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  • il y a 7 minutes
Alors que plusieurs incendies continuent de ravager le sud de la France, notamment en Haute-Corse, dans le Var et en Gironde où une importante reprise de feu est en cours à Lège-Cap-Ferret, les conséquences économiques s'annoncent considérables. Plus de 13.000 entreprises ont été évacuées en Gironde et près de 130.000 salariés sont aujourd'hui dans l'incapacité de travailler. Comment accompagner les entreprises touchées ? Quelles mesures d'urgence l'État va-t-il mettre en place pour préserver l'activité économique et l'emploi ? Et comment préparer la reprise dans les territoires sinistrés. Sébastien Martin, Ministre délégué chargé de l'Industrie est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 29 juillet 2026.

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Transcription
00:00Vincent Derosier, RTL Matin.
00:02Et bonjour Sébastien Martin.
00:04Bonjour.
00:04Ministre délégué chargé de l'industrie, on vient de l'entendre avec Mathilde Piquet.
00:08Il y a en France 250 000 sapeurs-pompiers volontaires.
00:12Sur le terrain, il en manque, nous disent les pompiers.
00:15Est-ce que les entreprises font tout bien pour libérer tous ceux qui sont volontaires et qui veulent partir ?
00:19Je pense qu'on va toujours trouver des exemples où certains chefs d'entreprise sont un peu moins volontaires,
00:25on va dire, pour libérer leurs sapeurs-pompiers volontaires.
00:28Mais vous savez, moi, avant d'être ministre, pendant 12 ans, j'ai été élu local en Saône-et-Loire.
00:32J'ai vu des dizaines et des dizaines de conventions signées entre les entreprises et les services des sapeurs-pompiers.
00:38Et dans l'ensemble, c'est ce qui a été dit aussi.
00:40Tout le monde y trouve un intérêt parce que c'est aussi un sacré avantage d'avoir quelqu'un qui
00:43est capable de porter les premiers secours dans une entreprise.
00:46Bien sûr, beaucoup d'entreprises y trouvent un intérêt, laissent leurs salariés partir,
00:50mais il manque à peu près 50 000 pompiers volontaires sur le terrain.
00:53C'est ce que nous disaient les pompiers qui combattent les flammes.
00:56Le refus des employeurs, il est fréquent.
00:57Là, l'État peut faire quelque chose ?
00:59Il y a peut-être parfois le refus des employeurs, mais je pense que la question des sapeurs-pompiers volontaires,
01:05c'est aussi une forme...
01:07Vous savez, on dit dans ce pays, parfois, il peut y avoir une crise de l'engagement.
01:10La question de l'engagement, il y a un travail qui est fait pour sensibiliser les jeunes.
01:14On peut devenir d'abord jeunes sapeurs-pompiers, les JSP, pour ensuite pouvoir devenir sapeurs-pompiers.
01:19Je veux juste dire qu'on ne devient pas sapeurs-pompiers comme ça du jour au lendemain.
01:23C'est un parcours et parfois, c'est exigeant.
01:26Et donc, il y a des gens qui aiment s'engager dans la société,
01:28mais qui parfois, face à l'exigence de ce qu'est être sapeurs-pompiers volontaires...
01:32Je n'ai jamais vu une caserne de sapeurs-pompiers refuser des sapeurs-pompiers volontaires.
01:36Je vois plutôt des casernes, parfois, aller chercher de nouveaux sapeurs-pompiers volontaires.
01:40C'est un parcours exigeant.
01:41Donc, il faut qu'on continue avec les collectivités locales, avec les entreprises,
01:44à sensibiliser nos concitoyens à cet engagement.
01:45Bon, si je vous écoute, il n'est pas question de mettre la pression
01:48ou de sanctionner, d'une façon ou d'une autre, les entreprises qui diraient
01:51« Non, non, il y a un dossier à boucler avant d'aller combattre les incendies. »
01:53Non, mais elles ont des règles à suivre qui sont dans les conventions
01:55qu'elles ont signées avec les services départementaux d'incendies et de secours.
01:59Et ces conventions doivent être appliquées.
02:00Alors, l'urgence pour vous, c'est la situation économique.
02:0313 000 entreprises évacues en Gironde, près de 15 000 touchées, selon la Chambre de commerce.
02:08On va être sur un quoi qu'il en coûte.
02:10130 000 salariés.
02:11130 000 salariés.
02:12On va assister à un nouveau quoi qu'il en coûte, comme après le Covid ?
02:16Et je crois que jusqu'à présent, et d'ailleurs les Français nous en sont grés,
02:20nous avons, face à chacune des crises, essayé d'apporter des réponses extrêmement concrètes,
02:24ciblées et précises.
02:27Là, il s'agit d'arroser les forêts.
02:31Il ne s'agit pas de lancer à nouveau un système d'arrosage automatique à l'aide et à la
02:34subvention.
02:35Il y a plusieurs dispositifs qui existent.
02:37Je pense qu'on va y revenir.
02:38Et ceux-ci sont mobilisés.
02:40Dès lundi, Roland Lescure a réuni l'ensemble des filières,
02:44et le matin, localement, et l'après-midi, l'ensemble des filières nationales concernées par cette crise.
02:49Il y a une nouvelle réunion demain après-midi à Bercy pour faire un point.
02:54Mon collègue Serge Papin, Jean-Pierre Farandou, sur ces sujets-là,
02:58seront amenés à faire sans doute un certain nombre d'annonces et de précisions.
03:01Mais on n'est pas sur du quoi qu'il en coûte, on est sur de l'efficacité.
03:04Donc là, aujourd'hui, on connaît le nombre d'entreprises touchées, le nombre de salariés,
03:08les pertes économiques, vous pouvez les chiffrer même de façon imparfaite ?
03:12Non, c'est beaucoup trop tôt.
03:13Je veux rappeler quand même que cet épisode d'incendie, en tout cas sur la Gironde,
03:19il y a eu les Landes dans un premier temps.
03:21Maintenant, il y a la Gironde.
03:23Et sur ce secteur tout particulier, ces méga-feux qu'est la Gironde,
03:27a commencé en deuxième moitié de semaine dernière.
03:32Nous sommes aujourd'hui mercredi.
03:34C'est à partir de ce week-end que la préfète a indiqué
03:37que les salariés ne pouvaient pas retourner dans leurs entreprises.
03:39On est donc à trois jours, effectivement,
03:43où les salariés ne peuvent pas retourner dans leurs entreprises.
03:45Je crois qu'il faut raison garder, regarder les choses très concrètement.
03:49L'État sera aux côtés des entreprises, nous l'avons dit,
03:52nous le sommes déjà en ayant clairement dit que le recours au chômage partiel
03:55pour les entreprises qui sont dans le secteur évacué
03:58comme celles qui ne sont pas dans le secteur évacué
04:01pouvaient être ouvertes aux entreprises.
04:03C'est un premier niveau d'aide.
04:04Il y aura aussi des mesures d'étalement sur les questions.
04:07Le chômage partiel, ce sera 100% pour les salariés au SMIC, vous disiez.
04:09C'est un peu moins ensuite.
04:10C'est moins.
04:11C'est plutôt autour d'un peu plus de 60% du brut.
04:15Et puis ensuite, avec une prise de participation de l'État
04:18qui est apportée sur le chômage partiel.
04:20Mais c'est quand même un soulagement pour le chef d'entreprise
04:23que de pouvoir avoir recours à cette mesure de chômage partiel.
04:28Il y a aussi tout le secteur des travailleurs indépendants
04:30qui n'ont pas forcément beaucoup de salariés ou pas de salariés.
04:35Qu'est-ce que vous leur dites aux travailleurs indépendants ?
04:36Il existe un système de protection sociale des travailleurs indépendants
04:40qui fait qu'ils peuvent avoir en ce moment, du fait de cette urgence,
04:43une aide qui peut aller jusqu'à 2000 euros.
04:45Mais je sais que mon collègue Serge Papin travaille sur cette mesure spécifique
04:49et que peut-être des détails ou des compléments vont être apportés dans la journée.
04:53Mais les travailleurs indépendants, c'est les boulangers, les artisans, les commerçants,
04:57des artisans du bâtiment ou autre,
04:59qui doivent intervenir, qui devraient travailler en ce moment,
05:02qui ne le peuvent pas, qui peuvent avoir cette aide d'urgence.
05:04Un salarié évacué de chez lui, mais dans l'entreprise ou l'usine qui tourne,
05:08a-t-il droit au chômage partiel si l'employeur refuse son absence par exemple ?
05:12Ça fait partie des sujets en fait.
05:15Aujourd'hui, vous avez quelqu'un qui, je prends un exemple,
05:18il est effectivement dans une commune évacuée,
05:21il est peut-être hébergé dans un centre d'hébergement,
05:23il n'a plus ses affaires, il a peut-être laissé son véhicule derrière lui,
05:26il doit s'occuper de reloger sa famille, d'envoyer ses enfants chez ses parents.
05:30C'est compliqué pour lui d'aller travailler.
05:33Nous, on est en train de regarder ces cas précisément.
05:36On pense qu'effectivement, un patron pourrait avoir recours au chômage partiel
05:39pour ce type de situation.
05:40En tout cas, c'est ce qu'a dit Serge Papin hier,
05:43beaucoup de souplesse, beaucoup de réactivité dans l'analyse de ces dossiers
05:48et beaucoup d'humanité surtout dans l'analyse de ces dossiers.
05:51Mais je rappelle que les demandes de chômage partiel,
05:53effectivement, elles sont déposées par le chef d'entreprise.
05:57Après, si le chef d'entreprise décide de ne pas avoir recours au chômage partiel,
06:00il rémunère son salarié.
06:02Sébastien Martin, il y a la question des saisonniers.
06:04Vous avez vu ces terrasses vides,
06:06il y a les vendanges qui arrivent un peu plus tard,
06:08il y a les campings qui sont évacués.
06:09Tous ceux qui devaient travailler en Gironde,
06:11ils auront droit au chômage partiel ?
06:13Ce qui compte, c'est la prise effective du poste.
06:17Donc, les saisonniers qui, aujourd'hui, avaient pris leur poste
06:22et qui, dans une des communes évacuées,
06:25ne peuvent pas retourner travailler,
06:28ils sont bien évidemment bénéficiaires du chômage partiel.
06:29Ce n'est pas la promesse d'embauche qui compte,
06:31c'est le contrat signé.
06:32C'est, un, vous devez avoir un contrat,
06:34et deux, vous devez avoir pris votre poste.
06:36Si vous avez pris votre poste,
06:37vous êtes bénéficiaire du chômage partiel.
06:40La question est pour ceux qui vont arriver,
06:42qui ont signé un contrat, mais qui n'ont pas encore pris leur poste.
06:44Là, c'est difficile de répondre,
06:45parce que, je ne sais pas, moi,
06:47si les choses s'arrêtent d'ici cette fin de semaine
06:49et que les contrats démarrent la semaine prochaine,
06:51il n'y a pas de question.
06:52Donc, tout ça va évoluer dans les 48 heures.
06:55Je le redis, jeudi après-midi,
06:56Roland Lescure convoque une réunion à nouveau
06:59avec l'ensemble des fédérations professionnelles
07:01pour examiner encore ces cas particuliers,
07:03ces situations très précises
07:04qu'on veut traiter avec humanité et efficacité.
07:07L'État peut aider pour leur trouver du travail ailleurs ?
07:11D'ailleurs, j'en profite,
07:12comme l'a fait Serge Papin hier,
07:14la Gironde est un très grand département.
07:17Aujourd'hui, on est sur un cas
07:18qui est en gros l'ouest de la métropole de Bordeaux
07:21jusqu'au nord du bassin d'Arcachon,
07:23qui est touché.
07:24Mais tout ce qui est au sud du bassin d'Arcachon
07:27et puis tout ce qui est au nord,
07:29effectivement, là, l'activité touristique est maintenue
07:33et donc, on incite les gens
07:36à poursuivre leurs vacances
07:37quand ils ne sont pas du tout dans les zones concernées
07:39et puis, surtout, à se projeter vers l'avenir,
07:41à ne pas annuler par anticipation
07:43parce que les gens ne le méritent pas
07:44et il faut apporter la solidarité.
07:45Vous disiez, on ne va pas distribuer
07:47ces subventions comme ça, comme des petits pains,
07:49mais par exemple, hier, le maire de Bordeaux,
07:50Thomas Cazenave, la ville de Bordeaux,
07:52n'a pas brûlé, mais lui a été inquiet.
07:54Et vous demandez entre les lignes de l'argent.
07:56Il y a un formidable mouvement de solidarité,
07:58d'ailleurs aussi, qui est exprimé par les communes.
07:59Je vois beaucoup de communes
08:00qui apportent leur aide aux sinistrés,
08:03qui apportent leur aide aux collectivités sinistrées.
08:07Je dis que nous regardons les situations
08:09au cas par cas,
08:10que le président de la République
08:11a demandé exactement la même chose
08:13et que donc, demain après-midi,
08:15il y aura sans doute des premiers éléments
08:17de réponse qui seront apportés.
08:18Parlons un instant des sites stratégiques.
08:20En Gironde, les flammes se sont rapprojés
08:22de plusieurs sites classés Céveso,
08:24une usine de missiles,
08:25une poudrerie, une centrale nucléaire
08:26à 50 km même.
08:28Tout a bien été anticipé ?
08:29Oui, parce que déjà,
08:30vous parlez effectivement de sites Céveso.
08:33La catégorie Céveso
08:35est une catégorie qui impose
08:37une réglementation en matière de sécurité
08:39des sites qui est ultra exigeante.
08:42Parce que des travaux, pardon,
08:43ont eu lieu en pleine nuit ces derniers jours.
08:46On a du mal à se dire
08:47c'est complètement anticipé
08:49quand des travaux ont eu lieu en catastrophe.
08:50Attendez, vous avez un niveau de protection
08:52qui est important sur ce genre de site
08:53en matière de sécurité incendie par exemple,
08:56en matière de présence de sapeurs-pompiers
08:58directement sur les sites,
09:00des sites Céveso-Seuil-Haut.
09:01Vous avez en permanence des pompiers
09:02qui sont présents sur ce genre de site.
09:05Il y a eu des travaux qui ont été faits
09:07pour conforter, pour, comment dirais-je,
09:09pour améliorer encore les conditions de sécurité.
09:12On a terrassé tout autour
09:15puisque vous l'avez vu,
09:16dans la lutte contre le feu,
09:17ce qui est important,
09:17c'est d'enlever tout type de combustible finalement.
09:20Donc on a renforcé encore la sécurité
09:22et puis surtout,
09:22ont été enlevés de ces sites
09:24des pâtières qui pouvaient être considérées
09:26comme dangereuses.
09:27Vous l'avez dit,
09:28certains font des fusées,
09:29certains font des poudres
09:30qui sont nécessaires pour les missiles.
09:32Donc il n'est peut-être pas nécessaire
09:33de laisser ça à 15 kilomètres.
09:34Il n'est pas nécessaire de changer la loi,
09:35de changer la charte Céveso,
09:36de débroussailler plus loin.
09:38Honnêtement, le système Céveso
09:39à la française a d'ailleurs fait l'objet,
09:41je vous rappelle,
09:42après Lubrizol,
09:43après un certain nombre de situations
09:45comme l'explosion à Toulouse
09:47a fait déjà l'objet de révision,
09:48de retour d'expérience
09:49et d'un certain nombre d'éléments.
09:51Il y a des périmètres de sécurité
09:52dans les sites Céveso.
09:53Par exemple,
09:54si vous êtes site Céveso,
09:55vous ne pouvez pas avoir un bâtiment
09:58autour à un minimum 2 kilomètres
10:00ou 5 kilomètres
10:00en fonction des rayons
10:01que l'on a de sécurité
10:03autour de ces sites.
10:03Donc c'est une réglementation
10:05qui est vérifiée.
10:06Il y a des visites
10:07qui sont faites tous les ans
10:08ou tous les deux ans
10:08par les services de l'État
10:09pour vérifier que toutes les conditions
10:10sont bien remplies.
10:11Et donc il n'y a pas de leçons
10:12à tirer de ces méga-feux
10:13mieux formés les industriels ?
10:15Bien sûr,
10:15il y a toujours des leçons
10:16à avoir.
10:19L'adaptation au changement climatique
10:21et donc les conséquences
10:22que peuvent en être ces méga-feux
10:23font partie aussi des sujets
10:24sur lesquels on travaille.
10:25D'ailleurs,
10:25j'ai labellisé dans le Grand Est
10:29un territoire
10:29qui est volontaire sur ce sujet.
10:31Et merci beaucoup Sébastien Martin,
10:32ministre délégué à l'industrie,
10:34d'avoir été là.
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