- il y a 6 semaines
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.
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00:00La politique, on va continuer à en parler tout de suite avec un nouveau rendez-vous sur BFM TV face
00:06à Raphaël Entoven.
00:07Vous pouvez entrer Raphaël et votre invité de ce samedi, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains, député européen.
00:18Bonsoir, je vous laisse vous installer. Bonsoir Raphaël Entoven, bonsoir François-Xavier Bellamy.
00:23Vous pouvez même vous mettre à côté de moi, comme ça vous êtes réellement face à face.
00:27Deux philosophes ce soir en plateau, puisque vous aussi, je le rappelle, vous êtes professeur agrégé de philosophie.
00:33La même formation, mais pas toujours les mêmes opinions et c'est pour ça que vous êtes là ce soir.
00:38Raphaël, vous vouliez dire un mot, je crois, pour commencer.
00:40Non, je voulais dire à quel point c'était un plaisir d'inaugurer cette série de débats avec François-Xavier
00:45Bellamy.
00:46Parce que l'enjeu de ces débats, tel qu'on les a imaginés, ce n'est pas de voir la
00:54victoire d'une idée ou d'une opinion.
00:56C'est de voir la victoire du débat lui-même.
00:59C'est de montrer ça, de manifester ça, de montrer qu'on n'est pas obligé de s'engueuler quand
01:03on a des opinions différentes, divergentes.
01:05Et alors évidemment, là pour le coup, j'ai un adversaire parfait, donc je m'en réjouis.
01:09Je voulais vous entendre sur la rentrée politique de Jordan Bardella.
01:13Il était à Chalons-en-Champagne aujourd'hui pour son premier déplacement de campagne.
01:17Vous avez eu des mots très durs, Raphaël Antoven, envers Jordan Bardella.
01:22C'était en mai dernier, je crois.
01:24Qu'est-ce que j'ai dit ?
01:24Un stagiaire, dites-vous, sans aucune expérience, un influenceur qui parle à ses fans et pas à des électeurs,
01:29qu'il puisse être élu président, c'est terrifiant et drôle, ce sont vos mots.
01:33Est-ce que vous êtes soulagé qu'il soit relégué en quelque sorte à la seconde place ?
01:37Non, je ne trouve pas plus rassurant qu'un marmouset de cette espèce se retrouve premier ministre d'une manière
01:44ou d'une autre.
01:45Donc je ne suis pas du tout rassuré par cette perspective.
01:48Et je maintiens que Jordan Bardella n'a pas du tout ni l'expérience, ni les compétences nécessaires pour exercer
01:54ce genre de fonction,
01:55que la politique malgré tout demeure un métier et qu'il ne suffit pas de faire l'influenceur bière sur
02:00Instagram pour gouverner un pays.
02:03Influenceur bière, vous dites ?
02:04Écoutez, ce n'est pas brillant, il faut aller sur son TikTok, ce n'est pas glorieux ce qu'on
02:10voit, ce n'est pas glorieux ce qu'il montre.
02:12L'enjeu pour Jordan Bardella a été, me semble-t-il, de se présenter comme sympathique avant de se présenter
02:18comme compétent
02:19dans une perspective de candidature plus rapide.
02:24Je ne sais pas si c'est un bon pari.
02:26En tout cas, moi, je ne l'attaque pas par principe, je ne brandis pas la morale.
02:31En revanche, je m'en prends à l'inexpérience et l'incompétence spectaculaire de ce candidat.
02:36Et une Marine Le Pen présidente, c'est moins terrifiant ?
02:40C'est tout à fait terrifiant, à mes yeux.
02:42En tout cas, c'est une perspective que je déplore.
02:48Mais Marine Le Pen présidente, c'est une autre modalité de l'incompétence.
02:51Et d'ailleurs, c'est un point intéressant, me semble-t-il, Marine Le Pen et Jordan Bardella ne sont
02:58pas d'accord.
02:58Ne sont pas d'accord sur des questions très importantes.
03:01Ils ne sont pas d'accord sur les retraites.
03:04Ils ne sont pas d'accord sur la façon dont il faut parler au patron.
03:07Et de façon générale, on sent que Jordan Bardella est d'inspiration milléiste,
03:11qu'il a été très frappé par la réussite économique de l'Argentine,
03:15qu'il a été très marqué par ce modèle-là,
03:17alors que Marine Le Pen demeure étatiste, redistributrice dans son principe.
03:23Et donc, je me demande comment cette cohabitation, si j'ose dire, pourrait fonctionner.
03:27En ce sens, Marine Le Pen est donc une meilleure adversaire pour vous,
03:31puisque les différences, notamment sur le plan économique, sont plus marquées.
03:35Ce qui compte le plus, c'est l'avenir du pays.
03:37Et je crois que ce qui compte le plus, c'est où chacun des candidats
03:39qui vont se soumettre au suffrage universel veut vraiment emmener le pays.
03:43Et de ce point de vue-là, ce sera peut-être une différence avec Raphaël Enthoven.
03:47Je ne crois pas que la condescendance fasse une bonne politique.
03:51Je pense que ce qui compte, c'est d'entendre les candidats quels qu'ils soient.
03:53Et si j'ai des raisons d'en vouloir à qui que ce soit,
03:56c'est plutôt à ceux qui ont discrédité l'idée même de la compétence
03:59en emmenant le pays dans le mur, alors qu'ils étaient supposés
04:02incarner l'expérience, le sérieux.
04:05Aujourd'hui, on voit bien la défiance qui monte envers la vie politique,
04:08qui fait que le fait même d'être compétent, de connaître les sujets,
04:13qui, je suis d'accord avec vous, fait partie du métier que la politique représente,
04:17n'a d'une certaine façon plus tant de valeur que cela pour les citoyens.
04:20Vous ne partagez pas l'analyse de Raphaël Enthoven,
04:22c'est-à-dire d'une supposée incompétence de Jordan Bardella ?
04:27– Ce que je ne pense pas pertinent, c'est de croire qu'on peut disqualifier un candidat
04:33au motif qu'il n'aurait pas…
04:35– Je ne le disqualifie pas, ce sont les Français qui votent, moi.
04:38– Oui, les Français voteront.
04:41– Et en l'état, pardonnez-moi, mais si on regarde les derniers sondages…
04:44– Il est plutôt bien parti, donc…
04:45– Ils sont partis, ils sont partis et plutôt bien partis.
04:47– Le point sur lequel je partage totalement votre sentiment,
04:50c'est l'ambiguïté absolue de la ligne qui règne au Rassemblement national,
04:53et on attend avec impatience de savoir en effet quelle sera la véritable vision
04:58que le Rassemblement national portera sur des sujets qui, je me permets de le dire,
05:01ne sont pas secondaires.
05:02– La question, elle est claire, 62 ans, l'âge de départ de retraite pour Marine Le Pen.
05:05Elle l'a redit devant les patrons du pays.
05:06– Elle semble clarifier, en tous les cas, c'est un début de clarification.
05:09La question économique n'est pas secondaire du tout,
05:12parce que parfois on entend ça, finalement, il faudrait s'attaquer à des problèmes très structurels
05:16et finalement les désaccords économiques n'auraient pas tant d'importance.
05:19Moi, je ne le crois pas du tout.
05:20Et je pense que l'économie est liée à tout, y compris d'ailleurs à la question migratoire
05:24dont le Rassemblement national a fait son cœur de cible.
05:27Parce qu'en réalité, si vous voulez mettre fin à l'immigration massive
05:31que ce pays connaît depuis des années,
05:33et je crois que c'est une nécessité absolue.
05:35Si vous voulez y mettre fin, alors il faut s'attaquer à toutes les impasses du modèle social
05:39qui est en fait devenu un modèle antisocial que la France connaît aujourd'hui.
05:42Et il faut évidemment augmenter la quantité de travail que ce pays fournit.
05:47Nous sommes le pays de l'OCDE où on travaille le moins par habitant sur une vie.
05:51Ça ne veut pas dire que les Français travaillent peu.
05:53Ça veut dire qu'il y a trop de Français qui pourraient travailler et qui ne travaillent pas.
05:56Et ça, ça se trouve au début de la vie, c'est la jeunesse, c'est le taux d'emploi
06:00des jeunes.
06:00Et ça se trouve à la fin de la vie, c'est le taux d'emploi des seniors.
06:03Et donc si vous ne touchez à aucun de ces paramètres,
06:05et en particulier si vous ne touchez pas à l'âge de départ à la retraite,
06:08en fait, le pays s'appauvrit inéluctablement
06:10et les entreprises pour pouvoir travailler font venir de l'étranger
06:13une main d'œuvre qui vient combler les lacunes du marché du travail français.
06:17Et donc, je le dis très simplement, la question économique, elle n'est pas secondaire.
06:21Elle est liée à tous les autres sujets.
06:22Elle est liée au déclin du pays.
06:24Elle est liée à la fragilité de notre démocratie.
06:26Elle est liée aussi à la question migratoire, évidemment.
06:28Peut-être. Elle n'est pas secondaire, ça c'est certain.
06:31Mais dans le cas Bardella-Le Pen, elle ajoute une dimension.
06:35Il y a une possibilité pour eux de convertir en force
06:39ce qui est une contradiction spectaculaire.
06:41On a vu que d'un côté, on avait une droite nationale pro-entreprise,
06:48plutôt libérale d'inspiration.
06:49De l'autre côté, une tradition sociale interventionniste redistributive.
06:54On pourrait se dire, ils vont se contredire.
06:56On peut aussi se dire que, de cette façon-là,
06:58ils parlent à des segments différenciés de la population.
07:02Marine Le Pen s'adresse, en somme,
07:04aux gens qui craignent de perdre leur salaire ou leur retraite,
07:08tandis que Jordan Bardella rassure,
07:11comme dirait l'autre, Nicolas qui paye,
07:13celui qui paye les chèques,
07:15celui qui cotise, etc.
07:16Et il y a dans ce binôme,
07:19qui est apparemment contradictoire,
07:21la possibilité pour eux d'une force.
07:23Et c'est la raison pour laquelle il faut insister,
07:25à mon avis, sur la contradiction.
07:27Si ce n'est que dans une élection présidentielle,
07:28il y a un moment où il faut présenter une ligne aux Français.
07:30On ne pourra pas accepter que les partis
07:33qui vont s'engager dans cette élection
07:34fassent campagne sans programme,
07:35comme l'avait fait Emmanuel Macron.
07:37Ça n'a pas tellement l'air, François-Xavier Bellamy,
07:39d'embêter, en tout cas, une large partie des Français.
07:42Quand on regarde les sondages,
07:43peut-être qu'on peut avoir le dernier sondage
07:46qu'on a sorti, sondage IFOP fiducial,
07:48Marine Le Pen, qui est très loin devant,
07:51à 33%.
07:52Quand on regarde votre candidat,
07:53le candidat de votre parti, Bruno Retailleau,
07:55très très loin derrière, 8%.
07:57Comment vous expliquez que Bruno Retailleau,
08:01son discours, que vous estimez clair en l'occurrence,
08:04n'imprime pas ?
08:06Vous savez, Juliamet, il ne vous aura pas échappé
08:08que la campagne ne fait que commencer.
08:10Et il ne vous aura pas non plus échappé...
08:12C'est mal parti quand même.
08:13Comment ?
08:13C'est mal parti.
08:14Qu'est-ce que vous auriez dit à Emmanuel Macron
08:15en septembre 2016 ?
08:17Que c'était mal parti.
08:18Vous lui auriez dit que ce n'était même pas la peine
08:20de se présenter.
08:21Non, peut-être pas.
08:22Ah si, si, si.
08:22C'était mal parti aussi.
08:23Mais peut-être qu'il n'était probablement
08:24même pas encore testé dans les sondages.
08:25Tout le monde n'est pas Macron, camarade.
08:27Tout le monde n'est pas Macron.
08:28Oui, mais je crois qu'on revient aussi un peu des Macron, vous voyez.
08:31D'accord, mais enfin, il est à 8%.
08:33Avec Bruno Retailleau, on a dénoncé pendant dix ans le « en même temps » macronien.
08:36Je pense que les Français en sont revenus et que ce n'est pas pour verser dans de nouvelles
08:40ambiguïtés qu'ils se prononceront dans quelques mois.
08:41Il a dénoncé, il y a participé au macronisme.
08:43Non, non, au contraire.
08:45Il ne vous aura pas non plus échappé que même quand il était ministre de l'Intérieur,
08:47il annonçait que le macronisme était terminé.
08:49Bruno Retailleau a été un opposant déterminé.
08:51C'était un peu un couteau dans le dos.
08:52Non, Bruno Retailleau a toujours été un opposant déterminé à Emmanuel Macron.
08:55On peut d'ailleurs tout à fait respecter les personnes et reconnaître pour autant
09:00la diversité des points de vue.
09:01Et nous avons combattu le macronisme depuis le début.
09:04Ce n'est pas pour, encore une fois, le prolonger sous la forme du bardello-lepénisme
09:09avec cette ambiguïté que vous évoquiez à l'instant.
09:10Je peux ?
09:11Allez-y, Raphaël Antoine.
09:12Non, je voulais dire une chose sur ces mauvais scores de Bruno Retailleau pour l'instant.
09:19Nous avons vécu, avec l'élection de Macron en 2017, une grande mutation du paradigme,
09:25comme disent les cuistres.
09:26On est passé d'un monde séparé en droite et gauche,
09:30à un monde séparé entre d'un côté les souverainistes, de l'autre côté les libéraux.
09:34D'un côté les mondialistes, de l'autre côté les patriotes.
09:37On les appelle comme on veut, mais la partition, c'était celle-là.
09:40C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, aujourd'hui, vous avez trois groupes au Parlement, à peu près.
09:45Trois groupes de force, d'ampleur à peu près équivalentes.
09:48Il y en a deux sur trois.
09:50L'ERN et le centre, le bloc central, dont les membres adhèrent à peu près aux mêmes choses.
09:58Alors qu'à gauche, les gens adhèrent à des choses tout à fait contradictoires.
10:03Certains sont pour le nucléaire, d'autres sont contre, certains pour l'Ukraine, d'autres contre, etc.
10:07Donc vous dites quoi, ils font le candidat unique ?
10:08Non, je ne dis pas ça.
10:10Je dis qu'aujourd'hui, le débat, c'est d'un côté les libéraux, de l'autre côté les souverainistes.
10:16Et que quand on est de droite ou quand on est de gauche et quand c'est cette proposition-là
10:20qu'on fait,
10:20on se condamne, comme au PS, comme chez les Républicains, à des rôles secondaires.
10:26Inévitablement. Pourquoi ?
10:27Parce que la grande question que les gens se posent, j'en termine juste avec ça.
10:31La grande question que les gens se posent aujourd'hui, ça n'est pas suis-je de droite ou suis
10:34-je de gauche ?
10:35Suis-je pour la liberté ou pour l'égalité ? Que sais-je.
10:37La grande question que les gens se posent dans un monde mondialisé, c'est
10:40dois-je m'ouvrir au monde ou bien me replier sur mon précaré ?
10:44Et ce sont ceux qui interprètent cette alternative,
10:47qui aujourd'hui sont en tête des sondages et qui sont voués, me semble-t-il, à s'affronter en
10:52finale.
10:53Le reste me paraît condamné au rôle secondaire.
10:55Ils sont voués à s'affronter en finale ?
10:57Je l'espère, en tout cas.
10:59Moi, je crois que... Je suis vraiment très reconnaissant à Raphaël Entomben de poser le débat dans des termes si
11:04clairs,
11:04parce que je pense qu'on est au cœur de la définition même de la discussion politique pour l'année
11:09qui vient.
11:10Et ça tombe très bien, puisque je suis en désaccord absolu avec votre analyse.
11:14Magnifique !
11:15Moi, je crois qu'Emmanuel Macron a bénéficié et qu'il a aussi organisé la fragilisation des vieux partis traditionnels
11:22qui, par paresse intellectuelle, avaient pendant trop longtemps déserté leur propre rôle.
11:26Et donc, le clivage droite-gauche avait fini par s'effriter et n'avait plus beaucoup de sens.
11:30Mais en réalité, ce clivage n'a pas disparu.
11:32Il existe depuis le début de nos démocraties occidentales.
11:36Il est né d'ailleurs en France et il continue de s'exprimer partout en Europe, d'ailleurs.
11:40Je me permets de le dire, partout en Europe, le clivage droite-gauche s'était fragilisé
11:44et il est en train de revenir partout pendant quelques années.
11:47C'est vrai, le clivage, c'était populiste contre mondialiste ou libéraux contre souverainiste.
11:52C'était, en Italie, Matteo Renzi contre Salvini.
11:55C'était société close contre société ouverte.
11:58Oui, mais le fait est qu'en fait, ça ne répond absolument pas au clivage tel qu'il existe de
12:03nouveau aujourd'hui.
12:04Regardez en Espagne, à nos frontières, tout près de nous, c'était Podemos contre Ciudadanos.
12:08Ces deux forces ont disparu.
12:09Aujourd'hui, c'est le Parti populaire, parti de droite, allié de LR, contre les socialistes.
12:14En Italie, de la même manière, Mélanie veut incarner la droite contre la gauche qui est en train de se
12:19reconstruire.
12:20C'est la même formation du débat se réactive partout.
12:24Et je crois qu'elle va se réactiver aussi en France.
12:27Parce qu'en fait, et je me permets de le dire pour terminer,
12:29il y a dans le macronisme aussi des ambiguïtés partout.
12:33Il y a des gens qui viennent de tous les côtés.
12:35Mais en fait, c'est très frappant d'entendre aujourd'hui ceux qui sont les héritiers,
12:39du macronisme, qui désavouent pour tenter de survivre à l'échec de leur propre pouvoir,
12:44qui tentent de désavouer tout ce qu'ils ont servi.
12:47Parce que la vraie question que les Français se posent aujourd'hui, je suis d'accord avec vous,
12:50ce n'est pas est-ce qu'on est de droite ou de gauche.
12:51La vraie question qui se pose, c'est comment sortir ce pays de l'ornière dans laquelle il est aujourd
12:55'hui.
12:55Et quand j'entends Gabriel Attal, par exemple, au MEDEF,
12:58le débat du MEDEF que nous avons essayé de suivre,
13:00quand j'entends Gabriel Attal qui dit « il faut simplifier la simplification, la liberté »,
13:06mais en réalité, il dit le contraire de ce que lui et toutes ses troupes ont fait,
13:10y compris dans les derniers débats au Parlement européen,
13:12quand on vote un texte de simplification en Europe,
13:14les macronistes et les soldats de Gabriel Attal votent contre.
13:18Donc la vérité, c'est que ces gens-là viennent de la gauche,
13:20ils continuent d'appliquer des politiques de gauche,
13:22et ils sont contre la liberté, donc aussi contre le retour de la puissance de notre pays.
13:26En l'état, et je reprends ce sondage, pardonnez-moi, votre candidat est à 8%,
13:31très loin devant ce qu'on a cité.
13:34La solution c'est quoi ?
13:36Derrière, pardonnez-moi.
13:37La solution c'est quoi ?
13:39Oui, la solution c'est quoi ?
13:40On annule la campagne, on arrête tout, le sondage vaut élection, c'est terminé.
13:44Il y a une question très précise, Hervé Morin a signé une tribune dans le Figaro,
13:47tout comme David Lissnard, est-ce que vous êtes prêt à partir ?
13:49Est-ce que vous accepterez les résultats de cette primaire et vous vous rangerez derrière ce candidat ?
13:53Mais encore une fois, justement, Gabriel Attal et Édouard Philippe n'ont aucune chance de gagner cette élection,
13:57c'est pour ça qu'il n'en veut pas.
13:58La question de la primaire, il faut la poser à Édouard Philippe.
14:00Non, pardon, pardon, excusez-moi, excusez-moi.
14:01C'est lui qui semble prendre le débat.
14:02Non, vous n'avez pas le droit à la langue de bois dans cet intervalle, dans cet espace, à cette
14:06heure-ci, sur cette chaîne.
14:08Vous n'avez pas le droit à la langue de bois.
14:09On ne fait aucune langue de bois.
14:10Si, si, si, si, si, si, si, si, si, vous n'avez pas le droit à la langue de bois.
14:13Si, dans l'hypothèse où Gabriel Attal remporte la primaire que vous appelez de vos voeux, vous rangez-vous derrière
14:18lui ?
14:19Mais, encore une fois, je le redis, si la primaire a lieu, évidemment, la règle de la primaire, c'est
14:23que vous participez à une compétition
14:24et que celui qui n'a pas gagné la primaire, à minima, ne se présente pas.
14:29C'est la moindre des choses.
14:30Ça ne veut pas forcément dire que vous devenez le premier supporter de celui qui gagne.
14:33C'est le premier supporter.
14:34J'ai dit, vous mettez le bulletin, vous faites la campagne, vous allez sur le terrain.
14:37Mais, encore une fois, je le redis, Bruno Retailleau n'a jamais changé de ligne.
14:40Il a toujours dit que s'il devait y avoir une compétition sur la route de cette candidature vers l
14:45'Elysée, il s'y soumettra.
14:46Il a été désigné de manière très démocratique par les adhérents des Républicains.
14:50Nous sommes l'un des premiers partis de France en nombre d'adhérents.
14:53Dans une démocratie interne exemplaire, il s'est déjà soumis par deux fois à une compétition interne.
14:58Les résultats d'une primaire, six primaires il y a.
15:00Mais la première chose, c'est qu'il faut que la primaire ait eu demandé à Edouard Philippe pourquoi il
15:03refuse de s'y soumettre.
15:04C'est la seule solution pour éviter un duel Jean-Luc Mélenchon-Marine Le Pen ?
15:09Non, je ne crois pas.
15:13Écoutez, si on en croit les sondages, on sait ce que ça vaut, bien sûr,
15:17mais Philippe plus Attal plus Glucksmann, ça fait 32-33% à peu près.
15:24C'est-à-dire, si on rajoute Retailleau, ça fait 40%.
15:29On est dans des eaux, si vous voulez, où la répartition de l'opinion n'est pas délirante,
15:34où il existe toujours des gens au centre, des gens européens, des gens républicains, des libéraux,
15:40qui ne soient pas par ailleurs des partisans de la dérégulation à tout craint.
15:45Il existe encore un camp, qui n'est pas seulement un club, de gens à peu près raisonnables,
15:50qui sont, à mon sens, dont le discours est opposable point par point au discours du Rassemblement national.
15:57Et mon sentiment, c'est que pour des candidats comme Bruno Retailleau, c'est-à-dire, pardon, des candidats secondaires,
16:02il va falloir se déterminer, et j'attends de voir l'entretien de l'entre-deux-tours,
16:08où Bruno Retailleau est sommé de choisir entre Marine Le Pen et Édouard Philippe.
16:13Mais, imaginons, imaginons, politique-fiction, mais j'attends de voir le moment où il s'arrange pour ne pas choisir,
16:19un peu comme Mélenchon s'était arrangé pour ne pas dire voter Macron en 2017.
16:22Mais attendez, Raphaël Le Pen.
16:23Et ça, je me régale à l'avance de cette perspective.
16:26C'est peut-être le seul intérêt de cette candidature, qui n'ira pas très loin,
16:29mais qui au moins présentera un motif de langue de voix sublime dans l'entre-deux-mêmes.
16:33C'est comme votre réponse, François.
16:35Extraordinaire.
16:36Un peu d'humour, c'est pas grave.
16:37Je ne veux même pas faire appel à notre expérience commune en philosophie.
16:43Je crois qu'on a suffisamment travaillé sur la démocratie pour comprendre que, précisément,
16:47elle se joue, vous l'avez dit vous-même, dans le moment du débat.
16:50Vous ne pouvez pas commencer en célébrant le débat pour expliquer ensuite qu'il n'est finalement pas nécessaire.
16:55Non, non, au contraire.
16:56Le débat n'a pas commencé.
16:57Je l'appelle de mes voeux, je n'aime plus lui.
16:58Au contraire.
16:59Et donc, je ne veux même pas faire appel à cette...
17:02Cette hypothèse.
17:03...réflexion philosophique fondamentale, mais juste considérons l'histoire.
17:06Juste l'histoire récente.
17:08Est-ce que dans les élections passées, on a beaucoup d'exemples où la feuille de match
17:13au lendemain du premier tour ressemblait au sondage huit mois avant ?
17:17La réponse est non.
17:18Souvenez-vous de Chirac Balladur.
17:19Est-ce que je dois vous rappeler que Juppé était archi-favori ?
17:22Qu'est-ce qu'il est devenu aujourd'hui ?
17:24Ça ne prouve pas le succès de Bruno Retailleau.
17:26Mais ça ne prouve rien, je vous l'accord.
17:28Ça ne prouve rien.
17:29Ça ne prouve qu'une seule chose, Raphaël.
17:32Si les sondages mettaient Retailleau à 20%, vous seriez le premier à vous en voir.
17:35On verra ce que dira notre sondage.
17:36Notre sondage, attendez messieurs, on verra ce que dira notre sondage, notre sondage BVA.
17:41On vous le révélera à 20h sur BFM TV.
17:45On verra, et là, pardonnez-moi, on vous donnera donc, on verra si la dynamique est meilleure pour votre candidat.
17:53Je voulais vous entendre quand même, pardonnez-moi.
17:55Il va y en avoir des sondages tous les jours.
17:56Pardonnez-moi, je voulais vous entendre en cette veille de rentrée sur cette proposition d'Éric Ciotti, le maire de
18:03Nice, qui propose d'installer un drapeau français dans les cours d'école primaire de sa ville.
18:08Il souhaite aussi que les élèves assistent à une levée des couleurs avec la Marseillaise chaque semaine et ce dès
18:13la rentrée.
18:14Je vous lis ce qu'il dit précisément.
18:15Le drapeau français doit retrouver toute sa place dans toutes les écoles niçoises.
18:19Nous voulons transmettre dès le plus jeune âge l'amour de la France, de son histoire et de ses symboles.
18:24C'est une bonne idée, Raphaël Antoves ?
18:25Je ne crois pas.
18:26Je ne crois pas.
18:27C'est une idée plein de bonnes intentions.
18:29Pas de problème.
18:29Il ne suffit pas d'avoir de bonnes intentions pour avoir de bonnes idées.
18:32Je trouve que le patriotisme est une adhésion, pas une discipline corporelle.
18:36La Marseillaise mérite mieux qu'une récitation obligatoire.
18:39Et d'ailleurs, c'est même assez paradoxal.
18:41La République française se définissant en premier terme par la liberté, je trouve contradictoire d'en imposer le culte dans
18:51la mesure où c'est un culte libératoire, si vous voulez.
18:53Donc, je trouve ça à la fois contradictoire et inefficace.
18:58Il ne s'agit pas d'oublier les paroles de la Marseillaise.
19:02C'est très important que les enfants connaissent le texte de la Marseillaise, chantent la Marseillaise, etc.
19:06Mais qu'ils chantent la Marseillaise au moment où ça leur paraît opportun.
19:10Qu'ils ne chantent pas la Marseillaise parce qu'ils y sont contraints en classe.
19:13Une patrie qui exige des preuves d'amour doute des sentiments qu'on lui porte.
19:20Et donc, je trouve ça regrettable.
19:23C'est qu'une opération de com' ?
19:24Peut-être.
19:25En plus, ça doit plaire à son électorat, certainement.
19:27Mais j'essaie de parler sur le fond.
19:29Sur le fond, je ne trouve pas ça terrible.
19:31Moi, je pense que c'est une très bonne idée.
19:33Ça se pratique déjà, d'ailleurs, dans des écoles magnifiques que sont les écoles de la Fondation Espérance Banlieue ou
19:39Espérance Ruralité.
19:40Dans ces lieux, justement, la France manque de preuves d'amour et où elle doit se donner à aimer.
19:45Je crois que c'est important de faire vivre l'expérience de l'appartenance à une communauté nationale, à tous
19:50les élèves dès l'enfance.
19:53Je ne vois pas quel est le problème dans cette idée.
19:57Ce que je regrette, en revanche, ce qui m'attriste beaucoup, c'est que dans cette veille de rentrée scolaire,
20:04ce soit de cette question-là qu'on parle.
20:06Parce qu'en réalité, ce débat, il est d'une certaine façon presque anecdotique au regard de la situation de
20:11l'école.
20:11Et c'est de ça qu'on devrait parler.
20:12La vérité, c'est qu'en France, un jeune Français sur cinq à 18 ans ne sait pas lire correctement.
20:16Que nos élèves sont les derniers d'Europe en mathématiques.
20:19Les avant-derniers de l'OCDE.
20:21Qu'on a l'école la plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE.
20:24Pardon, vous ne pouvez pas pratiquer l'esquive par l'altitude.
20:26Ce n'est pas une esquive.
20:27Je viens de dire que je pensais que c'est une très bonne idée.
20:29Je regrette juste, et je le dis comme professeur, et je crois que tous les professeurs de ce pays vivent
20:34la même chose que moi,
20:35à la veille de chaque rentrée, on a des débats sur le poids des cartables,
20:38des débats sur, je ne sais pas, la dernière nouveauté du ministère de l'Éducation nationale.
20:44Maintenant, c'est sur la question de...
20:46Vous savez, j'accuse mon propre camp.
20:48Pendant des années, j'entendais la droite dire qu'il faut que les élèves se lèvent quand le professeur rentre
20:52en place.
20:53Le vrai sujet, c'est comment est-ce qu'on reconstruit l'école dans sa mission fondamentale.
20:56Oui, mais il ne faut pas esquiver la question non plus.
20:58Vous y avez répondu.
20:59Non, non, je n'esquive pas du tout.
21:00Merci.
21:00Donc tout va bien.