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  • il y a 6 semaines
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Europe 1, il est 13h20, Europe 1 Info, c'est jusqu'à 14h avec Lélie Mathias.
00:06Il est temps d'accueillir nos débatteurs du jour.
00:08Raphaël Steinville, directeur adjoint de la rédaction du JDD,
00:11et Gilles-William-Colnadel, avocat et essayiste.
00:14On va commencer avec la mort d'Étienne, 31 ans, tuée vraisemblablement par un OQTF à Putot.
00:19C'était à la fin du mois d'août, donc c'est un soudanais SDF
00:23et sous le coup d'une expulsion du territoire français
00:26qui a été interpellé et déféré devant un juge lundi.
00:28Thibaut de Montbrial dénonce l'absence de réaction politique
00:31face à ce crime qu'il juge révélateur de la banalisation de l'insécurité.
00:35Il était l'invité de la grande interview Europe 1 CNews ce matin.
00:39Ce drame, pour lui, illustre l'impuissance de la classe politique française depuis 20 ans.
00:43Écoutez-le.
00:43C'est l'illustration de l'impuissance de la classe politique française depuis 20 ans.
00:47C'est-à-dire qu'on a un individu qui n'a rien à faire là.
00:51Il est extra-européen en situation irrégulière
00:54et qui, pour voler le téléphone portable et le sac d'un jeune homme qui rentre chez lui,
00:58le tue, ça devrait être un séisme.
01:00Un fait comme ça, il y a 20 ou 25 ans, ça aurait fait la une pendant une semaine.
01:05Mais aujourd'hui, ça arrive tellement souvent qu'on n'en parle plus.
01:08Et surtout, ce qui arrive souvent, ce sont un, ces faits,
01:11et deux, le profil des gens qui font ça.
01:13Mais si on se met à intervenir et à prendre la parole dans les médias pour en parler,
01:17ça veut dire qu'il faut répondre à des questions sur comment est-ce qu'on en est arrivé là.
01:20Et ensuite, quand on fait de la politique depuis 20 ans, on en arrive à la question suivante.
01:23Mais vous, votre majorité, votre groupe politique, qu'est-ce qu'il a fait ?
01:26La réponse aujourd'hui, elle est très simple, rien.
01:29Alors, on pense évidemment à Lola, à Philippines ou à d'autres.
01:32Étienne, là, 31 ans.
01:34Et Raphaël Staville, on se dit toujours que ce drame aurait pu, aurait dû être évité.
01:41C'est ça, ce qui rend la chose absolument scandaleuse.
01:43C'est qu'effectivement, ce sont des morts, des crimes odieux
01:46qui auraient pu être évités, qui étaient évitables si ces OQTF étaient réalisés.
01:53Aujourd'hui, on voit à quel point le renoncement de nos politiques
01:57à exécuter ces obligations de territoire
02:03rendent possible ce genre d'actes criminels.
02:06C'est insupportable.
02:07Thibaut de Montbrial ne dit pas renoncement, il dit l'impuissance.
02:10Ce n'est pas tout à fait la même chose.
02:12Oui, alors, vous avez raison.
02:14Mais il y a une absence de volonté qui est évidente
02:17lorsque Emmanuel Macron, en 2019,
02:20dans les colonnes de Valeurs Actuelles,
02:22professe, ou en tout cas souhaite,
02:25que 100% des OQTF soient réalisés
02:28et qu'on arrive à un résultat qui est aussi,
02:31selon les années, entre 8 et 12.
02:32Vous voyez à quel point la parole politique
02:36s'est totalement évaporée, n'est plus performative.
02:41C'est-à-dire que les ordres, les souhaits, les promesses
02:43ne sont jamais réalisés parce que les moyens aussi
02:46que l'on alloue, notamment à la police et à la justice,
02:50sont insuffisants pour rendre possible
02:52ces exécutions d'OQTF.
02:55Et Thibaut de Montbrial,
02:57puisque je rebondis sur ce qu'on a entendu,
02:59dit aussi qu'il y a une certaine banalisation,
03:00comme si on s'était habitué à ces horribles crimes.
03:04Moi, je me souviens, au lendemain de la mort de Lola,
03:07un rassemblement avait eu lieu,
03:09place de la République,
03:13à l'initiative de l'Institut pour la Justice.
03:15Moi, j'étais persuadé que ça allait être un raz-de-marée,
03:18que les Français, insupportés par ce drame atroce,
03:24allaient en masse défiler dans les rues de Paris
03:27pour demander des comptes aux politiques.
03:30Et en réalité, il y avait eu 2000 personnes.
03:32Pourquoi ? Parce que la menace de l'Institut,
03:35vous vous souvenez, à l'époque,
03:36c'était pendant la présidentielle ou les législatives,
03:39on accusait Reconquête et un certain nombre d'autres partis
03:41de vouloir récupérer ce drame atroce.
03:44Mais ce drame, en fait, il touche tous les Français,
03:47il concerne tous les Français.
03:48Les Français auraient dû être dans la rue.
03:50J. William Gagnadel.
03:52Moi, je veux bien s'inscrire à tout ce qu'a dit Thibaut de Montbrial
03:56sur le plan politique et sur le plan juridique.
04:00– Mais il ne faut pas faire l'économie
04:02de l'aspect idéologique et psychologique des choses.
04:08– C'est-à-dire ?
04:08– L'impuissance, pardon de faire cette métaphore,
04:11mais l'impuissance, elle vient du manque de désir.
04:16Depuis, il y a une sorte de masochisme français
04:19qui fait qu'on n'a pas voulu défendre les frontières de la France
04:23à cause d'une préférence pour l'autre.
04:25Si on ne comprend pas ça,
04:27on est condamné à ne jamais rien comprendre.
04:29De la même manière, pardon de le dire,
04:31le drame en question, le drame en question,
04:35on n'en a pas parlé.
04:37On en a parlé sur CNews, on en parle ici,
04:40mais il n'y a rien dans le monde,
04:43il n'y a rien sur l'audiovisuel de service public.
04:46L'audiovisuel de service public, depuis trois jours,
04:49s'est déplacé à Carcassonne.
04:51Alors les propos de Carcassonne sont épouvantables,
04:55mais il n'y a pas mort d'homme, comme dans cette affaire-là.
04:58Si on ne veut pas comprendre que parce que c'est un OQTF étranger soudanais
05:06qui a tué un Français, et pour ça il ne faut pas en parler,
05:10on est condamné à continuer à être tué.
05:13– Alors là il y a des papiers, je vois ce que vous l'avez d'ailleurs,
05:16Raphaël Stainville devant vous, il y a un papier dans le Figaro,
05:18il y en a un dans le Parisien.
05:19– Bien sûr que la presse, toute la presse,
05:24a rendu compte pour partie de ce drame atroce,
05:27mais c'est vrai qu'il y a un silence,
05:29une cécité volontaire du service public,
05:32pas dans son entier, mais en tout cas d'un certain nombre d'antennes
05:35qui ont préféré donner un écho,
05:38et je rejoins Gilles William,
05:40un écho considérable aux propos tenus par un policier à Carcassonne,
05:44quand finalement la mort, la vie brisée d'Arnaud,
05:50victime d'un OQTF, n'aura donné lieu qu'à quelques petits commentaires
05:54ou quelques secondes d'antenne.
05:55– Etienne ?
05:56– Mais je vais vous donner encore un autre exemple flagrant
05:59de la différence de traitement, si j'ose dire,
06:01entre Français et les autres.
06:03– Enfin, je veux dire, vous avez quelqu'un qui a menacé
06:10de décapitation une institutrice qui a été condamnée à de la prison,
06:21et vous avez un délinguant sexuel qui est poursuivi.
06:26– Celui qui est condamné, pour ce que je viens de vous dire,
06:31il s'appelle Abdelkader, on n'a pas cité son prénom.
06:35Par contre, celui qui n'est pas encore condamné,
06:37qui ne sera peut-être jamais condamné,
06:39il s'appelle Christian, on a cité son prénom.
06:42Et c'est constamment comme ça.
06:43– J'ai William Golnadel, Raphaël Stainville,
06:46on reste ensemble pour la suite d'Europe 1 Info et de notre débat.
06:49Édouard Philippe adorerait ne prendre ses fonctions qu'en septembre,
06:52s'il était élu en mai, ça fait polémique.
06:54On y reviendra bien sûr sur Europe 1.
06:56– Europe 1, il est 13h27, Europe 1 Info avec Lélie Mathias
06:58et ses deux débatteurs reviennent dans quelques instants.
07:01A tout de suite, 13h27.
07:02– 13h, 14h, Europe 1 Info.

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