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  • il y a 7 semaines
Le marché de l'immobilier bas carbone semble franchir un cap : malgré la crise, les projets engagés et labellisés progressent, signe d’une transformation de la filière. Matériaux, réemploi, rénovation et financement : les pratiques évoluent pour répondre à la fois à l’urgence climatique et aux contraintes économiques. Une émission enregistrée au SIBCA, le salon de l'immobilier bas carbone. Une émission enregistrée au SIBCA, le salon de l'immobilier bas carbone.

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Transcription
00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est Stanislas Bautier, le président de l'association BBCA.
00:11Bonjour Stanislas.
00:12Bonjour Thomas.
00:12Bienvenue, enfin merci de nous accueillir plutôt, puisque vous organisez ce CIPCA, ce salon de l'immobilier bas carbone.
00:19On va faire ensemble l'un poids sur l'état du marché immobilier et du marché bas carbone en France.
00:24Vous venez de lancer et d'inaugurer le salon, dans quel état d'esprit ?
00:27Formidable. Effectivement, je sors à l'instant de l'intervention d'ouverture que nous avons faite avec Féal Desriches, la
00:37directrice du salon,
00:38et trois intervenants de la ville de Paris, de la région Île-de-France et de la métropole du Grand
00:45Paris.
00:46Ce que je trouve assez symbolique, parce que d'abord ce sont des gens qui nous accompagnent depuis le début
00:50chez BBCA,
00:50qui sont très engagés sur la décarbonation et la nécessité de progresser dans la comptabilité carbone et la valorisation des
00:57bonnes pratiques,
00:58et qui ont un discours à la fois politique, ils sont aux manettes, mais très concret, précis, c'est pas
01:04du blabla, on fait.
01:05Donc je trouve que c'est une très bonne façon d'ouvrir le salon.
01:09Et puis il y a du monde, il fait beau, mais pas trop chaud.
01:13Donc les conditions sont idéales.
01:15Le salon est assez beau, et on est sur une progression, comme les années précédentes.
01:20Donc ça montre qu'on reste sur un sujet clé, et qui est considéré comme clé par tout le secteur,
01:26toute la chaîne de valeur.
01:27Oui, de plus en plus d'exposants, de plus en plus de participants. Je reviens sur ce que vous venez
01:30de nous dire.
01:31Sachant qu'on les sélectionne tous, toujours, on fait très attention à qui est là.
01:36Effectivement. Vous disiez ville de Paris, région, ils ne sont pas du même camp politique.
01:41Est-ce qu'ils suivent malgré tout une même stratégie, une même logique ?
01:45Est-ce que vous voyez ces différences politiques s'atténuer quand il s'agit de parler de projets, de grands
01:49investissements ?
01:50C'est ça qui est génial. C'est comme les membres du BBCA, on est quasiment à 170 membres maintenant,
01:58représentant un peu tous les segments de la profession.
02:01Ils ont des stratégies différentes, ils ont des idées politiques différentes.
02:06Et là, les partenaires qu'on a, les élus locaux, ils sont aussi de bords différents.
02:10Mais quand on parle décarbonation, on parle précis, c'est quantitatif, il y a des façons de mesurer,
02:17il y a des façons, il y a des bonnes pratiques, les bonnes pratiques sont partagées par tout le monde.
02:21Ça, ce n'est pas de l'idéologie. Et je dois dire que les différents partis de gouvernement sont tous
02:27engagés là-dessus.
02:28Alors après, ça dépend des personnalités. Mais je dois dire qu'on a la chance d'avoir dans ces trois
02:34institutions,
02:35la métropole, la ville et la région, des personnalités engagées qui savent qu'il faut y aller, il faut accélérer.
02:41Et que c'est aussi des opportunités de faire mieux, d'être plus compétitif et de répondre aux attentes de
02:48la société.
02:49Donc effectivement, on voit s'effacer. En tout cas, dans le concret, dans la réalisation, il n'y a plus
02:57d'idéologie.
02:58Alors c'est vrai que le secteur de l'immobilier, l'économie française est plutôt au ralenti.
03:01Ça, c'est déjà un constat de la rentrée. On avait les chiffres de l'INSEE.
03:04Le secteur du bâtiment, l'immobilier souffre depuis un certain nombre d'années.
03:08Est-ce que ça freine la décarbonation ou pas ?
03:13Je dirais oui, dans un sens, parce qu'on a moins de projets neufs, par exemple.
03:19Or, le neuf, c'est toujours très intéressant parce qu'on a les mains libres pour faire quelque chose de
03:23très performant.
03:25Les bâtiments neufs, c'est un peu des têtes de gondole pour la décarbonation qui montrent comment on peut faire,
03:29quel niveau de performance on peut atteindre et c'est possible.
03:32Alors évidemment, le fait que le marché est en crise depuis plusieurs années, ça freine.
03:38En même temps, ça n'a pas freiné le salon puisqu'on a commencé il y a cinq ans.
03:43On occupait la moitié du grand palais éphémère avec nos amis, le salon du livre ancien.
03:50Et là, maintenant, on occupe le grand palais.
03:52Ça veut dire que ce n'est plus un marché de niche, le bas carbone dans l'immobilier ?
03:55Non, les gens savent que c'est fondamental, il faut faire.
03:59Et pour des raisons qui sont à la fois réglementaires, politiques, sociétales, économiques.
04:07Et c'est ce que j'allais dire également, la crise provoque une fuite entre guillemets vers la qualité.
04:14Et la qualité, c'est les actifs décarbonés.
04:16Donc d'une certaine manière, ça aide aussi, à contrario, parce que vous voyez une véritable demande
04:24de la part des investisseurs, des financeurs, des utilisateurs d'actifs décarbonés.
04:28Est-ce que Stanislas Pottier, on peut le comptabiliser ?
04:31Il y a le label BBCA qui peut peut-être permettre justement de comptabiliser cette progression.
04:35Alors, c'est une vision évidemment un peu limitée.
04:38Mais demain, en fin de matinée, on révélera le nouveau palmarès des maîtres d'ouvrage,
04:44les plus engagés, les plus performants chez BBCA.
04:48On aura aussi des awards LCBI, notre déclinaison européenne.
04:52On en parlera d'ailleurs dans une émission.
04:55Et on révélera aussi les grands prix BBCA demain.
04:59Vous verrez des opérations récompensées qui sont exceptionnelles et très différentes les unes des autres.
05:03Et on révélera des chiffres aussi, des chiffres de marché.
05:07Je peux déjà vous dire, je fais un peu de teasing.
05:10Allez, en avant-première.
05:12On est maintenant au-delà de 7 millions de mètres carrés labellisés et près de 1000 opérations.
05:19On en était l'année dernière à 6 millions de mètres carrés et 800 opérations.
05:23Donc, vous voyez que la progression continue d'être très importante.
05:28Et ça, c'est un signe.
05:30Après, à l'intérieur, vous avez des tendances, la rénovation, le quartier, l'exploitation sont des labels qui montent.
05:40Mais globalement, si on met tout ensemble, ça reste dynamique.
05:45Et je trouve que ça, c'est un signe, même si c'est le signe vu depuis BBCA.
05:48C'est quand même relativement significatif.
05:51On a 10 ans d'existence.
05:52On agit sur l'ensemble du territoire et maintenant en Europe.
05:55Donc, il se passe quelque chose.
05:57Oui, justement, qu'est-ce qui se passe au niveau européen ?
05:59La France a été en quelque sorte pionnière pour créer ce label et qui est en train de s'européaniser,
06:06c'est ça ?
06:07On est complètement pionniers là-dedans.
06:09On a été les premiers à faire ça.
06:11Les premiers à lancer une initiative européenne LCBI qui est en fait...
06:16On a utilisé notre expertise gagnée avec BBCA en essayant de monter une comptabilité et une mesure de performance.
06:27Européenne compatible avec l'ensemble des réglementations nationales pour qu'un acteur européen puisse benchmarker tout un tas d'actifs
06:35avec un seul instrument et que ça marche.
06:38Et qu'ils ne sont pas obligés de décliner ça dans chacun des marchés.
06:41Et ce faisant, ça nous a aussi identifié auprès des autorités européennes et la Commission notamment.
06:46Donc maintenant, on est consulté sur l'évolution de la réglementation européenne.
06:49Ce que je peux vous dire, c'est qu'on ouvre de nouveaux marchés.
06:53Le Portugal va bientôt aussi être ouvert.
06:54Ce sera le dixième marché couvert par LCBI en Europe.
06:59Et on voit aussi que la façon dont on est regardé à Bruxelles et dans les autres pays européens est
07:09une façon très positive.
07:10C'est-à-dire que la France est considérée comme étant très en avance à la fois par ses réglementations.
07:14La RE 2020 est considérée comme une excellente réglementation, je le pense également, et aussi par nos méthodes de labellisation.
07:21Mais est-ce que ça veut dire, c'est-à-dire que sans réglementation, le marché n'évoluerait pas ?
07:25Est-ce qu'il faut cet aiguillon ou cette obligation ?
07:29Bon, BBCA, le CIPCA, c'est la démonstration qu'on peut faire des choses en partenariat, coopération entre le secteur
07:38privé qui avance tout seul
07:39et les élus des institutions publiques.
07:43Donc, on peut faire des tas de choses ensemble, en partenariat, de façon efficace.
07:50Après, la réglementation, c'est quand même très bien parce que ça permet d'aligner les perspectives et les attentes
07:57sur toute la chaîne de valeur.
07:58C'est vrai que les réglementations que vous avez en matière de décarbonation qui s'imposent aux financiers, par exemple,
08:04aux investisseurs ou aux financeurs,
08:07c'est intéressant parce que du coup, ils vont vouloir décarboner leur portefeuille et ils vont rechercher des actifs décarbonés.
08:14Ils tirent dans le même sens que nous.
08:17Les utilisateurs, les directions immobilières des entreprises, les entreprises font leur reporting,
08:22elles sont obligées de montrer comment elles décarbonent, de dire qu'elles ont fait attention à utiliser des bâtiments décarbonés,
08:29les poussent à demander des actifs décarbonés à ceux qui les produisent, etc.
08:34Donc, la réglementation permet d'avoir un langage commun et surtout d'aligner les perspectives.
08:43Et c'est là que le marché devient très efficace.
08:45Donc, il y a une forme d'aller-retour entre, je dirais, le public, les politiques publiques, la réglementation et
08:49l'efficacité du marché.
08:50On va terminer. Il nous reste 30-40 secondes.
08:53Est-ce que le principal argument porté pour convaincre ceux qui sont, peut-être qui sont de moins en moins,
08:58encore un peu sceptiques,
08:59c'est la valorisation du bien à l'avenir, c'est-à-dire le voir long terme ?
09:04Oui, comme disait Mac Carnet, le drame des horizons.
09:10Bon, c'est toujours compliqué de valoriser l'avenir, l'avenir lointain.
09:14Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que d'abord, vous avez une valorisation immédiate.
09:18En général, quand on fait bas carbone, les techniques constructives, etc. font qu'on a des chantiers secs, plus courts.
09:26Donc, vous êtes plus protégé des aléas climatiques.
09:29Vous faites moins de bruit, vous avez moins d'accidentologie, vous avez moins de recours du voisinage, etc.
09:34Et donc, vous avez des chantiers qui se réalisent mieux, plus vite, ce qui vous fait gagner des mois de
09:39location.
09:41La location se passe mieux. Pourquoi ? On vient de dire parce que les utilisateurs veulent du décarboné.
09:46Ils sont prêts à payer un meilleur prix pour ces actifs-là.
09:52D'autant plus que l'actif décarboné, il fait dépenser moins de sous en froid ou en chaud, notamment.
09:57Et donc, ça, ça peut aussi... Enfin, les utilisateurs, les investisseurs, ils le comptabilisent, ils le regardent dans le business
10:03plan.
10:04Et vous pouvez, le cas échéant, le valoriser dans le loyer.
10:07Et en plus, dans vos livres, l'actif décarboné va préserver sa valeur.
10:12Je ne m'aventurerai pas en disant qu'il va en gagner plus, mais il va préserver sa valeur.
10:16Alors que l'actif carboné, vous pouvez l'oublier, il ne vaudra plus rien demain.
10:21Ce n'est pas après-demain, c'est demain.
10:22Merci beaucoup, Stanislas Pottier.
10:24Bon salon de l'immobilier par carbone.
10:27Merci de nous accueillir ici au Grand Palais.
10:31On parle maintenant des sites industriels.
10:33Comment concilier sobriété et compétitivité ?
10:36Merci.

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