- il y a 21 heures
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 11 juillet, Thomas Friang, directeur exécutif de l'Institut Géopolitique et Business de l'ESSEC, Isabelle Durant, présidente de Friends of Europe, et Amine Bouabid, président-directeur général de Bank of Africa, se sont penchés sur le pari Europe-Afrique face à Pékin et Washington, dans l'émission Hors-Série Les Dossiers BFM Business présentée par Mathieu Jolivet. Hors-Série Les Dossiers BFM Business est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business. Cette émission a été réalisée en partenariat avec ESSEC.
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00:06BFM Business présente Géopolitique et Business, les entretiens ESSEC, Mathieu Jolivet.
00:14Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans Géopolitique et Business.
00:18C'est votre nouveau rendez-vous en partenariat avec l'ESSEC Business School.
00:23Dans un monde dominé par la Chine et les Etats-Unis qui dictent leur tempo,
00:26comment l'Europe et le continent africain peuvent exister ?
00:30Peuvent-ils bâtir ensemble une relation nouvelle, unir leurs forces
00:33et réduire leur dépendance commerciale, industrielle, technologique et stratégique vis-à-vis de Pékin et de Washington ?
00:40Parmi les leviers, mieux orienter une épargne qui est colossale et qui finance encore trop souvent d'autres régions du
00:46monde,
00:47créer de véritables marchés de capitaux ou encore accélérer sur l'intelligence artificielle.
00:52Tous ces défis, nous allons les explorer ensemble avec Thomas Friand.
00:56et deux personnalités de premier plan en Europe et en Afrique.
01:02Géopolitique et Business, c'est parti !
01:11Autour de moi, trois membres du conseil de prospective de l'Institut Géopolitique de l'ESSEC.
01:17Thomas Friand, bonjour.
01:18Bonjour.
01:18Je suis très heureux de vous retrouver pour ce nouveau programme qu'on développe ensemble.
01:22Vous êtes économiste et géopolitologue, expert du concept de Polycrise.
01:27Ce programme, nous l'avons concocté tous les deux avec cette idée que les chocs géopolitiques sont devenus structurels.
01:33Ça, c'est votre grand combat.
01:35Et le monde économique doit les intégrer au quotidien pour ne pas les subir.
01:39Merci beaucoup pour votre invitation.
01:40Et ça, c'est l'esprit de géopolitique et business, bien sûr.
01:44Vous donnez des clés pour vous aider à vous repérer dans votre pilotage stratégique.
01:47Autour de moi, Amine Bouabide.
01:49Bonjour.
01:50Bonjour.
01:50Et bienvenue.
01:51Vous êtes le PDG de Bank of Africa, une banque de détails qui opère dans 18 pays du continent africain.
01:58Nous sommes aussi avec Isabelle Durand.
02:00Bonjour et bienvenue.
02:00Bonjour.
02:00Vous êtes la présidente de Friends of Europe, mais aussi ancienne vice-première ministre de Belgique et ancienne secrétaire générale
02:08de la CNUSED.
02:10Thomas Friand, je vais commencer avec vous.
02:13Je rappelle, vous êtes le directeur exécutif de l'Institut géopolitique de l'ESSEC.
02:17Ce qui est hyper intéressant, c'est une anecdote que vous avez à nous raconter.
02:20Vous avez été le témoin visuel quelque part de toutes ces questions que je viens de soulever autour des dépendances
02:26commerciales et stratégiques, notamment vis-à-vis de la Chine.
02:29Ça, c'était une anecdote dans votre ancienne vie quand vous travailliez au Quai d'Orsay.
02:32Oui, c'est absolument vrai.
02:34On avait une mission avec la ministre auprès laquelle je travaillais, la ministre de la secrétaire d'État au développement,
02:38une mission en Zambie pour aider le gouvernement zambien à sortir des griffes financières de Pékin,
02:44puisque la Zambie est un pays extrêmement riche sur le plan de ses sols, de ses sous-le-sol, avec
02:48des minerais très importants, notamment dans le domaine du cuivre.
02:51Et c'est un pays que la Chine a volontairement surendetté et tient en laisse financière pour pouvoir accéder de
02:56façon prioritaire, notamment par rapport aux États-Unis,
02:58à ses ressources.
02:59Et donc, on se rend là-bas auprès du président Ichinema, auprès duquel on travaillait sur le désenclavement, le désendettement
03:07ou la fin du surendettement aux Zambiens.
03:10Et quand Ichinema nous accueille à Loussaka dans le palais présidentiel, il nous accueille en nous disant « Voilà, vous
03:15savez où vous êtes ? »
03:16Et derrière cette phrase, il y a « Tous les maîtres, dans le palais présidentiel, un portrait de Xi Jinping
03:21».
03:21Et cette anecdote, visuellement, elle est extrêmement parlante de ce qui est l'objet de cette émission et qui est
03:27en fait une réalité dramatique pour le continent africain.
03:30C'est à la fois du côté de Washington, mais aussi beaucoup du côté de Pékin sur le plan financier,
03:35une mainmise, une mainmise qui sert à aller chercher des ressources.
03:37Voilà, et qu'on retrouve jusqu'à toutes ces photos de Xi Jinping dans le palais en Zambie où vous
03:43étiez.
03:44Isabelle Durand, je rappelle, vous êtes présidente de Friends of Europe.
03:48Finalement, cette dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine, qu'est-ce que ça nous dit du partenariat qu
03:55'il faut peut-être repenser, renforcer entre l'Europe et le continent africain ?
04:02On est en train de passer peut-être d'une logique de charité à une logique de partenariat d'égal
04:08à égal.
04:08Est-ce que c'est le cas et où en sommes-nous ?
04:10Bon, je dirais qu'on est en chemin au sens où je crois que l'Union Européenne a tout à
04:15fait réalisé ce que Thomas vient d'expliquer,
04:17à la fois la mainmise chinoise, mais aussi, je dirais, le risque d'être complètement absent et de rater une
04:25série d'opportunités,
04:26non seulement pour l'Europe, mais singulièrement pour le continent africain.
04:29Alors, c'est en chemin en 2021, donc avant même la guerre en Ukraine et avant les grandes transformations géopolitiques,
04:35l'Union Européenne a créé ce qu'on appelle le Global Gateway, qui est un programme qui vise vraiment, avec
04:40tous les États membres,
04:41à essayer de soutenir plutôt de l'infrastructure, des programmes en matière digitale, en matière d'infrastructures portuaires, de routes,
04:49etc.,
04:49qui ont donc un effet de changement. Alors, bon, est-ce qu'il ne suffit pas de le dire pour
04:53le faire ?
04:54Parce qu'évidemment, la concurrence est rude, parce que l'Union Européenne, jusqu'à présent, ou jusqu'alors, elle s
04:58'est un peu comportée comme en Afrique.
05:01C'est nous qui sommes les, je dirais, pour toutes sortes de raisons historiques, aussi pour des raisons d'histoire
05:06commune.
05:07On est là parce qu'on a un grand marché de 450 millions d'habitants, on est là parce qu
05:11'on a toujours été là,
05:13on est là parce qu'on a du soft power, on est là pour soutenir la bonne gouvernance, les droits
05:19humains, le climat, etc.
05:21Mais ça ne marche plus vraiment comme ça aujourd'hui, parce que justement, l'espace est occupé, entre autres, par
05:26la Chine,
05:26mais aussi par la Russie et aussi par la Turquie, qui, eux, évidemment, au lieu de parler de soft power
05:32et de valeur et de projection de notre culture à nous,
05:37eux, ils viennent avec des résultats plus rapides, même si ça entraîne évidemment un sérieux endettement.
05:41Donc oui, c'est un chemin, je pense qu'il y a une conscience que ça doit changer, mais c
05:46'est quand même pas si facile à faire dans les pratiques.
05:49Amine Bouabide, je rappelle, j'en profite, puisque là, on a le témoignage quand même d'un grand patron qui
05:54opère sur le continent africain.
05:55Vous êtes le PDG de Bank of Africa, vous opérez sur plus d'un tiers des pays en Afrique.
06:01Cette dépendance vis-à-vis de la Chine dont on parle, comment est-ce que vous la voyez ?
06:05Comment est-ce que vous vous en accommodez ?
06:07Ou comment est-ce que vous arrivez peut-être à vous en affranchir au quotidien ?
06:11Et où est-ce qu'on en est de ce partenariat avec l'Europe qui peut peut-être permettre de
06:15rééquilibrer les choses ?
06:17Moi, je voudrais regarder cette relation Afrique-Chine sous l'angle du déficit commercial.
06:26Je pense qu'aujourd'hui, il y a un déficit commercial chronique qui est de l'ordre de près de
06:32100 milliards de dollars par an, par rapport à la Chine, la Chine africaine.
06:38Alors qu'il y a plutôt un excédent moyen d'équilibre commercial avec l'Europe.
06:43Ça, il faut le dire haut et fort.
06:44Donc l'Europe préserve.
06:47Donc il y a un jeu de vase communiquant, quelque part.
06:50On sait bien que le déficit commercial, c'est creuser la tombe d'un pays.
06:55Chaque fois qu'on importe et qu'on ne produit rien, on ne va pas mourir.
07:00Parce que comment on le bouche avec quoi ?
07:02On le bouche avec le remittance, c'est quand il y a l'argent des clients, des diasporas qui sont
07:08à l'extérieur.
07:09On le bouche avec l'endettement et on le bouche avec les matières premières qu'on pompe.
07:16Mais il y a des limites.
07:17Et comment vous le réduisez, ce déficit commercial ?
07:19Alors aujourd'hui, justement, la question qui se pose aujourd'hui, c'est que la Chine, c'est une politique
07:24à court terme.
07:25On vient pour vous apporter une solution rapide.
07:28On vous dit, ok, moi je vais vous faire ça, je vais construire un pont, une route, n'importe quoi.
07:32Vous me donnez accès à ce minerai, là, je pompe ce que je veux.
07:35Donc on connaît l'histoire.
07:37Donc aujourd'hui, les gouvernements qui sont aujourd'hui...
07:39Sauf qu'il l'extrait, mais après il va le transformer chez lui.
07:42Chez lui, totalement.
07:43Il le prend même, il le prend...
07:44Alors la question, c'est de se dire, aujourd'hui, cet équilibre précaire, il n'est pas viable.
07:49On ne peut pas demander aujourd'hui à l'Europe de faire des efforts d'investissement, etc., en Afrique, etc.
07:55Et d'équilibrer, rééquilibrer les choses, alors que les autres, on en profite.
07:59Donc ça, ce n'est pas faire, faire game.
08:01Il faut faire un jeu qui soit équilibré.
08:04Ça, c'est important de le mettre en avant.
08:06Ce n'est pas parce qu'ils sont rapides et qu'ils ferment les yeux sur tout, qu'on va
08:10considérer que c'est les meilleurs.
08:11Donc ce n'est pas bon, ce n'est pas viable.
08:12In fine, c'est important.
08:13Déjà que les gens le sachent, ils l'entendent bien, ce n'est pas viable.
08:15Même quand il y a des créations d'emplois, des investissements à la paire, on embauche des Chinois.
08:20Il n'y a même pas de création d'emplois localement, parce que le chômage est en train d'exploser
08:24dans ces pays-là.
08:25Donc ça, c'est important que, quand on regarde sous l'ombre du déficit commercial,
08:29ça donne une autre perspective sur les choses.
08:32Parce que là, en réalité, la politique de Trump, elle n'est pas si absurde que ça.
08:36Il a dit avec un peu sa brutalité et sa fureur ce que tout le monde subit et vit dans
08:45le monde.
08:45Donc aujourd'hui, c'est le marché primaire.
08:48Ce que c'est important, c'est quoi ?
08:50Il faut impérativement qu'il y ait des JV, des jeunes ventures, etc.,
08:54dans lesquels on impose aux Chinois, en tout cas on met des C-Links en disant
08:58qu'on ne veut pas dépasser plus que 50 milliards de fiches commerciales.
09:02Au-delà, il faut investir dans le pays, créer des emplois.
09:06Faire des silos, on en parlera après peut-être,
09:09mais en tout cas, c'est important que le secteur secondaire se développe.
09:13Que le secteur secondaire se développe.
09:15Thomas Friand, quand on entend Isabelle Diran et Amine Boabide,
09:20là, on parle de la Chine, mais en fait, ce qui se passe,
09:22c'est qu'aujourd'hui, on vit dans un monde avec la géopolitique
09:25qui vient percuter tout à vitesse grand V,
09:27un monde bipolaire, dominé par la Chine et les États-Unis,
09:31et cette rivalité Chine-États-Unis, elle a totalement rebattu les cartes
09:35et changé la configuration du monde des affaires.
09:38Absolument, et de ce point de vue-là, Afrique, Europe, même combat.
09:41Le chiffre qu'Amine vient de donner sur le déficit commercial,
09:45100 milliards pour le continent africain versus la Chine,
09:48l'Europe, c'est 300 milliards de façon chronique.
09:52Alors qu'on est trois fois moins d'habitants et qu'on est deux fois moins de pays.
09:56Ça veut dire qu'on n'est pas dans des situations plus avantageuses, en réalité.
09:59Et qu'est-ce qui se passe quand on met en perspective Chine et les États-Unis ?
10:02Dans les deux cas, ces deux puissances, qui sont des puissances impériales, néo-impériales,
10:07cherchent des accès.
10:08Accès à nos capitaux, accès à nos ressources,
10:11qu'elles soient humaines ou minérales.
10:14Et en Europe, on connaît la musique,
10:16on a à peu près un stock de 35 000 milliards d'euros d'épargne.
10:21Il y en a 10 000 milliards qui sont investis à l'étranger,
10:25dont une large partie, près de 80%,
10:27qui sont pris par les fonds de pension et les fonds d'investissement américains.
10:33En d'autres termes, les intérêts de la richesse européenne
10:37travaillent contre l'intérêt de l'Europe.
10:39Et la situation n'est pas tout à fait identique sur le plan des chiffres pour l'Afrique.
10:44Mais dans le même champ,
10:46quelles sont les ressources que la Chine et les États-Unis se disputent ?
10:49Vous voulez dire que notre richesse en Europe fait fructifier ?
10:51La puissance des autres !
10:52La puissance américaine, la big tech américaine.
10:56Et chinoise, chinoise aussi !
10:57Et chinoise aussi !
10:59Parce que vous donnez de l'argent,
11:00il y a des surplus qui sont faits avec certaines économies,
11:04qui vont aller profiter aux Chinois,
11:05qui vont leur vendre des poupées en plastique ou des...
11:08C'est une réalité !
11:09Je vous fais rebondir sur ce que dit Thomas Poulain,
11:11Amit Boivit, parce que sur cette épargne colossale européenne
11:16qu'on fait trop fructifier à l'étranger,
11:18c'est le même combat aussi en Afrique.
11:20Il y a aussi une épargne colossale,
11:23mais qui va être investie hors du continent.
11:26Moi, j'ai une lecture différente des choses.
11:30L'épargne africaine, d'abord, est insuffisante par rapport aux besoins.
11:33C'est important.
11:34Donc l'Afrique ne peut pas se développer sans l'épargne internationale.
11:36Hors Afrique.
11:38Deuxième chose, il y a un contrôle d'échange dans ces pays-là.
11:40On ne peut pas sortir notre argent où on veut.
11:43Troisième chose, l'épargne réelle, on ne la connaît pas,
11:45puisqu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'informels.
11:48Quand vous prenez un indicateur très simple
11:50pour mesurer un peu la bancarisation des économies,
11:53on a à peu près un indicateur très simple.
11:56Vous prenez la somme des crédits rapportés au PIB,
12:00on a 36% en moyenne.
12:02En France, on a 110%.
12:05Vous avez une idée, 36%, 30-10%, c'est énorme, ça n'a rien à voir.
12:09Tu as raison sur les données et le rappel nécessaire
12:12de ne pas comparer trop immédiatement la situation africaine
12:16et la situation européenne,
12:18ne serait-ce que pour les raisons que tu as évoquées,
12:19de contrôle d'échange, de bancarisation, de taux d'épargne.
12:23Enfin, on voit, et les données de la Banque mondiale, du FMI,
12:26sont pléthores sur le sujet,
12:27qu'une très large partie de la richesse produite sur le continent africain
12:31n'est pas investie sur le continent africain,
12:33elle est même investie à l'étranger, hors du continent africain.
12:36Les chiffres sont assez fous.
12:38Je crois que les dernières données qu'on a de la part du FMI,
12:40elles sont de l'ordre de 40%.
12:42Donc quand on voit la situation en flux,
12:49c'est encore plus grave que la situation européenne.
12:51Mais tu l'as dit tout à l'heure,
12:53le plus important, c'est parce qu'il n'y a pas de fatalité autour de ça.
12:56Il y a le fait que l'Afrique a d'immenses ressources pour s'en sortir,
13:00à commencer par les ressources gigantesques de son sol et de son sous-sol
13:03qui sont au cœur de toutes les transitions.
13:04Et là, à nouveau, prédation absolue de la part de la puissance américaine
13:11et de la puissance chinase.
13:12La puissance européenne n'a pas toujours été neutre dans cette affaire.
13:15Prenons un cas d'exemple extrêmement parlant.
13:19La République démocratique du Congo, qui est une très grande puissance minière,
13:23une très large majorité de l'extraction de cobalt
13:26est entre les mains d'entreprises chinoises, en volume.
13:2940% je crois.
13:30C'est plus que ça, c'est au-delà de la majorité.
13:32Sur le cuivre, on est autour de 40%.
13:33C'est que Donald Trump aussi regarde de très près ce qui se passe au Congo.
13:36C'est pas pour rien qu'il a laissé de jouer le médiateur entre le Rwanda et l'RDC,
13:40précisément pour pouvoir s'immiscer dans ce jeu
13:42sur lequel la Chine était en train de renfermer l'extraction minière de ce pays
13:48et de toute la région.
13:49Quand on descend la Copper Belt, la ceinture du cuivre,
13:52vers la Zambie que j'évoquais tout à l'heure,
13:55là aussi se joue une bataille sino-américaine extrêmement forte,
13:57de la même manière qu'il se joue des batailles sino-américaines
14:00sur le terrain économique européen.
14:01En l'occurrence, je l'ai dit tout à l'heure, la Zambie surendettée au capitaux chinois,
14:05qu'il faut essayer de déverrouiller.
14:07Le club de Paris a joué un rôle extrêmement important
14:09dans le cadre du G20 pour pouvoir sortir la Zambie des griffes chinoises.
14:13Mais en face, les investissements américains vers le corridor de l'Obitos,
14:17c'est-à-dire jusque dans les ports angolais,
14:18pour pouvoir faire circuler les matières premières zambiennes
14:22vers la façade atlantique et pas vers la façade indo-pacifique,
14:26c'est la stratégie américaine et ils sont aussi extrêmement présents.
14:29Isabelle Durand et Amine Bouabit, j'aimerais bien aussi,
14:31vous entendre tous les deux sur les questions d'intégration économique
14:35entre l'Europe et le continent africain.
14:37Isabelle Durand, je rappelle, vous êtes présidente de Friends of Europe,
14:40vous avez été ancienne vice-première ministre de Belgique.
14:45L'Europe, là, s'est construite sur une union économique et monétaire,
14:49c'est un marché qui est presque intégré,
14:53il y a encore cette union des marchés de capitaux
14:56qu'il faut parachever quelque part.
14:59Et en face, on a un continent africain qui est peut-être encore très morcelé,
15:03vous allez nous en parler.
15:05Déjà, est-ce qu'il y a peut-être un partage d'expériences
15:07qui peut se faire sur ce sujet de l'intégration économique ?
15:11Oui, certainement, à condition que ce soit un réel partage d'expériences,
15:15au sens où, comment est-ce qu'on construit une intégration régionale ?
15:18Bon, l'Union Européenne a une certaine expérience,
15:20mais on ne peut pas dire non plus que le marché intérieur européen soit achevé.
15:25D'ailleurs, le rapport l'État, le rapport Draghi,
15:27pointe une série de manquements, non seulement sur les marchés de capitaux,
15:30manque d'investissement, pas assez d'union des marchés de capitaux,
15:34problème d'énergie, de consolidation bancaire.
15:37Donc, on a un paquet de choses à faire,
15:39et d'ailleurs, la Commission Européenne s'est engagée à l'achever d'ici 2028.
15:43On va voir.
15:43En tout cas, on poussera à ce qu'on avance,
15:45parce que c'est aussi une des conditions d'existence
15:47et d'autonomie de l'Europe elle-même.
15:49Mais est-ce qu'on peut partager ça avec l'Union Africaine ?
15:52D'abord, l'Union Africaine, c'est très différent de l'Union Européenne,
15:55évidemment, c'est 54 pays, mais bon, c'est beaucoup moins intégré.
15:59On a 54 pays et des représentants, des commissaires de l'Union Africaine
16:04qui n'ont pas du tout le même pouvoir.
16:05On a des entités régionales qu'on connaît bien en Afrique
16:08et qui ont toujours un certain pouvoir économique.
16:12Et puis, on a cette zone de libre-échange
16:13que l'Union Africaine a décidé,
16:16l'ensemble des pays, quasi l'ensemble des pays africains,
16:19ont choisi de développer pour développer le commerce intra-africain
16:23et donc lever les barrières tarifaires, les barrières non tarifaires
16:26au sein du commerce intra-africain.
16:28Le chemin sera encore long parce que c'est évidemment dans une alliance pareille,
16:33il y a des gagnants et des perdants.
16:34L'Afrique du Sud, ce n'est pas la même chose que le Lesotho.
16:38Et donc, il y a vraiment beaucoup à faire aussi
16:40pour n'avoir pas trop de gagnants et de perdants
16:42dans cette manière de voir l'économie intégrée,
16:45l'économie régionale africaine.
16:46Et puis, vous l'avez dit vous-même,
16:48il ne faut pas seulement avoir de l'économie extractive,
16:51c'est-à-dire les ressources minérales ou d'autres.
16:53C'est tout ce qu'on appelle les ressources de base,
16:56donc c'est le cacao, c'est le café, c'est le coton,
16:58c'est tout ce que l'Afrique vend depuis des années,
17:00mais ça dépend des marchés internationaux.
17:03C'est clair qu'on doit avoir une diversification économique
17:05et on doit avoir de la manufacturation sur place.
17:08Il ne s'agit plus, si je peux dire,
17:10et si on peut y arriver,
17:11que l'Afrique exporte ses matières premières
17:13sans en avoir aucun bénéfice en termes de valeur ajoutée
17:16et de transformation.
17:17C'est la transformation qui fait la valeur ajoutée.
17:19Donc ça, c'est vraiment aussi, je dirais,
17:22un soutien que l'Union européenne peut donner.
17:24Peut-être sur ce point, c'est intéressant,
17:26j'ai en tête l'exemple indonésien
17:28qui aujourd'hui oblige ceux qui veulent extraire
17:31le nickel de ces mines de le transformer sur place.
17:35Donc eux, ils ont compris peut-être,
17:36est-ce que c'est un exemple à suivre ?
17:38Est-ce qu'eux aussi, sur le continent africain,
17:40on commence à raisonner en disant
17:43venez exploiter éventuellement nos sous-sols
17:45ou faire du business chez nous,
17:46mais on va travailler ensemble
17:49et on va transformer ensemble sur place ?
17:51Moi, je pense que c'est jouable,
17:53mais ça fait à peu près dix ans
17:55que j'opère sur le marché,
17:56sur le continent africain, sur le terrain.
17:59Je connais un peu bien le marché, le continent.
18:02Chaque année, on fait des feuilles de route.
18:05On est spécialiste en nouvelles feuilles de route.
18:07Nous aussi en Europe.
18:08Mais on est incapable d'exécuter des feuilles de route.
18:11C'est ça le problème.
18:12Donc il faut faire un peu ma culpas
18:13et se dire qu'est-ce qu'on ne sait pas faire ?
18:15Parce que constamment, on se dit
18:16c'est beau, on va refaire,
18:17on va faire du chocolat là-bas,
18:18on va faire des trucs.
18:20Moi, je pense qu'on a besoin aujourd'hui,
18:22les marchés africains,
18:23c'est des petits marchés.
18:25Il y en a plusieurs petits.
18:26Morcelés.
18:27Morcelés.
18:28Je veux dire, aucun investisseur n'ira dans un pays
18:30pour attaquer la population d'un pays.
18:33Ça ne peut pas être rentable.
18:34Surtout qu'on sait que c'est très, très capital intensif.
18:38Ça consomme beaucoup de capitaux, en général.
18:40Ces investissements sont importants.
18:41Donc, en dehors du politique pour lequel il faut lui dire,
18:44écoute, on laisse l'économie,
18:45on ne mélange pas la politique et l'économie
18:46parce que sinon, c'est impossible.
18:48Il faut impérativement mettre en place,
18:50moi je pense, une vraie étude
18:52où on définit des champions régionaux.
18:56On va dire,
18:57ces trois pays,
18:58c'est les champions du textile.
18:59Personne ne fait du textile.
19:01Ces trois pays,
19:01parce qu'ils ont un avantage compétitif.
19:04Il y a BCG qui...
19:06BCG a fait une étude récemment là-dessus,
19:10qui est sortie en mai,
19:12tout récemment,
19:13dans laquelle elle a fait un peu
19:14d'avantage comparatif.
19:16Ça, c'est l'agro-industrie.
19:17C'est intéressant,
19:17c'est le concept de best athlete,
19:19d'ailleurs,
19:19qui avait été repris à l'Elysée cette année,
19:21qu'on essaye d'appliquer en Europe
19:23au niveau de la défense.
19:24Celui qui est le meilleur
19:25pour faire des moteurs dans la défense
19:26va prendre le lead en Europe, etc.
19:28Donc, c'est quelque part ce concept.
19:29Il faut qu'on pense et par exemple,
19:31je vais vous dire,
19:31moi, vous allez au Mali.
19:32Au Mali, c'est l'un des plus grands
19:34producteurs de coton.
19:35Le coton, il va directement.
19:36Tous les habits maliens
19:37qui portent les gens,
19:38ils viennent d'Autriche.
19:41C'est des choses
19:41complètement absurdes.
19:42Il n'y a même pas de filature.
19:43Moi, je dis,
19:44c'est qu'on a besoin...
19:45C'est pareil,
19:45c'est vrai qu'ils sont faits aux Pays-Bas.
19:46Voilà.
19:47Donc, je dis, moi,
19:48il faut revenir à des choses basiques.
19:50En se disant,
19:51en mettant des KPI,
19:52et toujours sur la base
19:53du déficit commercial.
19:55Déficit commercial,
19:56aujourd'hui,
19:57sur les métiers à faire,
19:58à fait,
19:58je vais le rajouter,
19:59industrie, transformation,
20:01près de 38 à 40 %
20:03des importations,
20:04ces pays-là,
20:05qui viennent sur ces métiers-là.
20:07Donc, il faut impérativement
20:08se dire,
20:08attendez,
20:09est-ce que j'ai comme ambition
20:10de passer de 38 à 18 %
20:13sur 5 ans ?
20:14Et on monite ça,
20:15on pollue ça ensemble,
20:16etc.
20:17Et ça,
20:17ça devient une obligation de résultat.
20:19Thomas Friand,
20:20qu'est-ce que ça vous inspire ?
20:22Voilà,
20:22ces recettes peut-être
20:24pour essayer d'accélérer
20:25l'intégration économique
20:26sur le continent africain.
20:27On sait que l'Afrique
20:28a 54 états,
20:29des dizaines de monnaies,
20:30des marchés financiers
20:30fragmentés.
20:31Quelque part,
20:32qui construira
20:32l'intégration économique africaine ?
20:35Peut-être que c'est Amine Boisville,
20:36le prochain Jacques Delors
20:37de l'Union africaine.
20:38Il y a peut-être quelque chose
20:39de...
20:40Toujours PDG
20:40de Banque Afrique Afrique,
20:41mais pourquoi pas ?
20:42Il y a quelque chose
20:43de cet ordre-là,
20:43c'est-à-dire qu'au-delà
20:44de l'amitié,
20:45de la formule,
20:46il y a un enjeu
20:47de pouvoir mettre à exécution,
20:50dans le cas des institutions
20:51qu'Isabelle a décrites
20:52tout à l'heure,
20:52qui sont indispensables.
20:54La commission de l'Union africaine,
20:55c'est sur le plan
20:56de l'intégration économique,
20:57l'équivalent,
20:59quasiment,
20:59trait pour trait,
21:00de l'Union européenne.
21:01Au plan institutionnel,
21:02tout est paramétré
21:03pour que ça aille de l'avant.
21:04Il y a une ambition commerciale,
21:06avec une très forte intégration
21:07autour de la...
21:07En tout cas,
21:08ambition,
21:09intégration commerciale
21:10autour de la ZLECAF.
21:11Mais après,
21:12et Amine l'a dit très bien,
21:13il faut une feuille de route,
21:15et pour une feuille de route,
21:16pour qu'elle soit exécutée,
21:16il faut un pilote.
21:17Et là,
21:18on retrouve sur la nécessité,
21:19au-delà des institutions,
21:21d'avoir notamment
21:22les grandes banques,
21:23les grandes banques de développement,
21:24les grandes banques de détail,
21:26qui soient forces d'intégration,
21:27parce qu'elles ont,
21:28pas seulement parce qu'elles opèrent
21:30dans plusieurs pays,
21:31mais aussi parce qu'elles ont
21:32un leadership
21:32qui permet d'embarquer
21:35les forces économiques,
21:36les ETI,
21:37les grands groupes,
21:37dans la construction
21:38de cette intégration commerciale.
21:39Mais il ne faut pas avoir
21:41une lecture strictement
21:42commerciale du sujet.
21:43Amine a tout à fait raison
21:44de se dire qu'au miroir
21:45du déficit commercial,
21:46on juge assez bien
21:48la situation.
21:48Mais il y a aussi
21:49le miroir géopolitique
21:50à l'aune duquel
21:52il faut réfléchir
21:52et ça nous ramène
21:53à la question
21:54de la prédation
21:55sino-américaine
21:56à la fois en Europe
21:57et autant en Afrique.
21:58Et à nouveau là,
21:59j'insiste,
22:00Europe, Afrique,
22:00même combat.
22:01Qu'est-ce qui fait que
22:02et l'Europe et l'Afrique
22:03sont dans un tel état
22:04de dépendance
22:05par rapport à la Chine ?
22:08L'économie extractive
22:10qui fait actuellement rage
22:12sur le continent africain,
22:13c'est une économie
22:13dans laquelle, pour l'essentiel,
22:15la Chine vient prendre
22:16des matériaux,
22:17des minerais critiques
22:19et les transforme en Chine.
22:21Et cette dépendance-là,
22:22elle produit une autre
22:23dépendance en Europe.
22:23Prenons le cas des terres rares
22:24dont on sait la criticité
22:27pour l'économie avancée
22:28qui passe par l'IA,
22:30par les data centers,
22:31le cloud, etc.
22:32parce que c'est au cœur
22:33de la puissance de calcul,
22:35les terres rares.
22:35Eh bien, les terres rares,
22:36c'est la Chine
22:37qui n'a pas de terres,
22:41ou très peu de terres rares
22:41chez elle,
22:42enfin pas majoritairement,
22:43qui vient l'extraire
22:44sur le continent africain,
22:45qui en transforme
22:46plus de 95%
22:47du stock mondial
22:49en Chine
22:49et qui après
22:51vient vassaliser,
22:51mettre en état
22:52de dépendance critique
22:53et les États-Unis,
22:54c'est ça qui a mis
22:55Trump hors de lui,
22:56Biden avant lui également,
22:57mais aussi l'Europe.
22:58Aujourd'hui,
22:59on est dans un tel état
23:00de dépendance
23:00sur ces minerais critiques
23:02face à la Chine
23:03parce qu'on a été aussi incapables
23:04d'empêcher la Chine
23:05de déployer son modèle extractif
23:06et pas transformatif
23:07sur le continent africain.
23:08Ça fait plusieurs fois
23:09depuis le début
23:09de ce programme
23:11que vous nous parlez
23:12notamment des sous-sols
23:13et de ces terres rares.
23:17Derrière,
23:18c'est l'histoire aussi
23:19de la course
23:20à l'intelligence artificielle,
23:22à la technologie,
23:22ces terres rares,
23:23c'est pour les cartapuces.
23:25Aujourd'hui,
23:25on est aussi dans un monde,
23:26malheureusement,
23:27il ne nous reste que deux minutes,
23:28mais c'est aussi ça
23:29le grand défi
23:30qui attendent l'Europe
23:31et le continent africain,
23:32c'est celui de monter
23:33dans le train
23:33de l'intelligence artificielle.
23:35Totalement,
23:36et donc ces terres rares
23:37sont devenues un enjeu majeur
23:38je dirais pour tout le monde
23:40et a fortiori
23:41quand certains
23:41cherchent à s'en emparer
23:42et donc à ce titre,
23:44je pense que ce n'est pas
23:45qu'une question bilatérale
23:46entre Union européenne,
23:47Afrique,
23:48mais c'est une question
23:49qui devient une question
23:51multilatérale
23:51au sens où la question
23:52des minérocritiques
23:53a à voir avec
23:54tout le développement
23:55de l'ensemble,
23:57non seulement de l'Afrique,
23:58mais d'autres régions du monde
23:59qui doivent pouvoir accéder
24:02à réellement
24:03le raffinement
24:04de ces métaux critiques.
24:06Deuxièmement,
24:06l'Union européenne
24:07elle a quand même perdu,
24:08franchement,
24:08on a perdu sur les panneaux solaires
24:10en son temps,
24:10on a laissé la technologie
24:12qu'on avait en Europe
24:13être utilisée
24:14par les Chinois
24:15qui nous ont vendu
24:16à cher et vilain
24:17les panneaux photovoltaïques,
24:18idem aujourd'hui
24:19sur les voitures électriques
24:20qui sont aujourd'hui
24:21beaucoup moins chères
24:22et qui sont produites
24:23par les Chinois
24:25et donc on a un retard énorme
24:26dans l'utilisation
24:27et la transformation
24:28de ces métaux critiques
24:29pour nos propres industries
24:31européennes.
24:31Donc c'est aussi ça l'enjeu
24:32Amine Bouabide,
24:33je rappelle que vous êtes
24:34le PSG de Bank of Africa,
24:35c'est reprendre le contrôle
24:36aussi de ces sous-sols,
24:37transformer sur place
24:38et aussi maîtriser
24:41un maximum
24:42la chaîne de valeur
24:42qui nous arrive
24:43à maîtriser
24:44la puissance de calcul
24:47qui est le nerf de la guerre.
24:48Oui mais est-ce qu'on est capable
24:49de dire demain aux Chinois
24:52si tu veux que je te vende
24:53mon cuivre,
24:54tu dois m'ouvrir
24:5510 usines
24:55de transformation du cuivre
24:57sinon je ne te vendrai rien.
24:58C'est là le rapport de force.
25:00C'est là où ça commence.
25:01Donc il faut devenir
25:01market maker
25:03et il faut pouvoir tenir
25:04parce qu'ils ne vont pas tenir longtemps
25:06il faut résister
25:07un an, deux ans.
25:08Pour tenir sur le point diplomatique
25:09il y a des signaux forts
25:11notamment une coalition
25:13de puissance moyenne
25:14ou de petite puissance
25:14de l'intelligence artificielle
25:15qui réunit l'Inde,
25:17les états européens,
25:18les états africains
25:18on l'a beaucoup vu
25:19d'un sommet à l'autre
25:20du sommet de l'action
25:21liée à Paris
25:22puis à Delhi
25:22émerge cette coalition
25:23de puissance
25:24qui est dans cet acte-là.
25:25C'est une arène de Ramody
25:26qui a fait un appel
25:27à une alliance
25:27des puissances moyennes
25:28dans la tech.
25:29Et on y est
25:29et ça relie les intérêts
25:31européens et africains.
25:32En tout cas
25:33toutes ces questions passionnantes
25:34qu'on vient de développer
25:35vous allez les aborder
25:36Thomas Friand
25:36lors d'un conseil de prospective.
25:38Absolument
25:38on est ravis
25:39qu'Isabelle et Amine
25:40aient rejoint ce conseil
25:41qui va pouvoir
25:42travailler en profondeur sur ça
25:43pour pouvoir éclairer
25:44les dirigeants d'entreprise
25:45auprès desquels
25:46l'ESSEC travaille
25:47y compris sur le champ
25:48africain à part entière
25:49puisqu'on a une chaire
25:50qui est dédiée à l'industrialisation
25:52du continent africain.
25:53Voilà le conseil de prospective
25:54de l'Institut géopolitique
25:57de l'ESSEC.
25:58Merci à tous les trois
26:00pour cette discussion
26:01éclairante
26:02et passionnante.
26:03Amine Bouabide
26:04je rappelle
26:04vous êtes PDG
26:05de Bank of Africa
26:06une banque de détails
26:07qui opère dans
26:0818 pays du continent africain.
26:10Isabelle Durand
26:11présidente de Friends of Europe
26:12ancienne vice-première ministre
26:14de Belgique
26:15ancienne secrétaire générale
26:17de l'ACNUSED
26:18et puis bien sûr
26:19Thomas Friand
26:20le directeur exécutif
26:21de l'Institut géopolitique
26:22et business
26:22de l'ESSEC
26:23avec qui on prépare ensemble
26:25ce nouveau programme
26:26que j'ai le plaisir
26:28de présenter
26:29géopolitique et business
26:30en partenariat
26:31avec l'ESSEC
26:33Business School
26:33vous avez compris
26:34grâce à Thomas Friand
26:36ses connaissances
26:37et son réseau
26:37on va essayer
26:38de vous apporter
26:39des clés
26:40régulièrement
26:42sur BFM Business
26:43pour tenter
26:44de vous frayer
26:45un chemin
26:45dans ce brouillard
26:47le plus total
26:47face au choc géopolitique
26:49merci à tous
26:50et très bel été
26:51sur BFM Business
26:55géopolitique et business
26:56les entretiens ESSEC
26:58Générique
26:59générique
26:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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