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  • il y a 7 heures
Les débats de l'été avec Frédéric Hermel, journaliste

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##LE_FACE_A_FACE_ETE-2026-07-29##

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Transcription
00:00Sur Soudradio, entre midi et demi et midi trente, vous en avez l'habitude, on prend le temps de s
00:03'intéresser à un fait d'actualité.
00:05Comment passer à côté de celui-ci qui a marqué ?
00:08Peut-être que cela faisait des années et des années que des personnes l'attendaient, que des fans l'attendaient,
00:13que ceux qui sont passionnés de football l'attendaient.
00:15Zinedine Didane a été officiellement intronisée comme le nouveau sélectionnaire de l'équipe de France.
00:20Et pour en parler, comment passer à côté de celui qui est son biographe et qui a écrit le premier
00:25grand livre à son propos
00:26qu'il a suivi pendant près de 20 ans, peut-être comme personne.
00:29Bonjour Frédéric Hermel.
00:31Bonjour Massimo Yedot.
00:32Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes journaliste, biographe de Zinedine Zidane.
00:35Ce livre est à retrouver aux éditions Flammarion.
00:38Hier, on avait vraiment l'impression qu'à la fois c'était un moment exceptionnel pour tous ceux qui aiment
00:43le football,
00:43même, et je me mets dedans, pour ceux qui n'aiment pas particulièrement le football,
00:47on a l'impression que c'était un moment naturel, presque pas si exceptionnel que ça. Est-ce que je
00:52me trompe ?
00:53Il a attendu ça toute sa vie en fait, de toute sa vie d'entraîneur.
00:57Puisque quand il était joueur, jamais Zidane n'aurait imaginé être un jour entraîneur puis sélectionneur de l'équipe de
01:03France.
01:04Mais à partir du moment où il a mal terminé sa carrière de joueur,
01:09il fallait qu'il y ait un autre chapitre avec le football et avec l'équipe de France en particulier.
01:14Donc c'est la raison pour laquelle il est devenu entraîneur.
01:16Et son objectif a toujours été d'être le sélectionneur de l'équipe de France.
01:20C'est aujourd'hui un fait pour quatre ans, si tout se passe bien, voire plus, si affinité.
01:25Mais Zidane a été joueur décisif de l'équipe de France.
01:30Il l'a redit lui-même, il a commencé en minime, j'allais tout petit avec les bleus.
01:33Il a porté le brassard de capitaine.
01:36Être aujourd'hui sélectionneur et quelque part dans une carrière aussi exceptionnelle que la sienne,
01:41la suite logique justement de cette aventure.
01:45C'est vrai que quand on vous écoute depuis plusieurs heures, Fred Hermel,
01:49de fait que vous êtes le plus fin connaisseur de Zinedine Zidane et de ce qui s'est passé au
01:53Réal
01:54et sans doute de ce qui va se passer pour les prochaines années.
01:57Vous, vous avez cette théorie que vous venez d'esquisser.
02:00C'est-à-dire que le fait que ça se soit mal terminé pour lui, d'une certaine manière,
02:03il y avait une obligation à revenir de cette manière par la case d'entraîneur.
02:06Quand vous dites mal terminé, c'est quoi ? C'est la fameuse séquence du coup de boule ?
02:10Bien entendu.
02:11Le dernier match de Zidane, en mondiaux-vision, devant des milliards de téléspectateurs,
02:15c'est un coup de boule, c'est un carton rouge et une France qui perd en finale contre l
02:19'Italie.
02:20Je me permets de dire ça parce que je l'ai écrit dans mon livre sur Zidane.
02:24Je lui en ai parlé à lui de cette théorie.
02:28Tout simplement parce que je me bats sur ce qu'il me disait quelques mois avant la fin de sa
02:35carrière.
02:37C'est environ en novembre 2005, c'est-à-dire quelques mois avant sa retraite.
02:42Lors d'une discussion après un entraînement, je lui ai dit « toi, ça te dirait d'être entraîneur,
02:46maintenant que ça va se terminer, etc. »
02:48Et il m'avait rayonné.
02:50Il m'avait dit « moi, jamais tu me vois mon entraîneur, mais pas possible. »
02:53Il m'avait dit à l'époque qu'il n'y a que deux joueurs de France 98 qui seront
02:56un jour des entraîneurs.
02:57C'est Didier Deschamps et Laurent Blanc.
02:59Il avait bien situé quand même les gars.
03:01Pour lui, c'était un peu plus compliqué.
03:03Mais la vie a fait que, et j'insiste, cette fin tronquée de sa carrière de joueur,
03:11finalement, a sûrement conduit à ouvrir un nouveau chapitre dans le football
03:15à travers le rôle d'entraîneur et aujourd'hui le rôle de sélectionneur de l'équipe de France de foot.
03:19On va tirer le fil un peu de la carrière de Zidane post cette défaite de l'équipe de France
03:24en Coupe du Monde avec cette fin connue de tous.
03:27Vous venez de le rappeler, Frédéric Hermel, ce fameux coup de boule.
03:30Il y a aussi, on va l'analyser petit à petit, cette conférence de presse
03:34où quand même très peu de gens ont trouvé des choses à redire.
03:37Mais tirons quand même un peu le fil de tout ce qu'il a fait post-joueur.
03:41Il est devenu entraîneur rien que la manière dont il a voulu être entraîneur,
03:45c'est-à-dire en ne souhaitant pas aller se diplômer en Espagne ou ailleurs.
03:50Il a souhaité quand même passer par la case entraîneur, diplôme d'entraîneur à la française.
03:55Hors de question qu'on lui reproche d'avoir passé le diplôme autre part.
03:58C'est-à-dire qu'il a choisi la version besogneuse, Zidane.
04:02Oui, parce qu'en fait, en Espagne, il y a une sorte de raccourci.
04:06Quand on a disputé, je crois, une vingtaine ou une trentaine de matchs internationaux,
04:11on peut faire un cours accéléré auprès de la fédération espagnole de football.
04:17Beaucoup de joueurs, en gros, ça a duré une grosse année, alors qu'en France, c'est trois ans.
04:21Zidane, parce qu'il avait envie aussi d'être diplômé de l'école des entraîneurs français,
04:28est passé par la version longue, c'est-à-dire la version française,
04:32tout en sachant qu'avant, il avait fait des études de management sportif aussi en France.
04:36C'est-à-dire qu'avant de passer ses diplômes d'entraîneur,
04:39il est aussi passé par des cours, je crois que c'était à Limoges,
04:44pour se préparer aussi à un avenir post-football professionnel.
04:52Mais Zidane, comme beaucoup de joueurs, il n'a pas pu faire d'études classiques.
05:00Rapidement, il était en centre de formation et il avait besoin aussi de cette reconnaissance-là,
05:07c'est-à-dire de lui aussi pouvoir plancher et avoir des diplômes.
05:12C'est une évolution professionnelle, mais c'est aussi une évolution humaine.
05:15C'est aussi une petite revanche sur le fait qu'il n'avait pas eu de diplôme,
05:18il n'a pas son bac, et donc de pouvoir faire ces études-là ont été importantes.
05:22Et de choisir la version longue, la version fastidieuse à la française,
05:25était aussi une manière de ne pas prêter le flanc à de possibles critiques en disant,
05:32vous savez comment ça se passe ?
05:33Ah mais Zidane, il a fait rapidement en Espagne, il n'est pas entraîneur,
05:38voilà, comment ça se passe ? Donc lui, il a suivi le cursus classique,
05:43il a eu sûrement vraiment raison de le faire.
05:45Zidane, c'est votre livre aux éditions Flammarion, Frédère Mel,
05:48et on est forcément avec vous pour évoquer ce qui s'est passé hier,
05:50l'intronisation de Zinedine Zidane en tant que nouveau sélectionneur de l'équipe de France.
05:54Vous parlez de la manière dont il est devenu entraîneur,
05:56vous qui le connaissez vraiment par cœur, qui avez eu la chance de le suivre très attentivement,
06:00d'échanger, de parler avec lui, j'imagine aussi de lui donner parfois vos opinions,
06:05d'avoir de véritables éléments de débat avec lui.
06:09Est-ce que, enfin, est-ce que comment vous l'avez vu évoluer, vous,
06:12entre le moment où il était joueur, où il a décidé de raccrocher les crampons,
06:16et le moment où il a passé, comme ça, il est passé tout doucement de l'autre côté de la
06:21barrière,
06:21c'est-à-dire du côté entraîneur ?
06:22Quels sont les changements assez nets que vous avez peut-être pu déceler chez lui ?
06:27En fait, on parle toujours de cette évolution du joueur vers l'entraîneur,
06:30mais c'est d'abord un homme qui a mûri.
06:32C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui a commencé le football très très jeune,
06:34qui a commencé le football de haut niveau vers 17-18 ans.
06:40Donc, c'était un gamin, et aujourd'hui c'est un homme,
06:43même pas simplement père de famille, mais grand-père, puisqu'il a des petits-enfants.
06:47Il a 54 ans, et c'est quelqu'un qui, aujourd'hui, est un homme mature.
06:53Donc, il ne faut pas oublier qu'il y a l'évolution naturelle de tout être humain,
06:57au-delà de l'évolution professionnelle.
06:59Quels sont les traits de caractère qu'il a gommés, qu'il a transformés,
07:03qui se sont exacerbés ?
07:04Parce qu'on sait que quand n'importe quelle personne vieillit,
07:07il y a ces éléments qui rentrent en compte,
07:08que ce soit le joueur ou l'entraîneur, Zinedine Zidane, vous ou moi, Frédéric Hermel.
07:12Quels sont les pans de la personnalité de Zidane qui ont évolué avec l'âge ?
07:17Moins sanguin, on l'a vu, c'est un joueur offensif qui a pris beaucoup de carton,
07:23je crois, c'est 14 ou 15 rouges directs, ce qui est incroyable dans une carrière pour numéro 10.
07:28C'est plutôt des statistiques de défenseur centrale à l'ancienne.
07:34Il a mûri, je veux dire qu'il a trouvé une forme de sagesse, là aussi, avec l'âge,
07:38avec les responsabilités.
07:40Je pense que ça a toujours été quelqu'un de réfléchi,
07:44même s'il a eu ces dérapages par moments,
07:46mais j'ai l'impression qu'il a été beaucoup...
07:48En fait, quand il était entraîneur du Real Madrid,
07:50il est passé par tellement de phases, des phases de gloire,
07:52avec des champions de suite, avec des fêtes importantes, des crises.
07:56Donc il a dû gérer plein de moments comme ça
07:58qui lui ont permis de prendre sûrement un peu de recul par rapport au football,
08:02de le vivre toujours intensément, mais je veux dire moins violemment.
08:06Peut-être avec une forme de distance ou de raison.
08:10Oui, voilà, parce que tout simplement,
08:13un joueur peut se permettre des choses sur un terrain,
08:16qui ne vont pas affecter, ou pas beaucoup, les coéquipiers.
08:19Un entraîneur, s'il fait n'importe quoi sur le banc,
08:22c'est toute l'équipe qui va s'en ressentir.
08:25Donc là aussi, il y a une nouvelle responsabilité.
08:27Je me souviens, une fois, quand il a gagné sa première ligue des champions,
08:30c'était au tir au but contre l'Atletico de Madrid,
08:32donc vous imaginez la pression qu'il y avait sur lui.
08:36Et on le voyait sourire, très détendu, plaisanté avec les joueurs avant les tirs au but.
08:42Et le lendemain, enfin deux jours après ou trois jours après, je lui ai dit,
08:44mais c'est fou, tu n'avais pas peur.
08:45Il dit, mais au fond de moi, j'étais mort de trouille,
08:47mais je ne pouvais pas transmettre cette trouille à mes joueurs.
08:50J'ai été un joueur, j'ai tiré des pénaltys, des tirs au but.
08:53Je sais très bien qu'on n'a pas besoin que l'entraîneur rajoute de la peur à la peur.
09:00Voilà, ça bouillait à l'intérieur de lui, mais sa gestuelle était d'un entraîneur décontracté
09:09qui montrait à ses joueurs qu'il avait confiance en eux.
09:12Et ça a fonctionné.
09:13Donc ça aussi, le travail d'entraîneur est aussi un travail d'homme mature
09:17quand on a été un grand joueur.
09:18Et le Real Madrid, on va forcément y revenir dans quelques secondes.
09:21Il y a aussi quelque chose de frappant quand je vous entends, Fred Hermel,
09:24la maturité d'un homme, l'évolution d'un homme, l'évolution du milieu forcément dans lequel il évolue.
09:30Le foot, comme l'a connu Zidane, le foot tel qu'il est maintenant,
09:34je crois sans en être un expert que ce n'est plus tout à fait le même,
09:37est-ce que lui s'y retrouve encore dans ce foot-là ?
09:40Peut-être un football avec des personnalités qui sont de plus en plus bling-bling,
09:44des joueurs qui sont de plus en plus forts, avec des réseaux sociaux, avec une surexposition.
09:49Est-ce que ça, il y est prêt ? Est-ce qu'il en a conscience ?
09:51Est-ce que c'est quelque chose qui dérange par exemple ?
09:53Ou il s'y fait parce qu'il n'est pas né de la dernière pluie ?
09:56Il a aussi bien vu de l'intérieur, depuis quelques années, en étant toujours à des postes à haute responsabilité,
10:01que ce football était en train de muter par rapport à ce qu'il avait pu connaître, lui, en tant
10:05que capitaine de l'équipe de France.
10:07Il est quand même l'homme qui a réussi à convaincre Cristiano Ronaldo de se reposer parfois,
10:11alors que Cristiano Ronaldo était au sommet de sa gloire et le joueur le plus important au monde.
10:16Voilà, donc c'est quelqu'un qui a dû manager les égaux de joueurs et l'ultra-compétitivité des joueurs.
10:24Le côté bing-bling, bon, ce n'est pas quelque chose qui l'importe.
10:27De toute façon, quand on a une Zidane, on ne la ramène pas.
10:29Donc les joueurs, en général, sont...
10:31Ah oui, ça c'est vrai, à ce point, on ne la ramène pas, Frédéric Ramel.
10:33Beaucoup parlent de l'aura que celui-ci peut provoquer quand il est dans un terrain sur un vestiaire.
10:37Non, son autorité.
10:39Naturelle.
10:39C'est plus que l'aura, en fait, c'est l'autorité naturelle qu'il a.
10:41C'est-à-dire que c'est quelqu'un de l'intérieur du vestiaire.
10:45On m'a dit, Zidane est plus autoritaire dans le vestiaire que Mourinho.
10:49Vous imaginez, alors que Mourinho...
10:50Sachant que quand on connaît Mourinho et quand on a déjà vu quelques extraits de ce qui se passe dans
10:53les vestiaires,
10:53on a du mal à le concevoir, ça.
10:56Oui, mais c'est parce qu'il a cette aura naturelle, mais il a cette autorité naturelle.
11:00C'est-à-dire que, et à partir du moment où il a gagné beaucoup de titres,
11:03là aussi, ça en impose encore plus.
11:05Je me souviens d'une conversation que j'avais eue avec Alvaro Arbeloa,
11:08qui était joueur du Real Madrid quand Zidane était entraîneur,
11:13qui est aujourd'hui un entraîneur aussi, puisqu'il entraînait l'Oréal et qui est parti maintenant en Angleterre.
11:17Et Alvaro me disait, pendant une semaine, justement, il y avait l'aura, la légende qui est avec nous.
11:23Il me dit, au bout d'une semaine, si la légende ne sait pas bien nous entraîner et pas faire
11:27les bons exercices,
11:28la légende n'existe plus.
11:29Donc les joueurs sont très égoïstes, les joueurs veulent savoir avec qui ils travaillent.
11:33Donc si l'exercice proposé ne sont pas bons, la légende me dit,
11:39oui, Zidane, bon joueur, mais mauvais entraîneur.
11:40Donc il a fallu convaincre aussi les joueurs par l'entraînement.
11:43Et c'est ce qu'il va devoir faire aujourd'hui avec les Bleus,
11:45parce qu'on a une très bonne équipe, on a des super joueurs, mais il va falloir que ça fonctionne.
11:49On a vu déjà le petit message d'Mbappé, on voit qu'au 6, il va falloir travailler avec Mbappé.
11:56Ben oui, mais ça c'est très bien, il est très intelligent Mbappé.
11:58Donc il va aider Zidane aussi à s'intégrer,
12:02parce que Zidane doit s'intégrer dans un groupe qu'il n'a pas construit.
12:05Parce que c'est ça la grande différence entre les sélections et les clubs,
12:09c'est que dans les clubs, vous êtes là au quotidien.
12:11Donc vous avez le temps de construire votre équipe.
12:13On continue à parler foot avec vous Frédéric Hermel, c'est très simple,
12:16votre livre il est sobrement intitulé Zidane.
12:18C'est à retrouver aux éditions Flammarion, il est également disponible en livre de poche
12:22pour ceux qui veulent l'embarquer sous le bras pendant les vacances.
12:24Dans quelques secondes, on continue à parler évidemment de Zinedine Zidane
12:28et on va également débriefer cette première conférence de presse qui était tant attendue.
12:32C'était un sans faute, ah bon, vous nous direz tout ça.
12:34A tout de suite sur Sud Radio.
12:35Et alors qu'on se rapproche de 13h, on poursuit notre conversation avec Frédéric Hermel,
12:39journaliste biographe de Zidane avec ce livre sobrement intitulé Zidane.
12:44C'est aux éditions Flammarion, c'est aussi en livre de poche l'occasion de s'y replonger.
12:47On évoquait avec vous Frédéric Hermel et qui mieux objectivement que vous
12:50pour parler de ce qui s'est passé hier, l'intronisation de Zidane
12:53dans le fauteuil de nouveaux sélectionnaires de l'équipe de France.
12:56Vous avez suivi Zidane pendant des années et des années,
12:59vous le connaissez mieux que personne et vous avez également suivi,
13:02et on va commencer par là pour décrypter un peu sa première conférence de presse
13:06où peu de gens quand même ont réussi à y trouver quelques défauts.
13:10Mais Zinedine Zidane en tant qu'entraîneur, on en a eu un aperçu et pas des moindres,
13:14c'est Zinedine Zidane, entraîneur du Real Madrid.
13:17Et ça, ça s'est quand même passé de manière extraordinaire.
13:19Je crois que ça a été combien ?
13:21Trois lignes des champions consécutives de gagnés, c'est ça ?
13:24Oui, jamais aucun entraîneur n'a fait ça dans l'histoire du foot.
13:27Zidane l'a fait.
13:29C'est tout, on peut s'arrêter là.
13:31Oui, il aurait pu s'arrêter là.
13:32D'ailleurs, beaucoup de gens se disaient à l'époque,
13:34maintenant il faut que tu arrêtes, c'est bon, tu ne peux pas faire mieux.
13:37Donc c'est la raison pour laquelle il a eu des propositions de club,
13:40il y a eu une nouvelle proposition du Real en décembre dernier,
13:43en juin 2022, il y a eu la proposition du Paris Saint-Germain,
13:50il refuse tout ça parce que pour lui, son objectif c'est l'équipe de France.
13:53Et je suis persuadé qu'après l'équipe de France, il n'y aura plus rien,
13:56il ne reprendra plus de club.
13:57Parce qu'il aura estimé qu'il aura fait tout ce qu'il pouvait faire à sa place.
14:03Oui, déjà entraîner le plus grand club de l'histoire du football, le Real Madrid,
14:07gagner trois ligues des champions, c'est difficile de faire mieux.
14:10Et puis l'objectif avec l'équipe de France, c'est de gagner le Mondial,
14:13dont la finale va se jouer normalement, en tout cas c'est le 21 juillet 2030,
14:18et normalement ce sera au stade Santiago Bernabeu de Madrid, à côté de chez lui.
14:23Justement, quand il était en poste au Real Madrid,
14:27on dit que c'est l'un des clubs les plus durs du monde,
14:29avec une pression hallucinante, avec des enjeux financiers colossaux,
14:33avec des égaux aussi à manager.
14:36Comment ça s'est passé, ces premiers pas d'entraîneur,
14:38vous qui l'avez suivi, Frédéric Hermel,
14:39quand on reprend une telle équipe, avec une telle pression,
14:42avec une telle organisation sous le feu des projecteurs ?
14:44Racontez-nous un peu les coulisses de tout ça, j'imagine,
14:47les coups de pression, les angoisses, les coups de colère aussi,
14:49même si l'homme a mûri ?
14:52En fait, il a commencé en étant adjoint d'Ancelotti, au Real,
14:58ensuite il a pris l'équipe B du Real, qu'on appelle le Castilla,
15:00ce sont les jeunes qui jouent en troisième division,
15:03donc là il a pu commencer à montrer ses talents d'entraîneur,
15:06et aussi d'orateur, parce qu'il y avait des conférences de presse aussi,
15:09alors il y avait 7-8 journalistes, moi j'étais là aussi,
15:12mais il y avait 7-8 journalistes espagnols,
15:13donc il a commencé à forger, à se former, à forger sa personnalité d'entraîneur,
15:19et puis après il a repris le club au mois de janvier,
15:22c'était un 16 janvier, 8 janvier 2016,
15:25et Zidane, Raphaël Benitez venait d'être licencié,
15:29il prend l'équipe avec l'objectif de plus ou moins bien terminer la saison,
15:35et il gagne la Ligue des Champions,
15:36donc ça l'a lancé de manière définitive,
15:39ça a propulsé, après au bout de 3 ans il arrête,
15:42enfin 2 ans et demi, 3 Ligue des Champions de suite,
15:44il arrête, et il revient pour une deuxième étape en 2019,
15:48qui va durer 2 ans,
15:50et qui va être moins glorieuse,
15:51parce qu'on était avec une équipe en fin de cycle,
15:54et Zidane à un moment, lui,
15:55m'avait expliqué que quand il est parti la première fois du Real,
15:59il avait peur que son discours ne passe plus,
16:03c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
16:06les joueurs ont besoin de beaucoup de stimuli,
16:09ont besoin de beaucoup de changements,
16:123 ans c'est long pour un entraîneur,
16:14quand on est au quotidien,
16:16vous savez les époques de Giroud, de Ferguson,
16:18qui restent dans leur club respectif pendant 30, 40, 35, 40 ans,
16:21ça n'existe plus, ça c'est plus possible aujourd'hui,
16:24donc il avait besoin que ses joueurs entendent un discours nouveau,
16:29et il ne sentait pas cette capacité d'encore attirer les joueurs
16:37vers son style à nuit,
16:39vers ce qu'il avait envie d'imposer,
16:41et puis aussi il y a une sorte de fatigue dans la victoire,
16:43ça peut être dingue,
16:43mais il y a une fatigue dans la victoire,
16:47beaucoup de clubs qui gagnent,
16:48ils mettent dans une sorte d'essoreuse.
16:50Oui, oui, parce que quand on gagne, on gagne,
16:52et puis finalement même les joueurs,
16:53quand on gagne la première Ligue des Champions,
16:54on est content,
16:55la deuxième on est encore content,
16:56la troisième c'est devenu une banalité,
16:58donc même si ça ne devrait pas l'être,
17:00donc voilà, il y avait besoin d'un nouveau stimuli,
17:02donc Zidane, en plus c'est quelqu'un en équipe de France,
17:06si ça ne va pas, il partira,
17:07je veux dire, il ne va pas rester en poste pour rester en poste,
17:11ce n'est pas du tout une question d'argent,
17:13même s'il a gagné très très bien sa vie,
17:15et qu'il a mis de l'argent de côté pour plusieurs générations,
17:18l'argent n'a jamais été un moteur pour lui,
17:20c'est-à-dire qu'il ne va pas rester en poste dans l'équipe de France pour son salaire,
17:25mais il demandera les conditions pour pouvoir bien travailler,
17:28et si un jour il considère qu'il n'a plus les conditions pour travailler,
17:31et bien il partira,
17:32c'est quelque chose qu'il ne faut pas écarter non plus,
17:34parce que c'est quelqu'un d'honnête avec lui-même et avec les autres.
17:37Vous parlez justement des fameuses conditions pour réussir,
17:42on va rentrer maintenant,
17:42on va mettre les pieds dans le plat,
17:44les mains dans le cambouis,
17:45avec cette première conférence de presse,
17:46en tant que sélectionneur de l'équipe de France,
17:49on parle bien évidemment de Zidane,
17:50c'était hier,
17:51on a, et certains,
17:52ont déjà pu émettre éventuellement quelques,
17:55peut-être pas quelques critiques,
17:56mais quelques réserves,
17:57on a fait sauter notamment je crois le plafond de la rémunération
18:00pour accueillir Zidane,
18:01je crois que ça dépasse les 450 000 euros par an,
18:03il arrive avec un staff de plus de 25 personnes,
18:06quand on arrive dans de telles conditions quand même,
18:08Fred Hermel,
18:09on ne peut pas se planter ici ?
18:12450 000 euros par an,
18:17Karl Ancelotti gagne 8 millions,
18:20pour la sélection brésilienne,
18:23voilà,
18:23donc enfin c'est,
18:25voilà,
18:26enfin c'est,
18:26oui,
18:27il faut remettre qu'elle est en cause de l'argent,
18:28voilà,
18:29ben oui,
18:29ben oui,
18:29voilà,
18:30c'est tout,
18:30enfin je veux dire,
18:31c'est pas très très cher payé,
18:33donc après les chiffres exacts,
18:34on le sait,
18:34on ne les sait jamais vraiment jamais,
18:36mais Zidane n'est pas venu pour l'argent,
18:38voilà,
18:38ça c'est évident,
18:40et puis un staff,
18:41oui,
18:41parce qu'il a son staff de fidèles,
18:47composé de David Bettoni,
18:49Amidou M. Cédier,
18:50Grégory Dupont,
18:52et Stéphane Planck,
18:53il y aura peut-être Fabien Barthez,
18:54en tout cas ça,
18:55on ne le sait pas encore,
18:56mais en tout cas les fidèles de Madrid sont là,
18:58et aussi c'est quelqu'un qui va apporter beaucoup d'éléments,
19:03au niveau de la data,
19:04voilà,
19:05d'utiliser les techniques les plus modernes,
19:07justement,
19:08pour apporter quelque chose,
19:09parce qu'il faut apporter quelque chose,
19:10après cette période exceptionnelle avec Didier Deschamps,
19:14Didier Deschamps,
19:15on a fait quand même mondial,
19:16une Coupe du Monde,
19:18une place de finaliste,
19:20et une place de demi-finaliste,
19:21c'est du jamais vu dans l'histoire de France,
19:23je crois,
19:23une Coupe du Monde de suite comme ça,
19:24donc Zidane doit apporter quelque chose aussi,
19:26quelque chose de nouveau,
19:27et aussi intéresser les nouveaux joueurs,
19:29avec un nouveau discours,
19:30et ça passe aussi par de nouvelles méthodes.
19:31Ça c'est évident,
19:33sachant qu'hier,
19:34première conférence de presse,
19:35vous parliez d'Didier Deschamps,
19:37elle a été presque,
19:38sans faute cette première conférence de presse,
19:40non ?
19:41Hommage à Didier Deschamps,
19:43volonté,
19:44et un mot adressé aux pompiers,
19:46aux agriculteurs,
19:47à tous ceux qui étaient touchés par les incendies,
19:48un mot également pour la libération de Christophe Glaze,
19:51un mot également pour l'équipe,
19:53comment avez-vous trouvé,
19:54vous,
19:55le fan,
19:56mais aussi le biographe de Zinedine Zidane,
19:58comment avez-vous trouvé,
19:59cette première conférence dans les habits du sélectionneur Frédéric Hermel ?
20:03Bon, elle était classique,
20:04enfin je veux dire,
20:04il n'y a rien d'extraordinaire,
20:06mais moi je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait des problèmes,
20:09il a dû parler en espagnol,
20:11quatre fois par semaine,
20:12dans le plus grand club du monde,
20:13et passer par des crises énormes,
20:15donc arriver chez lui,
20:16où tout le monde l'applaudit,
20:17et puis on ne peut pas dire que la question,
20:18elle était très dérangeante,
20:19d'ailleurs elle ne devait pas être dérangeante,
20:21mais c'est-à-dire que par rapport à ce qu'il a connu à Madrid,
20:23c'était du pas béné pour lui.
20:24Ben non, enfin voilà,
20:25il était ravi d'être là,
20:27les gens étaient ravis qu'il soit là,
20:29voilà, après il ne faut pas oublier qu'il a joué à Bordeaux,
20:32pendant de nombreuses années,
20:33donc ce qui se passe en Gironde,
20:34ça le concerne aussi personnellement,
20:35donc en tant que Français,
20:37en tant qu'ancien Girondin aussi,
20:39donc voilà, c'était important,
20:42et Zidane avait envie de le dire,
20:43et c'est assez classique à lui,
20:45je veux dire,
20:46je ne voudrais pas qu'on en fasse trop autour de Zidane,
20:49parce que j'ai quand même l'impression là,
20:51qu'il y a une émotion,
20:55et je ne voudrais pas que cette émotion,
20:56et le fait que tout le monde l'applaudisse,
20:58se transforme en critique,
21:01en sifflé,
21:02après le premier match de Lule,
21:03vous voyez ?
21:04Il y a beaucoup d'attentes,
21:06il faut savoir qu'il passe après un entraîneur exceptionnel,
21:09il passe après un entraîneur exceptionnel,
21:11et qu'on n'est pas sûr que ça marche tout de suite,
21:13il faut lui laisser un peu le temps que ça démarre,
21:17il va présenter son staff le 1er septembre,
21:20et trois semaines après,
21:21il y a déjà un match important en Turquie,
21:23et puis après il y aura un match contre l'Italie,
21:26à domicile,
21:27donc il faut voir,
21:28il faut laisser à Zidane le temps de...
21:31De mettre des chaussons.
21:33Oui,
21:33et puis de porter sa patte,
21:35parce qu'on vient de passer 14 ans avec Deschamps,
21:38donc ça serait un style différent,
21:39mais il va falloir pouvoir...
21:41Il faut lui laisser le temps de s'imposer,
21:43donc c'est bien,
21:43on est tous contents qu'il soit là,
21:45mais il ne faut pas en faire trop non plus,
21:47Zidane est un immense entraîneur,
21:49à lui de prouver maintenant
21:50qu'il peut être un très bon sélectionneur aussi.
21:53Et bien ça en tout cas,
21:53beaucoup de gens l'espèrent,
21:54et on aura l'occasion de le vérifier,
21:55comme vous venez de le dire,
21:56dès le mois de septembre.
21:57Merci beaucoup Frédéric Hermel
21:59d'avoir été avec nous,
21:59journaliste et biographe de Zidane,
22:01c'est à retrouver aux éditions Flammarion,
22:03sobrement intitulé Zidane,
22:04pour tous ceux qui partent en vacances,
22:05c'est aussi en livre de poche,
22:07et mon cher Frédère Hermel,
22:08avec grand plaisir pour vous retrouver à l'occasion
22:10pour parler foot,
22:11très belle journée,
22:11et merci beaucoup d'avoir été avec nous ce midi
22:13sur Sud Radio.
22:15Merci Maxime, à très bientôt.
22:16Merci Maxime, à très bientôt.

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