00:00Mais il n'y a pas qu'en France que ça se passe. On le voit en Albanie, on le
00:02voit en Espagne ou en Italie.
00:05Il y a beaucoup de mobilisation et ça peut quand même correspondre à la réponse à une crise profonde du
00:12monde capitaliste.
00:14Avec des inégalités sociales, avec des injustices en permanence.
00:17Et puis à un moment donné, la colère, elle finit par passer à un endroit.
00:21Et puis là, en France, on est en train de vivre un moment de colère.
00:24On a vécu il y a quelques années le mouvement des Gilets jaunes.
00:27Ça doit faire 7-8 ans, je ne sais pas exactement.
00:30On avait la bataille de retraite un peu après.
00:32Un peu avant, on avait le mouvement contre la loi travail.
00:36C'était sous Hollande.
00:37En fait, on a des épisodes comme ça où le ras-le-bol, la colère arrivent à avoir un débouché
00:43dans la rue.
00:44Et après, c'est là où on voit aussi, c'est ce que vous dites.
00:46Vous êtes tous surpris, vous ne comprenez pas.
00:48Qu'est-ce qui se passe ?
00:49Il y a des méchants, il y a des voyous, il y a des pilleurs et tout ça.
00:52Mais c'est aussi certainement le résultat d'une société qui est profondément injuste.
00:56où il y a une sous-estimation du ras-le-bol, une sous-estimation de la colère, une sous-estimation
01:01même de la misère, de la souffrance sociale.
01:03Et là, ça pète.
01:04Mais là, ce n'est plutôt pas...
01:06Non, non, mais je finis juste sur cette petite idée.
01:07Ça ne sert à rien, à mon avis, de s'indigner.
01:10Ça ne sert à rien parce qu'en fait, il y a une réalité du monde, une réalité d'un
01:15monde pourri qui nous saute là aujourd'hui à la gueule.
01:18Et c'est ce qui est en train de se passer.
01:20Ça pète, ça pète.
01:21Alors après, évidemment, il y a des magasins cassés.
01:25Donc ça ne veut pas dire que tout ce qui se passe, c'est bien.
01:26Il y a une mairie qui brûle à Limoges, avec toutes les difficultés que ça voudra dire pour les salariés
01:30de la mairie de Limoges par la suite et tout ça.
01:32Donc on sait très bien qu'il y a plein de choses qui ne sont pas terribles.
01:35Mais ceci dit, il faut mesurer qu'il y a un monde qui est en train de craquer et qu
01:41'il y a un moment donné, il y a une envie de relever la tête, de se battre.
01:44Et moi, je suis un des manifestants.
01:45Je ne sais pas s'il y a beaucoup de manifestants, peut-être toi, je suis en doute, même toi.
01:49En fait, c'est des super moments.
01:51C'est des moments de démocratie directe.
01:53C'est des moments enthousiasmant.
01:55On est dans la rue, on exprime notre adresse.
01:57Ces images-là que je montre, vous n'en voulez pas vous appeler au calme ?
02:00Non, je n'appelle pas du tout au calme.
02:01J'appelle à la lutte, à la mobilisation.
02:03La différence qu'il y a, c'est qu'en fait, nous, ce qu'on aimerait bien, nous, militants révolutionnaires,
02:07nous, militants anticapitalistes,
02:08et avec d'autres militants de la gauche radicale, c'est de faire en sorte que ce mouvement-là s
02:13'organise, que ce mouvement-là s'étende.
02:15Parce qu'en fait, ce n'est pas juste la jeunesse qui devrait être dans la rue, c'est toute
02:18la population, en tout cas le monde, ce qu'on appelle le monde des opprimés ou le camp des opprimés.
02:23Puisqu'en fait, vous avez entendu hier, le Premier ministre, il a dit qu'il faut choisir son camp.
02:27Mais évidemment, il y a deux camps dans la société.
02:28Oui, il y a le camp du pouvoir, il y a le camp de la brutalité des exploiteurs, des dominants,
02:33de tout ce monde de mépris.
02:35Et de l'autre côté, il y a un monde des opprimés qui subit la crise depuis des années.