00:00La rubrique éco avec la chambre de commerce et d'industrie de Moselle.
00:11Bonsoir dans la rubrique éco, je reçois André Bousser. Bonsoir André Bousser.
00:15Bonsoir Jérôme.
00:16Vous êtes le président de l'union des entreprises de la Moselle, UE57.
00:20Si je dis le MEDEF local, vous êtes d'accord ?
00:22Tout à fait.
00:23Alors vous étiez à Roland-Garros, c'est d'ailleurs pour ça que vous êtes avec nous,
00:27non pas pour nous parler de Roland-Garros, mais vous étiez à Roland-Garros à la REF,
00:30donc la rencontre des entrepreneurs de France qui est organisée par le MEDEF
00:34avec 45 chefs d'entreprise mosellans.
00:36Quel est l'état d'esprit des chefs d'entreprise une fois de retour dans leurs entreprises en Moselle ?
00:43De retour, ils ont toujours des craintes, ils sont toujours dans un esprit assez pessimiste pour l'avenir,
00:50mais on est regonflé quand même avec tout ce qu'on a entendu.
00:54Et comme je disais récemment, si seulement certains politiques appliquaient 10% de ce qu'ils ont dit,
01:02on aurait un autre état d'esprit.
01:04Parce que cette REF, cette rencontre des entrepreneurs de France, prend de l'ampleur.
01:09Vous étiez très nombreux, alors 45 Moselle, vous étiez très nombreux sur les deux jours de cet événement.
01:14Là, moi je vais à la REF depuis six ans maintenant, et je vois tous les ans il y en
01:19a plus.
01:20Et cette année particulièrement, on est dans une année électorale, nous étions sur les deux jours, près de 20 000
01:26personnes sur le site.
01:28Et donc vous étiez sur le central de Roland-Garros, sur le cours Philippe Châtrier.
01:33Alors le mot de choisi pour cette REF, c'était le courage.
01:38Il y a besoin de courage pour être chef d'entreprise aujourd'hui en France ?
01:41Je pense qu'il faut toujours du courage. Quand je me suis installé, il fallait convaincre toute ma famille.
01:49Donc il faut être courageux pour investir, il faut être courageux pour produire, il faut être courageux pour recruter aujourd
01:55'hui.
01:56Et il faut aussi, et c'était là aussi le but du jeu, être courageux pour réformer.
02:02Et c'est ça que nous demandons, et que nous avons demandé aux politiques qui sont venues.
02:06— Le président national, visiblement, aime ce genre d'événement, Patrick Martin.
02:12Il a tenu un discours extrêmement combatif en demandant, je cite, de faire voler en éclat le carcan.
02:19— Le souci, c'est qu'aujourd'hui, si on ne fait rien, la France est déjà dernière au niveau
02:28de l'Europe.
02:28Si on ne fait rien, je ne sais pas comment on va finir.
02:31Donc il faut vraiment remettre ce pays totalement sur les rails.
02:36Et pour ça, il faut faire des réformes structurelles et avoir le courage de le faire.
02:42— Alors vous avez réussi, quand je dis vous, c'est le MEDEF de manière générale, vous avez réussi un
02:47beau coup médiatique,
02:48puisqu'elle était très politique, cette rencontre des entrepreneurs de France, puisqu'on est à quelques mois, ça n'a
02:54échappé à personne, de la présidentielle.
02:55Vous avez reçu les 7... Enfin vous avez reçu 7 candidats.
02:59Je n'allais pas dire les 7, puisqu'il y en a toujours qui peuvent se lancer.
03:02Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et Gabriel Attal.
03:09Tout cela après avoir reçu la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
03:13C'était très politique, cette année.
03:15— Oui. Et bon, comme je disais à vos confrères ce matin, le discours d'Ursula von der Leyen était
03:24très motivant.
03:25Et si on arrivait à faire ce qu'elle demande, ce qu'elle propose au niveau de l'Europe, on
03:32voit qu'il y a un réel changement,
03:33puisque le nucléaire n'est plus tabou. Le fait de décider non pas à 27, mais à la majorité, n
03:41'est plus tabou.
03:42Et donc on commence à se rendre compte que ce que M. Draghi a dit dans son rapport, c'est
03:48le chemin à suivre,
03:50si demain on veut redresser l'Europe et apparaître face aux grandes puissances que sont la Chine et les États
03:58-Unis.
03:59— Si on concentre sur l'hexagone, sur la France, avec donc 7 candidats à la présidentielle,
04:05est-ce qu'un ou plusieurs ont convaincu les chefs d'entreprise qui étaient présents ?
04:10— Je dirais qu'il y a des idées bonnes à prendre chez quasiment tout le monde.
04:14— Il faudrait un clone, alors.
04:16— Il faudrait un clone, oui. Mais ceux qui n'ont vraiment pas convaincu, c'est M. Mélenchon,
04:22parce qu'il voudrait continuer... Il voudrait supprimer la politique de l'offre. Il voudrait brûler la dette.
04:29C'est terme à lui. Et réduire... Continuer à imposer, à mettre des impôts, parce qu'il considère
04:38que les entreprises ont touché 211 milliards d'aides toutes ces années. Donc ils en ont sous le capot,
04:46ce qui est complètement faux.
04:47— On parle aussi de nuisibles à propos des milliardaires français dans cette famille politique. Est-ce que ça a
04:54été le sujet ? Est-ce que ça a été abordé ?
04:56— M. Attal a demandé à M. Mélenchon de s'excuser face au chef d'entreprise pour les prises de
05:04parole de... Je sais plus
05:06comment elle s'appelle. C'est qui s'est fait piquer par la vipère, là. — Oui.
05:12— C'est elle qui avait dit ça. Mais j'entendais encore hier soir M. Breton qui disait sur les
05:18dernières années
05:20quand ils ont mis en place l'ISF, il y a quand même 19 000 personnes qui sont parties à
05:25l'étranger.
05:26Et quand je dis parties à l'étranger, ils partent avec leur société. Parce qu'aujourd'hui, rien de plus
05:31facile
05:31que de traverser la frontière et d'installer votre société au Luxembourg ou ailleurs. Et donc vous partez aussi
05:38avec votre fiscalité, quoi. — Alors ça, c'est pour la France. Donc finalement, peu vous ont convaincus.
05:43Il faut prendre un morceau de chaque programme à l'exception d'Aoude. — Parce qu'un seul qui sortait
05:47un peu du lot,
05:48c'est Édouard Philippe qui a l'air d'avoir une stature un peu plus d'homme politique. Mais le
05:55problème, c'est qu'il...
05:57C'est un ancien Premier ministre de M. Macron. Et je suis pas sûr que dans la population, il puisse...
06:03qu'il s'en sorte.
06:03Mais c'est a priori, d'après les derniers sondages, le seul qui pourrait challenger Mme Le Pen.
06:09— Qu'est-ce qu'il faudrait faire si vous étiez, vous, aux commandes ? Quelles sont les 2-3
06:14mesures que vous prendriez
06:15pour l'économie de ce pays ? — Personnellement, je pense qu'il faudrait travailler plus.
06:21Parce qu'aujourd'hui, bon, je crois que Bruno Rotaillot a proposé non pas de revenir aux 35 heures,
06:27mais de revenir aux... de rajouter 2 heures et demie. Donc c'était 37 et demie de rajouter une demi
06:33-heure par jour,
06:34déjà pour commencer. Donc ça pourrait être une solution. Mais bon, c'est pas la seule.
06:39On a... En tant que chef d'entreprise... Et d'ailleurs, il y a eu un sondage auprès de 66
06:44000 entreprises,
06:45dont une grosse majorité... Ça aussi, c'est une différence aujourd'hui par rapport à ce qu'on a du
06:50langage
06:50qu'on a toujours entendu au MEDEF. Dans ces 66 000, Patrick Martin a dit que c'est une grosse
06:55majorité
06:56de TPE, PME qu'il faut écouter demain. Et bon, à part les 82% qui sont pessimistes,
07:03plus de 80% demandent davantage de visibilité, moins de fiscalité, de réindustrialiser la France.
07:13Et donc c'est vraiment du B.A.B. quoi. C'est pas non plus des... Je dis pas que
07:20c'est pas...
07:21C'est pas forcément insurmontable. Il faut juste avoir le courage de s'y lancer.
07:26Quelques minutes pour évoquer avec vous André Bousser, la Moselle, puisque vous êtes le président
07:30de l'Union des entreprises de la Moselle. Comment se portent les entreprises dans le département ?
07:33Moi, j'ai l'impression que les entreprises sont un peu plus résilientes que sur le plan national.
07:39On a, entre 2025 et 2026, eu 12% de dépôts de bilan de moins. Ils sont toujours très élevés,
07:47puisqu'il y a eu 170 entreprises de déposées sur le premier trimestre, 190 sur le deuxième.
07:54On commence à avoir de belles PME qui commencent à avoir des problèmes. Mais les bilans parlent le contraire.
08:02C'est qu'il y a quand même toujours des entreprises qui font du résultat.
08:07Et ce, malgré la situation économique et les difficultés de recrutement qu'on connaît tous.
08:12Alors justement, parler de difficultés de recrutement, c'est la préoccupation première des chefs d'entreprise aujourd'hui
08:17ou il y en a-t-il d'autres en Moselle ?
08:19Non, c'est également les charges sociales. On voudrait augmenter les salaires, mais on ne peut pas, parce qu'il
08:26y a trop de charges sociales.
08:28Et parce que vous donner un euro à un salarié, ça vous en coûte deux, si je résume rapidement.
08:36Mais donc le recrutement fait partie. Il y a des entreprises qui ont carrément arrêté.
08:41J'ai encore entendu hier une entreprise de couverture qui a eu un malade, un départ.
08:48Et du coup, il a arrêté complètement le chef d'entreprise parce qu'il n'a plus personne, alors qu
08:52'il avait des commandes pour trois ans.
08:53— Alors vous êtes maire de Markstadt et vous êtes à ce titre vice-président à la CASAS, la communauté
09:00d'agglomération de Saint-Avol Synergie.
09:03C'est un engagement supplémentaire encore au service du territoire et de l'économie locale ?
09:06— Oui. J'ai déjà été maire. Mais par contre, j'ai décidé de prendre des fonctions à la communauté
09:12d'agglomération
09:13parce que je pense que c'est dans la continuité de ce que je fais au MEDEF.
09:17Au MEDEF, il m'en reste un an de mandat. Je me dis que je peux encore servir.
09:21Je ne pense pas être totalement gravataire. Et donc j'ai envie de me consacrer et d'aider mon territoire
09:27comme j'ai pu le faire sur la Moselle actuellement.
09:30— Merci. André Boussard, président de l'Union des entreprises de la Moselle, était l'invité de la rubrique Éco.
09:36L'information continue sur Moselle TV.
09:44La rubrique Éco avec la Chambre de commerce et d'industrie de Moselle.