- il y a 2 jours
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00La cinquième vague de canicule touche à sa fin, mais l'été tourne au cauchemar pour les agriculteurs.
00:06Des pertes importantes dès le mois de juin, dans un contexte déjà tendu, car avec la chaleur, il faut ajouter
00:11la sécheresse.
00:12Bonjour Thierry Pouch.
00:13Bonjour.
00:13Vous êtes chef économiste à la Chambre d'agriculture France. Vos analyses sur les enjeux agricoles sont reconnues.
00:19A l'heure où l'on se parle, la situation est catastrophique pour les agriculteurs ou rattrapable ?
00:25A l'heure où l'on se parle, la situation est catastrophique. Les données qui commencent à être enregistrées sont
00:31quand même très mauvaises.
00:33Ce sont des pertes de production, ce sont des pertes de rendement.
00:37Et l'originalité de la période actuelle, c'est qu'auparavant, lorsqu'il y avait des épisodes climatiques assez profonds,
00:44il y avait toujours une région ou un département qui pouvait éventuellement échapper à ce choc et compenser la perte
00:52dans une autre région.
00:54Là, ce sont tous les départements, toutes les régions qui ont été touchées.
00:58On sait par exemple que lorsqu'il y a eu, en 2024, beaucoup de pluies qui ont endommagé les récoltes
01:05céréalières,
01:06un département comme celui de la Somme s'en était plutôt bien sorti en termes de production et de rendement.
01:11Donc là, c'est tous les départements.
01:13Donc la situation est proprement catastrophique.
01:15On s'attend à ce qu'il y ait une forte dégradation des trésoreries des exploitants agricoles,
01:21qui va évidemment appeler des compensations financières par la suite.
01:26Vous avez dit que toutes les régions sont concernées.
01:27Est-ce que toutes les productions également sont concernées ?
01:31Alors les productions sont également concernées.
01:33Les céréales, que ce soit le blé tendre, c'est moins 4% par rapport à 2025.
01:40Le blé dur, dont nous sommes quand même le premier producteur en Europe, on est sur un recul de moins
01:4516%.
01:47En oléagineux, à part le colza et le tournesol, qui à la limite se stabilisent un peu par rapport à
01:52l'année dernière,
01:53mais en fruits et légumes, c'est aussi une catastrophe, surtout en légumes,
01:55puisqu'il va y avoir la rentrée et l'annonce de l'hiver, il va falloir consommer.
02:01Donc ça va être extrêmement difficile.
02:03Et puis en production animale également, la sécheresse a affecté les productions volaillères.
02:07Il y a eu pas mal de morts d'animaux dans ce domaine-là.
02:12Les laitiers sont inquiets parce qu'il y a des baisses de rendement laitiers
02:17qui peuvent endommager évidemment la production, mais aussi la qualité de cette production,
02:22en protéines notamment.
02:23Donc un exemple très simple, c'est la qualité de nos fromages risque de pâtir de cette situation.
02:29Donc on voit bien que c'est un panorama assez noir qui se présente devant nous.
02:34Et pour les légumes, on voit que certains producteurs, notamment d'artichauts,
02:37on parle de perte de 100%.
02:38Il n'y aura rien cette année.
02:40Vous êtes donc inquiet pour l'agriculture française.
02:43Est-ce qu'elle joue sa survie ?
02:45Alors on pourrait le présenter comme ça.
02:46À force d'avoir multiplié les chocs, qu'ils soient climatiques,
02:51qu'ils soient géopolitiques ou géoéconomiques,
02:54quand vous prenez par exemple une filière comme celle des céréales oléoprothéagineux,
02:58c'est la troisième année consécutive où le résultat courant avant impôt chute drastiquement.
03:03C'est-à-dire qu'on est sur des baisses d'une année sur l'autre de 75 à 83%.
03:08Et on a eu parfois en 2016 par exemple des céréaliers qui ont eu,
03:12et c'était les seuls dans la profession agricole, des revenus négatifs.
03:15Quel est l'acteur économique qui supporterait d'avoir un revenu négatif ?
03:19Alors que les céréaliers pendant des décennies vivaient plutôt bien ?
03:24Vivaient plutôt bien, c'était porté évidemment par des prix,
03:27par des aides de la politique agricole commune.
03:30Mais là, ce n'est plus le cas.
03:32Quand vous avez, à l'exception de l'année 2022,
03:35du fait de la guerre en Ukraine où le prix du blé a été propulsé à des hauteurs inédites,
03:40c'est vite redescendu.
03:41Et le problème c'est que ces céréaliers ont été exposés à l'alourdissement de leurs charges,
03:46comme les autres de leurs collègues d'ailleurs.
03:48mais notamment sur les engrais ou sur l'énergie.
03:51Donc quand le prix n'est pas au rendez-vous,
03:53vous avez des pertes de trésorerie et un revenu courant qui s'effondre.
03:57Donc là, on est une accumulation de chocs depuis quelques années.
04:01Et là, un choc absolument terrible sur le climat
04:05qui évidemment menace cette agriculture.
04:08C'est pourquoi, comme je l'indiquais,
04:09il va falloir réfléchir non seulement à des mesures de très court terme,
04:13évidemment, pour renflouer financièrement les trésoreries,
04:17mais aussi commencer à réfléchir à quelque chose qui s'inscrive à une politique
04:22qui s'inscrive sur le plus long terme.
04:24Parce que le secteur agricole est quand même l'un des plus importants dans l'économie française,
04:30même si en termes de poids dans le produit intérieur brut,
04:33ou en termes de poids dans l'emploi,
04:35ce n'est pas tout à fait très important.
04:37Ça a beaucoup diminué.
04:39Mais il n'en reste pas moins que c'est quand même un secteur
04:41qui nourrit la population et qui exporte aussi beaucoup.
04:46Et l'année dernière, on a bien vu ce signal aussi très préoccupant
04:49d'un effondrement du commerce extérieur agroalimentaire,
04:52puisque nous avons frôlé le déficit pour la première fois depuis 1978.
04:57Et on y est même rentré dans le déficit si l'on ajoute les produits de la pêche.
05:01Donc on était à 500 millions de déficit.
05:04C'est quand même quelque chose d'assez inédit,
05:05alors que la France faisait partie des cinq premiers exportateurs mondiaux par le passé.
05:10Mais ce qui est étonnant, c'est que quand il y a des lois agricoles,
05:13on parle de lois d'urgence.
05:14Comment vous expliquez qu'aucun gouvernement ne présente un plan d'objectif,
05:18une ligne d'horizon, quitte à ce que tout le monde ne soit pas d'accord ?
05:21Parce que nous sommes dans une période où il s'agit de répondre au coup par coup
05:27à des situations d'urgence, justement.
05:29Et on n'est plus comme à la fin des années 50,
05:33où il fallait fixer une priorité pour le pays.
05:36C'était le cas au début de la Vème République,
05:38où on avait proposé et fixé comme objectif.
05:42Désormais, on produit et on nourrit toute la population à un coût raisonnable.
05:47Donc ça, c'était l'objectif qui avait été fixé.
05:49N'oublions pas qu'il y avait un commissariat général au plan.
05:52Il y en a eu un qui a été rétabli,
05:54mais il faudrait que ça aille peut-être un peu plus loin dans les prises de décision.
05:58Mais effectivement, on avait considéré que la France était un pays très bien doté en surface agricole.
06:05Il a fallu mécaniser, il a fallu avoir recours à ces fameux intrants qui posent tant de problèmes aujourd'hui.
06:11Mais l'époque, c'était ça.
06:13C'était moderniser l'économie française, y compris dans sa dimension agricole.
06:17Donc si je vous comprends bien, aujourd'hui, on doit dire aux agriculteurs,
06:20il faut se débrouiller tout seul pour adapter et pour relever le défi de l'adaptation.
06:24Alors, je ne dirais pas comme ça les choses.
06:27Il ne faut pas qu'ils se débrouillent tout seul.
06:29N'importe quelle agriculture dans n'importe quel pays a besoin de soutien public
06:34parce qu'ils sont exposés aux aléas climatiques,
06:37ils sont exposés aux épisodes sanitaires.
06:39Les animaux peuvent être contaminés par des virus ou des bactéries.
06:43Donc, quel que soit le pays, même un grand pays comme les Etats-Unis,
06:47de tradition tourné vers la libre entreprise,
06:50vous avez depuis les années 30 une politique agricole qui reste active encore aujourd'hui.
06:55Vous avez d'autres pays, même des petits pays comme la Suisse par exemple,
06:59sont très offensifs sur la défense de leur agriculteur.
07:03Donc, il ne s'agit pas de dire aux agriculteurs, débrouillez-vous maintenant,
07:06parce que ce serait la catastrophe.
07:07Mais il faut probablement que l'État français et la Commission européenne
07:12puissent reconsidérer le logiciel sur lequel fonctionne aujourd'hui l'agriculture,
07:17sur lequel ils ont fait fonctionner l'agriculture.
07:19Et c'est pour ça que l'échéance de 2028 avec la nouvelle réforme de la politique agricole commune
07:25risque d'être une échéance absolument décisive.
07:27Mais la différence avec un épisode sanitaire ou un épisode géopolitique,
07:31c'est que là, quand on parle de sécheresse et de réchauffement climatique,
07:34c'est que ces épisodes vont se répéter.
07:36Il faut donc accepter aujourd'hui qu'il y aura demain d'autres types de cultures,
07:41abandonner certaines et en favoriser d'autres ?
07:43Probablement. Il y a à la fois cette adaptation au changement climatique
07:46qui implique de nouvelles pratiques culturales et de nouvelles pratiques d'élevage.
07:50Ça, on est tout à fait d'accord.
07:51Et les agriculteurs en sont parfaitement conscients.
07:53Il y en a quand même une grosse partie qui ont anticipé tout cela
07:56et qui ont changé leur mode de production.
08:01Ils utilisent énormément de technologies, par exemple, pour essayer de doser la dose d'engrais
08:06qui est nécessaire sur la parcelle qui est en manque d'engrais, mais pas sur les autres.
08:13Donc, il y a des progrès qui sont réalisés.
08:15Il y a des progrès de la génétique.
08:16En France, on se singularise par quand même une très grande performance en matière de génétique animale.
08:23Même la Chine nous importe de la génétique animale.
08:26Donc, voilà, on n'est pas sans atout, si vous voulez.
08:29Tout n'est pas perdu.
08:30Tout n'est pas perdu.
08:31Et heureusement, les agriculteurs ont besoin d'être accompagnés, si vous voulez,
08:36dans leur adaptation, dans leur changement de pratiques.
08:40Et c'est tout à fait normal.
08:41On a changé de pratique après la Deuxième Guerre mondiale.
08:43Il faut aujourd'hui changer.
08:44Ce qui me conduit à dire que si on est parvenu, après la Deuxième Guerre mondiale,
08:48à propulser l'agriculture sur la voie de la modernisation,
08:52il n'y a pas de raison qu'aujourd'hui, on n'y parvienne pas.
08:54Il y a suffisamment d'ingénieurs.
08:55Alors, le niveau de formation des agriculteurs s'est considérablement élevé depuis 20 ans.
09:00Donc, on sait très bien qu'ils sont en mesure de le faire.
09:04Encore faut-il qu'il y ait une forme d'acceptation,
09:08de consentement de la part de la population,
09:11des pouvoirs publics, mais aussi de la Commission européenne,
09:14de laisser, d'une certaine façon, l'agriculture évoluer.
09:17Parce que nous en dépendons.
09:18Nous en dépendons non seulement pour la nourriture,
09:20mais quand on regarde bien sur cette question de l'adaptation au changement climatique,
09:25les agriculteurs aujourd'hui développent des productions
09:27avec des usages non alimentaires à l'arrivée.
09:30Ce qui fait que vous avez sur l'industrie
09:32un usage de matériaux biosourcés
09:35qui se développe et qui est dû aux productions agricoles.
09:39Donc voilà, ça fait partie de tout un cercle vertueux
09:41qui peut nous permettre de nous adapter.
09:44Thierry Pouche, chef économiste chez Chambre d'agriculture France
09:48et l'invité de Radio Classique.
09:50Évidemment, quand on parle de sacheresse, on parle d'eau.
09:52Est-ce que l'agriculture française risque de manquer d'eau demain ?
09:56Ah si, et c'est le cas aujourd'hui.
09:58C'est déjà le cas aujourd'hui.
10:01Lorsqu'il y a des restrictions,
10:02lorsqu'il y a des asséchements de cours d'eau, etc.,
10:05ça pose évidemment un problème.
10:06Tout le monde peut comprendre qu'une plante ne peut pas pousser
10:09sans un apport hydrique.
10:11Donc voilà, je crois que ça fait partie de ce dont on vient de parler.
10:15C'est-à-dire qu'il faut, dans une espèce de grande réflexion
10:18sur ce qu'on va faire de l'agriculture française
10:21et plus largement de l'agriculture européenne,
10:23il faut mettre en adéquation cette réflexion
10:26avec la question de l'eau, évidemment.
10:28C'est-à-dire avoir une politique assez efficace de gestion de l'eau.
10:32C'est-à-dire peut-être réfléchir à des formes de stockage de l'eau.
10:36C'est la solution des grandes bassines, par exemple ?
10:38C'est une solution de long terme ou plutôt en fonction de jambes de bois ?
10:41En tout cas, alors oui,
10:43mais ça peut être une solution de moyen terme, en tout cas.
10:47Ce qui nous permettrait, en attendant et pendant cette période,
10:50de réfléchir à plus long terme, si vous voulez.
10:53Et plus long terme, c'est quoi alors ?
10:54C'est les systèmes d'irrigation, par exemple ?
10:55C'est des systèmes d'irrigation.
10:57En France, on est sur des systèmes d'irrigation
10:59les plus faibles de l'Union européenne.
11:02L'Espagne irrigue beaucoup plus.
11:03Elle s'est engagée sur la voie de la désalinisation de l'eau de mer.
11:07Donc peut-être qu'il y a tout un tas de champs à explorer
11:10pour essayer de se sortir de cette ornière hydrique.
11:14Ces changements vont produire forcément mécaniquement
11:16des hausses de prix à la rentrée.
11:19Est-ce qu'il faut aussi accepter de payer directement,
11:23peut-être par l'impôt, un impôt sécheresse, comme on l'a évoqué ?
11:25Alors moi, je crois que c'est une question tout à fait intéressante.
11:28Parce qu'on a déjà, et l'INSEE l'a pointé,
11:31on a déjà des hausses de prix sur les prix alimentaires.
11:34De quel ordre ?
11:35Alors, si on prend rythme annuel,
11:38on est sur un peu plus de 2%.
11:41C'est l'inflation dans la moyenne.
11:45Mais quand on regarde à l'intérieur,
11:46sur les prix alimentaires et les produits frais en particulier,
11:49notamment les légumes dont on a parlé,
11:51on est à 8% depuis le mois de juillet.
11:53Donc, on est déjà sur une trajectoire inflationniste.
11:57Et en septembre, il faut s'attendre peut-être à 10, 15 ?
11:59Il faut s'attendre à certainement beaucoup plus,
12:02jusqu'à la fin de l'année.
12:03On a déjà connu ça avec la guerre en Ukraine,
12:06puisque les prix alimentaires ont été grimpés jusqu'à 13%.
12:10Donc là, pour des raisons climatiques,
12:11probablement que le consommateur va devoir
12:15soit payer plus cher s'il veut maintenir son niveau de consommation,
12:18soit restreindre l'usage qu'il aura de ces produits-là
12:22et des légumes en particulier.
12:24Mais on a souvent, ces dernières années,
12:27entendu parler dans les enquêtes d'opinion
12:29que les ménages français, les consommateurs,
12:31étaient prêts à payer plus cher leur alimentation,
12:33pour peu que ça soit de qualité
12:35et pour peu que ça provienne de l'hexagone.
12:39Très bien.
12:39Mais si aujourd'hui, les agriculteurs sont en difficulté,
12:42effectivement, on peut se poser la question
12:44comme ça a été fait en 1976,
12:46il y a exactement 50 ans,
12:48où on a connu une très grave cesseresse à l'époque.
12:50Celle-ci est probablement plus profonde.
12:52Mais peut-être qu'il faudrait réfléchir à une contribution des citoyens
12:57pour maintenir ou pour en tout cas relancer
13:00la production agricole l'année prochaine.
13:03Donc ça veut dire que probablement,
13:04une contribution ne serait-ce que ponctuelle sur un an
13:06serait utile pour maintenir cet acte de production.
13:11Tous les moyens doivent être aujourd'hui mis sur la table,
13:14examinés, peser le pour et le contre
13:17pour essayer de sortir cette agriculture de l'ornière.
13:19Mais les Français sont-ils réellement attachés à leur agriculture ?
13:22C'est évidemment une provocation,
13:23car au-delà des discours de soutenir les agriculteurs,
13:26c'est bien, c'est facile, ça ne coûte pas si cher.
13:29Mais quand on est dans un rayon,
13:30il faut choisir plutôt la tomate française que la tomate espagnole.
13:33Je prends un exemple comme celui-là.
13:34Oui, alors c'est l'exemple.
13:36La tomate espagnole, elle inonde l'Europe.
13:39Et encore, les Espagnols sont aujourd'hui fort mécontents,
13:41puisque les Marocains se sont substitués à eux
13:46en tant que premiers fournisseurs de l'Europe en tomate.
13:48C'est le résultat d'un accord de libre-échange
13:50que l'Union Européenne avait signé il y a quelques années avec le Maroc.
13:55Mais les Français...
13:56Alors après, raisonner en termes de « les Français »,
13:59c'est un peu compliqué.
14:00Oui, je parlais en sondage, oui, évidemment.
14:01Il faudrait regarder sur les catégories socioprofessionnelles.
14:04On sait qu'il y en a certaines qui ne peuvent pas accéder
14:06à une alimentation de qualité.
14:09Donc, ils vont au premier prix,
14:10ce qui souvent débouche sur de l'importation,
14:13ce qui fait le lien avec notre commerce extérieur
14:16que j'évoquais tout à l'heure,
14:18et puis d'autres qui sont en mesure de le faire.
14:21Donc là, on est dans une situation extrêmement préoccupante,
14:24puisque soit le consommateur va continuer à consommer
14:27en se disant « bon, c'est plus cher,
14:29mais il faut aider les agriculteurs »,
14:31avec évidemment la remarque qu'il faut faire
14:34« est-ce que le prix payé en rayon
14:36va revenir en partie vers l'agriculteur ? »
14:40Bien sûr, oui.
14:40C'est tout le problème du partage de la valeur ajoutée
14:42qui est un très vieux problème et toujours très tendu.
14:45Mais ensuite, dans la situation actuelle
14:47où les productions sont en baisse,
14:49où les rendements sont en baisse,
14:51moi, ce qui me préoccupe, c'est
14:52est-ce qu'il va y avoir un surcroît d'importation
14:55dans les mois qui viennent ?
14:56Est-ce que le consommateur va se dire
14:58« c'est trop cher, donc j'achète au premier prix ? »
15:01Et à ce moment-là, on aura un surcroît d'importation
15:04qui va à nouveau déséquilibrer notre commerce extérieur.
15:07L'agriculture est donc en train de changer
15:09et nos modes de consommation aussi.
15:10Finalement, demain, nous mangerons mécaniquement
15:12moins de viande si elle coûte plus cher.
15:15Merci Thierry Pouch, merci d'être venu ce matin
15:17sur Radio Classique.
15:18Vous êtes chef économiste à la Chambre d'Agriculture France
15:21et vous étiez l'invité de la matinale.
Commentaires