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  • il y a 2 mois
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:04La suite à 13h32 sur Europe 1, c'est avec vous, Clélie Mathias et vos deux chroniqueurs du jour,
00:08Jules Therès et Jean-Michel Salvatore.
00:11Et on continue de parler de la présidentielle, de la droite et du centre.
00:16Ce matin, c'est Bruno Retailleau, le candidat à l'ère républicain,
00:19qui donne une longue interview au Figaro avec en exclusivité,
00:23c'est en esquisse de programme, en tout cas quelques propositions,
00:26plutôt choc, parce qu'il veut revoir la constitution de 1958,
00:31pour mieux dit-il lui redonner l'esprit voulu par le général De Gaulle,
00:34c'est la mère des batailles.
00:36Il y est revenu, écoutez, c'était sur RTL il y a quelques jours,
00:40en rendant hommage à Baladur.
00:41J'ai de l'estime pour Edouard Baladur,
00:44parce que c'est un des seuls premiers ministres à avoir contredit le Conseil constitutionnel.
00:48En 1993, quand le Conseil constitutionnel avait voulu imposer sa vision du droit d'asile,
00:54qui aurait fait d'ailleurs de la France le pays de recueil de tous les déboutés du droit d'asile
00:59de tous les pays européens,
01:01Edouard Baladur avait tapé du poing sur la table
01:03et avait révisé la constitution pour finalement infliger un camouflet au Conseil constitutionnel
01:09et laisser le constituant, c'est-à-dire les représentants du peuple,
01:13leur laisser le dernier mot.
01:15Jean-Michel Salvatore, finalement, il ne s'attaque pas tellement à la constitution,
01:18mais à l'usage qui en est fait.
01:20Ah, si, quand même. Moi, je trouve que c'est assez habile ce qu'il propose,
01:23parce qu'en fait, il arrive à renverser la table sans casser trop de vaisselle.
01:29Parce que finalement, il propose une révision constitutionnelle qui va assez loin,
01:33puisqu'il y a une révision qui va permettre, en fait, d'organiser un référendum
01:38sur des sujets de société, alors que pour l'instant,
01:40l'article 11 limite l'organisation des référendums à l'organisation des pouvoirs publics.
01:45Donc, en principe, on ne peut pas interroger les Français sur les questions d'immigration,
01:49sur les questions de sécurité.
01:51Donc, moi, je trouve que ça, c'est plutôt habile de dire,
01:53on va élargir, donc, l'usage du référendum.
01:56La deuxième chose que je trouve assez intéressante,
01:58c'est qu'il reste quand même dans les traités européens,
02:03en disant, on reste dans les traités européens,
02:05mais il y a quand même une clause qui veut qu'une loi ne peut pas contredire,
02:09enfin, que l'Europe ne peut pas contredire une loi qui a été votée par le peuple français.
02:19C'est la suprématie du droit français.
02:21Et donc, ça, c'est aussi assez intéressant.
02:24Et puis, la troisième chose que je trouve intéressante,
02:26c'est aussi la possibilité que le peuple français ait le dernier mot.
02:30Lorsque le Conseil constitutionnel prend une décision pour annuler une loi,
02:35le peuple français pourra avoir le dernier mot
02:39si on arrive à récolter, je crois, 500 000 signatures
02:43et pour permettre, en fait, de faire en sorte que les Français,
02:47lorsqu'ils veulent véritablement quelque chose,
02:51aient véritablement le dernier mot.
02:52Donc, je trouve que c'est assez malin
02:54et il échappe à l'écueil de l'année dernière
02:58quand il avait dit, bon, l'État de droit, ce n'est pas sacré.
03:01Alors, évidemment, on voit bien pourquoi il le disait,
03:03mais c'est vrai que c'était donné à la gauche et à l'extrême-gauche
03:06un angle d'attaque très efficace.
03:09Et là, il contourne l'obstacle d'une façon, moi, je trouve, assez maline.
03:13Qu'en pensez-vous ?
03:14Ce n'est pas le sujet le plus sexy, disons-le,
03:16quand on ouvre une campagne présidentielle,
03:18mais je trouve que c'est le sujet le plus important
03:20de l'élection présidentielle.
03:22Parce que, Jean-Michel l'a très bien expliqué,
03:25aujourd'hui, on a un État de droit
03:27qui, en effet, n'est ni intangible ni sacré
03:29pour reprendre les mots de Bruno Rotaillot,
03:31mais qui, bien souvent, nous empêche d'avancer
03:33et de réformer ce pays.
03:35Bruno Rotaillot, il l'a vu de près
03:36quand il était au ministère de l'Intérieur,
03:38avec un certain nombre de censures du Conseil constitutionnel,
03:40et surtout, l'impression qu'on ne peut rien changer.
03:43Donc, sa proposition, moi, je la trouve d'utilité publique.
03:46Je pense que tous les candidats à l'élection présidentielle
03:48devraient se prémunir de ce sujet-là,
03:51parce que c'est une question,
03:53non pas de changement de la Constitution,
03:55c'est une question d'hierarchie des pouvoirs.
03:57Aujourd'hui, on a le sentiment que l'exécutif n'a plus de pouvoir,
04:00que le législateur n'a plus de pouvoir,
04:02et que les Français, quoi qu'ils fassent,
04:04n'ont plus le pouvoir.
04:04Le pouvoir, il est où ?
04:05Il est au Conseil constitutionnel,
04:07il est dans le droit international,
04:09et dans le droit européen,
04:11et dans les traités internationaux.
04:12Donc ça, il faut changer cette hiérarchie.
04:14Donc, ce que propose Bruno Rotaillot,
04:15c'est extrêmement clair,
04:16c'est d'abord de dire,
04:17bon, le référendum, on va en effet le changer
04:19pour pouvoir le saisir sur tous les sujets,
04:23y compris des sujets qui ne traitent pas
04:25de l'économie et du social.
04:27Je vous rappelle quand même que le général de Gaulle
04:29a changé la méthode de scrutin avec l'article 11,
04:32et que le Conseil constitutionnel, à l'époque,
04:34n'avait rien dit.
04:34C'était le général de Gaulle,
04:36et ce n'était pas le même Conseil constitutionnel,
04:37parce que le problème de ces dernières années,
04:39c'est qu'on voit que le Conseil constitutionnel
04:41s'est arrogé à un pouvoir
04:41qui n'était pas le sien,
04:43qui n'était pas celui
04:44qu'avait théorisé à la fois le général de Gaulle
04:47et Michel Debray,
04:48depuis bien au-delà de 1993 et la loi Pasqua,
04:51mais depuis 1973 et le début du principe
04:53de constitutionnalité,
04:55le Conseil constitutionnel
04:56va piocher dans tous les textes
04:57et créer des jurisprudences.
04:59Un seul exemple pour ne pas être trop technique,
05:00parce que je vous dis,
05:01ce n'est pas le sujet le plus sexy,
05:02mais je pense que c'est le sujet le plus important.
05:05La loi Attal sur la justice des mineurs l'an dernier,
05:07elle a été censurée, en tout cas grandement,
05:09et c'était une loi qui était plutôt timide,
05:11elle a été censurée en prenant trois textes,
05:13trois jurisprudences.
05:15Un de 1908 sur l'autorité pénale,
05:17un de 1912 sur la justice des enfants,
05:19et l'ordonnance de 1945.
05:21Ça paraît être des textes qui sont très très loin
05:24de la réalité de notre jeunesse aujourd'hui,
05:26en 2026 et particulièrement en 2027.
05:28Donc toute cette jurisprudence,
05:31il faut lui dire stop.
05:32Il faut dire au Conseil constitutionnel
05:33qu'il ne peut plus s'arroger tous ces droits-là
05:36et qu'il faut faire avancer le pays
05:38avec des lois qui sont des lois, en effet, importantes.
05:41Le problème de Bruno Roteau qui va se poser,
05:43c'est qu'il lui faudra soit une majorité parlementaire
05:47très large, parce que l'article ce référendum,
05:49il devra passer par l'article 89 de la Constitution
05:52et donc obtenir trois cinquièmes du Congrès,
05:55donc le Sénat et l'Assemblée nationale.
05:57– La question c'est aussi de savoir,
05:59bien sûr, avec ces propositions chocs pour Bruno Roteau,
06:02est-ce que vous pensez qu'il décollera un petit peu
06:04dans les sondages et dans cette campagne ?
06:07Est-ce que ça parlera ?
06:08– Pour l'instant, c'est pas avec un sujet constitutionnel
06:12qu'on peut arriver à réveiller les lecteurs,
06:14même si, comme le dit Jules,
06:15c'est vraiment un sujet très important,
06:17parce que tous les Français voient bien
06:19qu'on est enfermé dans une espèce d'impossibilisme,
06:22c'est-à-dire qu'on est complètement baïonnés
06:25par, comme il l'a très bien dit,
06:27la Commission européenne, le Conseil consiludel,
06:29le Conseil d'État, la Cour de cassation, etc.
06:32Donc pour sortir de ça,
06:33et pour faire en sorte que le peuple français
06:36retrouve sa souveraineté,
06:38il faut changer la Constitution.
06:40Alors, quasiment tous les candidats de droite
06:43ou d'extrême droite ont ce projet-là,
06:45Marine Le Pen a aussi un projet,
06:47Édouard Philippe a aussi un projet,
06:48mais ces projets-là sont beaucoup moins aboutis
06:50que celui de Bruno Rotaillot,
06:54mais c'est vrai que c'est absolument indispensable
06:56si on veut sortir de cette immobilité.

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