- il y a 2 mois
Mercredi 9 septembre 2026, retrouvez Enguerrand Artaz (Stratégiste et gérant, La Financière de l'Échiquier) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:00Générique
00:04...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et 17h30.
00:17Vous pouvez nous retrouver en rattrapage, en replay, sur notre site bismart.fr
00:23et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute
00:28préférées au sommaire de cette édition.
00:31Ce midi, déjà un point rapide de la tendance globale des marchés.
00:36Ce matin, à la mi-journée, les indices européens évoluent en repli de 1% ou plus pour le Stoxx
00:43600,
00:44l'Ibex ou encore le CAC 40, qui cède 1,5% à l'heure où on parle et qui
00:50repasse sous les 8200 points.
00:53C'est à cause d'une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient.
00:57Cette nuit, des missiles iraniens ont visé un navire de guerre américain.
01:01En riposte, l'armée américaine a détruit 5 pétroliers iraniens.
01:06Le conflit continue évidemment de perturber le trafic dans le détroit d'Hormuz.
01:11Mais on rappelle quand même que des millions de barils y passent encore chaque jour.
01:15Bien que selon Vortexa, le pétrole transporté par mer a chuté de plus de 150 millions de barils depuis la
01:22mi-juillet.
01:23Bref, ces nouvelles tensions font logiquement remonter les prix du pétrole avec un baril de Brent qui dépasse le seuil
01:30psychologique des 100 dollars qui en hausse de 3% ce matin.
01:35Et le WTI américain repasse au-delà de 95 dollars.
01:39Un mot du gaz aussi qui progresse de plus de 4%.
01:43Alors on parle encore une fois à la mi-journée, autour de 80 euros le mégawatt-heure.
01:49C'est au plus haut depuis 2022.
01:51On ne cesse de répéter sur ce plateau que ce choc énergétique ravive évidemment les craintes et la nouvelle menace
01:59d'une vague inflationniste.
02:01Cela contraint évidemment les banques centrales à la prudence.
02:04Justement, on attend demain la décision monétaire de la Banque centrale européenne.
02:09Une hausse des taux est largement pricée par le marché.
02:11On restera évidemment attentif à la communication de la Banque centrale européenne à l'issue de cette décision monétaire.
02:17Et donc à la conférence de presse de Christine Lagarde.
02:21Pendant ce temps-là, les taux longs poursuivent leur hausse en Europe aux Etats-Unis.
02:26Le rendement portugais à 10 ans vient d'ailleurs d'atteindre un plus haut depuis un an.
02:32Le 10 ans allemand de son côté se traite autour de 3,40%.
02:36Et le spread franco-allemand s'écarte et s'établit autour de 90 points de base.
02:42Le rendement américain à 10 ans dépasse à nouveau les 4,80%.
02:47Et puis un mot des entreprises.
02:50Alphabet annonce son plus grand plan d'investissement en Europe.
02:53Le groupe va injecter au moins 13 milliards d'euros en Finlande sur deux ans.
02:58Ça fait donc à peu près 15 milliards de dollars pour développer ces data centers et ces infrastructures dédiées à
03:05l'intelligence artificielle.
03:07C'est un projet qui s'ajoute à une vague d'investissement sans précédent dans le pays.
03:12Où plus de 43 milliards d'euros de projets informatiques sont déjà prévus ou en cours.
03:18Et puis pendant ce temps-là, les fabricants de semi-conducteurs progressent avant l'ouverture américaine.
03:24Qualcomm, Arm et Nvidia gagnent environ 1%.
03:28De leur côté, les indices américains sont attendus sans grande tendance à l'ouverture des marchés.
03:44Un invité avec nous tous les midis pour décrypter à chaud les tendances de la journée, les enjeux de cette
03:51journée et les enjeux de la semaine.
03:54Tout simplement, Anguéran Arthas, bonjour.
03:55Vous êtes stratégiste et gérant à la financière de l'échiquier.
03:59Bonjour, Pauline.
03:59Eh bien, commençons avec le pétrole, Anguéran.
04:03Le baril de Brent renoie avec les 100 dollars.
04:04On le disait en intro, c'est une première depuis le mois de juillet.
04:07On rappelle qu'en juillet, le baril de Brent avait dépassé brièvement les 100 dollars,
04:12mais était vite redescendu quand même le baril qui progresse de plus de 60% depuis le début de l
04:18'année.
04:19Anguéran, est-ce que le marché intègre une perturbation durable des flux ?
04:23Quelles sont les réactions des investisseurs aujourd'hui ?
04:25Alors, il est certain que dans ce prix de 100 dollars, il y a la prise en compte de tout
04:29ce qui se passe en Irlande,
04:30la perturbation des flux, effectivement, de la disruption de l'approvisionnement.
04:35Mais en réalité, je pense qu'on peut avoir un scénario assez proche de ce qu'on a eu en
04:39juillet.
04:40pour une raison simple, c'est que, en fait, quand on regarde globalement,
04:45quand on prend en compte les routes alternatives qui ont été mises en place après le conflit,
04:51quand on prend en compte ce qui arrive quand même à passer par Ormouz,
04:54vous l'évoquiez en introduction,
04:57en fait, au global, ce qui manque sur le marché, c'est à peu près 5% de la production
05:02mondiale.
05:02Si on rapporte ça à l'élasticité de la demande,
05:07en fait, ça nous situe, le prix à peu près normal du baril, entre 80 et 100 dollars.
05:15Donc, quand on est à 100 dollars, on est quand même sur le haut de ce range-là.
05:21Alors, ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas brièvement le dépasser,
05:23comme ça avait été le cas en juillet,
05:24surtout quand il y a cet entraînement de marché
05:26et ce contexte un peu plus anxiogène qui se met en place.
05:31Mais ça sous-entend quand même qu'on a plus d'asymétrie à la baisse
05:35à partir de ce moment-là qu'à la hausse.
05:37Donc, je ne suis pas très inquiet sur ce mouvement-là.
05:42Encore une fois, on peut aller un peu plus haut,
05:44ça peut durer encore quelques jours,
05:46mais je ne pense pas qu'on ira beaucoup plus haut à ce stade
05:49parce que, tout simplement, on est sur un prix qui est à peu près la barre haute
05:57de ce qu'on peut avoir dans cet environnement-là.
06:01Oui, donc, pas de grands risques pour l'instant sur les marchés,
06:05sauf si, peut-être, le pétrole s'établissait un peu plus durablement
06:09au-dessus de ce seuil de 100 dollars.
06:13On le disait, enfin, je le disais en fait en introduction,
06:18ça ravive donc les craintes inflationnistes
06:20et on va prendre connaissance demain de la décision monétaire
06:22de la Banque Centrale Européenne.
06:2490% de chance d'une hausse des taux,
06:28donc on peut dire que c'est quasiment acté.
06:30Qu'est-ce qu'on peut attendre du coup de cette réunion de politique monétaire,
06:33de la communication aussi de Christine Lagarde ?
06:35Effectivement, la décision de demain, elle ne fait aucun doute.
06:39D'une part, c'est anticipé quasiment à 100% par les marchés.
06:43La BCE n'irait pas contre les marchés dans un contexte comme ça.
06:45Et d'autre part, elle l'a presque déjà validée elle-même.
06:48Je crois que c'était Philippe Léon ou peut-être quelqu'un d'autre
06:49qui a dit que, en parlant de cette probabilité,
06:53que les marchés comprenaient très bien la fonction de réaction de la BCE.
06:56Donc on comprend ce que ça veut dire.
06:58Ça veut dire que cette hausse-là, elle est enterrinée.
07:00Donc là-dessus, il n'y aura pas de surprise.
07:01Ce qui sera intéressant à regarder, ce sera évidemment,
07:04comme toujours, la communication de Christine Lagarde,
07:06les réponses qu'il y aura pendant la conférence de presse d'après Réunion.
07:11Mais ça sera aussi la mise à jour des projections économiques
07:15qui seront publiées à cette occasion-là,
07:18comme une fois toutes les deux réunions.
07:19Et ce qui sera intéressant de regarder,
07:22c'est ce que fera la BCE, notamment sur les prévisions d'inflation.
07:27Il est à peu près acquis qu'elle va remonter les prévisions d'inflation pour 2026.
07:31Ça, ce n'est pas très important.
07:32On est à l'orée du dernier trimestre.
07:35Elle va remonter ses taux.
07:36Donc ça, c'est à peu près acquis.
07:37Ce qui va être plus intéressant, c'est ce qu'elle va faire
07:40sur les prévisions d'inflation pour 2027.
07:42Est-ce qu'elle les remonte, notamment sur la partie corps,
07:45ou est-ce qu'elle les maintient à peu près au même endroit ?
07:47Le signal que ça donnera, à mon sens,
07:49c'est que si elle remonte, en tout cas significativement,
07:53les prévisions d'inflation sous-jacentes pour 2027,
07:56ça veut dire qu'elle s'attend encore un peu plus,
07:59en tout cas qu'elle redoute encore un peu plus
08:02que l'inflation qui vient de la partie énergétique
08:05et un peu de la partie alimentaire, crée des effets de second tour
08:08et que ça entraîne une vague d'inflation plus structurelle.
08:11Ce qui, en conséquence, voudrait dire qu'elle se dirigerait
08:15vers encore plus de hausses de taux,
08:17ce qui, à mon sens, serait une erreur.
08:20Déjà, ces deux premières hausses de taux sont, à mon sens, une erreur.
08:23Mais en tout cas, ça, ça sera très intéressant de regarder
08:26et en parallèle aussi la révision des prévisions de croissance
08:29parce que ça renforcera ou infirmera un petit peu le message.
08:32Donc, ça va être presque plus que la décision qui, encore une fois,
08:35est très attendue.
08:36Ça va être notamment ces prévisions de croissance et d'inflation
08:40qui vont quand même pas mal, à mon avis, donner d'indications
08:43sur ce que peut faire la BCE à la fois d'ici la fin de l'année
08:47et puis, si on va dire, le premier trimestre 2027.
08:49Oui, parce que la BCE, enfin, Christine Lagarde va certainement rappeler
08:52que la BCE est data-dependent.
08:55Peu de surprises là-dessus.
08:56Pourquoi, à votre sens, ce serait une erreur, du coup, ces hausses de taux ?
09:00En fait, c'est assez simple pour deux raisons.
09:03La première, c'est que, oui, on a un retour de l'inflation en zone euro,
09:06comme dans le monde entier, mais c'est une inflation
09:11qui vient essentiellement à cause d'un choc d'offres sur les matières premières.
09:15Ce n'est pas du tout quelque chose que la BCE a le pouvoir d'adresser.
09:19On peut monter les taux à 10 si on veut.
09:20Ça ne fera pas repasser le pétrole par or en mousse.
09:23On a, en plus, une inflation qui, contrairement aux États-Unis,
09:26où l'inflation n'a jamais retrouvé vraiment son niveau cible.
09:30Au niveau européen, avant le déclenchement de la guerre en Iran,
09:33on était quasiment revenu à la cible de la BCE.
09:36Voilà, à 2%.
09:37Donc, en fait, le sujet inflationniste était réglé.
09:40Donc, on n'a pas, comme on peut l'avoir peut-être aux États-Unis,
09:44encore une inflation rampante qui reste.
09:46Ce n'était pas le cas en zone euro.
09:48Et donc, on n'a pas quelque chose de structurel,
09:51quelque chose qui est vraiment d'un choc d'offres.
09:52En plus, qui intervient sur un moment où la croissance européenne n'est pas très forte,
09:56où la consommation européenne n'est pas très forte.
09:58Donc, a priori, ce n'est pas quelque chose sur lequel la BCE est censée rajouter
10:03de la dureté dans les conditions financières.
10:06Et puis, l'autre problème, c'est qu'on a, ça vous a apparaît,
10:08vous l'avez évoqué aussi en introduction,
10:11on a les taux longs qui continuent de monter,
10:13les 10 ans allemands qui repassent au-dessus de 3,40.
10:14Et au sein de ces taux longs, on a la partie taux réelle,
10:18donc la partie qui n'est pas liée à l'inflation,
10:20on va dire la partie structurelle du taux qui continue, elle aussi, d'augmenter.
10:24Le taux réel, aujourd'hui, en zone euro, il est autour d'1,2.
10:31Le problème, c'est que la croissance potentielle de la zone euro, c'est 0,8, 0,9.
10:34C'est à peu près ce qu'on va avoir d'ailleurs cette année
10:36et probablement l'année prochaine quand on lisse un petit peu.
10:39Donc, on commence à avoir des taux réels qui sont au-dessus de la croissance potentielle,
10:42qui sont au-dessus ou au même niveau que la croissance qu'on peut attendre cette année
10:47et dans les années à venir.
10:49Donc, c'est une situation qui est très compliquée pour avoir une expansion économique,
10:54pour pouvoir régler les problèmes de dette.
10:57Et on a là-dessus la BCE qui rajoute de l'huile sur le feu,
10:59alors même que, comme j'expliquais au début,
11:01c'est à mon sens pas un sujet d'inflation structurelle,
11:04parce que le marché du travail n'est pas très tendu,
11:06il n'y a pas d'inflation salariale.
11:08Donc, on a toujours quand même ce dogmatisme un peu de la BCE
11:11qui a peur de l'inflation,
11:13qui a peur que toute croissance un peu trop élevée
11:15régénère de l'inflation
11:16et qui préfère remonter les taux face à ça
11:21plutôt que de prendre en compte l'ensemble du périmètre
11:23qui, très clairement, à mon sens, n'est pas du tout propice
11:25à des hausses de taux aujourd'hui.
11:26Bon, on verra du coup la décision monétaire
11:28de la Banque Centrale Européenne demain.
11:31C'est la rentrée des banques centrales.
11:33On attend aussi la décision de la Réserve Fédérale Américaine
11:36la semaine prochaine.
11:38En attendant, on prendra connaissance des PPI, du CPI
11:40en fin de cette semaine.
11:42Il y aura aussi la Banque d'Angleterre,
11:43la Banque Nationale Suisse, la Banque du Japon,
11:46pour qui d'ailleurs une hausse des taux est largement
11:48empricée aussi par le marché, ce qui a soutenu le Yen.
11:51Un mot rapide, il nous reste une minute en guérant.
11:54Parlons des valeurs.
11:55Oracle va publier jeudi soir ses résultats
11:58du premier trimestre fiscal de l'année 2027.
12:03Quelle trajectoire ces résultats pourront donner au marché
12:06et quel bilan très rapide on peut tirer
12:09de cette saison de publication ?
12:11Le bilan de la saison des publications est très positif.
12:13Il n'y a pas de problème.
12:14La saison des résultats était très bonne aux Etats-Unis,
12:16mais notamment en Europe où elle a surpris à la hausse.
12:18Donc, pas trop de sujets là-dessus.
12:19Ce qui va être intéressant sur les résultats d'Oracle,
12:21c'est que c'est un peu, il met l'enfant malade
12:24du secteur technologique.
12:26C'est l'entreprise qui est de loin la plus endettée,
12:28qui est de loin la plus fragile,
12:29et qui donc peut être la plus facilement confrontée
12:32au mismatch entre l'endettement,
12:35le financement du développement de l'IA
12:37et la demande réelle,
12:40les résultats réels en face.
12:42Et donc, ça va être intéressant de voir
12:43comment évolue le bilan d'Oracle
12:45et surtout comment la publication est prise par le marché.
12:48Ça donnera une indication de est-ce que ce sujet
12:50de la dette et de l'endettement autour de l'IA
12:54reste un sujet de stress pour le marché à ce stade
12:57ou est-ce que c'est quelque chose
12:58qui est pour l'instant mis de côté ?
13:00Réponse jeudi soir, donc,
13:01après la clôture des marchés américains.
13:04Merci beaucoup, Anguéran Arthas,
13:05vous êtes stratégiste et gérant
13:07à la financière de l'Échiquet.
13:08Merci beaucoup.
13:09Et puis, merci à vous de nous avoir suivis.
13:12On se retrouve ce soir en direct à 17h30.
13:16D'ici là, bonne après-midi.