- il y a 1 jour
Pour ce nouvel épisode de "Chocs du monde", le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL, Edouard Chanot reçoit Xavier Moreau, fondateur du think tank Stratpol, Français expatrié en Russie ayant été sanctionné par l'UE.
Alors que la France célèbre le 14 juillet avec un défilé militaire marqué par la présence de soldats ukrainiens au sein de la "coalition des volontaires", les tensions avec Moscou atteignent un nouveau pic. Au lendemain des accusations de cyberattaques russes
lancées par Jean-Noël Barrot, le conflit en Ukraine continue de diviser et de faire monter les enchères. Mais jusqu'où ?
Selon Kyrilo Budanov, chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, Kiev peut tenir "des années". Pour Xavier Moreau, la guerre d’usure est entrée dans une phase critique et les batailles décisives de Slaviansk et Kramatorsk pourraient advenir à l'automne. Entretien.
Alors que la France célèbre le 14 juillet avec un défilé militaire marqué par la présence de soldats ukrainiens au sein de la "coalition des volontaires", les tensions avec Moscou atteignent un nouveau pic. Au lendemain des accusations de cyberattaques russes
lancées par Jean-Noël Barrot, le conflit en Ukraine continue de diviser et de faire monter les enchères. Mais jusqu'où ?
Selon Kyrilo Budanov, chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, Kiev peut tenir "des années". Pour Xavier Moreau, la guerre d’usure est entrée dans une phase critique et les batailles décisives de Slaviansk et Kramatorsk pourraient advenir à l'automne. Entretien.
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00:00TVL est en danger. Plus que jamais, TVL a besoin de vous.
00:04Vous nous direz que nous lançons un appel aux dons deux fois par an.
00:07Oui, et je vais vous expliquer pourquoi.
00:09Contrairement aux médias publics financés par vos impôts ou à ceux soutenus par des milliardaires,
00:14TVL remet chaque année son existence entre les mains de ses soutiens.
00:19C'est une véritable démocratie directe.
00:21Vous dites stop ou encore.
00:23Et depuis plus de dix ans, vous choisissez encore.
00:26C'est vous qui décidez de notre avenir.
00:28Aujourd'hui, TVL se trouve à la croisée des chemins.
00:30Le système nous livre une bataille acharnée.
00:33La fermeture arbitraire de notre compte bancaire l'an dernier en est l'illustration.
00:37Nous en payons encore les conséquences aujourd'hui.
00:40L'épée de Damoclès bancaire et les attaques en tout genre pèsent sur notre avenir.
00:45Avec l'approche de l'élection présidentielle, nous savons que nos opposants vont redoubler d'efforts contre nous
00:50et il nous manque encore beaucoup pour boucler l'année.
00:53Si vous le pouvez, faites un don à TV Liberté.
00:56Et chaque euro compte et constitue une voie pour la liberté d'informer, plus précieuse que jamais.
01:01Vos dons sont déductibles à 66% de vos impôts.
01:04Ils ne vous coûteront donc que le tiers de la somme versée.
01:07Notre avenir est entre vos mains.
01:09Merci de votre soutien.
01:21Sous-titrage Société Radio-Canada
01:41Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises de la prospective internationale de TVL.
01:46Lindsey Graham, sénateur républicain de Caroline du Sud, est brutalement décédé dimanche de retour d'Ukraine
01:53où il avait rencontré Volodymyr Zelensky.
01:56Donald Trump lui a rendu hommage.
01:58Mais hier, sur CNN, le président américain a un peu relativisé les choses.
02:03Je cite
02:03« Franchement, il voulait maintenir le conflit. Il était très militant à ce propos.
02:08Graham était en effet un néo-conservateur acharné qui a appelé à assassiner Poutine en mars 2022
02:14et qui se réjouissait à Kiev que l'argent américain ait servi à tuer des Russes en mai 2023.
02:20Bref, un aveu du président américain de Donald Trump alors que celui-ci bute sur le conflit entre Moscou et
02:27Kiev.
02:27Bref, pour en parler, pour parler de ce conflit, je reçois Xavier Moreau, fondateur du Think Tank Stratpol.
02:33Xavier Moreau, bonjour.
02:34Bonjour, Edouard.
02:35Merci beaucoup d'avoir répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
02:39Je rappelle que vous avez été placé sous sanction de l'Union européenne en décembre dernier.
02:44Si l'on en croit le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barraud,
02:48vous êtes, je cite, un porte-voix de la propagande russe, vos avoirs ont été gelés,
02:53vous êtes interdit de séjour au sein de l'Union européenne sans procès,
02:57mais vous n'êtes pas interdit de diffusion et vous avez d'ailleurs été élu en juin dernier
03:01aussi conseiller consulaire par les Français de Russie
03:04et vous êtes d'ailleurs candidat pour le Sénat, pour les sénatoriales.
03:08Alors je vous propose, Xavier Moreau, de profiter de cette liberté qu'il vous reste et qu'il nous reste
03:12aussi.
03:13Merci beaucoup encore une fois de votre présence ici.
03:15Merci. Peut-être d'abord, pour commencer, une réaction.
03:18Nous allons parler bien sûr du 14 juillet, nous sommes le 14 juillet,
03:21mais avant cela, peut-être une réaction, Xavier Moreau, sur le décès de l'Instagram.
03:25C'est le décès d'un néoconservateur, mais est-ce celui du néoconservatisme selon vous ?
03:30Je ne pense pas. Alors effectivement, l'Instagram était très présent.
03:33En fait, il y avait un duo de Choc qui était composé du sénateur McCain,
03:36qui est mort maintenant il y a quelques années.
03:39Et donc c'était les deux néoconservateurs les plus visibles et les plus fanatiques,
03:43mais la mort de l'Instagram ne met pas fin au néoconservatisme.
03:49C'est un mouvement qui est largement ancré dans les élites anglo-saxonnes, nord-américaines.
03:57D'ailleurs, je vous renvoie au livre de Laurent Ozon, qui décrit très bien cette caste.
04:02Donc non, le néoconservatisme ne disparaîtra pas avec l'Instagram.
04:06Il disparaîtra plutôt avec la fin de l'impérium américain.
04:12Je pense que c'est plutôt ça qui mettra fin au néoconservatisme.
04:14C'est-à-dire que finalement, pour que le néoconservatisme existe,
04:19c'est-à-dire en fait c'est un impérialisme, il faut en avoir les moyens.
04:21Et aujourd'hui, on le voit très bien militairement, d'ailleurs essentiellement militairement,
04:25mais aussi économiquement, Washington n'a plus les moyens de cet impérium.
04:29D'ailleurs, quand on résume du point de vue du regard historique un peu en profondeur,
04:37on s'aperçoit qu'il les a eus de manière assez réduite, en fait.
04:39C'est-à-dire de la chute de l'URSS en décembre 1991 jusqu'en...
04:44Moi, je mets même ça en 1999, les bombardements de Belgrade.
04:47C'est-à-dire qu'on s'aperçoit que les États-Unis peuvent bombarder Belgrade,
04:50mais qu'ils ne donneront pas l'assaut sur le Kosovo parce qu'ils ont peur de l'armée serbe.
04:55Et aujourd'hui, en fait, finalement, ils sont devant le même problème avec l'Iran.
04:59C'est-à-dire qu'ils peuvent bombarder l'Iran, mais finalement, ils ne donneront pas l'assaut
05:03parce qu'ils n'en ont pas les moyens.
05:04Ce qu'ils ont fait lorsqu'ils ont envahi l'Iran, l'Irak, pardon,
05:08eh bien, aujourd'hui, ils n'en ont plus les moyens ni militaires et ni même économiques.
05:13Donc voilà.
05:14Oui, je pense qu'on approche de la fin du néoconservatisme,
05:17mais ce n'est pas lié à la mort de l'Instagram.
05:20Alors, nous aurions aussi beaucoup de choses à dire sur l'Iran que vous mentionnez,
05:23mais je veux plutôt vous emmener sur les champs-Elysées, à vrai dire,
05:27puisque, comme je le disais, évidemment, nous le sommes le 14 juillet,
05:31à l'heure où nous enregistrons 500 soldats des 35 pays de la coalition des volontaires,
05:36dont 25 soldats ukrainiens, défilent sur les champs-Elysées.
05:40D'ailleurs, l'armée française a voulu répondre ce week-end sur les réseaux sociaux
05:43à des fausses rumeurs.
05:45Voilà ce qu'en disait le général Loïc Mison.
05:48Je vous propose de l'écouter.
05:49Faux, c'est vrai.
05:58Faux, non seulement il n'y aura pas 10 000 soldats sur les champs-Elysées,
06:01mais la très très grande majorité d'entre eux,
06:03un peu plus de 8 000, seront des militaires français.
06:06Donc, Xavier Moreau, 25 soldats plutôt que 10 000.
06:10Êtes-vous, malgré tout, en colère ?
06:12Ou relativisez-vous cela, cette parade de la coalition des volontaires ?
06:18Écoutez, non, je ne suis pas en colère.
06:20Je suis, évidemment, un peu triste que ce 14 juillet,
06:22qui est en fait la fête de l'armée française,
06:23la fête de l'armée populaire, c'est la fête de la Convention,
06:27se transforme en une parade d'une coalition de véléitaires,
06:31comme je l'ai appelée,
06:32qui montre toute l'impuissance, malgré les moyens considérables,
06:37pour vaincre l'armée russe,
06:40qui est en plus, historiquement, le grand allié de la France en Europe.
06:44Donc voilà, tout ça est très triste, tout ça est contre-productif,
06:47mais non, je ne suis pas en colère,
06:50et je n'attendais pas moins d'Emmanuel Macron,
06:53dont, heureusement, j'espère, nous vivons le dernier 14 juillet.
06:58Et voilà, ce défilé sera ridicule,
07:00mais comme il l'a été l'année dernière,
07:03d'ailleurs parce qu'il était mal préparé,
07:04vous vous souvenez, il y a eu un cheval qui s'est emballé,
07:07une moto qui tombait,
07:08enfin, c'était vraiment très symbolique, d'ailleurs,
07:10de la fin de règne du régime d'Emmanuel Macron.
07:14Alors, Jean-Noël Barraud, votre grand ami,
07:16enfin, je suis évidemment un peu ironique,
07:18hier sur BFM TV, a annoncé convoquer l'ambassadeur de Russie,
07:21en France, je cite,
07:22« Dans les prochains jours, face à une vaste campagne cyber-russe,
07:26n'y a-t-il pas quand même une attaque,
07:28des offensives russes contre la France ? »
07:31Comment réagissez-vous à cela, vous qui êtes franco-russe,
07:34qui avez quand même une part de vous qui est un peu tiraillée ?
07:41Écoutez, j'aimerais bien que la Russie mette des moyens
07:43pour déstabiliser la France,
07:45ça voudrait dire que la France compte encore.
07:46Mais de ce que je vois, moi, à côté russe,
07:48c'est-à-dire que ce que fait Emmanuel Macron,
07:49ce que dit Jean-Noël Barraud,
07:50tout le monde s'en contrefiche en Russie.
07:53La position de la France en Russie,
07:54tout le monde s'en fiche.
07:55On a bien compris que ça ne sert à rien de parler à Paris,
07:57il suffit de parler à Washington et que, comme ça,
08:01je dirais, les problèmes seront réglés.
08:05Donc non, la Russie ne met pas de moyens pour déstabiliser la France
08:08parce qu'elle considère que la France est un personnage non-joueur.
08:11Et c'est ça qui me rend triste, si vous voulez.
08:14Et effectivement, en plus, à côté de trouver un endroit
08:17où se recaser après le départ d'Emmanuel Macron,
08:18et de mettre la population française sous pression,
08:20que ce soit par un Covid,
08:22que ce soit par une guerre potentielle contre la Russie,
08:25fait partie, finalement, de leur politique.
08:27Ce sont les bonnes vieilles recettes,
08:28c'est-à-dire que quand on ne contrôle plus
08:30ce qui se passe dans son pays,
08:33quand la politique intérieure nous échappe,
08:35eh bien, on essaie de lancer une guerre
08:37ou de faire planer la menace d'une guerre
08:39pour mettre les populations sous stress vital
08:42et les contrôler de cette manière-là.
08:45Alors, venons-en, Xavier Moreau,
08:47à la réalité du terrain.
08:48Comme on dit souvent,
08:50les frappes russes à Kiev,
08:51soumis au Dessa, Zaporizia,
08:53sont très dures depuis une semaine.
08:55On parle évidemment d'une riposte
08:56après les attaques ukrainiennes
08:58dans la profondeur russe.
09:00D'ailleurs, l'Ukraine revendique encore
09:0120 tankers touchés depuis 5 jours,
09:04me semble-t-il,
09:04notamment en mer d'Azov.
09:06Selon nos sources, en Russie,
09:07la pénurie affecte quand même
09:09grandement la population.
09:10D'ailleurs, hier, Vladimir Poutine
09:11l'a encore évoqué,
09:13en dénonçant cette tentative
09:15de vouloir déstabiliser la population russe.
09:18C'est d'une certaine manière
09:19une guerre aérienne
09:21entre l'Ukraine et la Russie.
09:23Figurez-vous que Kirillou Boudanov,
09:24qui était ancien dirigeant
09:25du renseignement ukrainien
09:26et qui est désormais chef de cabinet
09:27de Zelensky,
09:29a déclaré que l'Ukraine,
09:30je cite,
09:31pouvait tenir encore des années.
09:32Il l'a déclaré le 7 juillet dernier
09:34à la télévision ukrainienne.
09:35Et je vous propose de l'écouter
09:36parce que c'était quand même
09:37assez intéressant.
09:38Et si le processus de paix
09:41et toutes les négociations
09:43n'aboutissent à rien de concret,
09:44combien de temps encore pourrons-nous,
09:46nous, comme l'agresseur,
09:47continuer à combattre ?
09:51Nous pouvons continuer à combattre,
09:58croyez-moi, pendant des années.
10:00Des années ?
10:01Cinq ?
10:02Pourquoi dites-vous cinq ?
10:03Eh bien, il faut bien un point de repère,
10:06une estimation approximative.
10:08Il a toujours existé cette vision
10:10traditionnelle et stéréotypée,
10:11surtout avant l'invasion à grande échelle
10:14selon laquelle la Russie dispose
10:15d'immenses ressources,
10:16territoires, populations,
10:18forêts, pétrole.
10:19Ce stéréotype est fondé.
10:21Si l'on ne considère que l'Ukraine
10:23et la Russie,
10:24alors oui, vous avez raison.
10:28Mais nous ne sommes pas seuls.
10:30Et c'est bien ce que je vous dis.
10:33L'essentiel est de ne pas perdre
10:34nos amis, nos partenaires
10:36et nos alliés.
10:41Alors, Kirillou Boudanov a-t-il vraiment tort ?
10:44Vous avez vous-même, Xavier Moreau,
10:46souvent prophétisé la défaite ukrainienne
10:48depuis quatre ans,
10:49mais visiblement,
10:49les alliés de Kiev ont tenu Moscou en échec.
10:52La semaine dernière, d'ailleurs,
10:53le président finlandais,
10:54Alexander Stubb,
10:55déclarait d'ailleurs à CNBC
10:56que l'Ukraine avait gagné.
10:59En fait, l'Ukraine a perdu la guerre
11:02en trois semaines,
11:05au mois de février-mars 2022.
11:08Et d'ailleurs, Zelensky,
11:10au bout de 24 heures,
11:1124 heures après le début
11:12du début de l'opération militaire spéciale,
11:14comme elle est appelée en Russie,
11:15a demandé à négocier.
11:16Je crois que c'est la seule fois
11:18dans l'histoire
11:18où un chef d'État
11:20demande aussi rapidement
11:21l'armistice,
11:22finalement,
11:23à rentrer en négociation
11:24de l'histoire
11:25des conflits armés
11:26dans le monde.
11:27Mais Washington et Londres
11:30ne voulaient pas,
11:31évidemment, céder.
11:33Et donc,
11:33on a eu l'arrivée
11:34de Boris Johnson,
11:35la manipulation
11:37du faux massacre
11:38de Bouchard,
11:39etc.
11:40Donc, à partir de ce moment-là,
11:41c'est effectivement l'OTAN
11:42qui est rentrée dans la guerre.
11:45C'est une version
11:45qui est qualifiée.
11:46Je me permets de vous interrompre
11:47concernant le massacre de Bouchard.
11:49C'est évidemment une question
11:50qui n'est pas débattue
11:52en Occident,
11:53puisque pour les dirigeants
11:55occidentaux,
11:55évidemment,
11:56il y a eu,
11:56en l'occurrence,
11:57un massacre.
11:58Mais je vous en prie,
11:59je vous interromps.
11:59Il y a eu un massacre,
12:00effectivement.
12:01Je pense qu'il y a eu
12:02un massacre
12:03par l'armée ukrainienne
12:04d'une partie
12:05de la population de Bouchard
12:06qui avait accueilli
12:07de manière trop sympathique
12:09avec l'armée russe.
12:10Mais juste pour finir
12:12avec cette histoire de Bouchard,
12:13je voudrais quand même rappeler
12:14que jusqu'à présent,
12:15on attend toujours
12:15la liste des victimes.
12:16Et on attend les rapports
12:17des gendarmes français
12:19qui ont été envoyés
12:19pour participer à l'enquête
12:21sur le massacre de Bouchard.
12:22Pour l'instant, on n'a rien.
12:23On n'a toujours pas
12:23de liste des victimes.
12:25On n'a pas de liste des victimes.
12:26Il n'y a pas de liste des victimes.
12:28C'est aussi simple que ça.
12:31Il y a deux mois,
12:32Serge Lavrov l'a demandé
12:33au secrétaire général
12:34des Nations Unies.
12:35Peut-on avoir
12:35la liste des victimes ?
12:36Et le secrétaire général
12:37des Nations Unies a dit
12:37qu'il ne l'avait pas.
12:38Donc personne n'a l'idée
12:40des victimes.
12:42Et après, je vous laisse
12:43en tirer vous-même
12:43les conclusions.
12:46En revanche,
12:46ce que je veux dire,
12:47c'est que Boudanov a raison.
12:48L'Ukraine a déjà perdu la guerre
12:50il y a quatre ans et demi.
12:52Mais en revanche,
12:54l'OTAN continue la guerre
12:55contre la Russie
12:56sur le territoire ukrainien
12:57et avec la chair à canon ukrainienne.
13:00Et là, c'est là que Boudanov a tort.
13:03C'est que la chair à canon,
13:04il n'y en a quasiment plus.
13:05Soit les gens se sont enfuis,
13:07soit ils ne veulent pas se battre.
13:09Et d'ailleurs,
13:09ça se voit aujourd'hui
13:09sur la ligne de front,
13:10c'est-à-dire que l'armée russe
13:11progresse partout
13:12et l'armée ukrainienne
13:15n'a plus de réserve.
13:16Les pertes ukrainiennes
13:17ont sans doute été monstrueuses
13:18puisqu'aujourd'hui,
13:20de l'aveu même
13:20du général Sierski
13:21qui commande les troupes ukrainiennes,
13:23il y a un peu plus
13:24de 200 000 hommes
13:25sur la ligne de front.
13:26Alors que je vous rappelle
13:28que selon le ministre ukrainien
13:29de la Défense,
13:29en juillet 2022,
13:31il avait levé
13:31une armée
13:32d'un million d'hommes.
13:33Donc où sont passées
13:34les 800 000 ?
13:36Et dans la mesure
13:36où personne n'a été démobilisé,
13:38où sont passées
13:38les 800 000 qui manquent ?
13:40Donc on peut quand même
13:41se poser pas mal de questions.
13:44Donc c'est là
13:45où Bouddhanov a tort.
13:46Bouddhanov a raison
13:47en disant que les ressources
13:48de l'Ukraine sont,
13:49alors je ne dirais pas inépuisables,
13:50mais elles sont considérables
13:51dans la mesure
13:52où vous avez la totalité
13:53des pays de l'OTAN
13:55qui est derrière
13:55pour produire de l'armement
13:57et le financement
13:58est assuré désormais
13:58depuis que Trump est arrivé
13:59uniquement par l'Union européenne.
14:01Donc il y a de la ressource,
14:02mais ce qui va manquer
14:03et ce qui va faire
14:04que la victoire russe
14:06sera de toute manière inévitable,
14:08c'est la ressource humaine
14:09et aussi le fait
14:11que l'armée ukrainienne
14:13est très mal commandée
14:14et que les frappes
14:15dans la profondeur
14:16dont vous parlez,
14:17en fait,
14:17ne sont pas coordonnées
14:19avec les progressions
14:20de l'armée ukrainienne,
14:22plutôt le retrait
14:23de l'armée ukrainienne
14:24d'ailleurs,
14:24sur la ligne de front.
14:26Ce que je veux dire,
14:26c'est que le but
14:28des frappes
14:28dans la profondeur,
14:29c'est de provoquer
14:30la colère des Russes
14:32à la veille des élections
14:34parlementaires
14:35du mois de septembre
14:35pour qu'il y ait
14:36un rejet de Vladimir Poutine.
14:37Ce que je pense
14:38n'arrivera pas,
14:39d'autant plus
14:39que les partis d'opposition
14:40sont encore plus durs
14:41que Vladimir Poutine,
14:43c'est-à-dire
14:44notamment
14:44le parti nationaliste
14:47LDPR
14:47ou les communistes,
14:48eux,
14:48ils veulent frapper
14:49bien plus dur
14:50et compliquer,
14:50frapper les pays de l'OTAN.
14:51Donc ça,
14:52ça n'arrivera pas.
14:54Mais ce qui veut dire
14:55que quand les Russes
14:56frappent dans la profondeur
14:57du territoire ukrainien,
14:58c'est coordonné
14:59avec une opération
15:00qui a lieu
15:00sur la ligne de front.
15:01Donc ça,
15:02c'est la grande supériorité
15:03de l'état-major russe.
15:05Du côté
15:06OTANOKIEVien,
15:07si on peut dire,
15:07on a d'un côté
15:08le général Syski
15:09qui dirige
15:10les opérations
15:10sur la ligne de front
15:11tant bien que mal
15:12avec des ressources,
15:13comme je l'ai dit,
15:14humaines limitées,
15:16l'absence d'appui aérien
15:17alors que les Russes
15:18dominent totalement le ciel,
15:19notamment avec leurs terribles
15:20bombes planantes
15:20qui font des ravages
15:21dans les rangs ukrainiens.
15:23Et puis,
15:23vous avez un autre état-major
15:24qui, à mon avis,
15:25d'ailleurs,
15:25n'est pas commandé
15:26par des Ukrainiens
15:27mais vraisemblablement
15:28par des Anglais
15:29et qui, eux,
15:30décide des frappes
15:31dans la profondeur
15:32sur les tankers,
15:34effectivement,
15:35en mer d'Azov,
15:36sur les raffineries,
15:37etc., etc.
15:38Tout ça, évidemment,
15:39est très contraignant
15:43pour la population russe
15:44mais ça n'amènera pas
15:45à la révolution de 1917.
15:47Donc, voilà,
15:48on est plutôt,
15:49je dirais,
15:49on est plutôt
15:50sur un scénario
15:52de fin de guerre
15:55puisque l'idée,
15:56en plus,
15:56l'idée,
15:56c'était d'affaiblir
15:57la Russie,
15:58notamment par la perte
16:00de revenus pétroliers
16:00mais avec ce qui s'est passé
16:01dans l'étroit d'Ormouz.
16:03Et là,
16:03de nouveau,
16:04je regardais les prix
16:04du Brent.
16:05Le Brent,
16:05aujourd'hui,
16:06est à 80 dollars,
16:0779 dollars et quelques.
16:09Ça veut dire
16:10que l'Oural doit être
16:11à autour de 69,
16:1470,
16:14en gros,
16:14c'est 10 dollars en moins,
16:15le baril,
16:16c'est-à-dire qu'il est
16:19largement au-dessus
16:19de ce qui était prévu
16:20pour le budget russe.
16:21Donc,
16:21on va avoir un budget russe
16:22à l'équilibre.
16:23Et finalement,
16:24on s'aperçoit que
16:25les pays d'Europe
16:26qui font la guerre
16:27à la Russie,
16:29la France,
16:30l'Angleterre
16:31et l'Allemagne,
16:32essentiellement,
16:32ont des situations
16:34économiques bien plus graves
16:35que celles de la Russie.
16:37Et qu'en plus,
16:38et ça,
16:38je voudrais finir là-dessus,
16:40il y a une semaine,
16:42la Russie a annoncé
16:42qu'elle cessait
16:43d'exporter du diesel
16:45puisque la Russie
16:45est un gros producteur
16:47et un gros exportateur
16:47de diesel.
16:48Mais à cause des frappes
16:49sur les raffineries,
16:50finalement,
16:51elle a décidé par prudence
16:52de cesser les exportations.
16:53Donc,
16:53il va manquer 11 %
16:55du volume de diesel
16:57sur le marché mondial.
16:59Donc,
16:59imaginez l'augmentation
17:00des prix
17:00dans les pays
17:01qui n'en produisent pas
17:04ou qui doivent acheter
17:05du pétrole brut
17:05pour en produire,
17:06notamment la France.
17:08Donc,
17:08c'est-à-dire que
17:09le mal qui est fait,
17:10finalement,
17:12aux approvisionnements russes
17:13va avoir des répercussions
17:15extrêmement brutales
17:15sur les économies européennes,
17:18notamment sur les domaines
17:19comme l'agriculture,
17:20le transport,
17:21etc.,
17:21etc.
17:22Donc,
17:23à ce petit jeu-là,
17:24et surtout,
17:25les Russes
17:26qui retenaient un peu
17:27leurs coûts
17:28parce que,
17:28malgré tout,
17:29ils considèrent
17:29qu'au moins,
17:32l'Ukraine du Sud
17:34et de l'Est
17:34et la Russie,
17:35que l'Ukraine centrale
17:36n'est pas très loin
17:37d'être la Russie non plus
17:39et que l'Ukraine de l'Ouest,
17:40en revanche,
17:40est un monde
17:42totalement différent.
17:43Mais les Russes
17:44retenaient pour l'instant
17:44leurs coûts.
17:46Maintenant,
17:46ils ont entrepris
17:47la destruction systématique
17:48de toutes les stations-service,
17:50donc notamment
17:50celles qui sont
17:52directement derrière
17:52la ligne de front
17:53et qui permettaient
17:54à l'armée ukrainienne
17:55de s'approvisionner.
17:57Donc,
17:57finalement,
17:58si vous vous rappelez
17:59de manière chronologique,
18:00la première fois
18:01que les Russes
18:01ont lancé
18:02des vagues de missiles,
18:03c'était après,
18:04c'était en,
18:04je crois,
18:05en juillet 2022,
18:07c'était après
18:07la première attaque
18:08sur le pont de Crimée.
18:08Il y a eu un camion piégé
18:10qui avait explosé.
18:11Les Russes,
18:12donc,
18:12avaient dit,
18:14ok,
18:14première attaque terroriste,
18:15donc nous,
18:15on fait pareil
18:16et on tape derrière
18:17avec nos missiles.
18:19Et en fait,
18:19à chaque fois
18:19que Kiev franchit
18:20une barrière,
18:21je dirais,
18:23une ligne rouge,
18:25les conséquences
18:25pour l'Ukraine
18:26sont mille fois pires
18:27que ce que peut être
18:27pour la Russie.
18:29Encore une fois,
18:29il n'y a pas de queue
18:30dans les stations-service
18:31en Ukraine
18:31parce qu'il n'y a plus
18:32de stations-service
18:32dans toute la partie
18:35est du pays.
18:36Et l'hiver qui s'annonce,
18:37si la trêve n'est pas obtenue
18:39à l'automne,
18:41sera terrible,
18:43bien plus grave
18:43que l'hiver dernier
18:44qui déjà était terrible.
18:46Donc,
18:46en fait,
18:48le pari qui a été fait,
18:49encore une fois,
18:50sur la banqueroute
18:51de l'État russe,
18:53sur l'effondrement
18:55de l'armée russe,
18:55tout ça n'arrivera pas.
18:59Et simplement,
19:00ça recule
19:01à la fin du supplice
19:03que l'OTAN impose
19:04à l'Ukraine
19:05et à sa population.
19:07Donc,
19:07en fait,
19:07ce que vous dites,
19:08évidemment,
19:09c'est que Kiev
19:10n'est pas en mesure
19:10de maîtriser totalement
19:11l'escalade.
19:12Alors,
19:13quand même,
19:13à Ankara,
19:13la semaine passée,
19:14le 8 juillet,
19:15en marge du sommet de l'OTAN,
19:16Donald Trump
19:17a relativisé
19:17les frappes ukrainiennes
19:19dans la profondeur
19:19déclarant qu'elles étaient
19:20une escalade
19:21qui pouvait mener
19:22à la paix,
19:23je cite.
19:23Il a aussi envisagé
19:24de donner la licence
19:25à Kiev
19:25de produire des patriotes,
19:27même si cela peut prendre
19:28évidemment un peu de temps.
19:29Ce sont les missiles défensifs,
19:31bien sûr,
19:31qui manquent désormais
19:32à l'Ukraine.
19:33Donald Trump,
19:34après de nombreuses hésitations,
19:35se souvient qu'il a critiqué
19:37Zelensky,
19:38est-il passé,
19:38selon vous,
19:39du côté de Zelensky
19:40face à Poutine ?
19:42Je ne pense pas,
19:43je pense que
19:43l'entourage de Donald Trump,
19:45notamment,
19:46on parle de ses néoconservateurs,
19:48a convaincu Trump
19:49que ce n'était pas la peine
19:50d'appliquer ce qui avait été décidé
19:52à Anchorage,
19:53à l'invitation des États-Unis,
19:55il faut quand même le rappeler,
19:56c'est-à-dire le début
19:57d'une négociation
19:59après le retrait
19:59des troupes
20:01des troupes
20:01otanokieviennes
20:02du Donbass.
20:03C'était ça
20:03qui avait été décidé,
20:05c'est-à-dire que
20:05les troupes ukrainiennes
20:07se retirent
20:07du Donbass
20:08et donc trèvent
20:09et à partir de ce moment-là,
20:11on commence à négocier
20:13un traité de paix.
20:14Donc ça,
20:15ça n'a pas été appliqué
20:16par Washington.
20:17Washington avait
20:18tous les moyens
20:19de contraindre Kiev,
20:21fermer Starlink,
20:22mettre fin
20:23aux renseignements militaires,
20:24fin à désapprovisionnements militaires
20:26parce que même si
20:27Washington ne donne plus d'argent,
20:28les armes,
20:29une bonne partie des armes
20:30qui sont livrées à Kiev
20:30sont payées par l'Union Européenne
20:31mais fabriquées aux États-Unis.
20:34Donc tout ça,
20:35Trump ne l'a pas mis
20:37en marche
20:38parce que je pense
20:38qu'il a été convaincu
20:39par son entourage
20:41et encore une fois
20:41par les néoconservateurs,
20:43par sans doute aussi
20:44les, entre guillemets,
20:45États esclaves européens
20:46que si, si,
20:47on pouvait obtenir
20:49de meilleures conditions
20:50à condition d'affaiblir
20:51la Russie
20:52par des bombardements
20:53dans la profondeur.
20:54Donc aujourd'hui,
20:55en fait,
20:57Trump n'est pas passé
20:58du côté de Zelensky.
20:59La preuve,
21:00c'est qu'il raconte
21:01cette annonce
21:02sur les patriotes,
21:03c'est quelque chose
21:03de grotesque.
21:04Est-ce que Raithen
21:05va accepter de donner
21:06la licence de production
21:07à l'Ukraine gratuitement ?
21:08Sûrement pas,
21:08donc il faudra payer.
21:09Donc c'est vous,
21:10cher comptibat français,
21:11qui allez payer notamment.
21:13Ensuite,
21:14et ça,
21:14ce n'est pas moi qui le dis,
21:15c'est Bloomberg,
21:16il va falloir des années
21:17pour commencer
21:18à produire
21:19ces missiles patriotes
21:21qui vont coûter
21:22une fortune.
21:22Ça coûte très cher
21:23un missile patriote,
21:24je crois que c'est
21:24entre 1 et 2 millions de dollars
21:25en fonction de la génération.
21:28donc tout ça,
21:29ça arrivera
21:30beaucoup trop tard.
21:32En revanche,
21:32effectivement,
21:34c'est plutôt
21:34pour Donald Trump
21:35qu'il y a un problème,
21:35c'est qu'il y a un an,
21:36il pouvait faire croire
21:37que la défaite des États-Unis,
21:38parce que la victoire
21:39de la Russie en Ukraine
21:40sera une défaite
21:42des États-Unis,
21:43mais il pouvait essayer
21:44de faire croire
21:44que cette défaite
21:45ne serait pas la sienne
21:46mais celle de Joe Biden.
21:47Aujourd'hui,
21:47tout le monde
21:47est obligé de Joe Biden
21:48et la défaite
21:49de l'OTAN
21:50et de Washington
21:51en Ukraine
21:51sera une défaite
21:53de Donald Trump.
21:54Ça,
21:55c'est la réalité.
21:56Vous pensez jusque-là ?
21:56Oui.
21:57Vous pensez jusque-là ?
21:59Je me permets
21:59de vous interrompre là-dessus
22:00parce que Dimitri Peskov,
22:02il y a 24 heures,
22:0348 heures,
22:03pardon,
22:04le porte-parole du Kremlin
22:04a accordé un entretien
22:06au média allemand
22:06d'Iveld Voreux
22:07et il a estimé
22:08que les relations
22:09avec Washington
22:10étaient correctes,
22:11évidemment pas
22:11avec les Européens.
22:13Là aussi,
22:13je vous propose
22:13de l'écouter
22:14parce que cela
22:15permet d'ajouter
22:16quelque chose
22:17à ce que vous dites.
22:19La Russie est un pays
22:21trop grand
22:21et trop responsable
22:23pour initier
22:23une troisième guerre mondiale.
22:32Les Américains
22:33connaissent très bien
22:34les conséquences possibles.
22:35Par ailleurs,
22:36nous entretenons
22:37un dialogue relativement bon.
22:38Il n'est pas parfait
22:39car ils sont bloqués
22:40sur certaines positions,
22:41mais malgré cela,
22:42nous sommes assez intelligents
22:43pour continuer
22:44à nous parler.
22:49Nous sommes trop grands
22:50et trop puissants
22:51en matière de dissuasion
22:52mutuelle
22:53pour nous engager
22:54dans une guerre.
23:01Mais il y a l'Europe,
23:02il y a beaucoup
23:03d'idées folles
23:04dans la tête
23:04des politiciens européens.
23:11Par exemple,
23:12l'idée que la Russie
23:13doit être vaincue stratégiquement,
23:15qu'il faut dépenser
23:16toujours plus d'argent
23:17pour la défense.
23:18Ils augmentent sans cesse
23:20leurs dépenses militaires
23:21et rapprochent
23:22de plus en plus
23:23leurs infrastructures militaires
23:25de nos frontières.
23:26Quel pays acceptera
23:28une telle chose ?
23:28Aucun.
23:29Tout pays prendrait
23:30des mesures
23:31de précaution.
23:32Nous assurerons
23:33notre sécurité,
23:34mais nous ne déclencherons
23:35jamais une guerre mondiale.
23:40Selon Dimitri Peskov,
23:42nous ne déclencherons
23:43jamais
23:43la troisième guerre mondiale.
23:46Et évidemment,
23:47comme je le disais
23:48à l'instant,
23:48Dimitri Peskov
23:49relativise
23:50ce conflit
23:52latent
23:52avec les États-Unis.
23:55Pensez-vous réellement
23:56que Donald Trump,
23:58comme vous le disiez
23:58à l'instant,
23:59au vu de ce que dit Peskov
24:00aussi,
24:01serait responsable
24:02d'une défaite
24:02de l'Ukraine ?
24:03Oui, je pense
24:04qu'il ne faut pas
24:05se méprendre
24:05sur ce qui a été
24:06Anchorage.
24:07Anchorage,
24:07c'était la rencontre
24:08entre deux belligérants,
24:10les États-Unis
24:10et la Russie,
24:12qui se battent
24:12en Ukraine
24:14avec des moyens
24:15de l'OTAN,
24:15de l'Ukraine,
24:16etc.
24:17Et il y en a un qui perd,
24:18c'est Washington,
24:18et il y en a un qui gagne,
24:19c'est la Russie.
24:20Ça, c'est la réalité.
24:21C'est ça, Anchorage.
24:22Et ils essayent
24:23de trouver un moyen
24:24pour terminer la guerre
24:25de manière
24:26la plus honorable possible.
24:28Ce qui explique
24:29la manière
24:30dont, finalement,
24:32la diplomatie,
24:34à la fois la diplomatie officielle
24:35par les affaires étrangères,
24:37mais surtout
24:38les envoyés spéciaux
24:39ou les déclarations
24:40du Kremlin,
24:41donc Wittkopf,
24:42pas Wittkopf, pardon,
24:44Dmitriev,
24:45Ushakov,
24:46et puis donc
24:47le porte-parole
24:48du Kremlin,
24:48Peskov,
24:49donc ménagent
24:49Donald Trump
24:50parce que,
24:50de toute manière,
24:51c'est avec les États-Unis
24:53qu'il y aura
24:54un traité de paix.
24:55Il faut bien comprendre ça.
24:56Ce sont deux belligérants
24:57qui discutent
24:58et qui se ménagent
24:59parce qu'ils ont envie
25:00que ça se passe bien,
25:01de trouver une solution
25:02honorable.
25:02Mais la victoire
25:03sur le terrain
25:04et le fait que l'Ukraine
25:06se réduit
25:06comme une peau de chagrin,
25:07ce qu'il en restera de l'Ukraine
25:08se réduit chaque mois
25:10maintenant
25:10comme une peau de chagrin,
25:11puisque ça,
25:11on pourra peut-être
25:11en parler,
25:12mais les Russes
25:12ont modifié
25:13leurs objectifs territoriaux,
25:15eh bien ça,
25:16il y a une réalité
25:17sur le terrain
25:17qui fait que la victoire russe
25:18sera évidente
25:20et ce sera
25:21la défaite
25:23des États-Unis.
25:24Encore une fois,
25:24ce n'est pas parce que
25:25la République de Weimar
25:26a succédé
25:29au deuxième Reich
25:30de Guillaume II
25:31que l'Allemagne
25:32a gagné
25:33la Première Guerre mondiale.
25:34Simplement,
25:35la partie qui a négocié,
25:37eh bien,
25:38in fine,
25:39a été remplacée
25:42par la coucher
25:43de la République de Weimar.
25:44Mais,
25:44en vrai fois,
25:45c'est une des...
25:461918 est une défaite
25:47de l'Allemagne
25:47et j'espère que 2026
25:49sera une défaite
25:50des États-Unis.
25:52Alors,
25:52vous dites que
25:52les troupes russes
25:53avancent partout
25:54sur le terrain,
25:55Xavier Moreau.
25:55Alors,
25:55c'est vrai que la ville
25:56de Konstantinovka
25:57est tombée il y a dix jours,
25:58mais il reste quand même
25:59huit à dix kilomètres
26:00pour atteindre
26:01la nouvelle barrière
26:02de ville
26:03avec Slavyans
26:04et Kramatorsk.
26:05À votre avis,
26:06quand même,
26:06Xavier Moreau,
26:07vous êtes très optimiste,
26:08mais la population russe
26:09peut-elle accepter,
26:10d'autant plus après,
26:11avant les élections
26:12que vous évoquiez
26:13de septembre prochain,
26:14la population russe
26:15peut-elle vraiment
26:16accepter l'effort humain
26:17militaire nécessaire
26:18pour conquérir ces villes ?
26:20Parce qu'au rythme
26:20où l'armée russe va,
26:22ça pourrait quand même
26:23prendre des mois,
26:24voire des années.
26:26Après,
26:27il faut,
26:28encore une fois,
26:28vous avez des phases
26:29d'accélération
26:30dans une guerre.
26:31Donc,
26:31la question,
26:31effectivement,
26:32que vous posez la bonne,
26:33c'est est-ce qu'on va
26:35assister à une de ces phases
26:36d'accélération ?
26:37Comme par exemple,
26:38après la prise d'AFDFK,
26:39on a eu tout d'un coup
26:40l'armée russe
26:42qui a avancé très très vite
26:43de plusieurs dizaines
26:44de kilomètres
26:46vers l'ouest.
26:47Et puis après,
26:48de nouveau,
26:48ça s'est assez,
26:51dirons-nous.
26:51Là,
26:52ce qui est important
26:52de comprendre,
26:53c'est que Konstantinovka
26:54et Slavyans
26:55c'est la dernière ligne
26:58de défense
26:59solide de l'Ukraine
27:00puisque c'est une ligne
27:02de défense
27:02qui a été établie
27:03dans des zones
27:04extrêmement peuplées,
27:05160 habitants
27:07au kilomètre carré
27:07dans le Donbass
27:08contre 27
27:09dans la région
27:10d'Odessa,
27:11par exemple,
27:11dans des villes
27:12donc très industrialisées
27:13avec beaucoup
27:13de constructions
27:14très peuplées
27:15et donc
27:17en plus
27:19le système de défense
27:20est construit
27:20pour pouvoir prendre
27:21la population
27:21comme un bouclier humain
27:22c'est fait systématiquement
27:23les témoignages
27:24dans ces villes libérées
27:26sont là pour le confirmer
27:28donc c'est l'ultime ligne
27:30et si ces lignes tombent
27:32et bien ça va faire
27:33très mal
27:34d'autant plus que
27:35la tactique russe
27:36a largement évolué
27:37et aujourd'hui
27:39on est plutôt
27:40dans des tentatives
27:40d'encerclement
27:41c'est d'ailleurs
27:42ce qui s'est passé
27:43vous venez de parler
27:43de Konstantinovka
27:44en fait les Russes
27:45ont encerclé Konstantinovka
27:46sur les deux flancs
27:47et finalement
27:48ont fermé l'étau
27:49et ont capturé
27:53les troupes
27:54qui restaient
27:55à l'intérieur
27:56et là visiblement
27:57donc après la prise
27:59de Konstantinovka
27:59on va sans doute
28:01bientôt assister
28:01à la prise de Dobropila
28:02qui est plus à l'ouest
28:03et au nord
28:05Krasnilliman
28:06est en train
28:06d'être nettoyé
28:07et donc ça
28:07c'est le chemin
28:08qui va être ouvert
28:09au nord
28:10de ces derniers bastions
28:12et qui permettra
28:13un encerclement
28:15soit physique
28:16soit opératif
28:16de cette ultime bastion
28:18la situation
28:19de Slaviansk et Kramatorsk
28:21en 2026
28:22n'est pas du tout
28:22la même
28:23que celle en 2022
28:24tout autour
28:25de ces
28:26toutes les lignes de défense
28:27jusqu'à ces deux bastions
28:28sont tombées
28:28petit à petit
28:31ces dernières années
28:32donc
28:32on assiste à l'ultime
28:34je pense à l'ultime combat
28:35dans le Danbas
28:36donc ce qu'il faut bien comprendre
28:37c'est que la Russie
28:38va obtenir
28:39par le soldat russe
28:41l'accord d'Encourage
28:42c'est à dire que
28:43finalement
28:44l'armée ukrainienne
28:45va devoir se retirer
28:46du dernier bastion
28:47de Slaviansk et Kramatorsk
28:49et à partir de là
28:50et je pense aussi
28:51c'est pour ça
28:51que les Russes
28:53ménagent Donald Trump
28:54et bien
28:55c'est les Européens
28:56ou l'Ukraine
28:58qui va aller voir
28:59Donald Trump
29:00en disant
29:01est-ce qu'on peut faire
29:02une trêve
29:02et les Russes
29:03pourraient accepter
29:04et je pense
29:05que les Russes
29:06pourraient accepter
29:07parce que
29:07l'Ukraine est une dictature
29:09qui ne tient que par la guerre
29:10s'il y a une trêve
29:12le système
29:14totalitaire
29:15ukrainien
29:15va s'effondrer
29:16et le pays
29:17va basculer
29:17d'ailleurs
29:18dans l'anarchie
29:18la plus complète
29:19les bandits
29:20ce qu'on appelle
29:21les TSEKA
29:22qui kidnappent
29:22les gens dans la rue
29:23pour les envoyer
29:23sur le front
29:24et qui sont payés
29:25pour ça
29:26des villes entières
29:27comme Nipo Petrovsk
29:29qui vivent du banditisme
29:30notamment des centres d'appel
29:31dans lequel
29:32elle était impliquée
29:32à priori
29:33Hermalev
29:33celui qui s'est face
29:34à Sina Monaco
29:35donc en fait
29:36je pense que
29:36dans le scénario idéal
29:37si les Russes
29:38font une bonne campagne
29:39d'été
29:41donc elle est en train
29:41de se dérouler
29:42aujourd'hui
29:43pour l'instant
29:44elle a bien démarré
29:45font une bonne campagne
29:46d'été
29:46on peut arriver
29:47à l'automne
29:48avec la prise
29:50ou du moins
29:50l'encerclement
29:52de Slaviansk-Ramatorsk
29:53et finalement
29:54ce sera Zelensky
29:55qui va se tourner
29:56ou se remplaçant
29:57ou je ne sais pas qui
29:57qui va se tourner
29:58vers Washington
29:59en disant
29:59après tout
30:00si appliquons l'accord
30:01dans Courage
30:01on se retire du Donbass
30:03C'est un scénario
30:04quand même
30:05un peu idéal
30:06enfin en tout cas
30:07dans une perspective russe
30:08vous dites
30:08trois mois
30:09pour franchir
30:10ces dix kilomètres
30:11qui séparent
30:11la ligne de front actuelle
30:12à celle de Slaviansk
30:14donc vous êtes
30:15sur cette échéance-là
30:17ça veut dire
30:17à peu près 100 jours
30:18ça semble très optimiste
30:20et encore une fois
30:21je me permets
30:21de vous reposer la question
30:22non non
30:23vous avez raison
30:23la population russe
30:26est-elle en mesure
30:27d'accepter
30:28l'effort humain
30:29militaire
30:30nécessaire
30:30pour faire tomber
30:32les villes
30:33de Slaviansk
30:34et de Kramatorsk
30:34sachant qu'évidemment
30:36ce seront des sièges
30:36qui seront peut-être
30:37encore plus sanglants
30:38que celui de Bakhmout
30:40je ne pense pas
30:41justement
30:41précisément
30:42c'est-à-dire
30:42si vous regardez
30:43Konstantinovka
30:44en gros
30:44les combats
30:45ont commencé
30:46au mois de février
30:46et la ville
30:47a été annoncée prise
30:48mais elle était déjà prise
30:49depuis plusieurs semaines
30:50mais les russes
30:51ont attendu
30:51d'avoir tout nettoyé
30:52elle a été annoncée prise
30:54début juillet
30:54donc
30:56si vous regardez
30:56Bakhmout
30:57le combat de Bakhmout
30:58commence en novembre 2022
30:59et se termine en mai 2023
31:01donc c'est des combats
31:02qui ont été très nus
31:03et on s'aperçoit
31:04que sur la prise de ces villes
31:06et bien les russes
31:06sont de plus en plus rapides
31:07parce qu'ils fonctionnent
31:08de mieux en mieux
31:08ils ont appris
31:10à faire la guerre
31:11contrairement aux ukrainiens
31:12il y a une amélioration tactique
31:14alors que côté ukrainien
31:15on est plutôt
31:15dans un mouvement inverse
31:17et ensuite
31:18il n'est pas dit
31:18que les russes
31:19sauront à prendre d'assaut
31:20Slaviansk et Kramatorsk
31:22s'ils font
31:22ce qu'ils ont fait
31:23dans d'autres endroits
31:24par exemple
31:25c'est à dire
31:26comme ils progressent
31:27aujourd'hui au sud
31:28et au nord
31:29de Slaviansk et Kramatorsk
31:30ils peuvent
31:31fermer
31:32toutes les lignes
31:32d'approvisionnement
31:33toutes les lignes logistiques
31:34et d'attendre
31:35que le fruit
31:36le fruit
31:37mur tombe
31:38et je dirais même
31:40que c'est ce que j'appelle
31:40un encerclement
31:42opératif
31:43c'est à dire
31:43que vous pouvez
31:44soit encercler physiquement
31:45c'est à dire
31:45là vos soldats
31:47sont tout autour
31:48de la ville
31:48soit un encerclement
31:49opératif
31:50c'est à dire que plus rien ne sort
31:51plus rien ne rentre
31:52et à partir de là
31:54ce qui restera
31:54l'armée ukrainienne
31:55qui sera présente
31:56à Slaviansk et Kramatorsk
31:57sera coincée
31:58et il sera dans l'intérêt
32:00de Zelensky
32:01des Européens
32:02d'aller voir Donald Trump
32:03en disant
32:04ok d'accord
32:04on se retire
32:05du Donbass
32:06comme c'était prévu
32:07dans l'accord d'Ankourage
32:08et donc voilà
32:09c'est dans ce cadre là
32:10que
32:11encore une fois
32:11c'est une hypothèse
32:13je dirais
32:14que c'est une hypothèse
32:14optimiste
32:15parce que
32:15effectivement
32:16ça veut dire
32:16que les combats
32:17vont arrêter
32:18en 2026
32:20mais c'est quelque chose
32:21de tout à fait envisageable
32:22d'autant plus
32:23que les russes
32:23avancent
32:24très fortement
32:25dans d'autres zones
32:26qui jusque là
32:27ne faisaient pas partie
32:28des objectifs russes
32:30c'est à dire
32:30la région de Soumy
32:31et dont la ville
32:33d'ailleurs
32:33pourrait commencer
32:34à être prise d'assaut
32:35dans les semaines
32:35qui viennent
32:36c'est pas impossible
32:37dans la région de Kharkov
32:38alors prendre Kharkov
32:39là ce sera
32:40une autre paire de manches
32:42voilà
32:43mais ce que je veux dire
32:44c'est que
32:44et surtout ce qu'a annoncé
32:45Vladimir Poutine
32:46c'est à dire
32:46que suite à l'opération
32:48de Kursk
32:48donc qui a eu lieu
32:49en août 2024
32:51qui s'est terminé
32:52en eau de boudin
32:53en mars 2025
32:55et bien
32:55la Russie
32:56se réserve le droit
32:57de s'emparer de territoire
32:59pour former une zone tampon
33:00donc ça c'est un changement majeur
33:02dans les objectifs
33:04tels qu'ils étaient annoncés
33:05par la Russie
33:05depuis la fin de l'année 2022
33:07la Russie avait annoncé
33:08qu'elle voulait
33:08la reconnaissance de la Crimée
33:10et les quatre nouvelles régions
33:11donc
33:13Donetsk
33:13Lugansk
33:14Kherson
33:14et Zaporog
33:15et là maintenant
33:16ce que la Russie annonce
33:17c'est qu'elle va
33:18vraisemblablement rester
33:19là où son armée a progressé
33:20donc la région de Soumy
33:21la région de Kharkov
33:22toutes ces zones là
33:24notamment
33:24sur le front est de Kharkov
33:26aujourd'hui
33:28l'armée russe
33:29avance très très fort
33:29et a réussi
33:30là en train de réussir
33:32vraisemblablement
33:32un encerclement
33:34tout à fait
33:35tout à fait intéressant
33:35donc je pense
33:36qu'effectivement
33:38le régime
33:39qui vient
33:39aura tout intérêt
33:40à négocier
33:41surtout quand on se rendra compte
33:42que oui bon
33:42il y a des problèmes
33:43d'essence en Russie
33:44mais c'est pas non plus
33:47c'est surtout une question
33:48de logistique
33:49et d'organisation
33:50c'est surtout ça le problème
33:51et c'est en train
33:52je pense d'être réglé
33:53et puis
33:54c'est relatif
33:55encore une fois
33:55moi j'ai un diesel
33:56je ne fais pas la queue
33:57pour acheter de l'essence
33:58à Moscou
34:00pour le Samplon 95
34:01c'est un peu plus compliqué
34:02et là je suis à Kaliningrad
34:04par exemple
34:04et donc le diesel
34:07il n'y a pas de problème
34:07et pour le Samplon 95
34:10il y a des fils
34:12de 4-5 voitures
34:14qui font la queue
34:16derrière la station service
34:17donc par exemple
34:18sur Kaliningrad
34:19j'en ai parlé
34:20avec le taxi
34:21qui nous a emmené
34:21bon
34:22il y a quelques problèmes
34:24mais c'est pas
34:24c'est pas critique
34:26et donc
34:27voilà
34:28et puis la DCA russe
34:29va s'organiser
34:30donc voilà
34:31on va arriver à un moment
34:33encore une fois
34:33si la campagne
34:34d'été russe
34:35se passe bien
34:36c'est-à-dire
34:36un encerclement
34:37au moins opératif
34:38de Slaviansk-Kramatorsk
34:40on peut espérer
34:41qu'il y ait une trêve
34:43je n'ai pas dit
34:43un traité
34:45une fin définitive
34:46des combats
34:46mais une trêve
34:47et je pense que
34:48cette trêve
34:49peut être fatale
34:50au régime de Kiev
34:51donc une trêve
34:52à l'automne
34:53de 2026
34:53c'est une hypothèse
34:54évidemment
34:54que vous vous admettez
34:55vous-même
34:55très optimiste
34:56ce sera le mot de la fin
34:57Xavier Moreau
34:58merci beaucoup
34:58d'avoir répondu
35:00à l'appel de Choc du Monde
35:01je rappelle que vous êtes
35:02le fondateur
35:02du Think Tank Stratpol
35:03et puis aussi que vous êtes
35:04sous sanction
35:05de la part de l'Union Européenne
35:07mais cela ne vous empêche pas
35:08d'aller à Kaliningrad
35:09visiblement
35:09Xavier Moreau
35:10merci encore
35:11d'avoir répondu
35:11présent à l'appel de Choc du Monde
35:12merci à tous
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