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  • il y a 30 minutes
Ceuta : l'ancien patron de Frontex devenu député européen français (RN), Fabrice Leggeri défend l'idée d'un retour concerté des contrôles frontaliers, critique vivement la stratégie migratoire menée par Madrid et réclame une attitude nettement plus rigoureuse à l'égard des réseaux de passeurs comme des ONG.
Fabrice Leggeri, eurodéputé RN et ancien patron de Frontex, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 04 août 2026.

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Transcription
00:00RTL Matin.
00:01Les ministres de l'intérieur de l'Union Européenne se réunissent à 10h en urgence par visioconférence
00:06pour tenter de faire front commun après la crise migratoire sans précédent de Ceuta.
00:11Bonjour Fabrice Légéry.
00:13Bonjour.
00:14Eurodéputé, Rassemblement National, ancien patron de Frontex,
00:17l'agence européenne de garde frontière et de garde côte, vous l'étiez,
00:20patron entre 2015 et 2022.
00:22Alors les images, elles ont fait le tour du monde.
00:23Fin juillet, des dizaines de milliers de migrants sont entrés à pied ou à la nage à Ceuta,
00:28cette enclave espagnole d'Afrique du Nord.
00:31Qui est responsable d'abord, selon vous, de cet afflux soudain et massif ?
00:35Je crois que la politique laxiste du gouvernement espagnol de Pedro Sanchez
00:40a pour beaucoup incité ceux qui avaient envie de jouer avec une crise migratoire
00:46à tester les limites, à tester les possibilités en Espagne et pour l'Union Européenne.
00:52Donc il y a eu depuis plusieurs mois en Espagne une politique de régularisation
00:56annonçant 500 000 régularisations de clandestins
00:59qui finalement va se terminer autour de 1 million
01:03avec une conséquence sur l'ensemble de l'espace Schengen
01:06puisque ces personnes régularisées pourront circuler temporairement dans l'espace Schengen.
01:12Donc ça c'est l'élément, je dirais, de contexte politique espagnol.
01:15Et puis il y a eu une décision de justice de la Cour suprême espagnole
01:20au début du mois de juillet qui a indiqué que les autorités espagnoles n'avaient plus le droit
01:26de reconduire immédiatement de Ceuta vers le Maroc les clandestins
01:31alors qu'il existait un accord entre l'Espagne, il existe un accord entre l'Espagne et le Maroc
01:37mais cette décision de justice a estimé que si des migrants arrivent à la nage
01:42c'est-à-dire nage quelques centaines de mètres d'une plage marocaine
01:46vers une plage de Ceuta en Espagne
01:49à ce moment-là, on ne pouvait pas les reconduire.
01:53Donc il y a eu, si vous voulez, à mon avis, la conjonction des deux
01:55qui a provoqué cet afflux
01:56et puis peut-être des tests géopolitiques
02:00des tests de tous ceux qui ont un intérêt à créer le chaos migratoire en Europe.
02:05Alors Pedro Sanchez dit que cette décision de justice est mal interprétée
02:08mais alors vous, vous pointez la politique espagnole
02:10il y a des témoignages quand même qui montrent que le Maroc n'a pas fait grand-chose
02:13pour empêcher les migrants de passer
02:16qu'il pourrait s'agir d'un message d'avertissement
02:18à cause du dossier du Sahara occidental.
02:21Je crois qu'il faut évidemment que l'Espagne
02:24dans sa relation bilatérale avec le Maroc puisse clarifier cela
02:28il faut également que l'Union Européenne
02:31qui paye des sommes conséquentes au Maroc
02:35dans le cadre d'une coopération en matière migratoire
02:39devront pouvoir expliquer
02:41et je pense que, en tout cas, le conseil qui a lieu aujourd'hui
02:46par visioconférence entre les ministres de l'intérieur des pays de l'Union Européenne
02:51devra également évoquer cette question.
02:54Pour ma part, je participerai, je pense que c'est dans la semaine
02:58à une réunion exceptionnelle au Parlement européen
03:01de la commission qui s'occupe des questions migratoires
03:05et où je suis membre et coordinateur de mon groupe
03:07et donc nous avons bien l'intention de faire la lumière
03:12avec le commissaire européen, les autorités espagnoles
03:16et y compris les autorités locales.
03:18Vous avez été patron de Frontex pendant 7 ans
03:20et c'est une situation que vous avez connue, vous, en 2021
03:22un afflux de 10 000 jeunes marocains
03:25qui étaient venus faire pression
03:26le Maroc les avait laissés passer en Espagne ?
03:29Oui, alors à l'époque, l'Espagne n'avait pas souhaité le soutien de Frontex en 2021
03:36de manière générale, l'Espagne ne souhaitait pas que l'agence Frontex
03:41donc l'agence européenne, n'intervienne à Ceuta ou à Méli
03:44qui est la deuxième enclave espagnole
03:48qui se trouve géographiquement en Afrique du Nord
03:52En tout cas, ce qu'il faut, de mon point de vue, c'est assurer le rétablissement
03:57de la frontière extérieure de l'Espagne et de l'Union Européenne
04:00avec le Maroc, cette frontière terrestre
04:02Il faut évidemment faire en sorte qu'on surveille le bras de mer à cet endroit-là
04:09que bien entendu, on fasse en sorte que personne ne puisse se noyer
04:13Je rappelle qu'il y a quand même 60 migrants qui ont perdu la vie
04:17une soixantaine à peu près dans ces événements-là
04:20Donc 83 morts, c'est le bilan minimum de données
04:2283, oui
04:23Voilà, donc les chiffres ne cessent d'évoluer de jour en jour
04:27Donc je crois qu'il faut absolument tenir cette frontière
04:29et envoyer un message très ferme à tous ceux qui auraient envie de la tester
04:33Et puis il faut de manière très active
04:37qu'on puisse, que ce soit l'Espagne à titre individuel
04:40ou avec le soutien de Frontex, puisque vous éloquez l'agence
04:43Il faut pouvoir renvoyer ces clandestins de Ceuta vers le Maroc
04:50mais aussi vers d'autres pays d'origine
04:53parce qu'on se concentre sur des Marocains
04:55mais je lis qu'il y a aussi des milliers de nationalités subsahariennes
05:01et donc qui ne sont pas des Marocains
05:03et le Maroc ne reprend pas ces subsahariens qui sont des étrangers
05:08pour les Marocains également
05:09Donc c'est une situation qu'il faudra examiner avec beaucoup d'attention
05:12et il faudra agir avec beaucoup de fermeté et de détermination politique
05:16Parce qu'aujourd'hui on est dépendant du bon vouloir des pays tiers
05:19pour sécuriser nos frontières et renvoyer les migrants
05:22Je crois que l'une des leçons qui doit être tirée par les dirigeants européens
05:27c'est qu'il faut être capable de protéger nous-mêmes
05:31c'est-à-dire nos états membres à la frontière extérieure
05:34protéger notre frontière extérieure
05:37l'appliquer avec détermination les règles qui disent que
05:40si quelqu'un ne remplit pas les conditions pour entrer chez nous
05:44et bien cette personne ne doit pas rentrer
05:46et ne pas laisser affaiblir notre droit
05:49par tout un tas de fables qui sont racontées
05:52par des ONG, par des interprétations farfelues diverses et variées
05:55qui essaient de nous faire croire
05:57j'ai connu cette situation comme directeur de Frontex
06:00on essaye de me faire croire qu'on n'a pas le droit
06:02d'empêcher les migrants illégaux d'entrer illégalement en Europe
06:07c'est une fable politique, idéologique
06:09qui fait le jeu de certains
06:10et donc il faut agir avec détermination politique
06:13Alors plusieurs états membres, l'Italie, le Danemark
06:16en tête ont appelé à suspendre l'Espagne
06:18de l'espace Schengen
06:20exclure l'Espagne de Schengen
06:22ou fermer les frontières intérieures
06:24est-ce que ce n'est pas une fausse solution
06:26alors que Ceuta est sur le continent africain
06:28et hors de cet espace Schengen ?
06:30Alors juridiquement et politiquement
06:33Ceuta est dans l'espace Schengen
06:37même si il est vrai que traditionnellement
06:40les autorités espagnoles filtrent
06:42les personnes qui montent sur des bateaux
06:44ou dans des avions
06:46entre Ceuta
06:47donc c'est une ville espagnole
06:49située géographiquement en Afrique du Nord
06:50et d'autre part le reste du continent espagnol
06:54donc il y a normalement une deuxième frontière
06:56on va dire, un deuxième filtre
06:58mais il faut absolument que les autorités espagnoles
07:02empêchent ces migrants
07:03qui sont à Ceuta encore
07:05de s'embarquer vers le reste de l'Espagne
07:07parce qu'en quelques heures
07:09ils pourraient arriver en France
07:11ou dans d'autres pays
07:12et je m'inquiète quand même d'entendre
07:15de lire qu'en Espagne
07:16il a été décidé que des soi-disant
07:18mineurs étrangers isolés
07:20seraient répartis sur le reste
07:23du territoire espagnol
07:24à partir de Ceuta
07:25et donc ça veut dire que c'est une dissémination
07:28dans tout le reste de l'Europe
07:29donc pour répondre à votre question
07:32oui, il faut envoyer un avertissement
07:35au gouvernement espagnol
07:37qui est notoirement laxiste
07:38ce gouvernement socialiste
07:40et effectivement
07:43rétablir les contrôles aux frontières
07:46intérieures
07:46notamment entre la France et l'Espagne
07:49est quelque chose que le Rassemblement National
07:50la quasi-totalité des 60 000 migrants
07:52sont repartis
07:53vous parlez de laxisme
07:54mais ils sont tous repartis
07:55c'est ce qu'on nous dit
07:57mais on voit aussi
07:58que les autorités locales espagnoles
08:01qui ne sont pas socialistes
08:02le président, maire de la ville autonome
08:05de Ceuta mais espagnol
08:08qui est du parti populaire
08:10donc le parti de droite
08:11on va dire pour faire simple
08:12s'inquiète quand même
08:14que des milliers de ces migrants
08:16restent encore à camper dans la ville
08:18donc il va falloir que les autorités
08:20à la fois espagnoles
08:21au niveau national
08:22et au niveau local
08:23nous expliquent la situation
08:24Alors l'Espagne est sous pression
08:26cette réunion des ministres de l'intérieur
08:27dont vous parliez dans la matinée
08:29en visioconférence
08:30qu'est-ce qui peut sortir d'une réunion
08:33comment les 27 peuvent faire bloc ?
08:35Moi je crois qu'il faut rappeler
08:37les règles en matière de contrôle
08:40aux frontières extérieures
08:41il faut rappeler la fermeté
08:43la volonté de tous les Etats membres
08:46d'une majorité en tout cas
08:47d'Etats membres de l'Union Européenne
08:49de contrôler les frontières extérieures
08:51afin d'empêcher ce genre de phénomène
08:53et il faut aussi une politique active
08:57d'expulsion
08:58nous avons au Parlement européen
09:00voté d'une manière définitive
09:04il y a quelques semaines
09:05un règlement qui s'appelle
09:06règlement retour
09:07c'est-à-dire sur les expulsions
09:09de migrants
09:09qui est un règlement extrêmement sévère
09:11comme jamais
09:12ni la France
09:13ni l'Union Européenne
09:15n'en a connu
09:16et je pense
09:17que c'est un premier outil
09:21qui devrait être utilisé
09:22que l'Espagne souhaite l'utiliser
09:25ou non
09:26et je note d'ailleurs
09:27que Emmanuel Macron
09:28et son gouvernement
09:29malheureusement
09:30ne s'expriment pas
09:32dans le sens de la fermeté
09:33Dernière question Fabrice Légeri
09:35vous êtes visé depuis le mois de mars
09:36par une enquête de la justice
09:37après une plainte pour complicité de crime
09:39contre l'humanité
09:40notamment une plainte
09:42de la Ligue des Droits de l'Homme
09:43qui vous accuse d'avoir facilité
09:45durant votre mandat
09:46le refoulement d'embarcations
09:47de migrants
09:48ainsi que des interceptions
09:49par les gardes-côtes libyens
09:51de bateaux
09:51qui tentaient alors
09:52de rejoindre l'Italie
09:53qu'est-ce que vous répondez aujourd'hui ?
09:55Tout d'abord je réponds
09:56que pendant les années
09:57où j'ai dirigé Frontex
09:58l'agence sous ma direction
10:00a sauvé à peu près
10:02400 000 vies
10:02en Méditerranée
10:04je réponds que
10:05ceux qui sont complices
10:07de faire
10:08prendre des risques
10:09aux migrants
10:10ce sont des criminels
10:11et malheureusement
10:12les criminels
10:12les trafiquants
10:13les passeurs
10:13et malheureusement
10:14il y a aussi
10:16comme l'a révélé Frontex
10:17il y a encore quelques semaines
10:19des suspicions très fortes
10:21que des ONG
10:21sont elles-mêmes impliquées
10:23dans le trafic de migrants
10:24donc évidemment
10:26lorsque des personnes
10:27sont proches
10:28de la côte libyenne
10:29et qu'elles risquent
10:32de se nourrir
10:32Donc c'est la faute
10:33des passeurs
10:33et des ONG
10:34C'est la faute
10:35des passeurs
10:38essentiellement
10:38c'est parfois
10:40une complaisance
10:42des ONG
10:43une complaisance
10:43idéologique
10:44opérationnelle
10:45et puis surtout
10:45je rappelle
10:46que le droit international
10:47le droit de la mer
10:47dit que
10:48lorsque on détecte
10:50des embarcations
10:51qui sont en train
10:52d'être en détresse
10:53et bien
10:54on a le devoir
10:54d'aider
10:55les autorités
10:56qui sont compétentes
10:57et les gardes-côtes libyens
10:59sont compétents
11:00au large de la Libye
11:01Merci beaucoup
11:02Merci Fabrice Légeri
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