00:00Vincent Derosier, RTL Matin.
00:02Et bonjour Sébastien Martin.
00:04Bonjour.
00:04Ministre délégué chargé de l'industrie, on vient de l'entendre avec Mathilde Piquet.
00:08Il y a en France 250 000 sapeurs-pompiers volontaires.
00:12Sur le terrain, il en manque, nous disent les pompiers.
00:15Est-ce que les entreprises font tout bien pour libérer tous ceux qui sont volontaires et qui veulent partir ?
00:19Je pense qu'on va toujours trouver des exemples où certains chefs d'entreprise sont un peu moins volontaires,
00:25on va dire, pour libérer leurs sapeurs-pompiers volontaires.
00:28Mais vous savez, moi, avant d'être ministre, pendant 12 ans, j'ai été élu local en Saône-et-Loire.
00:32J'ai vu des dizaines et des dizaines de conventions signées entre les entreprises et les services des sapeurs-pompiers.
00:38Et dans l'ensemble, c'est ce qui a été dit aussi.
00:40Tout le monde y trouve un intérêt parce que c'est aussi un sacré avantage d'avoir quelqu'un qui
00:43est capable de porter les premiers secours dans une entreprise.
00:46Bien sûr, beaucoup d'entreprises y trouvent un intérêt, laissent leurs salariés partir,
00:50mais il manque à peu près 50 000 pompiers volontaires sur le terrain.
00:53C'est ce que nous disaient les pompiers qui combattent les flammes.
00:56Le refus des employeurs, il est fréquent.
00:57Là, l'État peut faire quelque chose ?
00:59Il y a peut-être parfois le refus des employeurs, mais je pense que la question des sapeurs-pompiers volontaires,
01:05c'est aussi une forme...
01:07Vous savez, on dit dans ce pays, parfois, il peut y avoir une crise de l'engagement.
01:10La question de l'engagement, il y a un travail qui est fait pour sensibiliser les jeunes.
01:14On peut devenir d'abord jeunes sapeurs-pompiers, les JSP, pour ensuite pouvoir devenir sapeurs-pompiers.
01:19Je veux juste dire qu'on ne devient pas sapeurs-pompiers comme ça du jour au lendemain.
01:23C'est un parcours et parfois, c'est exigeant.
01:26Et donc, il y a des gens qui aiment s'engager dans la société,
01:28mais qui parfois, face à l'exigence de ce qu'est être sapeurs-pompiers volontaires...
01:32Je n'ai jamais vu une caserne de sapeurs-pompiers refuser des sapeurs-pompiers volontaires.
01:36Je vois plutôt des casernes, parfois, aller chercher de nouveaux sapeurs-pompiers volontaires.
01:40C'est un parcours exigeant.
01:41Donc, il faut qu'on continue avec les collectivités locales, avec les entreprises,
01:44à sensibiliser nos concitoyens à cet engagement.
01:45Bon, si je vous écoute, il n'est pas question de mettre la pression
01:48ou de sanctionner, d'une façon ou d'une autre, les entreprises qui diraient
01:51« Non, non, il y a un dossier à boucler avant d'aller combattre les incendies. »
01:53Non, mais elles ont des règles à suivre qui sont dans les conventions
01:55qu'elles ont signées avec les services départementaux d'incendies et de secours.
01:59Et ces conventions doivent être appliquées.
02:00Alors, l'urgence pour vous, c'est la situation économique.
02:0313 000 entreprises évacues en Gironde, près de 15 000 touchées, selon la Chambre de commerce.
02:08On va être sur un quoi qu'il en coûte.
02:10130 000 salariés.
02:11130 000 salariés.
02:12On va assister à un nouveau quoi qu'il en coûte, comme après le Covid ?
02:16Et je crois que jusqu'à présent, et d'ailleurs les Français nous en sont grés,
02:20nous avons, face à chacune des crises, essayé d'apporter des réponses extrêmement concrètes,
02:24ciblées et précises.
02:27Là, il s'agit d'arroser les forêts.
02:31Il ne s'agit pas de lancer à nouveau un système d'arrosage automatique à l'aide et à la
02:34subvention.
02:35Il y a plusieurs dispositifs qui existent.
02:37Je pense qu'on va y revenir.
02:38Et ceux-ci sont mobilisés.
02:40Dès lundi, Roland Lescure a réuni l'ensemble des filières,
02:44et le matin, localement, et l'après-midi, l'ensemble des filières nationales concernées par cette crise.
02:49Il y a une nouvelle réunion demain après-midi à Bercy pour faire un point.
02:54Mon collègue Serge Papin, Jean-Pierre Farandou, sur ces sujets-là,
02:58seront amenés à faire sans doute un certain nombre d'annonces et de précisions.
03:01Mais on n'est pas sur du quoi qu'il en coûte, on est sur de l'efficacité.
03:04Donc là, aujourd'hui, on connaît le nombre d'entreprises touchées, le nombre de salariés,
03:08les pertes économiques, vous pouvez les chiffrer même de façon imparfaite ?
03:12Non, c'est beaucoup trop tôt.
03:13Je veux rappeler quand même que cet épisode d'incendie, en tout cas sur la Gironde,
03:19il y a eu les Landes dans un premier temps.
03:21Maintenant, il y a la Gironde.
03:23Et sur ce secteur tout particulier, ces méga-feux qu'est la Gironde,
03:27a commencé en deuxième moitié de semaine dernière.
03:32Nous sommes aujourd'hui mercredi.
03:34C'est à partir de ce week-end que la préfète a indiqué
03:37que les salariés ne pouvaient pas retourner dans leurs entreprises.
03:39On est donc à trois jours, effectivement,
03:43où les salariés ne peuvent pas retourner dans leurs entreprises.
03:45Je crois qu'il faut raison garder, regarder les choses très concrètement.
03:49L'État sera aux côtés des entreprises, nous l'avons dit,
03:52nous le sommes déjà en ayant clairement dit que le recours au chômage partiel
03:55pour les entreprises qui sont dans le secteur évacué
03:58comme celles qui ne sont pas dans le secteur évacué
04:01pouvaient être ouvertes aux entreprises.
04:03C'est un premier niveau d'aide.
04:04Il y aura aussi des mesures d'étalement sur les questions.
04:07Le chômage partiel, ce sera 100% pour les salariés au SMIC, vous disiez.
04:09C'est un peu moins ensuite.
04:10C'est moins.
04:11C'est plutôt autour d'un peu plus de 60% du brut.
04:15Et puis ensuite, avec une prise de participation de l'État
04:18qui est apportée sur le chômage partiel.
04:20Mais c'est quand même un soulagement pour le chef d'entreprise
04:23que de pouvoir avoir recours à cette mesure de chômage partiel.
04:28Il y a aussi tout le secteur des travailleurs indépendants
04:30qui n'ont pas forcément beaucoup de salariés ou pas de salariés.
04:35Qu'est-ce que vous leur dites aux travailleurs indépendants ?
04:36Il existe un système de protection sociale des travailleurs indépendants
04:40qui fait qu'ils peuvent avoir en ce moment, du fait de cette urgence,
04:43une aide qui peut aller jusqu'à 2000 euros.
04:45Mais je sais que mon collègue Serge Papin travaille sur cette mesure spécifique
04:49et que peut-être des détails ou des compléments vont être apportés dans la journée.
04:53Mais les travailleurs indépendants, c'est les boulangers, les artisans, les commerçants,
04:57des artisans du bâtiment ou autre,
04:59qui doivent intervenir, qui devraient travailler en ce moment,
05:02qui ne le peuvent pas, qui peuvent avoir cette aide d'urgence.
05:04Un salarié évacué de chez lui, mais dans l'entreprise ou l'usine qui tourne,
05:08a-t-il droit au chômage partiel si l'employeur refuse son absence par exemple ?
05:12Ça fait partie des sujets en fait.
05:15Aujourd'hui, vous avez quelqu'un qui, je prends un exemple,
05:18il est effectivement dans une commune évacuée,
05:21il est peut-être hébergé dans un centre d'hébergement,
05:23il n'a plus ses affaires, il a peut-être laissé son véhicule derrière lui,
05:26il doit s'occuper de reloger sa famille, d'envoyer ses enfants chez ses parents.
05:30C'est compliqué pour lui d'aller travailler.
05:33Nous, on est en train de regarder ces cas précisément.
05:36On pense qu'effectivement, un patron pourrait avoir recours au chômage partiel
05:39pour ce type de situation.
05:40En tout cas, c'est ce qu'a dit Serge Papin hier,
05:43beaucoup de souplesse, beaucoup de réactivité dans l'analyse de ces dossiers
05:48et beaucoup d'humanité surtout dans l'analyse de ces dossiers.
05:51Mais je rappelle que les demandes de chômage partiel,
05:53effectivement, elles sont déposées par le chef d'entreprise.
05:57Après, si le chef d'entreprise décide de ne pas avoir recours au chômage partiel,
06:00il rémunère son salarié.
06:02Sébastien Martin, il y a la question des saisonniers.
06:04Vous avez vu ces terrasses vides,
06:06il y a les vendanges qui arrivent un peu plus tard,
06:08il y a les campings qui sont évacués.
06:09Tous ceux qui devaient travailler en Gironde,
06:11ils auront droit au chômage partiel ?
06:13Ce qui compte, c'est la prise effective du poste.
06:17Donc, les saisonniers qui, aujourd'hui, avaient pris leur poste
06:22et qui, dans une des communes évacuées,
06:25ne peuvent pas retourner travailler,
06:28ils sont bien évidemment bénéficiaires du chômage partiel.
06:29Ce n'est pas la promesse d'embauche qui compte,
06:31c'est le contrat signé.
06:32C'est, un, vous devez avoir un contrat,
06:34et deux, vous devez avoir pris votre poste.
06:36Si vous avez pris votre poste,
06:37vous êtes bénéficiaire du chômage partiel.
06:40La question est pour ceux qui vont arriver,
06:42qui ont signé un contrat, mais qui n'ont pas encore pris leur poste.
06:44Là, c'est difficile de répondre,
06:45parce que, je ne sais pas, moi,
06:47si les choses s'arrêtent d'ici cette fin de semaine
06:49et que les contrats démarrent la semaine prochaine,
06:51il n'y a pas de question.
06:52Donc, tout ça va évoluer dans les 48 heures.
06:55Je le redis, jeudi après-midi,
06:56Roland Lescure convoque une réunion à nouveau
06:59avec l'ensemble des fédérations professionnelles
07:01pour examiner encore ces cas particuliers,
07:03ces situations très précises
07:04qu'on veut traiter avec humanité et efficacité.
07:07L'État peut aider pour leur trouver du travail ailleurs ?
07:11D'ailleurs, j'en profite,
07:12comme l'a fait Serge Papin hier,
07:14la Gironde est un très grand département.
07:17Aujourd'hui, on est sur un cas
07:18qui est en gros l'ouest de la métropole de Bordeaux
07:21jusqu'au nord du bassin d'Arcachon,
07:23qui est touché.
07:24Mais tout ce qui est au sud du bassin d'Arcachon
07:27et puis tout ce qui est au nord,
07:29effectivement, là, l'activité touristique est maintenue
07:33et donc, on incite les gens
07:36à poursuivre leurs vacances
07:37quand ils ne sont pas du tout dans les zones concernées
07:39et puis, surtout, à se projeter vers l'avenir,
07:41à ne pas annuler par anticipation
07:43parce que les gens ne le méritent pas
07:44et il faut apporter la solidarité.
07:45Vous disiez, on ne va pas distribuer
07:47ces subventions comme ça, comme des petits pains,
07:49mais par exemple, hier, le maire de Bordeaux,
07:50Thomas Cazenave, la ville de Bordeaux,
07:52n'a pas brûlé, mais lui a été inquiet.
07:54Et vous demandez entre les lignes de l'argent.
07:56Il y a un formidable mouvement de solidarité,
07:58d'ailleurs aussi, qui est exprimé par les communes.
07:59Je vois beaucoup de communes
08:00qui apportent leur aide aux sinistrés,
08:03qui apportent leur aide aux collectivités sinistrées.
08:07Je dis que nous regardons les situations
08:09au cas par cas,
08:10que le président de la République
08:11a demandé exactement la même chose
08:13et que donc, demain après-midi,
08:15il y aura sans doute des premiers éléments
08:17de réponse qui seront apportés.
08:18Parlons un instant des sites stratégiques.
08:20En Gironde, les flammes se sont rapprojés
08:22de plusieurs sites classés Céveso,
08:24une usine de missiles,
08:25une poudrerie, une centrale nucléaire
08:26à 50 km même.
08:28Tout a bien été anticipé ?
08:29Oui, parce que déjà,
08:30vous parlez effectivement de sites Céveso.
08:33La catégorie Céveso
08:35est une catégorie qui impose
08:37une réglementation en matière de sécurité
08:39des sites qui est ultra exigeante.
08:42Parce que des travaux, pardon,
08:43ont eu lieu en pleine nuit ces derniers jours.
08:46On a du mal à se dire
08:47c'est complètement anticipé
08:49quand des travaux ont eu lieu en catastrophe.
08:50Attendez, vous avez un niveau de protection
08:52qui est important sur ce genre de site
08:53en matière de sécurité incendie par exemple,
08:56en matière de présence de sapeurs-pompiers
08:58directement sur les sites,
09:00des sites Céveso-Seuil-Haut.
09:01Vous avez en permanence des pompiers
09:02qui sont présents sur ce genre de site.
09:05Il y a eu des travaux qui ont été faits
09:07pour conforter, pour, comment dirais-je,
09:09pour améliorer encore les conditions de sécurité.
09:12On a terrassé tout autour
09:15puisque vous l'avez vu,
09:16dans la lutte contre le feu,
09:17ce qui est important,
09:17c'est d'enlever tout type de combustible finalement.
09:20Donc on a renforcé encore la sécurité
09:22et puis surtout,
09:22ont été enlevés de ces sites
09:24des pâtières qui pouvaient être considérées
09:26comme dangereuses.
09:27Vous l'avez dit,
09:28certains font des fusées,
09:29certains font des poudres
09:30qui sont nécessaires pour les missiles.
09:32Donc il n'est peut-être pas nécessaire
09:33de laisser ça à 15 kilomètres.
09:34Il n'est pas nécessaire de changer la loi,
09:35de changer la charte Céveso,
09:36de débroussailler plus loin.
09:38Honnêtement, le système Céveso
09:39à la française a d'ailleurs fait l'objet,
09:41je vous rappelle,
09:42après Lubrizol,
09:43après un certain nombre de situations
09:45comme l'explosion à Toulouse
09:47a fait déjà l'objet de révision,
09:48de retour d'expérience
09:49et d'un certain nombre d'éléments.
09:51Il y a des périmètres de sécurité
09:52dans les sites Céveso.
09:53Par exemple,
09:54si vous êtes site Céveso,
09:55vous ne pouvez pas avoir un bâtiment
09:58autour à un minimum 2 kilomètres
10:00ou 5 kilomètres
10:00en fonction des rayons
10:01que l'on a de sécurité
10:03autour de ces sites.
10:03Donc c'est une réglementation
10:05qui est vérifiée.
10:06Il y a des visites
10:07qui sont faites tous les ans
10:08ou tous les deux ans
10:08par les services de l'État
10:09pour vérifier que toutes les conditions
10:10sont bien remplies.
10:11Et donc il n'y a pas de leçons
10:12à tirer de ces méga-feux
10:13mieux formés les industriels ?
10:15Bien sûr,
10:15il y a toujours des leçons
10:16à avoir.
10:19L'adaptation au changement climatique
10:21et donc les conséquences
10:22que peuvent en être ces méga-feux
10:23font partie aussi des sujets
10:24sur lesquels on travaille.
10:25D'ailleurs,
10:25j'ai labellisé dans le Grand Est
10:29un territoire
10:29qui est volontaire sur ce sujet.
10:31Et merci beaucoup Sébastien Martin,
10:32ministre délégué à l'industrie,
10:34d'avoir été là.
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