécurité des enfants
00:24:17et garantir
00:24:18le bon fonctionnement
00:24:19du service,
00:24:19en fait,
00:24:20il n'y a aucun débat.
00:24:20Elles se posent
00:24:23effectivement
00:24:24naturellement.
00:24:27et nous sommes
00:24:28dans la relation
00:24:32aux parents,
00:24:33en fait,
00:24:33effectivement,
00:24:35je reviens sur ce point
00:24:36parce que c'est le point
00:24:37en fait
00:24:37qui,
00:24:38à mon sens,
00:24:40illustre le plus
00:24:42ce scandale
00:24:44au-delà de l'action
00:24:45qu'il peut avoir eu.
00:24:46C'est dans la façon
00:24:47que nous avons
00:24:47de gérer,
00:24:48en fait.
00:24:48Une fois que nous sommes
00:24:49rentrés, nous,
00:24:50dans la procédure
00:24:50judiciaire,
00:24:51dans la déclaration
00:24:52du signalement
00:24:53qui ouvre l'enquête,
00:24:55on rentre dans un tunnel.
00:24:57C'est-à-dire que nous serons
00:24:58dans le noir
00:24:59jusqu'à ce qu'il arrive
00:25:01quelque chose
00:25:02et qu'un parent
00:25:04nous en informe.
00:25:06Effectivement,
00:25:06nous avons eu des contacts
00:25:09avec les autorités
00:25:10où on les appelle,
00:25:11mais la réponse
00:25:12est laconique.
00:25:13La procédure,
00:25:14l'enquête,
00:25:15et ça ne va jamais
00:25:16plus loin.
00:25:17Alors,
00:25:17je dois modérer
00:25:18parce que suite,
00:25:19justement,
00:25:20à l'événement
00:25:20de l'audition sauvage
00:25:22dans l'école
00:25:23où les parents
00:25:23n'étaient pas au courant
00:25:24et l'ont découvert
00:25:25par un mot
00:25:26dans une trousse
00:25:27au retour
00:25:28de leur enfant,
00:25:30pour des raisons
00:25:31d'enquête,
00:25:31peut-être,
00:25:32moi,
00:25:33je n'étais pas
00:25:33plus au courant.
00:25:34Je l'ai appris
00:25:35par la directrice,
00:25:37évidemment,
00:25:37qui m'appelait le matin
00:25:38en me disant
00:25:40on a les enquêteurs
00:25:42dans les salles de classe.
00:25:43C'est un peu compliqué,
00:25:46mais ça a donné lieu
00:25:47à une réaction
00:25:48car depuis le début,
00:25:50de mon mandat,
00:25:51je dois dire,
00:25:53sur cette question,
00:25:54j'ai eu l'appui
00:25:55du préfet
00:25:56en conseil,
00:25:58en appui
00:25:58du préfet
00:25:59des Hauts-de-Seine
00:25:59et qui a créé
00:26:01ce lien
00:26:02avec le procureur.
00:26:03Suite
00:26:04à cette intervention
00:26:06sauvage,
00:26:07cette audition,
00:26:08j'ai eu un échange
00:26:09avec le procureur
00:26:10en ayant
00:26:11et en étant assuré
00:26:12d'avoir
00:26:13une ligne verte
00:26:13sur mes interrogations
00:26:15sur comment agir.
00:26:17en revanche,
00:26:18et d'ailleurs,
00:26:19de lui-même
00:26:19s'est proposé
00:26:20en me disant
00:26:21que si,
00:26:22évidemment qu'on ne souhaite
00:26:23pas avoir d'autres cas,
00:26:24mais personne ne peut
00:26:26prédire cet avenir,
00:26:27si jamais la situation
00:26:29se reproduisait,
00:26:30le procureur aussi
00:26:31s'est assuré
00:26:32de pouvoir me dire
00:26:33qu'il serait à mes côtés
00:26:34pour communiquer.
00:26:36Et ce qui est vraiment
00:26:38irrasurant
00:26:38pour le maire
00:26:39que je suis
00:26:39et je pense
00:26:43pourrait être
00:26:44effectivement
00:26:44rassurant
00:26:45pour les parents
00:26:48qui entendraient
00:26:50la parole
00:26:50du procureur
00:26:51parce qu'en tant
00:26:52que maire,
00:26:54on se retrouve
00:26:55partie prenante.
00:26:57Nous sommes
00:26:58effectivement
00:26:58l'employeur
00:26:59et nous sommes
00:27:00le visage
00:27:01à l'instant.
00:27:01En fait,
00:27:02il y a une confusion
00:27:04dans la répartition.
00:27:05D'abord,
00:27:06ce scandale
00:27:07du périscolaire
00:27:08n'est pas
00:27:09l'institution
00:27:10de l'éducation nationale.
00:27:12Or,
00:27:12elle se passe
00:27:12dans le même lieu.
00:27:14Donc,
00:27:14il faut quand même
00:27:15entendre
00:27:16que ce mot
00:27:16périscolaire
00:27:17est en train
00:27:17d'aujourd'hui
00:27:18d'abîmer
00:27:18l'institution
00:27:20scolaire
00:27:20tout court.
00:27:23Et cette confusion
00:27:24des parents
00:27:25et de colère
00:27:25parce que les directeurs
00:27:26de nos écoles
00:27:27sont en train
00:27:28de souffrir
00:27:29et reçoivent
00:27:30la même accusation
00:27:31que nos responsables
00:27:32de sites
00:27:33de loisirs
00:27:34comme nous la recevons
00:27:35nous-mêmes.
00:27:36Et nous sommes
00:27:37donc tous
00:27:38à un moment
00:27:39dans le mauvais camp
00:27:41pour être
00:27:41celui qui va
00:27:43communiquer
00:27:44avec les parents.
00:27:45Et que ce soit
00:27:46une autorité
00:27:47et une figure
00:27:48de l'institution
00:27:49judiciaire
00:27:50près duquel
00:27:51ils vont déposer
00:27:53leur plainte
00:27:54serait le premier
00:27:55acte de confiance.
00:27:56Parce que la parole
00:27:58à un moment
00:27:58qui n'est pas
00:27:59entachée,
00:28:00c'est celui
00:28:00qui a reçu
00:28:01la plainte,
00:28:02qui a entendu
00:28:03aussi.
00:28:05Et je pense
00:28:06qu'il y a
00:28:06dans les précautionisations,
00:28:07mais c'est pareil,
00:28:08je devance les choses,
00:28:09mais vraiment
00:28:10penser à un moment
00:28:11à avoir
00:28:12auprès de chaque procureur
00:28:13un interlocuteur
00:28:14sur ces questions
00:28:19auprès des familles
00:28:20pour pouvoir communiquer,
00:28:21ne serait-ce que pour dire
00:28:22que cette enquête
00:28:23est en cours,
00:28:24que les choses
00:28:25avancent.
00:28:26ce serait tout d'un coup
00:28:28une neutralité
00:28:29de communication
00:28:30et ça éviterait
00:28:32aussi
00:28:34de nourrir
00:28:35la colère
00:28:35de parents
00:28:35qui pensent
00:28:36réellement
00:28:37qu'on cherche
00:28:38à couvrir,
00:28:38alors qu'il n'y en est
00:28:39évidemment pas question
00:28:40puisque nos actes
00:28:41de suspension immédiate
00:28:43sont très clairs,
00:28:45même si j'imagine
00:28:47à quel point,
00:28:48d'ailleurs j'ai réuni
00:28:49tous les éducateurs
00:28:50en pré-rentrée
00:28:53en leur expliquant
00:28:54bien aussi
00:28:55de veiller
00:28:55à respecter
00:28:56ces règles
00:28:57parce que la violence
00:28:58de ces situations
00:28:59à titre personnel
00:29:00pour eux également
00:29:01à l'instant
00:29:02où c'est déclaré
00:29:03sans connaître
00:29:04évidemment
00:29:05les résultats
00:29:06d'enquête
00:29:06est d'une violence
00:29:07inimaginable
00:29:08et jusqu'au jour
00:29:10
00:29:11le pire
00:29:12sera atteint.
00:29:15C'est indélébile
00:29:18sur ces éducateurs,
00:29:21ces animateurs.
00:29:25Donc tous les signalements
00:29:26effectivement
00:29:26sur la procédure
00:29:27pour répondre
00:29:27à votre question
00:29:28Madame le rapporteur
00:29:29sont faits,
00:29:30les signalements
00:29:30après,
00:29:31les articles 40
00:29:32sont faits
00:29:32et voilà,
00:29:33donc les procédures
00:29:35sont parfaitement
00:29:36respectées.
00:29:37Voilà,
00:29:38je pense que,
00:29:39et les parents,
00:29:40qu'est-ce qu'il y avait
00:29:41une deuxième partie
00:29:42à votre question
00:29:43de rapport
00:29:43avec la justice,
00:29:44c'est bon ?
00:29:45Parfait,
00:29:45merci beaucoup.
00:29:46Merci Monsieur le Maire.
00:29:47Monsieur Arrogeau,
00:29:48maire de Charlie.
00:29:50Monsieur le Président,
00:29:51Madame la reporteure,
00:29:52Mesdames et Messieurs
00:29:52les sénateurs,
00:29:54merci de nous avoir réunis
00:29:57et nous donner la parole.
00:29:59Mes propos,
00:30:00mon propos sera
00:30:01bien sûr celui
00:30:02d'un élu
00:30:03confronté
00:30:03à une situation grave
00:30:04qui souhaite aujourd'hui
00:30:07partager avec vous
00:30:07les enseignements
00:30:08que nous en avons tirés
00:30:11à l'issue de cette intervention
00:30:12sur la partie proposition.
00:30:13je vous proposerai
00:30:14de passer la parole
00:30:16à Émilie Farron
00:30:17qui m'accompagne.
00:30:18Je m'exprime donc
00:30:19comme mère d'une commune
00:30:20où les familles,
00:30:20comme vous tous,
00:30:22nous confient chaque jour
00:30:23ce qu'elles ont
00:30:24de plus précieux,
00:30:25leurs enfants.
00:30:26Et je voudrais commencer
00:30:27par une conviction
00:30:28assez simple.
00:30:29Lorsqu'un enfant
00:30:30entre dans une école
00:30:32à l'accueil périscolaire
00:30:33ou au centre de loisirs,
00:30:34eh bien,
00:30:35les parents doivent avoir
00:30:36une certitude,
00:30:37celle que nous mettons
00:30:38évidemment tout en œuvre
00:30:39pour qu'ils soient
00:30:41en sécurité.
00:30:42Ce devoir de protection,
00:30:43bien sûr,
00:30:43est absolue
00:30:44et nous devons pouvoir
00:30:46garantir aussi autre chose.
00:30:48Lorsqu'un signe apparaît,
00:30:50lorsqu'une parole se libère,
00:30:52eh bien,
00:30:52lorsque tout ce système
00:30:53se met en route,
00:30:54notre système
00:30:55doit pouvoir écouter,
00:30:57transmettre et agir.
00:30:58C'est précisément
00:30:59sur ce point
00:31:00que l'expérience
00:31:00que nous avons vécue
00:31:01à Charlie
00:31:02nous oblige aujourd'hui
00:31:03à réfléchir.
00:31:06notre responsabilité de collectivité,
00:31:08est d'examiner
00:31:08sans complaisance
00:31:09notre propre fonctionnement
00:31:11et de nous demander
00:31:12qu'avons-nous fait,
00:31:13qu'aurions-nous pu faire
00:31:15de mieux
00:31:15et surtout,
00:31:17devons-nous changer
00:31:18pour demain.
00:31:19à Charlie,
00:31:20lorsqu'une famille
00:31:21nous a fait part
00:31:22au mois d'avril dernier
00:31:23de faits susceptibles
00:31:24de mettre en cause
00:31:25un agent
00:31:25de notre accueil
00:31:26de loisirs,
00:31:26nous avons pris la décision
00:31:28de l'écarter immédiatement
00:31:29à titre conservatoire.
00:31:31La maman de l'enfant
00:31:32était encore dans mon bureau
00:31:32que la décision
00:31:33de suspension
00:31:34était prise.
00:31:36Nous avons constitué
00:31:37dans la foulée
00:31:38une cellule de crise
00:31:39avec les élus,
00:31:40saisi un avocat,
00:31:41travaillé avec les services
00:31:41de l'État
00:31:42et avec les enquêteurs.
00:31:44La famille a déposé plainte
00:31:46et la justice a été saisie
00:31:48dans les 48 heures.
00:31:49Nous avons ensuite,
00:31:50en interne,
00:31:51engagé une enquête administrative
00:31:53sur notre propre fonctionnement
00:31:54parce qu'évidemment,
00:31:55notre responsabilité
00:31:56n'est pas seulement
00:31:58de demander
00:31:58si un individu avait failli,
00:32:00mais aussi de s'interroger
00:32:01sur nos pratiques
00:32:03et sur la façon
00:32:04dont nous protégeons
00:32:05nos enfants.
00:32:06Et c'est probablement là
00:32:07le principal enseignement
00:32:08que je souhaiterais partager
00:32:09avec vous aujourd'hui.
00:32:11Un enfant ne vit pas en silo.
00:32:14Il peut être le matin
00:32:15avec sa famille,
00:32:16quelques heures plus tard
00:32:16à l'école,
00:32:17à midi au restaurant scolaire
00:32:19et le soir au centre de loisirs.
00:32:21Et c'est pourtant
00:32:22toujours le même enfant.
00:32:23Mais les adultes,
00:32:24les institutions
00:32:25qui l'entourent
00:32:26fonctionnent encore trop souvent
00:32:27autour d'un monde
00:32:29séparé en silo.
00:32:31L'éducation nationale
00:32:32possède ses procédures,
00:32:34la commune possède les siennes,
00:32:36les accueils collectifs,
00:32:37les leurs, etc.
00:32:39Chacun peut être compétent,
00:32:41attentif et de bonne volonté,
00:32:43mais si personne ne rapproche
00:32:44les informations,
00:32:45nous pouvons collectivement
00:32:46ne pas voir
00:32:47ce qu'aucun acteur
00:32:49pris isolément
00:32:50ne pouvait comprendre.
00:32:52La protection de l'enfance
00:32:54ne peut pas être organisée.
00:32:55En fonction de nos frontières
00:32:56administratives,
00:32:58elle doit être organisée
00:32:59autour de l'enfant.
00:33:00et je crois même
00:33:01que nous devons
00:33:02aller plus loin
00:33:03que cette notion.
00:33:04Nous devons nous demander
00:33:05si notre droit
00:33:06et nos institutions
00:33:06ne doivent pas reconnaître
00:33:08à l'enfant
00:33:09une forme de statut
00:33:10protégé
00:33:11et sanctuarisé.
00:33:12J'emploie cette expression
00:33:14pour dire qu'un enfant,
00:33:16parce qu'il est vulnérable,
00:33:18parce qu'il dépend des adultes,
00:33:19parce qu'il ne connaît pas
00:33:20nos procédures
00:33:21et parce qu'il ne possède pas
00:33:22toujours les mots
00:33:23pour s'exprimer,
00:33:24doit bénéficier
00:33:26d'un niveau supérieur
00:33:27de vigilance
00:33:28et de protection.
00:33:29Il nous appartient donc
00:33:30de compenser
00:33:31cette vulnérabilité.
00:33:33Et ce principe
00:33:33devrait produire
00:33:35une conséquence
00:33:36très concrète.
00:33:37Lorsqu'un doute sérieux
00:33:38existe
00:33:38concernant la sécurité
00:33:40d'un enfant,
00:33:40sa protection doit devenir
00:33:42la boussole
00:33:43qui organise notre action.
00:33:45Nos procédures
00:33:46devraient alors commencer
00:33:47non pas seulement
00:33:47par la question
00:33:48qui est compétent,
00:33:49mais d'abord
00:33:50par de quoi
00:33:51cet enfant a-t-il besoin
00:33:53maintenant
00:33:53pour être protégé.
00:33:54Cette approche
00:33:55suppose aussi
00:33:57de mieux comprendre
00:33:58la temporalité
00:33:59de l'enfant.
00:34:00Il ne parle pas
00:34:01sur commande,
00:34:03il ne raconte pas
00:34:04nécessairement
00:34:04les événements traumatiques
00:34:06aux premiers adultes
00:34:07qu'il croise.
00:34:08Il peut parler
00:34:09bien souvent plus tard.
00:34:10Il peut dire les choses
00:34:11de manière fragmentaire
00:34:12et parfois,
00:34:13avant les mots,
00:34:14il y a des comportements
00:34:15que nous devons connaître.
00:34:17Pris séparément,
00:34:18chacun de ces éléments
00:34:19peut avoir
00:34:20mille explications.
00:34:21Mais rapprocher
00:34:22les uns des autres
00:34:23et observés
00:34:23par plusieurs adultes
00:34:24qui connaissent l'enfant,
00:34:26ils peuvent parfois
00:34:27faire apparaître
00:34:28une inquiétude
00:34:29qui mérite attention.
00:34:30Nous devons donc
00:34:31apprendre collectivement,
00:34:32non pas à suspecter partout,
00:34:34mais à être attentifs partout.
00:34:37À Charlie,
00:34:38nous avons voulu
00:34:39que cette épreuve
00:34:40ne débouche pas seulement
00:34:42sur la gestion
00:34:42d'une crise,
00:34:43nous avons voulu
00:34:44qu'elle transforme
00:34:45durablement nos pratiques,
00:34:47notre organisation,
00:34:48et cela sans complaisance.
00:34:50Une enquête administrative
00:34:51externe a été menée
00:34:53afin d'analyser
00:34:54le fonctionnement
00:34:54de notre accueil
00:34:55de loisirs,
00:34:56de nos pratiques
00:34:56et de notre organisation
00:34:58des ressources humaines.
00:34:59En parallèle,
00:35:00plusieurs chantiers
00:35:01ont été engagés.
00:35:02Nous travaillons tout d'abord
00:35:03à la formalisation
00:35:04d'un véritable protocole
00:35:06consacré aux violences
00:35:07et aux maltraitances
00:35:08faites aux enfants.
00:35:09L'objectif est assez simple,
00:35:12qu'un agent
00:35:13confronté demain
00:35:14à une parole
00:35:15ou à un comportement inquiétant
00:35:16sache quoi faire.
00:35:18Nous travaillons également
00:35:19sur des situations
00:35:20extrêmement ordinaires
00:35:21de la vie quotidienne,
00:35:22l'accompagnement aux toilettes,
00:35:23le change des plus petits,
00:35:25le respect de l'intimité
00:35:26et de la pudeur,
00:35:27l'information des parents
00:35:28et bien sûr
00:35:29la traçabilité
00:35:30de certaines interventions.
00:35:32Cela peut sembler
00:35:33technique,
00:35:35mais la protection
00:35:35de l'enfant
00:35:36se joue aussi
00:35:37sur ce type de détail.
00:35:38Nous travaillons également
00:35:39à Charlie
00:35:40à la mise en place
00:35:41d'un registre
00:35:41permettant une meilleure
00:35:42traçabilité
00:35:43des informations préoccupantes
00:35:44et des signalements
00:35:45ainsi qu'à l'identification
00:35:47de référents
00:35:48clairement identifiés
00:35:49dans la commune.
00:35:50L'objectif est d'éviter
00:35:51qu'une information
00:35:52ne reste isolée
00:35:53dans un service,
00:35:54dans un courriel
00:35:54ou dans la mémoire
00:35:55d'un professionnel.
00:35:57Nous avons communiqué
00:35:58autant que possible
00:35:59auprès des parents.
00:36:00Nous avons rencontré
00:36:01les représentants
00:36:02des parents d'élèves
00:36:03de nos trois écoles
00:36:04et organisé
00:36:05avec l'association
00:36:06L'enfant bleu de Lyon
00:36:07une réunion d'information
00:36:09et d'échange
00:36:09ouverte à toutes
00:36:10les familles de la commune.
00:36:12Des documents d'information
00:36:13ont été remis
00:36:14pour les aider
00:36:15à mieux comprendre
00:36:16les signes susceptibles
00:36:17d'alerter chez leurs enfants
00:36:18mais aussi la manière
00:36:20d'accueillir la parole
00:36:21de leurs enfants
00:36:22sans provoquer
00:36:23ni l'influencer.
00:36:24Nous avons aussi proposé
00:36:26aux familles
00:36:26qui en ressentaient le besoin
00:36:27des consultations individuelles
00:36:29avec une psychologue spécialisée.
00:36:31Trois temps spécifiques
00:36:32ont notamment été organisés
00:36:34et les parents
00:36:35ont été au rendez-vous.
00:36:37Car après une telle révélation,
00:36:38une question revient
00:36:39chez tous les parents
00:36:40et mon enfant.
00:36:42Cette angoisse est légitime
00:36:44et doit être entendue
00:36:45mais elle doit aussi
00:36:46être accompagnée
00:36:47avec beaucoup de précautions.
00:36:49Car vouloir absolument
00:36:50faire parler à un enfant
00:36:51peut parfois produire
00:36:52l'effet inverse
00:36:53de celui recherché.
00:36:54Nous avons également voulu agir
00:36:56directement auprès des enfants
00:36:58et à la fin de l'année scolaire
00:36:59nous avons remis aux élèves
00:37:00de CM2
00:37:01un ouvrage pédagogique
00:37:02consacré à la prévention
00:37:03des violences sexuelles
00:37:04accompagné d'un message
00:37:06de prévention.
00:37:07L'objectif n'est pas
00:37:08d'effrayer les enfants,
00:37:09il est de leur donner
00:37:09des repères simples.
00:37:11Nous souhaitons prolonger
00:37:12ce travail en lien
00:37:13avec les écoles
00:37:14et avec les séances
00:37:15d'éducation à la vie
00:37:16affective et rationnelle
00:37:17et nous travaillons
00:37:18également avec
00:37:19l'association Les Papillons
00:37:20à l'installation
00:37:21d'un dispositif
00:37:22de boîte aux lettres.
00:37:24Enfin, nous avons investi
00:37:25dans ce qui me paraît
00:37:26peut-être être
00:37:27le plus important
00:37:28aujourd'hui,
00:37:29la formation des adultes.
00:37:31Les personnels
00:37:32de notre accueil
00:37:32de loisirs ont été formés
00:37:34notamment avec
00:37:34l'association L'Enfant Bleu
00:37:36aux différents repérages
00:37:37des signes de maltrestance
00:37:39et à l'accueil
00:37:39de la parole
00:37:40d'un enfant
00:37:41et nous souhaitons
00:37:43désormais élargir
00:37:44cette culture
00:37:44de la formation
00:37:45à l'ensemble
00:37:46des agents municipaux.
00:37:48Notre ambition
00:37:49est finalement
00:37:49assez simple
00:37:50qu'à Charlie,
00:37:52demain,
00:37:52aucun adulte
00:37:54confronté
00:37:54à une situation
00:37:55inquiétante
00:37:55ne puisse dire
00:37:56« je ne savais pas
00:37:57quoi faire ».
00:37:58Mais cette expérience
00:37:59nous montre
00:38:00très clairement
00:38:01les limites
00:38:01de l'action
00:38:02d'une commune.
00:38:03Aussi volontariste
00:38:04soit-elle,
00:38:05une collectivité locale
00:38:06ne peut pas construire
00:38:07seul un système
00:38:08complet de protection
00:38:09de l'enfance.
00:38:10Il faut désormais
00:38:11un cadre national
00:38:12beaucoup plus solide
00:38:13et je donnerai
00:38:15la parole
00:38:16à Émilie Farron
00:38:18pour développer
00:38:18mes 5 points
00:38:20majeurs.
00:38:24Merci,
00:38:25merci madame.
00:38:28Premièrement,
00:38:29nous avons besoin
00:38:30du chèvre de Charlie.
00:38:32Il me reste
00:38:33quasiment terminé.
00:38:35En termes de représentation,
00:38:37ce n'est pas
00:38:37le chèvre de l'enfance.
00:38:42Attendez,
00:38:43j'ai commencé,
00:38:43monsieur le maire,
00:38:44franchement,
00:38:45commencer à faire
00:38:45de la polémique politicienne
00:38:47sur un sujet,
00:38:48encore une fois,
00:38:48j'ai commencé
00:38:49en vous disant
00:38:50je ne suis pas
00:38:51dans un esprit partisan.
00:38:53La protection de l'enfance,
00:38:54ça dépasse les clivages
00:38:55droite-gauche.
00:38:55Il y a des maires de droite,
00:38:56il y a des maires de gauche.
00:38:57On n'est ni procureurs
00:38:59ni juges.
00:38:59On essaie de comprendre
00:39:00pour rendre un peu
00:39:02de vérité aux familles.
00:39:03Vous savez qu'à Créteil,
00:39:05il y a une journaliste
00:39:06qui s'est infiltrée
00:39:07en 8 minutes chrono.
00:39:09Voilà.
00:39:10Donc,
00:39:10puisque vous dites
00:39:11que monsieur le maire
00:39:12parle trop,
00:39:13pardonnez-moi,
00:39:14mais je ne comprends pas
00:39:15la tonalité
00:39:15de votre intervention.
00:39:20Attendez,
00:39:20on a deux heures
00:39:21devant nous,
00:39:21monsieur le maire.
00:39:22Moi, j'ai un déroulé,
00:39:22on me dit
00:39:23c'est 10 minutes maximum.
00:39:25Chacun va pouvoir
00:39:26s'exprimer,
00:39:26ne vous inquiétez pas,
00:39:27on va laisser finir
00:39:29le maire de Charlie.
00:39:34Merci,
00:39:34après le maire de Saint-Ouen
00:39:35prendra la parole également.
00:39:36Merci.
00:39:37Nous passerons à des questions,
00:39:38vous pourrez revenir
00:39:39sur certains points,
00:39:39ne vous inquiétez pas.
00:39:40Allez-y, monsieur le maire.
00:39:41cinq orientations importantes.
00:39:44Premièrement,
00:39:44nous avons besoin
00:39:45d'une chaîne d'action claire,
00:39:46commune et reproductible
00:39:47au sein de nos communes.
00:39:49Deuxièmement,
00:39:49nous avons besoin
00:39:50de référents identifiés
00:39:51formés dans les structures
00:39:52d'accueil.
00:39:53Troisièmement,
00:39:54la formation doit devenir
00:39:55une priorité nationale.
00:39:58Quatrièmement,
00:39:59et si vous me permettez,
00:40:00je voudrais insister
00:40:00particulièrement sur ce point,
00:40:01nous devons cesser
00:40:02de laisser les maires seuls
00:40:05lorsque la justice est saisie.
00:40:07C'est probablement
00:40:08l'un des enseignements
00:40:09les plus douloureux
00:40:09de ce que nous avons vécu
00:40:10à Charlie.
00:40:11Lorsqu'une procédure judiciaire
00:40:13commence,
00:40:14quelque chose de paradoxal
00:40:16se produit,
00:40:17la commune reste au centre
00:40:19de toutes les attentes,
00:40:20mais elle se retrouve
00:40:22en périphérie de l'information.
00:40:24Le maire continue
00:40:25à recevoir les parents,
00:40:26il croise les familles,
00:40:28nous continuons
00:40:28à recevoir les enfants
00:40:29et tout le monde s'interroge.
00:40:31C'est vers lui, évidemment,
00:40:33que se tourne naturellement
00:40:34une population
00:40:34qui veut comprendre,
00:40:35être rassurée
00:40:36et savoir ce qu'il en est.
00:40:39Je veux le dire ici
00:40:40avec beaucoup de mesures,
00:40:41mais aussi avec beaucoup
00:40:41de franchises,
00:40:42dans ces moments-là,
00:40:43le sentiment d'abandon institutionnel
00:40:45des élus locaux
00:40:45est immense.
00:40:47Pour la partie suivante
00:40:48qui concerne les propositions,
00:40:50je vous proposerai
00:40:50de passer la parole
00:40:51peut-être dans un deuxième temps
00:40:53à Mme Flan.
00:40:54Merci.
00:40:55Vous interviendrez peut-être
00:40:56dans un deuxième temps.
00:40:56On va donner la parole
00:40:57au maire de Sainte-Marie
00:40:58qui nous a rejoints
00:40:59pour un propos liminaire
00:41:01de cinq minutes.
00:41:02Si vous voulez bien,
00:41:03sachant qu'après,
00:41:04on va vous réinterroger
00:41:05sur les différents points,
00:41:06vous aurez l'occasion
00:41:07et le temps
00:41:08de vous exprimer
00:41:08les uns et les autres.
00:41:09Ah oui,
00:41:10vous n'avez pas encore prêté
00:41:11serment.
00:41:11Comme nous sommes en statut
00:41:12de commission d'enquête,
00:41:13je vais vous inviter
00:41:14à dire toute la vérité,
00:41:15rien que la vérité,
00:41:16en l'avant la main,
00:41:16en disant je le jure,
00:41:18je le jure,
00:41:18et nous indiquer
00:41:19si vous avez des liens
00:41:21d'intérêt avec l'objet
00:41:22de la commission d'enquête,
00:41:23s'il y en a évidemment.
00:41:24Je n'ai aucun lien,
00:41:25monsieur le sénateur,
00:41:26madame la sénatrice.
00:41:26Je vous donne la parole.
00:41:27Très bien,
00:41:28merci beaucoup,
00:41:28madame la sénatrice,
00:41:30présidente,
00:41:30monsieur le sénateur,
00:41:31monsieur le coprésident,
00:41:32mesdames, messieurs,
00:41:34les collègues élus,
00:41:36mesdames, messieurs,
00:41:37membres du Sénat,
00:41:38mesdames, messieurs,
00:41:40agents du Sénat.
00:41:41Écoutez,
00:41:41c'est un moment en particulier
00:41:42dans lequel nous nous trouvons
00:41:43parce que pas plus tard
00:41:44qu'il y a trois jours,
00:41:45nous avons lancé
00:41:46le séminaire sur
00:41:47« Je protège nos enfants
00:41:48dans la ville de Saint-Ouen »
00:41:49et chaque lundi,
00:41:53des familles victimes
00:41:55d'infanticides
00:41:56et de violences sexuelles
00:41:57et sexistes.
00:41:58Donc, mon propos liminaire,
00:41:59c'est que je me suis porté
00:42:01candidat pour participer
00:42:02à cette mission.
00:42:03Je vous remercie.
00:42:04Tout ce que nous pouvons
00:42:05partager en termes
00:42:06de retour d'expérience
00:42:07pour faire en sorte
00:42:08que nous puissions sauver
00:42:09les trois enfants par classe
00:42:10qui sont victimes
00:42:11de violences sexuelles
00:42:12et sexistes,
00:42:13je le ferai.
00:42:14Tout ce que nous pourrons faire
00:42:15pour sauver les 170 000
00:42:17victimes par an,
00:42:18nous le ferons.
00:42:19À Saint-Ouen,
00:42:19nous avons une approche
00:42:21que je qualifierais
00:42:23de listique,
00:42:23c'est-à-dire
00:42:24le périmètre
00:42:26du prédateur
00:42:27ne se limite pas
00:42:29au périscolaire.
00:42:30Sans ça,
00:42:30il suffirait
00:42:31de supprimer
00:42:33les activités périscolaires
00:42:34pour que
00:42:35la prédation
00:42:36et les violences
00:42:37en direction
00:42:39des enfants
00:42:39disparaissent.
00:42:41Quand je parle
00:42:41de vision holistique,
00:42:43c'est le parcours
00:42:45de l'enfant,
00:42:46comment on protège
00:42:47nos enfants.
00:42:47L'enfant,
00:42:48il va à l'école,
00:42:49comment on travaille
00:42:49avec l'éducation nationale.
00:42:51L'enfant,
00:42:51il est à l'école,
00:42:52comment on a une réflexion
00:42:54bâtimentaire.
00:42:55On voit bien
00:42:56qu'il y a des angles morts,
00:42:57je pense notamment
00:42:57pendant la pause méridienne,
00:43:00les toilettes,
00:43:02le passage entre
00:43:03le périscolaire
00:43:04et l'éducation nationale,
00:43:06et l'éducation nationale
00:43:07et le périscolaire.
00:43:08L'enfant,
00:43:09souvent,
00:43:10il a des activités culturelles,
00:43:11comment on arrive
00:43:12à sensibiliser
00:43:13les associations culturelles.
00:43:15L'enfant,
00:43:16il est souvent,
00:43:18il exerce souvent
00:43:20une activité sportive,
00:43:21comment on arrive
00:43:22à sensibiliser
00:43:23les éducatrices
00:43:24et les éducateurs.
00:43:25Sensibiliser,
00:43:26c'est quoi ?
00:43:26C'est la culture
00:43:28du consentement,
00:43:30la culture de
00:43:31je suis souverain,
00:43:32je suis chef de mon corps.
00:43:33Et ça commence très tôt.
00:43:36La prévention,
00:43:37c'est comment on arrive
00:43:37à former nos agents.
00:43:40Et la formation,
00:43:41encore une fois,
00:43:42est évolutive
00:43:43parce que le prédateur
00:43:44a des techniques évolutives.
00:43:47Il s'adapte,
00:43:47je pense notamment
00:43:48aux techniques digitales,
00:43:50aux techniques d'IA,
00:43:51aux techniques modernes
00:43:53qui donnent la possibilité
00:43:54de mieux appréhender sa proie.
00:43:56C'est comment on arrive
00:43:58à former les parents.
00:43:59Et c'est ce que vous avez
00:44:01probablement évoqué,
00:44:02chers collègues,
00:44:02vous allez évoquer,
00:44:03le travail précis,
00:44:11le travail fécond
00:44:13avec la justice,
00:44:16le ministère de l'Intérieur,
00:44:19réactivé au sein du CLS-PDR,
00:44:21le Conseil local
00:44:22de sécurité,
00:44:22de prévention,
00:44:23de la délinquance
00:44:24et contre la radicalisation,
00:44:25la notion de protection
00:44:26de l'enfance.
00:44:27Cette notion n'apparaît pas.
00:44:28Donc c'est très concret.
00:44:30Et nous,
00:44:31et je terminerai là-dessus
00:44:32mon propos linéaire,
00:44:33nous avons créé un service
00:44:35spécifique,
00:44:36protection de l'enfance,
00:44:37violence sexuelle et sexiste
00:44:38en direction des enfants,
00:44:39contre les enfants.
00:44:40Nous avons,
00:44:41et parce qu'on s'est rendu compte
00:44:42qu'on ne peut pas être jugé parti,
00:44:44il ne faut pas laisser ça
00:44:45au, je pense,
00:44:47au service éducatif,
00:44:48c'est trop compliqué,
00:44:50ou au service santé,
00:44:51c'est trop compliqué.
00:44:52il faut énormément de hauteur,
00:44:53énormément de recul
00:44:54pour pouvoir traiter ce type
00:44:55de sujet,
00:44:57pour pouvoir mieux gérer
00:44:58les signalements.
00:44:59Les signalements,
00:45:00comment j'ai fait ?
00:45:01J'ai une ligne directe
00:45:02pour éviter justement
00:45:03qu'on ait des effets
00:45:05de volonté,
00:45:06de camoufler,
00:45:06quoi que ce soit.
00:45:07Et je terminerai mon propos.
00:45:10Le juge Durand,
00:45:11avec lequel je travaille,
00:45:13l'association 160 000
00:45:15Mouv'enfants,
00:45:16avec lequel je travaille,
00:45:17Arnaud Gallet,
00:45:20nous donne un élément très clair.
00:45:23Les trois enfants par classe,
00:45:24il faut aller les chercher,
00:45:24on peut arriver à zéro,
00:45:25sauf qu'on sort du déni.
00:45:27On a trois dénits
00:45:28dans notre pays,
00:45:28le déni démographique,
00:45:29on a un pays qui vieillit,
00:45:30le déni climatique,
00:45:31on l'a vu cet été,
00:45:32et puis le déni face
00:45:33à la protection de nos enfants.
00:45:34Donc ça existe.
00:45:36Quand je discute
00:45:36avec certains collègues maires
00:45:37qui me disent
00:45:38« Chez moi, ça tient »,
00:45:39c'est de l'auto-persuasion.
00:45:41Au moment où je vous parle,
00:45:42j'ai pris la parole
00:45:43il y a exactement quatre minutes,
00:45:44il y a un gamin
00:45:45qui s'est fait agresser
00:45:45parce que la réalité,
00:45:47c'est celle-ci.
00:45:48Donc soit on sort du déni
00:45:50et on se donne les moyens,
00:45:52gauche, droite,
00:45:53peu importe,
00:45:54mais on arrive à sanctuariser
00:45:55la parole de l'enfant
00:45:56et faire en sorte
00:45:56que la protection de l'enfance
00:45:57est au centre
00:45:58d'un pays comme le nôtre
00:46:00parce qu'on mesure
00:46:02la grandeur d'une nation
00:46:04comme la nôtre,
00:46:05d'une république comme la nôtre,
00:46:07d'un pays comme le nôtre,
00:46:08la manière avec laquelle
00:46:09on protège nos femmes
00:46:10et nos enfants,
00:46:12les deux qui sont
00:46:13le plus exposés aux violences.
00:46:15Merci.
00:46:16Merci.
00:46:17Je vais donner la parole
00:46:17à notre rapporteur
00:46:18pour des premières questions
00:46:20pour que les choses
00:46:21soient totalement transparentes.
00:46:23Et évidemment,
00:46:27soyez le plus concret
00:46:28et précis possible.
00:46:29L'objet de la commission,
00:46:30c'est de faire des recommandations
00:46:31qui seront bien sûr
00:46:33en appui des familles,
00:46:35des collectivités,
00:46:36des employeurs que vous êtes.
00:46:37Donc, n'hésitez pas
00:46:38à faire des propositions
00:46:39les plus précises
00:46:40pour que nos recommandations
00:46:43soient, nous le souhaitons,
00:46:44efficaces.
00:46:45Madame la rapporteure.
00:46:46Merci infiniment,
00:46:46Monsieur le Président.
00:46:48Juste vous dire
00:46:49qu'en vous entendant,
00:46:50on voit bien
00:46:51que malheureusement,
00:46:52on fonctionne,
00:46:53il y a un fonctionnement
00:46:54en silo
00:46:55et ce fonctionnement en silo
00:46:58a des conséquences
00:46:58absolument dramatiques.
00:47:00En fait,
00:47:01il y a une très claire
00:47:02perte de confiance
00:47:03des familles
00:47:04dans les institutions scolaires,
00:47:06mais également
00:47:06dans les institutions municipales,
00:47:09parce qu'elles se rendent bien compte
00:47:11qu'en fait,
00:47:11quand il y a un problème
00:47:12dans une école
00:47:13à cause de ces directions bicéphales,
00:47:15on va voir la directrice
00:47:16qui renvoie vers le périscolaire,
00:47:18c'est-à-dire vers la mairie,
00:47:19et la mairie dit,
00:47:20secret de l'enquête,
00:47:20je ne peux rien dire.
00:47:21Et donc,
00:47:21c'est un renvoi de balles
00:47:23sans fin
00:47:23et donc une déresponsabilisation totale.
00:47:26Moi, je vous dis,
00:47:26on a reçu énormément
00:47:28de familles de victimes
00:47:31qui sont,
00:47:32comment dire,
00:47:32il y avait déjà
00:47:33une perte de confiance
00:47:34dans les élus,
00:47:35je le dis,
00:47:36mais là,
00:47:37je trouve que ce qui se passe
00:47:38sur le plan
00:47:39des institutions démocratiques
00:47:40et même vis-à-vis des élus
00:47:42est assez grave.
00:47:43Et donc,
00:47:43l'objectif de cette commission,
00:47:44encore une fois,
00:47:45je le redis,
00:47:45je ne suis pas magistrate,
00:47:46je ne suis pas procureure,
00:47:47c'est de proposer
00:47:48des recommandations
00:47:49et ce que j'entends là,
00:47:50tout de suite,
00:47:50c'est ce fonctionnement
00:47:51en silo
00:47:51qui fait que chacun
00:47:52est dans son couloir de nage
00:47:53et qu'on dit
00:47:54aller voir de l'autre côté.
00:47:55Ça, c'est la première chose.
00:47:56J'ai des questions précises
00:47:57à commencer par vous,
00:47:59Madame la maire de Vincennes.
00:48:01On a reçu
00:48:02les procureurs
00:48:02de la République
00:48:04de Paris,
00:48:05général de Nanterre
00:48:06et de Paris
00:48:08et en fait,
00:48:09ils nous disent
00:48:10très clairement
00:48:11et c'est écrit
00:48:11dans le questionnaire,
00:48:13un classement sans suite
00:48:14n'est pas un certificat d'innocence.
00:48:16Ça ne veut pas dire
00:48:16que les faits
00:48:17n'ont pas eu lieu,
00:48:18ça veut juste dire
00:48:19qu'en fait,
00:48:19la parole de l'enfant
00:48:21n'était pas corroborée,
00:48:22elle n'a pas été suffisamment claire.
00:48:24Or, on voit bien
00:48:24que les délais d'audition
00:48:25des enfants
00:48:26sont parfois
00:48:26de quatre mois,
00:48:27quatre mois après une agression,
00:48:29c'est-à-dire que la mémoire
00:48:30de l'enfant
00:48:30s'efface au bout
00:48:31de trois semaines.
00:48:32On parle d'enfants
00:48:33de trois ans,
00:48:34de quatre ans,
00:48:35de cinq ans.
00:48:36Forcément,
00:48:36la mémoire,
00:48:36elle s'efface.
00:48:37Donc ça,
00:48:38c'est la première chose.
00:48:39Et donc,
00:48:40je voulais savoir
00:48:41si vous aviez,
00:48:42vous,
00:48:43fait des enquêtes
00:48:44administratives systématiques
00:48:46et avez-vous été amené
00:48:48d'abord
00:48:49à licencier
00:48:51des agents ?
00:48:52Qu'est-ce que vous avez pu,
00:48:54justement,
00:48:54pour essayer,
00:48:55comment dire,
00:48:56de rassurer un peu
00:48:57les familles
00:48:58pour leur dire
00:48:59qu'en fait,
00:49:00elles étaient entendues ?
00:49:01Parce que ça fait
00:49:02des années
00:49:03et des années
00:49:04qu'il y a un déni
00:49:04structurel enfant,
00:49:06c'est un mépris
00:49:06de la parole de l'enfant.
00:49:08Un mépris.
00:49:09C'est-à-dire que
00:49:10parfois,
00:49:11des parents me disent
00:49:11mon enfant a été entendu
00:49:13ou devant la brigade
00:49:14de protection des mineurs
00:49:15ou au commissariat
00:49:16et ça,
00:49:16c'est gravissime
00:49:17parce qu'un enfant
00:49:17se sent coupable
00:49:18quand il est face
00:49:19à un policier en uniforme.
00:49:20Il pense qu'il a fait
00:49:20une bêtise.
00:49:22Mais que finalement,
00:49:24est-ce que mon enfant
00:49:24a été vraiment entendu ?
00:49:26Et c'est là où nous,
00:49:27pouvoir public,
00:49:27on a une responsabilité
00:49:28pour faire de l'accompagnement,
00:49:30ne serait-ce que de l'explication,
00:49:31de la pédagogie.
00:49:33Beaucoup apprennent
00:49:33les classements sans suite
00:49:34par hasard,
00:49:35même pas par leur avocat.
00:49:36Quelques mois après,
00:49:37c'est une seconde violence
00:49:38pour eux.
00:49:39Ces classements sans suite
00:49:40sont une seconde violence
00:49:41quand il n'y a pas
00:49:42de courrier écrit
00:49:43et c'est la loi
00:49:44et quand ils ne sont pas
00:49:45accompagnés sur le plan
00:49:46juste de la pédagogie.
00:49:48Madame le maire.
00:49:50Oui, alors évidemment,
00:49:52quand nous nous retrouvons
00:49:54dans des situations similaires
00:49:56à celles que nous avons
00:49:57tous vécues,
00:49:58dès lors qu'à Vincennes,
00:49:59nous avons un signalement,
00:50:01donc comme je le disais,
00:50:02on suspend immédiatement
00:50:03l'animateur
00:50:04quand il est identifié.
00:50:05Sinon, on essaye
00:50:06de regrouper
00:50:07pour essayer de trouver
00:50:08le profil
00:50:09qui peut ressembler
00:50:10le plus à celui
00:50:11que l'enfant,
00:50:11parfois même,
00:50:12a du mal à décrire.
00:50:14Bon, on y arrive
00:50:16en général.
00:50:18Ensuite, bien entendu,
00:50:19on enclenche
00:50:20une enquête administrative
00:50:21de manière systématique.
00:50:23La seule difficulté
00:50:24à laquelle on est confronté,
00:50:25c'est que,
00:50:26comme vous le dites,
00:50:26et c'est d'autant plus vrai
00:50:27pour les maternelles,
00:50:29c'est qu'un enfant
00:50:29qui a trois ans,
00:50:30moi je suis mère de quatre enfants,
00:50:31donc je sais à peu près
00:50:32de quoi on parle.
00:50:33Quand on a un enfant
00:50:34de trois ans ou quatre ans
00:50:35qui relate des faits,
00:50:37il lui est parfois difficile
00:50:38de le situer
00:50:39dans un espace temporaire,
00:50:42le, dans un lieu,
00:50:44et encore moins,
00:50:46parfois,
00:50:46d'essayer de reconnaître
00:50:48l'adulte en question.
00:50:49Donc, bien sûr
00:50:51qu'il faut mener
00:50:51une enquête administrative,
00:50:53mais bien sûr
00:50:53que nos équipes
00:50:54sont dans la difficulté
00:50:55à parfois
00:50:59donner, en fait,
00:51:00un cadre
00:51:01à ce que l'enfant
00:51:02peut dire.
00:51:04et donc c'est là
00:51:05où, effectivement,
00:51:06il faut qu'on apprenne,
00:51:07pas nous,
00:51:08parce que ce n'est pas
00:51:08notre boulot,
00:51:09entre guillemets,
00:51:10au moment de l'enquête,
00:51:11mais il faut qu'on arrive
00:51:12à trouver,
00:51:13je pense que dans d'autres pays,
00:51:15on y arrive
00:51:15à faire parler l'enfant
00:51:16pour préciser,
00:51:17en fait,
00:51:18sa parole.
00:51:19Il faut qu'elle soit entendue,
00:51:20cette parole,
00:51:20bien entendu,
00:51:21et très vite,
00:51:22et dans des délais
00:51:23qui sont effectivement
00:51:24assez courts.
00:51:26Alors,
00:51:26en ce qui concerne
00:51:28les récents événements
00:51:29à Vincennes,
00:51:30ça a été le cas,
00:51:31parfois au détriment
00:51:32des procédures réglementaires,
00:51:33comme vous le dites
00:51:33et comme mon collègue
00:51:35l'a vécu,
00:51:35parfois avec des maladresses.
00:51:37La brigade des mineurs
00:51:39qui déboule dans une classe
00:51:40sans que personne
00:51:41ne soit informé,
00:51:43ce n'est pas possible.
00:51:45Voilà,
00:51:45on doit,
00:51:46parce que là,
00:51:46pour bloquer la parole
00:51:47d'un enfant,
00:51:47il n'y a pas mieux.
00:51:49Donc,
00:51:50en fait,
00:51:50on laisse aujourd'hui
00:51:51les familles un peu seules
00:51:51se débrouiller
00:51:52sur la manière
00:51:53dont ils peuvent questionner
00:51:54les enfants,
00:51:54avec un risque majeur,
00:51:55quand même,
00:51:56c'est qu'un parent
00:51:57qui émotionnellement
00:51:59est pris
00:51:59dans ce temps-là,
00:52:02il vit de la culpabilité,
00:52:04il vit beaucoup
00:52:04d'autres choses,
00:52:05etc.
00:52:05Et dans la façon
00:52:06dont il questionne son enfant,
00:52:07forcément,
00:52:08il l'oriente,
00:52:08et il l'oriente forcément,
00:52:09beaucoup.
00:52:10Donc,
00:52:11il faut qu'on arrive aussi
00:52:12à donner aux parents
00:52:13les moyens de questionner
00:52:14leurs enfants,
00:52:15ce qui est très compliqué,
00:52:16de manière totalement neutre,
00:52:17et de le faire
00:52:18dans des délais,
00:52:18pour le coup,
00:52:19avec les institutions
00:52:20qui en ont la charge,
00:52:21assez courts.
00:52:22Et là,
00:52:23effectivement,
00:52:23il y a assez rapidement
00:52:24un problème de moyens,
00:52:25puisqu'on voit bien
00:52:26que les brigades des mineurs,
00:52:27en tout cas en ce moment,
00:52:28sont complètement débordées,
00:52:29et qu'elles ne peuvent pas
00:52:31matériellement intervenir
00:52:32auprès des familles
00:52:34dans des délais
00:52:35qui sont très courts
00:52:36pour des enfants,
00:52:37des jeunes enfants,
00:52:38notamment.
00:52:40Sachant qu'en effet,
00:52:41le procureur hier
00:52:42nous disait
00:52:43qu'il ne pouvait pas,
00:52:44compte tenu des moyens,
00:52:45traiter avec suffisamment
00:52:46de diligence,
00:52:47il a employé le terme,
00:52:48c'est écrit dans le questionnaire,
00:52:49de diligence,
00:52:50ces affaires liées
00:52:50aux périscolaires.
00:52:51Justement,
00:52:52sur cette descente
00:52:53dans la maternelle
00:52:54et l'audition
00:52:54de 90 enfants,
00:52:56c'est-à-dire 90 enfants,
00:52:57ça veut dire
00:52:57deux minutes par...
00:52:59Qui a proposé cette liste ?
00:53:01Sur quels critères,
00:53:02en fait,
00:53:02la liste de ces enfants
00:53:03auditionnés
00:53:05a été établie ?
00:53:06Qui a établi cette liste ?
00:53:08Qui a décidé,
00:53:09en fait ?
00:53:11En fait,
00:53:11je ne suis pas sûre
00:53:12qu'ils aient entendu.
00:53:12En tout cas,
00:53:13pour ma part,
00:53:13ils n'ont pas entendu
00:53:14les 90 enfants.
00:53:15Ils sont rentrés dans l'école,
00:53:16ils ont tiré au sort
00:53:17quelques enfants
00:53:19pour sentir
00:53:19et prendre le pouls,
00:53:20en fait,
00:53:21s'ils n'ont pas
00:53:22entendu des enfants.
00:53:23Ils sont venus
00:53:27prendre le pouls.
00:53:28Moi,
00:53:28c'est ce qui s'est passé
00:53:29à Vincennes.
00:53:29Après,
00:53:30je ne sais pas
00:53:30comment ça s'est passé
00:53:31chez les collègues.
00:53:32oui,
00:53:32mais pas à Colombes.
00:53:32À Colombes,
00:53:33je crois que les enfants
00:53:34ont été véritablement
00:53:36auditionnés
00:53:36et 90 enfants.
00:53:38Imaginez le traumatisme,
00:53:39c'est-à-dire que c'est
00:53:40contraire à toutes les règles,
00:53:42encore une fois,
00:53:42de protection de l'enfance
00:53:43puisqu'en fait,
00:53:44c'est sur le lieu
00:53:44de traumatisme
00:53:45qu'on les réinterroge.
00:53:46C'est ce qu'on appelle
00:53:47la seconde victimisation.
00:53:48C'est là où
00:53:49la brigade de protection
00:53:50des mineurs
00:53:50a des salles Mélanie
00:53:51qui permettent justement
00:53:52de mettre l'enfant
00:53:53en confiance.
00:53:54Alors,
00:53:55je vous écoute là-dessus.
00:53:59Non,
00:53:59on n'a pas
00:54:00transmis une liste
00:54:01directement
00:54:01puisqu'on n'était pas
00:54:03au courant
00:54:03qu'ils venaient.
00:54:04En fait,
00:54:06nous,
00:54:07ils sont arrivés
00:54:08à l'école.
00:54:09Ils sont arrivés
00:54:09à l'école le matin
00:54:10et la directrice
00:54:11a tout de suite
00:54:12effectivement informé
00:54:13le service de la mairie.
00:54:14Mon directeur général
00:54:15des services
00:54:16m'en a informé
00:54:17dans l'heure
00:54:18mais sans possibilité
00:54:20d'intervenir
00:54:21dans ce cas-là.
00:54:22Moi,
00:54:22j'ai même proposé
00:54:22de me rendre à l'école
00:54:23parce que je me suis dit
00:54:24que ça va se avoir
00:54:25dès midi,
00:54:26les parents vont bouger.
00:54:27Bon,
00:54:28finalement,
00:54:29ce n'était pas
00:54:29la solution retenue.
00:54:31Mais après,
00:54:32ils se sont adressés
00:54:35via la responsable
00:54:36du centre de loisirs
00:54:37à la liste
00:54:38de tous les enfants
00:54:39qui avaient été en contact
00:54:40avec cet éducateur.
00:54:42Après,
00:54:42moi,
00:54:43je n'ai aucun détail
00:54:43depuis
00:54:44sur qui a été interrogé.
00:54:46Comment je sais juste
00:54:47la seule chose factuelle
00:54:49et qui est violente,
00:54:50c'est de découvrir
00:54:52que,
00:54:52en fait,
00:54:52quand le parent vous dit
00:54:53j'ai appris
00:54:55par un mot
00:54:55dans la trousse.
00:54:59J'ai lu dans le questionnaire
00:55:00que vous aviez reçu
00:55:01un écrit du brigadier
00:55:02vous demandant
00:55:03de ne pas communiquer
00:55:04aux parents.
00:55:04Est-ce que vous le confirmez ?
00:55:05Est-ce que vous pouvez me donner
00:55:06cet élément matériel
00:55:07à la commission d'enquête ?
00:55:08Oui,
00:55:09nous,
00:55:10je vous le communiquerai,
00:55:11mais oui,
00:55:11effectivement,
00:55:12nous,
00:55:12nous a demandé
00:55:12à postériori
00:55:13de ne pas communiquer
00:55:15sur les enquêtes.
00:55:16C'est notre réponse précise.
00:55:18Mais ça n'empêche pas
00:55:19de communiquer aux parents,
00:55:20de les accompagner.
00:55:23On ne communique pas
00:55:24sur l'enquête,
00:55:25mais c'est pour autant
00:55:26pas forcément...
00:55:27Communiquer et accompagner.
00:55:28Ça ne se traduit pas
00:55:28par un silence
00:55:29qu'on oppose aux familles.
00:55:30La présomption d'innocence,
00:55:31je la respecte
00:55:32et j'y suis attachée.
00:55:32Mais toutefois,
00:55:34on se doit aussi
00:55:35de tenir informé
00:55:36ou d'accompagner
00:55:37ou d'expliquer
00:55:38tout simplement aux parents.
00:55:40Communiquer et accompagner,
00:55:42ce n'est pas la même chose.
00:55:45C'est communiquer,
00:55:46c'est répondre
00:55:47dans l'instant T
00:55:48à des questions
00:55:50dont on n'a pas des réponses.
00:55:52Accompagner devant la souffrance
00:55:54que ressentent les parents.
00:55:58Rencontrer les psychologues
00:55:59de l'éducation nationale,
00:56:02faire les réunions,
00:56:03voir les associations
00:56:04de parents d'élèves,
00:56:05voir les animateurs,
00:56:06communiquer avec tout le monde
00:56:07pour avoir la situation.
00:56:08Oui, c'est fait.
00:56:09Et je pense qu'on le fait tous
00:56:10parce que ce sont
00:56:10les seules armes réellement
00:56:12qu'on a dans les mains
00:56:13pour montrer
00:56:14qu'on remplit ce vide.
00:56:17Finalement,
00:56:17on remplit juste
00:56:18une absence totale
00:56:19de que devons-nous faire
00:56:21à part nous dire
00:56:21de ne pas communiquer.
00:56:23Nous ne sommes pas
00:56:24des enquêteurs.
00:56:25Et c'est la phrase
00:56:26qu'on entend le plus souvent.
00:56:27Vous n'êtes pas enquêteur.
00:56:29Et pourtant,
00:56:30en face de nous,
00:56:31on a des parents
00:56:31qui veulent,
00:56:32qui aimeraient qu'on le soit
00:56:33parce que d'abord,
00:56:34ils aimeraient
00:56:35que ça aille plus vite.
00:56:36C'est très long.
00:56:38Vous avez dit les délais.
00:56:40Je reviens
00:56:41sur l'introduction
00:56:42de votre question.
00:56:46Depuis le mois d'avril,
00:56:47j'ai déclenché
00:56:49systématiquement
00:56:49dans la minute
00:56:50la suspension
00:56:50et les procédures.
00:56:53Mais ça n'a pas
00:56:54toujours été le cas.
00:56:55Ça n'a pas toujours été le cas
00:56:56parce que
00:56:57quand je suis au courant
00:56:59et que je remonte
00:56:59les dossiers
00:57:01et qu'on maintenant,
00:57:02a posteriori,
00:57:02on me redonne
00:57:04des cas d'agressions,
00:57:06qu'elles soient sexuelles ou pas,
00:57:07parce que les enfants
00:57:08ne sont pas
00:57:08dans le périscolaire,
00:57:10toutes les agressions
00:57:11ne sont pas sexuelles.
00:57:13Et que j'ai l'historique
00:57:15du mail des parents
00:57:15qui remontent
00:57:16en signalement
00:57:17à deux ans,
00:57:19à six mois,
00:57:20avec le nom
00:57:21d'un adjoint,
00:57:21d'un élu
00:57:22à l'enfance
00:57:23et qu'on a juste
00:57:24déplacé l'animateur
00:57:25dans une autre école.
00:57:27Ça veut dire
00:57:27qu'on n'entend pas,
00:57:28on n'a pas entendu
00:57:29et rien n'a été fait.
00:57:31Donc,
00:57:32il y a un changement
00:57:33de comportement
00:57:34effectivement
00:57:34et je pense que
00:57:35la vague parisienne
00:57:38a sensibilisé
00:57:38peut-être très vite
00:57:39tout le monde,
00:57:40plus.
00:57:41En tout cas,
00:57:43oui,
00:57:43aujourd'hui,
00:57:44les signalements sont faits,
00:57:44les enquêtes
00:57:45et je pense qu'il n'y a pas
00:57:45une mairie
00:57:46qui jouerait
00:57:47et qui prendrait le risque
00:57:48effectivement
00:57:49de ne pas répondre
00:57:49et de ne pas agir.
00:57:52Et de ne pas agir.
00:57:53Mais la procédure est là,
00:57:55la communication,
00:57:57elle ne se résume
00:58:00qu'à être présent
00:58:02et à montrer
00:58:02que l'institution
00:58:03est aux côtés
00:58:04du drame
00:58:04que vivent les parents
00:58:06sans solution.
00:58:07Je n'ai pas apprécié
00:58:10l'intervention
00:58:11de M. le maire
00:58:12de Colombes
00:58:15en relativisant
00:58:15et en décontextualisant
00:58:16le terme victime.
00:58:17Évidemment,
00:58:18évidemment qu'une victime,
00:58:19ça reste une victime.
00:58:21Évidemment,
00:58:23on ne nous apprend pas
00:58:24à faire des immeubles
00:58:25sauf qu'il y a
00:58:26le PLUI,
00:58:26sauf qu'il y a
00:58:28le droit
00:58:30de l'immobilier,
00:58:31sauf qu'il y a
00:58:31les domaines.
00:58:33Mais ce que je suis
00:58:33en train de dire,
00:58:34c'est que,
00:58:34alors peut-être que vous avez
00:58:35une force psychologique
00:58:36que je n'ai pas,
00:58:36mais quand vous vous retrouvez
00:58:38devant 300 personnes
00:58:40pour gérer
00:58:42des informations,
00:58:44la colère,
00:58:45la rumeur,
00:58:48le tribunal populaire,
00:58:50pardonnez-moi,
00:58:51mais c'est compliqué.
00:58:52C'est compliqué.
00:58:53Et en tout cas,
00:58:54ça exige
00:58:56minima,
00:58:57minima,
00:58:58une prise de conscience
00:58:59que,
00:59:00parce que nous sommes tous
00:59:01dans le même bateau,
00:59:03une formation
00:59:04ou en tout cas
00:59:04une prise de conscience
00:59:05de...
00:59:07minimum,
00:59:08minimum
00:59:08de préparation.
00:59:10Nous,
00:59:10oui,
00:59:11en 2020,
00:59:12quand je suis élu,
00:59:13je n'étais pas préparé à ça.
00:59:14Et heureusement,
00:59:15heureusement,
00:59:15heureusement qu'on a été formé
00:59:16la formation continue.
00:59:18Sur la première intervention,
00:59:20est-ce qu'on a changé
00:59:20de paradigme ?
00:59:21Automatiquement,
00:59:22il y a eu un avant
00:59:23et après l'IANA.
00:59:25On a changé.
00:59:27Tous les lundis,
00:59:27il y a des manifestes
00:59:28en place Vendôme.
00:59:29Les associations
00:59:30sont de plus en plus
00:59:32entendues.
00:59:34Madame la rapporteuse
00:59:35l'évoquait
00:59:35dans son propos
00:59:38préliminaire.
00:59:38Il n'y a pas
00:59:39de clivage
00:59:40gauche-droite.
00:59:40Le point commun,
00:59:41c'est que les 70 millions
00:59:43de Françaises et Français,
00:59:44c'est le seul point commun,
00:59:44c'est que nous avons tous
00:59:45été enfants.
00:59:47Bon.
00:59:48Ça parle.
00:59:52Première réunion
00:59:53que j'ai avec Arnaud Gallet,
00:59:55je le croise
00:59:56dans une émission de télé.
00:59:57Quand il me dit
00:59:58qu'il y a trois enfants
00:59:58par classe,
01:00:00je lui demande
01:00:00de reformuler quatre fois.
01:00:04J'ai du mal
01:00:05intériorisé,
01:00:06nous, élus locaux,
01:00:06en tout cas,
01:00:07une partie des élus locaux
01:00:09en responsabilité,
01:00:11que lorsqu'il n'y avait
01:00:11pas signalement,
01:00:12il n'y avait pas de problème.
01:00:14Et c'est là
01:00:15où je fais le lien
01:00:16avec la question
01:00:17sur l'éducation nationale,
01:00:19M. le Président,
01:00:20M. le Sénateur.
01:00:22La culture
01:00:24qui prévaut,
01:00:26qui prévalait
01:00:26un peu partout
01:00:27dans toutes les institutions,
01:00:28à partir du moment
01:00:30où il n'y a pas
01:00:31de signalement,
01:00:32il n'y a pas
01:00:34d'agression,
01:00:35il n'y a donc
01:00:36pas de problème.
01:00:37Et ce que je dis
01:00:38de façon,
01:00:39on va dire,
01:00:41un peu
01:00:42brutalement honnête,
01:00:44pour traduire
01:00:45un anglicisme,
01:00:47il faut que
01:00:47les signalements
01:00:48remontent.
01:00:49On ne pourra pas
01:00:50être dans la prévention,
01:00:53traquer les prédateurs,
01:00:56dans l'éducation nationale,
01:00:57le bâtimentaire,
01:00:58ce sont les prérogatives
01:00:59des maires.
01:01:00Le contenu,
01:01:00c'est l'éducation nationale.
01:01:02Et en plus,
01:01:02dans l'éducation nationale,
01:01:04le chef d'établissement
01:01:05n'a pas de rapport
01:01:06hiérarchique.
01:01:07Donc il faut parler
01:01:07avec l'IEN,
01:01:08il faut parler
01:01:09avec la DAZEN.
01:01:10C'est compliqué.
01:01:12Non pas de parler
01:01:12avec eux,
01:01:13mais c'est compliqué
01:01:14de réinstaurer
01:01:15rapidement la culture
01:01:16du « on sanctuarise
01:01:17la voix de l'enfant
01:01:18et la culture
01:01:19du signalement »
01:01:19parce qu'on se dit
01:01:20si jamais il y a
01:01:21des signalements,
01:01:21ça va faire
01:01:23du bad buzz
01:01:24dans mon département
01:01:26et je ne peux pas
01:01:27le permettre
01:01:28pour l'évolution
01:01:29de ma carrière.
01:01:30Et c'est là
01:01:31où il faut changer
01:01:31de paradigme.
01:01:32Plus il y a
01:01:33des signalements,
01:01:34pardon ?
01:01:34C'est le pas de vague.
01:01:36Exactement,
01:01:36c'est le pas de vague.
01:01:37Et là,
01:01:37ce que je dis,
01:01:38il faut faire des vagues.
01:01:41Il faut que ça remonte.
01:01:43Et je terminerai
01:01:44par un point.
01:01:44Oui,
01:01:45on est parfois,
01:01:46monsieur le sénateur,
01:01:48en opposition
01:01:49avec un principe
01:01:49qui est consubstantiel
01:01:51à nos valeurs politiques,
01:01:52en tout cas,
01:01:53les miennes.
01:01:56le principe
01:01:58d'innocence,
01:01:59présomption d'innocence.
01:02:01Pour les animatrices
01:02:02et les animateurs
01:02:03concernés par les affaires,
01:02:05on a un principe
01:02:05de précaution,
01:02:06on suspend automatiquement.
01:02:08C'est dur,
01:02:10c'est compliqué,
01:02:11mais dans le recrutement
01:02:12des animatrices et animateurs,
01:02:13on les informe
01:02:14et on leur explique
01:02:15que vous faites
01:02:15un travail difficile,
01:02:16c'est pour ça qu'il faut
01:02:16bien les payer.
01:02:17Et je terminerai
01:02:18par ce point,
01:02:19le BAFA
01:02:21n'est pas
01:02:22un certificat
01:02:24de non-agression.
01:02:26Si tous les animateurs
01:02:28qui avaient le BAFA
01:02:29n'étaient pas
01:02:29des prédateurs,
01:02:31ce serait facile.
01:02:33Si tous les prédateurs
01:02:34étaient des animateurs,
01:02:35ce serait facile.
01:02:39Voilà,
01:02:39chers collègues,
01:02:40du moins chers collègues.
01:02:41Merci,
01:02:41monsieur le maire.
01:02:42Qui d'autre ?
01:02:42Madame Farron.
01:02:45Bonjour,
01:02:46monsieur le président.
01:02:47Bonjour,
01:02:47madame la sénatrice,
01:02:49messieurs et mesdames
01:02:49les sénateurs.
01:02:51Du coup,
01:02:52je vais me permettre
01:02:53de donner
01:02:54quelques idées
01:02:55auxquelles on a réfléchi
01:02:56dans le cadre
01:02:57de la prévention
01:02:58et du traitement.
01:02:59Donc,
01:02:59on a beaucoup parlé
01:03:00d'effectivement
01:03:01de chercher,
01:03:02de traquer
01:03:02les agresseurs,
01:03:04des défaillances
01:03:05qu'il pouvait y avoir
01:03:06dans le B2
01:03:09et le FIGES.
01:03:10Je rajouterai juste
01:03:11à cet ordre-là
01:03:13par rapport
01:03:13à ce qu'a dit
01:03:14la maire de Vincennes
01:03:16que, du coup,
01:03:17il y a des peines
01:03:18qui sont annulées.
01:03:19Pour les agresseurs mineurs,
01:03:22à leur majorité,
01:03:23le FIGES est effacé.
01:03:25Donc,
01:03:25en fait,
01:03:26il faut aussi
01:03:27penser
01:03:30à modifier ça.
01:03:32En fait,
01:03:32un agresseur mineur,
01:03:34à partir de 18 ans,
01:03:35pourra postuler
01:03:36et il aura
01:03:37une attestation
01:03:38d'honorabilité vierge.
01:03:40Donc,
01:03:41traquer les agresseurs,
01:03:42c'est important,
01:03:43mais en fait,
01:03:43ce n'est pas suffisant.
01:03:45Dans le cadre
01:03:46de la prévention,
01:03:48en fait,
01:03:48c'est l'enfant
01:03:49qui est au centre
01:03:52de nos préoccupations.
01:03:53Donc,
01:03:54il faut travailler,
01:03:54pour moi,
01:03:55c'est indispensable,
01:03:56il faut travailler
01:03:56sur la libération
01:03:57de la parole
01:03:57de l'enfant.
01:03:58Les enfants,
01:03:58ils parlent,
01:04:00mais ils ne parlent
01:04:00encore pas assez.
01:04:01Ils ne parlent pas
01:04:02forcément avec des mots.
01:04:03Ils ne sont pas
01:04:04forcément entendus
01:04:05au moment où ils parlent.
01:04:06Ou alors,
01:04:07quand on leur pose
01:04:07la question,
01:04:08là,
01:04:08c'est ce qu'on va faire
01:04:09avec les questionnaires
01:04:10anonymes,
01:04:11au moment où on leur
01:04:12pose la question,
01:04:13ils n'auront peut-être
01:04:13pas la capacité de parler
01:04:14ou ce ne sera peut-être
01:04:15pas le moment pour eux.
01:04:17Donc,
01:04:17en fait,
01:04:17pour pouvoir libérer
01:04:18la parole,
01:04:19il faut leur donner
01:04:19des clés de compréhension
01:04:20des violences,
01:04:21adaptées à leur âge
01:04:22et à leur niveau
01:04:22de développement
01:04:23dès la maternelle.
01:04:25il faut renouveler régulièrement,
01:04:28au moins annuellement,
01:04:29à mon sens,
01:04:30ces informations.
01:04:31Donc,
01:04:32avec l'aide
01:04:33de l'éducation nationale
01:04:34dans le cas des dispositifs
01:04:36EVAR et VAR5
01:04:37qui existent
01:04:37et qui doivent être
01:04:38vraiment appliqués
01:04:39et uniformisés,
01:04:41il faut autoriser la parole,
01:04:42questionner systématiquement
01:04:43ces enfants
01:04:45pour qu'au moment
01:04:46où ils auront
01:04:47la possibilité
01:04:47de le dire,
01:04:48ils pourront nous le dire.
01:04:49Voilà.
01:04:50Et une fois qu'ils l'ont dit,
01:04:52eh bien,
01:04:53il faut qu'il soit entendu
01:04:55il faut qu'il soit cru.
01:04:57Voilà.
01:04:57Un enfant,
01:04:58il dit la vérité
01:04:58dans 98% des cas.
01:05:00Donc,
01:05:00a priori,
01:05:02un enfant,
01:05:02il dit la vérité.
01:05:04Il faut qu'il soit protégé
01:05:05rapidement,
01:05:06efficacement et durablement
01:05:07dans tous ces lieux de vie.
01:05:09Je me permets de rappeler
01:05:10qu'au terme,
01:05:10dans la loi française,
01:05:12l'enfant,
01:05:12du fait de son âge,
01:05:13c'est une personne vulnérable
01:05:15et que cette vulnérabilité,
01:05:17dans le cadre de la justice,
01:05:19elle est prise en compte
01:05:20dans le...
01:05:23on punit plus sévèrement
01:05:25les infractions commises
01:05:26sur des personnes vulnérables,
01:05:27mais on ne prend pas forcément
01:05:28en compte
01:05:29la parole
01:05:29d'une personne vulnérable.
01:05:33Après,
01:05:34pour la prévention,
01:05:35le repérage
01:05:36et la protection,
01:05:37c'est aussi
01:05:38faire un repérage
01:05:40systématique,
01:05:41c'est organiser
01:05:41l'accueil
01:05:42de la parole
01:05:42de l'enfant
01:05:43et sa prise en charge
01:05:43en formant les équipes
01:05:45qui travaillent
01:05:45auprès des enfants.
01:05:46Donc,
01:05:47au repérage
01:05:47des signes de maltraitance
01:05:48de manière systématique,
01:05:50il faudrait que dans le cadre
01:05:51du BAFA,
01:05:52par exemple,
01:05:52tous les animateurs
01:05:54puissent avoir une formation
01:05:55comme pour les premiers secours.
01:05:57En fait,
01:05:57on a une formation.
01:05:58Si on ne pratique pas,
01:05:59on oublie,
01:05:59il faut qu'on soit recyclé.
01:06:00Pour les violences faites
01:06:01aux enfants,
01:06:01c'est pareil.
01:06:02Les signes de maltraitance,
01:06:03les signes de violence,
01:06:04en fait,
01:06:05si on ne les a pas régulièrement
01:06:06en tête,
01:06:06si on n'y pense pas,
01:06:08on oublie
01:06:08et on ne peut pas le concevoir.
01:06:09On ne peut pas se dire
01:06:10que ça peut arriver
01:06:11autour de nous.
01:06:17La prévention,
01:06:18le repérage,
01:06:19la protection,
01:06:20c'est enfin accompagner
01:06:20efficacement les familles.
01:06:21Vous nous avez posé
01:06:22une question là-dessus.
01:06:24Les familles,
01:06:24c'est compliqué
01:06:25parce qu'à partir du moment
01:06:26où ils apprennent,
01:06:27et chez nous,
01:06:27ils l'ont appris par voie de presse,
01:06:28donc en fait,
01:06:29ça a été le raz-de-marée
01:06:31auprès de la mairie
01:06:31au moment où ils l'ont appris.
01:06:34En fait,
01:06:34quand il y a une suspicion
01:06:35de violence dans une institution,
01:06:37nous,
01:06:37on n'a pas été autorisés
01:06:39à en parler aux familles
01:06:41parce qu'il y avait
01:06:43le secret de l'enquête
01:06:44qui s'imposait à nous.
01:06:46Donc on a répondu
01:06:47au coup par coup
01:06:47à toutes les familles
01:06:48qui se sont adressées à nous,
01:06:49mais on n'a pas pu faire
01:06:49une communication
01:06:51à tout le monde.
01:06:52Quand il y a une suspicion
01:06:53de violence dans une institution,
01:06:55l'annonce devrait être
01:06:56la plus rapide possible
01:06:57auprès des familles
01:06:57potentiellement concernées
01:06:59dans un cadre,
01:07:00on est d'accord,
01:07:00judiciaire,
01:07:01défini et réfléchi
01:07:03pour préserver
01:07:04la présomption d'innocence,
01:07:05mais sans attendre
01:07:06que la presse
01:07:07s'empare du sujet.
01:07:08C'est trop compliqué derrière.
01:07:10Accompagner les familles
01:07:10c'est aussi les accompagner
01:07:12dans leur questionnement
01:07:12de parents autour de la crainte
01:07:14que leur enfant
01:07:14ait aussi été victime
01:07:15parce que c'est la question
01:07:16qui nous pose
01:07:17comment on fait nous
01:07:18pour en parler
01:07:18avec nos enfants.
01:07:19Et les seules personnes
01:07:20vers qui ils peuvent se tourner
01:07:22c'est la mairie
01:07:22dans ces cas-là.
01:07:24Et les accompagner
01:07:25et les orienter
01:07:26pour leur donner
01:07:27des pistes très concrètes
01:07:28d'outils et de communication,
01:07:30des contacts à solliciter
01:07:31en cas de besoin
01:07:32parce que même ça
01:07:32ils n'en ont pas.
01:07:35il faut arrêter
01:07:36de voir
01:07:37les violences
01:07:38enfin il faut arrêter
01:07:39l'idée c'est que les violences
01:07:40la protection de l'enfance
01:07:41c'est transversal
01:07:42en fait ça ne peut pas être
01:07:43réfléchi en silo
01:07:44comme on l'a dit
01:07:45on ne peut pas s'occuper
01:07:46que du périscolaire
01:07:47et donner des consignes
01:07:48et des recommandations
01:07:48pour le périscolaire
01:07:49on ne peut pas s'occuper
01:07:50de l'école
01:07:50et donner des consignes
01:07:51et des protocoles
01:07:52pour l'école
01:07:53on ne peut pas s'occuper
01:07:54des clubs sportifs
01:07:55en fait il faut vraiment
01:07:56une transversalité
01:07:57et donc pour qu'il y ait
01:07:58une transversalité
01:07:59il faut qu'il y ait
01:08:00des protocoles
01:08:01qui soient réalisées
01:08:03qui soient communs
01:08:04et qu'il y ait
01:08:05potentiellement des référents
01:08:06qui soient formés
01:08:07à tous les niveaux
01:08:08qui puissent communiquer
01:08:09dans le cadre du secret partagé
01:08:10et que du coup
01:08:11les informations
01:08:12elles puissent transiter
01:08:13et que du coup
01:08:14il y ait un protocole commun
01:08:16qu'on sache
01:08:17comment signaler
01:08:19comment transmettre
01:08:20une information préoccupante
01:08:21mais que ce soit toujours
01:08:22la même
01:08:23la même
01:08:23la même manière de faire
01:08:25à tous les niveaux
01:08:26si c'est la même manière
01:08:27de faire à tous les niveaux
01:08:28ce sera beaucoup plus facile
01:08:30pour la personne
01:08:31qui a un questionnement
01:08:33déjà si on peut communiquer
01:08:34ensemble
01:08:35on pourra partager les idées
01:08:36et se dire
01:08:37cette situation
01:08:38oui elle nous inquiète
01:08:39il faut faire remonter
01:08:39ou cette information là
01:08:41prise toute seule
01:08:42c'est un signal faible
01:08:43du coup
01:08:44je vais plutôt le mettre
01:08:45sous le tapis
01:08:45puis je vais attendre
01:08:46qu'il y ait un signal fort
01:08:46qui arrive
01:08:47puis quand le signal fort arrive
01:08:48en fait on se dit
01:08:496 mois, 2 ans avant
01:08:50j'avais déjà l'information
01:08:53et après
01:08:54de pouvoir
01:08:55les protocoles
01:08:56permettre de rassurer
01:08:57les équipes
01:08:58de rassurer
01:08:58les administratifs
01:08:59les professionnels
01:09:00et de se dire
01:09:01en fait on a
01:09:02quelque chose d'établi
01:09:03qui nous permet
01:09:04de transmettre
01:09:05quelle que soit
01:09:06l'information qu'on a
01:09:10Merci Madame
01:09:12Un mot sur la formation
01:09:13quand même
01:09:13Jean-Gérard Premier
01:09:14vous posez la question
01:09:15est-ce que
01:09:16du fait
01:09:18de la libération
01:09:18de la parole
01:09:19quand même
01:09:19depuis quelques semaines
01:09:20et puis les faits constatés
01:09:21vous avez été amené
01:09:22à accroître
01:09:23la formation
01:09:24de vos animateurs
01:09:25et si c'est le cas
01:09:27vous appuyez sur le SNFPT
01:09:28il y a une formation
01:09:29il y a une offre
01:09:30satisfaisante
01:09:31ou est-ce que vous avez
01:09:31des besoins
01:09:32en termes de formation
01:09:34Madame le maire
01:09:36Je crois qu'on va tous
01:09:37être amené
01:09:37à renforcer
01:09:38la formation
01:09:39de nos animateurs
01:09:39et c'est normal
01:09:41alors nous
01:09:42on a fait le choix
01:09:43de la rendre obligatoire
01:09:44c'est-à-dire qu'un animateur
01:09:46aujourd'hui
01:09:46ne peut pas prendre son poste
01:09:47tant qu'il n'a pas
01:09:48été formé à minima
01:09:50alors on est en train
01:09:50de choisir
01:09:51le bon support
01:09:54probablement que ce sera
01:09:55par une vidéo
01:09:56comme ça se fait beaucoup
01:09:57en entreprise
01:09:57tout simplement
01:09:58avec un questionnaire
01:09:59à la fin
01:09:59pour être sûr
01:09:59que à minima
01:10:01les premiers éléments
01:10:03ont été intégrés
01:10:04avant même
01:10:05la prise du poste
01:10:06ce qui veut dire
01:10:06qu'ensuite
01:10:07probablement
01:10:07il y aura une autre
01:10:08formation
01:10:08à l'issue
01:10:09de la mise en situation
01:10:10mais à minima
01:10:11qu'on ait
01:10:12ce premier niveau
01:10:13d'information
01:10:14parce qu'on recrute
01:10:15parfois dans l'urgence
01:10:16comme vous l'avez
01:10:17très bien dit
01:10:17il ne faut pas
01:10:18du tout
01:10:19que les parents
01:10:20que les animateurs
01:10:21puissent en contact
01:10:22avec des enfants
01:10:23sans qu'il y ait eu
01:10:24à minima
01:10:24cette première formation
01:10:26Excusez-moi
01:10:27une formation
01:10:28à la détection
01:10:29des signaux faibles
01:10:30chez l'enfant
01:10:30ou une formation
01:10:31aux violences sexistes
01:10:32et sexuelles
01:10:33les deux en fait
01:10:34Non mais c'est important
01:10:35parce qu'on n'a pas parlé
01:10:36de la formation
01:10:38sur toutes les affaires
01:10:39jusqu'à maintenant
01:10:39il n'y a eu
01:10:40aucune anticipation
01:10:41c'est-à-dire que
01:10:42c'est parce que l'enfant
01:10:43a parlé
01:10:43qu'on a pu
01:10:44ensuite faire un signalement
01:10:46et c'est ça
01:10:46qui est assez grave
01:10:47c'est-à-dire qu'aucun adulte
01:10:48sur place
01:10:49n'a pu anticiper
01:10:50en disant
01:10:50tiens cet enfant
01:10:51est en colère
01:10:52tiens cet enfant
01:10:52se met à pleurer
01:10:53tiens cet enfant
01:10:55hurle devant la porte
01:10:56de l'école
01:10:57et ça
01:10:58c'est pour ça
01:10:59que cette formation-là
01:11:00elle est absolument
01:11:00essentielle
01:11:01et d'ailleurs
01:11:02est-ce que les agents
01:11:03sont formés
01:11:04au signalement
01:11:05article 40
01:11:06qu'ils peuvent
01:11:06évidemment
01:11:07est-ce qu'ils le savent tous
01:11:08oui ça pour le coup
01:11:09il me semble quand même
01:11:11que nos agents
01:11:12tous
01:11:12en tout cas
01:11:13ceux qui sont
01:11:14titulaires
01:11:15et qui sont là
01:11:15régulièrement
01:11:15et permanents
01:11:16ils sont maintenant
01:11:17très au courant
01:11:17de ce que c'est
01:11:18que l'article 40
01:11:19et comment ils doivent
01:11:20l'utiliser
01:11:20et la chaîne hiérarchique
01:11:21elle est je pense
01:11:22suffisamment claire
01:11:23moi je suis très franche
01:11:24avec vous
01:11:24il y a des maires
01:11:25qui ne savent pas
01:11:26que l'article 40
01:11:27peut être déclenché
01:11:29que c'est une obligation
01:11:29légale
01:11:30voilà donc je le dis
01:11:32pour éviter
01:11:32qu'on déclenche contre eux
01:11:33c'est pour ça
01:11:33tout fait
01:11:35sur l'aspect formation
01:11:37il faut expliquer
01:11:38oui donc cette formation
01:11:40à minima
01:11:41sur la détection
01:11:41des signaux faibles
01:11:42en tout cas
01:11:43moi dans ma collectivité
01:11:44à minima
01:11:45les directeurs
01:11:45les directeurs adjoints
01:11:46des centres de loisirs
01:11:47l'ont suivi
01:11:48et c'est un travail
01:11:50qu'on est en train
01:11:51à la propre
01:11:52enfin sur proposition
01:11:53du DAZEN du 94
01:11:54d'ailleurs
01:11:55il monte un groupe
01:11:56de travail
01:11:56avec quelques maires
01:11:57pour justement
01:11:58vous parliez de protocole
01:12:00madame
01:12:00pour fixer un protocole
01:12:02dans toute la chaîne
01:12:05en fait
01:12:05de prévention
01:12:06traitement
01:12:07et clôture
01:12:08d'une situation
01:12:09similaire
01:12:10pour que
01:12:10et l'éducation nationale
01:12:11et la partie périscolaire
01:12:13parlent d'une même voix
01:12:14et que
01:12:15à aucun moment
01:12:15on puisse mettre
01:12:16une feuille de papier
01:12:17entre nos institutions
01:12:19donc ça c'est un travail
01:12:20qui est expérimental
01:12:21qui va être fait
01:12:21dans le 94
01:12:22peut-être que ça se fait
01:12:23dans d'autres collectivités
01:12:24que ça a d'ores et déjà
01:12:25été fait
01:12:26mais je trouve que
01:12:27c'est plutôt un bon signal
01:12:28que de cesser
01:12:28de réfléchir
01:12:29en silo
01:12:30comme on l'a tous dit
01:12:32l'enfant
01:12:32il rentre à l'école
01:12:35et il ne sait pas dire
01:12:36si effectivement
01:12:37il était sur le temps
01:12:37périscolaire
01:12:38ou sur le temps scolaire
01:12:40je voudrais revenir
01:12:41sur une question
01:12:41relative à la parole
01:12:42et à la libération
01:12:43de la parole
01:12:44évidemment qu'on a
01:12:44beaucoup encore à faire
01:12:45et à traiter
01:12:46sur ce sujet
01:12:46néanmoins
01:12:47moi j'ai quand même
01:12:47le sentiment
01:12:48que depuis quelque temps
01:12:51on dote
01:12:52les outils
01:12:53les parents
01:12:54parce que ce sont
01:12:55quand même
01:12:55les premiers
01:12:56qui peuvent questionner
01:12:56leurs enfants
01:12:58d'un certain nombre
01:12:59d'outils
01:12:59à disposition
01:13:00c'est à nous
01:13:01peut-être d'en mettre
01:13:02dans nos bibliothèques
01:13:03dans nos supports
01:13:05différents
01:13:05au sein de nos collectivités
01:13:06mais je pense que
01:13:07bien sûr
01:13:08on a une responsabilité
01:13:09énorme
01:13:09côté employeur
01:13:10à former nos animateurs
01:13:11mais il faut aussi
01:13:12qu'on dote les parents
01:13:13d'un certain nombre
01:13:14de réflexes
01:13:16sur la manière
01:13:16dont ils peuvent
01:13:17accueillir cette parole
01:13:18et sur la manière
01:13:19dont ils peuvent
01:13:19ensuite
01:13:21la porter
01:13:21vers la bonne institution
01:13:22donc y aller
01:13:23de y accueillir
01:13:24la parole
01:13:24bien sûr
01:13:25et ensuite
01:13:26savoir
01:13:27vers qui
01:13:28se tourner
01:13:29pour pouvoir
01:13:29avancer
01:13:30sur ces questions
01:13:31moi j'ai quand même
01:13:32le sentiment
01:13:32que ça va
01:13:32un peu mieux
01:13:33ces derniers temps
01:13:34heureusement
01:13:35alors là
01:13:36je m'oppose
01:13:37fermement
01:13:38à ce que
01:13:39a dit mon collègue
01:13:40tout à l'heure
01:13:40heureusement
01:13:41qu'on n'a pas attendu
01:13:41l'affaire Liana
01:13:42pour déjà
01:13:43mettre en place
01:13:43des procédures
01:13:44dans nos collectivités
01:13:46parce que
01:13:47non il n'y a pas
01:13:47plus de moi
01:13:48ce n'est pas
01:13:49ce que j'ai dit
01:13:49j'ai dit
01:13:50non mais
01:13:51vu qu'on a enregistré
01:13:52il ne faut pas
01:13:53que
01:13:54pour préciser
01:13:55il ne faut pas
01:13:56dévoyer
01:13:57les propos
01:13:58on va vous redonner
01:13:59la parole
01:13:59mais laissez finir
01:14:00la maire de Vincent
01:14:01bien sûr
01:14:03qu'il y a avant
01:14:04et après Liana
01:14:05si on me cite
01:14:06qu'on reprenne
01:14:07bien mes propos
01:14:08je réponds
01:14:09à la question
01:14:09de monsieur le sénateur
01:14:10est-ce qu'on a changé
01:14:12de paradigme
01:14:14définitivement
01:14:14il y a eu un avant
01:14:15et un après
01:14:15je n'ai pas dit
01:14:16qu'on a commencé
01:14:17à mettre en place
01:14:19des dispositifs
01:14:20depuis l'affaire Liana
01:14:20je suis maire
01:14:21depuis 2020
01:14:22je n'ai pas attendu
01:14:22l'affaire Liana
01:14:23pour mettre en place
01:14:23des dispositifs
01:14:24donc s'il vous plaît
01:14:25heureusement
01:14:26donc voilà
01:14:27si vous me citez
01:14:29soyez honnête
01:14:31je pense l'être
01:14:33assez
01:14:33mais je voulais juste dire
01:14:34qu'on a peut-être
01:14:35renforcé
01:14:36un certain nombre
01:14:36de procédures
01:14:38mais on n'a pas
01:14:38découvert
01:14:39qu'il fallait mettre
01:14:39en place des procédures
01:14:40voilà
01:14:41c'est juste mon point de vue
01:14:42je ne suis pas tout à fait
01:14:43d'accord avec la manière
01:14:43dont ça a été exprimé
01:14:44voilà
01:14:45je le dis juste
01:14:46mais quand on parle
01:14:46de ces sujets-là
01:14:47s'il vous plaît
01:14:47soyez bien précise
01:14:49c'est ce que je fais
01:14:50d'accord
01:14:50non vous ne l'avez pas été
01:14:51vous avez été imprécise
01:14:53on va laisser finir
01:14:54non mais d'accord
01:14:55mais pardonnez-moi
01:14:55mais je suis mis en cause
01:14:57dans un propos
01:14:57que je n'ai pas du tout tenu
01:14:58vous avez pu faire
01:14:59votre précision
01:14:59merci
01:15:00elle était importante
01:15:01très importante
01:15:03je ne vous ai pas mis en cause
01:15:04je vous ai juste dit
01:15:05que je n'étais pas d'accord
01:15:06avec vous
01:15:06ce qui est sensiblement différent
01:15:07sur un propos
01:15:08que je n'ai pas tenu
01:15:10sur les comités locaux
01:15:11pour répondre à madame
01:15:12oui je pense qu'effectivement
01:15:14nous devons réfléchir
01:15:15à formaliser
01:15:16finalement
01:15:16des temps de partage
01:15:18de l'information
01:15:18alors il faut réfléchir
01:15:19à la forme que ça prendra
01:15:21et s'il faut les institutionnaliser
01:15:23s'il faut les rendre obligatoires
01:15:24etc ça je ne sais pas
01:15:25mais oui manifestement
01:15:26nous avons besoin
01:15:27de partager cette information
01:15:28entre nos institutions
01:15:29pour éviter de réfléchir en silo
01:15:30et c'est nécessaire
01:15:31et c'est urgent
01:15:32on ne peut pas laisser
01:15:33la main sur ces sujets-là
01:15:35à chacun de nos collectivités
01:15:36à faire un peu comme on veut
01:15:37finalement
01:15:38c'est tout ce que disait madame
01:15:39sur des protocoles
01:15:40qui finalement
01:15:41alors pour une fois
01:15:41que les maires demandent des normes
01:15:43vous voyez
01:15:44c'est quand même
01:15:44mais sur ce sujet
01:15:46je pense qu'effectivement
01:15:47on peut un peu protocoliser
01:15:48un certain nombre de choses
01:15:49pour que nos institutions
01:15:50soient forcées
01:15:51à se parler
01:15:51et à échanger l'information
01:15:53qui est nécessaire
01:15:53pour protéger nos enfants
01:15:58alors monsieur le maire de Colombe
01:15:59monsieur le maire de Créteil
01:15:59pour terminer
01:16:00si vous voulez bien
01:16:01parce qu'il est 16h
01:16:02on va s'arrêter
01:16:03alors
01:16:04madame Brossel
01:16:07quel moment le rapport
01:16:08avec la justice
01:16:10en fait
01:16:11je vois tous les lundis matins
01:16:13le commissaire de ma ville
01:16:14police municipale et nationale
01:16:16eux-mêmes ne sont pas au courant
01:16:19donc en fait
01:16:20déjà
01:16:21je me demandais
01:16:22puisque vous posez la question
01:16:23à quel moment
01:16:24je sais
01:16:25si
01:16:27des parents
01:16:28ont déposé une plainte
01:16:29finalement
01:16:29en dehors de la ville
01:16:30parce que c'est aussi le cas
01:16:31souvent
01:16:31donc peut-être que j'ai plus de cas
01:16:33et je n'en sais moi-même rien
01:16:34donc peut-être que le premier rapport
01:16:36le premier rapport
01:16:37ce serait
01:16:37la signalisation
01:16:38d'une plainte
01:16:39relevant d'un territoire
01:16:41doit l'autorité du territoire
01:16:42pour être au courant
01:16:44on sait qu'il se passe quelque chose
01:16:45donc au moins
01:16:46on est alerté
01:16:46parce que sinon
01:16:47sans le signalement des parents
01:16:48jamais
01:16:50100% des cas
01:16:51c'est pas
01:16:52c'est trop
01:16:54voilà
01:16:54ce sont les parents
01:16:55donc
01:16:56et
01:16:57voilà
01:16:57je vous dis
01:16:58juste
01:16:58le premier contact
01:16:59c'est ça
01:16:59je continue de penser
01:17:01que je ne suis pas partie prenante
01:17:04de l'enquête
01:17:05donc en revanche
01:17:05une clôture d'enquête
01:17:08ou une évolution de procédure
01:17:09oui
01:17:10on peut être au courant
01:17:11on est
01:17:11on est le premier officier
01:17:12de police judiciaire
01:17:13sur la ville
01:17:13je pense qu'effectivement
01:17:14il y a des choses
01:17:15qu'on peut nous confier
01:17:16et qu'il peut vous relever
01:17:17d'une relation de secret
01:17:22sur les faits
01:17:24est-ce que les faits
01:17:25sont plus nombreux
01:17:26ou la libération
01:17:27de la parole
01:17:29l'actualité
01:17:30pousse en ce sens
01:17:32et c'est tant mieux
01:17:33je pense que tout le monde
01:17:34alors oui
01:17:34c'est toujours
01:17:36pas de vague
01:17:36effectivement
01:17:37je pense qu'on est tous inquiets
01:17:39quand ça arrive
01:17:39on aurait préféré
01:17:40effectivement
01:17:41que ça n'arrive pas
01:17:42tout court
01:17:42pas que ça n'arrive pas
01:17:43sur notre territoire
01:17:43mais que ça n'arrive pas
01:17:44tout court
01:17:45mais c'est vrai
01:17:46qu'il faut le gérer
01:17:47c'est sûrement mieux
01:17:49effectivement
01:17:49que ça puisse sortir
01:17:53je l'accompagnerai
01:17:55d'un petit bémol
01:17:56dont on ne parle pas
01:17:57c'est la médiatisation
01:17:59de ces affaires
01:18:00sont-elles
01:18:01à 100% bonéfiques
01:18:02parce que les parents
01:18:03ont ce souci
01:18:04avec normalité
01:18:07de vouloir médiatiser
01:18:08pour avoir la force
01:18:10et d'être sûr
01:18:12que l'enquête avance
01:18:14je l'entends parfaitement
01:18:16et surtout
01:18:17rien ne peut s'opposer
01:18:18à la douleur des parents
01:18:19mais pensons
01:18:21aussi
01:18:21à l'empreinte numérique
01:18:23que nous laissons
01:18:24sur des mineurs
01:18:25qui demain
01:18:26dans un monde
01:18:27où le harcèlement
01:18:28est déjà une priorité
01:18:29dans le monde
01:18:29de l'école
01:18:31retrouveront
01:18:31leur histoire
01:18:32même si les noms
01:18:33sont souvent cachés
01:18:35mais
01:18:36la médiatisation
01:18:37de ces affaires
01:18:38appellent quand même
01:18:39à une protection
01:18:39des mineurs
01:18:40à venir aussi
01:18:41à un moment
01:18:44la formation
01:18:45des animateurs
01:18:46à part les convoquer
01:18:49et les sensibiliser
01:18:50actuellement
01:18:51je pense que
01:18:52on les sensibilise
01:18:54aux risques
01:18:54on leur donne
01:18:55on leur rappelle
01:18:55les règles
01:18:56on leur rappelle
01:18:57mais je pense
01:18:58qu'effectivement
01:18:59elle est insuffisante
01:19:00et puis surtout
01:19:01comme l'a dit
01:19:02mon collègue
01:19:04de Saint-Ouen
01:19:05on n'est pas dans
01:19:08Minority Report
01:19:09à aucun moment
01:19:11un diplôme
01:19:11une précaution
01:19:13n'empêchera
01:19:14et ça appelle
01:19:15le troisième point
01:19:16qui est effectivement
01:19:17cette organisation
01:19:18du périscolaire
01:19:19cette existence
01:19:20même du périscolaire
01:19:21qui n'est pas
01:19:21une compétence
01:19:22communale
01:19:23qui est évoquée
01:19:24dans un article
01:19:25du CGCT
01:19:26de la même façon
01:19:27qu'on pourrait organiser
01:19:28des cours de sport
01:19:29et de théâtre
01:19:30et qui pose
01:19:32finalement
01:19:32cette existence
01:19:34de notre
01:19:35qui nous est
01:19:36cette responsabilité
01:19:37qui nous est transmise
01:19:38et ce coût
01:19:39d'ailleurs
01:19:41finalement
01:19:41c'est dans un même lieu
01:19:42un enfant
01:19:43dans un même lieu
01:19:44qui change d'autorité
01:19:45et de règles
01:19:45de signalement
01:19:46en fonction
01:19:47de la cloche
01:19:47du matin
01:19:488h30
01:19:48et de 16h30
01:19:50qui passe
01:19:51et moi
01:19:52je pense
01:19:53que cette compétence
01:19:55dans l'école
01:19:56de la République
01:19:57ou privée
01:19:59dans l'école
01:20:00de la République
01:20:00à un moment
01:20:01elle ne peut pas
01:20:01être dispensée
01:20:02elle est inaudible
01:20:02pour les parents
01:20:04et puis effectivement
01:20:05c'est encore moins
01:20:05un enfant
01:20:06évidemment de primaire
01:20:07qui fait la différence
01:20:07on doit savoir
01:20:08sur quel temps
01:20:09il est
01:20:09et qu'à un moment
01:20:10il doit y avoir
01:20:11une unicité
01:20:11des règles
01:20:12de la protection
01:20:13de l'enfance
01:20:14j'ai entendu
01:20:16tout à l'heure
01:20:16ce que vous avez dit
01:20:18du recrutement
01:20:19des contrôles
01:20:21et rien de mieux
01:20:22que finalement
01:20:23l'éducation nationale
01:20:24pour le faire
01:20:25sur les moyens
01:20:27patrimoniales
01:20:27bâtimentaires
01:20:28de la mairie
01:20:29de la commune
01:20:30mais je pense
01:20:31qu'il faut
01:20:32aussi se poser la question
01:20:33pourquoi
01:20:34dans un temps passé
01:20:35c'est pas seulement
01:20:36le silence
01:20:37ou la libération
01:20:38de la parole
01:20:38je pense que
01:20:39nous sommes tous
01:20:40allés à l'école
01:20:42il y avait un temps
01:20:43aussi d'accueil
01:20:43pré-cours
01:20:44il y avait un temps
01:20:45de restauration
01:20:46et un temps poste
01:20:47peut-être que
01:20:48les choses étaient
01:20:49organisées sous une autorité
01:20:50qui était l'éducation nationale
01:20:52et je pense que
01:20:53voilà
01:20:53les sujets n'étaient pas
01:20:54les mêmes
01:20:55donc je pense réellement
01:20:55qu'il faut rendre
01:20:56à l'éducation nationale
01:20:57cette compétence
01:20:58du périscolaire
01:20:58monsieur le maire
01:21:00de Créteil
01:21:00oui moi
01:21:03je voulais intervenir
01:21:04pour rappeler
01:21:05quand même
01:21:05nous avons
01:21:07votre micro
01:21:08bon je ne vais pas
01:21:10le trouver
01:21:10quelques responsabilités
01:21:13comme maire
01:21:13l'AMF
01:21:15a dernièrement
01:21:19signalé
01:21:20que 60%
01:21:22des accueils
01:21:24dans le périscolaire
01:21:26n'étaient pas
01:21:27signalés à l'état
01:21:31ce qui pose problème
01:21:32c'est pas la faute
01:21:33de la justice
01:21:34ni
01:21:34c'est une responsabilité
01:21:37qui nous incombe
01:21:39donc la nécessité
01:21:40comme je le disais
01:21:42tout à l'heure
01:21:42d'essayer
01:21:43d'avoir une approche
01:21:45globale
01:21:45et la formation
01:21:47à mon avis
01:21:48peut largement
01:21:49y contribuer
01:21:49maintenant je reconnais
01:21:50que la formation
01:21:52ça coûte cher
01:21:53et qu'il est certainement
01:21:55plus facile
01:21:56de dégager des moyens
01:21:57dans une grande commune
01:21:58que dans une commune
01:22:01tout à fait
01:22:03et aujourd'hui
01:22:05si on regarde
01:22:06je parle à partir
01:22:07de ce que nous faisons
01:22:08au Créteil
01:22:08cette formation
01:22:09elle porte sur quoi
01:22:10elle porte sur le harcèlement
01:22:13en milieu scolaire
01:22:14elle porte sur la violence
01:22:16elle porte
01:22:18sur tous les points
01:22:19qui sont au coeur
01:22:20de nos préoccupations
01:22:22mais une fois que cette formation
01:22:24a lieu
01:22:25comment
01:22:26elle est utilisée
01:22:29est-ce que c'est pas le moment
01:22:30de se poser la question
01:22:31est-ce qu'on
01:22:33se limite
01:22:34au BAFA
01:22:36chacun d'entre nous
01:22:37reconnaît
01:22:37que c'est pas suffisant
01:22:39ou est-ce qu'on va
01:22:40vers un diplôme d'état
01:22:44avec
01:22:45ces contraintes
01:22:46mais aussi
01:22:49une certaine
01:22:51cohérence
01:22:52sur le plan national
01:22:54moi je suis persuadé
01:22:55qu'on doit aller
01:22:57vers un diplôme d'état
01:22:59le BAFA
01:23:00avec le
01:23:01le diplôme
01:23:02qui est supérieur au BAFA
01:23:03c'est aujourd'hui
01:23:04encore insuffisant
01:23:05et c'est à travers
01:23:07la formation
01:23:08qu'on peut
01:23:08réduire
01:23:09ce que
01:23:10à juste titre
01:23:11tu soulignes
01:23:14voilà ce que je voulais
01:23:16ce que je voulais dire
01:23:18sur la formation
01:23:19on forme également
01:23:22à la prise en charge
01:23:24du handicap
01:23:25pas forcément
01:23:27comme vous l'avez signalé
01:23:28madame la rapporteuse
01:23:30avec la journaliste
01:23:31RTL
01:23:31à propos
01:23:32de classe ULIS
01:23:34parce qu'il n'y avait pas
01:23:34de classe ULIS
01:23:35dans l'école
01:23:36concernée
01:23:37mais quelque chose
01:23:38qui se produit
01:23:39beaucoup plus souvent
01:23:40c'est l'inclusion
01:23:41des enfants handicapés
01:23:43dans le milieu scolaire
01:23:44donc ils étaient
01:23:46sept enfants
01:23:47loin d'un dispositif
01:23:49ULIS
01:23:51mais est-ce que
01:23:52si on témoigne
01:23:58pas comme
01:23:59on devrait
01:24:01ça suppose
01:24:01une mise en cause
01:24:04ce que la journaliste
01:24:05que vous parliez
01:24:06tout à l'heure
01:24:07dans le cas
01:24:07du recrutement
01:24:08a dit un certain
01:24:09nombre de contre-vérités
01:24:11donc je viens
01:24:12de vous en parler
01:24:18d'accord
01:24:19merci infiniment
01:24:20monsieur le maire
01:24:20je voudrais tous
01:24:21vous remercier
01:24:21parce que c'était
01:24:22très éclairant
01:24:23de vous entendre
01:24:25parce qu'on entend
01:24:26c'est vrai
01:24:26énormément de familles
01:24:28de victimes
01:24:28et de ce point de vue là
01:24:30je suis en totale opposition
01:24:31avec ce qu'a dit
01:24:32le maire de Colombes
01:24:32sur le fait
01:24:33que cette médiatisation
01:24:36était un sujet
01:24:37y compris pour les victimes
01:24:38c'est tout l'inverse
01:24:39c'est à dire
01:24:39qu'on a en France
01:24:40il faut le dire
01:24:41une omerta systémique
01:24:43sur ces questions là
01:24:44il y a un déni
01:24:46structurel
01:24:46et comme vous le disiez
01:24:47monsieur le maire
01:24:48je pense que l'affaire
01:24:49Laïana va permettre
01:24:50un sursaut collectif
01:24:51et une prise de conscience
01:24:52collective
01:24:54parce que
01:24:54beaucoup de parents
01:24:55beaucoup de parents
01:24:57m'ont dit
01:24:57que s'il n'y avait pas eu
01:24:59de médiatisation
01:25:01ça aurait aboutu
01:25:02à une inertie totale
01:25:05sans médiatisation
01:25:06il n'y aurait pas
01:25:06d'article 40
01:25:07sans médiatisation
01:25:09il n'y aurait pas
01:25:09de signalement
01:25:10et donc
01:25:11vous ne pouvez pas
01:25:12en tant que maire
01:25:12contribuer à participer
01:25:14comment dire
01:25:14à cette omerta
01:25:17dont j'ose espérer
01:25:18que justement
01:25:18tous nos travaux
01:25:19vont permettre
01:25:20attendez
01:25:20de mettre fin
01:25:22parce que
01:25:22encore une fois
01:25:23c'est une seconde violence
01:25:24pour les parents
01:25:25vous le dites vous-même
01:25:25il y a un silence institutionnel
01:25:27c'est à dire que
01:25:28dès lors qu'ils sont même
01:25:29reçus à la brigade
01:25:30de protection des mineurs
01:25:31ils nous disent
01:25:32l'enfant est reçu seul
01:25:34il a 3 ans
01:25:35il a 4 ans
01:25:36et nous on nous dit
01:25:37vous reviendrez plus tard
01:25:38on ne veut plus
01:25:39les parents
01:25:40les familles
01:25:40ne revoient même pas
01:25:41la brigade de protection
01:25:42des mineurs
01:25:42ni les juges
01:25:43ils apprennent
01:25:44donc ça c'est une première chose
01:25:45la deuxième
01:25:48vous disiez
01:25:48monsieur le maire
01:25:49de Créteil
01:25:51il y a 50%
01:25:53des communes
01:25:53en effet
01:25:53qui ne perçoivent pas
01:25:54la subvention de la CAF
01:25:55et qui donc
01:25:56sont exemptes
01:25:57de toute obligation
01:25:58est-ce que
01:25:59les français savent
01:26:00qu'en effet
01:26:01il n'y a aucune
01:26:02uniformité
01:26:02c'est à dire que
01:26:03certains ACM
01:26:04accueil collectif de mineurs
01:26:05ne déclarent pas
01:26:06à l'état
01:26:08leur périscolaire
01:26:09et donc
01:26:09pas de contrôle
01:26:10d'honorabilité
01:26:12pas de taux d'encadrement
01:26:14et donc en fait
01:26:15si le jardinier
01:26:16municipal
01:26:16veut encadrer
01:26:17150 enfants
01:26:18dans sa commune
01:26:18il a tout à fait le droit
01:26:19sauf que le jardinier
01:26:20municipal
01:26:21il arrive à exquiler
01:26:23s'il a l'habitude
01:26:24de prendre des enfants
01:26:25sur les genoux
01:26:25il va prendre
01:26:26les enfants
01:26:26sur les genoux
01:26:26parce qu'il n'a pas été formé
01:26:28ça c'est un vrai sujet
01:26:29vous avez tout à fait
01:26:30raison de le pointer
01:26:31donc je pense qu'en effet
01:26:32une des recommandations
01:26:32ce serait plutôt
01:26:33d'uniformiser
01:26:35tout en fait
01:26:36ces accueils collectifs
01:26:37de mineurs
01:26:38pour que ce soient
01:26:39les mêmes protocoles
01:26:40partout
01:26:41il n'y a pas de protocole
01:26:42il n'y a pas de process
01:26:44puisqu'encore une fois
01:26:44je le redis
01:26:4550% des communes
01:26:46font ce qu'elles veulent
01:26:46puisqu'elles ne perçoivent pas
01:26:48de subvention de la CAF
01:26:50et enfin
01:26:50il y avait un troisième sujet
01:26:52sur l'information
01:26:53notamment
01:26:55des familles
01:26:58et des relations
01:26:59entre les mairies
01:27:00et les procureurs
01:27:01je pense que vous serez
01:27:01tous d'accord
01:27:02et on va tous se mettre
01:27:02d'accord là-dessus
01:27:03sur la notion
01:27:04de secret partagé
01:27:06parce que
01:27:07quand il y a cette notion
01:27:08de secret partagé
01:27:09dans la transmission
01:27:10des informations
01:27:11entre le procureur
01:27:12et les maires
01:27:13et bien
01:27:13les réunions
01:27:14dont vous parlez
01:27:15on a tous connu ça
01:27:16moi y compris
01:27:16dans le 15e arrondissement
01:27:17on a 300 parents
01:27:19révoltés
01:27:20qui nous disent
01:27:20c'est fini
01:27:21on votera plus pour vous
01:27:21parce que vous avez été
01:27:23en capacité
01:27:24non seulement
01:27:24de nous soutenir
01:27:25de nous accompagner
01:27:26mais surtout
01:27:26de nous donner
01:27:27des informations
01:27:28donc je pense qu'en effet
01:27:29il faut qu'on travaille
01:27:30sur cette notion
01:27:30de secret partagé
01:27:31pour que les maires
01:27:32puissent en effet
01:27:34être informés
01:27:34pour pouvoir au moins
01:27:35être en solidarité
01:27:37en fait
01:27:39active
01:27:39de leurs électeurs
01:27:41voilà
01:27:42voilà ce que je voulais vous dire
01:27:44voilà pour cette commission
01:27:45d'enquête du Sénat
01:27:46sur les violences sexuelles
01:27:48dans le périscolaire
01:27:49la semaine prochaine
01:27:50ne manquez pas
01:27:51des auditions importantes
01:27:52de la commission d'enquête
01:27:53sur le scandale
01:27:54des violences sexuelles
01:27:55dans le périscolaire
01:27:56parisien
01:27:57mardi à 9h30
01:27:59les sénateurs
01:27:59vont auditionner
01:28:00Anne Hidalgo
01:28:01l'ancienne maire de Paris
01:28:02et le lendemain
01:28:03à la même heure
01:28:03ce sera Emmanuel Grégoire
01:28:05l'actuel maire de la capitale
01:28:06qui sera entendu
01:28:07par la commission d'enquête
01:28:08du Sénat
01:28:09c'est la fin de cette émission
01:28:10merci de l'avoir suivie
01:28:11continuez à suivre
01:28:12l'actualité politique
01:28:13et parlementaire
01:28:14sur notre plateforme numérique
01:28:15publicsénat.fr
01:28:16je vous souhaite
01:28:17une très bonne journée
01:28:18sur Public Sénat
Commentaires

Recommandations