Passer au playerPasser au contenu principal
Une femme blanche grimée en Nèg Marron au Carnaval Tropical de Paris : hommage, appropriation ou méconnaissance historique ? Le Nèg Marron renvoie au marronnage, aux esclaves fugitifs et à une mémoire de résistance en Guyane. Le sujet n’est pas d’humilier une personne, mais de rappeler qu’une tradition carnavalesque porte aussi une histoire coloniale.



#NegMarron #CarnavalGuyanais #Guyane #Marronnage #HistoireNoire

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00On est de couleur, on est plus blanche, on est comment ?
00:03On est neigues marrons, neigues marrons un jour, neigues marrons toujours.
00:07Qu'est-ce que ça fait d'être dans cette peau-là ?
00:08C'est génial, la Guyane c'est la meilleure chose qui soit.
00:14Tu t'appelles comment et tu viens d'où ?
00:15Moi je m'appelle Sarah, je viens de La Rochelle, j'ai habité 5 ans en Guyane et j'ai
00:21découvert le carnaval et j'ai été que emportée dans toute cette peau-lis.
00:26Comme vous l'avez vu, une femme blanche, le visage noirci, qui dit elle-même, neigues marrons un jour, neigues
00:33marrons toujours.
00:33On est neigues marrons, neigues marrons un jour, neigues marrons toujours.
00:37Là, on est obligé de réagir.
00:38Je suis tombé sur cette vidéo sur TikTok du carnaval tropical de Paris.
00:42On y voit une femme, Sarah, femme blanche de précision, de La Rochelle qui explique qu'elle a vécu 5
00:48ans en Guyane,
00:49qu'elle a découvert le carnaval et qu'elle a été emportée par la joie, le bonheur ainsi que la
00:54fête.
00:54Et humainement, je vais le dire clairement, je ne pense pas qu'elle soit dans une démarche de haine du
00:59tout.
00:59Mais c'est justement là que le sujet devient très intéressant et piquant.
01:03Parce qu'un symbole peut être porté avec joie tout en portant une histoire derrière très lourd.
01:07Le neigues marrons pour expliquer.
01:09Dans le carnaval guyanais, ce n'est pas juste une personne drôle, fun.
01:14Non, ce mot renvoie aux esclaves fugitifs, aux personnes esclavagisées fugitives des plantations.
01:19À celles et ceux qui ont choisi la forêt, la fuite, la clandestinité, parfois la mort plutôt que l'esclavage.
01:25Donc quand quelqu'un dit qu'est-ce que ça fait d'être dans cette peau-là ?
01:29Et que la réponse devient c'est génial.
01:31Qu'est-ce que ça fait d'être dans cette peau-là ?
01:33Ah c'est génial, la Guyane c'est la meilleure chose qu'il soit.
01:37Il y a, comme je dirais, un suspense.
01:40Il y a même un vertige.
01:42Parce que cette peau-là, historiquement ce n'est pas un costume de quelques heures, vous comprenez ?
01:47C'était une condition sociale, c'était une traque, c'était un rapport au corps, à la liberté, à la
01:53violence coloniale.
01:55Et c'est là qu'il faut être très précis.
01:56Le problème, ce n'est pas forcément qu'une personne blanche participe à une tradition guyanaise, non.
02:01Les cultures circulent comme nous le savons, les carnavals mélangent, les gens apprennent, transmettent et s'invitent.
02:07Le problème, c'est quand la mémoire devient un décor, quand le marronnage devient esthétique,
02:13quand une histoire de résistance noire devient une expérience exotique qu'on peut enfiler sur soi, filmer puis retirer.
02:21On peut célébrer la Guyane, on peut aimer son carnaval, on peut être sincèrement touché par cette culture.
02:27Mais aimer une tradition, ce n'est pas seulement la porter, c'est aussi comprendre ce qu'elle porte elle
02:32-même.
02:32Parce que le nègre marron, je le rappelle, ne raconte pas seulement la fête, il raconte une histoire beaucoup plus
02:39profonde.
02:39Des femmes et des hommes ont refusé d'être possédées.
02:42Et ça, ce n'est pas un déguisement, c'est une mémoire vivante.
Commentaires

Recommandations