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Par Thibault Tellier, professeur des universités en histoire contemporaine à l’Institut d’études politiques de Rennes et chercheur associé à la Chaire Territoires et mutations de l’action publique territoriale.
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00:04Quelques mots, quelques mots d'introduction sur cette journée qui vient en fait, me semble-t-il, dans un déjà
00:14long processus qui a aujourd'hui 25 ans,
00:20qui montre d'ailleurs que les acteurs vieillissent également, puisque je me suis rendu compte que j'avais été au
00:28départ de cette aventure, on se dit quand même 25 ans, c'est beaucoup,
00:33mais effectivement il faut remonter au colloque de Toulouse en 2000, lorsque effectivement on a posé officiellement pour la première
00:43fois du côté des archives,
00:44la question de la conservation de ces documents. Ça a été dit, mais je tiens quand même à le redire,
00:55effectivement je voulais saluer la mémoire de Jean-Philippe Legoy,
00:59parce qu'il a été de l'aventure, dès le départ, avec l'enthousiasme qui le caractérisait, je me souviens
01:06d'avoir siégé à côté de lui notamment pour l'instruction de tri pour la politique de la ville,
01:10et c'est vrai qu'il a été un élément moteur pour effectivement une question qui n'est pas forcément
01:17tout à fait simple à appréhender,
01:20parce qu'au fond, ça a été dit à plusieurs reprises durant cette journée, je pense qu'on sera tous
01:27d'accord pour dire qu'on ne souhaite pas faire l'histoire de la politique de la ville
01:32comme une politique administrative. Au fond, la question est beaucoup plus compliquée. Elle est celle d'appréhender la fabrique de
01:42la ville ordinaire au second XXe siècle.
01:46Et il y a sans doute, paradoxalement, rien de plus compliqué que de saisir ce caractère ordinaire de la ville.
01:57On sait que ce qui est ordinaire ne génère pas forcément des traces toujours importantes,
02:06et que, de ce point de vue-là, les historiens de la politique de la ville, entendus au sens large
02:12du terme,
02:12sont, entre guillemets, condamnés à explorer des pistes extrêmement larges.
02:21Et tout ça aussi, je pense qu'il faut aussi l'avoir à l'esprit, dans un renouveau historiographique,
02:28qui est celui, au fond, de ne plus faire uniquement une histoire par le haut, mais une histoire aussi par
02:36le bas.
02:36On a cité Gérard Noiriel, qui a écrit, il y a quelques années, ça vient d'être réédité, je vais
02:43faire un peu de publicité pour mon collègue,
02:45ça vient d'être réédité en poche chez Argonne, son histoire populaire de la France.
02:51Et qui, effectivement, pose la question de comment appréhender cette histoire autrement que par les élites.
03:00Et on a vu fleurir, pas assez, sans doute, on a vu fleurir également des histoires populaires de villes.
03:06C'est le cas, par exemple, de l'histoire populaire de Nantes,
03:09qui a essayé d'expliquer le développement de la ville par le bas.
03:16Et quand je dis par le bas, évidemment, ça n'a rien de péjoratif.
03:20Mais, par exemple, de la contribution des ouvriers à la fabrique de la ville.
03:25Donc, au fond, cette histoire de la politique de la ville est saisie par à la fois un renouveau historiographique,
03:35mais également par un travail archivistique.
03:39Et de ce point de vue-là, on a souvent tendance, peut-être un peu trop,
03:43c'est un peu un défaut français d'être un peu toujours dans la martyrologie,
03:48de toujours montrer ce qui ne va pas.
03:50Et je pense que c'est aussi l'occasion, ici, de rappeler quand même le sens de l'État
03:57et de dire qu'il y a des archives nationales qui fonctionnent, qui fonctionnent bien
04:02et que c'est effectivement, ça appartient au patrimoine national que d'avoir ce formidable outil
04:10que sont les archives nationales qui sont maintenant installées quand même,
04:15mais effectivement, de manière, j'allais dire, sur le plan matériel, mieux que lorsque j'ai fait mon HDR à
04:21Fontainebleau
04:23dans des conditions matérielles avec la petite navette de 9h50 qu'il ne fallait surtout pas louper,
04:28sinon c'était une heure à pied dans la forêt de Fontainebleau pour rejoindre le centre.
04:31Bien, ce temps est passé.
04:33Et donc, au fond, on voit comment, eh bien, aujourd'hui, c'est comment on met en interaction
04:38à la fois le travail des archivistes
04:42et le travail des historiens
04:45et, par extension, des chercheurs qui travaillent sur ces questions.
04:48Alors, trois points pour ne pas abuser de votre temps
04:52que je voudrais ici développer.
04:56Premièrement, c'est la question des acteurs.
04:58Comment on va fédérer ? Comment on fédère les acteurs
05:01qui s'intéressent à cette histoire ?
05:03Un deuxième point sur, effectivement, les matériaux.
05:07Et enfin, la question des destinataires.
05:10Pourquoi on écrit ?
05:12Ce n'est pas simplement qu'on doit écrire.
05:13C'est aussi se poser la question à qui s'adresse-t-on ?
05:16Alors, premier point, effectivement,
05:20la question de la fédération des acteurs.
05:22Jean-Pierre Sueur l'a dit ce matin,
05:25il a parlé de constellations.
05:27Et, effectivement, l'histoire de la politique de la ville,
05:30c'est sans doute une constellation
05:33parce qu'effectivement, il y a les acteurs publics,
05:37mais il y a aussi les acteurs associatifs.
05:41J'y reviendrai.
05:42Il y a aussi, j'allais dire, les acteurs ordinaires, l'habitant.
05:47L'habitant est un faiseur de ville.
05:50Difficile à appréhender, mais il produit,
05:54il coproduit, effectivement, ces espaces urbains.
05:58Et, évidemment, ça renvoie, là aussi, à une difficulté.
06:02C'est le caractère pluriel de cette politique de la ville
06:05qui s'intéresse autant à la rénovation urbaine
06:09qu'à la lutte contre l'exclusion sociale,
06:11qu'à la jeunesse, qu'à la santé, etc., etc.
06:16Donc, diversité des acteurs, diversité des thématiques,
06:21ce qui suppose, effectivement, d'avoir des outils de liaison.
06:28Et, de ce point de vue-là, il me semble
06:30que c'est, effectivement, l'une des missions,
06:34n'est-ce pas, Michel, du comité d'histoire,
06:37que de fédérer ces acteurs,
06:39que de fédérer ces acteurs autour de projets.
06:44Pas trop, Michel, parce qu'après, c'est beaucoup.
06:47Mais, quelques projets qui peuvent être fédérateurs.
06:50Je prends l'exemple de SCOPA.
06:52SCOPA, effectivement, pour moi, en tant que chercheur,
06:56c'est un outil essentiel qu'il faut développer.
06:59Parce que ça va permettre, effectivement,
07:00d'avoir une base documentaire qui va être, effectivement, plurielle.
07:03Et qui va permettre, effectivement, de saisir
07:07la diversité que je viens d'énoncer.
07:13Deuxième exemple.
07:14Bien sûr qu'il y a les acteurs institutionnels
07:17que l'on retrouve, effectivement,
07:19dans les collections des archives nationales,
07:23que l'on retrouve également dans les archives départementales.
07:27Alors, c'est vrai.
07:28On peut se le dire.
07:30La série W le fait un peu peur, quand même.
07:32Il faut reconnaître, quand on dit à un étudiant,
07:34bon, tu vas aller dans la série W,
07:35et la personne revient et dit,
07:37oui, mais enfin, j'ai regardé,
07:38il y a 500 pages dans le fond W, comment je vais faire ?
07:41Bon, ça demande une certaine abnégation
07:43et un peu de temps.
07:45Mais les archives départementales
07:46sont extraordinairement riches, également.
07:49Parce qu'il ne faut jamais oublier
07:50que la politique de la ville,
07:51c'est une politique territorialisée.
07:53Et que, de ce point de vue-là,
07:55on voit, et on l'a vu dans la dernière table ronde,
07:58que, effectivement,
08:00les villes ont été et sont génératrices
08:03d'archives autour de la politique de la ville.
08:07Ce qui complexifiera, d'ailleurs,
08:09les choses dans quelque temps,
08:10lorsqu'il faudra saisir le caractère intercommunal aussi.
08:14Parce qu'en termes d'archives,
08:16ce n'est pas forcément là où c'est le plus développé.
08:21D'autres acteurs qu'il faut aussi mettre autour de la table,
08:24on l'a dit furtivement ce matin,
08:27oui, ce sont les bailleurs sociaux.
08:30Mais on sait quand même que,
08:32je suis en tendance à dire aux étudiants,
08:34que les archives,
08:37l'accessibilité des archives des bailleurs sociaux,
08:40c'est peut-être après le secret bancaire suisse,
08:43ce qui est le plus protégé dans ce pays.
08:46Bon, je ne pourrais pas vous dire
08:48la liste du nombre de lieux
08:51où on m'a dit que ça avait brûlé,
08:53ça avait été inondé,
08:55ça avait été perdu.
08:57Parfois, on m'a même dit volé.
08:59Bref, quand j'ai fait mon HDR
09:01sur les origines de la politique de la ville,
09:03j'étais allé chez mes amis lillois,
09:05et même là, malgré quelques relais,
09:07j'ai eu bien du mal à trouver
09:08quelques archives dignes de ce nom.
09:11Autre exemple,
09:12c'est tout ce qui va toucher,
09:14par exemple, à ce qu'on appelle le mal-logement.
09:17Solia,
09:19dont le lointain ancêtre
09:21est la Ligue nationale de lutte contre les taudis,
09:24a des archives.
09:26Donc vous voyez, tout ça fait qu'effectivement,
09:28il y a nécessité de fédérer les acteurs
09:32au plan national,
09:33mais aussi au plan local.
09:36Enfin, pour terminer sur ce premier point,
09:39je ne saurais que trop, évidemment,
09:41insister sur la nécessité
09:43de recueillir la parole des acteurs.
09:46C'est quelque chose de fondamental.
09:50On a la chance
09:52d'avoir encore un certain nombre
09:54d'acteurs présents.
09:58Je pense à Dominique Fijard,
10:00qui embrasse à lui tout seul
10:01quasiment 50 ans
10:02de politique de la ville,
10:04et qui est sans doute
10:05l'un des rares
10:07à savoir décrypter,
10:09parce qu'il y a les archives,
10:10mais il y a aussi ce qu'on ne voit pas
10:11dans les archives,
10:12le jeu des acteurs,
10:14le croisement.
10:16On l'a vu, par exemple,
10:17sur un livre récent
10:19qu'on a co-réalisé
10:21sur la loi Besson de 90.
10:24On voit la coalition des acteurs,
10:26des gens qui se connaissent
10:26depuis les années 60,
10:29parfois,
10:29qui ont travaillé ensemble,
10:31d'ailleurs,
10:32dans la résorption
10:32des courrets insalubres
10:34de Roubaix,
10:35et qui, à un moment,
10:36ont croisé la route
10:37de la Caisse des dépôts,
10:38et puis qui, à un moment,
10:40se sont retrouvés
10:41dans les ministères,
10:43la Commission du Baudou.
10:45Tout ça,
10:46ce n'est pas forcément écrit.
10:47Donc, la question
10:49des archives orales,
10:51et je salue le travail
10:52du comité d'histoire,
10:54qui a effectivement commencé
10:55à mener cette campagne
10:58de témoignages oraux.
11:00Donc, vous voyez,
11:00tout ça fait que,
11:01premier point,
11:02effectivement,
11:02la fédération des acteurs,
11:04c'est essentiel.
11:05Sur la question,
11:06effectivement,
11:06deuxième point,
11:08des matériaux.
11:09On l'a dit
11:10à plusieurs reprises
11:11dans la journée,
11:12on ne peut pas se limiter,
11:14évidemment,
11:15à l'histoire
11:16d'une politique administrative.
11:19L'histoire de la politique
11:20de la ville,
11:21c'est autre chose
11:21qu'une succession
11:22de circulaires,
11:24même s'il faut quand même
11:25reconnaître que
11:27c'est une politique
11:28qui a généré
11:28beaucoup de circulaires
11:29et de textes ministériels.
11:32Mais,
11:32de ce point de vue-là,
11:34ne jamais oublier non plus,
11:35effectivement,
11:36ce qu'on appelle
11:36dans notre jargon de chercheur,
11:38la littérature grise,
11:41qu'on trouve en partie
11:42dans les archives
11:44de la politique,
11:45de la ville,
11:46qui sont ici déposées
11:49aux archives nationales.
11:51Mais il y a toute une partie
11:52qui n'est pas forcément
11:54dans les archives,
11:55mais qu'on peut retrouver,
11:57par exemple,
11:58dans les centres de ressources.
12:01J'en connais deux particulièrement,
12:03celui de Nord-Pas-de-Calais,
12:04l'ex-Nord-Pas-de-Calais,
12:05l'IREV,
12:07et l'ORIV en Alsace,
12:10parce que l'ORIV,
12:11dès le départ,
12:12s'est positionné,
12:13notamment,
12:13sur la question
12:14de l'histoire de l'immigration.
12:15Donc,
12:15ça a fait des croisements
12:16assez intéressants
12:17avec une directrice,
12:18d'ailleurs,
12:18qui avait failli
12:19faire une thèse
12:20avec Gérard Moiriel.
12:21Donc,
12:21elle avait aussi
12:21une appétence
12:22sur ces questions.
12:23La littérature grise
12:25est aussi quelque chose
12:26de tout à fait fondamental
12:28si on veut comprendre,
12:30effectivement,
12:31les ressorts complexes
12:32de cette politique.
12:33Deuxième point
12:34sur les matériaux,
12:35c'est la question
12:37de ce que j'appellerais
12:38l'histoire sensible
12:41de la politique de la ville.
12:42Alors,
12:43c'est quoi l'histoire sensible
12:44de la politique de la ville ?
12:45Eh bien,
12:45c'est essayer,
12:46effectivement,
12:47d'appréhender
12:47cette vie au quotidien
12:51des habitants
12:53de la politique
12:55de la ville.
12:56Je m'y suis très modestement
12:58essayé
12:58avec un petit livre
13:00qui s'appelle
13:01L'enfant de la Courneuve
13:02et qui raconte
13:04la fin,
13:05évidemment,
13:06éminemment triste
13:07puisqu'il est mort,
13:08de Toufi Kouanès,
13:09en 1983,
13:10assassiné
13:10par un voisin
13:11récalcitrant.
13:12Et,
13:14paradoxalement,
13:15je me suis quasiment
13:16auto-censuré,
13:17c'est-à-dire
13:18de ne pas faire
13:18une histoire
13:20de la cité des 4000,
13:21mais vraiment
13:22me focaliser
13:23sur
13:25la tragédie
13:27qui s'est passée
13:28un soir de juillet 1983.
13:30Et mes archives
13:31n'étaient pas
13:32les archives officielles
13:33de la politique
13:34de la ville.
13:35Elles étaient,
13:36en fait,
13:36basées sur
13:37l'enquête de police,
13:39sur le dossier de police.
13:41Et,
13:42c'est un matériau
13:43extraordinaire.
13:44Alors,
13:45sans doute,
13:45parce qu'il y a dû y avoir
13:46des enquêteurs
13:47qui ont dû faire
13:48plus ou moins,
13:48à l'époque,
13:49on disait un DEUG
13:49de sociologie urbaine,
13:51mais vous avez
13:52des descriptions
13:52d'appartements.
13:55Policier
13:55qui rentre
13:56dans un appartement
13:56et qui dit
13:58nous avons constaté
13:59que dans l'appartement
14:01de M. Machin,
14:02il y avait
14:03une fissure
14:03de 10 centimètres
14:05tellement béante
14:06qu'on voyait
14:07chez le voisin.
14:08C'est un témoignage.
14:09C'est l'état
14:10de la cité des 4000
14:11en 1983
14:12avant qu'elle ne passe
14:13dans la politique
14:14de la ville.
14:15Donc,
14:16effectivement,
14:17multiplicité
14:18des sources.
14:19Fathia l'a dit,
14:21m'a devancé aussi,
14:22sur la question
14:23Arlette Farge.
14:24Moi,
14:24je suis quand même
14:25ébahi,
14:26encore,
14:26que,
14:27finalement,
14:28on connaisse
14:29parfois mieux
14:30la vie quotidienne
14:31de Parisiens
14:33au 18e
14:34que d'habitants
14:35des quartiers
14:36de la politique
14:36de la ville
14:37dans les années 80.
14:38c'est quand même
14:38assez paradoxal.
14:39Mais quand vous lisez
14:40Arlette Farge,
14:42quand vous lisez
14:42Daniel Roche,
14:43le peuple de Paris,
14:44qui ont travaillé
14:45sur des journaux
14:47d'habitants
14:48de Paris,
14:49etc.,
14:49c'est une mine
14:50de renseignements.
14:51Une mine de renseignements.
14:53Et donc,
14:53de ce point de vue-là,
14:54effectivement,
14:54sans doute,
14:55y a-t-il là
14:55un gisement
14:57archivistique
14:57qu'il faut
14:59effectivement
15:01développer.
15:03Autre source,
15:03et je m'arrêterai là
15:04parce qu'il y en a encore
15:05beaucoup,
15:05évidemment,
15:06c'est effectivement
15:06la question,
15:07on l'a dit
15:08en début de séance
15:09cet après-midi,
15:10la question
15:11des archives
15:13audiovisuelles.
15:13On a cité
15:14Cineam.
15:15Bon,
15:16il faut quand même
15:16savoir que Cineam,
15:17à la base,
15:18c'est quand même
15:18un outil
15:20plutôt au service
15:21du Parti communiste
15:22et qui servait
15:23à vanter
15:24les mérites
15:24des villes
15:25de la banlieue rouge.
15:28Et donc,
15:28de ce point de vue-là,
15:29il y a un outil
15:30formidable
15:31puisqu'ils ont filmé
15:32tout ce qu'on pouvait faire
15:33dans les banlieues rouges
15:34et jusqu'à
15:35des périodes
15:37relativement récentes,
15:38c'est-à-dire début
15:38des années 80,
15:39avant que le système
15:40ne se casse la figure.
15:41Effectivement,
15:42les archives audiovisuelles,
15:44c'est quelque chose
15:45de tout à fait étonnant
15:46et de tout à fait
15:48mobilisable.
15:49Je l'ai vu passer
15:50un moment
15:50sur une diapo
15:51la maison
15:53de la banlieue
15:54qui avait,
15:55par exemple,
15:56alors c'est la période
15:56des grands ensembles,
15:57mais quand même,
15:58qui avait notamment
15:59mobilisé des films
16:00d'amateurs,
16:01notamment autour
16:02des communions,
16:04des baptêmes,
16:05etc.
16:06Mais ce qui est très rigolo
16:07dans ces trucs,
16:08c'est qu'on voit
16:09à l'arrière-plan
16:10les grands ensembles
16:10en train de se construire.
16:12Eh bien,
16:12il faudrait sans doute
16:13poursuivre
16:14sur cette tâche
16:16et je pense
16:17qu'il y aurait là
16:17sans doute appel
16:18à don,
16:20appel au don
16:21sur ces archives
16:23audiovisuelles,
16:24mais qui sont des archives
16:26qui sont,
16:27pour une partie,
16:28associatives.
16:29l'histoire
16:31de la politique
16:31de la ville
16:32au début
16:32des années 80,
16:33c'est un réseau
16:34militant
16:35extraordinairement dense
16:36dont malheureusement,
16:38effectivement,
16:38aujourd'hui,
16:39une partie a disparu,
16:41mais la dernière
16:41communication
16:42a bien montré
16:43effectivement
16:43qu'il reste
16:44effectivement
16:45une mobilisation
16:46extrêmement forte
16:47autour des associations
16:48qui sont
16:49effectivement
16:50productrices.
16:52Alors enfin,
16:52dernier point,
16:53pour ne pas abuser
16:54de votre temps,
16:54il me reste 5 minutes,
16:56c'est la question
16:57des destinataires.
16:58c'est parfois intéressant
17:00de savoir pourquoi
17:01on fait les choses.
17:03Bon,
17:03et de ce point de vue-là,
17:04effectivement,
17:05à qui s'adresse-t-on ?
17:07Au-delà,
17:08je dirais,
17:09des missions
17:09de services publics
17:10qui sont celles
17:12des archives nationales,
17:14qui sont celles
17:15notamment
17:16de la Caisse des dépôts.
17:18À qui s'adresse-t-on ?
17:20Première réponse,
17:22c'est à ceux
17:23qui ont envie
17:24d'écrire
17:25l'histoire
17:26de la politique
17:27de la ville
17:27et de ce point de vue-là,
17:29je suis un peu surpris
17:30de voir que finalement,
17:31il y a peu d'étudiants
17:34dans l'Assemblée.
17:35On aurait pu imaginer
17:36que,
17:37surtout sur la place parisienne,
17:38il doit y avoir
17:38un certain nombre
17:39de masters d'archives,
17:41archivistiques,
17:41qui auraient pu y participer.
17:43Donc sans doute,
17:43y a-t-il là
17:44une marge de progrès
17:45à avoir
17:46autour d'un certain nombre
17:47de formations
17:48qui travaillent
17:49soit sur la ville,
17:50soit sur le registre
17:52archivistique.
17:52Mais ce qui est certain,
17:54c'est que cette histoire
17:55de la politique
17:56de la ville
17:57ne peut pas
17:59s'adresser
18:00qu'à des spécialistes.
18:02Elle doit l'être
18:03parce qu'il y a
18:05une exigence scientifique,
18:07évidente,
18:08ce qui suppose
18:09une rigueur aussi
18:11scientifique
18:11lorsqu'on fait
18:12de la recherche
18:12sur l'histoire
18:13de la politique
18:15de la ville,
18:15mais elle doit s'adresser
18:16à plus de gens.
18:18On sait qu'aujourd'hui,
18:19c'est une politique
18:20qui est critiquée.
18:23Et de ce point
18:24de vue-là,
18:24on peut penser
18:25que l'histoire
18:26peut éclairer
18:28les débats.
18:29Et on voit
18:30que c'est
18:31peut-être une divergence
18:33que j'ai avec Michel,
18:34pas sûr que ce soit
18:34une politique
18:35si consensuelle
18:35que ça.
18:36C'est-à-dire
18:37qu'elle peut apparaître
18:39consensuelle,
18:40qui aujourd'hui peut dire
18:41qu'il ne faut pas opérer
18:42de la rénovation urbaine.
18:43Mais on voit quand même
18:44que quand on gratte un peu,
18:46il y a des questions
18:47qui émergent.
18:49Je pense
18:50à ce qu'a dit
18:52notamment
18:52Jeannouais-Vulbeau.
18:55On voit effectivement,
18:56alors ça a donné lieu,
18:58je suis son directeur
18:59de thèse,
18:59ça a donné lieu
19:00à de nombreux débats,
19:01un peu compliqués
19:02parfois d'ailleurs,
19:04sur les grilles de lecture
19:06qu'on se donne.
19:07Mais il est évident
19:08que l'histoire
19:10de la politique
19:11de la ville
19:11n'est pas
19:12un long fleuve tranquille.
19:14C'est aussi
19:15le résultant
19:16de confrontations.
19:19Et moi,
19:20sans doute
19:21parce que je suis archaïque,
19:22mais je parle
19:23d'histoire sociale.
19:24Et l'histoire sociale,
19:26effectivement,
19:26n'est pas forcément sereine
19:27parce que c'est
19:28des confrontations
19:29entre groupes
19:32d'acteurs,
19:33parfois groupes
19:34d'individus.
19:35Et donc,
19:36de ce fait-là,
19:36effectivement,
19:37ouvrir l'histoire
19:38de cette politique,
19:40c'est l'occasion
19:41de poser
19:41des débats.
19:43Et là aussi,
19:45c'est une mission
19:46de vulgarisation
19:47que, me semble-t-il,
19:49doit avoir
19:50le comité
19:52d'histoire.
19:53Mais aussi,
19:53tout simplement,
19:54parce qu'il y a aussi
19:54une lutte contre l'oubli.
19:56Une lutte contre l'oubli.
19:57Je suis quand même
19:58toujours surpris
19:59que parfois,
20:00des acteurs
20:01publics
20:02m'appellent
20:02en me disant
20:03est-ce que vous pouvez
20:04nous rappeler
20:04d'où on vient ?
20:07Oui.
20:08Enfin,
20:08vous n'avez pas été
20:09comme la Caisse des dépôts
20:101816.
20:11Vous avez été créé,
20:12je ne dirais pas qui.
20:13il y a 20 ans.
20:14C'est quand même étonnant.
20:15Donc, vous voyez,
20:16de ce point de vue-là,
20:16l'histoire de la politique
20:18de la ville,
20:18c'est aussi une lutte
20:19contre l'oubli.
20:20Alors,
20:21comment on peut
20:22effectivement intéresser,
20:24je terminerai par là,
20:25comment on peut
20:26intéresser
20:28à l'histoire
20:29de la politique
20:30de la ville ?
20:30comment on peut
20:33remobiliser
20:33un certain nombre
20:34d'étudiants ?
20:35Parce qu'il faut aussi
20:36se dire les choses
20:37en vérité.
20:38Aujourd'hui,
20:39vous n'attirez pas
20:40forcément
20:41des étudiants
20:42en master
20:42quand vous leur dites
20:43de travailler
20:44sur telle ou telle
20:45opération
20:47de rénovation
20:48urbaine.
20:49Donc,
20:49sans doute,
20:49faut-il trouver
20:50de nouveaux biais.
20:52Alors,
20:52il y a des moyens aussi.
20:53Par exemple,
20:53les contrats-siffres,
20:54moi,
20:54me paraissent
20:55tout à fait opératoires
20:56sur ces questions.
20:57effectivement,
20:59c'est aussi
20:59la question
21:00d'ouvrir
21:01sur un certain
21:02nombre de thèmes,
21:05notamment
21:05les enjeux
21:06écologiques.
21:07On en a peu parlé,
21:08mais c'est aussi
21:09une dimension
21:10de l'histoire
21:11de la politique
21:12de la ville,
21:13sans doute plus lointaine
21:14que ce qu'on peut imaginer.
21:15Quand Jean Renaud dit,
21:17par exemple,
21:17fait les étoiles
21:18à Ivry,
21:20la végétalisation,
21:22elle est là.
21:23Elle est là.
21:23Donc,
21:24de ce point de vue-là,
21:24effectivement,
21:25c'est sans doute
21:26un enjeu
21:27qu'il faudra développer
21:28dans la Caisse des dépôts,
21:30dans les archives
21:30de la Caisse des dépôts.
21:31Il me semble
21:31qu'il y a des dossiers
21:33assez intéressants
21:33sur ces problématiques-là
21:36assez tôt.
21:37La question également
21:38des croisements internationaux.
21:40Là aussi,
21:40c'est très paradoxal.
21:42On a des connaissances
21:44assez bien définies,
21:45par exemple,
21:46sur un organisme
21:48qui s'appelait
21:49l'Union internationale
21:50des villes,
21:52qui s'est réunie
21:53jusqu'à la veille
21:54de la Première Guerre mondiale
21:55et qui a porté
21:56la modernité urbaine,
21:59qui a porté
22:00le débat
22:01sur quelle ville
22:03voulions-nous.
22:04Aujourd'hui,
22:05politique de la ville,
22:08quel regard européen ?
22:10Quel regard européen ?
22:12Et donc,
22:13de ce point de vue-là,
22:14on attend
22:16avec hâte,
22:17Camille,
22:17la fin de la thèse.
22:18C'est aussi un rappel,
22:19ça,
22:19c'est un rappel
22:20de fin de journée
22:20pour dire attention bientôt.
22:22Mais voilà,
22:23il faudrait qu'on ait la même chose
22:24sur l'Allemagne,
22:24par exemple.
22:25La Socialstaat,
22:26c'est un programme
22:27de rénovation urbaine.
22:28vous voyez,
22:28de ce point de vue-là,
22:29ça peut être aussi,
22:30me semble-t-il,
22:33un engouement
22:34que peuvent avoir
22:36certains historiens.
22:37Et puis,
22:38enfin,
22:38dernier élément,
22:39et je terminerai par là,
22:41ce sera peut-être
22:42une autre génération
22:42qui aura à faire
22:43cette question
22:44et qui devrait aussi
22:46nous interpeller,
22:47c'est ce que j'appellerais
22:47l'histoire
22:48de la politique
22:49de la ville 2.0,
22:50la question
22:51de l'archivage électronique
22:52qui est une vraie question,
22:55qui est une vraie question
22:55parce qu'effectivement,
22:57on se désole
22:57avec raison
22:58d'avoir des lacunes
23:00archivistiques
23:01extrêmement fortes.
23:02Mais enfin,
23:02quand je regarde quand même
23:06l'état
23:08des versements
23:09sur la politique
23:10de la ville,
23:11et je pense que
23:12ce ne sont pas
23:12les responsables
23:13des archives nationales
23:14qui me démentiront,
23:15il y a de quoi
23:15nourrir
23:16un certain nombre
23:17de travaux
23:18pour un certain nombre
23:19d'années.
23:20Mais la question
23:21de l'archivage électronique,
23:22c'est une vraie question.
23:24C'est-à-dire qu'effectivement,
23:25on voit bien comment
23:25à partir des années 2000,
23:28par exemple,
23:28sur la génération
23:29des contrats de ville 2004,
23:31une partie des problématiques
23:32vont se traiter
23:33par mail,
23:34vont se traiter
23:35par des échanges
23:36qu'on n'a pas forcément
23:38dans l'idée encore
23:41d'archiver.
23:42Voilà.
23:43En quelques mots,
23:44ce que je voulais vous dire
23:45et pour terminer,
23:47remercier les acteurs
23:49des archives nationales,
23:50M. Labudiri,
23:51ici présent,
23:52merci, effectivement,
23:54pour cette invitation.
23:55Remercier le comité d'histoire
23:58pour le travail
24:01qui a été fourni.
24:02Alors, je pense, Michel,
24:03qu'on ne savait pas
24:03quand on a rencontré
24:04Nadia Hay,
24:05qui aurait autant de ministres
24:06par la suite,
24:07de la ville.
24:08Bon, voilà.
24:09Mais c'était encore
24:10un moment assez calme
24:11où on a pu déposer
24:12nos affaires.
24:14Eh bien,
24:14ce qui est encourageant,
24:15c'est que cette histoire
24:16de la politique de la ville
24:18n'en est finalement
24:19qu'à une étape
24:20et elle peut encore produire
24:21beaucoup dans l'intérêt
24:23de tous.
24:24Merci.
24:25Merci.
24:26Sous-titrage Société Radio-Canada
24:30Sous-titrage Société Radio-Canada
24:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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