00:01RTL Soir
00:03Vincent Parizeau
00:04Invité d'RTL Soir, le ministre de l'économie et des finances, Roland Lescure.
00:08Bonsoir.
00:09Merci d'être avec vous en direct sur RTL.
00:11Vous avez rencontré les représentants des assureurs cet après-midi.
00:15On va bien sûr parler notamment de l'indemnisation des sinistrés.
00:18Mais tout d'abord, votre réaction à ce coup de théâtre aux Etats-Unis,
00:22puisqu'on l'a appris tout à l'heure, la Cour suprême juge illégal
00:26une grande partie des droits de douane décidés par Donald Trump
00:29et mis en place par Donald Trump.
00:31Je rappelle que pour les Européens, c'est 15% de droits de douane.
00:35C'est une sacrée bonne nouvelle, ça.
00:37Alors, je n'ai pas l'habitude de commenter les décisions de justice françaises.
00:40Donc, je ne vais pas a fortiori commenter une décision de justice
00:43de la Cour suprême des Etats-Unis.
00:45Ça montre bien en tout cas que les fameux tarifs étaient pour le moins sujets à débat.
00:50On a vu aussi que le déficit commercial américain, il est sorti hier,
00:53était resté très important l'année dernière.
00:55Donc, ça montre aussi que ce n'est peut-être pas la recette magique qu'on espérait.
00:58Maintenant, on va voir les conséquences que tout ça a dans l'avenir.
01:00En tout cas, les bourses ont fortement monté après cette annonce.
01:04Est-ce que ça veut dire que les droits de douane qui ont été perçus
01:07depuis leur mise en place vont être remboursés ?
01:10C'est une bonne question.
01:11Ça, ce sera à l'administration américaine et notamment à la justice de le dire.
01:14C'est beaucoup d'argent, 185 milliards.
01:16185 milliards que l'Europe ?
01:19Alors, pas l'Europe, c'est l'ensemble des tarifs qui ont été perçus depuis un an.
01:22Ça fait beaucoup d'argent.
01:23Donald Trump doit s'exprimer d'ici quelques minutes.
01:26Évidemment, l'actualité pour une bonne partie de la France,
01:29c'est la question des crues, des inondations.
01:30Vous avez rencontré les assureurs aujourd'hui.
01:35De tout d'abord, la situation des gens qui sont dans la difficulté.
01:38Est-ce que vous pouvez chiffrer, par exemple,
01:41le nombre de maisons qui sont inondées
01:45ou le nombre de foyers privés d'électricité ?
01:47On a des chiffres, effectivement.
01:49D'abord, sur l'électricité, moi j'étais chez Inédis ce matin.
01:51Ça fait 10 jours que ça dure.
01:52On est sur des événements absolument, historiquement exceptionnels.
01:56Deux tempêtes de suite, Nîmes et Pedro.
01:58Il y a 10 jours, il y avait 900 000 foyers privés d'électricité.
02:01Ce que je peux vous annoncer, c'est qu'à l'heure où je vous parle,
02:03il n'y en reste que 6 000.
02:056 000 foyers d'électricité privés d'électricité ce soir.
02:08Voilà, donc on a reconnecté l'immense majorité des foyers.
02:12Ça fait quand même 6 000, dont certains n'ont plus d'électricité depuis 10 jours.
02:15Quand on sait l'importance de l'électricité dans nos vies,
02:18nos congélateurs, nos frigos, nos téléphones, etc.,
02:20c'est quand même une pression énorme.
02:21Mais merci aux 4 000 collaborateurs d'Inédis
02:24qui ont travaillé jour et nuit,
02:26qui ont été déplacés partout en France
02:29pour aller dans les zones de tempête
02:30parce qu'ils ont vraiment fait un travail exceptionnel
02:31et je les ai remerciés ce matin.
02:32Ces 6 000 qui sont encore privés d'électricité,
02:34ils peuvent espérer un retour du courant dans combien de temps ?
02:37Le vrai sujet pour eux, c'est même d'arriver à les rejoindre
02:40parce qu'on a des inondations
02:42qui empêchent les camions d'Inédis
02:44d'aller rejoindre soit les zones sinistrées,
02:47les transformateurs, etc.,
02:48soit même les maisons eux-mêmes.
02:50Moi, j'ai eu des témoignages dans le Gers, par exemple,
02:53de solidarité très forte sur le terrain,
02:55des gens qui font les courses les uns pour les autres,
02:57des gens qui apportent des batteries de téléphone
02:59parce qu'ils ne peuvent plus charger leur téléphone,
03:00mais ça reste une galère importante.
03:02Vous m'interrogez sur les inondations,
03:04on a aujourd'hui,
03:06mais malheureusement,
03:07les crues ne sont pas terminées,
03:08surtout la décrue n'a pas commencé,
03:09entre 10 et 15 000 bâtiments qui sont inondés,
03:14essentiellement des domiciles individuels,
03:16mais ça peut être aussi des entreprises.
03:18Des commerces, des exploitations agricoles,
03:20ça veut dire qu'il faudra aussi prendre en compte
03:22pour les assureurs,
03:23et ça on va y venir,
03:24les pertes d'exploitation ?
03:25Oui, alors j'ai réuni les assureurs aujourd'hui
03:27pour véritablement sonner la mobilisation générale.
03:30Ils m'ont dit qu'ils s'engageaient,
03:31d'abord à faire très vite.
03:33Donc vous savez qu'il y a deux types d'indemnisation,
03:35il y a celle qui nécessite une expertise,
03:37et celle qui ne nécessite pas une expertise.
03:39Ils se sont engagés à rembourser très vite
03:42les sinistres,
03:44déclarés pour quelques centaines d'euros,
03:46mais c'est quand même parfois beaucoup d'argent,
03:47quand il n'y a pas d'expertise.
03:48Pour l'expertise,
03:49ils s'engagent à envoyer des experts très vite,
03:52et ensuite à dédommager très vite.
03:53Pour ça, et là je fais deux appels à vos auditeurs,
03:56un, il faut déclarer très vite le sinistre
03:58auprès de son assurance.
03:59Ils se sont engagés à laisser du temps aux gens,
04:01parce que quand vous êtes dans la détresse,
04:03la première chose à laquelle vous pensez,
04:04c'est peut-être pas d'appeler votre assureur,
04:05mais le plus vite vous le faites,
04:07le plus vite les procédures sont lancées.
04:09Deux, attention aux arnaques.
04:11Il n'est pas rare que les gens se fassent
04:13faire des réparations d'urgence,
04:14une bâche sur le toit, etc.,
04:16par des gens qui ne sont pas agréés,
04:18qui font un, pas du bon travail,
04:19et qui risquent de ne pas être remboursés.
04:21Donc, adressez-vous à des réparateurs.
04:23Des vrais professionnels qui ont pignon sur rue.
04:24Des pros, des couvreurs, des plombiers, etc.,
04:26parce que c'est évidemment important.
04:28On est encore au cœur, j'allais dire, de la tourmente.
04:31Les inondations sont encore très importantes.
04:33La décrue n'a pas commencé.
04:35Pour estimer l'ampleur des dégâts,
04:37il faudra sans doute qu'on attende
04:38que la décrue soit terminée.
04:39Et ce que je peux vous dire aussi,
04:40ça on l'a évalué avec les assureurs,
04:43c'est qu'on est en termes de montant
04:46au moins à un milliard d'euros de dommages.
04:49Plus d'ailleurs en provenance de la tempête elle-même,
04:51qui a détruit pas mal de bâtiments, de toits, etc.,
04:55que les inondations qui, à ce stade,
04:58ne sont pas très coûteuses.
04:59Mais je le disais tout à l'heure,
05:00ça continue, donc attention.
05:02Ça veut dire qu'à un moment,
05:04il faudra adapter le système des assurances
05:06aux risques, à la cartographie des risques ?
05:09Oui, mais c'est d'abord, avant même le sujet d'assurance,
05:11un sujet d'adaptation de notre modèle.
05:13Quand on dit, il faut investir dans le réseau
05:15pour le rendre plus résilient,
05:17on m'a attaqué la semaine dernière.
05:19Sur le réseau d'électricité ?
05:20Bien sûr.
05:21Par exemple, enfouir des lignes.
05:23On était en 1999, tempête, Klaus,
05:262 millions de foyers privés d'électricité,
05:28on avait à peu près 25% du réseau qui était enfoui.
05:31On est passé maintenant à plus de 35%.
05:33Je le disais tout à l'heure,
05:34on a 900 000 personnes qui ont été privées d'électricité,
05:36c'est quand même deux fois moins qu'il y a 20 ans.
05:38Donc il faut continuer à investir dans le réseau.
05:40Il faut aussi effectivement s'assurer
05:42que les assureurs sont bien, je dirais,
05:46adaptés, avec le droit des assurances notamment,
05:48et bien adaptés,
05:48il y a des projets parlementaires qui avancent là-dessus,
05:52aux nouvelles circonstances climatiques.
05:54Et puis, il faut surtout arrêter
05:56de faire du climato-scepticisme.
05:58Vous savez qu'on a des gros débats
05:59avec les Américains là-dessus,
06:00j'étais à l'Agence internationale de l'énergie,
06:02les dérèglements climatiques,
06:04malheureusement, ça continue,
06:06ça s'accélère,
06:06et on le vit de manière très concrète dans notre vie.
06:08Mais il y a quand même un débat aujourd'hui
06:09sur la capacité à maintenir la possibilité
06:11d'assurer dans les zones les plus à risque,
06:14les zones inondables.
06:15Il faut continuer à pouvoir construire dans ces zones-là ?
06:17Non, alors, il y a deux sujets.
06:18Est-ce qu'il faut pouvoir assurer ?
06:20Évidemment.
06:21Est-ce qu'il y a des endroits
06:22où il faut peut-être limiter les constructions,
06:24les faire évoluer ?
06:25Sans doute.
06:26Et ça, c'est un travail qu'on a lancé
06:28et qu'on va poursuivre dans les semaines qui viennent.
06:29Donc, on a l'occasion de revenir vous en parler.
06:31Mais en attendant, aujourd'hui,
06:33on gère l'urgence.
06:33Évidemment.
06:34Parce que c'est l'essentiel.
06:35L'urgence, c'est aussi l'annonce
06:36de l'état de catastrophe naturelle.
06:38C'est pour quand ?
06:39Alors, ça se fait commune par commune.
06:41Le Premier ministre a souhaité
06:42que ça se fasse très vite.
06:43Donc, dès mardi,
06:44il y aura une première réunion
06:46qui passera en revue
06:46à un certain nombre de communes
06:47pour les déclarer dès que possible.
06:49Tout ça est très normé.
06:51C'est une histoire de pluviométrie,
06:53de niveau décru, etc.
06:56Donc, tout ça a été examiné
06:57de manière très sérieuse.
06:58On est en train de faire des relevés
06:59dès aujourd'hui.
07:00Et dès mardi,
07:02on saura si un certain nombre de communes
07:03peuvent être, dès mardi,
07:05classées en situation de catastrophe naturelle.
07:07Mais on va continuer
07:08dans les jours qui suivent, évidemment.
07:10Roland Lescure,
07:11on profite quand même de votre présence ici
07:13pour vous poser deux questions.
07:14Il nous reste seulement deux minutes.
07:16Tout d'abord,
07:17cette affaire de fiscalité,
07:18vous savez,
07:18cette affaire des milliers de foyers fiscaux
07:20qui ne paient pas d'impôts
07:21sur le revenu,
07:23révélée par votre prédécesseur,
07:24Eric Lombard,
07:25vous aviez démenti.
07:26En fait, selon les représentants
07:30de la commission des finances au Sénat,
07:32un socialiste,
07:33et Jean-François Husson à Le Républicain,
07:35il y en a 13 335 de ces foyers
07:37qui payent l'impôt sur la fortune immobilière
07:40mais pas l'impôt sur le revenu.
07:42C'est une bizarrerie qui s'explique
07:43ou c'est un scandale ?
07:44Non, deux choses.
07:45D'abord, je n'avais pas démenti l'existence,
07:46j'avais démenti l'existence d'une note.
07:48Il était soi-disant une note
07:50qui existait dans la nature,
07:51qui décrivait tout ça.
07:52J'avais dit,
07:53de note, on n'en a pas.
07:54Et d'ailleurs, à cette occasion-là,
07:55on avait justement demandé
07:56à ce que les services nous fassent une note.
07:58Donc, il y en a plus de 13 000.
07:59Cette note, elle existe,
08:00elle a été transmise au Sénateur
08:01et parmi ces 13 000,
08:03il y a à la fois,
08:04je dirais, des choses qui s'expliquent
08:06et des choses qui ne s'expliquent pas.
08:07Ce qui s'explique,
08:09des Français qui résident à l'étranger,
08:11qui payent l'impôt à l'étranger
08:12mais qui ont un appartement en France
08:14pour lequel ils payent l'impôt
08:15sur la fortune immobilière.
08:17Ça arrive.
08:17Des gens qui meurent dans l'année
08:18et qui ne payent pas d'impôt sur le revenu
08:20mais qui, pour autant,
08:24il y a ce qu'on appelle de l'optimisation fiscale
08:25sur laquelle il faut qu'on travaille.
08:26Je vous rappelle que le gouvernement
08:27avait proposé dans le projet de budget
08:30des instruments,
08:30notamment une taxation sur les holdings.
08:32On n'a pas réussi à la faire adopter
08:33par le Parlement.
08:34Je pense qu'il faut continuer
08:35à travailler là-dessus.
08:37On a des bizarreries fiscales
08:38qu'il faut qu'on supprime
08:39et l'optimisation qu'il faut qu'on arrête
08:42tout simplement.
08:43Puis il faut aussi qu'on comprenne
08:44que la fiscalité, parfois, c'est compliqué
08:46et que vous pouvez être riche
08:47et pas gagner d'argent.
08:48Ça arrive.
08:49On a y compris des gens,
08:50je finis là-dessus mais c'est important,
08:51qui ont un appartement à Paris
08:53qu'ils détiennent depuis 20-30 ans,
08:55qui vaut sans doute plus d'un million d'euros
08:56et qui sont des petits retraités
08:57et qui ne payent pas d'impôts.
08:59Ça arrive aussi.
09:00Un dernier mot.
09:01On a l'excure sur le climat politique,
09:03la manifestation de demain
09:04pour rendre hommage à Quentin Deran
09:06qu'il fallait l'autoriser, la maintenir.
09:09Oui.
09:10Enfin, le ministre de l'Intérieur
09:11a été très clair.
09:12Il faut la maintenir
09:12et s'assurer qu'elle se passe bien.
09:14On parle d'un drame absolument horrible.
09:16On parle d'un jeune,
09:18quelles que soient ses convictions politiques,
09:19qui ne peuvent pas se retrouver lynchés
09:23comme c'est arrivé.
09:24On se retrouve aussi avec des partis politiques
09:26qui ont tendance régulièrement
09:28à instrumentaliser la violence dans leurs mots.
09:31Et ça se retrouve dans une violence
09:33dans les actes et dans les rues
09:34qu'il faut avoir en tête.
09:35Le président était très clair là-dessus.
09:37Je pense qu'il faut faire le ménage
09:38à l'extrême gauche et à l'extrême droite.
09:41Eh bien c'est dit.
09:42Et vous l'avez dit ce soir sur RTL.
09:43Merci beaucoup Roland Lescure,
09:45ministre de l'économie.
09:47Allez une courte pause
09:48et puis dans un instant
09:49on accueille Renaud Lavillenie.
09:51Eh oui parce que les stars de la perche
09:53ont rendez-vous à Clermont-Ferrand ce week-end.
09:55A tout de suite.
09:56RTL Soir
09:58avec Vincent Parizeau
09:59Merci.
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