00:00Patrick Bruel renonce donc à sa tournée, le chanteur est accusé de violence sexuelle
00:03par des dizaines de femmes et il est mis en examen pour viol.
00:07Nous sommes avec Mathilda qui représente le collectif Némésis
00:10et on est avec Jacques. Bonjour Jacques !
00:12Bonjour Pascal Pro et bonjour à toute votre équipe.
00:15Merci Jacques. Il y a beaucoup d'appels, me dit-on d'ailleurs.
00:18Vous confirmez Olivier Guénec ?
00:19Énormément d'appels et de messages, oui.
00:21Mais de messages, oui, mais alors on les donne les messages ?
00:23Avec grand plaisir. Parlez à Jacques et je les prépare.
00:25On les aura à 20h demain.
00:28Jacques qui habite la Normandie, Jacques, que voulez-vous nous dire sur ce sujet ?
00:33Pour me situer un petit peu déjà Pascal, ma famille a inventé le métier d'impressario en France
00:38à partir des années 1925.
00:41Donc je connais très bien ce métier.
00:42Ce que je veux dire, c'est que dans le spectacle vivant, dans les galas de vedettes,
00:47les gens ne s'imaginent pas par exemple ce qu'était la bruelle mania.
00:51Et dans ce genre de phénomène, en tournée, il y a une multitude de femmes
00:55qui sont prêtes à faire n'importe quoi pour être vulgaire, se taper l'artiste.
00:59Si ce n'est pas l'artiste, c'est le musicien.
01:02Si ce n'est pas le musicien, c'est le machiniste.
01:04Si ce n'est pas le machiniste, c'est l'agent.
01:07Si ce n'est pas l'agent, c'est le producteur.
01:08Ce n'est pas ce qu'on dit, moi ça m'ennuie un petit peu, parce qu'on n'a
01:11que des...
01:11Ce qui m'ennuie, c'est que tous les auditeurs...
01:13On n'a que des auditeurs ici qui viennent défendre Patrick Bruel.
01:16Je pense qu'il arrive au standard, Pascal, j'y peux rien.
01:18Et ça agace notamment Géraldine.
01:20C'est de la faute des femmes.
01:22Voilà, Géraldine.
01:23C'est de leur faute si elles ont été...
01:24Répondez Géraldine à Jacques.
01:25Voilà, répondez-lui.
01:25Donc ça veut dire que c'est la faute des femmes si elles ont été agressées par Patrick Bruel.
01:28Voilà, ça suffit Jacques en fait.
01:29Attendez, attendez, attendez.
01:30Non mais ça suffit Jacques.
01:31Non mais moi je comprends ça Jacques, excusez-moi.
01:33Voilà, c'est ce qu'on comprend et Géraldine en a marre.
01:35Un peu de respect pour ces 30 personnes qui ont porté plainte.
01:38Voilà.
01:38Attendez, il y a 30 personnes qui ont porté plainte.
01:40C'est beaucoup.
01:41Il y a 8 plaintes en instruction uniquement aujourd'hui.
01:44Et il faut attendre, il y a la présomption d'innocence, la décision de la justice.
01:48Oui mais vous commencez par dire...
01:50En fait, ce qui est désagréable, je vais vous dire ce qui est désagréable Jacques.
01:53C'est de commencer par dire que ces femmes sont prêtes à faire n'importe quoi.
01:58C'est ce que vous avez dit.
01:59J'ai écouté un témoignage, j'attendais Pascal Praud, j'ai écouté le témoignage d'une kinésithérapeute qui a porté
02:04plainte.
02:05Et Don Bruel lui a demandé un massage.
02:08Elle m'a dit comment voulez-vous que je refuse, on ne masse pas tous les jours Patrick Bruel.
02:12Après elle dit, il m'a caressé le genou, je lui ai enlevé la main, il m'a caressé le
02:16sein, je lui ai enlevé la main.
02:17Et aujourd'hui, 30 ans après, elle porte plainte.
02:21Comme quelqu'un qui va dans une chambre d'hôtel d'un artiste, une femme, à quoi peut-elle s
02:26'attendre en allant dans la chambre d'hôtel d'un artiste ?
02:28Mon épouse a été reçue un jour par Serge Gainsbourg à son domicile.
02:34Serge Gainsbourg lui a fait des avances.
02:36Ma femme lui a dit non, non, je ne suis pas là pour ça, pour les avances, sinon je m
02:39'en vais.
02:40Il lui a dit, ah ben toi tu n'es pas idiote petite.
02:43Luis Mariano avait des femmes qui venaient à son spectacle en manteau de fourrure, nu sur le manteau de fourrure.
02:50Les gens ne s'imaginent pas.
02:52Oui, mais je ne vois pas ce que ça vient faire dans notre conversation.
02:55Luis Mariano, en plus, ne devait pas...
02:57Non, non, non, peu importe.
02:58Mais non, mais je ne vois pas ce que ça vient faire dans notre conversation.
03:02Évidemment aussi que cette époque-là était différente.
03:05Bien sûr, Fabien Lacoeuvre a expliqué ça très bien d'ailleurs.
03:07que le comportement des femmes dans les salles de spectacle a changé, Mathilda.
03:13Mais je ne vois pas ce que ça vient faire dans notre conversation.
03:15Ce qui est vrai, et c'est en parallèle de nos conversations,
03:19ce qui est vrai c'est...
03:20Alors, l'exemple le plus célèbre français c'est Tino Rossi.
03:24Les femmes venaient...
03:25Tino Rossi, Claude François...
03:27Les femmes venaient devant leurs portes, vraiment.
03:31Bon, c'était une autre époque, sans doute.
03:34Et les femmes n'agissent plus comme ça aujourd'hui.
03:35C'est-à-dire que Julien Doré, par exemple,
03:38c'est Fabien Lecoeuvre qui citait cet exemple,
03:40il a un public féminin,
03:41mais les femmes ne sont pas dans son public
03:44comme les fans de Claude François l'étaient il y a 50 ans.
03:47En fait, cet argument de dire
03:49un homme ne serait pas un violeur parce qu'il a toutes les femmes à ses pieds,
03:52en fait cet argument n'a pas de sens, ne tient pas debout.
03:55Tout simplement parce qu'un violeur,
03:57je ne dis pas que Patrick Bourrel est un violeur,
03:59mais si jamais il est effectivement coupable de ce dont on l'accuse.
04:05En fait, ça n'a aucun rapport avec le fait qu'il avait du succès avec les femmes,
04:08parce qu'un homme qui a du succès avec les femmes,
04:11si vous voulez, ça n'a rien à voir avec un homme
04:13qui va abuser de son pouvoir pour abuser des femmes sexuellement.
04:16Et en fait, c'est un système de domination.
04:19Si jamais un violeur a du succès avec les femmes,
04:22ça ne l'empêchera pas, si vous voulez,
04:24d'aller chercher une femme qui n'en a pas envie
04:26et qu'il va forcer à avoir des rapports sexuels.
04:28Tout simplement parce que c'est un système de domination,
04:31c'est une emprise.
04:33Il faut comprendre le viol,
04:34pas comme un homme qui a un manque de rapports sexuels
04:37ou de succès avec les femmes.
04:38Ça n'a aucun rapport.
04:40Il y a des violeurs condamnés,
04:43multirécidivistes.
04:43Je veux dire, ce ne sont pas d'affreux personnages
04:45qui étaient dans une misère sexuelle.
04:47Je pense qu'il faut aussi arrêter avec cette image du violeur
04:50qui ne peut pas être un violeur
04:52si jamais il est connu, si jamais il a du succès.
04:54C'est une fable.
04:55C'est une fable.