00:00La French Tech ce matin, c'est Mathieu Planté qui est avec moi, cofondateur de W Platform, W en français
00:05d'ailleurs, W exactement.
00:08Société bordelaise née il y a cinq ans environ, votre activité principale aujourd'hui c'est de capter le CO2
00:14issu de la fermentation du vin et de la bière.
00:17Expliquez-nous comment ça marche sur une exploitation, vous vous mettez où, vous captez quoi ?
00:22Bonjour, merci, effectivement on capte le CO2, il faut savoir qu'effectivement les viticulteurs lorsqu'ils récoltent un raisin, ils
00:27le mettent en cuve.
00:27Et aujourd'hui dans ce process de fermentation, le sucre qui est contenu dans le raisin se transforme en alcool
00:32et du CO2 sort de la cuve, il va polluer le chai malheureusement et ensuite polluer l'atmosphère.
00:37Et en parallèle, les viticulteurs sont amenés à acheter du CO2 d'origine fossile qu'ils font rouler pour leur
00:42processus interne de fabrication du vin, de production du vin.
00:45Et donc notre idée a été de concevoir un équipement qui leur permet de récupérer le CO2 pour leur remettre
00:50à disposition leur propre CO2.
00:51Ça leur évite de polluer, ça leur évite d'acheter du CO2 en externe.
00:54Oui et on rappelle que ce CO2 c'est très toxique en l'occurrence.
00:57Alors effectivement oui tout à fait, c'est un gaz inerte qui peut être dangereux voire mortel lorsqu'il est
01:03fortement concentré dans l'échelle.
01:04Vous avez une vingtaine de clients actuellement dans l'échelle effectivement, dans les microbrasseries aussi.
01:10Où vous vous mettez pour capter ce CO2 ?
01:13Moi j'ai du mal à imaginer où se trouvent ces capteurs et ces aspirateurs à CO2.
01:17Tout à fait, alors c'est pas exactement des aspirateurs mais effectivement c'est intéressant.
01:19On se met en haut de cuve et on vient avec un tuyau tout simplement capter physiquement ce CO2.
01:24On prend le CO2 excédentaire, celui que nous donne la cuve du brasseur ou du viticulteur.
01:28Et donc c'est un réseau de tuyauterie et qui amène le CO2 vers nos équipements.
01:33Pardon, qui analyse en direct en fait la qualité du CO2.
01:36Pour pouvoir le réutiliser il faut qu'il soit de qualité alimentaire.
01:38Et donc notre métier c'est de le traiter justement pour qu'il soit de qualité alimentaire.
01:41et on va le comprimer pour le passer d'un état gazeux à un état liquide
01:45afin qu'il occupe le moins de l'espace possible
01:46et qu'il puisse être réutilisé à la propriété
01:49pour fabriquer de la neige carbonique, pour fabriquer de la carboglace
01:52parce que le gaz peut être aussi un état liquide et solide.
01:55Les viticulteurs ils ont l'obligation non de faire ça ?
01:58De capter et de réutiliser ?
02:01Peut-être pas de réutiliser mais en tout cas d'enlever ce CO2 de leurs exploitations déchaînantes ?
02:05Oui effectivement donc il y a eu une loi qui passait une dizaine d'années.
02:09Dans le code du travail, ça a été rappelé à l'Assemblée il y a deux ans,
02:11et effectivement aujourd'hui il y a une obligation légale
02:14de mettre en place une série de dispositifs pour capter le CO2,
02:18en tout cas pour sécuriser au maximum le chai.
02:20Et donc aujourd'hui ils sont effectivement dans l'obligation de capter le CO2
02:23mais moins d'un pour cent aujourd'hui des exploitations ont fait le pas.
02:26Ça vous laisse un très grand marché ?
02:28Exactement, et on a envie de le conquérir.
02:29Vous venez de lever d'ailleurs un million d'euros
02:31parce que là on parle déchets mais vous faites ça aussi sur la bière.
02:34Oui effectivement donc en fait on est né avec le monde du vin
02:36et vous savez que la viticulture est un peu en crise
02:38et donc on a essayé de voir un petit peu comment nos technologies,
02:41nos brevets peuvent être exploités sur d'autres marchés
02:43et le premier marché qui est arrivé c'est le marché brassicole
02:45puisque eux aussi ils fermentent et ils ont une utilisation du CO2
02:48encore plus importante puisque en fait la bulle que vous retrouvez dans la bière
02:51c'est du CO2.
02:53Et donc aujourd'hui nos équipements sont utilisés dans quelques brasseries,
02:56brasserie Asimut, une première qui a été brasserie Sainte-Colombes-Arène
02:59et eux nous ont aidé à adapter un petit peu notre équipement
03:02pour passer du monde du vin au monde de la bière
03:04mais c'est la même techno.
03:05et en fait ils récupèrent le CO2 qu'ils génèrent
03:08et ils le réintroduisent dans la bière pour donner cette bulle.
03:11Comment vous allez faire pour multiplier le nombre de clients ?
03:14Vous venez de lever un million là.
03:16Oui tout à fait, on a levé, donc c'est notre deuxième levée de fonds,
03:18on a levé grâce à Demea Invest qui est notre premier investisseur,
03:21le fonds Vitirev grâce à la région Nouvelle-Aquitaine
03:23et puis une plateforme de crowdfunding qui s'appelle Tudigo.
03:27L'objectif c'est vraiment de se développer,
03:28on a maintenant fiabilisé nos technologies,
03:31on a nos premiers clients et on va passer par les distributeurs.
03:34Donc on a commencé à mettre en place un réseau distributeur en France
03:36et on a commencé aussi à l'international, au Chili et en Australie.
03:40Combien ça coûte votre solution pour un exploitant ?
03:43C'est par flux ? C'est par quoi que ça se compte ?
03:47Alors effectivement ça se compte par un équipement,
03:50donc les budgets vont à près de 30 000 euros à 100 000 euros
03:53et en fait ça dépend énormément de la quantité de CO2 qu'ils veulent récupérer.
03:57Il faut savoir qu'un hectolitre de vent génère 6 à 8 kilos de CO2
04:01et un hectolitre de bière à peu près 3 kilos.
04:03Donc ce sont des tonnes de CO2 qui sont émis
04:05et on dédesigne, on dimensionne nos solutions en fonction du besoin de réutilisation.
04:10Vous travaillez aussi pour les microbrasseries, on l'a dit,
04:12mais votre solution pourrait s'adapter aux méthaniseurs ?
04:15Oui tout à fait.
04:16Il faut savoir que les méthaniseurs qui sont connectés,
04:18qui génèrent du biogaz, génèrent autant de CO2 que de biomethane
04:22et aujourd'hui dans on va dire 80% des cas, ce CO2 est perdu.
04:25Et donc l'idée était encore une fois de faire évoluer notre techno
04:28pour s'adapter à ce marché qui est en train de se développer.
04:31On se le disait juste avant le début de cette interview,
04:34à la base votre plateforme, elle était faite pour finalement
04:36agréger toute la data qu'il y a dans les exploitations agricoles
04:40et l'utiliser au mieux pour les exploitants.
04:43Ce que vous nous dites c'est que vous avez un peu laissé de côté cette activité
04:46parce que pour le moment les exploitants soit ils ne sont pas prêts
04:48et ils ne sont pas du tout digitalisés,
04:50soit ils sont trop prêts et trop digitalisés,
04:52mais en tout cas on est dans un entre-deux
04:54qui fait que pour le moment vous avez mis ça en pause.
04:56Oui effectivement, moi j'ai travaillé pendant 15 ans dans le monde du logiciel
04:58donc j'avais une grosse appétence pour essayer d'aider les viticulteurs
05:01à en fait mieux analyser leur historique de données
05:04par rapport aux données récentes
05:05pour pouvoir mieux anticiper les phénomènes
05:07qui évoluent de plus en plus vite
05:09et l'idée c'était de leur donner un outil
05:11qui leur permet de fédérer toute cette data.
05:12Donc des datas qui viennent du chai, qui viennent de la vigne,
05:15via des capteurs, on voit de plus en plus de capteurs
05:16qui apparaissent dans les propriétés
05:18et chaque capteur vient avec une interface graphique
05:20et l'idée c'était de leur éviter d'avoir 15 écrans à regarder
05:23pour prendre la bonne décision
05:24mais de leur permettre de fédérer toutes ces données
05:26au même endroit pour justement les aider à prendre les bonnes décisions.
05:29Là il faudra finalement un renouvellement des générations
05:32dans les exploitations agricoles.
05:34Votre business aussi bien sur le CO2 que sur les datas,
05:39il va exploser dans les cinq années qui viennent, on peut espérer.
05:42Ah oui, on espère dans les coins en Cube,
05:43effectivement qu'il explose.
05:44Effectivement, nous aujourd'hui on utilise cette plateforme
05:46parce qu'elle nous aide énormément à pouvoir voir nos équipements,
05:48remonter des données en temps réel
05:49et puis on la met à disposition,
05:51chez Tonatour par exemple,
05:52commencent à l'utiliser pour justement optimiser
05:54leur consommation énergétique.
05:55On sait que la ressource en eau aussi est vitale pour eux
05:57et donc en ayant une plateforme
05:59qui permet de regrouper toutes les données
06:00sur leur utilité, sur leur énergie, leur consommation,
06:03ça va permettre d'être encore plus vertueux
06:05et d'aller vers une responsabilité sociétale
06:07et environnementale de plus en plus efficiente.
06:09Merci beaucoup Mathieu Prenet d'être venu ce matin
06:11cofondateur de W Plateforme dans la matinale de l'économie.
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