00:00Vincent Riad, donc président d'Axila, est avec nous. Bonjour Vincent.
00:02Bonjour.
00:03Sujet au migraine ou pas ? Il me semble que... Non, c'est pas vous qui m'aviez dit un
00:05jour.
00:06D'accord, je confonds alors. Très bien. Bien heureux êtes-vous alors.
00:09On va parler alors de ces sujets qui fâchent et de ces idées reçues du marché que vous voulez combattre.
00:15Les ETF diversifiés par exemple permettent à l'investisseur de tout voir de l'impact de son portefeuille.
00:19Certains le pensent. Et bah vous, vous vous dites bullshit.
00:24Vous foudroyez Vincent cette idée qu'on peut tout voir de l'empreinte climatique à travers un ETF.
00:27D'abord c'est de remplir le réchauffement, on est en pleine canicule, voilà.
00:30Donc bon, c'est pas la peine de... Oui.
00:33Oui, c'est aujourd'hui le rapport du Haut Conseil pour le climat.
00:37On n'en fait pas assez pour l'adaptation, etc.
00:39Non mais mon sujet c'est plus qu'il y a souvent dans cette conviction en bourse qu'on a
00:43toute l'information.
00:45Le cours reflète toute l'information disponible à un instant T.
00:49Effectivement, moi je dis bullshit, c'est pas vrai. Il y a plein de trucs qu'on sait pas.
00:52J'avais eu l'occasion de signaler ici le fait que dans une période extrêmement chaotique sur le pétrole,
00:57il n'y a aucun site internet et j'ai fait le test sur l'IA avec Claude.
01:01J'ai demandé à Claude quelle est la sensibilité des 40 valeurs du CAC 40 à une hausse ou une
01:05baisse de 10% du pétrole.
01:06Claude est infoutu de me répondre.
01:08C'est-à-dire que j'ai des réponses assez étoffées parfois.
01:11Parfois il me dit non j'ai pas d'info.
01:12Il n'y a aucun site internet, Sabrina pourra peut-être confirmer ou affirmer,
01:17où on trouve la sensibilité, le bêta des valeurs du CAC 40 par exemple au pétrole.
01:21Donc si on veut constituer un portefeuille et se mettre à l'écart des sociétés les plus sensibles au pétrole,
01:25on n'a pas l'info.
01:26Ça n'est qu'un exemple.
01:27Peut-être qu'il n'y a pas de sensibilité tout simplement.
01:29Si on cherche un objet nul, on n'obtient rien.
01:32Vous ne croyez pas que ça peut être ça ?
01:34Quand on regarde Airbus, quand on regarde Air France,
01:36bon ça c'est des caricatures.
01:38Mais bon, il y a des choses qui existent.
01:41Et société générale un peu moins.
01:42Mais voilà.
01:44Enfin bon, c'est quand même un sujet.
01:47Je pense qu'effectivement sur l'information pure et parfaite,
01:50il nous manque des choses notamment sur le climat.
01:53On n'a pas les infos.
01:54Donc en gros, ce que vous nous dites, c'est que pour mesurer la sensibilité climatique,
01:59vous êtes en train de nous dire qu'il faut être un expert du bilan carbone.
02:03Je pense qu'effectivement, il va falloir s'habituer à des métriques qu'on ne maîtrise pas,
02:08qui ne sont pas encore une fois accessibles.
02:11On n'arrête pas souvent de parler du PER moyen d'un portefeuille.
02:14Moi, j'ai un PE de 40, de 25, etc.
02:19Je pense qu'on aurait aussi beaucoup d'intérêt à regarder la répartition des scopes de son portefeuille.
02:25Est-ce que j'ai un portefeuille qui est scope 1 carbone, scope 2 carbone ou scope 3 ?
02:29Alors déjà, quand on rentre là, on dit qu'est-ce que c'est scope 1, scope 2, scope 3
02:32?
02:32En fait, c'est très simple.
02:33Le scope 1, c'est ce qu'on brûle dans l'entreprise.
02:36Exemple, Duralex.
02:37Chez Duralex, les verts, bon, ce n'est pas coté en bourse, mais Duralex,
02:40il y en a quelques-uns qui ont pris le bouillon quand même.
02:42Duralex, c'est des fours à 1500 degrés qui tournent toute la journée.
02:47Vous ne pouvez pas les arrêter parce que c'est très compliqué à redémarrer.
02:49Ça, c'est du scope 1.
02:50Le scope 2, c'est l'électricité qu'on achète.
02:52Et le scope 3, c'est les clients et les fournisseurs.
02:55Voilà.
02:55Il y a des moments du cycle économique.
02:58Il y a des moments où, effectivement, il ne faut pas être sur des boîtes scope 1
03:00parce qu'il y a une hausse du prix du pétrole et ça va faire très très mal.
03:04Et il y a des moments où, comme en ce moment,
03:05la canicule est en train de bousculer un peu les choses un peu établies.
03:09Oui, mais alors, il y a peut-être des nouveaux risques qui vont apparaître
03:11parce que vos scopes, ils sont...
03:14C'est intangible, c'est de la compta.
03:16C'est intangible.
03:17Oui, simplement, la compta, elle doit aussi faire face au fait que,
03:20vous parliez des fours Duralex, Google, leur data center,
03:23il y en a 10 000 ou 15 000 qui fonctionnent à plein tube 24 heures sur 24.
03:28Donc, en gros, ça complexifie et ça induit peut-être de nouveaux risques.
03:32Je pense que c'est une autre manière,
03:33c'est les deux faces d'une même pièce.
03:36On a beaucoup compris avec l'IA que c'est un sujet d'électricité.
03:40Au-delà d'être un sujet de puissance de calcul,
03:43c'est l'électricité parce qu'il faut alimenter toutes ces puces.
03:45Donc, je pense qu'à un moment donné, on va s'apercevoir
03:47que si on a beaucoup de scope 1 dans un portefeuille, c'est un sujet.
03:50Et on comprendra par le climat, par le CO2, que c'est un sujet également financier.
03:55À un moment donné, on peut s'apercevoir qu'il ne faut peut-être pas avoir trop de scope 3.
03:58Le scope 3, c'est le commerce.
04:00Tout ce qui est lié au flux de visiteurs, au fait que les gens viennent dans les magasins.
04:05Là, c'est un peu l'anecdote, on reste dans le concodé.
04:07Mais vous avez le fabricant de glace, là, à Morino.
04:10Son PDG a dit, on n'est pas bien parce qu'en fait, il fait très chaud.
04:13Les gens ont envie de manger des glaces, mais ils ne se déplacent plus dans les centres-villes.
04:16Donc, vous avez une baisse de 20%.
04:18Oui, c'est ça. Quand il y a un degré bien précis, je crois que ça a été documenté.
04:21En fait, les gens n'ont plus envie d'acheter des glaces.
04:22Il y a une baisse du chiffre d'affaires.
04:23Alors que les gens ont envie de manger des glaces parce que c'est rafraîchissant.
04:26Mais ils n'y vont pas, ils n'ont pas envie d'y aller.
04:28Oui, c'est ça. C'est des sujets de genre là.
04:30Donc, je pense qu'effectivement, il faut de temps en temps regarder et être capable de raisonner diversification d'un
04:35portefeuille.
04:36Non pas simplement sur le PER, la décode suractif ou des choses comme ça, mais également une répartition, un équilibre
04:41plus large.
04:42Et puis, en ce moment, il y a les feux de forêt.
04:44On redécouvre des choses.
04:47Qui est le plus grand possesseur en bourse de forêt ?
04:50C'est les papetiers.
04:52Pour faire du papier, il faut de la cellulose.
04:55Il faut du papier, il faut des forêts, il faut du bois.
04:58Donc, là-dedans, vous avez Deyer Hauser, Sorenzo, UPM, toutes ces grosses boîtes-là.
05:03Et quand il commence à y avoir des feux de forêt en Suède, vous n'en voyez pas les canadaires.
05:08Ça brûle pendant des jours, des jours et des semaines.
05:11Et puis, j'ai découvert également que tout le monde cherche à se diversifier.
05:15J'ai vu qu'une SCPI s'était diversifiée dans les campings.
05:19Jusqu'à en avoir 5% de son patrimoine.
05:21Ça s'appelle immorante.
05:25Et quel rapport ?
05:25Quand ça brûlait, c'est compliqué.
05:27Ah oui, d'accord.
05:28Oui, oui.
05:28Tous les campings.
05:29Non, mais bien sûr.
05:32Les catalyseurs, ça peut être...
05:34Il y a des gens qui se sont effectivement diversifiés vers ces secteurs-là.
05:37Je ne sais pas s'il y a un opérateur pur en matière de camping en bourse, peut-être, mais
05:41voilà.
05:42Non, mais les groupements forestiers, j'imagine, si je suis votre logique...
05:45Les groupements forestiers, c'est très à la mode en ce moment.
05:47Tout le monde dit, il faut en acheter, il faut en acheter, parce que ces verres, ça capture le carbone.
05:50Quand vous discutez avec des espères forestiers, ils vous parlent effectivement de dépérissement des espèces.
05:54Et puis avant que vous plantiez un nouvel arbre et qu'il pousse, il faut 20 ans.
05:57Donc attention, il y a beaucoup de discours en ce moment sur des réévaluations de parts.
06:03Bon, il y a des phénomènes un peu de rareté.
06:05C'est très émietté, la forêt française.
06:06Donc pour acheter des parts, il faut parfois augmenter le prix pour que le vendeur vous les fasse.
06:10Donc attention, il peut y avoir des bulles dans la forêt.
06:13Oui, ce qu'on n'aurait pas pu imaginer il y a encore peu, mais c'est vrai, effectivement, parce
06:18que la forêt elle-même est secouée, secouée par ce qui est en train de se passer.
06:21Est-ce que les obligations vertes, c'est un marché qui se développe de plus en plus ?
06:24Parce qu'on en a beaucoup parlé.
06:25Est-ce que véritablement ça se développe et ça devient, alors systémique peut-être pas encore, mais significatif ?
06:29Oui, ça se développe.
06:30Après, il y a toujours le problème, c'est que vous avez beaucoup de sociétés de l'ancien monde, donc
06:34du monde carboné, qui émettent beaucoup de green bonds pour la transition.
06:39Donc les gens qui ont envie d'une certaine pureté, qui ont envie des sociétés qui sont déjà enclenchées dans
06:43la transition, qui ne sont pas de l'ancien monde et qui veulent en plus du green bond, là, il
06:47y en a déjà beaucoup moins.
06:49Donc oui, ça se développe.
06:51Après, il faut accepter le fait que vous donniez de l'argent à un très gros pollueur, par exemple, pour
06:55s'améliorer.
06:56Et en même temps, vous avez un green bond d'un très gros pollueur.
06:59Il y a des gens qui voudront avoir la pureté absolue, c'est-à-dire le green bond d'une
07:02société qui apporte des solutions.
07:04Et là, il y en a beaucoup moins, parce qu'ils n'ont pas forcément besoin d'argent, ou en
07:08tout cas pas dans des montants aussi conséquents que les anciens acteurs.
07:12Vincent Horiac, le président d'Axiliane.
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