00:00Il y a un peu de tension, les forces de l'ordre pourront finalement recourir aux grenades assourdissantes.
00:04C'est le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui l'a annoncé ce matin, à la veille de cette
00:07manifestation.
00:08Au micro de France 2, le chef de Beauvau a assuré que son utilisation serait conditionnée à la survenue de
00:13violences urbaines.
00:14Je les ai suspendues pour un type de grenade assourdissante, il y en a plusieurs, c'est un type qui
00:18a été suspendu,
00:19celui qui a été utilisé dans les conditions décrites par le parquet de Béthune à Lens.
00:25Donc j'ai suspendu effectivement cette grenade assourdissante, uniquement pour le mouvement lycéen.
00:28Il faut savoir qu'elles sont très peu utilisées.
00:31Demain, s'il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves en marge d'un cortège ou ailleurs,
00:37évidemment ce type d'armement peut être utilisé.
00:39Les instructions que j'ai passées sont très claires, les policiers et les gendarmes doivent pouvoir utiliser l'ensemble des
00:46armes intermédiaires à leur disposition.
00:47Ça va de la grenade lacrymogène aux lanceurs de balles de défense, dans des conditions qui sont celles d'un
00:53contexte d'extrême difficulté,
00:56et notamment quand la situation bascule en violence urbaine ou en émeute.
00:59Alors, il a dit qu'elles sont utilisées en cas de violence extrêmement graves.
01:03Raphaël Stinville, à partir de quand est-ce extrêmement grave ? Quels sont les critères exactement ?
01:08En fait, je pense que le critère que soulève Laurent Nunez, c'est le fait que ces manifestations ne sont
01:14plus des manifestations classiques,
01:16mais une sorte d'hybridation de toutes les colères.
01:19Et donc, il y a à craindre, en réalité, que dès le début de ces cortèges,
01:24le ministre de l'Intérieur autorise l'usage de ces grenades assourdissantes.
01:30Parce que, c'est ce que l'on constate depuis quelques jours désormais,
01:34cette violence, elle est omniprésente dès les premières minutes de ces rassemblements.
01:39Là, la note des renseignements qui a filtré laisse très clairement apparaître le risque de violence
01:46avec ces mouvements qui viennent d'un peu partout,
01:50ces appels extrêmement violents à l'égard des forces de l'ordre.
01:54Il y a un risque de pillage qui est avéré.
01:56Et donc, à l'aune de ces informations récoltées par le renseignement,
02:00il y a tout lieu de penser que, contrairement à la réserve affichée
02:06lors des manifestations étudiantes et lycéennes,
02:09et j'y mets beaucoup de guillemets parce que c'était davantage des émeutiers,
02:12il y a un recours presque immédiat à ce genre d'instrument.
02:17Alors, il y a une certaine enceinte, une certaine fébrilité,
02:20puisqu'il y aura bien une cellule de crise demain.
02:23Sébastien Lecornu vient de l'annoncer, c'était Laurent Nunez qui demandait,
02:26poursuivre les mobilisations, les actions.
02:30Mais je voudrais, comment vous prenez-vous ce revirement de Laurent Nunez
02:34qui, la semaine dernière, dit, voilà, bon, j'enlève les grenades atourdissantes
02:37pour les mouvements lycéens, là je les remets ?
02:40Est-ce que c'est si clair que ça ?
02:42Je ne suis pas dans la tête de M. Nunez, une chose est certaine.
02:45Mais qu'est-ce que vous y voyez ?
02:45Je savais que vous n'étiez pas dans sa tête, mais qu'est-ce que vous y voyez ?
02:48J'ai l'impression qu'il y a eu enfin une certaine prise de conscience,
02:52une double prise de conscience, d'une part, du caractère extrêmement violent.
02:57C'est un euphémisme de ces manifestations,
03:03et avec un aspect quelquefois même identitaire.
03:07Quand on voit une Greta Thunberg avec un keffier
03:11et criant « Nik la police », c'est quand même un peu particulier,
03:15et c'est assez, ça illustre quand même les choses,
03:18c'est pas quelque chose d'accessoire,
03:20et le rôle de la France Insoumise,
03:23et d'autre part, le fait qu'il s'agit d'une escroquerie intellectuelle
03:27au plan politique et de logique,
03:28qui n'a rien à voir avec les lycées,
03:32avec les revendications qui peuvent exister dans les lycées,
03:35mais qui n'ont...
03:37S'il s'agit, à mes yeux, d'une escroquerie intellectuelle totale.
03:40Le syndicat de police Alliance a déposé plainte contre l'État
03:43pour mise en danger de la vie d'autrui.
03:44Ils ont eu raison ?
03:45Écoutez, je comprends parfaitement.
03:49Non mais je comprends parfaitement l'amertume que je partage
03:52du personnel policier.
03:55Il faut vraiment le vouloir d'être flic aujourd'hui.
03:57On est mal payé, on prend des coups,
03:59et souvent on n'est pas soutenu par sa hiérarchie,
04:02et on n'est pas très bien traité judiciairement,
04:05contrairement souvent aux émeutiers.
04:07Donc il y a évidemment un légitime ressentiment,
04:12c'est quand même assez symbolique.
04:14Pour le même prix de la procédure,
04:16ils auraient pu aussi attraire en justice la France insoumise.
04:19Alors justement, puisque vous parlez de la France insoumise,
04:21écoutez, le ministre de la Ville et du Logement,
04:23Vincent Jambrin, qui était l'invité de la grande interview
04:25Europe 1 et CNews ce matin,
04:26et il estime que LFI veut créer un climat de tension en France
04:29pour accéder au pouvoir.
04:30Ils veulent, à travers le saccage qu'ils mettent dans nos rues,
04:34créer un climat de tension tel que ça leur donne une petite chance
04:37d'accéder au pouvoir.
04:38Je suis élu dans le département du Val-de-Marne,
04:40où nous avons M. Louis Boyard, qui est également élu.
04:43Avant même qu'on parle sur les chaînes d'info des manifestations lycéennes,
04:47il était déjà en train d'aller mettre le feu,
04:51d'une certaine façon, à travers sa présence et à travers les mots,
04:54devant les lycées,
04:55où qu'est-ce qu'on voyait comme schéma ?
04:57Quelques jeunes qui commençaient un blocus, pas très nombreux.
05:01Le parlementaire, M. Boyard, député, avec son écharpe tricolore,
05:04qui arrivait,
05:05qui lançait des slogans, qui essayaient de faire des vidéos pour TikTok.
05:08Et puis derrière, des voitures qui arrivaient avec des casseurs,
05:11cagoulées, mortiers, etc.
05:13Le lien avec la France insoumise, il est indubitable.
05:16Raphaël Stainville.
05:17Oui, moi je pense que la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon en tête
05:21poursuivent un double objectif.
05:23D'abord, accélérer la polarisation de la société,
05:27en la conflictualisant à outrance,
05:29dès lors, pour d'une certaine manière,
05:32faire en sorte qu'il y ait deux blocs.
05:33La France insoumise et tous ceux qui ne sont pas derrière la France insoumise
05:36sont considérés comme, finalement, des alliés du pouvoir
05:40et des alliés d'un pouvoir d'extrême droite.
05:42Parce que, à les entendre, jusqu'aux macronistes,
05:45aujourd'hui, sont considérés comme de dangereux nervis.
05:50La deuxième chose, c'est un objectif plus lointain.
05:53Si d'aventure, Jean-Luc Mélenchon ne parvenait pas
05:55au deuxième tour de l'élection présidentielle,
05:58c'est rendre impossible l'exercice du pouvoir
06:00par une Marine Le Pen ou un autre candidat qui aurait été élu
06:04et, finalement, jouer une nouvelle fois la rue.
06:06Mais est-ce que ça ne peut pas être aussi contre-productif ?
06:09C'est-à-dire qu'à force d'attiser la haine,
06:12à force de semer de la violence,
06:13est-ce qu'il n'y a pas aussi des électeurs qui peuvent se détourner
06:15et dire non, là, c'est trop ?
06:17À en croire les sondages, bien évidemment.
06:19On voit qu'aujourd'hui, si Jean-Luc Mélenchon
06:22devait se hisser au deuxième tour,
06:25il serait sévèrement battu par Marine Le Pen
06:27qui l'emporterait avec plus de 30 points d'avance.
06:30Pour autant, cette menace de déstabilisation de la société,
06:34cette volonté, finalement, des minorités agissantes,
06:38violentes, de renverser le pouvoir,
06:40elle existe, elle est bien réelle
06:42et je pense qu'elle est prise de plus en plus au sérieux
06:44par le renseignement, par les politiques
06:48qui sont, on a même vu et entendu Bruno Rotaillot ces derniers jours,
06:53penser à évoquer l'interdiction de ce parti
06:56et je pense qu'il y a un certain nombre de facteurs
06:58qui expliquent ce type de raisonnement
07:01parce que la France insoumise, aujourd'hui,
07:03n'est plus un parti républicain, c'est une évidence.
07:05J. William Golnadel.
07:07Ce n'est pas très gentil d'avoir donné la parole
07:09à Ravel Steinville avant moi
07:11parce que je pense exactement comme lui,
07:13pratiquement au mot près.
07:15Alors, je vais essayer de changer les mots.
07:19Alors, d'abord, par rapport à votre seconde question,
07:23je pense qu'aujourd'hui,
07:25les gens qui ne sont pas favorables
07:29à M. Mélenchon
07:32parce qu'ils le trouvent trop extrémiste,
07:36ça y est,
07:37il pourra faire tout ce qu'il veut, c'est fini.
07:40Son caractère antisémite,
07:42son caractère extrémiste,
07:44sa manière de parler,
07:46son goût, sa sélection
07:47pour un personnel politique particulier,
07:51bon, et Raphaël a raison aussi.
07:54J'ai toujours pensé que si le même parti,
07:57aussi antisémite,
07:59aussi violent,
08:01aussi excessif,
08:03aussi peu respectueux
08:04des règles républicaines
08:05était à droite,
08:07je pense que son interdiction serait acquise.
08:09C'est le privilège rouge.
08:10Il n'y a pas de doute.
08:11Vous voulez que j'arrête de parler,
08:12j'ai l'impression.
08:12Oui, s'il vous plaît.
08:13Voilà.
08:14Très bien.
08:14C'est bien d'avoir compris le signe.
08:16Mais vous inquiétez pas,
08:17je n'inquiétez pas.
08:17Je lis dans vos yeux.
08:18Oui, vous aurez la parole.
08:19Juste après le journal permanent d'une heure et demie,
08:21on va revenir sur le bras de fer
08:22entre Marine Le Pen et le Conseil constitutionnel.
08:25A tout de suite sur Europe 1.
08:26Il est 13h27.
08:26Vous écoutez Clémy et Mathias sur Europe 1.