00:00Avec Annalisa Capellini, qui va me donner ses feuilles tout de suite ?
00:06Nous allons parler de la Bulgarie.
00:09Les Européens travaillent pour imposer un nouveau train de sanctions à la Russie,
00:13mais il y a un pays donc qui fait de la résistance.
00:16Annalisa, c'est la Bulgarie.
00:17Oui, pourquoi ? Parce que dans ce nouveau paquet de sanctions contre Moscou,
00:20qui vise des dizaines de personnes physiques, des dizaines d'entités, des banques d'entreprises,
00:24il y a aussi deux personnalités notables.
00:27C'est le Patriarche Kirill, qui est le chef de l'Église orthodoxe russe.
00:31C'est lui qui a qualifié l'invasion de l'Ukraine de « guerre sainte ».
00:34Et il y a l'homme fort de Lukoil, qui est Vagit Alekpeov.
00:38Évidemment, ces deux noms sont inacceptables pour Sofia.
00:41Pourquoi ? Pour le premier, il y a des raisons très symboliques et très évidentes.
00:45C'est que les Bulgares, pays orthodoxes, ne peuvent pas accepter
00:48que le chef de l'Église orthodoxe russe soit sanctionné.
00:52Et pour Lukoil, là, les inquiétudes sont purement économiques,
00:55parce que c'était cette entreprise russe qui exploitait la seule raffinerie du pays,
01:00à Bourgaz, sur la mer Noire, jusqu'à la fin de l'année dernière,
01:04quand l'administration américaine a imposé des sanctions tellement lourdes, tellement bloquantes,
01:08que la Bulgarie a décidé de récupérer, en fait, les activités de la raffinerie.
01:13Ce pourquoi Lukoil menace de demander à la Bulgarie 3 milliards d'euros d'indemnisation.
01:18Donc, on comprend mieux quand le premier ministre bulgare parle de se tirer une balle dans le pied
01:24si jamais ces sanctions étaient approuvées.
01:26Et on comprend pourquoi il refuse d'autoriser des sanctions qui pourraient nuire,
01:30je le cite, à la Bulgarie et à son économie.
01:33Bon, résultat, selon Euronews, ces deux noms auraient été retirés de la liste des sanctions.
01:38Et la Bulgarie serait désormais en train de se battre sur un troisième ressortissant russe.
01:43Selon le premier ministre bulgare, encore une fois,
01:45les Européens ont déjà accepté de le retirer.
01:48On n'a pas la confirmation de l'identité de cette troisième personne retirée,
01:51supposément, de la liste des personnes sanctionnées.
01:54Mais on sait que ça serait un homme d'affaires lié au bon fonctionnement du métro de la capitale bulgare.
02:00Donc, essentiel, là encore, à l'économie bulgare.
02:02La Bulgarie qui fait traîner les choses, et ça peut avoir des conséquences, Analia.
02:05Oui, des conséquences très concrètes, parce que ce paquet de sanctions qui a été proposé
02:09il y a plus d'un mois, le 9 juin par la Commission, est vraiment déterminant.
02:13Pour la première fois, on cible la pêche russe.
02:16Pour la première fois, on cible le secteur crypto pour empêcher les Russes de contourner les sanctions.
02:20On cible les services financiers.
02:22Bref, à Bruxelles, on explique que c'est vraiment déterminant pour rétouffer l'économie russe,
02:26qui souffre déjà beaucoup.
02:28Et surtout, ce qui compte, c'est qu'il y a la révision du plafond du prix du pétrole russe,
02:33fixé par l'Union européenne.
02:35Ce plafond, il doit être ajusté tous les six mois,
02:37pour rester en dessous du prix de marché du pétrole russe,
02:41pour que Moscou s'enrichisse le moins possible avec son pétrole.
02:45Eh bien, si en Europe, on n'arrive pas à s'entendre aujourd'hui,
02:48ce prix passerait de 44 euros à 58 euros le baril.
02:52C'est très très proche du cours actuel,
02:54donc ça rendrait en fait la mesure complètement inutile.
02:57C'est pour ça qu'aujourd'hui, en Europe, on cède aux demandes des Bulgares.
03:00C'est parce qu'il faut absolument approuver ces nouvelles sanctions aujourd'hui.
03:03Et puis, de façon générale, et très vite, la Bulgarie qui fait obstruction à toute mesure,
03:07finalement, contre Moscou.
03:08Oui, disons que c'est le seul gouvernement qui soit aussi frileux sur l'Ukraine,
03:11et c'est aussi le seul gouvernement qui prend des positions de plus en plus proches de celles du Kremlin.
03:15Il y a seulement quelques jours, Romain Radev, le Premier ministre bulgare,
03:18a refusé l'invitation d'Emmanuel Macron à participer à la réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.
03:23Quelques jours auparavant, il avait annoncé que la Bulgarie ne fournirait plus d'armes d'État à Kiev.
03:28Bref, il y a un glissement, petit à petit, vers des positions plus proches de celles de la Russie.
03:33C'est un sentiment pro-russe qui trouve un écho au sein de la population bulgare.
03:3745% des Bulgares s'opposent aux sanctions contre la Russie.
03:40C'est le double de la moyenne de lieu.
03:41Ces chiffres nous viennent de l'Eurobaromètre.
03:43Donc, le rôle de Bruxelles, désormais, c'est de savoir à quel compromis on peut arriver,
03:47qu'est-ce qu'on est prêt à lâcher pour arriver à faire approuver ce paquet de sanctions aussi important.
03:52Merci, Annalisa Capellini.