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##LE_FACE_A_FACE_ETE-2026-08-14##

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Transcription
00:00Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Anthony Martin Smith.
00:06Et de retour sur l'antenne de Sud Radio, midi 30, avec Clément Barguin qui m'accompagne pour ce midi
00:1213h.
00:12Clément, notre invité, qui nous rejoint.
00:15Et oui, c'est l'heure du face-à-face, le face-à-face avec Johan Barbe qui est porte
00:19-parole de la FNSEA
00:20et également président de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait.
00:24Bonjour Johan Barbe.
00:26Bonjour.
00:27Merci d'être avec nous ce midi sur Sud Radio.
00:32Attendez, bonjour Johan Barbe.
00:33On a toujours aussi nos auditeurs au 0826-300-300 qui voulaient aussi interagir peut-être avec vous si vous
00:41en êtes d'accord.
00:42Notamment un de nos agriculteurs qui s'appelle Jean-Jacques au 0826-300-300.
00:46Vas-y Clément, excusez-moi, je vous ai interrompt.
00:48Pas de souci.
00:48Johan Barbe, vous êtes là parce que la ministre de l'Agriculture a pris la parole.
00:53Elle annonce qu'elle réunira les préfets le 27 août pour prochain pour calibrer, je cite, un plan d'aide
00:59massif destiné aux agriculteurs durement touchés par la sécheresse cet été.
01:04Les attentes sont très nombreuses.
01:07La FNSEA, le syndicat que vous représentez, parle de plusieurs milliards d'euros.
01:12Qu'est-ce que vous attendez très concrètement aujourd'hui du gouvernement ?
01:18On attend du gouvernement déjà une prise de conscience de ce qu'on est en train de vivre au niveau
01:21de l'agriculture sur l'ensemble du territoire.
01:23Toutes les filières de l'agriculture française sont touchées à ce stade et on avait l'impression d'avoir une
01:29ministre ou un gouvernement qui n'était encore pas du tout à la hauteur.
01:32Alors certainement parce que c'est l'été et que beaucoup de personnes sont en vacances.
01:36En attendant, nous, on est sur le pont.
01:38Alors effectivement, on a été médiatiquement présents pendant les feux, mais ce n'est pas ça l'agriculture.
01:45L'agriculture, c'est aussi de produire, pouvoir nourrir la France.
01:47Et malheureusement, à ce stade, beaucoup d'agriculteurs se posent des questions comment ils vont finir l'année,
01:52aussi bien au sein de la trésorerie financière, mais surtout pour alimenter les troupeaux.
01:57Et donc la ministre qui vient de prendre la parole fait quelques annonces, mais elle est loin de chiffrer les
02:02choses.
02:02Et nous, on a besoin de choses concrètes pour savoir si on peut acheter ou pas des fourrages qu'on
02:07nous anime.
02:07Alors je vais me tourner vers nos auditeurs, que ce soit Jacques, Jacques aussi, Jacques de Mulhouse, Olivier de Hagen
02:14et puis Jean-Jacques.
02:16Jean-Jacques qui est lui-même agriculteur.
02:18Qui a envie de commencer à poser une question et de participer avec nous à cet entretien ?
02:23Je pense que le problème déjà, c'est de mettre aux manettes des gens qui ne sont pas du métier.
02:31Donc c'est bien que la ministre interrompe ses vacances pour faire une réunion,
02:38mais est-ce qu'elle a déjà mis les pieds dans une exploitation ?
02:41Est-ce qu'elle sait comment ça se gère ? Est-ce qu'elle sait les contraintes qu'il peut
02:45y avoir ?
02:46Je n'en suis pas convaincu d'après ce que j'ai entendu sur votre entretien il y a quelques
02:51semaines, quelques mois, ce sujet.
02:53Donc le problème, il est toujours là, c'est qu'à la tête, c'est des hauts fonctionnaires sortis d
03:01'on ne sait pas trop où.
03:01Mais en tout cas, en général, ils n'ont pas le parcours qu'il faudrait qu'ils aient.
03:05Ce ne sont pas des gens de terrain, en fait.
03:06Yann Barth, vous avez l'impression que la ministre de l'Agriculture n'a jamais mis les pieds dans une
03:11exploitation
03:12et qu'elle ne connaît pas votre métier ?
03:13Ou au contraire, vous trouvez que vous arrivez à travailler plutôt raisonnablement bien avec elle ?
03:18La question, ce n'est pas qu'elle connaisse notre métier. Je pense qu'elle le connaît.
03:22Elle est d'un territoire rural dans le Doubs, donc elle sait très bien comment ça se passe sur des
03:25exploitations
03:26et la problématique des agriculteurs.
03:28La vraie question que je pose à la ministre, c'est de savoir si le gouvernement est au rendez-vous
03:33avec elle
03:33pour accompagner l'agriculture ou si elle se bat seule face à un gouvernement
03:37qui est toujours aussi potisse face à l'aide des agriculteurs.
03:41Je rappelle qu'il faut activer ce qu'on appelle l'ISN, donc c'est l'indemnisation de la solidarité
03:45nationale.
03:46C'est ce que le président Macron avait voulu réformer en arrivant à l'Élysée.
03:50Donc cette réforme est pleinement en cours.
03:54Et normalement, l'activation justement de l'ISN, ça doit être fait département par département.
03:59Donc il est tout à fait normal qu'elle réunisse les préfets de France pour savoir s'ils ont activé
04:03l'ISN
04:03pour pouvoir indemniser à la juste valeur les agriculteurs.
04:07La vraie question aujourd'hui, c'est qu'on sait que ce fonds va être doté que de 680 millions.
04:12C'est loin des attentes des agriculteurs par rapport à l'ampleur de cette sécheresse et de ces canicules à
04:18répétition.
04:19Vous parliez d'un plan de plusieurs milliards, vous.
04:22C'est ça.
04:23De combien exactement vous l'avez budgétisé ?
04:27On ne l'a pas budgétisé concrètement parce que malheureusement, on a des incertitudes encore dans beaucoup des productions.
04:33Si je prends l'exemple du maïs, c'est encore pas récolté, même si le maïs en silage est en
04:37cours de récolte.
04:38On parle de moins 50 à moins 60%.
04:41Le maïs grain ne va être récolté que dans un mois, un mois et demi.
04:44Et puis derrière, les vendanges débutent seulement.
04:48Le gouvernement, Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture, parle aussi de la création d'un prêt sécheresse.
04:54Là aussi, ça semble être encore la solution du gouvernement.
04:58Un nouveau prêt ? Est-ce que ce genre de dispositif, ça vous satisfait ?
05:04Une fois de plus, ça ne va pas nous satisfaire.
05:06Les électeurs aujourd'hui n'ont pas besoin de prêts de trésorerie.
05:09Ils ont besoin d'argent frais parce qu'ils n'ont pas la capacité à rembourser.
05:13Donc ce qu'on demande au gouvernement, c'est vraiment de prendre conscience que la crise que nous sommes en
05:16train de vivre,
05:17ça va remettre en cause rapidement et durablement la souveraineté alimentaire française.
05:22Donc si on ne fait pas attention à comment on accompagne le monde agricole,
05:26dans certaines situations, des prêts de trésorerie peuvent être envisagés.
05:29Mais j'imagine que dans l'élevage, pour acheter des fourrages, alors qu'on n'a pas la trésorerie,
05:34pour acheter les fourrages que vous voulez, si on ne revalorise pas le produit,
05:38par exemple le prix du lait ou le prix de la viande rapidement,
05:41on ne trouvera pas l'argent nécessaire pour rembourser ces prêts de trésorerie.
05:45Donc en combien même on va déplacer le problème d'une année ou voire deux années,
05:49nous ce qu'on demande au gouvernement, c'est vraiment des aides concrètes.
05:52Et derrière, on a la capacité, et le gouvernement a la capacité,
05:55à faire aussi réouvrir ces boxes de négociations commerciales,
05:58pour aller rechercher de la valeur, pour la redonner aux agriculteurs.
06:01Justement, on a un agriculteur parmi nos auditeurs, je ne sais pas s'il est encore là, Jean-Jacques ?
06:05Oui, je suis là, oui, j'ai tout entendu.
06:08Alors, dites-nous.
06:09Donc du coup, j'ai plusieurs idées.
06:12Alors déjà, c'est très important d'arriver à trouver un moyen de soutien rapide,
06:20mais rapide pour les éleveurs, pour l'ensemble de la production,
06:25parce qu'aujourd'hui, plein de cultures sont cramées,
06:29et il faut que derrière, nos élus et l'administration et compagnie valident la loi du plomb immédiatement,
06:38pour que, dès que l'automne arrive, on puisse faire des réserves d'eau,
06:42parce qu'on voit que la meilleure des sécurités, c'est la réserve d'eau.
06:46Vous avez de l'eau, vous arrosez des prairies, vous arrosez des métailles,
06:51vous arrosez plein de choses, que ce soit aussi bien un peu de maïs,
06:55parce qu'on parle du maïs, mais en France, ce n'est pas la culture principale qui est arrosée,
06:59c'est les fruits et légumes, c'est plein de prairies dans certains coins,
07:05si vous prenez la croce, c'est de la prairie qui est arrosée.
07:08Donc, il faut arrêter de focaliser sur une production,
07:12et derrière tout ça, pour l'aspect financier,
07:16comme j'expliquais dès le départ, il faut taper dans les fonds de la PAC.
07:22Et donc, aujourd'hui, sur 10 milliards, soi-disant, qui reviennent aux agriculteurs,
07:25il n'y en a que 4 milliards et demi.
07:26Tout le reste est dévoyé dans les piliers différents.
07:29Ça, c'est plutôt structurel, ce que vous voulez.
07:30Là, en l'occurrence, ce que nous explique Yohann Bard,
07:33et vous m'interrompez si je dis faux, monsieur,
07:35mais de la FNSEA,
07:38là, ce que vous voulez, c'est un déclenchement de cette fameuse ISN
07:44par département pour pouvoir venir en aide urgemment aux agriculteurs qui souffrent.
07:50D'ailleurs, Jean-Jacques, vous êtes agriculteur dans quel domaine, vous ?
07:52Alors, moi, je suis producteur à la fois de volailles, de céréales,
07:57de semences de maïs, et je préfère vous dire que le secteur de la semence de maïs
08:02a été énormément impacté.
08:04Les établissements ne savent pas comment ils arriveront à nous soutenir.
08:08Il y a quelques années, encore en 2022,
08:11ils ont tapé dans leur fonds propre pour arriver à faire passer le cap
08:15de la difficulté de la production.
08:17Aujourd'hui, les fonds propres, ils ne les ont plus.
08:18Et si les agriculteurs, les producteurs de semences eux-mêmes
08:22n'ont pas les contrats d'assurance,
08:25eh bien, les établissements ne pourront pas les remonter.
08:27Donc, ça veut dire qu'on impacte l'avenir.
08:30Vous entendez votre confrère, quelque part,
08:33qui, lui, est d'ailleurs en multi-exploitation ?
08:38Quand il parle de la PAC ?
08:39Oui, j'entends.
08:41Effectivement, la PAC est une des solutions.
08:44La ministre a déjà demandé d'activer le fonds de crise,
08:47justement, de la politique agricole commune.
08:50Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'aujourd'hui,
08:52on a besoin d'aide rapidement.
08:54Et l'ISN est une partie.
08:56Après, on peut aussi imaginer que le gouvernement,
08:59au travers des cotisations sociales,
09:01qui sont celles de la MSA,
09:03qu'on puisse avoir un allègement rapide
09:04pour, justement, soulager les trésoreries des agriculteurs.
09:07Donc, ça veut dire qu'il y a moyen d'activer des choses
09:10au niveau du gouvernement.
09:10Mais pour ça, il faut s'en donner les moyens.
09:13C'est ce que je disais tout à l'heure par rapport à la ministre.
09:14Au-delà de juger, de savoir si elle connaît une exploitation
09:17ou si elle ne connaît pas des exploitations,
09:19il faut savoir c'est quels moyens financiers
09:21le gouvernement est prêt à lui octroyer au niveau de Bercy
09:24pour pouvoir avancer.
09:25Un autre sujet, par exemple,
09:27les départements qui voudraient aider le monde agricole aujourd'hui
09:29sont dans l'incapacité de le faire
09:31parce qu'on leur a enlevé la compétence économique.
09:33Donc, ils n'ont qu'une compétence sociale.
09:35Et malheureusement, nous, ce qu'on veut,
09:37c'est aider les agriculteurs.
09:38Et le département dans lequel je suis, dans les Vosges,
09:40je suis éleveur, ils sont prêts à nous aider.
09:42Mais pour ça, il faut que Bercy les autorise
09:45à faire des aides économiques au monde agricole
09:47et pas des aides sociales.
09:49Donc ça, c'est des choses franco-françaises.
09:51Il n'y a pas besoin de l'Union Européenne.
09:52C'est entre nous.
09:53Les départements qui voudraient aider les agriculteurs
09:55peuvent le faire.
09:56Mais pour ça, il faut que Bercy donne son accord.
09:58Je voudrais remercier nos quatre auditeurs.
10:02Jacques de Mulhouse.
10:03Jacques, pardonnez-moi.
10:04Je pourrais dire un mot ?
10:05Allez-y.
10:06Je pourrais dire un mot ?
10:06Oui, bien sûr.
10:08Je peux dire un mot ?
10:09Oui, oui, allez-y.
10:09Alors, je vais vous dire un.
10:13Jacques Delavéro.
10:13À chaque élection, il y a de moins en moins de gens
10:17qui vont voter.
10:18Et après, tout le monde le respecte.
10:20Donc, moi, je demande aux Français
10:21d'aller voter massivement,
10:23qu'ils votent comme ils voudront.
10:24Moi, je suis pas rapide.
10:26Du moment où les personnes font des infos
10:28et qu'ils sont traités comme moi,
10:31tout est normal.
10:32Il faut arrêter de cette affaire.
10:34C'est un an.
10:34Et voilà, c'est tout.
10:36Mais au moins que les gens aillent voter en masse.
10:39Pourquoi ils restent chez eux ?
10:40Il a été élu à 25%.
10:43Il est là qu'il fait du truc comme si c'était le Messie.
10:47À un moment donné, il voulait magouiller pour rester au pouvoir.
10:50Et il faut arrêter tout ça.
10:51Il faut arrêter.
10:52Ah oui.
10:52C'est le peuple.
10:55Si on était solidaires, nous, si on était solidaires,
10:58mais personne ne paierait les infos.
10:59Vous verriez un peu s'il bougeait, s'il bougerait.
11:02C'est qu'on est trop faible.
11:03Il y a eu des gilets jeunes, mais aujourd'hui, ça ne peut pas se reproduire.
11:06On a peur, on a peur.
11:08Ils nous musèlent.
11:09Il y a eu la Covid.
11:11Hop, ils nous ont bloqué à la maison.
11:13Qui aurait cru 10 ans avant qu'un peuple allait pouvoir être confiné comme ça ?
11:18Personne ne l'aurait cru.
11:19Personne.
11:21En tout cas, votre colère est bien passée, Jacques Delavéron.
11:25Merci.
11:26Je vous embrasse.
11:27Merci infiniment d'être venu sur l'antenne de Sud Radio témoigner au 0826 300 300.
11:31Surtout, rappelez-nous, Jacques, parce que vous parlez avec le cœur.
11:35C'est ça qui est important.
11:36Merci aussi, Jacques de Mulhouse.
11:37Je vous embrasse également.
11:39Olivier de Agen.
11:41Je vous embrasse tout autant.
11:42Merci infiniment.
11:44Jean-Jacques, notre ami agriculteur, éleveur qui fait du maïs,
11:48comme des semences, comme des volailles.
11:50Merci, parce que vous nous avez permis de comprendre certaines choses,
11:54notamment sur la politique agricole commune.
11:56On va continuer, Clément Barguin, dans un instant.
11:59Et oui, Yohann Barbe, restez avec nous.
12:00On continue de parler de l'agriculture et de la colère
12:03qui monte à nouveau chez les agriculteurs.
12:06C'est dans un très court instant.
12:08A tout de suite.
12:10Sud Radio.
12:13Sud Radio.
12:14Les débats de l'été.
12:1510h-13h.
12:16Anthony Martin Smith.
12:19Nos Sud Radio pour nos débats de l'été,
12:23ce face-à-face avec Clément Barguin qui m'accompagne.
12:27Et notre invité, Yohann Barbe, porte-parole de la FNSEA,
12:30également président de la Fédération nationale des producteurs de lait.
12:34Yohann Barbe, on sent bien que la colère gagne de nouveau le monde agricole.
12:40Une question qu'on peut se poser.
12:41Est-ce qu'il faut s'attendre à de nouvelles, prochaines mobilisations dans les semaines à venir ?
12:48Alors la colère, effectivement, gagne le monde agricole.
12:50Et c'est surtout parce que ça fait trois années qu'on alerte qu'on a un besoin de renouveau
12:55dans l'agriculture
12:55et que tous les politiques qui se succèdent nous disent, si on va vous aider, on va vous aider.
13:00D'ailleurs, en ce moment même, est examinée la loi d'urgence agricole au niveau du Conseil constitutionnel,
13:06donc en espérant que les articles ne soient pas censurés, parce que nous avons vraiment besoin d'ouvrir le champ
13:11des possibles pour l'agriculture de demain.
13:13Le monde agricole, il n'a qu'une envie, c'est produire et pouvoir gagner sa vie de sa production.
13:18Je rappelle qu'à chaque fois qu'on arrêtera de produire sur le territoire national,
13:21on perdra aussi les industries de la transformation agroalimentaire.
13:24Donc, toutes ces industries qui transforment nos produits, c'est de l'emploi en moins.
13:28Donc, quand on aide le monde agricole, finalement, c'est un peu comme dans le bâtiment.
13:32À chaque fois qu'on aide le monde de la production, on aide le monde économique globalement sur le territoire
13:36national.
13:36Aujourd'hui, je pense que nos agriculteurs sont révoltés, parce que d'un côté, on leur demande toujours plus.
13:42Et au moment où ils sont dans le dur, et au moment où ils tendent la main vers le gouvernement
13:46pour leur dire,
13:46écoutez, aidez-nous, on sent un gouvernement qui n'est pas forcément au rendez-vous
13:49et qui n'est encore pas à la hauteur des attentes de l'agriculture.
13:52L'agriculture, elle vit avec le vivant, elle vit avec la météo.
13:55Et ce qu'on est en train de subir, alors quand on est concitoyen, effectivement, la chaleur, c'est compliqué,
14:00la canicule.
14:01J'imagine que dans Paris, c'est encore plus dur que dans nos campagnes.
14:04Mais la réalité, quand vous avez un troupeau de vaches maitières qui a perdu 30% de production,
14:08c'est toute la rentabilité de l'exploitation qui est en train de disparaître à cause d'une météo capricieuse.
14:13Donc, si le gouvernement, il n'ouvre pas les yeux rapidement sur la capacité à aider le monde agricole,
14:18nous allons perdre des agriculteurs et les Français et les Françaises ne mourront pas de faim
14:23parce qu'on aura l'argent pour aller la chercher ailleurs.
14:25Mais ce n'est pas l'agriculture que l'on veut.
14:27Ce que l'on veut, c'est celle qu'on prône en France avec une agriculture qui est respectueuse de
14:31l'environnement.
14:31Quoi qu'on en dise, on est quand même les premiers acteurs de l'environnement.
14:34Une agriculture qui est à taille humaine, donc des exploitations plutôt familiales,
14:38des exploitations qui façonnent les territoires.
14:40Et je pense que ça, le monde rural, il y est attaché et même le monde citadin, j'ai envie
14:45de dire,
14:46est attaché à cette agriculture.
14:47Mais pour ce faire, il faudra une solidarité nationale, comme l'avait dit Macron,
14:51pour vraiment aider le monde agricole dans les moments les plus durs, comme cette année,
14:56après trois voire quatre mois de période de sécheresse sans pluie,
15:00pour faire pousser nos prairies ou faire pousser tout simplement toutes les cultures
15:04qu'on voudrait implanter sur le territoire national.
15:05Et nous, consommateurs, est-ce qu'il va y avoir des répercussions ?
15:10Ça veut dire quoi ? Est-ce que certains produits risquent d'augmenter dans les prochains mois ?
15:15Quand on parle de solidarité, est-ce que là aussi, le consommateur n'a pas son rôle à jouer ?
15:20Je pense que le consommateur aura pleinement son rôle à jouer.
15:23Je pense qu'il est prêt à le faire, à concéder quelques centimes de plus à la caisse
15:26pour les éleveurs, pour les agriculteurs.
15:28Mais pour ça, il faut s'assurer que cet argent, il aille bien dans la poche des agriculteurs.
15:32Donc il y avait ce qu'on appelle les lois égalimes,
15:34qui doivent permettre de tracer l'argent jusqu'aux producteurs.
15:37Mais malheureusement, elles ne sont pas assez bien appliquées au moment où on se parle.
15:41Et donc il nous faudra plus de rigueur dans l'application
15:43et surtout plus de contrôle de la part du gouvernement
15:45pour s'assurer que si les consommateurs mettent quelques centimes de plus à la caisse,
15:50ça aille bien dans la poche des producteurs pour les aider à passer cette crise
15:53et que ça ne reste pas chez les industriels transformateurs
15:56qui nous disent avoir des charges qui ont augmenté à cause de la crise du Moyen-Orient.
16:00On a exactement le même phénomène sur nos exploitations.
16:03Je veux dire, je n'ai pas parlé de l'accès aux engrais,
16:05l'accès aux moyens de production qui est de plus en plus compliqué.
16:07Sans parler de prix, aujourd'hui, on a quasiment des produits
16:10qui n'arrivent plus sur nos exploitations.
16:13Donc on est face à une agriculture qui doit se réinventer.
16:16Le monde agricole a toujours su se réinventer et on est prêt à relever le défi.
16:19Mais pour ça, il nous faudra un vrai plan d'accompagnement.
16:22Et comme malheureusement, ça fait une quinzaine d'années
16:24qu'on tire sur la corde du monde agricole,
16:26la ressource économique dans les exploitations n'est plus là pour pouvoir s'adapter.
16:30Donc l'argent qu'on a fait comme économie
16:33pour soi-disant une alimentation pas chère,
16:35il va falloir le trouver et le réinjecter
16:37dans les deux à trois années qui sont devant nous
16:39pour adapter nos bâtiments d'élevage.
16:41Je pense à mes collègues qui font de la volaille
16:43qui ont besoin d'isoler mieux leurs bâtiments
16:45pour justement avoir moins de pertes.
16:47Parce qu'on l'avait vu pendant la première période de canicule,
16:50des volailles qui sont mortes à cause de la chaleur dans les bâtiments.
16:54Donc il faut isoler ces bâtiments.
16:55Moi j'ai eu la chance de pouvoir isoler mon bâtiment de vache laitière l'année dernière
17:00parce que j'ai transformé le bâtiment avec des panneaux solaires.
17:03J'ai gagné plus de 5 degrés à l'intérieur du bâtiment.
17:06C'est énorme en période de canicule.
17:08Mais pour ça, il faut accompagner l'ensemble du monde agricole
17:10vers ces transitions environnementales.
17:12Ça aura un coût et il faudra que le consommateur soit au rendez-vous.
17:16Mais pour ça, il nous faudra plus de traçabilité sur l'argent
17:18que le consommateur est prêt à concéder vers les producteurs.
17:22Annie Gennevard en appelle à la grande distribution.
17:25Vous aussi ?
17:27Moi aussi j'en appelle à la grande distribution.
17:29Et je pense que la grande distribution...
17:31Elle a son rôle à jouer.
17:31J'ai eu quelques acteurs de la grande distribution
17:35qui sont prêts à jouer leur rôle.
17:37Mais pour ça, il nous faut vraiment un engagement de la filière.
17:40Ça veut dire que les transformateurs,
17:42quels que soient les produits,
17:45assurent que l'argent qui est versé par la grande distribution,
17:47donc via le consommateur,
17:49arrive bien dans les exploitations.
17:50On ne peut pas se permettre d'imaginer
17:53qu'une partie de cet argent qui serait concédé par le consommateur
17:56puisse rester chez les transformateurs au moment où on se parle.
18:00Et là, effectivement, par rapport aux précédentes crises,
18:03finalement, on est toujours confronté aux mêmes problématiques.
18:06Il n'y a pas beaucoup d'avancées sur ces sujets-là.
18:10Il n'y a pas beaucoup d'avancées,
18:11à part que là, on est sur une crise exceptionnelle par rapport au climat
18:14et en même temps, il y a des prix qui se sont effondrés.
18:18Alors, à la différence,
18:19c'est sûr qu'on se compare toujours avec nos collègues européens ou mondiaux.
18:23Ils arrivent à des tarifs beaucoup moins chers que nous.
18:26Mais pourquoi ?
18:26Parce qu'ils ont fait un choix d'exploitation totalement différent.
18:29Je veux dire, moi, si je vous donne la taille de mon exploitation,
18:32on a 120 vaches laitières pour trois exploitants.
18:35Donc, ça fait peu de vaches par actif.
18:38On a 220 hectares.
18:40C'est une petite exploitation.
18:42Si je me compare à mes collègues européens,
18:44je suis minuscule.
18:45Et pourtant, on a l'impression déjà d'avoir des grosses fermes en France.
18:48Donc, si on veut préserver ce modèle,
18:49on sait que ça a un coût supplémentaire.
18:51Parce que forcément, quand vous mettez des robots dans une exploitation comme la mienne,
18:55je n'arriverai pas à les amortir de la même façon
18:56que des exploitations à 2 ou voire 6 000 vaches.
19:00Donc, effectivement, il faudra concéder quelques centimes à la caisse
19:02et comprendre qu'on ne peut pas faire toujours la concurrence
19:06avec nos collègues européens, puisque nous n'avons pas les mêmes exploitations.
19:10Au-delà des normes de production, nous n'avons pas les mêmes exploitations.
19:13Donc, on ne pourra pas compresser les charges de la même façon.
19:16Et je rappelle aussi que le monde agricole a la particularité
19:19de détenir ses propres exploitations.
19:22Donc, à chaque fois qu'on vit une crise comme ça,
19:24là, j'ai vendu des vaches laitières,
19:26on a décapitalisé du cheptel.
19:28C'est finalement une perte directe pour les exploitants.
19:30Et c'est durable et durable dans le temps.
19:33Pour remplacer une vache laitière, il faut au minimum trois ans.
19:35Donc, vous imaginez que ce qu'on est en train de vivre là
19:38aura des répercussions sur les trois prochaines années au minimum.
19:41Donc, il nous faudra vraiment, de la part de la ministre,
19:44mais je le dis, de la part du gouvernement,
19:46une prise de conscience globale pour aider le monde agricole.
19:49Et si Arnaud Rousseau a précisé qu'il fallait plusieurs milliards,
19:52c'est parce qu'aujourd'hui, on sait qu'il faudra plus d'un milliard
19:54rien que pour la partie de l'élevage ruminant
19:56pour compenser les pertes de production des prairies.
20:00Quand vous promenez en France en ce moment,
20:02pour ceux qui ont la chance de partir en vacances,
20:04vous voyez les prairies qui sont la couleur des céréales,
20:06ce n'est pas normal.
20:07Ça devrait être vert et aujourd'hui, c'est jaune comme de la paille.
20:11Malheureusement, les animaux ne peuvent plus se nourrir seuls.
20:14Il faut amener du foin.
20:15Donc, amener du foin dans les pâtures,
20:16c'est consommer déjà les stocks hivernaux.
20:18Donc, on craint le pire une fois l'automne,
20:21parce que les éleveurs qui ont consommé une bonne partie
20:24de leurs stocks hivernaux pendant l'été,
20:26s'ils n'ont pas la capacité à les reconstituer pour l'hiver,
20:29ils vont être obligés de vendre des animaux.
20:30Merci beaucoup, Janbar.
20:32Je rappelle, vous êtes porte-parole de la FNSEA.
20:35Merci pour ces éclaircissements sur vos réclamations
20:40auprès de la ministre de l'Agriculture.
20:42Annie Gennevar, vous demandez un plan d'urgence
20:45de plusieurs milliards.
20:46En tout cas, vous supposez que ce sera plusieurs milliards,
20:50parce que vous attendez encore de pouvoir consolider
20:52les pertes de chacun des exploitants agricoles,
20:55avec ces chaleurs et ces sécheresses
20:58qui commencent à vraiment mettre
21:01toutes vos professions à rude épreuve,
21:04pour certains même sur la paille,
21:06sans mauvais jeu de mots.
21:08Antoine, on revient sur notre fil rouge
21:11de la matinée, cet incendie dans les Landes.
21:14Exactement, un important incendie
21:15toujours en cours dans les Landes,
21:16près de Luglon, au nord-ouest de Mont-de-Marsan.
21:19Depuis hier, le feu a parcouru environ
21:211100 hectares de forêt.
21:23Actuellement, plus de 500 habitants
21:24ont été évacués par précaution,
21:26mais aucune nouvelle évacuation
21:27n'est prévue pour le moment.
21:30Sur place, plus de 600 pompiers sont mobilisés.
21:32A noter qu'il y a quelques minutes,
21:34la France a eu recours pour la première fois
21:35à l'hélicoptère Chinook
21:37pour lutter contre l'incendie.
21:39Cet hélicoptère australien possède
21:40une capacité de largage deux fois supérieure
21:42au Canadair, mais la situation reste
21:44extrêmement défavorable.
21:4536 degrés sont attendus cet après-midi.
21:48Protégez-vous, mettez-vous bien au frais,
21:51hydratez-vous.
21:51On a une pensée forcément très appuyée,
21:55très solidaire avec nos pompiers
21:57qui luttent contre cet incendie,
22:00Clément Vargin,
22:00avec cette situation de crise
22:04que connaît notre pays,
22:05à répétition d'ailleurs.
22:07Et toutes les répercussions,
22:09on en parle beaucoup sur Sud Radio,
22:11que ce soit les agriculteurs,
22:13les pompiers, le tourisme,
22:15cet été particulier
22:16qui emmène avec lui
22:18beaucoup de conséquences.
22:20Effectivement.
22:21Nos pompiers qui sont en colère
22:22que nous recevions ce matin
22:24avec un représentant,
22:25Anthony Cheveau,
22:26de l'UNSAS 10,
22:29syndicaliste.
22:30Hier, neuf organisations syndicales
22:33rencontrent Laurent Nunez,
22:34le ministre de l'Intérieur,
22:35pour revendiquer des situations
22:39inacceptables de leur point de vue,
22:41moins des équipements dégradés,
22:45des besoins en financement
22:46pour pouvoir embaucher
22:47et surtout pour pouvoir préserver
22:49leur santé.
22:49Ils nous disaient d'ailleurs
22:50qu'ils ont des équipements
22:53qui ne sont plus adaptés
22:54et pas adaptés
22:55pour pouvoir aller sur des incendies,
22:57des feux de forêt
22:57avec une grosse exposition.
23:00Ils n'arrivent même pas
23:03d'ailleurs à faire reconnaître
23:04des accidents du travail
23:04et même des cas de cancérologie
23:06alors qu'ils sont régulièrement exposés
23:08à des fumées cancérigènes.
23:10En tout cas,
23:11merci de nous avoir suivis
23:12tout au long de cette semaine
23:13sur ce rendez-vous du midi 13h.
23:15Je veux remercier nos auditeurs,
23:17nos auditrices
23:17qui nous ont appelés
23:18tout au long de ces rendez-vous.
23:21Vous continuez à le faire
23:22au 0826 300 300.
23:24Mille merci
23:25parce que vos témoignages
23:26sont précieux.
23:27Il me reste à vous souhaiter
23:28une belle suite de journée
23:29sur Sud Radio.
23:30Un bon week-end.
23:32Je dois remercier
23:33l'ensemble de l'équipe
23:33qui travaille avec moi
23:34pour préparer ces rendez-vous.
23:35Albin Texera,
23:36Clément Barguin,
23:38Antoine Lisy,
23:40Antonin Durand
23:41et puis Louis Randazzo
23:42à la réalisation Marie
23:44et puis au Standard,
23:45Aude qui continue
23:46d'attendre vos appels.
23:47Et moi, je vous dis
23:48à lundi matin,
23:49dès 10h.
23:49Je suis très heureux
23:50de passer cet été avec vous.
23:53Sud Radio.
23:54Sous-titrage Société Radio-Canada
23:55Sous-titrage Société Radio-Canada
23:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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