Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 21 heures
Les débats de l'été avec Thomas Fauré, Spécialiste du numérique, Président et fondateur du réseaux social Whaller

---

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
☀️ Et pour plus de vidéo du Grand Matin Sud Radio : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDRJgbMndsvDtzg5_BXFM7X_

##LE_FACE_A_FACE_ETE-2026-07-21##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et 10h-13h, Maxime Liedot.
00:30Quand on voit tout ce qu'utilisent nos voisins européens,
00:33quand on voit aussi tout ce dont on prive, nous, nos agriculteurs,
00:36est-ce que la France ne doit pas, d'une certaine manière,
00:38se réconcilier avec les pesticides pour donner un peu de puissance aux agriculteurs,
00:42leur permettre de poursuivre tout simplement leur culture ?
00:44Venez en parler avec nous au 0826 300 300.
00:47Mais pour le moment, il est midi 5, notre grand entretien.
00:51Les débats de l'été Sud Radio.
00:53Et le grand entretien du jour va s'attarder sur cette question des réseaux sociaux.
00:57Bonjour Thomas Forêt.
00:58Oui, bonjour à vous.
00:58Merci beaucoup d'être avec nous ce midi.
01:00Vous êtes spécialiste du numérique, président et fondateur du réseau social Waller.
01:04Et ça tombe bien parce que dans quelques heures,
01:06là, à l'Assemblée nationale, va potentiellement se prendre une décision historique
01:09parce que ce serait la première fois en Europe qu'un pays prend une telle sanction.
01:13La France serait avant-gardiste donc d'éventuellement interdire les réseaux sociaux
01:16aux mineurs d'au moins de 15 ans, c'est la question qui se pose.
01:19Et derrière, il y a évidemment toute la question de l'interdiction,
01:22de la sécurité, de notre souveraineté aussi dans ces domaines-là.
01:25Et on parlera forcément avec vous aussi de ce rapport du Sénat qui a fait tant de bruit,
01:30qui parle d'ingérence et transaire avec une volonté quand même de surveiller les réseaux sociaux.
01:33Mais la première question, et elle est très simple, dans quelques heures,
01:36vous êtes député vous, Thomas Forêt.
01:38Qu'est-ce que vous votez ?
01:39Moi, je voterais oui pour l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
01:45Je pense que c'est une mesure salutaire pour notre jeunesse.
01:48Je vous avoue, moi, je défends bien souvent d'abord la souveraineté,
01:53la liberté d'expression, la défense de la vie privée, etc.
01:57Mais sur les réseaux sociaux, je trouve que le vrai sujet,
02:00c'est d'abord que ce sont des plateformes qui sont faites pour capter l'attention,
02:07pour faire de l'argent, il faut le dire, ce sont des plateformes généralement américaines,
02:10encore pire, TikTok, plateforme chinoise, dont on n'a pas beaucoup de contrôle.
02:15Et je crois que ça fait beaucoup de dégâts à notre jeunesse.
02:17Et sur cet aspect, moi, je défends un point de vue de père de famille.
02:22Moi, j'ai des adolescents à la maison, et c'est une évidence.
02:25Vous êtes père de famille, il y a aussi beaucoup sur ce débat de jeunes parents,
02:28où même tout à l'heure, on avait la discussion avec nos éditorialistes,
02:31et on se disait, oui, mais c'est toujours un peu gênant cette loi,
02:33parce qu'en réalité, l'État vient pallier un peu le manque de responsabilité de certains parents.
02:37Oui, mais je crois que, d'abord, ce n'est pas du tout le seul domaine.
02:42Par exemple, l'alcool est interdit aux mineurs, les cigarettes sont interdites aux mineurs.
02:46Voilà, tout ce qui peut faire du mal à la jeunesse, c'est tout à fait normal qu'il y
02:49ait des lois qui les régulent.
02:51D'autre part, concernant les parents, moi, je crois sincèrement qu'il y a beaucoup de parents démunis.
02:58Et ce n'est pas qu'ils ne sont pas capables de faire, on va dire, d'imposer des règles
03:04à la maison,
03:04mais ce dont on parle, c'est l'adolescence.
03:06L'adolescence, vous savez, c'est cette période où les gamins, ils désobéissent,
03:12et puis, finalement, ils ont de plus en plus de liberté.
03:14Et aujourd'hui, tous les jeunes, quasiment, ont des smartphones en classe au collège.
03:20Enfin, en classe, en tout cas, ils ont, dans cet âge-là, un smartphone.
03:25Ils communiquent de cette façon-là, et ils vont sur les réseaux sociaux.
03:29Qu'est-ce qui les empêche de faire ça ?
03:31Moi, je suis un papa de six enfants, j'ai trois, quatre ados,
03:35et pourtant, je suis un professionnel du numérique.
03:38Et je vais vous dire que, malgré ça, moi-même, je suis dépassé par cette oppression sociale, en réalité.
03:45Et quand, dans une classe, vous avez tous les enfants qui communiquent par ces biais,
03:51que les sujets d'intérêt dans la cour de récréation,
03:54c'est les réseaux sociaux, c'est les vidéos YouTube, etc.,
03:57ne pouvez pas lutter contre ça.
03:59Est-ce que l'interdiction, en réalité, c'est ce que pensent aussi beaucoup d'interlocuteurs,
04:02et ceux qui se penchent aussi sur ces questions,
04:04est-ce que l'interdiction, ce n'est pas la solution de facilité ?
04:07Parce qu'à un moment ou à un autre, en réalité, vous le dites,
04:10on est parfois dépassé par ce qu'on peut y trouver,
04:13par le comportement de certains ados avec les réseaux sociaux,
04:16ça va aussi tellement vite, il faut le dire,
04:17ils naissent maintenant, clairement, avec ça dans les mains.
04:20Est-ce que ce n'est pas la solution de facilité, l'interdiction ?
04:22Parce qu'on pourrait se dire, il faudrait surtout mettre le paquet
04:24sur les contrôles parentales, sur la souveraineté de certaines plateformes,
04:27sur le fait, notamment, qu'on doive un peu mieux sanctionner les abus, etc.,
04:34sur la formation, bien sûr.
04:35Pour moi, ce n'est pas de la facilité, c'est une première étape.
04:38C'est nécessaire.
04:40Ça ne va pas du tout régler le problème dans son entièreté.
04:43Il y a des chiffres, par exemple, en Australie,
04:45où il y a près de 89% des jeunes,
04:48parce que là-bas, ils interdisent aussi les réseaux sociaux en dessous de 15 ans,
04:5289% des jeunes contournent cette interdiction.
04:55Je crois qu'il y a une autre étude sortie par le Guardian,
04:57je ne connais pas le périmètre géographique,
04:59qui dit qu'il y a 80% des jeunes qui contournent.
05:03Donc, ça ne va pas régler le problème.
05:05Ça, c'est vrai.
05:05Mais on est en train de le présenter comme ça, non ?
05:08Ça, c'est possible qu'ils défendent leur affaire,
05:10mais moi, je crois que c'est nécessaire.
05:12Quoi qu'il en soit, c'est nécessaire.
05:13Et on parlait, pour revenir sur le sujet des parents,
05:15les parents, ils sont censés faire respecter la loi aussi.
05:18Et si l'argument de la loi, à la maison, c'est un vrai sujet.
05:21C'est de dire, c'est interdit au moins de 15 ans.
05:23Donc, tu ne vas pas me demander un smartphone ou quoi que ce soit avant 15 ans.
05:26Peut-être que c'est un argument, et je crois que c'est une première bonne étape.
05:30Mais vous avez raison de dire, d'abord, il y a des vrais sujets de souveraineté,
05:33parce que ces plateformes, comme je le disais,
05:35ce sont souvent des plateformes étrangères,
05:37dont nous ne maîtrisons pas les principes, les tenants et aboutissants.
05:42Vous voyez, puisqu'on va parler aussi après de la transparence des algorithmes.
05:46Clairement, c'est lié.
05:47Et puis, il y a un vrai sujet aussi de reconquête numérique en Europe.
05:51Il faudrait évidemment que nous ayons nous-mêmes nos propres plateformes,
05:55nos propres réseaux sociaux, pour nos propres enfants.
05:57Il faut maforer qu'en réalité, cet argument de
05:59il faut les mêmes plateformes, il faut nos GAFAM européens,
06:02il faut se protéger, nos données, tout ça.
06:04Bon, je ne vais pas faire ici la liste dans l'ordre alphabétique et chronologique,
06:07des clouds qui sont américains où on stocke nos données en réalité,
06:09de tout ce qu'on délègue à l'administration américaine,
06:12ou maintenant, en effet, parfois, certaines administrations, peut-être pas,
06:15mais en tout cas, certaines plateformes chinoises.
06:17Qu'est-ce qui fait que, depuis autant de temps, rien n'est bougé ?
06:22Eh bien, c'est parce que rien ne...
06:23Parce qu'en tout cas, peut-être que vous allez me dire,
06:24il y a plein de choses qui se sont faites,
06:25mais nous, en tant que citoyens, on n'a pas l'impression
06:27que des choses ont été révolutionnaires et engagées depuis quelque temps, là.
06:31Il suffit de regarder quels appareils nous utilisons.
06:33Est-ce qu'on a des smartphones français dans nos poches ? Non.
06:37Est-ce que notre moteur de recherche est un moteur français ? Non.
06:40Est-ce que nos boîtes mail sont françaises ou européennes ? Non.
06:44Bon, qu'est-ce qui s'est passé ? Rien, précisément, rien.
06:47Il n'y a aucune politique de puissance numérique
06:49qui n'a été jamais conduite depuis l'abandon du Minitel.
06:52Comment c'est possible quand on voit le progrès,
06:55le changement qu'a marqué Internet,
06:57quand on est en train, visiblement,
06:59de se prendre dans la tronche, pardonnez-moi l'expression,
07:01le bouleversement que va représenter l'intelligence artificielle ?
07:04Comment c'est possible qu'on ne parte pas, justement, à la conquête ?
07:07En tout cas, ce n'est pas possible de continuer comme ça, ça c'est sûr.
07:09Moi, si vous voulez, il y a 40 ans,
07:11quand ces virages se sont faits, ou plutôt ne se sont pas faits,
07:14et que l'Europe, et la France en particulier,
07:16a décroché en matière technologique,
07:19vous savez, c'était l'époque d'ailleurs
07:20où on commençait à désindustrialiser le pays.
07:23C'est très lié.
07:24C'était l'idée de dire,
07:25bah oui, alors nous, en Europe,
07:26on va être des créateurs d'idées,
07:30des cols blancs.
07:30Et puis, ceux qui vont fabriquer,
07:32ce sera en Chine, ce sera ailleurs.
07:34Finalement, derrière tout ça,
07:35il y a aussi une perte de souveraineté
07:37de la technologie en tant que telle,
07:38la perte du savoir-faire.
07:41Voilà, moi je crois que maintenant,
07:42toutes ces questions, tous ces constats
07:44sont venus au fur et à mesure
07:46dans le débat public.
07:47Les gens se rendent compte aussi
07:48de l'énormité de la puissance du numérique,
07:52ce qui n'était pas le cas au départ.
07:53Il y a encore 10 ans, 15 ans,
07:56je dirais, entre guillemets,
07:57Madame Michu n'avait pas forcément conscience
08:00qu'elle utilisait des technos américaines.
08:02Pourtant, c'était déjà le cas.
08:04Maintenant, ces sujets-là sont sur la table.
08:07La souveraineté numérique,
08:09c'est un sujet qui est transpartisan aussi.
08:11Et ça, c'est une très bonne chose.
08:12On va regarder l'année prochaine
08:15les programmes présidentiels
08:17et on verra aussi que ce sujet sera...
08:19Ceux qui se penchent dessus
08:20et ceux qui ne se penchent pas dessus.
08:21Oui, exactement.
08:22Moi, je crains une chose,
08:24c'est que tout le monde va se pencher dessus
08:26et par conséquent, ça ne va pas être dans le débat.
08:28Il faut vraiment que ce sujet soit au cœur du débat
08:31parce que ce dont on parle, finalement,
08:33c'est de la liberté de nos enfants.
08:36Clairement, c'est de notre capacité
08:38à appliquer nos propres règles
08:40sur nos propres outils,
08:41nos propres plateformes.
08:43Thomas Fauré-Vouc,
08:44qui est spécialiste du numérique,
08:46président et fondateur du réseau social Waller,
08:48avant qu'on parte en publicité
08:49et qu'on poursuive après,
08:50entre nous, notre conversation,
08:52un mot peut-être à tous ceux qui nous écoutent,
08:54qui sont parents, qui sont grands-parents,
08:56qui ne sont pas suffisamment sensibilisés
08:58ou alertes sur ces sujets-là.
09:00Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ce midi-là ?
09:01Ils entendent vaguement cette interdiction,
09:03ils ne savent pas trop comment ça va se passer.
09:04Peut-être que l'ado est actuellement en vacances
09:06dans sa chambre en train de scroller sur son téléphone.
09:08Comment les sensibilisent, ces parents ?
09:09Qu'est-ce qu'il faut leur dire ?
09:10Pour ceux qui ne savent pas appréhender cette question.
09:12C'est difficile parce que, clairement,
09:13je suis un cas...
09:15Je vis vraiment ça.
09:17Et les beaux-parents aussi.
09:18Et les grands-parents aussi.
09:20Un conseil ?
09:21Faites faire autre chose à vos enfants.
09:23Faites-les sortir dehors.
09:25Faites-leur construire des cabanes.
09:26Faites-les vivre.
09:28Éloignez-les du téléphone.
09:30Éloignez-les du téléphone.
09:30Mes enfants, ils arrivent ce soir
09:33de trois semaines de canscout.
09:35Et ça, je peux vous dire, ça, c'est la clé.
09:36Après, tout le monde n'est pas obligé
09:37de faire la même chose.
09:38Mais enfin, il faut aller dans la nature à cet âge-là.
09:40Il faut aller fréquenter les vrais gens
09:42et sortir des écrans.
09:43On écarte du téléphone.
09:43En réalité, c'est ça la recommandation.
09:45Bien sûr.
09:45Thomas Forêt, spécialiste du numérique,
09:47président et fondateur du réseau social.
09:48Ou alors, vous restez avec nous.
09:49On poursuit notre conversation
09:50après une très courte page de publicité.
09:52Pour tous ceux qui sont en train
09:53de passer à table
09:54ou d'être sur la route des vacances.
09:55Un, j'espère que vous allez bientôt arriver.
09:57Deux, pour ceux qui passent à table,
09:58bon appétit.
09:59A tout de suite sur Soudradio.
10:00Et on poursuit notre échange
10:01avec notre invité Thomas Forêt,
10:02spécialiste du numérique,
10:03président et fondateur du réseau social.
10:05Ou alors, on était en train de s'interroger
10:06sur cette interdiction
10:07qui va arriver au moins de 15 ans.
10:09Ça sera le texte.
10:10Ça sera en tout cas débattu tout à l'heure
10:11à l'Assemblée nationale.
10:12Un accord, ce qu'on appelle en CMP,
10:14commission mixte paritaire,
10:15nous encourage quand même à penser
10:16que cela devrait passer crème,
10:19selon l'expression consacrée.
10:20Mais Thomas Forêt, on était en train de discuter aussi
10:24de ce que pourrait représenter cette loi.
10:27Vous n'avez dit que ce n'est qu'une première étape.
10:29Si on essaye de se projeter un peu,
10:31en France, sachant qu'on prendrait
10:33une décision historique en interdisant
10:34les réseaux sociaux au moins de 15 ans,
10:36ce serait quoi les prochaines étapes
10:37pour vivre dans un environnement
10:39plus sain d'un point de vue numérique ?
10:41Je mets bien sûr beaucoup de parenthèses à tout ça,
10:42mais vous avez compris l'idée.
10:43Oui, je pense que l'étape numéro 2,
10:46c'est d'aller au bout de cette idée
10:48qui avait été démarrée par Jean-Michel Blanquer
10:49d'interdire les smartphones au collège
10:52et à l'école de façon générale.
10:54Aujourd'hui, les smartphones sont interdits en classe.
10:57Moi, je pense qu'il faut les bannir entièrement
11:00des établissements scolaires.
11:02C'est-à-dire que même les élèves,
11:03l'idée que les élèves ne viennent même pas du tout avec.
11:06Ils n'ont pas le droit de venir avec.
11:08Je soumets cette idée.
11:10Alors, souvent, on dit
11:11« Oui, mais comment ils vont faire ? »
11:13« Ils ont peut-être besoin d'aller regarder
11:14les horaires de bus, parler avec leur mère
11:17à la sortie des classes et tout. »
11:18Peut-être.
11:19Tant pis.
11:20Moi, je crois que...
11:22Pourquoi je dis ça ?
11:23Parce que, encore une fois,
11:24je me fonde sur mon expérience.
11:26Mes ados dans la cour de récré
11:28passent leur temps sur les écrans.
11:30Il n'y a plus de cours de récré
11:32comme autrefois.
11:33Je ne veux pas faire de nostalgie.
11:34Ce n'est pas le sujet.
11:35Mais je pense que le vrai sujet
11:37du smartphone
11:39dans les jeunes
11:40qui passent la plupart de leur temps
11:41en classe,
11:43au collège,
11:43au lycée,
11:45c'est l'école de la République.
11:47Elle peut être
11:48un protecteur
11:50de cette addiction aux écrans,
11:53tout simplement en bannissant les écrans
11:56personnels,
11:57les smartphones.
11:57Ça ne veut pas dire qu'on bannit informatique,
11:59etc.
11:59Certainement pas.
12:00Mais il faut supprimer le smartphone
12:02des écoles primaires,
12:04des collèges,
12:05et peut-être même des lycées.
12:06Mais vous avez donné un exemple
12:07assez concret.
12:08C'est vrai que pour la plupart
12:08qui ont des téléphones,
12:10souvent d'ailleurs,
12:10de plus en plus jeunes
12:11et de plus en plus tôt,
12:12tout à l'heure,
12:13on était avec une avocate
12:14qui faisait des formations
12:15sur le numérique
12:16devant des classes de CM2.
12:17Elle expliquait que toute la classe
12:19de CM2 avait des téléphones.
12:21Et c'est vrai qu'il y a un argument
12:22peut-être pour ne pas regarder
12:23la réalité en face des parents
12:24qui est,
12:24vous comprenez,
12:25il va au sport,
12:26il voyage,
12:27il est avec ses copains.
12:28Donc il a besoin d'un téléphone.
12:29Mais comment on fait ?
12:30Est-ce que vous pensez
12:31qu'il y a un moment ou un autre
12:32une possibilité
12:33qu'on en soit presque
12:33à revenir en arrière
12:34sur la technologie ?
12:35Je ne vais pas trahir
12:36toutes les discussions off
12:37de ce micro,
12:38mais tout à l'heure,
12:38quelqu'un disait
12:39mais supprimons peut-être
12:40même le téléphone.
12:40Moi, en tout cas,
12:41ça ne me choquerait pas.
12:42Est-ce qu'on pourrait arriver
12:43jusqu'à une sorte de bannissement
12:44d'une forme de technologie
12:47pour mieux vivre en fait ?
12:48Moi, je crois que...
12:49Alors, je n'irais pas
12:50jusqu'à bannir tout.
12:51De toute façon,
12:52c'est impossible, honnête.
12:53Enfin, c'est impossible.
12:53C'est plus possible.
12:56D'où ma proposition
12:58qui est de créer
12:59des enclaves
12:59dans lesquelles
13:00le smartphone est interdit.
13:02De la même façon
13:03qu'on ne peut pas
13:05arriver habillé
13:06n'importe comment
13:07au collège,
13:08on ne peut pas
13:09vivre venu dans la rue,
13:10etc.
13:11Moi, je crois
13:12qu'il faut des enclaves,
13:13des sanctuaires
13:15où précisément
13:16nos enfants
13:17vont pouvoir respirer.
13:18Parce que c'est difficile
13:20de faire ça
13:20à la maison, je pense.
13:22Et puis, après tout,
13:22c'est le rôle des parents.
13:23Pourquoi pas ?
13:24Voilà.
13:25Alors ensuite,
13:26on peut aller encore plus loin.
13:28On peut effectivement
13:29imaginer
13:32que les téléphones
13:33en tant que tels,
13:34pas les réseaux sociaux,
13:35ne puissent pas arriver
13:36dans les mains
13:37des gamins
13:38aux primaires.
13:39C'est vrai que moi,
13:40je vis la même chose
13:41en CM2.
13:42La plupart des élèves
13:43ont un smartphone.
13:44Mais moi, je crois
13:45que si la société,
13:46par sa décision,
13:48par ses décideurs politiques,
13:50avance précisément
13:51sur des règles
13:51un petit peu plus contraignantes,
13:52les gens s'adapteront.
13:54Souvenez-vous du Covid,
13:55du jour au lendemain,
13:56tout a été bouleversé.
13:56Les gens se sont adaptés.
13:58Donc, je crois
13:59que la mère de famille
14:00qui voudrait savoir
14:01où est son enfant
14:02après le sport,
14:03etc.,
14:03elle s'adaptera.
14:04Il est plus important
14:06pour moi
14:07de privilégier
14:08sa santé mentale
14:09et son épanouissement
14:10que de savoir
14:10où est-ce qu'il est
14:11à chaque instant aussi
14:12parce que d'ailleurs,
14:12ça rassure les parents.
14:13Voilà, c'est ça.
14:14Et puis, c'est des fausses excuses.
14:15N'importe quel enfant
14:17qui vous dira
14:17papa, maman,
14:18je peux avoir un smartphone
14:19et tout.
14:20Comme ça,
14:20vous saurez toujours
14:21où je suis.
14:21On activera la fonction
14:23localisée.
14:23Eh, à d'autres.
14:25Comme bien à l'autre.
14:26On n'est pas les dernières.
14:27Il y a aussi
14:28toute cette question
14:29parce que ça m'y a fait penser
14:30quand vous avez développé
14:31l'argument du Covid.
14:32Il y a aussi beaucoup
14:33qui sont en fait gênés
14:34par la tournure
14:35que prend tout ce débat
14:35autour des réseaux sociaux.
14:37Même, je ne sais pas
14:37si ça vous frappe aussi,
14:38Thomas Ford,
14:38en tant que spécialiste
14:40des questions du numérique
14:41et vous-même,
14:42président et fondateur
14:43du réseau social Waller,
14:44on va presque...
14:45Ça pose des débats
14:46autour de la liberté,
14:47la liberté individuelle,
14:48de faire plus ou moins
14:49ce qu'on veut.
14:50J'ai même vu,
14:50par exemple,
14:51des candidats à la présidentielle
14:52dire qu'il faut faire
14:53comme en Chine.
14:54Comme si, nous,
14:55une grande démocratie
14:57comme la France,
14:57on devait s'inspirer
14:58de ce qui se fait en Chine
14:59pour, par exemple,
15:00couper l'État,
15:01couperait les réseaux sociaux
15:02à 22h,
15:02faire une sorte
15:03d'écran noir
15:05à partir de 22h30.
15:06Comment vous regardez tout ça
15:07et ce débat
15:08autour des libertés ?
15:09Moi, je trouve que
15:10c'est quelque chose
15:10qui évolue.
15:11C'est ce qu'on voit, en fait.
15:13Le numérique
15:14a dans son sein
15:15et dans sa nature même
15:17une dimension
15:18totalitaire.
15:19C'est une évidence.
15:21Il a cette dimension-là.
15:22Donc, voilà,
15:23de deux choses l'une.
15:25Soit on regarde ça en face
15:26et on réagit,
15:28soit on l'ignore.
15:29Et au bout d'un moment,
15:30évidemment,
15:31le sujet
15:31et le départage
15:33des opinions
15:34va se faire sur,
15:36précisément,
15:37sur le fait de
15:37s'éloigner du numérique
15:39en tant qu'instrument totalitaire
15:40ou d'épouser sa forme
15:42induite,
15:43c'est-à-dire
15:43créer des lois totalitaires.
15:45Clairement,
15:46moi, je suis farouchement
15:47contre ce genre de choses,
15:48il va falloir
15:49maintenir dans ces débats
15:51précisément
15:52la liberté des personnes.
15:54Pour revenir
15:54un tout petit peu en arrière,
15:56moi, je crois
15:56qu'interdire
15:57les smartphones,
15:58l'usage numérique,
16:00on va dire,
16:01tous les jours,
16:02tout le temps,
16:02au collège,
16:03etc.
16:03pour nos enfants,
16:04c'est précisément
16:05maintenir leur liberté.
16:06Alors, après,
16:07l'âge adulte,
16:08c'est différent.
16:09La liberté,
16:09elle prend une autre forme.
16:10La personne adulte,
16:11elle est plus mature,
16:12a priori,
16:13mais elle subit encore.
16:14A priori,
16:15c'est jamais à l'abri.
16:16Mais oui,
16:16parce que ces technologies,
16:17elles sont addictives.
16:19Donc,
16:20on peut dire qu'on est mature,
16:22on fait ses choix,
16:23mais bien sûr,
16:24un enfant,
16:25il n'y a pas de question.
16:26Et il faut préserver,
16:27bien sûr,
16:27la liberté d'usage,
16:28il n'y a pas de question.
16:29On a fait le tour
16:30de cette question,
16:31on a essayé,
16:31en tout cas,
16:31d'en faire le tour
16:32concernant les réseaux sociaux,
16:34mais sur les réseaux sociaux,
16:35il se passe aussi
16:35beaucoup de choses politiques
16:36où ça fait réagir
16:38aussi les réseaux sociaux.
16:39On observe,
16:39même maintenant,
16:40depuis un certain nombre de temps,
16:41une certaine volonté
16:42de l'État
16:43de s'ingérer un peu
16:44dans ces réseaux sociaux
16:45en estimant qu'ils ne sont
16:46pas suffisamment contrôlés,
16:47que c'est trop la roule libre,
16:48que tout le monde peut s'exprimer.
16:49Et il y a eu un rapport
16:52qualifié de transpartisan
16:53pour mieux lutter
16:53contre les manipulations
16:54de l'information
16:55avant la présidentielle de 2027.
16:57C'est le travail du Sénat
16:58qui a établi ce rapport
17:01en évoquant les zones grises
17:02de l'information
17:03avec, à l'intérieur,
17:04quand même,
17:04dans les recommandations,
17:05une notion
17:06qui a énormément fait réagir,
17:07celle d'ingérence intérieure.
17:09C'est comme ça
17:10que le rapporteur de ce rapport,
17:12en conférence de presse,
17:13qui est un centriste en plus,
17:14ce n'est pas comme si c'était
17:14un héritier d'un parti totalitaire,
17:17il a dit,
17:17il y a cette notion
17:18d'ingérence étrangère,
17:19d'ingérence intérieure,
17:22c'est-à-dire que quelqu'un
17:23qui tout d'un coup
17:23met de l'argent
17:24avec son compte,
17:25développe des idées,
17:26bon, ça fait réagir.
17:27Quel regard, vous,
17:28vous avez eu sur ces mots-là ?
17:29Je suis très circonspect.
17:31Je pense que là,
17:32on touche à un sujet
17:34extrêmement sensible
17:34et c'est ce qu'on voit d'ailleurs,
17:36le débat est là,
17:37on touche à savoir précisément
17:40ce que pourraient être,
17:41par nature,
17:42ces ingérences intérieures.
17:44Par ailleurs,
17:45l'ingérence intérieure,
17:47c'est deux mots
17:47qui s'opposent.
17:48Une ingérence,
17:49par définition,
17:51elle ne peut être
17:51qu'extérieure,
17:53elle ne peut être
17:53qu'étrangère.
17:55Et puis, là-dedans,
17:56il y a une histoire
17:57d'argent,
17:57de pouvoir, etc.
17:58Quelle différence
17:59va-t-on faire
18:00entre la promotion
18:01d'une idée,
18:02la promotion démocratique
18:04d'une idée,
18:04d'une idée contradictoire,
18:06on parlait tout à l'heure,
18:07très bon exemple,
18:08quelqu'un,
18:09un homme politique
18:10qui voudrait défendre
18:11l'idée qu'il faut couper
18:12les réseaux sociaux
18:13à 22h.
18:14C'est une idée,
18:15nous l'avons qualifiée
18:16à l'instant de totalitaire,
18:17mais elle a voix au chapitre
18:19dans la démocratie.
18:21Et d'ailleurs,
18:21peut-être que toutes
18:21les idées comme celle-ci
18:23ou les idées
18:24qui peuvent choquer,
18:24qui peuvent interpeller,
18:25c'est précisément des idées
18:26qu'on doit mettre
18:27sur la table.
18:28pour la laisser se faire confronter.
18:30Exactement.
18:31Donc moi,
18:31je suis évidemment prudent,
18:34prudent au sens inquiet aussi.
18:37De dire qu'il y a des zones grises,
18:39je suis assez d'accord.
18:40De dire que les plateformes
18:42produisent des mécanismes
18:45qui peuvent influencer
18:47la démocratie et les votes,
18:48on l'a vu.
18:49On l'a vu en Angleterre
18:51par le scandale Cambridge Analytica,
18:53on l'a vu à 3-4 reprises
18:55dans d'autres pays,
18:55jamais en France.
18:56Ça, c'est un sujet.
18:58Ça, il n'y a pas
18:58de question là-dessus.
19:00Mais enfin,
19:01attention de ne pas aller
19:02trop loin
19:03et de regarder
19:04et d'arriver finalement
19:05dans cette tentation totalitaire
19:07dont je parlais à l'instant.
19:08Ça n'est pas parce que
19:09les mécanismes des plateformes
19:11sont elles-mêmes totalitaires
19:13qu'il va falloir faire
19:14et appliquer
19:15de la politique totalitaire.
19:17Il va nous falloir,
19:18dans l'exercice
19:19de notre démocratie,
19:21être extrêmement prudent
19:22et chercher du recul.
19:23Parce que je pense
19:24que la vraie réponse
19:26à ces sujets,
19:27c'est du recul
19:27par rapport à ces plateformes.
19:29À une époque,
19:30j'avais dit même
19:30pourquoi ne pas interdire
19:33ces plateformes américaines
19:34tout simplement.
19:35On interdit
19:35un certain nombre de choses.
19:36Mais ça,
19:37c'était aussi pour faire
19:37la promotion probablement
19:39de technologies européennes
19:40qui pourraient naître.
19:41Voilà,
19:41mais il faut avoir
19:42des débats sur ces sujets.
19:43Mais attention,
19:45attention.
19:45On voit quand même
19:46la dérive,
19:47pour ne pas dire
19:48d'une certaine forme
19:49de tentation
19:50attentatoire aux libertés.
19:51Vous parliez du Covid,
19:52mais il y a énormément
19:53d'exemples.
19:53Rappelons-nous de la loi Avia
19:54aussi qui avait provoqué
19:55beaucoup de remous.
19:56C'est-à-dire un contrôle
19:57de tout ce qui se passe
19:58sur les réseaux sociaux.
19:58Là,
19:59qui plus est,
19:59quelques mois avant
19:59une élection présidentielle
20:01où on sait
20:02qu'elle va être compliquée
20:03dans le sens où
20:03ça risque d'être violent
20:05politiquement
20:06et ça va être
20:06un véritable basculement
20:07après dix ans
20:08de macronisme.
20:09Est-ce que la tendance
20:10peut s'inverser
20:11chez les politiques ?
20:12C'est-à-dire privilégier
20:13la liberté
20:13à une fausse sécurité.
20:16Vous avez vu
20:17l'autre jour
20:17Elon Musk
20:18sur X
20:19défendant Marine Le Pen
20:22et la classe politique
20:23française
20:24s'indignant
20:25de cette
20:26soi-disant ingérence.
20:28Alors là,
20:28moi je vais vous dire
20:29un truc,
20:29c'est très simple.
20:30On est impuissant.
20:32Et donc,
20:33c'est pour ça
20:34que la tentation
20:35vient par,
20:37enfin,
20:37arrive vers
20:39des décisions
20:39très féroces
20:40parce qu'on est
20:41impuissant.
20:42Ces technologies,
20:43ce n'est pas nous
20:44Européens
20:44ou Français
20:45qui les avons construites.
20:46Donc,
20:47il n'y a pas de dialogue.
20:48Enfin,
20:48il y a peu de dialogue.
20:49On a vu il y a quelques années
20:52évidemment encore
20:52ces frictions
20:53qui s'étaient passées
20:55entre Thierry Breton
20:56et Elon Musk
20:57incroyables.
20:59Ces gens-là,
21:00les Américains,
21:00ceux qui ont créé
21:01ces réseaux sociaux
21:02ou qui les ont rachetés,
21:03ont bien compris
21:04que c'était un instrument
21:04d'influence.
21:05Il n'y a pas de question
21:06là-dessus.
21:06Et donc,
21:07on dépend de ces plateformes.
21:09Mais,
21:10moi,
21:10je suis à la fois
21:13inquiet,
21:14à la fois désespéré
21:15de voir
21:16que le seul réflexe
21:17que nous avons,
21:18c'est toujours la régulation.
21:19Alors,
21:19elle est nécessaire.
21:20Mais enfin,
21:20tout de même,
21:21est-ce qu'on ne pourrait pas
21:21aussi un peu
21:22créer un plan
21:23d'industrialisation numérique
21:25pour créer nos plateformes ?
21:26Il s'attend.
21:27C'est sûr.
21:28Et je suis persuadé
21:29que parmi tous ceux
21:29qui nous écoutent,
21:30ça aussi,
21:31on l'a déjà entendu,
21:31notamment sur des questions
21:32aussi importantes
21:33que le numérique,
21:34que l'intelligence artificielle
21:35et autres.
21:36Merci beaucoup,
21:36Thomas Fauret,
21:37d'avoir été avec nous ce midi,
21:38spécialiste du numérique,
21:39président et fondateur
21:40du réseau social.
21:41Ou alors,
21:42merci beaucoup
21:42de nous avoir éclairés
21:43et de nous avoir,
21:43non pas peut-être remonté le moral,
21:45je ne dirais pas jusque-là,
21:46mais de nous avoir éclairés
21:47en tout cas sur la situation.
21:48Il est midi 28
21:49et dans un instant,
21:50c'est la France au bout du fil.
21:51Midi 30,
21:5113h,
21:52on discute,
21:53on dialogue,
21:53on échange,
21:54on s'interroge,
21:55on débat finalement.
21:55C'est le camarade Manu
21:56qui vous attend.
21:57On va revenir sur le sujet
21:58qui vous a fait réagir ce matin,
21:59l'adoption de la loi agricole
22:01avec la réintroduction
22:02de quelques pesticides
22:04et une fois de plus
22:06parfaitement encadrés
22:07pour une très petite portion
22:08d'agriculteurs,
22:09uniquement pour qu'ils ne perdent pas
22:11leur récolte
22:11et l'objet de leur travail.
22:13Mais est-ce qu'il ne faut pas
22:14se réconcilier avec cette politique-là ?
22:16Oui,
22:16du pesticide,
22:17mais du pesticide
22:18parfaitement contrôlé
22:18et du pesticide
22:19parfaitement encadré
22:21contrairement à la réunion.
Commentaires

Recommandations