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Droits de douane, impôt sur le revenu des millionnaires, Exaion, indemnisations liées aux crues... Écoutez l'interview de Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Regardez L'invité de RTL Soir avec Vincent Parizot du 20 février 2026.

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Transcription
00:01RTL Soir
00:03Vincent Parizeau
00:04Invité d'RTL Soir, le ministre de l'économie et des finances, Roland Lescure.
00:08Bonsoir.
00:09Merci d'être avec vous en direct sur RTL.
00:11Vous avez rencontré les représentants des assureurs cet après-midi.
00:15On va bien sûr parler notamment de l'indemnisation des sinistrés.
00:18Mais tout d'abord, votre réaction à ce coup de théâtre aux Etats-Unis,
00:22puisqu'on l'a appris tout à l'heure, la Cour suprême juge illégal
00:26une grande partie des droits de douane décidés par Donald Trump
00:29et mis en place par Donald Trump.
00:31Je rappelle que pour les Européens, c'est 15% de droits de douane.
00:35C'est une sacrée bonne nouvelle, ça.
00:37Alors, je n'ai pas l'habitude de commenter les décisions de justice françaises.
00:40Donc, je ne vais pas a fortiori commenter une décision de justice
00:43de la Cour suprême des Etats-Unis.
00:45Ça montre bien en tout cas que les fameux tarifs étaient pour le moins sujets à débat.
00:50On a vu aussi que le déficit commercial américain, il est sorti hier,
00:53était resté très important l'année dernière.
00:55Donc, ça montre aussi que ce n'est peut-être pas la recette magique qu'on espérait.
00:58Maintenant, on va voir les conséquences que tout ça a dans l'avenir.
01:00En tout cas, les bourses ont fortement monté après cette annonce.
01:04Est-ce que ça veut dire que les droits de douane qui ont été perçus
01:07depuis leur mise en place vont être remboursés ?
01:10C'est une bonne question.
01:11Ça, ce sera à l'administration américaine et notamment à la justice de le dire.
01:14C'est beaucoup d'argent, 185 milliards.
01:16185 milliards que l'Europe ?
01:19Alors, pas l'Europe, c'est l'ensemble des tarifs qui ont été perçus depuis un an.
01:22Ça fait beaucoup d'argent.
01:23Donald Trump doit s'exprimer d'ici quelques minutes.
01:26Évidemment, l'actualité pour une bonne partie de la France,
01:29c'est la question des crues, des inondations.
01:30Vous avez rencontré les assureurs aujourd'hui.
01:35De tout d'abord, la situation des gens qui sont dans la difficulté.
01:38Est-ce que vous pouvez chiffrer, par exemple,
01:41le nombre de maisons qui sont inondées
01:45ou le nombre de foyers privés d'électricité ?
01:47On a des chiffres, effectivement.
01:49D'abord, sur l'électricité, moi j'étais chez Inédis ce matin.
01:51Ça fait 10 jours que ça dure.
01:52On est sur des événements absolument, historiquement exceptionnels.
01:56Deux tempêtes de suite, Nîmes et Pedro.
01:58Il y a 10 jours, il y avait 900 000 foyers privés d'électricité.
02:01Ce que je peux vous annoncer, c'est qu'à l'heure où je vous parle,
02:03il n'y en reste que 6 000.
02:056 000 foyers d'électricité privés d'électricité ce soir.
02:08Voilà, donc on a reconnecté l'immense majorité des foyers.
02:12Ça fait quand même 6 000, dont certains n'ont plus d'électricité depuis 10 jours.
02:15Quand on sait l'importance de l'électricité dans nos vies,
02:18nos congélateurs, nos frigos, nos téléphones, etc.,
02:20c'est quand même une pression énorme.
02:21Mais merci aux 4 000 collaborateurs d'Inédis
02:24qui ont travaillé jour et nuit,
02:26qui ont été déplacés partout en France
02:29pour aller dans les zones de tempête
02:30parce qu'ils ont vraiment fait un travail exceptionnel
02:31et je les ai remerciés ce matin.
02:32Ces 6 000 qui sont encore privés d'électricité,
02:34ils peuvent espérer un retour du courant dans combien de temps ?
02:37Le vrai sujet pour eux, c'est même d'arriver à les rejoindre
02:40parce qu'on a des inondations
02:42qui empêchent les camions d'Inédis
02:44d'aller rejoindre soit les zones sinistrées,
02:47les transformateurs, etc.,
02:48soit même les maisons eux-mêmes.
02:50Moi, j'ai eu des témoignages dans le Gers, par exemple,
02:53de solidarité très forte sur le terrain,
02:55des gens qui font les courses les uns pour les autres,
02:57des gens qui apportent des batteries de téléphone
02:59parce qu'ils ne peuvent plus charger leur téléphone,
03:00mais ça reste une galère importante.
03:02Vous m'interrogez sur les inondations,
03:04on a aujourd'hui,
03:06mais malheureusement,
03:07les crues ne sont pas terminées,
03:08surtout la décrue n'a pas commencé,
03:09entre 10 et 15 000 bâtiments qui sont inondés,
03:14essentiellement des domiciles individuels,
03:16mais ça peut être aussi des entreprises.
03:18Des commerces, des exploitations agricoles,
03:20ça veut dire qu'il faudra aussi prendre en compte
03:22pour les assureurs,
03:23et ça on va y venir,
03:24les pertes d'exploitation ?
03:25Oui, alors j'ai réuni les assureurs aujourd'hui
03:27pour véritablement sonner la mobilisation générale.
03:30Ils m'ont dit qu'ils s'engageaient,
03:31d'abord à faire très vite.
03:33Donc vous savez qu'il y a deux types d'indemnisation,
03:35il y a celle qui nécessite une expertise,
03:37et celle qui ne nécessite pas une expertise.
03:39Ils se sont engagés à rembourser très vite
03:42les sinistres,
03:44déclarés pour quelques centaines d'euros,
03:46mais c'est quand même parfois beaucoup d'argent,
03:47quand il n'y a pas d'expertise.
03:48Pour l'expertise,
03:49ils s'engagent à envoyer des experts très vite,
03:52et ensuite à dédommager très vite.
03:53Pour ça, et là je fais deux appels à vos auditeurs,
03:56un, il faut déclarer très vite le sinistre
03:58auprès de son assurance.
03:59Ils se sont engagés à laisser du temps aux gens,
04:01parce que quand vous êtes dans la détresse,
04:03la première chose à laquelle vous pensez,
04:04c'est peut-être pas d'appeler votre assureur,
04:05mais le plus vite vous le faites,
04:07le plus vite les procédures sont lancées.
04:09Deux, attention aux arnaques.
04:11Il n'est pas rare que les gens se fassent
04:13faire des réparations d'urgence,
04:14une bâche sur le toit, etc.,
04:16par des gens qui ne sont pas agréés,
04:18qui font un, pas du bon travail,
04:19et qui risquent de ne pas être remboursés.
04:21Donc, adressez-vous à des réparateurs.
04:23Des vrais professionnels qui ont pignon sur rue.
04:24Des pros, des couvreurs, des plombiers, etc.,
04:26parce que c'est évidemment important.
04:28On est encore au cœur, j'allais dire, de la tourmente.
04:31Les inondations sont encore très importantes.
04:33La décrue n'a pas commencé.
04:35Pour estimer l'ampleur des dégâts,
04:37il faudra sans doute qu'on attende
04:38que la décrue soit terminée.
04:39Et ce que je peux vous dire aussi,
04:40ça on l'a évalué avec les assureurs,
04:43c'est qu'on est en termes de montant
04:46au moins à un milliard d'euros de dommages.
04:49Plus d'ailleurs en provenance de la tempête elle-même,
04:51qui a détruit pas mal de bâtiments, de toits, etc.,
04:55que les inondations qui, à ce stade,
04:58ne sont pas très coûteuses.
04:59Mais je le disais tout à l'heure,
05:00ça continue, donc attention.
05:02Ça veut dire qu'à un moment,
05:04il faudra adapter le système des assurances
05:06aux risques, à la cartographie des risques ?
05:09Oui, mais c'est d'abord, avant même le sujet d'assurance,
05:11un sujet d'adaptation de notre modèle.
05:13Quand on dit, il faut investir dans le réseau
05:15pour le rendre plus résilient,
05:17on m'a attaqué la semaine dernière.
05:19Sur le réseau d'électricité ?
05:20Bien sûr.
05:21Par exemple, enfouir des lignes.
05:23On était en 1999, tempête, Klaus,
05:262 millions de foyers privés d'électricité,
05:28on avait à peu près 25% du réseau qui était enfoui.
05:31On est passé maintenant à plus de 35%.
05:33Je le disais tout à l'heure,
05:34on a 900 000 personnes qui ont été privées d'électricité,
05:36c'est quand même deux fois moins qu'il y a 20 ans.
05:38Donc il faut continuer à investir dans le réseau.
05:40Il faut aussi effectivement s'assurer
05:42que les assureurs sont bien, je dirais,
05:46adaptés, avec le droit des assurances notamment,
05:48et bien adaptés,
05:48il y a des projets parlementaires qui avancent là-dessus,
05:52aux nouvelles circonstances climatiques.
05:54Et puis, il faut surtout arrêter
05:56de faire du climato-scepticisme.
05:58Vous savez qu'on a des gros débats
05:59avec les Américains là-dessus,
06:00j'étais à l'Agence internationale de l'énergie,
06:02les dérèglements climatiques,
06:04malheureusement, ça continue,
06:06ça s'accélère,
06:06et on le vit de manière très concrète dans notre vie.
06:08Mais il y a quand même un débat aujourd'hui
06:09sur la capacité à maintenir la possibilité
06:11d'assurer dans les zones les plus à risque,
06:14les zones inondables.
06:15Il faut continuer à pouvoir construire dans ces zones-là ?
06:17Non, alors, il y a deux sujets.
06:18Est-ce qu'il faut pouvoir assurer ?
06:20Évidemment.
06:21Est-ce qu'il y a des endroits
06:22où il faut peut-être limiter les constructions,
06:24les faire évoluer ?
06:25Sans doute.
06:26Et ça, c'est un travail qu'on a lancé
06:28et qu'on va poursuivre dans les semaines qui viennent.
06:29Donc, on a l'occasion de revenir vous en parler.
06:31Mais en attendant, aujourd'hui,
06:33on gère l'urgence.
06:33Évidemment.
06:34Parce que c'est l'essentiel.
06:35L'urgence, c'est aussi l'annonce
06:36de l'état de catastrophe naturelle.
06:38C'est pour quand ?
06:39Alors, ça se fait commune par commune.
06:41Le Premier ministre a souhaité
06:42que ça se fasse très vite.
06:43Donc, dès mardi,
06:44il y aura une première réunion
06:46qui passera en revue
06:46à un certain nombre de communes
06:47pour les déclarer dès que possible.
06:49Tout ça est très normé.
06:51C'est une histoire de pluviométrie,
06:53de niveau décru, etc.
06:56Donc, tout ça a été examiné
06:57de manière très sérieuse.
06:58On est en train de faire des relevés
06:59dès aujourd'hui.
07:00Et dès mardi,
07:02on saura si un certain nombre de communes
07:03peuvent être, dès mardi,
07:05classées en situation de catastrophe naturelle.
07:07Mais on va continuer
07:08dans les jours qui suivent, évidemment.
07:10Roland Lescure,
07:11on profite quand même de votre présence ici
07:13pour vous poser deux questions.
07:14Il nous reste seulement deux minutes.
07:16Tout d'abord,
07:17cette affaire de fiscalité,
07:18vous savez,
07:18cette affaire des milliers de foyers fiscaux
07:20qui ne paient pas d'impôts
07:21sur le revenu,
07:23révélée par votre prédécesseur,
07:24Eric Lombard,
07:25vous aviez démenti.
07:26En fait, selon les représentants
07:30de la commission des finances au Sénat,
07:32un socialiste,
07:33et Jean-François Husson à Le Républicain,
07:35il y en a 13 335 de ces foyers
07:37qui payent l'impôt sur la fortune immobilière
07:40mais pas l'impôt sur le revenu.
07:42C'est une bizarrerie qui s'explique
07:43ou c'est un scandale ?
07:44Non, deux choses.
07:45D'abord, je n'avais pas démenti l'existence,
07:46j'avais démenti l'existence d'une note.
07:48Il était soi-disant une note
07:50qui existait dans la nature,
07:51qui décrivait tout ça.
07:52J'avais dit,
07:53de note, on n'en a pas.
07:54Et d'ailleurs, à cette occasion-là,
07:55on avait justement demandé
07:56à ce que les services nous fassent une note.
07:58Donc, il y en a plus de 13 000.
07:59Cette note, elle existe,
08:00elle a été transmise au Sénateur
08:01et parmi ces 13 000,
08:03il y a à la fois,
08:04je dirais, des choses qui s'expliquent
08:06et des choses qui ne s'expliquent pas.
08:07Ce qui s'explique,
08:09des Français qui résident à l'étranger,
08:11qui payent l'impôt à l'étranger
08:12mais qui ont un appartement en France
08:14pour lequel ils payent l'impôt
08:15sur la fortune immobilière.
08:17Ça arrive.
08:17Des gens qui meurent dans l'année
08:18et qui ne payent pas d'impôt sur le revenu
08:20mais qui, pour autant,
08:24il y a ce qu'on appelle de l'optimisation fiscale
08:25sur laquelle il faut qu'on travaille.
08:26Je vous rappelle que le gouvernement
08:27avait proposé dans le projet de budget
08:30des instruments,
08:30notamment une taxation sur les holdings.
08:32On n'a pas réussi à la faire adopter
08:33par le Parlement.
08:34Je pense qu'il faut continuer
08:35à travailler là-dessus.
08:37On a des bizarreries fiscales
08:38qu'il faut qu'on supprime
08:39et l'optimisation qu'il faut qu'on arrête
08:42tout simplement.
08:43Puis il faut aussi qu'on comprenne
08:44que la fiscalité, parfois, c'est compliqué
08:46et que vous pouvez être riche
08:47et pas gagner d'argent.
08:48Ça arrive.
08:49On a y compris des gens,
08:50je finis là-dessus mais c'est important,
08:51qui ont un appartement à Paris
08:53qu'ils détiennent depuis 20-30 ans,
08:55qui vaut sans doute plus d'un million d'euros
08:56et qui sont des petits retraités
08:57et qui ne payent pas d'impôts.
08:59Ça arrive aussi.
09:00Un dernier mot.
09:01On a l'excure sur le climat politique,
09:03la manifestation de demain
09:04pour rendre hommage à Quentin Deran
09:06qu'il fallait l'autoriser, la maintenir.
09:09Oui.
09:10Enfin, le ministre de l'Intérieur
09:11a été très clair.
09:12Il faut la maintenir
09:12et s'assurer qu'elle se passe bien.
09:14On parle d'un drame absolument horrible.
09:16On parle d'un jeune,
09:18quelles que soient ses convictions politiques,
09:19qui ne peuvent pas se retrouver lynchés
09:23comme c'est arrivé.
09:24On se retrouve aussi avec des partis politiques
09:26qui ont tendance régulièrement
09:28à instrumentaliser la violence dans leurs mots.
09:31Et ça se retrouve dans une violence
09:33dans les actes et dans les rues
09:34qu'il faut avoir en tête.
09:35Le président était très clair là-dessus.
09:37Je pense qu'il faut faire le ménage
09:38à l'extrême gauche et à l'extrême droite.
09:41Eh bien c'est dit.
09:42Et vous l'avez dit ce soir sur RTL.
09:43Merci beaucoup Roland Lescure,
09:45ministre de l'économie.
09:47Allez une courte pause
09:48et puis dans un instant
09:49on accueille Renaud Lavillenie.
09:51Eh oui parce que les stars de la perche
09:53ont rendez-vous à Clermont-Ferrand ce week-end.
09:55A tout de suite.
09:56RTL Soir
09:58avec Vincent Parizeau
09:59Merci.
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