00:00On parle de l'interdiction du burkini à la piscine de Legue 20 en Haute-Garonne
00:05qui a été suspendue par la justice administrative.
00:08On a pu échanger avec le maire, on était en direct avec une auditrice
00:12et si vous souhaitez réagir, n'hésitez pas, appelez-nous au 01 80 20 39 21,
00:18une auditrice de Grenoble, parce que Grenoble, il a été question du burkini.
00:24Là, Legue 20, c'est une commune de 10 000 habitants, on n'est pas très loin de Toulouse
00:28et même dans ces villes de 10 000 habitants, il nous parlait d'une ville de campagne, le maire.
00:34Eh bien, la question du burkini, vous savez, c'est cette tenue qui vient couvrir l'ensemble du corps
00:40pour des convictions religieuses, entre autres, qui sont utilisées pour les femmes à la plage
00:48ou justement dans les piscines municipales.
00:50Et David Lissnard, candidat à la présidentielle et maire de Cannes, nous a contactés pour réagir
00:56parce que là aussi, à Cannes, il a été question du burkini, ça a été l'un des premiers arrêtés,
01:01si ce n'est le premier arrêté sur les plages, on est en 2016,
01:04et puis ensuite, il y a eu la question dans les piscines municipales.
01:07Et David Lissnard, vous nous avez dit, les deux premières années, c'était tendu,
01:11et puis ensuite, finalement, même celles qui le portaient sont venues vous remercier d'avoir tenu bon.
01:16Mais la question que je me pose, c'est, au-delà des tensions qu'il pouvait y avoir au sein
01:21de la ville
01:21ou du moins de la piscine municipale, est-ce qu'il y a eu un bras de fer aussi administratif
01:28?
01:28Est-ce que la LDH a voulu retoquer votre arrêté ?
01:32Alors, sur les piscines municipales, non, mais on avait...
01:36Alors, je ne connais pas le cas de la commune que vous...
01:38Je n'ai pas regardé le cas d'espèce qui a été évoqué tout à l'heure, de la commune
01:41près de Toulouse,
01:42mais je suppose qu'on en est au stade d'un référé-liberté ou de quelque chose comme ça.
01:46Exactement, c'est exactement ça.
01:48D'accord, ben oui, ça me...
01:50Et le maire n'a pas voulu poursuivre le bras de fer administratif, faute de moyens,
01:56et il dit, je ne vais pas me lancer dans un combat.
02:01Écoutez, c'est toujours très compliqué.
02:03Alors, sur l'arrêté-plage dont je vous ai parlé tout à l'heure, oui, j'avais eu des attaques,
02:07et ces attaques avaient été portées par une association qui était en fait une émanation
02:11des frères musulmans, mais la Ligue des droits de l'homme s'était jointe à la procédure
02:16contre la ville de Cannes, la LDH, les mêmes qui sont censés défendre la laïcité
02:23et qui attaquent la moindre crèche sur l'espace public,
02:26parce que c'est eux aussi qui attaquent les crèches dans les mairies ou sur les villages de Noël,
02:31mais là, en revanche, les attaques à la laïcité qui viennent de la partie dévoyée de l'islam,
02:38là, ça ne les dérange pas.
02:39Mais en revanche, sur les piscines, je n'ai pas eu d'attaques,
02:42parce qu'on a commencé par d'abord faire un règlement intérieur.
02:46Et je n'ai plus le dossier en tête.
02:48Mais c'est exactement ce qu'a fait le maire de l'Aigvin,
02:50c'est-à-dire qu'en conseil municipal, il propose un règlement intérieur
02:55où il interdit 11 tenues différentes, et parmi les tenues, il y a le string, il y avait le bikini,
03:04et il y a également le burkini.
03:08Et c'est pour des raisons d'hygiène qu'il met en place ce règlement intérieur,
03:13et la LDH va l'attaquer devant le tribunal administratif,
03:18et c'est le juge des référés, donc c'est un juge qui retoque exactement la décision.
03:25À mon avis, c'est très audacieux de porter de telles considérations telles que je vais la faire,
03:33mais je pense que sur le fond, il gagnera le maire.
03:36Si la procédure continue et prospérer, je pense qu'il gagnerait.
03:40Parce que, après...
03:43Mais il a préféré la Chine.
03:46Et oui, parce qu'il faut payer des avocats, il faut payer des procédures,
03:49on ne sait pas quand ça sera enrôlé, il faut tenir...
03:53L'administratif, contrairement aux civils, il est exécutoire tout de suite.
03:57Toute décision est tout de suite exécutive.
03:59Donc lui-même, comment il gère la situation ?
04:01Et ça devient ensuite un objet de polarisation.
04:04Il va attirer à lui tous les identitaires islamistes qui vont venir avec des burkinis.
04:08Enfin, je me mets à sa place, c'est très très dur et très difficile.
04:10Et pour revenir à votre question, nous, écoutez, ça fait 12 ans,
04:13on a de temps en temps, y compris dans une piscine de centre-ville, des tentatives,
04:18une fois tous les deux ou trois ans, qu'on gère tout de suite d'intrusion,
04:21et ça se passe... Et objectivement, ça se passe bien.
04:24C'est pas un nouveau gros problème aujourd'hui.
04:25Georges Fenech souhaite réagir.
04:27Oui, non, juste une précision, et puis je le dis aussi à David Lissner.
04:31L'affaire de Creil, vous vous souvenez, le voile à l'école, en 1989,
04:35il a fallu attendre quasiment 15 ans...
04:382007.
04:39Même avant, je crois que c'était 2004, la loi sur le voile à l'école.
04:43Ah, c'est 2004, pardon.
04:44Pour régler le problème.
04:45Et le problème a été réglé du jour au lendemain.
04:48Moi, je pense que les maires sont...
04:49Ben si, le problème du voile à l'école, hein ?
04:52À l'école, enfin, il n'est pas complètement réglé.
04:54Excusez-moi, on a passé des années...
04:56Sans la loi sur la...
04:57Enfin, parce qu'il y a eu le voile, mais après, il y a eu la question de la baïa.
05:00Oui, mais c'est autre chose, la baïa.
05:01Non, mais j'entends...
05:01Mais je sais, on n'est pas complètement libérés de ces problèmes-là, j'entends bien.
05:05Mais quand même, ça a mis un coup d'arrêt, quoi.
05:07Et je pense que les maires sont aujourd'hui isolés, confrontés.
05:10M. Lissnard, peut-être, ne me démentira pas.
05:14Eux-mêmes, on l'a vu, les conflits entre Châlons-sur-Saône,
05:17la manière dont Jean-François Copé a traité ça à mots,
05:20ils sont un peu livrés à eux-mêmes, si vous voulez.
05:22Moi, je crois qu'il faut que l'isolateur intervienne.
05:24Eh bien, peut-être le mot de la fin avec David Lissnard, du moins politique,
05:27puisqu'on sera avec Abdel, qui nous appelle des Hauts-de-France,
05:30et qui souhaitait réagir.
05:31Mais est-ce qu'à un moment donné, il va falloir légiférer sur la question du Burkini
05:38dans les piscines municipales ?
05:40Mais vous imaginez, maintenant, on va devoir légiférer sur tout.
05:44Ce que dit Jean-Schwenek est juste.
05:47La loi a été efficace, quand même, l'établissement scolaire.
05:49Elle a été efficace, il faut le dire.
05:53Et il y a trois choses.
05:55Soit on laisse les cas d'espèces prospérer avec les différents territoriales,
05:59pourquoi pas ?
06:00Mais il y a une inégalité entre les mairies qui ont les moyens
06:03d'engager des procédures dans la durée et celles qui n'ont pas les moyens.
06:06Et puis ensuite, les habitants, ils choisissent qui ils veulent comme maires aussi.
06:10Soit on attend qu'une jurisprudence se forme,
06:13mais ça risque d'être aléatoire, dangereux,
06:15et surtout, soit on légifère.
06:19Et à mon avis, moi je suis une ville où il y a beaucoup d'immigration.
06:22On est quasiment 40% d'immigration récente, si vous voulez.
06:25C'est toujours une ville d'immigrés, etc.
06:27Et j'ai un gros soutien sur ces questions-là, contrairement à ce que l'on peut croire.
06:30Il y a une grande partie de la population d'immigration assez récente et du Maghreb,
06:36pour dire les choses, qui ne veut pas que, notamment des gens qui viennent d'Algérie,
06:40qui ont connu la décennie noire, qui sont musulmans, etc.
06:43mais qui ne veulent pas cette intrusion islamiste dans le mode de vie.
06:47Donc, ce n'est pas désespéré le combat, mais il faut le mener.
06:51Je ne suis pas un fou de la législation, parce que je trouve qu'on légifère sur tout maintenant,
06:54mais en l'occurrence, sur des règles de vie en commun,
06:57en République française, c'est peut-être pas un luxe
07:00que d'avoir un cadre législatif solide.
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