00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:04La suite sur Europe 1, vous écoutez Clélie Mathias, son chroniqueur Georges Fenegle,
00:07l'incendieuse d'instruction et votre invité Clélie, l'eurodéputé et porte-parole du Rassemblement National, Mathieu Vallée.
00:13Avant d'en venir aux écrits antisémites attribués à Jordan Bardella,
00:16je voudrais avoir votre réaction sur la réforme des retraites proposée par Edouard Philippe hier.
00:22Écoutez-le.
00:23D'abord, nous devons remettre à l'équilibre notre système par répartition.
00:26Ensuite, nous devons préparer l'avenir en construisant un système différent, un système mixte,
00:31qui associera répartition et capitalisation.
00:34Je propose de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans
00:38et l'âge de départ à 65 ans pour les Français qui le peuvent.
00:42Mais évidemment, une règle juste, elle doit tenir compte des vies auxquelles elle s'applique.
00:46De ces femmes et de ces hommes qui ont commencé à travailler très jeunes
00:49ou qui exercent des métiers pénibles, ou dont le corps ne suit plus parce que le travail les a usés.
00:54C'est pourquoi un Français sur trois pourra partir avant 65 ans, entre 60 et 64 ans.
01:0065 ans avec 45 annuités de cotisation, c'est évidemment plus que les 62 ans proposés par Marine Le Pen.
01:06Et il a déclaré d'ailleurs, la réforme de Mme Le Pen en année pleine va coûter 30 milliards de
01:10plus,
01:11alors que la mienne dégagera 30 milliards d'excédents.
01:1460 milliards d'euros par an, ça fait une sacrée différence.
01:17J'aime bien entendre ça de la bouche d'un ancien Premier ministre
01:19qui devait mettre en place la réforme à retraite par points,
01:22qui a été annulée avant le Covid.
01:25Donc la réalité, c'est que pendant 10 ans, ils n'ont rien fait pour remettre à l'équilibre nos
01:28comptes de retraite.
01:29Donc oui, on est content de voir qu'on a imposé cette obligation
01:33de permettre aux gens qui ont commencé très tôt et très dur à pouvoir partir très tôt en fait.
01:37Donc nous, c'est très simple, quand on a commencé à travailler avant l'âge de 20 ans,
01:41avec 40 annuités, on part à 60 ans.
01:43Par contre, par exemple, sur les critères de pénibilité que son gouvernement avait supprimés,
01:47sur les charges lourdes, sur les postures pénibles, sur les agents chimiques par exemple,
01:51il renvoie ça aux partenaires sociaux.
01:52Il n'y a pas besoin de faire un grand débat pour savoir la pénibilité au travail.
01:55Aujourd'hui, on les connaît les critères.
01:56Donc la réalité, c'est que oui, la réforme de M. Edor Philippe,
01:59pour quelqu'un qui a commencé à travailler à l'âge de 23 ans,
02:01partira à 68 ans et pas à 65 ans comme il annonce,
02:04si je suis sur le critère de 45 annuités.
02:05Et sur la décote ou la surcote, liée par exemple à un départ plutôt plus tard,
02:09pareil, on renvoie ça aux discussions calandres grecques.
02:11Donc c'est une réforme qui est, à mon sens, pas complète.
02:14Il le reconnaît lui-même, il y a beaucoup de choses à ficeler.
02:16Et donc, évaluer budgétairement une réforme qui n'est pas ficelée,
02:18je trouve ça fort de café.
02:20– Georges Fenec.
02:21– Quand on écoute votre programme, le programme du Rassemblement National,
02:25on serait tenté évidemment d'y souscrire.
02:29Pourquoi pas ?
02:29Elle traite à 62, à 60 ans.
02:32– Vous dites tenté, donc on va être encore plus convaincants.
02:34– Non mais, ce que j'aimerais savoir de votre part, c'est qu'il y a un constat
02:38que tout le monde fait, c'est un constat démographique.
02:41Vous avez une espérance de vie qui s'allonge,
02:43et vous avez donc beaucoup moins de jeunes qui sont là pour payer les retraites
02:50de ceux qui sont partis à la retraite,
02:52puisqu'effectivement, il y a un allongement,
02:55non seulement un allongement de la vie, l'espérance de vie,
02:57mais en plus, il y a moins de naissances aujourd'hui.
02:59Vous savez, comment vous pouvez résoudre cette quadrature du cercle
03:03de descendre l'âge légal de la retraite
03:06alors que tous les autres pays européens l'ont augmenté ?
03:09Ça va même jusqu'à 60, voire même 70 ans,
03:12notamment dans certaines régions allemandes.
03:14Comment vous comptez faire ?
03:16Bien sûr, les critères de pénibilité, on vous entend,
03:19bien sûr, on aimerait tous partir à la retraite le plus tôt possible,
03:23mais pour autant, vous avez une modification démographique du pays
03:28et des contingences économiques par rapport aussi au reste du monde
03:32où on travaille beaucoup plus qu'en France,
03:33qui fait qu'aujourd'hui, les caisses sont vides,
03:35que les retraites coûtent très très cher
03:36et qu'on ne sait même pas comment on va les payer plus tard.
03:39Vous avez raison, c'est l'un des premiers penses de dépense sociale
03:41avec l'assurance MADIF, en tout cas,
03:43le budget de la sécurité sociale dont vous avez parlé précédemment.
03:48C'est pour ça que nous, c'est un package,
03:49ce n'est pas de retraite isolée.
03:50Marine Le Pen, elle propose par exemple que pour le deuxième enfant,
03:53on puisse avoir une demi-part au niveau de l'impôt sur le revenu,
03:56ce qui aujourd'hui n'est pas le cas.
03:58Donc la réalité, c'est qu'on veut inciter à une politique de natalité,
04:02puisque vous parliez du problème de nos familles
04:05qui ne font pas assez d'enfants.
04:06La deuxième chose, c'est que les jeunes rentrent de plus en plus tard
04:08sur le marché du travail, c'est pour ça qu'après 20 ans,
04:10ça sera 62 ans, avec 42 annuités,
04:13avec évidemment une prise en compte des jeunes
04:15qui aujourd'hui subissent aussi un chômage important
04:18et donc c'est pour ça qu'on veut développer l'apprentissage,
04:20c'est pour ça qu'on veut développer des filières professionnelles,
04:22c'est pour ça qu'on veut développer aussi des filières agricoles
04:24et qu'aujourd'hui, ce n'est pas assez mis en avant
04:25et qu'on a d'ailleurs sauvé face à la boucherie du gouvernement
04:29qui voulait sabler, couper les dépenses sur l'apprentissage,
04:39sur les centres de formation d'apprentissage
04:40et donc oui, nous nous croyons aussi à ces filières
04:43qui permettront de faire rentrer des jeunes sur le marché du travail.
04:45Donc c'est une réforme qui ne sera pas isolée
04:47et Marine Le Pen annoncera en réalité la réforme complète
04:51que nous proposerons pour les Français en 2027 des retraites
04:53dans les prochaines semaines
04:54où on annoncera aussi une part de capitalisation sur ce sujet-là.
04:58Elle le développera parce que, vous avez raison,
05:01aujourd'hui les retraites c'est l'enjeu
05:03et le sujet numéro un avec le pouvoir d'achat des Français.
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