Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Réseaux sociaux, la France devient le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans.
00:06Et si contrôler l'accès aux vidéos violentes, si lutter contre le harcèlement en ligne,
00:11si limiter l'accès aux smartphones qui sont parfois devenus le prolongement de la main de nos plus jeunes,
00:18si cela est une nécessité, son application et le mode de contrôle interrogent pour ne pas dire inquiète.
00:23Demain, toute personne qui souhaitera accéder aux réseaux sociaux devra montrer pas de planche.
00:29Mais qui va contrôler cette immense banque de données ?
00:31Les plateformes vont-elles jouer le jeu ?
00:33Et celles qui refusent seront-elles interdites sur notre territoire ?
00:37Est-ce qu'on entre dans une sorte de fichage numérique grandeur nature ?
00:43Eh bien, on va en parler avec vous, bien sûr, Sébastien et Georges,
00:45mais on va surtout en parler avec Fabrice Eppelboin,
00:48qui est professeur à Sciences Po, qui est spécialiste des médias sociaux et de la guerre informationnelle.
00:54Alors, quel regard porte le professeur que vous êtes,
00:58le spécialiste des médias sociaux et de cette guerre informationnelle,
01:02cette interdiction pour des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ?
01:06Bonjour Fabrice.
01:10Fabrice Eppelboin, visiblement Fabrice Eppelboin ne nous entend plus.
01:14Si, si, si, je vous entends.
01:16Ah, Fabrice.
01:17Alors, je ne sais pas si vous avez entendu ma question.
01:22Bon, eh bien, on va aller voir Fabrice Eppelboin dans un instant,
01:26Sébastien Ligné et Georges Fenech.
01:29Je voudrais qu'on écoute quand même qui on va écouter.
01:33On va écouter Georges peut-être dans un premier temps, vous en pensez quoi ?
01:36Moi, je pense que, comment vous dire, les bonnes intentions sont quelquefois malheureusement
01:45à contre-courant de ce que nous devrions faire.
01:48L'enfer est pavé de bonnes intentions.
01:48L'enfer est pavé de bonnes intentions, vous avez raison Sébastien.
01:53Donc, il faut protéger nos enfants, c'est sûr,
01:56de tout ce que les réseaux sociaux ont de mauvais.
01:59Les ados sont évidemment très réceptifs.
02:02Il y a le harcèlement, il y a la violence,
02:06il y a plein de choses qui sont évidemment très préjudiciables aux adolescents.
02:11Mais, pour autant, est-ce qu'une interdiction brutale de cette façon-là est réaliste ?
02:18On voit des exemples étrangers, notamment en Australie, ça ne marche pas.
02:22Comment techniquement empêcher les jeunes de regarder et d'avoir accès aux réseaux sociaux ?
02:27Moi, je suis plutôt partisan, je ne sais pas si Sébastien a notre avis,
02:31mais je suis plutôt partisan de l'éducation plutôt que de l'interdiction et la répression.
02:37Voilà, en gros.
02:39Écoutez, Sébastien Ligné, dites-nous.
02:41Parce que Fabrice, je crois qu'on a retrouvé la connexion avec Fabrice et Pellebois,
02:45mais d'abord Sébastien Ligné.
02:47Je suis encore très partagé.
02:49Pour tout vous dire, j'étais à 50% il y a quelques heures
02:52entre la nécessité, en effet, de sauver nos enfants et les plus jeunes des réseaux sociaux,
02:57notamment de TikTok et des smartphones,
02:59et l'inquiétude face au risque de censure, de fichage,
03:03de contrôle de l'information sur Internet et les réseaux sociaux.
03:06Et en fait, plus ça avance, plus je suis en train de basculer,
03:07plus tôt dans l'opposition à ce texte, pour plusieurs raisons.
03:11Quel gérouette ! Hier soir, il était mitigé, maintenant il est opposé.
03:17Parce que vous avez bien compris ce qu'il peut se passer, les dérives.
03:21Mais les dérives que j'avais bien compris, mais qui sont en train de se matérialiser déjà.
03:24Un, parce qu'en effet, j'ai aucune confiance dans l'État pour protéger nos données
03:31quand on sait que les services de l'État sont hackés tous les mois
03:35et que je n'ai pas forcément envie que mes données se retrouvent dans la nature,
03:39même si certains vont me dire que les données sont de toute manière dans la nature.
03:42Et puis globalement, j'ai un problème philosophique, en fait.
03:44Je ne suis pas certain que ce soit à l'État d'éduquer nos enfants.
03:48C'est-à-dire que c'est avant tout aux parents d'expliquer.
03:50On connaît les risques aujourd'hui.
03:52Tous les parents, surtout les plus jeunes parents, connaissent les risques
03:55parce qu'ils ont appris à vivre avec les réseaux sociaux et les nouvelles technologies.
03:58J'ose espérer que les parents aujourd'hui savent qu'il faut protéger leurs enfants
04:02des smartphones et des réseaux sociaux.
04:04Et je ne suis pas certain que ce soit à l'État de législérer sur tout.
04:07Et en plus, techniquement, c'est compliqué.
04:097h23, Fabrice Eppelboin, est-ce que vous m'entendez ?
04:13Je vous entends.
04:14Je vous entends mal, moi.
04:15Excusez-moi, j'ai l'impression que vous êtes dans un tunnel.
04:19Parce que le spécialiste des médias sociaux que vous êtes,
04:22la connexion est très mauvaise.
04:25Donc, on ne va peut-être pas refaire la bague trois fois.
04:28Fabrice Eppelboin, est-ce que c'est un souci technique ?
04:30Ou est-ce que c'est...
04:33Pas de vos côtés, en tout cas.
04:35Bon, eh bien, c'est d'une autre, cher Fabrice Eppelboin.
04:37Donc, ce que je vous propose, c'est qu'on raccroche
04:39et qu'on vous rappelle un tout petit peu plus tard.
04:41On va écouter Anne Le Hénanf,
04:44qui est la ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique,
04:48qui détaille ce matin sur Sud Radio le dispositif
04:50et déclare que c'est une interdiction sèche
04:53sur l'ensemble des réseaux sociaux.
04:55Nous, on a fait une interdiction sèche sur l'ensemble des réseaux sociaux,
05:00y compris ceux dont la fonctionnalité était secondaire.
05:05Je pense par exemple à des jeux de vidéos comme Roblox,
05:07qui ont un réseau social, mais qui est secondaire,
05:11qui permet de discuter, puisque leur jeu premier,
05:14c'est pendant le jeu, entre des gens qui ne se connaissent pas.
05:16On sait que c'est un terrain de chasse pour les pédocriminels.
05:19Donc, il est évident qu'il fallait que ça rentre dedans.
05:20La fonctionnalité YouTube réseau social, elle est aussi concernée,
05:25mais pas évidemment l'accès aux vidéos pour les mineurs.
05:28Vous voyez, c'est donc une définition très large.
05:30Ça veut dire par exemple Instagram, Facebook, TikTok, Twitter, sont dedans ?
05:34Tous les réseaux sociaux.
05:36Alors, comment, ce qui m'intéresse, c'est de savoir comment maintenant,
05:40ceux qui ont plus de 15 ans vont pouvoir se connecter à tous ces réseaux sociaux.
05:46Qui va contrôler tout cela ?
05:48Qui va organiser tout ça ?
05:50Et puis, j'ai une pensée sur les réseaux sociaux,
05:52parce que c'est une parole alternative,
05:53c'est une autre manière de aussi traiter de l'actualité.
05:57Vous avez des médias qui se sont créés sur les réseaux sociaux,
06:01une autre forme de médias,
06:03parfois des opposants politiques,
06:05qui, en revanche, parlent sous couvert d'anonymat.
06:09Ces personnes vont-elles poursuivre leur activité ?
06:12Est-ce qu'elles vont supprimer leur compte par peur, par crainte,
06:16et bien d'être fichés et de se retrouver fichés avec une banque de données
06:20qui est entre les mains de ceux qu'ils essayaient,
06:24non pas d'attaquer violemment, mais de contrecarrer parfois,
06:28de rappeler qu'il y a une autre parole que la parole ou que le récit imposait.
06:33– Le rapport du Sénat, rappelez-vous, encore récemment.
06:35– Georges Fenech sur les ingérences intérieures.
06:39– Sur les ingérences intérieures,
06:40et la proposition de créer encore un machin,
06:43une espèce d'observatoire ou de je ne sais quoi,
06:46pour justement savoir qui dit vrai, qui dit faux.
06:50Non mais là, on porte atteinte à des libertés fondamentales,
06:53sous prétexte, avec des bonnes raisons,
06:55mais on porte atteinte à des libertés fondamentales.
06:58Donc il y a risque, il y a danger pour nos libertés.
07:00– Et puis, de toute façon, d'un point de vue très technique et pratique,
07:05déjà c'est très compliqué à mettre en place,
07:06parce que les plateformes qui sont en opposition totale avec cette mesure
07:10vont se battre jusqu'au bout pour éviter à devoir, pour les mettre en place.
07:14Et puis surtout, pardon, aujourd'hui les jeunes,
07:17ils connaissent déjà des moyens de contourner ce genre de processus de vérification.
07:21Donc il y a un risque majeur que cette mesure
07:24ne protège absolument pas les mineurs qui vont avoir des moyens de se détourner.
07:28– Et pourquoi 15 et pas 16 ?
07:29– Déjà, c'est totalement arbitraire, pourquoi pas 18 ?
07:33– Et surtout, le risque, c'est qu'in fine,
07:35ce soit simplement les adultes comme nous qui n'ont rien à se reprocher,
07:38qui parfois se servent de l'anonymat d'Internet
07:41pour parler plus librement, pour réveiller des informations,
07:44et ce sont eux qui vont être pénalisés,
07:46parce qu'eux, ils vont devoir mettre leur pièce d'identité
07:49dans la main d'organismes tiers.
07:51– Je me pose une question à voix haute.
07:53– Les enfants de moins de 15 ans n'auront pas le droit d'aller sur les réseaux sociaux,
07:59en revanche, ils ont le droit de déterminer leur genre avant 15 ans ou pas ?
08:04– Ils ont tous les droits.
08:06– Non mais c'est-à-dire, vous savez qu'à l'école, par exemple,
08:08il y avait une fameuse circulaire Blanquer, si mes souvenirs sont bons,
08:13c'était sous Jean-Michel Blanquer, de déterminer le genre.
08:17Donc, c'est intéressant, c'est quand même,
08:19déterminer son genre, c'est une question peut-être un petit peu plus importante.
08:22– On est suffisamment mûr pour des questions essentielles.
08:24– Voilà, et on ne l'est pas pour aller sur les réseaux sociaux.
08:26Et encore une fois, je trouve que c'est très important de lutter
08:29contre le harcèlement en ligne,
08:31contre les images violentes qu'il pourrait y avoir sur les réseaux sociaux.
08:35Je ne suis pas sûr que les intentions,
08:38en tous les cas, les intentions présentées,
08:42ne reflètent pas l'ensemble du projet qui est mis en place aujourd'hui.
08:46– La carotte est belle.
08:46– La carotte est belle.
08:47– La carotte est belle.
Commentaires

Recommandations