- il y a 6 semaines
Franck Allisio, député Rassemblement national des Bouches-du-Rhône, invité de France Inter, "met en cause" le gouvernement et le ministre de l’Action et des Comptes publics après le récent vol des données du Fisc.
Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien
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00:07Les impôts victimes d'une cyberattaque assez préoccupante, 700 000 contribuables dont les infos fiscales ont été aspirées, 400 000
00:14particuliers dont les données immobilières sont entre de mauvaises mains,
00:17des attaques informatiques qu'on n'observe pas partout, dans les PME, les grands groupes, les associations, chez les individus,
00:23le politique semble un peu dépassé par l'ampleur du phénomène,
00:26inquiétant aussi à la veille de l'élection présidentielle. Vos questions dans ce grand entretien au 01 45 24 7000
00:32au standard ou par message WhatsApp ?
00:35Bonjour Franck Alizio, député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône, qu'est-ce qui est en cause selon vous dans
00:40le fait que cette série d'attaques informatiques qu'on recense ait pu réussir ?
00:45Est-ce que vous mettez en cause le politique ?
00:47Oui, évidemment, je mets en cause le gouvernement, je mets en cause le responsable ultime dans une démocratie, dans une
00:54administration,
00:54puisque le responsable ultime c'est le ministre, donc le ministre des comptes publics. Il y a des attaques qui
01:01se sont multipliées, puisqu'on a appris du coup à cette occasion
01:05qu'il y a eu des attaques sur France Travail, qu'il y a eu déjà des attaques sur la
01:09DGFIP, qu'il y a eu des attaques sur différents services.
01:14Donc le responsable c'est David Amiel, le ministre des comptes publics ?
01:16Écoutez, c'est David Amiel et ce sont ses prédécesseurs et c'est le Premier ministre. Vous avez 5000. D
01:23'habitude on peut dire que c'est un problème de moyens, ce n'est pas un problème de moyens.
01:27Il y a 5300 agents au service informatique de Bercy. 5300 agents pour vous donner une idée. Il y a
01:36moins d'employés chez OpenAI. Il y a moins d'employés chez Google France.
01:43Il y a moins d'employés chez Snapchat qui ont autre chose à gérer en termes de confidentialité de comptes
01:50et de données.
01:50En l'occurrence, vous prenez tous les informaticiens et il n'y a que 100 personnes dédiées à la cybersécurité
01:55à Bercy.
01:565300 aux services informatiques. Vous comprenez bien, ce n'est pas leur travail qui est en cause.
02:02C'est lorsque vous avez une administration qui change, et ça c'est un problème politique et qui dépasse évidemment
02:08le sujet dont on parle.
02:09Quand vous avez une administration qui change de patron tous les 6 mois, parce qu'aujourd'hui le ministre des
02:14comptes publics, depuis la dissolution, il y en a eu 4 en 2 ans.
02:17C'est-à-dire qu'il change tous les 6 mois.
02:19Donc là c'est la faute à l'instabilité finalement ?
02:20L'administration, oui, parce que lorsqu'il n'y a plus de patron, l'administration fait parfois ce qu'elle
02:26peut et d'autres fois ce qu'elle veut.
02:28Et donc vous n'avez plus de responsable et donc vous n'avez plus de quelqu'un pour venir vérifier
02:32ça.
02:32Et donc il y a eu une part d'Omerta, on l'a appris très tard.
02:36Normalement, une administration, une entreprise privée doit le signaler sous les 72 heures.
02:41Là on l'a appris plusieurs semaines après.
02:43Plusieurs semaines après le début de la faille, mais quelques jours après la découverte de cette faille.
02:48Oui, et s'il n'y avait pas eu la revendication de la cœur, en l'occurrence le 12 août,
02:53on ne sait pas quand on l'aura appris.
02:55Donc évidemment, ça pose un problème de gouvernance, ça pose un problème d'efficacité, ça pose un vrai problème par
03:01rapport aux données.
03:02Mais donc quelle leçon vous en tirez ?
03:03C'est le nerf de la guerre.
03:04Mais qu'il faut être beaucoup plus vigilant que nous avons de manière générale, du côté de l'État, du
03:09côté des services de l'État, quasiment une vingtaine d'années.
03:12Mais c'est le Premier ministre lui-même qui le dit, nous sommes très en retard là-dessus.
03:15Donc il faut être beaucoup plus sérieux là-dessus, se mettre à la page et être beaucoup plus efficace.
03:21On dit souvent qu'en matière de cyber, c'est un individu, un mot de passe répété partout, écrit sur
03:26un papier.
03:27C'est ça la faille, une session d'ordinateur qui reste ouverte à tous les vents.
03:31Est-ce qu'il y a une forme d'insouciance ?
03:32Est-ce que cette irresponsabilité que vous pointez, elle concerne un peu l'entièreté de la population ?
03:37On a tous des problèmes avec nos mots de passe.
03:39Sûrement qu'on sous-estime tous le degré de sécurité qui devrait être le nôtre.
03:44Donc il y a un sujet culturel finalement.
03:47Oui, il faut s'adapter en très peu de temps à quelque chose qui a complètement envahi notre quotidien.
03:54Et la donnée est beaucoup plus piratable.
03:57A chaque fois qu'on complexifie la sécurité d'une donnée, le piratage se complexifie, se sophistique lui-même.
04:05Et ça coûte plus cher.
04:06C'est ça la question aussi, c'est qu'on voit qu'il y a des agences ou administrations publiques,
04:10il y a aussi SFR hier, des fédérations sportives, il y a les particuliers au quotidien avec ce qu'on
04:15appelle le phishing.
04:16La plupart du temps, ces attaques sont crapuleuses, c'est pour soutirer de l'argent.
04:19Donc quelque part, il faut proportionner les moyens de la riposte à ce que ça peut coûter.
04:24Oui, bien évidemment, il faut augmenter aussi les moyens que nous avons pour sanctionner ces attaques.
04:33Et puis il faut être plus efficace, encore une fois.
04:35Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'avec 1700 milliards de dépenses publiques et sociales dans notre pays,
04:41ce n'est pas une question de moyens et ni de nombre d'agents, nous l'avons vu.
04:45Donc c'est une question d'efficacité.
04:47Donc c'est juste l'efficacité, notamment par exemple de l'Agence nationale de sécurité du système d'information qui
04:52est en cause ?
04:53Oui, et puis il n'y a pas que...
04:54C'est que leurs agents ne font pas assez bien le travail de ciblage, de vérification, de riposte ?
05:00Force est de constater que nous avons les résultats devant nous.
05:04Donc quand il y a une faille, par définition, c'est qu'il y a eu des faillances.
05:07Sachant qu'on est toujours obligé de courir après une attaque.
05:10On ne peut pas forcément tout éviter.
05:11Oui, mais on peut éviter beaucoup plus d'attaques.
05:14Heureusement qu'avec ce style de raisonnement, nous prenons des attaques en matière de terrorisme.
05:19Mais là, c'est une forme de cyberterrorisme, donc il faut prévenir les attaques également.
05:23Dans un autre registre à propos de numérique et de la présidentielle, Franck Alizio,
05:27plusieurs candidats à déclarer au possible.
05:29Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann ont été ciblés par des campagnes de désinformation.
05:33Gabriel Attal encore.
05:35Deux nouvelles opérations d'ingérence russe, on l'apprend ce matin.
05:39Est-ce que vous avez les mêmes craintes pour Marine Le Pen ?
05:42Oui, évidemment.
05:43Nous ne manquons pas d'ennemis, nous ne manquons pas d'adversaires à l'intérieur.
05:47Est-ce qu'aujourd'hui, vous subissez des attaques au RN ?
05:49Je n'ai pas échangé, nous n'avons pas échangé avec Marine Le Pen sur récemment.
05:53Donc, on fera un point.
05:55Je demanderai au directeur de campagne.
05:58Pourquoi est-ce que ceux-là sont ciblés alors, selon vous ?
06:00Les candidats que je viens de citer.
06:02Peut-être parce que ceux-là surcommuniquent dessus.
06:08Et, comment dire, ils font parfois de...
06:10Donc, vous ne communiquerez pas si le RN est ciblé par des campagnes de désinformation ?
06:15Vous savez, si je compare par exemple aux agressions que nous subissons,
06:18lorsqu'une permanence électorale renaissance est taguée,
06:23ça fait la une de tous les jours pendant toute la journée.
06:27Lorsqu'une permanence, et la mienne l'est régulièrement,
06:30et beaucoup est attaquée du côté du RN,
06:33ça passe inaperçu.
06:35Donc, je pense que c'est le même réglement.
06:37Là, en l'occurrence, il y a des candidats ciblés et pas d'autres.
06:39Ce qu'il faut y voir en enseignement politique.
06:41On a bien compris que M. Attal avait aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup fait parler de lui
06:44pendant cet été, pour des raisons de primaires sauvages internes dans son camp.
06:51Mais nous, vous pourrez, nous nous signalerons à chaque fois qu'il y aura des attaques.
06:55Et non, je pense que nous avons beaucoup plus d'adversaires à l'extérieur
06:59et beaucoup plus de gens qui ne souhaitent pas voir la France se redresser avec Marine Le Pen
07:04et qui donc, en pleurant de tous les moyens, y compris ceci pour l'empêcher d'arriver aux affaires,
07:10mais ce qui ne l'empêchera pas d'arriver aux affaires.
07:11L'ingérence, elle peut venir de Russie.
07:13On en parle régulièrement avec ses campagnes de désinformation.
07:15Elle peut aussi venir d'ailleurs.
07:17Est-ce que la position d'Elon Musk, qui est le propriétaire d'un réseau social majeur,
07:20X ou Twitter, et qui est, à titre personnel, il le dit,
07:24publiquement plutôt favorable à Marine Le Pen,
07:25est-ce que c'est un risque d'inéquité de traitement,
07:28dans la façon dont les messages vont arriver plus ou moins jusqu'aux abonnés sur Twitter ?
07:32Eh bien, chacun pourra le vérifier,
07:34mais ça m'étonnerait qu'un tweet de M. Musk,
07:38au détour parmi des centaines d'autres tweets,
07:41où il dit que...
07:43C'est un peu un super influenceur.
07:44Ce qu'il a dit sur Marine Le Pen.
07:45Oui, mais jusque-là, il n'y a pas de preuve,
07:49il n'y a pas de preuve tangible d'influence de M. Elon Musk sur une élection.
07:53En revanche, lorsqu'on parle d'influence étrangère,
07:56il y a eu des condamnations de la justice,
07:59d'influenceurs, par exemple, du gouvernement de la dictature algérienne,
08:02qui a voulu influencer notre vie politique.
08:06Il n'y a pas que la Russie, il y a malheureusement bien d'autres pays,
08:09on parle de la Chine,
08:10mais l'Algérie a été condamnée pour ça par des influenceurs
08:14qui ont voulu s'immiscer dans notre vie publique.
08:18On va parler du budget, Franck Alizio,
08:20vous qui êtes député RN des Bouches-du-Rhône,
08:22l'examen de ce budget 2027 s'annonce pendant quelques semaines.
08:25Au RN, quelle sera la stratégie ?
08:27Est-ce que c'est menacer de censure ?
08:29Ou plutôt aider, en quelque sorte,
08:31aider à faire adopter le budget au plus vite
08:33pour ne parler ensuite plus que de vos sujets de la présidentielle ?
08:36On est cohérent, on le sera jusqu'au bout.
08:39Parce que le sujet risque d'empoisonner un peu le calendrier
08:42jusqu'en janvier ou février,
08:43si c'est encore comme les deux années passées.
08:45Oui, mais la démocratie, elle ne se met pas de côté
08:47parce que ça risque d'empoisonner le calendrier médiatique de la présidentielle.
08:54Il y a un vote, nous sommes des députés responsables,
08:58nous l'avons toujours été, nous garderons la même ligne,
09:01donc nous ne voterons jamais,
09:03nous ne faciliterons jamais la tâche pour voter un budget
09:07qui nuirait à la France et qui nierait aux Français.
09:11Nous ne ferons jamais, évidemment, la politique de petite embouille
09:16comme l'a fait l'année dernière
09:17et comme s'apprête à le faire à nouveau le groupe socialiste
09:20en se mettant d'accord avec le gouvernement
09:22de manière à ce que ce budget passe sous une forme ou sous une autre.
09:26Nous, nous avons des lignes rouges, nous les conserverons.
09:29D'ailleurs, nous les conserverons lorsque nous serons aux affaires,
09:31comme je le souhaite, dans un an.
09:33Mais nos lignes rouges de l'an dernier
09:34seront nos lignes rouges de cette année,
09:38notamment zéro augmentation d'impôts,
09:42pas d'attaque sur les retraités.
09:44Il y a bien d'autres postes budgétaires sur lesquels,
09:47on pourra en revenir si vous le souhaitez,
09:50bien d'autres postes budgétaires sur lesquels nous pouvons faire des économies.
09:53Nous devons faire des économies.
09:55Vous ne dites pas d'attaque sur les retraités.
09:57L'idée qui est en cours, c'est de simplement ne pas augmenter
10:01certaines pensions, les pensions des retraités les plus idées.
10:04Est-ce que ça, c'est une attaque ? De ne pas augmenter le salaire,
10:07en l'occurrence la pension de quelqu'un ?
10:08Alors, nous avons toujours été constructifs.
10:10C'est-à-dire que quand on regarde de manière pragmatique,
10:13la proposition que vous citez,
10:17qui est un ballon d'essai...
10:18Oui, pour l'instant, c'est dans l'air du temps.
10:20Exactement.
10:21C'est une forme de désindexation partielle.
10:25Alors, on ne sait pas si c'est pour les retraités dits aisés.
10:28On ne sait pas si ça commence à 2000, à 3000.
10:30Bref, on ne sait pas si c'est sur une petite partie de l'année.
10:34Bref, cette désindexation partielle aboutirait à économiser 3 milliards.
10:40Si demain, le gouvernement a le courage de faire,
10:43je cite un exemple par dit d'autre,
10:45a le courage de faire ce que tous les gouvernements,
10:47sur les dix dernières années, ont fait dans l'Union européenne,
10:50c'est-à-dire demander une ristourne à l'Union européenne
10:53sur la contribution nette que l'on donne à l'Union européenne.
10:57Eh bien, ce serait plus de 3 milliards,
11:00ce serait 6 milliards que l'on pourrait faire entrer dans les caisses de l'État.
11:03Si demain, on décide, comme beaucoup de pays,
11:07de mettre un nombre d'années pour les étrangers
11:09avant qu'ils puissent de résidence,
11:11ce serait plutôt de travail, d'activité,
11:13avant qu'ils puissent toucher les aides sociales non-contributives.
11:16Là aussi, ce serait plus de 6 milliards dès la première année.
11:19Vous voyez ? Le double de ce qu'on toucherait
11:21si on touchait justement aux retraites.
11:24Même chose sur les agences de l'État.
11:26Donc, ce que je veux dire, c'est que
11:28gouverner, c'est trancher, c'est choisir,
11:31c'est faire des choix politiques.
11:32Notre choix politique, ce n'est pas de faire payer la note aux retraités,
11:36c'est de faire des économies sur l'immigration,
11:39c'est de faire des économies sur le train de vie de l'État,
11:42sur les agences de l'État,
11:43c'est de faire des économies sur la contribution nette de l'Union européenne.
11:46Et ça tombe bien puisque chacune de ces pistes que je viens de donner
11:51aurait une rentabilité supérieure à la désindexation des retraites.
11:56Puisqu'on parle d'un coût de la dette qui augmente
11:58et d'une charge de la dette qui va dépasser les 70 milliards pour cette année.
12:02C'est-à-dire simplement rembourser les intérêts qu'on doit, c'est 70 milliards.
12:05Donc là, on voit bien que les 3, les 6, les 9, il va falloir tout mettre.
12:09Ce n'est pas l'un ou l'autre.
12:10Ah non, sur la désindexation des retraites, ce ne serait que 3.
12:12Oui, mais donc il faut mettre sans doute peut-être ça plus les autres mesures que vous proposez
12:16ou d'autres mesures d'économie ou de hausse d'impôt.
12:19Non, pour l'instant, tout ce que je vois du gouvernement, c'est uniquement cette proposition.
12:23Mais nous, on est tout à fait d'accord, encore une fois, on est constructif.
12:26Vous disiez par exemple pas de hausse d'impôt.
12:28Pour présenter au gouvernement et notre proposition sur l'immigration et notre proposition sur la contribution nette
12:33et notre proposition sur les agences de l'État, tout ça ferait plus d'une quinzaine de milliards
12:39dès la première année, dès ce budget.
12:41Et ils peuvent le mettre en œuvre avant même que nous arrivions aux affaires.
12:44Quand vous dites pas de hausse d'impôt, Franck Alizio, dans le Parisien et les Écos ce matin,
12:48on entend que la surtaxe d'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises sera certainement reconduite.
12:53En gros, c'est facile de taper sur les entreprises très importantes.
12:56Ça rapporte beaucoup de milliards et elles râlent pas trop fort.
12:59Est-ce qu'on ne se met pas un boulet au pied ?
13:01Et vous qui dites on ne veut pas de hausse d'impôt, est-ce que là, cet impôt-là qui
13:05est censé être exceptionnel
13:06mais qui dure depuis quelques années, c'est bon de le maintenir ?
13:09Alors, comment dirais-je ? Il y a ce qu'il faut faire et il y a ce qu'on
13:13peut faire.
13:14Ce qu'il faudrait faire, c'est ne pas augmenter d'un euro les prélèves obligatoires
13:18et d'ailleurs faire des économies de manière à les baisser.
13:21Parce que lorsque vous êtes le champion du monde des prélèves obligatoires,
13:25c'est ça le véritable boulet au pied, au pied des particuliers, au pied des ménages, au pied des entreprises.
13:31Maintenant, s'il faut absolument, et nous, nous pensons que ce n'est pas nécessaire parce qu'il faut faire
13:37des économies,
13:38mais évidemment qu'entre augmenter les impôts des PME et augmenter les impôts des grands groupes,
13:44évidemment que la solution, le moindre mal, ce serait les grands groupes.
13:50Mais à l'heure actuelle, nous pensons que tout peut être financé par des économies budgétaires
13:57et non par des augmentations d'impôts, y compris sur les grandes entreprises.
14:01Alors à propos du budget, on va aller au standard où Isabelle nous a appelé à une question.
14:05Bonjour Isabelle.
14:06Oui, bonjour.
14:07On vous écoute.
14:07Oui, merci. J'aimerais savoir pourquoi le RN aurait voté contre un amendement du PS
14:13qui proposait, donc il y a quelques temps, de redistribuer une partie de la taxe de séjour
14:18au service de secours et notamment aux pompiers.
14:21Franck Alizio.
14:23Je ne suis évidemment pas au fait de cet amendement en particulier.
14:30J'essaie de déduire, si nous avons voté contre ça, c'est parce que peut-être la taxe de séjour
14:36était une augmentation de la taxe de séjour.
14:39À partir du moment où il y avait une augmentation d'impôts, par principe, encore une fois, nous sommes cohérents.
14:44À chaque fois qu'il y a augmentation d'impôts, nous sommes contre.
14:47Donc, évidemment, nous ne sommes pas contre le fait de le redistribuer, de l'avoir redirigé.
14:53De l'affecter aux pompiers.
14:54De l'affecter aux pompiers, bien évidemment.
14:56Nous avons proposé, pour répondre sur la deuxième partie, nous avons proposé un amendement
15:02lors du dernier débat budgétaire, c'était mon collègue Rancoule, de 700 millions d'euros.
15:09700 millions d'euros, justement, comme budget supplémentaire pour l'ESDIS, pour la lutte contre les incendies.
15:18Et qui venait d'où, ces 700 millions ?
15:19Des économies budgétaires.
15:20Des économies budgétaires.
15:22À un moment donné, il faut faire des économies budgétaires.
15:25On pourra reparler des agences.
15:29Lorsque vous avez un budget de 80 milliards sur les agences,
15:32eh bien oui, il faut que ces agences soient redimensionnées, pour certaines supprimées,
15:37pour d'autres avoir le budget...
15:39Sauf que c'est toujours pareil.
15:40On pointe souvent les agences en disant, il y a 400 agences, c'est 80 milliards d'euros.
15:44Mais les plus grosses, c'est France Travail, c'est le CNRS, c'est le commissariat à l'énergie atomique.
15:49C'est celle-là qui coûte le plus cher.
15:50Il n'est pas interdit de revoir le budget et d'avoir une meilleure gestion,
15:55y compris sur ces agences qui sont utiles.
15:57Mais il y a aussi le Conseil économique et social.
15:59Il y a aussi les conseils économiques et sociaux et environnementaux régionaux.
16:04Il y a également, on en parlait récemment, l'ADEME,
16:08qui pour le coup a un coût de fonctionnement,
16:11alors qu'elle a des missions utiles, mais ces missions pourraient être exercées par l'État directement.
16:13C'est essentiellement de la redistribution, elle redistribue les subventions, l'ADEME.
16:16Oui et non, elle-même dit 80% de mon budget est un budget d'investissement, d'intervention.
16:25Mais d'abord, toutes les interventions ne sont pas légitimes et beaucoup pourraient être remises en cause.
16:29Mais surtout, il y a 400 millions du coup de fonctionnement.
16:32Ces 400 millions, par exemple, devraient disparaître ou en tout cas réduits à l'essentiel.
16:39Voilà, il y a beaucoup.
16:40Donc à chaque fois qu'il y a des investissements, des interventions nécessaires
16:45et évidemment renforcer les moyens des pompiers, c'est le cas,
16:49eh bien il faut aller faire des économies ailleurs.
16:52On a parlé des retraités, Franck Alizio, parlons des retraites, du système des retraites.
16:56Le RN a relativement clarifié sa position sur l'avenir de ce système.
16:59Un âge légal à 60 ans pour les carrières longues, 62 ans pour les autres,
17:03une durée de cotisation de 40 à 42 ans.
17:05Mais il reste une grosse question, comment est-ce que là aussi vous financez ce gros cadeau qui est fait
17:10aux Français ?
17:10Et je dis là aussi vous le financez comment ?
17:12Parce qu'on n'est pas sur le budget de l'État, mais sur un autre budget qui est celui
17:14de l'assurance vieillesse,
17:16l'assurance maladie, la sécurité sociale plutôt.
17:18Ce que vous appelez un cadeau, c'est permettre à des gens...
17:23Je dis cadeau parce qu'on parle de 20 à 40 milliards selon les chiffrages.
17:26Non, on n'est pas du tout d'accord avec ce chiffrage.
17:28Ça c'est l'Institut Montaigne et vous vous disiez 9 à 10.
17:31Exactement, nous on disait une dizaine.
17:32Donc une dizaine sur 1700 milliards de dépenses publiques et sociales.
17:40Une dizaine sur plus de 400 milliards sur les retraites.
17:45Une dizaine de milliards, pourquoi ?
17:47Pour permettre à des Françaises et des Français qui ont commencé à travailler avant l'âge de 20 ans,
17:53donc par définition sur des métiers pénibles parce qu'on ne commence pas un métier intellectuel à 17 ans.
17:57Mais ça personne ne sera contre, il faut financer, c'est un système assurantiel, il faut qu'il soit à
18:01l'équilibre.
18:02Si le coût de 10 milliards permet à des Français et des Français qui ont déjà des années et des
18:09années d'espérance de vie,
18:11en moins à la retraite, de partir un tout petit peu plus tôt, à 60 ans parce qu'ils se
18:16sont abîmés par toute une vie,
18:18et bien ces 10 milliards sont plus utiles là que pour cofinancer une immigration désordonnée et massive.
18:24Non !
18:24Ce qui n'a rien à voir.
18:25Vous ne piochez pas dans les mêmes caisses là, Franck Alizio ?
18:28Mais par définition, l'État peut compenser ces 10 milliards.
18:34Et puis il y a quelque chose qui est très important pour nous et que Marine Le Pen répète à
18:39chaque fois.
18:40Notre idée aussi c'est de tout faire pour que les Françaises et les Français entrent plus tôt sur le
18:46marché du travail,
18:47puissent entrer plus tôt parce que les trimestres de plus de cotisations qui vont servir,
18:52parce qu'on est dans un système de répartition immédiatement à financer,
18:56ils peuvent être à la fin, donc quand on est fatigué, âgé et abîmé,
19:00mais ils peuvent être aussi au début lorsqu'on est en pleine forme et qu'on a envie de travailler,
19:04et qu'on a envie de travailler pour gagner plus.
19:05Et ça c'est entre 23 et 26 ans.
19:08C'est justement ces 3 ans de différence entre nous, notre entrée sur le marché du travail en France,
19:13et l'entrée sur le marché du travail en Allemagne.
19:15Et bien il faut entrer sur le marché du travail plus tôt.
19:18Et ces 10 milliards vous les trouvez largement.
19:20Et comment on fait pour inciter, forcer, je ne sais pas, les jeunes à se mettre au travail,
19:24se mettre à travailler après les études plutôt ?
19:26Oh vous savez, je pense qu'il y a une hypocrisie dans notre système,
19:29qui fait que les gouvernements successifs voient d'un bon oeil une forme de tourisme universitaire
19:36qui ne fait pas plaisir non plus aux étudiants eux-mêmes.
19:42Eh bien disons que quand on entre sur le marché du travail à 26 ans ou 27 ans,
19:47eh bien ça fait des chômeurs en moins dans les statistiques.
19:50Donc nous ne rentrerons pas dans cette hypocrisie.
19:53Nous dirons qu'il faudra expliquer...
19:54Qu'on supprime les doctorats ?
19:56Non, on ne supprime rien du tout, chacun garde la liberté.
19:59Mais on communique et on explique clairement qu'aujourd'hui,
20:03avec deux ou trois années de formation après le baccalauréat,
20:09eh bien c'est largement suffisant pour avoir de bons métiers d'avenir
20:13et qui peuvent s'inscrire dans le temps
20:15et qui peuvent tout de suite permettre de vivre, de gagner de l'argent
20:18et donc de cotiser.
20:21Vous savez, aujourd'hui avec l'intelligence artificielle,
20:23on a bien compris que des cursus...
20:26Il y a évidemment des métiers qui le nécessitent.
20:28On prend aussi qu'il faut avoir soi-même de la valeur ajoutée.
20:30C'est un cursus de 5 ans, 6 ans, 7 ans.
20:32Et souvent, au bout de 5 ans, 6 ans ou 7 ans,
20:35vous n'avez qu'un diplôme qui correspond à un bac plus jeune
20:38parce que vous êtes perdu, parce que vous avez été mal orienté.
20:42Eh bien c'est tout ça, c'est repenser la formation professionnelle,
20:45c'est repenser l'apprentissage,
20:46c'est mettre ces manières d'entrer dans le marché du travail
20:50plus rapidement à l'honneur.
20:52Franck Alizio, on a donc 7300 morts de plus que d'habitude.
20:56Là, c'était en France pendant les vagues de chaleur.
20:58Est-ce que ce nombre de morts était évitable ?
21:02Oui, en partie.
21:04Alors il n'y a pas de solution magique,
21:06on ne dit pas avec nous tout ça.
21:07Mais la solution,
21:10c'est été de prendre beaucoup plus au sérieux,
21:15notamment ce que Marine Le Pen proposait il y a déjà un an,
21:19et tout le monde regardait ça de manière très sceptique,
21:21voire très critique,
21:22c'est-à-dire un véritable plan climatisation.
21:24Aujourd'hui, c'est établi, vous voyez, il a fallu un an.
21:27Aujourd'hui, même Mme Tondelier...
21:29Vous avez l'impression d'avoir gagné une bataille culturelle sur la clim ?
21:32On a clairement gagné une bataille culturelle sur la climatisation,
21:35évidemment.
21:36Ça fait un an que l'on dit,
21:37la canicule tue et la climatisation,
21:40sauf des vies.
21:41Une climatisation raisonnable,
21:43une climatisation raisonnée,
21:45qui n'empêche pas, à côté de ça,
21:47d'isoler, de végétaliser.
21:49Et bien maintenant, il y a un plan climatisation,
21:52que nous avons plusieurs fois défendu,
21:54que je peux redéfendre et chiffrer devant vous,
21:57qui permettra de sauver enfin des vies,
22:00en climatisant notamment, en priorité,
22:03les écoles, les EHPAD, les hôpitaux, les crèches.
22:07Enfin, de partout où il y a des personnes fragiles,
22:10qu'il faut préserver absolument.
22:13On se chauffe, on se préserve du froid l'hiver.
22:16Il est normal de se préserver de la chaleur et de la canicule l'été.
22:20Autre question d'actualité, Franck Elisio.
22:22Patrick Bruel, qui avait annulé tous ses concerts de juin à septembre,
22:25il est visé par plus d'une trentaine de plaintes pour viols et agressions sexuelles.
22:29Il maintient sa tournée d'automne,
22:30mais plusieurs maires estiment qu'il devrait renoncer,
22:33qu'il n'est pas le bienvenu dans leur ville.
22:34Est-ce que vous appelez, Patrick Bruel, à renoncer à se produire ?
22:38Écoutez, à petite personne, je pense que ce n'est pas la meilleure période.
22:42Maintenant, je ne suis pas habilité à donner des conseils à Patrick Bruel.
22:48Je laisse ses avocats, je laisse les personnes de son staff
22:52lui donner les conseils qu'il faut.
22:55Je pense que ce n'est pas le...
22:56Là, on est presque sur le terrain de l'éthique ou de la morale.
22:58Est-ce qu'il est sain de se produire quand il y a une trentaine de plaintes ?
23:02Ce n'est pas le plus opportun.
23:03Si j'étais à sa place, je remettrais cette tournée, par exemple.
23:07Merci Franck Alizio, député Rassemblement National
23:10des Bouches du Renaud Invité de France Inter ce matin.
23:12Bonne journée.