Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 minute
Avec Guy Carlier

Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##GUY_CARLIER-2026-07-10##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze.
00:04Il est 7h53, soyez les bienvenus sur l'antenne de Sud Radio.
00:07Guy Carlier est là, comme chaque jour, pour nous embarquer plein sud avec celles et ceux qui font vivre cette
00:13antenne.
00:14Alors aujourd'hui, Guy a choisi de vous emmener plein sud avec Philippe Bilger,
00:19que vous entendez régulièrement l'après-midi dans les vraies voix.
00:22Bonjour Guy.
00:23Bonjour Jacques, bonjour à tous.
00:26Pour nous détendre un peu, avant une chronique costère consacrée à un célèbre avocat,
00:31donc voici une plaisanterie que l'on faisait lorsque j'étais enfant en colonie de vacances.
00:36On disait, lorsqu'un avocat n'est pas cru, son client est cuit.
00:40Eh oui, bon d'accord, je vous demande pardon le jeune d'avoir envoyé le générique.
00:45Non, je me suis souvent demandé pourquoi Philippe Bilger parlait si lentement.
00:51Au début, je croyais que c'était de la prudence.
00:52Et puis j'ai compris, avant que chaque phrase, on dirait qu'il pose les mots sur une balance.
00:58Il les regarde, il les sous-pèse, il en retire un, en rajoute un autre,
01:01comme s'il savait que certains mots pèsent plus lourd que d'autres sur la balance de la justice.
01:07Ce n'est pas un tic, ni une coquetterie, c'est une déformation professionnelle.
01:11Il naît à Metz, en 1943, lettre classique, droit, école nationale de la magistrature,
01:17un parcours qui sent l'exigence avant même d'avoir prêté serment.
01:20Il faut imaginer sa vie, des dizaines d'années dans les prétoires.
01:23Juste instruction à Lille, substitue à Bobigny.
01:26Puis à partir de 1984, au parquet de Paris, dans les affaires de presse et de liberté publique,
01:30il plaide dans des procès qui font la une.
01:33Celui de la Saint-Saint de René Bousquet, celui du gang des barbares.
01:36La justice est peut-être le dernier endroit où un mot mal choisi peut condamner une existence
01:41et où un silence peut devenir un aveu.
01:44Et voilà le paradoxe qui me plaît chez lui.
01:46Il a fréquenté les ténèbres de la nature humaine pendant toute sa carrière
01:51et il n'est jamais devenu cynique.
01:54Comprendre plutôt que de condamner, expliquer plutôt que de simplifier,
01:58nuancer plutôt que hurler.
02:00Ce n'est pas un hasard si quand je lui ai demandé quelles étaient les chansons de sa vie,
02:05il m'a répondu sans hésiter, veillez tard de Jean-Jacques Goldman.
02:08Et là j'aurais pu poursuivre cette chronique en analysant la chanson de Goldman
02:12et en disant des choses très intellectuelles, du genre les autres dorment,
02:17lui continue de réfléchir, il continue de veiller tard.
02:21Parce que c'est vrai au fond, ce ne sont pas les nuances qui définissent Bilger, c'est le doute.
02:26Mais là Jacques, vous seriez ennuyé, vous auriez regardé votre conducteur
02:29que vous venez de le faire en pensant, j'espère que Carlier ne va pas faire trop long
02:32parce que derrière on a Agnès Bujon, j'arrête avec veillez tard.
02:36D'autant qu'il y a une autre chanson que Philippe Bilger aime profondément,
02:40c'est « Si tu ne me laisses pas tomber » de Gérard Lenormand.
02:43La surprise !
02:45Voilà le scoop de cette chronique, Philippe Bilger est une midinette,
02:48un incorrigible romantique, c'est le Julien Sorel de Sud Radio.
02:53Non sérieusement, Mathilde dit qu'il aime cette chanson parce que dans le texte,
02:58il y a cette phrase, une phrase qui le bouleverse,
03:01cette phrase dit « Les espoirs de nos aurores n'avaient pas dépassé Saint-Mort ».
03:06Un homme bouleversé par une phrase pareille ne peut pas être fondamentalement mauvais.
03:11Il a aussi sens de la formule qui dérange, son livre « Le mur des cons » en fait foi,
03:16un titre qui ne s'excuse de rien.
03:18Aujourd'hui, vous l'avez dit Jacques sur Sud Radio, dans « Les vraies voix »,
03:21il poursuit ce travail, le titre est bien choisi.
03:24Les vraies voix ne sont pas celles qui parlent le plus fort,
03:26mais celles qui réfléchissent avant de parler.
03:28A plus de 80 ans, il continue d'écrire, de débattre, de transmettre,
03:32comme si la retraite n'était qu'un mot administratif.
03:36On ne prend jamais la retraite des idées.
03:38Au fond, c'est peut-être ça, Philippe Bilger,
03:40un homme qui a passé sa vie à juger
03:42et qui continue de croire que les mots bien choisis
03:46peuvent encore réparer les hommes.
Commentaires

Recommandations