00:00Le copain Laurent Nunez qui s'exprimait ce matin sur la DZMafia, on va continuer d'en parler
00:04puisqu'il y a eu cette exfiltration du maire d'Alès par le RAID.
00:09C'est totalement inédit puisque c'est une opération normalement effectuée sur un théâtre de guerre.
00:14Donc sommes-nous aujourd'hui en France sur un théâtre de guerre avec ce narcotrafic ?
00:19Certainement une alerte sur une possible voiture piégée.
00:22Il avait déjà reçu le 16 juillet une enveloppe contenant deux balles de 9 mm.
00:27Le ministre de l'Intérieur, je le disais, a réagi et pour lui, clairement, c'est un tournant. Écoutez-le.
00:33Est-ce qu'un cap a été franchi ? Évidemment, oui. On a une menace directe d'un élu, une
00:37menace d'attenté à sa vie.
00:39Donc il y a une enquête judiciaire en cours. Tant que cette enquête n'aura pas...
00:44Je vous redis ce que j'ai dit hier dans un micro tendu.
00:48Nous avons eu une information des services de renseignement qui laissaient à penser
00:51qu'il pouvait y avoir un projet d'action violente contre lui.
00:54Donc tant que les investigations judiciaires n'ont pas été à leur terme
00:58et qu'on n'aura pas vérifié ou pas cette information, qui était assez crédible
01:02puisqu'on a exfiltré et protégé le maire d'Alès, on a judiciarisé, on a saisi la justice.
01:08D'ailleurs, c'est le PNACO qui est saisi maintenant.
01:10Donc voilà, tant qu'on n'aura pas élucidé clairement cette affaire,
01:13oui, le maire d'Alès sera sous protection.
01:15On a entendu l'avocate, l'ancien directeur de la police judiciaire, Christian Flèche,
01:20aussi sur la DZ de Mafia.
01:22On va entendre le sous-préfet sur l'évolution, effectivement, de ce trafic de drogue
01:26puisqu'un cap a clairement été franchi.
01:28Et ça, c'est unanime.
01:29Tout le monde le reconnaît, quel que soit d'ailleurs le parti politique.
01:32On entendra les différentes réactions dans un instant.
01:35Jusqu'où les organisations criminelles vont-elles aller dans cette menace
01:39contre les élus, contre l'État, contre la démocratie ?
01:43Voilà ce qui est en jeu.
01:44Comment est-ce que vous observez ça, vous qui avez été sur le terrain ?
01:47Et peut-être avez-vous observé, vous aussi, l'extension du narcotrafic
01:50dans la région où vous serviez ?
01:52En fait, le ministre a été assez clair.
01:54Un pas a été franchi parce que, jusqu'à présent,
01:58était menacée la tranquillité publique,
02:00sans parler de la santé publique, évidemment, puisqu'on parle de drogue.
02:03Désormais, c'est l'avis d'un élu de la République qui est menacé.
02:07Et ce que je suis obligé de constater, c'est que cette situation qui se dégrade,
02:12justement, elle ne date pas d'hier.
02:13Moi, ce que je suis obligé de montrer du doigt,
02:16c'est une forme non pas d'inaction des services spécialisés
02:19qu'on ne voit pas, je pense au service de police,
02:22ou au gendarmerie, de renseignements,
02:24qui travaillent en toute discrétion sur le territoire,
02:26mais c'est globalement la réponse pénale
02:28et la réponse de sécurité qui n'a pas été au niveau.
02:30Et donc, en fait, en réalité, ce qu'on voit,
02:32c'est cette gangrène, comme vous le disiez très justement,
02:35qui se répand.
02:36Rappelons que la ville d'Alès, ce n'est pas une métropole française.
02:40On est dans une petite ville,
02:41c'est tout ce qui fait la richesse du territoire français.
02:44Et cette gangrène qui s'est répandue,
02:47on n'a pas pu ou on n'a pas voulu y mettre...
02:52Je vous sens un peu amer, Philippe de Gesta.
02:53C'est-à-dire que, j'entends, on a alerté.
02:56Ça fait combien de temps qu'on a alerté ?
02:57On ne nous a pas entendus ?
02:58C'est ça que je voulais dire.
02:59C'est que, en fait, si vous voulez, les gens sur le terrain,
03:01que ce soit les forces de police ou de gendarmerie,
03:03que ce soit le corps préfectoral,
03:05que ce soit les salifs de renseignement intérieur,
03:07alertent depuis très longtemps.
03:08Et puis même, je dirais que les magistrats de terrain,
03:13l'ensemble de la chaîne pénale,
03:16alertent depuis longtemps sur cette extension de cette menace,
03:20qui, là aussi, on en parlait pour la pédophilie tout à l'heure,
03:24il y a une forme de complicité de la gauche,
03:26parce qu'en fait, en réalité, la drogue, c'est sympa.
03:29Parce que, finalement, la drogue, c'est festif.
03:31Ce qu'on appelait la drogue récréative.
03:33C'est un terme totalement absurde qu'on a employé dans les années 80-90.
03:37Je ne pense pas que le maire d'Alesse considère désormais
03:38que la drogue, c'est quelque chose de récréatif.
03:40Et vous voyez, par une forme de tolérance morale,
03:43eh bien, on a été désarmé.
03:44Et malgré les alertes, donc encore une fois, des gens de terrain,
03:47eh bien, la réponse n'a pas été au niveau.
03:49Une autre personne de terrain, Christian Flaes, directeur de l'APJ,
03:52vous rejoignez, effectivement,
03:54verté des pas mûrs, aussi, notamment concernant le trafic de drogue,
03:57et alerté, j'imagine.
03:59Écoutez, moi, je trouve qu'il y a quand même quelque chose
04:00qui a bien fonctionné, c'est-à-dire qu'il y a eu une alerte
04:02par un service de renseignement,
04:04d'ailleurs, le ministre ne précise pas lequel,
04:06mais ce serait intéressant de savoir lequel,
04:08et qui l'a amené lui-même à prendre une décision
04:11de faire évacuer le maire d'Alesse.
04:15Voilà, donc ça, ça a bien fonctionné.
04:16Maintenant, un pas a été franchi,
04:18mais il ne faut pas oublier qu'il y a encore quelques mois,
04:20on a évacué la directrice de la maison d'arrêt de Marseille,
04:25avec un directeur de détention,
04:27parce qu'il y avait des menaces très précises,
04:28ils ont été évacués de leur fonction
04:31et placés ailleurs.
04:33Donc, il y a eu des situations
04:35où on a trouvé,
04:36à côté du procureur général,
04:38dans une ville du Nord,
04:39des gens qui étaient en surveillance.
04:41Et il ne faut pas oublier aussi
04:42que, pas très loin de chez nous,
04:43en Belgique ou dans les Pays-Bas,
04:46il y a des ministres
04:46qui ont été directement menacés
04:48par des structures mafieuses.
04:50Mais alors, ce qui est embêtant,
04:51c'est qu'aujourd'hui,
04:52c'est au maire de partir,
04:53quand il y a un trafic de drogue,
04:55c'est à nos élèves de partir,
04:57c'est à la directrice de la prison,
04:59de partir,
05:00alors qu'il faudrait que ce soit
05:01les dealers qui partent
05:02et les trafiquants qui partent.
05:03Et ça, on n'arrive pas.
05:04Voilà le constat.
05:05Mais rappelez-vous,
05:06Olivier,
05:07alors je ne peux pas me tromper,
05:08mais je crois qu'il y a deux ans,
05:09alors là, je parle sous votre contrôle,
05:11il y a des prisons
05:12qui ont été attaquées,
05:14aux mortiers.
05:14Il y a eu des prisons
05:15qui ont été attaquées,
05:16vous vous rendez compte ?
05:17Et des agents pénitentiaires
05:19qui ont été menant...
05:20Quand il y a eu les transferts...
05:21Non, non, non.
05:22Ah si, si,
05:22c'est quand il y a eu les transferts
05:25de leurs établissements pénitentiaires.
05:26Ah oui,
05:27ils ne voulaient pas
05:27des transferts,
05:28exactement.
05:29Ils ont menacé,
05:29vous avez raison,
05:30les prisons d'hôte sécurité.
05:31Et des agents pénitentiaires
05:33qui ont été suivis.
05:34Donc on voit bien
05:35que jusqu'à maintenant,
05:36en fait, moi,
05:37pour vous rejoindre,
05:39c'est que je pense
05:39que tant que c'était localisé,
05:41notamment sur les quartiers,
05:43c'est bon,
05:44ils naissent entre eux,
05:45on ne regarde pas trop,
05:46même si les habitants
05:47des quartiers en souffrent.
05:48Mais ça s'est engrené
05:50de tout le pays.
05:51Aujourd'hui,
05:51on a 8 communes sur 10
05:53qui sont engrenées
05:54par la drogue,
05:54dont des petites communes,
05:56dont des petits villages,
05:57parce qu'ils ont
05:58parfaitement compris.
05:59Et ça rejoint
06:00à la description
06:00qu'a fait Najoie
06:01tout à l'heure
06:02de celui qui devait
06:03être son client.
06:04C'est qu'il y a maintenant
06:05des têtes pensantes.
06:06Ils ont parfaitement compris
06:08qu'aujourd'hui,
06:08il ne fallait même pas
06:09rester sur les quartiers,
06:10il fallait aller ailleurs
06:11où ils seront moins visibles.
06:14Et quand vous voyez
06:14effectivement autrefois
06:16que les zones gendarmerie
06:17étaient protégées
06:18et vous aviez des patrouilles
06:19avec simplement
06:20deux gendarmes
06:20et qu'aujourd'hui,
06:21vous faites intervenir
06:22le GIGN
06:23dans des zones rurales,
06:25effectivement,
06:25ça montre
06:26à quel point
06:26la situation
06:27est devenue compliquée.
06:29Christian Flèche
06:29et Najoie.
06:30Ceux qui en profitent le plus
06:31sont ceux qui sont
06:32à l'étranger
06:32et qui ont l'argent
06:34et qui sont
06:35dans les Émirats,
06:37au Maroc,
06:37en Algérie,
06:38en Tunisie,
06:39etc.
06:40et qui sont là
06:41pour bénéficier.
06:41Alors le Maroc,
06:42je crois qu'ils n'ont plus
06:43intérêt à y aller
06:43parce qu'il y a des extraditions
06:46qui sont faites.
06:48Oui, il y a eu
06:48un bon travail diplomatique
06:49entre la France
06:50et le Maroc
06:51qui est notamment
06:51sur le sujet
06:52des enquêtes.
06:53Effectivement,
06:53ça travaille très bien
06:54entre les marocains.
06:55Oui, il les arrête.
06:56Il les arrête.
06:57Après, si ce sont
06:58des ressentissants français,
06:59par exemple,
07:00qui peuvent être extradés,
07:01s'ils sont des ressentissants
07:02marocains,
07:02ils se sont jugés sur place
07:03et parfois,
07:04plus rapidement
07:05et plus...
07:05La Joua et la Haïté
07:06qui connaissent
07:10les narcos...
07:11En tous les cas,
07:12je ne connais pas encore
07:14les jôles marocaines,
07:15mais...
07:16La Joua et la Haïté.
07:17Non, je voulais simplement
07:18ajouter que la DSA
07:19du Mafia,
07:20elle ne se contente plus
07:22de gérer les points
07:23de deal.
07:24Elle a une volonté
07:25de contrôler
07:26les territoires
07:26et ça s'étend aussi
07:28au blanchiment d'argent,
07:30aux raquettes.
07:31Il n'y a pas que le trafic
07:33de stupéfiants
07:34qui les intéresse.
07:35Et donc,
07:35on l'évoquait tout à l'heure,
07:37c'est une pieuvre.
07:39Et là où je vous rejoins,
07:41c'est que l'État
07:42ne croise pas les doigts.
07:43Il y a des cellules
07:46spécialisées d'enquête
07:47mises en place.
07:48Vous avez des magistrats
07:49aussi spécialisés.
07:51Mais les moyens
07:52sont tels
07:53qu'il faut contrôler aussi
07:55les flux,
07:56les avoirs financiers.
07:57Mais il faut rendre hommage
07:58quand même au ministre Darman
07:59pour le coup,
08:00qui a fait un excellent travail.
08:02Il faut le reconnaître.
08:02Non seulement quand il est
08:03au ministère de l'Intérieur,
08:05mais aujourd'hui aussi
08:06comme garde des Sceaux.
08:09Et ce qui est extrêmement important,
08:11c'est qu'il travaille aussi
08:12avec des pays.
08:12Avec le Maroc,
08:13il travaille très très bien.
08:14Donc, il y a eu
08:15une convention aussi
08:16qui vient d'être signée.
08:18Il y a eu des gens
08:19de la DZ Mafia
08:20et de l'autre clan.
08:23Aidez-moi.
08:23La DZ Mafia.
08:25Yoda.
08:26Qui a été extradé.
08:28Christian Flech.
08:29Juste,
08:29je voudrais revenir aussi
08:30sur un point
08:31qu'on n'a pas encore abordé
08:32et que Frédéric Lowe,
08:33ce que vous avez reçu,
08:34secrétaire général du syndicat
08:35des commissaires,
08:36évoque régulièrement,
08:37c'est la complexité
08:38de la procédure.
08:39C'est-à-dire que maintenant,
08:40on ne fait plus d'enquête,
08:41on fait de la procédure.
08:42C'est ça.
08:42Mais ça, c'est un problème
08:43d'organisation interne.
08:44Les enquêteurs n'enquêtent plus.
08:46Les enquêteurs n'enquêtent plus,
08:47bien sûr.
08:47C'est la procédure.
08:48Et donc là,
08:49pour le coup,
08:49c'est un sujet aussi
08:50que les ministres successifs
08:52de la justice
08:53n'ont pas été capables
08:54depuis sans doute 15 ans.
08:55La procédure est une fin en soi
08:56et ce n'est plus
08:58aller chercher finalement
08:59les bandits et les voyous.
09:00Et là,
09:01je pense que c'est un vrai sujet
09:02qu'il faut aborder maintenant
09:03pour qu'on arrive enfin
09:05à sortir de la procédure
09:06pour enquêter.
09:07On va écouter les réactions
09:09de la classe politique.
09:10On peut le souligner unanime.
09:11Philippe de Gestas.
09:12Juste pour ajouter
09:13que n'oublions pas
09:14que cette drogue
09:15n'est pas produite en France.
09:16Et donc,
09:17ça veut dire qu'on a des frontières.
09:18Alors, il y a des laboratoires
09:18de plus en plus présents.
09:19Mais elle est largement importée.
09:21Et d'ailleurs,
09:21même la France aujourd'hui
09:22devient exportatrice.
09:23Vous avez raison de le signaler.
09:24Et donc,
09:25ça veut dire qu'aussi,
09:25on n'a pas la capacité
09:27à protéger les frontières
09:28d'importation de produits
09:30qui sont non seulement illégaux,
09:31évidemment,
09:31mais qui sont dangereux
09:32pour la santé
09:32et qui amènent
09:33la situation qu'on connaît.
09:34Alors,
09:35on peut le souligner
09:35d'un point de vue politique.
09:37Tous les partis,
09:38unanimement,
09:38ont soutenu
09:39le maire d'Alès
09:40et ont dénoncé
09:41une attaque
09:41contre la démocratie,
09:42une attaque
09:43contre l'État.
09:44Regardez,
09:44le sujet est signé
09:45Mathilde Ibanez.
09:48C'est un soutien unanime
09:49à Christophe Riven
09:50que le maire d'Alès
09:52a dû être exfiltré
09:53de son domicile
09:54pour sa sécurité
09:55après des menaces
09:56réitérées
09:56par le groupe criminel
09:57de la DZ Mafia.
09:59Une pression,
10:00des intimidations
10:01qui provoquent
10:01une véritable onde de choc
10:03dans la classe politique
10:04a commencé par Marine Le Pen.
10:06Ce que vit aujourd'hui
10:07le maire d'Alès,
10:08auquel j'apporte
10:09tout mon soutien,
10:09doit faire prendre conscience
10:10à chacun
10:11de l'extrême gravité
10:12de la situation.
10:13L'État doit réaffirmer
10:14son autorité
10:14et rétablir la loi
10:15et l'ordre
10:16sur l'ensemble du territoire.
10:17Un soutien
10:18qui dépasse
10:19les clivages politiques.
10:20A gauche aussi,
10:21Raphaël Glucksmann
10:22apporte son soutien
10:23au maire d'Alès.
10:24Soutien total,
10:25en le ciblant,
10:26les narcotrafiquants
10:27s'attaquent à toute la République.
10:28Même fermeté
10:29du côté de Bruno Retailleau
10:30qui salue
10:31le courage exemplaire
10:32de l'élu
10:32et appelle lui aussi
10:34la France
10:34à faire bloc
10:35face à la menace
10:36des groupes mafieux.
10:37Et du côté du gouvernement,
10:39le message est tout aussi clair.
10:40On ne se laissera pas intimider.
10:42On continuera
10:43à mener cette action
10:43de manière résolue
10:44et déterminée.
10:45Et je peux vous dire
10:46que les effectifs
10:46qui sont présents
10:47sur la voie publique
10:48à Alès
10:48vont le rester
10:49pendant un certain temps
10:49au même titre
10:50que les investigations judiciaires
10:51qui sont en cours
10:52sous l'autorité du parquet
10:53et parfois du PNACO
10:55vont évidemment se poursuivre.
10:56Laurent Nunez
10:57exige désormais
10:58que toute la lumière
10:58soit faite sur ces menaces
11:00et sur les éventuelles actions
11:01violentes
11:02qui pourraient être envisagées.
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