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  • il y a 6 semaines
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:04La suite à 13h33 d'Europe 1 Info avec Lélie Mathias et ses chroniqueurs avec nous aujourd'hui pour analyser
00:09l'actualité.
00:10Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant et Jules Torres, journaliste politique au JDD.
00:15On a parlé des français qui galèrent, le pouvoir d'achat en berne, de plus en plus de précarité aussi
00:22je le disais.
00:23Et pendant ce temps, Sébastien Lecornu a fait un geste lui en faveur des grandes entreprises en leur promettant de
00:28baisser une surtaxe exceptionnelle.
00:31A défaut bien sûr de pouvoir la supprimer, il fait les yeux doux au patron.
00:35Écoutez un extrait de l'édito de Paul Sugy, journaliste au Figaro, sur ce geste aux entreprises. Il était sur
00:41CNews ce matin.
00:42Ceux qui créent de la richesse en France retiennent leur souffle avec inquiétude.
00:46Sébastien Lecornu a raison de vouloir apaiser leur crainte, vaille que vaille.
00:49Mais remarquez cependant qu'il ne le fait qu'à moitié, car s'il promet de ne pas lever d
00:52'impôts supplémentaires,
00:54le Premier ministre maintient néanmoins, alors un montant réduit, mais quand même,
00:57la taxe sur les super profits dégagés par les grands groupes alors qu'elle devait n'être qu'exceptionnelle.
01:02Et surtout, il n'exclut pas de tailler ici ou là dans des niches fiscales.
01:05Mais pour le reste, il y a une question principalement qui demeure.
01:08Que valent les promesses faites un 9 septembre par un Premier ministre qui ne contrôle pas tout à fait son
01:13camp politique,
01:14et surtout dont le camp politique est de toute façon minoritaire au Parlement ?
01:17Jules Thores, la gauche a aussitôt dénoncé un nouveau cadeau fait aux grandes entreprises.
01:22Je vous cite Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise.
01:25Il a estimé que le Premier ministre était toujours contre le peuple, toujours au service des multinationales.
01:29Olivier Faure, aussi le patron du Parti Socialiste,
01:33la droite préfère diminuer la protection sociale et les retraites plutôt que de maintenir une surtaxe sur les grandes entreprises.
01:38De toute manière, tant que Sébastien Lecornu ne voudra pas pendre en place publique les milliardaires et les millionnaires,
01:44la gauche ne sera pas contente.
01:45Donc, évidemment que Manuel Bompard et Olivier Faure ne vont pas être le corniste.
01:49C'est à eux ensuite de censurer, pourquoi pas, le gouvernement de Sébastien Lecornu.
01:53Mais je rappelle quand même que c'est Olivier Faure qui avait sauvé M. Lecornu l'année dernière.
01:57Bon, on va avoir ce débat sur le budget qui va être intéressant.
02:00Moi, je ne crois pas aux promesses de Sébastien Lecornu,
02:02parce que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent comme on sait.
02:04Vis-à-vis en tout cas des entreprises.
02:07Pourquoi ? Parce que Paul Sugil l'a très bien expliqué.
02:09On vous vendait une taxe sur la super profit temporaire qui devient en fait automatique et qui devient pérenne.
02:15On nous avait dit l'année dernière qu'il n'y allait, qu'il n'y aurait pas de nouvelles
02:19taxes et qu'il y aurait une baisse de la dépense publique.
02:20Il y a eu des nouvelles taxes, il y a eu une hausse en pourcentage de la dépense publique.
02:25Donc à un moment donné, de toute manière, ce budget-là ne peut pas être un bon budget.
02:29Ce budget-là ne sera pas un bon budget.
02:31Alors la question c'est est-ce qu'il sera libéral ? Je ne le pense pas.
02:33Est-ce qu'il sera socialiste ? Je le pense un petit peu plus.
02:36Pourquoi ? Parce qu'il y a une Assemblée nationale qui est composée de trois couloirs de nage
02:40et que Sébastien Lecornu refuse de faire des alliances avec le Rassemblement national.
02:43Donc il ne lui reste qu'un choix, qu'une seule proposition, c'est d'aller vers ses petits camarades
02:48du Parti socialiste.
02:49Donc il n'aura pas le choix que de laisser des petits cadeaux s'il veut rester à Olivier Faure.
02:53Jean-Michel Salvatore.
02:54Oui, je ne sais pas, je ne suis pas sûr de ça.
02:57Parce que moi je pense que Sébastien Lecornu, il se rend quand même bien compte
02:59qu'aujourd'hui, la seule chose qui marche en France, ce sont les entreprises.
03:03Et les impôts.
03:04Et les impôts, bien sûr.
03:06Non mais ceux qui mettent du charbon dans la machine,
03:08ce sont les patrons et les salariés des entreprises privées, qu'elles soient petites, moyennes ou grandes.
03:14Et là il se dit qu'il faut quand même faire attention parce qu'il commence à y avoir des
03:16nuages
03:16et qui sont inquiétants sur les entreprises privées.
03:20Vous avez d'abord un nombre de faillites record depuis quelques années.
03:23On est à 70 000 faillites par an.
03:25On a un moral des patrons qui est vraiment en berne.
03:29Et on l'a vu à l'occasion du Medef.
03:31On a des perspectives d'embauche qui sont très faibles.
03:34Et on a le chômage qui explose.
03:36Donc là, Lecornu se dit, il faut quand même que je fasse très attention.
03:38Mais il est toujours dans la même contradiction.
03:41C'est-à-dire que d'un côté, il se dit, et il leur a écrit,
03:46qu'en fait on ne redresse pas les comptes d'un pays en cassant son moteur économique.
03:51Donc ça c'est ce que Lecornu a dit au patron.
03:53Donc il est tout à fait conscient de l'impératif de ménager les patrons.
03:57Mais d'un autre côté, il est tellement coincé par l'équation budgétaire
04:01que finalement il peut faire des gestes, mais il ne peut faire que des gestes symboliques.
04:05Et c'est vrai que l'histoire de la taxe à 8 milliards, il avait été dit par Barnier,
04:09c'est une taxe sur les super profits, mais ça ne sera qu'une année et ensuite on la supprimera.
04:14L'année suivante, Bayrou a dit, je ne peux pas faire autrement, je la reconduis.
04:18Et puis là aujourd'hui, Lecornu dit, je dois quand même respecter la parole donnée.
04:23Donc ok, on ne va pas la reconduire telle que, mais il ne peut que la baisser.
04:27Et au lieu de rapporter 8 milliards, elle rapportera de 5 à 6 milliards.
04:32Honnêtement, il n'y a pas beaucoup de différence.
04:33Donc là vraiment, Lecornu, il est totalement coincé.
04:36Il est vraiment totalement coincé.
04:38Et pour faire son budget, je ne sais pas comment il va faire.
04:40Et puis pardon, mais il a beau avoir fait une lettre en effet aux entreprises,
04:45ce n'est pas les entreprises qui décident du budget de l'État.
04:47Ce n'est pas les entreprises qui décident de voter ce budget ou de censurer Sébastien Lecornu.
04:51C'est pour ça que je pense que même si la lettre s'adresse aux entreprises,
04:55celui qui décidera à la fin, c'est Olivier Faure, comme l'année dernière.
04:58Bon, le budget, ça devient, ça s'annonce très compliqué.
05:00Si le gouvernement de Sébastien Lecornu venait à tomber sur ce projet de loi de finances,
05:04il y a une petite musique qui commence à monter là, au sommet de l'État.
05:08Et pourquoi pas, une nouvelle dissolution.
05:11Oh, pitié.
05:12Écoutez déjà Benjamin Morel, le constitutionnaliste qui était l'invité d'Europe 1 ce matin.
05:19Admettons que vous ayez une dissolution, je ne sais pas moi, au mois d'octobre ou de novembre,
05:25c'est-à-dire qu'il n'y a plus d'assemblée pendant un mois,
05:27que votre assemblée, elle ne redevient réellement fonctionnelle que fin décembre,
05:33et que le budget qui a été déposé, il s'évapore.
05:36Donc déjà, vous n'aurez pas de budget au 1er janvier.
05:37Et ensuite, un, c'est parié sur le fait que votre assemblée aurait une majorité absolue,
05:43c'est tout sauf gagné.
05:44Et quand même elle en est une, voter un budget dans le délai imparti, ça va être compliqué.
05:50Donc une dissolution, c'est probablement, pour des raisons de calendrier,
05:55le fait de renoncer à un budget.
05:58Et donc, pour ces raisons-là, je doute que les marchés apprécient beaucoup ce petit jeu politique
06:04qui vise à dire, pour punir les députés de ne pas voter un budget, je renonce au budget.
06:09Bon, Jules Thérèse, vous ne souhaitez pas ce scénario, mais vous y croyez ?
06:11Non, mais là, on est dans le grand n'importe quoi.
06:13Évidemment, j'y crois, parce que tout à l'heure, on disait quoi ?
06:15On disait que les Français n'en avaient plus rien à foutre ni rien à perdre.
06:17Moi, je pense que c'est Emmanuel Macron qui n'en a plus rien à foutre ni rien à perdre.
06:20Et que justement, pour ajouter de l'incertitude à l'incertitude, pour ajouter du chaos-cao,
06:26eh bien, il en serait capable.
06:27Il en a déjà été capable en 2024 dans une conception de la dissolution qui était absolument lunaire.
06:32Et là, il pourrait le faire.
06:33D'abord, en effet, pour pouvoir qu'on vote un budget en loi spéciale
06:38et ensuite avoir de nouvelles législatives.
06:40Encore faudrait-il qu'il y ait une majorité.
06:41Et moi, je fais partie de ceux qui pensent qu'aujourd'hui,
06:43en l'état actuel des choses, en l'état actuel des dynamiques électorales,
06:48il n'y a que le RN qui puisse avoir une majorité absolue
06:52ou une majorité relative qui s'approche de la majorité absolue.
06:55Donc, c'est pour ça que cette dissolution me paraît absolument inconvenable.
06:58Et la deuxième des choses, c'est qu'on a une présidentielle dont le premier tour sera le 18 avril.
07:02Si vous faites une dissolution en janvier 2027,
07:05le prochain ou la prochaine présidente ne pourra pas dissoudre avant janvier 2028.
07:09Donc, c'est évidemment très grave puisque ça lirait pied et poing lié le prochain président
07:14à une majorité qui ne sera pas la sienne.
07:16Donc, je trouve ça, encore une fois, catastrophique.
07:19Je ne sais pas si ça vient d'Emmanuel Macron.
07:22Quand il y avait une rumeur, vous vous souvenez, qui était sortie en juin dernier,
07:24dans le Figaro Magazine, l'Élysée avait fortement démenti en disant
07:27que ce n'était même pas un avant-projet de la part d'Emmanuel Macron.
07:30Mais l'honnêteté m'oblige à vous dire qu'on a déjà vu des choix d'Emmanuel Macron
07:35qui n'étaient pas tout à fait raisonnables et qui étaient incompréhensibles.
07:38Jean-Michel Sabat.
07:39Alors là, je suis d'accord avec Jules.
07:41C'est vrai que de toute façon, déclencher une dissolution,
07:46c'est un jeu qui est toujours perdant pour les présidents.
07:50Souvenez-vous, Chirac, il avait déclenché sa dissolution en 1997,
07:54il pensait gagner et on s'est collé 50 jospins.
07:57– Vague rouge.
07:57– Vague rouge et 50 jospins, les 35 heures, etc.
08:03Macron, piqué par sa défaite aux Européennes de 24, dissous.
08:06Et qu'est-ce qu'il a ? Une chambre introuvable.
08:08Donc, quand on commence à jouer avec la démocratie,
08:11les Français, ils n'aiment pas ça du tout
08:12parce qu'ils voient bien qu'on les prend pour des imbéciles.
08:15Et si Emmanuel Macron joue à ce jeu-là,
08:18et moi je suis d'accord avec Jules,
08:20je pense qu'il en est tout à fait capable
08:21parce que c'est quand même un esprit qui peut être assez tordu quand il le veut,
08:25il pourrait tout à fait décider une chose pareille
08:29avec en plus une arrière-pensée qui serait de dire
08:32on va faire une dissolution, on va élire des députés,
08:35comme ça si Marine Le Pen devient présidente de la République,
08:38elle ne pourra pas appliquer son programme.
08:41Et il a déjà commencé à faire ce genre de choses
08:43en nommant Amélie de Montchanin à la Cour des comptes,
08:46en nommant Richard Ferrand au Conseil constitutionnel.
08:48Mais c'est la même logique.
08:50Les autres présidents ont déjà mis leur...
08:51C'est je dois partir au mois de mai,
08:54mais si je peux,
08:55j'essaierai de continuer à agir
08:57et agir sur le réel après le mois de mai
08:59pour éventuellement éviter le Front National
09:01ou le Rassemblement National d'appliquer son programme.
09:04Et puis en un mot,
09:05s'il y avait une dissolution,
09:06il faudrait ensuite passer par les ordonnances.
09:09Alors c'est un petit peu technique,
09:10mais les ordonnances,
09:10c'est que vous preniez le premier budget
09:11et vous contournez totalement le Parlement,
09:13ce qui ne serait pas du tout apprécié.
09:15Il faut qu'il y ait 70 jours de délai
09:17et que l'Assemblée et le Sénat
09:18n'adoptent pas ce budget.
09:20Et autre chose,
09:22on a la chance d'avoir une élection présidentielle
09:24qui n'est pas très tard dans le calendrier.
09:26Le premier tour est au mois d'avril,
09:27on pourrait avoir un président le 2 mai.
09:30Donc vous pouvez tout à fait voter une loi spéciale
09:31comme on a fait l'année dernière jusqu'au mois de mai
09:33et ensuite voter un projet de loi de finances rectificatif
09:36et un PLFSS de rectificatif
09:39justement au mois de mai
09:40pour, encore une fois,
09:42que le pays aille beaucoup mieux.
09:43Donc c'est une mauvaise idée,
09:44mais à tous les points de vue.
09:45Non mais si, le fait,
09:45c'est le feu d'artifice final.
09:47Franchement, honnêtement,
09:48ça serait catastrophique.
09:50Catastrophique.
09:51Jean-Michel Salvatore,
09:52Jules Torres sur Europe 1 dans le débat.
09:53Elle joue avec nos vies,
09:55la mise en garde sur l'intelligence,
09:57sur une intelligence artificielle
09:58hors de contrôle
09:58par un chercheur d'anthropique,
10:00Jacob Coxon.
10:01Il y travaillait,
10:01il connaît bien son sujet.
10:03On en parle avec vous sur Europe 1
10:05juste avant le flash de 14h.
10:0613h, 14h,
10:07vous écoutez Clélie Mathias.
10:08Ne bougez pas Europe 1.
10:09Info revient dans un instant.
10:10Il est 13h43 sur Europe 1.
10:12A tout de suite.
10:1213h, 14h.
10:15Europe 1 Info.

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