00:01Europe 1
00:02Europe 1
00:0416h-18h, Elliot Deval et vous.
00:08Il est 17h32 sur Europe 1, on est toujours avec Sébastien Ligné et Georges Fenech.
00:13On parlait des réseaux sociaux interdits au moins de 15 ans, c'est une première en Europe
00:17et le Parlement a voté cette loi hier à l'Assemblée Nationale.
00:23Le Rassemblement National s'est abstenu de voter.
00:26Je crois que dans les rangs UDR et Rassemblement National, il y avait 7 voix contre cette loi
00:33et parmi les voix contre, il y a le député également Charles Aloncle qui a voté contre cette loi.
00:41Cette loi interdit aux enfants de moins de 15 ans de créer ou de posséder un compte sur les principaux
00:46réseaux sociaux
00:46TikTok, Instagram, Snapchat, X ou encore Facebook.
00:50Les plateformes devront mettre en place un contrôle fiable de l'âge
00:54pour empêcher les mineurs de contourner cette interdiction.
00:56Qui a lancé cette loi ? La proposition de loi a été portée par la députée Laure Miller
01:01mais elle répond à une volonté, un vœu du président de la République
01:05qui très rapidement s'est félicité de cette décision.
01:08C'est aussi, il faut le dire, une volonté du fichage numérique qui vient de Bruxelles.
01:18Donc ça, il ne faut pas l'oublier.
01:20Qui est déjà mis en place.
01:21Et donc l'inquiétude, c'est le fichage numérique.
01:24Et est-ce que la liberté qu'il y avait, par exemple, pour les lanceurs d'alerte
01:28qui, sous couvert d'anonymat, proposaient une parole alternative,
01:31est-ce que le fait d'être fiché, ça va ralentir ces lanceurs d'alerte sur les réseaux sociaux ?
01:37Est-ce que ça va les freiner ? Est-ce qu'ils vont arrêter, parfois, de traiter le sujet
01:41que les médias mainstream et que le camp de la raison refusaient de voir ?
01:47Et est-ce que, également, c'est une atteinte à nos libertés ?
01:50Fabrice Eppelboin, c'est un running gag, est avec nous.
01:54Est-ce que vous m'entendez, Fabrice Eppelboin ?
01:56Je vous entends parfaitement.
01:57Et je vous entends beaucoup mieux.
01:58Vous êtes professeur à Sciences Po, spécialiste des médias sociaux et de la guerre informationnelle.
02:02Quel regard le spécialiste que vous êtes porte sur cette loi ?
02:06Alors, un regard un peu plus détaillé que ce que vous venez d'énoncer,
02:10on va avoir droit, en fait, à quelque chose en plus.
02:12Je ne suis qu'un amateur, vous êtes le spécialiste, c'est normal.
02:15On a vu que l'Australie nous montrait que ça n'aurait pas la moindre efficacité.
02:20On va donc mettre la jeunesse française dans la situation d'apprendre à contourner la loi des champs de plus
02:25jeune âge,
02:26ce qui n'est pas une méthode pédagogique fantastique.
02:29Et on va se substituer à l'autorité parentale.
02:32Là aussi, je crois que vous avez évoqué ce point.
02:34Très concrètement, l'État va venir à faire une forme qui n'a aucune envie.
02:38Bon, eh bien, décidément, Fabrice Eppelboin, décidément, je pense que votre téléphone est piraté.
02:45Et je pense que votre parole, eh bien, ne veut pas être...
02:50Il y a des gens qui vous volent du mal.
02:53Il y a une censure.
02:53Vous n'avez qu'à venir dans le studio, effectivement.
02:55Venez demain, Fabrice Eppelboin.
02:57Il y a une censure.
02:58Il y a une censure.
02:59Il y a quelqu'un qui vous veut du mal, Fabrice Eppelboin, puisque votre téléphone ne fonctionne pas.
03:03Alors, Julien est en direct avec nous.
03:05Bonjour, Julien.
03:05Il nous appelle des Bouches-du-Rhône.
03:08Bonjour, Julien.
03:09Bonjour, bonjour.
03:10Vous m'entendez ?
03:10Vous, je vous entends un peu mieux.
03:12Je m'inquiète, parce que maintenant, dès lors qu'on a quelqu'un, j'espère que ça va fonctionner.
03:17Julien, comment allez-vous, cher Julien ?
03:20Non, mais...
03:21Je suis très heureux d'être au téléphone avec vous, parce que je vous écoute souvent.
03:24Et bravo pour tout ce que vous faites, aussi bien sur Europe 1 que sur CNews, parce que vous êtes
03:29vraiment une parole exceptionnelle.
03:31Bon, merci, cher Julien.
03:33Merci pour vos mots.
03:34Et maintenant, allons sur le fond.
03:36Est-ce que vous êtes favorable à l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans ?
03:40J'ai quand même l'impression que ça, il y a consensus, c'est-à-dire de protéger nos enfants,
03:43même si c'est vrai que l'État qui se substitue aux parents, c'est aux parents d'interdire.
03:52Ce n'est pas à l'État d'interdire.
03:53Mais bon, ça, c'est un premier point.
03:56Moi, je suis tout à fait d'accord.
03:58Moi, j'irais même plus loin, parce que 15 ans, je trouve qu'ils ne sont pas encore très très
04:02cuits, les cerveaux de nos enfants à 15 ans.
04:03Donc, je pense qu'on pourrait pousser encore un petit peu plus loin.
04:06Moi, pour info, j'ai un enfant de 14 ans.
04:09Bon, voilà, les réseaux sociaux, c'est un carnage, je trouve, pour tout.
04:15Ah, c'est bon, ça.
04:16Il a un smartphone, votre fils ?
04:17Oui, il a un smartphone.
04:18Et oui, obligatoirement, puisque vous savez que maintenant, on est très inquiets quand ils partent.
04:22Nos parents, on les témoins, mais maintenant, nous, on est inquiets pour un oui, pour un non.
04:26Donc, ils ont tous des smartphones.
04:28Bon, mais je peux comprendre.
04:29Vous avez combien d'enfants ?
04:30Vous avez un an ?
04:32J'ai une fille de 6 ans et un de 14 ans.
04:34Vous avez une fille de 6 ans, oui.
04:36Une fille de 6 ans et un de 14 ans.
04:38Donc, voilà, celui de 14 ans, c'est un carnage pour moi, vraiment.
04:41Je trouve qu'ils sont tirés vers le bas, que ce soit pour tout ce qu'ils écoutent.
04:44Ils ne savent plus parler français.
04:46Les conjonctions de subordination, il n'y en a plus.
04:50Enfin, pour moi, c'est presque de la santé publique, les réseaux sociaux, honnêtement.
04:54Eh bien, écoutez, votre témoignage est important, cher Julien.
04:58Mais vous voyez bien que le souci n'est pas forcément de contrôler
05:02ou du moins d'interdire les réseaux sociaux pour les enfants.
05:06C'est plus la manière dont ça va être fait.
05:10C'est-à-dire que vous, vous avez accès aux réseaux sociaux, Julien ?
05:13Oui, moi, je suis un peu obligé, car mon métier me l'oblige un peu.
05:16Mais je vous avoue que si je n'en avais pas besoin, je serais obligé.
05:19Je pourrais bien m'en passer.
05:23Je l'entends également.
05:27Simplement, Julien, vous avez bien compris que nos coordonnées demain seront dans une banque de données.
05:34On ne sait même pas auprès de qui, auprès de quoi.
05:36Et on a un peu peur qu'avec les piratages, il puisse se passer quelque chose.
05:40Vous voyez ce que je veux dire ?
05:42Oui, je vois bien.
05:42Après, pour moi, l'anonymat sur les réseaux sociaux aussi, c'est une ineptie absolue.
05:47Parce que de toute façon, les sujets sont trop graves sur les réseaux sociaux
05:50pour qu'on se cache derrière des pseudos.
05:53Moi, je pense qu'il faut assumer ce qu'on dit.
05:56C'est un petit peu la ligne éditoriale aussi de ce que vous faites sur CNews et sur Europe 1.
06:03Il faut être raccord avec sa pensée.
06:05Et en fait, l'anonymat permet de dire tout et son contraire, même si on ne le pense pas.
06:10Donc, pour moi, l'anonymat, il faut le lever sur les réseaux.
06:13Il faut que tout le monde parle en son nom, avec ce qu'il pense vraiment.
06:16Ça éviterait beaucoup, beaucoup, beaucoup d'amalgame,
06:19beaucoup de polémiques pour rien aussi.
06:22Sauf que l'anonymat, Julien, sur les réseaux sociaux,
06:25et j'en suis parfois victime de cet anonymat.
06:28Vous imaginez bien que vous pouvez recevoir des messages de haine.
06:31Vous avez des comptes sur les réseaux sociaux, des comptes anonymes.
06:35qui vont reprendre 10 secondes d'une séquence,
06:38lui faire dire l'extrême inverse que vous avez pu dire.
06:41Et ensuite, vous avez une vague, parfois, d'une violence inouïe.
06:44Et vous avez des comptes anonymes, c'est encore pire.
06:48Vous avez des comptes anonymes qui sont,
06:50et c'est une intuition, ce n'est pas une certitude,
06:53liés de près ou de loin à des partis politiques.
06:57Donc, ces comptes-là, évidemment, cet anonymat-là, il est problématique.
07:01Mais l'anonymat des lanceurs d'alerte,
07:05des personnes qui, justement, apportent une parole alternative
07:08face à une parole, vous savez, qui est parfois très cadenassée,
07:14cet anonymat-là, il est, pour moi, très important.
07:18Sébastien Ligné, vous n'avez pas l'air d'accord avec ce que je dis ?
07:20Absolument pas.
07:21Pourquoi ?
07:21Non, parce que, deux points, très rapidement.
07:24Déjà, l'anonymat, si on rompt l'anonymat sur Internet,
07:27on rompt un principe fondamental d'Internet,
07:30notamment des réseaux sociaux.
07:31Ben donc, vous êtes d'accord avec moi ?
07:32Non, non, je suis contre qu'on interdisse l'anonymat
07:35sur les réseaux sociaux et Internet, parce que c'est...
07:37Oui, mais vous, vous prenez l'argument simplement
07:39des lanceurs d'alerte.
07:41Ce n'est pas le sujet, en réalité.
07:42Le sujet, c'est qu'il faut qu'on arrive à retracer
07:45plus facilement, parce que quand on se présente
07:47à la justice avec des messages de haine,
07:49ils peuvent très facilement retrouver l'identité.
07:51Pas très facilement.
07:52Ils peuvent le retrouver.
07:53Le problème, c'est qu'il faut faciliter...
07:54Il y en a des milliers et des milliers.
07:56Mais c'est ça, c'est ça la mission.
07:58C'est de faire en sorte qu'un message anonyme,
07:59si on porte plainte, on puisse retrouver rapidement
08:01et que la personne derrière soit sanctionnée.
08:03En réalité, l'anonymat sur Internet,
08:05de fait, elle n'existe déjà pas,
08:07parce qu'on peut retrouver l'identité d'une personne.
08:10Moi, je pense que c'est une erreur
08:12de se focaliser là-dessus.
08:12Ce n'est pas l'anonymat, le sujet.
08:14Le sujet, c'est comment on retrace les personnes
08:16qui peuvent faire des contenus haineux.
08:18Après, simplement, sur les réseaux sociaux,
08:21pour moi, on se trompe de sujet aussi,
08:22parce que si le but premier,
08:24c'est la santé publique, comme vous le disiez très justement.
08:26Et en effet, il y a une question de santé publique,
08:28notamment de capacité d'attention.
08:30Vous avez des enquêtes, notamment américaines,
08:32qui montrent, preuve à l'appui,
08:33comment l'attention des enfants a chuté.
08:35D'ailleurs, même les adultes, nous, on le voit,
08:37même moi, je vois ma capacité d'attention,
08:38elle a chuté à cause des téléphones.
08:40Vous êtes scotché à votre téléphone pendant l'émission.
08:42Imaginez la capacité d'attention d'un enfant
08:44qui a ça dès l'âge de 6 ans.
08:45Allez lui faire lire Les Misérables
08:48quand sa capacité d'attention, à cause de TikTok,
08:50elle est à 10 secondes.
08:50Mais le sujet, c'est que si c'est vraiment ça,
08:52la priorité du gouvernement,
08:54ce n'est pas les réseaux sociaux qui font interdire,
08:55c'est les smartphones.
08:56Vous dites, on interdit les smartphones
08:58avant l'âge de 15 ans.
08:59Et là, il n'y a plus de question
08:59de vérification d'identité.
09:01Julien est toujours avec nous.
09:02Il nous reste 30 secondes avant une courte pause.
09:04On ira voir Ludovic, un Parisien,
09:06dans quelques instants.
09:07Mais restons dans les bouches du Rhône.
09:08Le mot de la fin avant une pause, Julien ?
09:11Écoutez, le mot de la fin,
09:12bravo pour tout ce que vous faites encore une fois.
09:13Je voudrais juste intervenir en disant aussi
09:16que pour moi, le gros problème,
09:17c'est toute la vision
09:20pour moi, c'est terrible parce qu'ils regardent
09:22des personnes qui font de l'argent avec rien
09:26et ça pousse la plupart des enfants
09:29vraiment vers le bas.
09:31Ça nous tire vers le bas, c'est terrible.
09:33Je vous réponds juste sur un point.
09:35Il y a les mauvais et les bons influenceurs.
09:37Il s'avère que j'ai la chance
09:38et c'est une chance miraculeuse
09:40d'être au plus près de quelqu'un
09:42qui sait ce que c'est l'influence
09:46dans ce qui est de la mode, etc.
09:49et qui crée, qui innove,
09:51qui propose du beau.
09:53Et donc, j'ai découvert ce milieu-là.
09:56J'étais extrêmement réfractaire
09:58à ce milieu, un peu comme vous, cher Julien,
10:01parce que j'ai bien conscience
10:02qu'il peut y avoir du très mauvais,
10:04mais il peut y avoir aussi du très très bon.
10:06Et vous pouvez avoir dans ce milieu-là
10:08de très belles âmes.
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