Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 mois
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1
00:02Pascal Pro et vous
00:03Et 17h17, c'est vraiment passionnant d'écouter
00:06les auditeurs. Patrick Bruel
00:08renonce à sa tournée, on en parle
00:09depuis quasiment une heure, un quart,
00:11on a eu beaucoup d'auditeurs et d'auditrices,
00:13on a Jacques qui est avec nous, et puis
00:15dans ce studio, Mathilda,
00:18porte-parole du collectif Némésis.
00:19Jacques, qui a, alors je vais
00:22dire aussi votre âge Jacques, parce que
00:23je parle souvent de la fracture générationnelle,
00:25vous avez 68 ans, et
00:27un homme c'est son époque,
00:29disait Jean-Paul Sartre.
00:32Et je trouve que
00:33cette formule, souvent je l'utilise parce qu'elle
00:36dit tellement de choses. Un homme
00:38c'est son époque, c'est-à-dire que
00:39vous raisonnez comme un homme de 68 ans
00:41avec la vie qui a été la vôtre, avec
00:43l'éducation qui a été la vôtre, et
00:45aujourd'hui, les gens de 68 ans
00:48ne pensent pas comme les gens de 20 ans, Jacques,
00:50sur ces sujets-là notamment.
00:52Je suis d'accord avec vous Pascal,
00:53mais je vais vous dire une chose, je respecte
00:55la parole des femmes, et je respecte
00:58les femmes, et je suis
01:00le premier à me tuer si je vois
01:02une femme qui commence à se faire
01:03violer. Ce que je déteste
01:05aujourd'hui, c'est la vindicte
01:07populaire. C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
01:09on a une personne qui est poursuivie
01:11pour une plainte, pour lequel il y a
01:13trois juges d'instruction, et qui n'est
01:15pas jugé aujourd'hui. On a eu
01:17le phénomène avec Harry Habitant,
01:19avec Sébastien Coé, avec
01:21différentes personnes, qu'on a mis
01:23à la poubelle avant même qu'ils soient jugés.
01:26Et ça, je trouve ça complètement inadmissible.
01:29On a des délais de justice.
01:30La carrière de Patrick Bruel est foutue
01:32aujourd'hui, elle est morte.
01:33Même si dans cinq ans, parce que la
01:36procédure va prendre au moins cinq ans,
01:38et dans cinq ans, Patrick Bruel
01:39n'existera plus, et il ne pourra plus rien faire.
01:42Il y a eu des vedettes de la chanson
01:44française, vous parlez d'une époque
01:46dont j'ai 68 ans,
01:48mais néanmoins, j'ai toujours
01:50navigué dans le show business, puisque je vous dis
01:51que ma famille a inventé le métier d'impresario, et que Jacques
01:53Bruel disait que la nuit, quand il n'arrivait pas à dormir, il comptait
01:56des membres de ma famille.
01:58Comment vous vous appelez ? Vous êtes
02:00Marouani ? Vous vous appelez Marouani ?
02:02Par exemple, oui.
02:03Oui, parce qu'effectivement, la famille la plus célèbre de France
02:06en matière d'impresario, c'était
02:07Marouani, et c'était Charles et Marouani qui était...
02:10Qui était mon cousin, oui.
02:12D'accord.
02:13Je précise que c'est vous qui nous avez appelés
02:16au standard, c'est vous.
02:18Oui, tout à fait.
02:19Je ne vous connais pas, je le dis pour les auditeurs
02:21qui n'y a pas d'ambiguïté.
02:24Pascal, on se découvre, et c'est pour avoir
02:27navigué...
02:29On va rester couverts quand même, mais bon...
02:31Oui, mais enfin...
02:32Pour rester couverts, il faut laisser ça
02:34à M. De Chavanne.
02:37Donc on se découvre...
02:38Non, mais oui, mais une autre époque, bien sûr
02:40que tout ça était une autre époque, mais convenez
02:42que ce n'est pas parce que c'était une autre époque
02:43que c'était mieux, quoi.
02:45Non, mais je ne dis pas que c'est mieux,
02:46non, mais quoi qu'il en soit, ce n'est pas ce que je dis.
02:48Je dis aujourd'hui qu'on jette à la vindicte populaire
02:51un artiste, alors que la justice n'a pas fait son travail.
02:56Et là où j'ai aussi un léger doute aussi sur cette affaire,
03:01parce que cette affaire a été initiée par un média
03:04qui s'appelle Mediapart, que j'exècre,
03:07et pour lequel j'ai toutes les réserves possibles et imaginables.
03:12Non, mais tout ça, ce que vous dites est vrai.
03:14C'est-à-dire que s'il n'y a pas Mediapart
03:16qui fait cette enquête et qui va chercher
03:18à rassembler tous les témoignages
03:21contre Patrick Buel,
03:23cette affaire ne sort pas.
03:24Tout ça est vrai, et croyez-moi,
03:25je connais les partis pris de Mediapart,
03:28et effectivement, comme vous,
03:31ils peuvent m'insupporter.
03:33Mais il n'empêche qu'il y a ces témoignages,
03:35et que 33 témoignages créent un soupçon
03:38que je peux qualifier de légitime.
03:41– Mais moi aussi, je le qualifie légitime.
03:44– C'est ce que je dis, mais…
03:46– Non, mais je ne suis pas d'accord avec vous, Pascal.
03:49– Mais il y a quatre juges d'instruction
03:51qui sont en train d'instruire cette affaire aujourd'hui,
03:54et il y a a priori qu'il y a huit plaintes de retenues
03:58sur les 30 aujourd'hui,
03:59et laissons la justice faire son travail,
04:02mais n'assassinons pas une personne…
04:03– Mais de toute façon, c'est lui qui a décidé,
04:05c'est Patrick Bruel,
04:06c'est lui qui a décidé d'arrêter,
04:08c'est ce qu'a dit très justement Mathilda tout à l'heure.
04:10Alors bien sûr, il y avait une pression,
04:12bien sûr, il y a peut-être également des choses
04:14que nous ignorons.
04:17Il est possible que Patrick Bruel soit au courant,
04:21qu'il sera entendu très prochainement,
04:23que ça venait percuter sa tournée,
04:26et qu'il peut de nouveau être mis en examen,
04:29et peut-être davantage.
04:30– Il est possible que ses avocats lui aient dit cela.
04:34– Oui, mais ça on ne le maîtrise pas n'importe comment.
04:37– Oui, donc, enfin,
04:40il a été entendu une première fois,
04:42je pense qu'il sera entendu une seconde fois.
04:45– Il va être entendu plusieurs fois,
04:47puisque je vous dis, je crois qu'il y a trois ou quatre instructions.
04:50– Oui, mais il a été mis en garde à vue une première fois,
04:54garde à vue qui a duré assez longtemps,
04:57et il est possible qu'une nouvelle garde à vue arrive,
05:00et à ce moment-là, si une nouvelle garde à vue arrive
05:02avec de nouvelles plaintes sur des faits aussi graves,
05:08forcément, ce qui se jouera pour Patrick Bruel,
05:11c'est l'incarcération.
05:13Bien sûr que la question, en tout cas, sera posée.
05:16D'ailleurs, je crois que le parquet avait demandé
05:19l'incarcération, il me semble,
05:20à la fin de la garde à vue, me semble-t-il.
05:22Mais ça, il faut peut-être le vérifier, Patrick.
05:25– Quoi qu'il en soit, Pascal, je vais vous rassurer, Pascal et Mathilda,
05:30si Patrick Bruel est coupable de faits répréhensibles,
05:34il n'aura que ce qu'il mérite, vedette ou pas vedette, c'est tout.
05:39Moi, ce qui me dérange, c'est la vindicte populaire
05:43qui le condamne avant même la justice.
05:46– C'est hélas la rançon de la gloire,
05:48c'est-à-dire que quand tu es connu, il y a des avantages,
05:51et quand tout va bien, c'est parfait,
05:53mais quand, effectivement, tout va mal,
05:55la rançon de la gloire se met en place.
05:57On va terminer, peut-être ?
05:58– J'ai un petit peu de mal avec l'argument de dire
05:59que la carrière de Patrick Bruel sera détruite,
06:01quoi qu'il arrive, dans cinq ans.
06:02Enfin, là, c'est ce que j'ai cru entendre.
06:04Enfin, je crois qu'on a quand même pas mal de contre-exemples
06:06d'hommes qui ont été accusés,
06:07même d'hommes qui ont été condamnés
06:09et à qui la carrière n'a pas été détruite.
06:11Je pense, par exemple, à Bertrand Cantat,
06:12qui a continué de se produire,
06:13a continué de faire des concerts,
06:14a continué de produire des albums
06:15après son incarcération pour l'assassinat de Marie Trintignant.
06:19Donc, j'ai un petit peu de mal avec cet argument-là.
06:21On ne sait pas ce qu'il va advenir de la carrière de Patrick Bruel.
06:23On ne sait pas s'il va être condamné ou pas.
06:25– Non, ce qui me choque, moi, je vais vous dire aujourd'hui,
06:28c'est l'affaire Harry Habitant.
06:29– Oui, l'affaire Harry Habitant, bien sûr,
06:30mais il y a des exemples qui vendent dans ce sujet-là.
06:32– Il a été blanchi, en l'occurrence.
06:33– Que je l'aime beaucoup, qu'il a du talent
06:36et qu'il a bénéficié d'un non-lieu.
06:39Il n'y a rien.
06:41Et malgré cela, lorsqu'il est sur scène,
06:45et qu'il l'empêche de travailler, je suis très choqué de ça.
06:48– Je ne pense pas que ce soit comparable à Patrick Bruel,
06:50qui pour l'instant n'a pas été blanchi.
06:51– Je suis d'accord avec vous, mais j'aimerais que les féministes,
06:54les collectifs féministes, par exemple, pourquoi pas Démisis,
06:57prennent la défense lorsqu'un homme,
07:00comme cela, qui a été accusé à tort, manifestement,
07:04est toujours victime d'une forme de harcèlement,
07:08ce qui s'est passé avec Harry Habitant,
07:10lorsque j'étais en plus présent, moi, dans son concert,
07:14dans son gala, lorsque des jeunes femmes sont entrées,
07:19précisément, et il y avait eu également ce qu'avait dit
07:21Brigitte Macron ce jour-là,
07:23qui avait remis, effectivement, une pièce dans la machine.
07:26Et je trouve ça dommage pour Harry, parce qu'il en souffre.
07:28Je le connais, je peux vous dire que sa carrière est à l'arrêt,
07:31et c'est extrêmement pénible pour lui.
07:35Parce qu'il ne mérite pas ça, en fait.
07:36– Tout à fait.
07:36– C'est injuste.
07:37– Je suis d'accord avec vous là-dessus, c'est injuste.
07:39En revanche, ça ne justifie pas le fait qu'on doit dire
07:43que la carrière de Patrick Bréel va être détruite.
07:45– Merci en tout cas Mathilda, vous êtes en parole du collectif Némi.

Recommandations