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  • il y a 3 jours
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00ont deux policiers blessés à l'arme blanche hier soir à Toulouse.
00:04L'agresseur a tenu des propos à caractère terroriste à un moment des faits,
00:08c'est le maire de Toulouse qui l'a rappelé.
00:10Il était, cet agresseur, porteur de trois couteaux,
00:13deux couteaux à huîtres et un couteau suisse.
00:16Les policiers municipaux ont été légèrement blessés, ils vont bien,
00:20le parquet national antiterroriste n'a pas été saisi.
00:23Ce qu'on a appris en milieu de matinée, c'est que l'état de santé du mis en cause
00:26n'était pas compatible avec la garde à vue.
00:28Il a été transféré vers un service psychiatrique de l'hôpital de Purpan à Toulouse.
00:34Alors, Antonin André, ce type d'incident, et le mot est faible,
00:39se multiplie ces derniers mois, ces dernières années en France.
00:43Et c'est vrai qu'il y a quand même une prolifération de ces profils psychotiques,
00:49voire psychopathes dans nos rues, avec notamment ce qu'on avait vu fin juillet
00:53du côté de Clichy, vous vous en rappelez, Antonin André.
00:56– Évidemment, l'influence des réseaux sociaux est assez importante sur les esprits faibles.
01:03Et bien souvent, on se rend compte que chez ces individus qui vivent souvent
01:05dans des situations complètement désocialisées, qui vivent souvent seuls,
01:09qui sont chez eux, ce sont des proies facibles et facilement manipulables
01:13par des gens qui poursuivent d'autres buts, des buts parfois assez crapuleux.
01:19Et donc, ces gens-là sont des esprits faibles qui sont parfois manipulés
01:22et qui passent entre les mailles des services sociaux, et il est très difficile de les détecter.
01:27On voit bien, là, quand on voit le profil du personnage,
01:30qu'avec deux couteaux à huître et un couteau suisse,
01:32ce n'est pas vraiment exactement la panoplie du djihadiste.
01:34– Non, mais ce n'est pas pour ça que c'est anodin, Antonin André.
01:37– Non, mais on sent bien que c'est donc un problème psychiatrique,
01:40et par définition, les problèmes psychiatriques sont difficiles à détecter
01:43dans le monde dans lequel on vit, et dans la société très cloisonnée dans laquelle on est.
01:46– Alors, en dix ans, et ça c'est un chiffre du ministère de l'Intérieur,
01:49en dix ans, les agressions à l'arme blanche sur les forces de l'ordre
01:53ont augmenté de 40% en dix ans, Ophélie Roch.
01:57Qu'est-ce que ça vous inspire ?
01:59Y a-t-il, comme le disait sur ce plateau il y a quelques années Georges Fenech,
02:03qu'y a-t-il une culture du couteau en France ?
02:06– C'est possible qu'il y ait une culture du couteau,
02:08mais je pense aussi et surtout qu'il y a un grand absent,
02:12et ce grand absent, c'est le suivi psychiatrique.
02:14Parce que nous, on voit, en tout cas avec les adolescents,
02:18qu'en cas de problème, c'est-à-dire qu'on sent qu'il y a des profils
02:20qui sont psychiquement un peu compliqués, voire même complètement fragmentés,
02:25en fait, il n'y a pas vraiment de suivi, c'est-à-dire que d'une certaine manière,
02:28on sent, alors c'est vrai que quand on dit qu'on ne les voit pas venir dans la société,
02:31je suis assez d'accord, et en même temps un peu en désaccord quand même.
02:34On sait qu'ils sont là, on les voit, c'est juste qu'en fait, ils sont à bas bruit.
02:37C'est-à-dire que vous savez qu'un tel, nous, parfois on a eu des élèves
02:41où on disait aux parents, la question n'est pas de savoir quand votre enfant va devenir violent.
02:45Enfin, il n'est pas de savoir s'il va, mais c'est quand il va devenir violent.
02:47Alors là, c'est un problème qui va bien au-delà des enfants.
02:50Mais c'est bien au-delà des enfants, mais ce que je veux dire, c'est que les problèmes,
02:52quand vous regardez le nombre d'adultes qui sont qualifiés avec une pathologie mentale,
02:58une pathologie mentale qui n'est pas soignée,
03:00alors pas soignée soit parce que les gens n'ont pas envie d'aller à l'hôpital parce qu'ils
03:04ont peur,
03:04soit tout simplement parce qu'ils ne trouvent pas de suivi psychiatrique qui leur convienne,
03:10c'est des bombes à retardement que vous lâchez dans la rue,
03:12et notre société là-dessus n'a pas trouvé un moyen, finalement, de prendre en charge ces gens-là.
03:18Donc forcément, ils zèrent.
03:19Alors il y en a peut-être qui peuvent se radicaliser en plus,
03:22parce que déjà quand vous avez une psychéphrasile, en effet, vous êtes peut-être un peu plus influençable.
03:26Mais là, ce type qui est là avec des couteaux à huîtres,
03:29franchement, on a plus l'impression qu'il est passé à l'acte au dernier moment,
03:33que vraiment, si ça avait été quelque chose de raisonné,
03:37je pense qu'il aurait pris avec lui peut-être des couteaux à pain, pas des couteaux à huîtres.
03:40Alors j'aimerais que nous écoutions Thierry Colomar.
03:42Thierry Colomar, c'est le président de la Fédération nationale des policiers municipaux de France.
03:47Il souligne l'incohérence entre la réalité du terrain et les décisions politiques.
03:52On écoute Thierry Colomar.
03:53Les délinquants sont armés, armes à feu,
03:55et de couteaux, de plus en plus, il ne se passe pas une journée sur une palpation de sécurité.
03:59Par exemple, on trouve des couteaux, même si les lycéens, les collégiens et les individus comme lui,
04:06les marginaux ou autres qui sont sur la voie publique,
04:09ils sont pratiquement tous armés de couteaux.
04:10Nous, on s'attend en permanence à subir des attaques aux couteaux.
04:13Moi, dans la commune qui m'emploie, la hiérarchie nous a demandé de porter son gilet pare-balles,
04:18des garrots, de manière à ce que si nous sommes blessés par un couteau,
04:21si un collègue est blessé par un couteau, nous puissions intervenir rapidement.
04:24Nous en sommes là et nous sommes formés aussi à maîtriser l'individu armé d'un couteau.
04:29Nous avons des formations régulières à l'armement et aux gestes techniques d'intervention de police.
04:33On les axe beaucoup maintenant sur les attaques aux couteaux.
04:36Nous n'avons plus le choix et toutes les polices municipales de France le font
04:39parce qu'aujourd'hui, c'est la réalité, c'est comme ça, c'est le terrain.
04:42Bertrand Debeau, secrétaire national adjoint force ouvrière police municipale
04:47qu'on entendra tout à l'heure.
04:48Là, à l'instant, c'était Thierry Colomar,
04:50président de la Fédération nationale des policiers municipaux de France.
04:53Alors, vous l'avez entendu, effectivement, Antonin André.
04:57Et êtes-vous d'accord avec ce propos qu'on vient d'entendre de Thierry Colomar ?
05:02Y a-t-il un décalage entre la théorie et la pratique,
05:06entre nos bureaucrates et la réalité du terrain ?
05:09En même temps, ce qu'il décrit, lui, c'est qu'ils sont formés justement pour ces agressions-là.
05:13Donc, ils sont, j'allais dire, c'est bien la preuve que quand même,
05:16les autorités qui s'occupent de la formation des policiers municipaux
05:19ont bien conscience que les attaques au couteau, et c'est un fait objectif,
05:23ont augmenté ces dernières années.
05:24Donc, fort heureusement, les policiers municipaux sont formés à ça.
05:28Et après, je suis partagé entre la compassion et l'accablement.
05:34C'est-à-dire qu'effectivement, on est dans une société de plus en plus violente
05:36où le passage à l'acte est devenu quelque chose.
05:40Avant, parfois, on se disait,
05:41tiens, je vais aller crever les pneus de mon voisin parce qu'il m'ennuie.
05:43Mais on ne passait pas à l'acte.
05:45Aujourd'hui, on passe à l'acte.
05:45Donc, on est dans une société de plus en plus violente.
05:47Et c'est vrai que les polices municipales sont les premières exposées à ces dangers-là.
05:52Encore une fois, elles sont formées pour cela.
05:54Et heureusement qu'elles sont formées et bien formées pour cela.
05:56On le voit de plus en plus, d'ailleurs.
05:57Les policiers municipaux sont aujourd'hui souvent en première ligne
06:00et sont à un recours nécessaire pour compléter la police nationale.
06:04Et justement, Antonin André, j'aimerais que nous écoutions Bertrand Debeau,
06:09secrétaire national adjoint de Force Ouvrière Police Municipale.
06:12Il est revenu sur le besoin d'armer les policiers municipaux.
06:16C'était donc sur CNews ce matin.
06:18Bertrand Debeau.
06:19Comme ça se produit régulièrement, les policiers municipaux sont en première ligne.
06:23On est encore l'objet de débats idéologiques et électoralistes.
06:27Il faut attirer des gens qui sont contre l'armement de la police.
06:30Nous, ce n'est pas une idéologie, c'est du pragmatisme.
06:32C'est une nécessité.
06:33On est la ligne fine qui permet qu'on ne s'attaque pas directement aux citoyens.
06:37Et on voit bien que c'est un représentant de la municipalité, mais de l'État qui est visé.
06:42Et il faut être en mesure de se défendre.
06:45Et il y a quand même, malgré tout, des gens qui militent pour un désarmement
06:49ou un non-armement de la police municipale.
06:51Alors que dans les faits, il est certain qu'il vaut mieux que la violence légitime
06:56soit détenue par des gens qui sont contrôlés par l'État, par la justice.
07:01C'est le cas des policiers municipaux.
07:03Ils exercent une violence légitime en cas strict de légitime défense.
07:08Voilà, alors je vais rappeler quand même quelques chiffres.
07:1162% des policiers municipaux sont armés.
07:15Mais cela signifie également, Antonin André et Ophélie Roch,
07:18que dans 40% des communes, il n'y a pas de policiers municipaux armés.
07:25Est-ce un problème, ça, Ophélie Roch ?
07:27On voit bien que oui.
07:28C'est-à-dire qu'en effet, peut-être qu'il y a 40 ans, c'était moins grave
07:32si même policiers municipaux n'étaient pas armés.
07:35Mais là, ça semble compliqué de les désarmer.
07:38Alors, il faut aussi, je pense, 60% qui sont armés.
07:41C'est-à-dire aussi que je pense que ça met du temps, finalement, à les armer.
07:43Alors déjà, il faut acheter les armes, puis surtout, il faut les former.
07:46Le but n'est pas de donner une arme à...
07:48Mais vous savez, certains achètent d'abord des vélos avant les armes.
07:52Je parle notamment de la commune de Saint-Denis-Pierrefitte.
07:56Oui, alors, après, ce que pointe du doigt ce syndicaliste et qui est une réalité,
08:00c'est que ça concerne beaucoup, on va le dire, des municipalités de gauche, voire d'extrême-gauche.
08:05Donc, ce sont beaucoup les élus LFI qui militent contre l'armement de policiers,
08:08parfois, d'ailleurs, de face...
08:09De M. Bakayoko, donc, à Saint-Denis, effectivement.
08:12Mais moi, ce qui me...
08:14Je trouve normal que les policiers municipaux soient armés à partir du moment où ils sont formés.
08:17Et j'allais dire, encore plus, j'allais dire depuis les attentats qu'on a connus à Paris,
08:23du Bataclan et de Charlie Hebdo, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit bien que les policiers municipaux,
08:27et à Paris, ne sont pas armés, par exemple, d'armes létales,
08:29ce qui, à mon avis, pose problème, parce que, notamment dans les villes où on est exposé à un risque
08:33terroriste,
08:34et où les policiers municipaux sont, de fait, dans le premier maillage territorial de sécurisation des biens et des personnes,
08:41il me semble qu'aujourd'hui, l'armement de la police municipale,
08:45et d'ailleurs, elle est quand même de plus en plus partagée par tout le monde,
08:48est une nécessité aujourd'hui.
08:49Alors, partagée par tout le monde, je ne sais pas, Antonin André, au filiroc,
08:52parce que, lorsque j'écoute Jean-Luc Mélenchon, et puis, de manière plus confidentielle, Philippe Poutou,
08:58tous les deux sont pour le désarmement, non seulement de la police municipale,
09:04mais aussi de la police nationale.
09:07Oui, mais ce sont des arguments qui sont électoralistes, j'allais dire, chez Jean-Luc Mélenchon,
09:12qui s'est mis sur un positionnement fortement universaliste, fortement communautariste,
09:17et qui a fait quand même un de ses mots d'or, la police tue.
09:21Donc, si vous voulez, il a choisi son camp, qui n'est pas celui de l'ordre et de la
09:25violence légitime,
09:26et de l'ordre républicain, mais qui considère que la police, aujourd'hui, est un danger pour la population.
09:32C'est une inversion des valeurs, qui, fort heureusement, n'est pas partagée par l'ensemble du spectre politique,
09:38et pour le moment, n'est cantonnée qu'à l'extrême-gauche.
09:40Alors, je ne dis pas que ça n'est pas un problème, parce que l'audience électorale de Jean-Luc
09:42Mélenchon est assez importante,
09:44mais elle est quand même minoritaire.
09:46Et par ailleurs, vous avez certains élus, je pense à Pierre Urmic, notamment à Bordeaux, qui était élu écologiste,
09:50qui, au départ, lorsqu'ils sont élus, sont élus sur un programme de policiers non armés,
09:55et ils y reviennent.
09:56Donc, la réalité du terrain fait aussi parfois changer d'avis,
09:59y compris des gens qui sont très idéologisés,
10:02mais qui, dans la pratique quotidienne de leur fonction de maire,
10:05vont changer d'avis et armer les policiers.
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