- il y a 2 jours
Pour ce nouvel épisode de Chocs du monde, le magazine des crises et de la politique internationale de TVL, Edouard Chanot reçoit Charles d’Anjou, fondateur du média Omerta.
Il fallait s’y attendre. Avant le sommet de l’OTAN à Istanbul, qui doit se tenir ce 7 juillet, la Russie a tenu à répondre à Zelensky. Des frappes massives ont eu lieu les 2 et 6 juillet sur Kiev. Vladimir Poutine a aussi revendiqué la prise de Konstantinovka dans le Donbass.
Il y a une semaine, tous les médias occidentaux vous l’assuraient : Kiev est en position favorable. Or, ces derniers événements en font douter. Trump a longuement discuté dimanche avec les deux dirigeants. Pourra-t-il résoudre la situation ?
Il fallait s’y attendre. Avant le sommet de l’OTAN à Istanbul, qui doit se tenir ce 7 juillet, la Russie a tenu à répondre à Zelensky. Des frappes massives ont eu lieu les 2 et 6 juillet sur Kiev. Vladimir Poutine a aussi revendiqué la prise de Konstantinovka dans le Donbass.
Il y a une semaine, tous les médias occidentaux vous l’assuraient : Kiev est en position favorable. Or, ces derniers événements en font douter. Trump a longuement discuté dimanche avec les deux dirigeants. Pourra-t-il résoudre la situation ?
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00:00TV Liberté est en danger. Aujourd'hui, je ne vais pas y aller par quatre chemins.
00:04L'avenir de TVL est menacé. Nous faisons les frais d'un effet ciseau.
00:08Je vous explique. D'une part, les politiques catastrophiques des deux quinquennats Macron ont appauvri les Français.
00:13Les conséquences se font sentir. Même nos plus fidèles téléspectateurs peinent à soutenir TVL autant qu'ils voudraient le faire.
00:19De l'autre côté, les attaques du pouvoir nous ont infligé de sévères blessures.
00:23Un an après la fermeture arbitraire de notre compte bancaire, les pertes et les coûts globaux de plus de 442
00:30000 euros mettent évidemment en péril la pérennité de TV Liberté.
00:34À cela s'ajoute un dernier facteur, la censure insidieuse des géants du numérique.
00:40Malgré le cap d'un million d'abonnés à la chaîne TVL, un cap historique pour un média alternatif, nos
00:45émissions, comme nos appels aux dons, sont invisibilisées pour réduire notre impact.
00:50Face à cette pression croisée, inédite, du système, je vous garantis toutefois que toute l'équipe a su garder intacte
00:57son envie de vous informer.
00:58Mais nous ne pourrons pas poursuivre cette mission si la mobilisation pour TVL ne s'amplifie pas vaillamment.
01:04Il nous manque encore beaucoup pour que nous puissions finir l'année.
01:07Alors je vous le demande, si vous le pouvez, faites dès à présent un don à TV Liberté pour battre
01:13en brèche le pouvoir et imposer la liberté d'informer.
01:15Mais rappelez-vous, chaque don à TVL est déductible à 66% de vos impôts.
01:20Il vous coûtera donc le tiers de la somme versée.
01:22Alors je compte sur vous avant qu'il ne soit trop tard.
01:53Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde.
01:55Le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
01:58Il fallait s'y attendre avant le sommet de l'OTAN à Istanbul.
02:02Ce 7 juillet, Vladimir Poutine a tenu à répondre à Volodymyr Zelensky.
02:07Des frappes massives ont eu lieu les 2 et 6 juillet sur Kiev.
02:11Vladimir Poutine a aussi revendiqué la prise de Konstantinovka dans le Donbass.
02:15Il y a une semaine, tous les médias occidentaux, ou presque, vous l'assurez, Kiev est en position favorable.
02:22Or ces derniers événements nous le font sérieusement douter.
02:26Dimanche, Donald Trump, le président américain, a parlé longuement au téléphone avec les deux dirigeants.
02:32Alors pourra-t-il résoudre la situation ?
02:34Pour en parler, je reçois Charles Danjou, fondateur du média Omerta.
02:38Charles Danjou, bonjour.
02:39Bonjour Edouard.
02:40Merci beaucoup d'avoir répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
02:43D'autant plus que vous revenez d'un voyage à Moscou de l'autre côté du mur, a-t-on
02:47envie de dire ?
02:48Votre regard sur la situation en Russie sera précieux.
02:51Vous venez aussi de publier votre dernier numéro de la revue Omerta,
02:56La dégénérescence occidentale.
02:58C'est polémique, ça, nous allons évidemment en parler.
03:01Et puis, votre nouveau reportage sur l'Iran, cette fois, est disponible depuis hier sur l'application Omerta.
03:08Iran, le prix de la guerre, chronique d'un pays sous pression.
03:11Nous vous invitons à aller vous renseigner sur Omerta, sur Charles Danjou et sur ses reportages.
03:16Mais avant cela, si vous le voulez bien, l'actualité, l'actualité assez brûlante.
03:21Voici la carte des frappes, des dernières frappes sur la production de drones, la production de drones en Ukraine.
03:28Les frappes ont été très rudes il y a 36 heures.
03:31Au moins 8 personnes sont décédées, voire 15 selon certains calculs.
03:35Malheureusement, bien sûr, 23 missiles Iskander, de manière beaucoup plus militaire,
03:3923 missiles Iskander ont été tirés et aucun n'a été intercepté.
03:44Ce qui signifierait que l'Ukraine est, en tout cas dans l'immédiat, à court de munitions.
03:48A noter que la Russie riposte depuis plusieurs jours contre les stations-service de la ligne de front.
03:54Alors Kiev est-il en train de perdre une bataille ou Zelensky va-t-il obtenir une rallonge auprès de
03:59ses alliés de scénario ?
04:01On a l'impression que cela se répète.
04:02Charles Danjou, vers lequel penchez-vous ?
04:05Je pense que la Russie et l'Ukraine se rendent coup pour coup
04:08et que les deux pays ont respectivement les moyens d'infliger des coûts sévères.
04:16Les Ukrainiens disposent d'un arsenal de drones qu'ils produisent localement,
04:21mais aussi de drones qui leur sont fournis par un certain nombre de pays occidentaux.
04:25La France d'ailleurs en produit pour le compte de l'Ukraine.
04:28Elle dispose aussi d'une nouvelle gamme de missiles à longue portée.
04:32Il y a les Taurus qui ont été donnés par les Allemands, mais il n'y a pas que ça.
04:36Il y a aussi une production notamment de missiles flamingos qui permettent de toucher Moscou
04:42et des régions qui sont assez éloignées du front.
04:45Et puis les Russes de l'autre côté évidemment ont des moyens conséquents aussi.
04:49Ils ont ces fameuses bombes planantes, les FAB qu'ils utilisent pour détruire les défenses ukrainiennes urbanisées
04:56dans les villes de l'Est du Donbass.
04:58Ce sont des bombes qui sont larguées par avion.
05:02Et puis ils ont évidemment des missiles balistiques.
05:04Et en termes de drones, ils font quasiment jeu égal avec les Ukrainiens.
05:08Je dis quasiment jeu égal parce que vraiment les Ukrainiens ont pris en trois ans une avance assez considérable
05:15que les Russes sont en train de réduire.
05:18Ils ont des moyens aussi très importants.
05:20Mais c'est vrai que le drone, c'est vraiment ce qui a sauvé l'armée ukrainienne.
05:24C'est ce qui a sauvé la présidence Zelensky sans les drones aujourd'hui.
05:27Il est vraisemblable que la carte de l'Ukraine serait très différente.
05:31On parle de mur de drones qui protègent le front.
05:33Vous dites aussi que le mur de drones protège la présidence ou en tout cas le pouvoir de Volodymyr Zelensky.
05:38Oui, bien sûr, parce que l'Ukraine a moins d'hommes que les Russes.
05:42Les Russes n'ont fait qu'une mobilisation.
05:44Ils comptent sur un corps de volontaires qui est très important.
05:48Aujourd'hui, un combattant russe sur deux quasiment est un volontaire.
05:51En général, quand on dit volontaire, en réalité, soit c'est quelqu'un qui s'est engagé pour des raisons
05:55financières et patriotiques.
05:56Souvent, c'est un combiné des deux.
05:59Mais surtout, ce sont des gens qui sont sortis de prison et qui ont signé des contrats d'engagement pour
06:04refaire leur vie.
06:06Et donc, les Russes ne manquent pas de soldats.
06:09En revanche, du côté de l'Ukraine, on en est, je crois, à la quatrième mobilisation.
06:12C'est une mobilisation qui ne se passe pas très bien.
06:15On voit beaucoup de vidéos circuler sur Internet sur des gens qui refusent d'aller faire la guerre.
06:20Les Ukrainiens, aussi, ont des problèmes d'approvisionnement en munitions d'artillerie.
06:26Ils ont des problèmes, évidemment, ils ont moins de moyens aériens que la Russie.
06:30Ils ont moins de missiles balistiques que la Russie.
06:32Donc, ils essaient de compenser tout ça.
06:34Avec les crédits occidentaux, ils y arrivent.
06:36Donc, je disais, ils sortent une nouvelle gamme de missiles à moyenne portée.
06:40Ils ont augmenté l'arsenal de drones.
06:42Mais le drone, c'est vraiment ce qui a permis de freiner l'avance russe.
06:46J'ai couvert la bataille de Mariupol et certains autres points du front à l'époque où il n'y
06:50avait quasiment pas de drones.
06:51Il n'y avait que des drones d'observation.
06:53Les Russes avaient des pertes importantes parce que les Ukrainiens se battaient.
06:57Le combat urbain est défavorable aux assaillants, évidemment.
07:01Mais depuis, ces avancées russes spectaculaires, elles ont été freinées par l'apparition des drones.
07:09Il faut dire que les Ukrainiens sont passés vraiment maîtres dans l'utilisation tactique des drones.
07:13C'est d'ailleurs eux qui ont élaboré les premières tactiques pour les drones kamikazes.
07:19Et ils les ont utilisées à partir de septembre 2023, au moment de la contre-offensive.
07:25Et ils n'ont fait que développer le drone, ce qui leur a permis, ayant moins de moyens lourds que
07:33les Russes,
07:34notamment blindés en artillerie, en aviation, de freiner les Russes de manière considérable.
07:39Ça n'empêche pas les Russes d'avancer.
07:40Mais ça les freine considérablement. Ça a obligé les Russes aussi à revoir leurs tactiques.
07:44Il n'y a plus d'offensive avec des sections de 30 personnels aujourd'hui.
07:49Les groupes d'assauts qui partent à la conquête des bâtiments des immeubles en zone urbaine,
07:54c'est des groupes de 4-5 personnes qui interviennent après que les drones aient, je dirais, nettoyé les bâtiments
08:01occupés.
08:02Donc tout a changé. Mais c'est vrai que le drone a sauvé Zelensky.
08:06Alors vous évoquez la réalité très prosaïque du front.
08:09Alors dans le Donbass, la prise de Konstantinovka, comme je le disais, a été annoncée le 3 juillet par le
08:14Kremlin, par Vladimir Poutine.
08:16La Russie en fait est à 8, 9, 10 kilomètres des villes-forteresses de Slavians et Kramatorsk.
08:22C'est ce qu'on appelle la ceinture des villes-forteresses ukrainiennes.
08:26Au vu de ce que vous nous dites, 8 kilomètres, 10 kilomètres, est-ce peu ou est-ce beaucoup ?
08:30Alors c'est à la fois peu et en même temps c'est énorme parce que c'est 8 kilomètres,
08:36je dirais, c'est 8 kilomètres à travers des défenses ukrainiennes qui ont été préparées depuis 2014.
08:42Et je le disais avec l'apparition du drone, en réalité, quand vous faites, quand les unités d'assaut font
08:46des bonds, elles font des bonds de 100 mètres, 200 mètres, 300 mètres.
08:50Et ils sont possibles après que tout ait été nettoyé, soit par les drones, soit par les bombes planantes.
08:57Donc quand on prend la taille de villes comme Kramatorsk et Slaviansk, ce sont des villes qui sont à 100
09:03000 habitants, voire même plus, avec les usines qui vont avec, les complexes résidentiels, les complexes d'immeubles,
09:09toutes les infrastructures souterraines aussi, c'est deux très très gros morceaux.
09:15Un peu comme ce qu'a été la ville de Mariupol, sauf qu'à Mariupol, les Russes avaient pu encercler
09:20la ville assez vite et il n'y avait pas de drone.
09:22Là, les Russes vont essayer de contourner ces deux villes pour les isoler, mais la défense ukrainienne, à n'en
09:29pas douter, va être acharnée.
09:30Et ça ne peut pas être une victoire qui peut être obtenue, je dirais, en quelques mois.
09:36Ce sont des offensives, on l'a vu à Pokrovsk, on l'a vu à Konstantinovka, on l'a vu
09:41à Barhmout, qui prennent des mois, voire même plus d'une année.
09:48Alors Pokrovsk, qui n'a toujours pas été, qui a été revendiqué et qui est désormais occupé par la Russie,
09:53dont la perte n'a jamais été reconnue par Kiev.
09:57Enfin, vous parlez de six mois, d'une saison entière, ça fait beaucoup.
09:59Pour l'anecdote, les Allemands, en 1916, lors de la bataille de Verdun, ont avancé de 8 km, et justement
10:05de 8 km, mais au prix de pertes énormes.
10:08Vous pensez que c'est l'analogie, la meilleure analogie, la guerre de 1914 ? Vous pensez que le scénario
10:13se répète ?
10:14Alors, sauf que les Russes ont changé de tactique.
10:17Les Russes ont souvent eu des pertes assez lourdes parce qu'ils ont employé des tactiques soviétiques, je dirais, un
10:25peu primaires.
10:26Ils ont fait beaucoup d'erreurs. Il y a d'ailleurs beaucoup d'officiers qui ont été sanctionnés parce qu
10:29'ils ont envoyé notamment sur Avdivka des colonnes de chars ou des colonnes d'infanterie
10:33qui n'avaient strictement aucune chance de percer, mais un peu, je dirais, à la soviétique, un peu avec une
10:41légèreté qui a été souvent dramatique.
10:45Donc là, ils ont complètement changé de tactique. La prise de Pokrovsk préfigure celle peut-être de Kramatorsk et de
10:56Slavyans,
10:56c'est-à-dire qu'on ne peut avancer, on ne peut pas envoyer, comme pendant la Première Guerre mondiale,
11:03des colonnes à l'assaut.
11:04Il faut progresser mètre par mètre, centimètre par centimètre, à l'abri des drones, après l'emploi de bombes planantes,
11:11pour tout simplement réduire les pertes humaines.
11:14Aujourd'hui, les Russes et d'ailleurs les Ukrainiens ont réduit les pertes en matériel.
11:19L'emploi de blindés, notamment par exemple de chars, ne se fait que dans un usage comparable à celui de
11:27l'artillerie.
11:27Il n'y a plus de chars qui foncent vers des positions parce que simplement, il y a l'apparition
11:32du drone.
11:33Donc tout ça se fait un peu, si vous voulez, peut-être que nos auditeurs certainement le savent.
11:39Il faut relire Capitaine Conan pour comprendre ce qu'est aujourd'hui devenue la guerre dans l'Est de l
11:43'Ukraine,
11:43c'est-à-dire un peu des corps francs de quelques dizaines d'hommes et qui font le coup de
11:49main après que, je dirais, les dronistes aient nettoyé le plus possible.
11:54Voilà, ça ressemble à ça aujourd'hui, la guerre dans l'Est de l'Ukraine.
11:56Donc les choses avancent vraiment très lentement, peut-être des mois, des années avant des évolutions notables.
12:01Donald Trump a essayé à Anchorage, en Alaska bien entendu, en août dernier, de pacifier la situation,
12:08mais peut-être avait-il d'autres intentions à l'esprit.
12:10En tout cas, lassé par le manque de volonté des deux belligérants, le président américain a accepté de laisser parler
12:16les armes.
12:17Mais néanmoins, dimanche dernier, il a repris son téléphone, il a parlé pendant 90 minutes au téléphone avec Vladimir Poutine,
12:24puis avec Volodymyr Zelensky.
12:26Le conseiller diplomatique du Kremlin, Yuri Uchakov, a rapporté les propos de Poutine.
12:30Je vous propose d'écouter ce qu'il avait à dire.
12:34Les présidents ont également évoqué un règlement du dossier ukrainien,
12:37notamment à la lumière de la participation de Donald Trump au prochain sommet de l'OTAN en Turquie, les 7
12:42et 8 juillet.
12:42Le président américain a réaffirmé sa volonté de faciliter une fin rapide des hostilités ainsi que la recherche de solutions
12:48pacifiques à la crise.
12:49Ses envoyés spéciaux, Steve Whitcoff et Jared Kushner,
12:52poursuivront leurs efforts de médiation et sont prêts à se rendre à Moscou selon nos convenances.
12:56Le président russe a réaffirmé notre attachement à un règlement politique et diplomatique du conflit.
13:01Toutefois, Kiev et ses parrains occidentaux misent sur la prolongation, voire l'escalade du conflit,
13:05ainsi que sur la terreur exercée contre les civils.
13:07Par ailleurs, le parti de la guerre européen se fonde sur une perception erronée de la situation globale et de
13:12l'évolution des événements sur le front.
13:14Notre président a exposé la réalité de la situation sur le champ de bataille.
13:17La prise de contrôle de Konstantinovka, l'une des places fortes clés des forces armées ukrainiennes,
13:22constitue une étape importante dans la libération de la République populaire de Donetsk.
13:25Quels que soient les efforts du régime de Kiev pour s'accrocher aux zones fortifiées restantes,
13:30notre armée finira inévitablement par s'en emparer.
13:36Charles Donjoux, 11 mois plus tard, 11 mois plus tard après Anchorage,
13:40faites-vous confiance au président américain pour arracher un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie ?
13:46C'est moins une question de confiance que de considérer que Donald Trump fait ce qu'il peut,
13:51mais en réalité les Russes et les Ukrainiens ne veulent pas de la paix.
13:55Ils ne veulent pas de la paix et d'ailleurs on parlait de Kramatorsk et Slaviansk,
13:58les deux ont besoin de cette bataille qui s'annonce, qui va s'ouvrir.
14:01Les Russes en ont besoin pour pouvoir la gagner, d'ailleurs ils sont prêts à y mettre le prix et
14:05le temps.
14:06Il n'y a aucun problème, les Russes peuvent...
14:09Je me permets de vous interrompre parce que c'est un point très important.
14:11Vous revenez de Moscou, vous revenez de Russie,
14:13vous pensez qu'à la fois le pouvoir et l'opinion peuvent assumer des pertes ou un effort humain supplémentaire.
14:19En fait, l'objectif du Kremlin, il lui faut une victoire symbolique importante
14:25et pour le moment il ne l'a pas eue.
14:27Donc la dernière victoire symbolique c'est Pokrov, c'est Konstantinovka,
14:30mais je dirais ce n'est pas suffisant.
14:32Aujourd'hui, tant que les villes de Kramatorsk et Slaviansk
14:35et l'intégralité du Donbass n'ont pas été débarrassées de l'armée ukrainienne
14:38par une victoire militaire, je dirais la situation...
14:44La guerre ne peut pas s'arrêter côté russe.
14:47Ça donnerait lieu à un problème que vous venez de souligner,
14:50un problème de politique intérieure.
14:52Les Russes sont trop engagés, ils ont fait trop de sacrifices
14:55pour pouvoir s'arrêter au milieu du guet.
14:58Ils ont besoin d'une victoire importante.
15:00La victoire importante ce sera Kramatorsk et Slaviansk.
15:02Et de l'autre côté, les Ukrainiens, ils ont besoin de tenir à Kramatorsk et Slaviansk
15:06parce qu'on voit que Zelensky est entré dans une course contre la montre.
15:10Il y a l'adhésion à l'Union Européenne,
15:12il y a la nécessité d'obtenir de plus en plus de subsides
15:15et il y a la nécessité de pouvoir se maintenir au pouvoir.
15:19Et il ne peut se maintenir au pouvoir que si la guerre se poursuit.
15:23Donc les deux ne veulent pas de la paix
15:25et Donald Trump en réalité ne peut rien y faire.
15:28Les Ukrainiens ont refusé l'accord proposé par les Russes validé,
15:32enfin les conditions d'un accord, d'un possible accord
15:34proposé par les Russes validé par les Américains en Corrèche.
15:37Donc on voit que tout est complètement bloqué.
15:40Et aujourd'hui Donald Trump en réalité il compte les points.
15:43Il compte les points, il doit encore laisser parler les armes visiblement.
15:47Dans la nuit du 6 juillet, l'Ukraine a touché une raffinerie à Homs,
15:51donc à 2300 km de sa frontière.
15:53Vous évoquiez évidemment les capacités ukrainiennes de plus en plus importantes.
15:57en missiles et en drones bien sûr.
15:59Selon le Financial Times avant-hier, le 5 juillet,
16:02l'Ukraine a réussi 16 frappes sur des raffineries au mois de mai,
16:06peut-être plus au mois de juin, les chiffres ne sont pas encore définitifs.
16:0920 à 40% de la capacité de raffinage russe aurait été mise hors service.
16:13Le Financial Times évoque des sources ukrainiennes,
16:18ce qui amène à relativiser l'affirmation.
16:19Mais l'affirmation du Financial Times est celle-ci.
16:21Les services de renseignement américains auraient aidé les Ukrainiens à, je cite encore,
16:25effectuer une cartographie détaillée des défenses aériennes russes
16:28à planifier des itinéraires pour les drones ukrainiens.
16:31Alors, vous évoquiez justement ce match nul pour l'instant,
16:35le besoin de Victor de part et d'autre.
16:36Mais je vous repose la question, au vu de cette information du Financial Times,
16:40de potentiellement une implication des services américains,
16:43peut-on faire confiance à la neutralité américaine ?
16:46Alors, vous l'avez souligné, il faut faire attention aux informations qui sortent,
16:50notamment dans la presse américaine, qui est quand même en grande majorité
16:53plutôt défavorable à Donald Trump et favorable au Parti démocrate.
16:59C'est pareil pour les chiffres du renseignement britannique sur le nombre de morts russes, etc.
17:04Tout ça est à prendre avec des pincettes.
17:05Ce que je peux vous dire, parce que j'en reviens,
17:06c'est qu'il y a effectivement des problèmes d'approvisionnement en Russie.
17:11Moi, je l'ai constaté, parce que j'ai une voiture diesel,
17:13donc revenant de province à 400 km de Moscou,
17:17sur 10 stations-service, j'ai constaté qu'effectivement,
17:19seuls deux étaient approvisionnés en diesel.
17:22Ceci étant, par exemple, si j'avais une voiture à l'essence,
17:25il n'y aurait eu absolument aucun problème pour trouver de l'essence.
17:28Donc, il y a des problèmes d'approvisionnement, évidemment.
17:32Savoir, connaître le nombre exact de raffineries touchées,
17:35sachant qu'il y a des centaines de raffineries et de points de stockage,
17:37des milliers de points de stockage d'essence en Russie,
17:40c'est tout à fait impossible.
17:41Ce qu'on constate, c'est que les Russes honorent toujours
17:43leurs commandes de brutes en direction de la Chine et de l'Inde,
17:47et que les raffineries, elles sont disséminées sur le plus grand pays du monde.
17:52Donc, les frappes ukrainiennes, elles sont réelles.
17:54Elles créent des troubles, des problèmes d'approvisionnement,
17:57mais elles sont surtout spectaculaires,
17:58et elles servent un objectif de communication,
18:00qu'aujourd'hui, on le voit bien avec la perspective des élections législatives,
18:05je crois, le 18 septembre prochain,
18:08est fait clairement pour essayer de déstabiliser Vladimir Poutine.
18:11Et là, on reprend un peu la...
18:13Je dirais, c'est une technique des néoconservateurs
18:15ou des démocrates et des européens,
18:18c'est-à-dire de penser qu'une campagne de communication
18:23basée sur un certain nombre de mensonges,
18:25je ne dis pas qu'il ment sur tout,
18:27je viens de dire qu'il y a des perturbations en Russie,
18:30et que la Russie connaît des difficultés économiques
18:32et des difficultés en approvisionnement d'essence,
18:33mais la manière dont c'est présenté en Europe,
18:37dans les médias occidentaux,
18:38on voit bien que c'est fait avec une loupe
18:40qui, en réalité, déforme la vision réelle,
18:42l'état réel des choses,
18:44et qui est fait pour déstabiliser de l'extérieur
18:46Vladimir Poutine à la veille d'élections
18:49qui pourraient d'ailleurs, je dirais,
18:54favoriser des formations politiques
18:55qui sont plus radicales que celles de Vladimir Poutine.
18:58En novembre prochain, les élections législatives en Russie ?
19:00En septembre, je crois.
19:02En septembre, à l'automne, au début de l'automne, pardon.
19:04Alors, inversement, la situation est difficile.
19:07En Russie, on en vient à se demander,
19:09c'est ce que vous disiez,
19:10en fin de compte que la Russie n'avait pas tant de temps que ça,
19:13mais corrigez-moi si je me trompe.
19:14En Ukraine, inversement, la situation est aussi dramatique.
19:18Tout le monde se presse, d'une certaine manière.
19:20Il est assez difficile quand même de savoir
19:21ce qui se passe exactement en Ukraine.
19:24Il y a une omerta, pour en revenir au titre de votre média.
19:28Je vous propose d'écouter une vidéo postée dimanche
19:31par une opposante à Volodymyr Zelensky,
19:33qui s'appelle Yulia Mendel.
19:35Figurez-vous qu'elle était porte-parole
19:37du président ukrainien de 2019 à 2021.
19:40Aujourd'hui, elle s'oppose à lui.
19:41Et je dois dire, quel risque sa vie ?
19:46Certains osent aujourd'hui me qualifier de pro-Russe,
19:48simplement parce que je refuse de soutenir
19:51le populisme primaire qui permet à Zelensky
19:53de prolonger la guerre, d'en tirer profit
19:55et de s'accrocher au pouvoir.
19:56Soyons donc parfaitement clairs,
19:58quiconque lance cette accusation agit à l'encontre de mon pays.
20:01Tous ceux qui adhèrent à la mise en scène irrationnelle
20:04de Zelensky, qui sont prêts à combattre la Russie
20:06en versant le sang ukrainien tout en ignorant
20:08les souffrances de la population, agissent contre l'Ukraine.
20:11En soutenant sans vergogne la politique de Zelensky,
20:14vous défendez le statu quo actuel,
20:16ce qui implique une Ukraine réduite à une nation
20:19qui saigne en permanence,
20:20où la population tente simplement de survivre
20:22sous les bombardements russes incessants
20:24et le régime de plus en plus autoritaire de Kiev,
20:27des violations massives des droits humains,
20:29avec des hommes traqués dans la rue,
20:31enrôlés de force, battus, torturés
20:33et parfois tués dans les centres de recrutement,
20:35une corruption endémique.
20:37Presque tous les proches collaborateurs,
20:39amis ou aux responsables gravitants
20:41autour de Zelensky ont été accusés
20:43de blanchiment d'argent ou d'autres malversations.
20:45Tandis que des entreprises dirigées
20:47par son premier cercle perçoivent
20:48des milliards provenant de l'argent
20:50des contribuables occidentaux,
20:51Poutine a déclenché cette guerre,
20:53mais Zelensky a su en tirer un profit considérable.
21:03Charles Danjou, vous disiez qu'il y a une forme de lassitude
21:06ou un empressement en Russie.
21:07Vous pensez que la Russie peut tenir vraiment
21:10plus longtemps que l'Ukraine,
21:11si l'on en croit d'ailleurs la description de Yulia Mendel ?
21:13Je crois que la société russe, la population russe,
21:18même si elle est fatiguée hélas de la guerre,
21:21a conscience que le meilleur moyen pour retrouver une vie normale
21:27sans perdre la face et sans que le pays s'effondre,
21:31la Russie est un pays compliqué, multi-ethnique, multi-confessionnel,
21:34un pays immense, c'est de gagner cette guerre.
21:38Et pour gagner cette guerre, il faut atteindre des objectifs significatifs
21:42et il faut tordre le bras du président ukrainien,
21:45peut-être par l'intermédiaire de Donald Trump,
21:47mais le forcer, je dirais, à accepter des conditions
21:51qui permettent de sortir de cette guerre.
21:53Donc ça, les Russes en ont tout à fait conscience.
21:55Et du côté ukrainien, d'ailleurs, ce qu'on voit,
21:58c'est qu'il y a effectivement les pro-russes d'un côté,
22:02bon, la plupart de son côté maintenant ont été intégrés
22:05à la Fédération Russie, mais enfin, il reste des Ukrainiens pro-russes.
22:08Il y a des Ukrainiens aussi qui sont totalement russophobes
22:10et totalement pro-européens et qui, je dirais,
22:13constituent le fer de lance aujourd'hui de l'armée ukrainienne
22:16et des idéologues qui sont derrière Zelensky.
22:19Et puis, entre les deux, il y a effectivement des Ukrainiens
22:23qui étaient russophones, mais qui n'étaient pas forcément très russophiles
22:28et qui constituent un peu une sorte de ventre mou
22:31qui, au début de la guerre, était par patriotisme, par réflexe,
22:34c'était plutôt anti-russe et soutenait Volodymyr Zelensky,
22:38mais qui, avec la tournure que prend cette guerre,
22:40le comportement de Volodymyr Zelensky, le comportement de son entourage,
22:43les affaires de corruption, le fait que la guerre aujourd'hui dure
22:47et que Zelensky, les Ukrainiens l'ont bien compris,
22:50soit, je dirais, totalement tourné vers la guerre
22:55et refuse systématiquement le principe de négociation
22:58et le principe d'un accord avec la Russie sur des conditions pragmatiques.
23:01Eh bien, ces gens qui constituent un peu ce ventre mou de l'électorat ukrainien,
23:06eh bien, commencent aujourd'hui à, je dirais, se retourner contre Volodymyr Zelensky.
23:10Et c'est le cas de Mme Mendel,
23:13qui, au départ, dont la position a évolué, tout simplement,
23:16parce qu'aujourd'hui, Volodymyr Zelensky a, quelque part,
23:20radicalisé à l'extrême la position ukrainienne
23:24et d'un patriotisme et de volonté de défendre la souveraineté territoriale ukrainienne,
23:30aujourd'hui, est passé dans un combat idéologique.
23:33Les Ukrainiens aussi, beaucoup d'Ukrainiens, ont conscience aujourd'hui
23:35que Volodymyr Zelensky, quelque part, est un peu la marionnette de l'Union Européenne
23:39et que ce qui se joue en Ukraine, c'est plus tellement la défense
23:42des frontières ukrainiennes et de la souveraineté ukrainienne,
23:44c'est autre chose.
23:45L'intégration à l'UE ?
23:46Absolument.
23:47Mais ça, dans ce cas, c'est, d'une certaine manière,
23:50une victoire pour le parti de Volodymyr Zelensky
23:53et pour les partisans de l'Union Européenne.
23:54Oui, simplement, il y a beaucoup de gens, je dirais,
23:58dont j'ai parlé, qui sont un peu dans ce ventre mou,
24:01qui, aujourd'hui, je dirais, comprennent
24:04quel est le prix de la guerre, aujourd'hui, contre la Russie
24:07et qui sont favorables, peut-être, à une solution plus pragmatique,
24:10à un deal, à un accord avec la Russie.
24:12C'est, finalement, ce que proposait Donald Trump.
24:14Et il se heurte au refus de Volodymyr Zelensky,
24:17au refus quasiment de principe de discuter avec les Russes
24:19sur des bases raisonnables.
24:20Il est vraisemblable qu'un certain nombre d'Ukrainien,
24:23aujourd'hui, notamment des régions autour de Kiev ou de l'Ouest,
24:25ne soient pas défavorables à ce que l'Ukraine cède le don de basse
24:30en échange d'une reconstruction de l'Ukraine, etc.,
24:32et d'une intégration européenne.
24:33Volodymyr Zelensky, le problème, c'est qu'il veut à la fois
24:35l'intégration européenne, mais il veut la guerre à mort contre la Russie.
24:38Et il veut aussi, il se fait le relais des idéologues les plus durs,
24:43notamment européens, qui veulent, derrière cette guerre,
24:46en fait, l'effondrement, la chute de Vladimir Poutine
24:50et l'effondrement de la Russie pour parcelliser, régionaliser
24:54le territoire russe.
24:55Bien sûr. Une guerre par procuration, évidemment.
24:58Pour en revenir, en fait, à l'action de Vladimir Poutine,
25:01il y a une semaine, on évoquait très souvent,
25:03on l'a évoqué ici dans Choc du Monde,
25:05le fait que les nationalistes russes poussaient à l'escalade.
25:09Là, depuis une semaine, nous voyons que Poutine,
25:11d'une certaine manière, a répondu aux attaques ukrainiennes
25:14ou à l'escalade ukrainienne.
25:15Il bombarde très lourdement Kiev et le complexe militaire
25:19industriel ukrainien.
25:21Il prend à minima une ville dans le Donbass.
25:25Vous pensez que cela peut satisfaire les nationalistes russes ?
25:29Que cela est suffisant ?
25:30Oui, qu'ils ne cesseront de réclamer une escalade ?
25:33Disons que la position de Vladimir Poutine,
25:35les Russes qui sont raisonnables la comprennent.
25:37C'est-à-dire que Vladimir Poutine ne peut pas laisser la Russie s'isoler,
25:42ne peut pas isoler la Russie.
25:43Il est donc, c'est bien évidemment au-delà des BRICS.
25:47Il y a des partenariats très forts qui ont été noués par la Russie
25:50ces dernières années, pendant cette guerre,
25:52avec la Chine, avec l'Inde, avec d'autres pays,
25:54l'Arabie Saoudite et bien d'autres.
25:57Mais Vladimir Poutine doit garder cette porte,
26:00cette main tendue, en réalité, que lui a offert Donald Trump.
26:03Il ne peut pas isoler davantage son pays.
26:06Il ne peut pas pousser Donald Trump
26:09à prendre des trains de sanctions supplémentaires contre la Russie.
26:12Les sanctions économiques font mal à la Russie.
26:14La Russie les gère tant bien que mal,
26:16mais elles ont un impact sur l'économie russe,
26:18sur le moral des Russes aussi.
26:20Donc, Vladimir Poutine doit garder ce lien particulier
26:25noué avec Donald Trump.
26:27Donald Trump est la porte d'accès à l'Occident
26:31pour la Russie, et c'est tout à fait fondamental.
26:34Alors, il y a des formations politiques
26:37qui prônent, je dirais, y compris jusqu'à l'emploi
26:40de l'arme nucléaire tactique sur certains secteurs du front ukrainien.
26:45Mais tout ça, en réalité, est, je dirais, déraisonnable.
26:48C'est peut-être séduisant pour certains Russes
26:50qui, je dirais, ont du mal à tenir la pression psychologique
26:55engendrée par cette guerre.
26:57Mais la plupart des Russes, je dirais, raisonnables,
27:00ceux qui ont des familles qui se lèvent le matin,
27:01qui vont travailler, etc., comprennent bien
27:03que l'option prise par Vladimir Poutine,
27:09en réalité, je dirais, permet d'assurer des victoires
27:13sur le terrain et permet en même temps
27:15de maintenir ouverte la voie politique,
27:19la sortie par la diplomatie.
27:20Ce qu'il faut noter aussi, c'est que,
27:22contrairement aux Ukrainiens,
27:23les Russes communiquent peu et souvent communiquent mal.
27:25C'est-à-dire que le prisme, aujourd'hui, en Occident,
27:28c'est cette opération de communication
27:31pour expliquer que l'armée russe est en déroute
27:34et que l'armée ukrainienne reprend des positions
27:37sur le terrain, etc., ce qui est totalement faux.
27:39De l'autre côté, on a des Russes qui communiquent peu.
27:41On a effectivement la prise de Konstantinowka,
27:43mais je dirais, ils sont peu présents
27:47sur le terrain médiatique.
27:48Peut-être aussi que les images
27:50ou leurs éléments de communication passent mal.
27:53Alors qu'en réalité, la Russie ne fait qu'avancer,
27:56même si c'est lent,
27:57le rouleau compresseur russe
27:59ou l'avance russe sur le terrain
28:02peut être freinée par les Ukrainiens,
28:03on en a parlé,
28:04mais elle ne peut pas être stoppée.
28:06Pas stoppée totalement,
28:08mais vous avez quand même...
28:09Enfin bon, la parole russe,
28:10qu'on entend peu,
28:11évidemment a été censurée.
28:12C'est peut-être un début de réponse.
28:14J'en viens à votre dernière revue,
28:17parce que malheureusement,
28:18le temps coule,
28:19vous avez titré en une
28:21« Occident dégénéré,
28:22pédophilie,
28:23wokisme,
28:23antifa,
28:24racaille,
28:24progressisme,
28:25jusqu'où iront-ils ? »
28:26C'est pour le moins provocateur.
28:27Charles Danjou,
28:28pourquoi avoir décidé
28:30de provoquer autant
28:31avec votre revue ?
28:32Est-ce parce que votre média,
28:33Omerta,
28:34se prépare d'une certaine manière
28:35pour 2027 ?
28:36Est-ce une manière
28:37de cadrer les choses ?
28:39Alors oui,
28:40effectivement,
28:40c'est une manière
28:41de cadrer les choses.
28:41Surtout,
28:42ce qu'on a voulu,
28:43c'est effectivement
28:45analyser,
28:46expliquer
28:48le phénomène
28:49de dégénérescence
28:50de l'Occident.
28:52Quand on parle de l'Occident,
28:53évidemment,
28:53c'est essentiellement
28:55l'Europe de l'Ouest,
28:55les États-Unis
28:56et le Canada.
28:58Et pour ce faire,
28:59on est parti
29:00peut-être des fléaux principaux
29:02qui touchent aujourd'hui
29:03les sociétés occidentales.
29:05Vous les avez cités.
29:07Mais en considérant
29:08que ce ne sont pas
29:08des phénomènes isolés,
29:10mais qu'on peut les articuler.
29:11Et qu'on peut les articuler,
29:12je dirais,
29:13politiquement,
29:13autour de,
29:14je dirais,
29:16de deux tendances politiques
29:17aujourd'hui très fortes.
29:18L'extrême-gauche,
29:19la gauche radicale,
29:20et de l'autre côté,
29:21ce qu'on appelle
29:22les progressistes,
29:23c'est-à-dire en réalité
29:24le macronisme
29:25et je dirais
29:26tous ces proxys
29:27ou tous ces partenaires.
29:28Ces deux formations,
29:29ces deux tendances politiques,
29:31ce centre progressiste
29:32et l'extrême-gauche,
29:33en réalité,
29:34convergent
29:34sur un certain nombre de points
29:36avec un objectif,
29:37c'est transformer
29:38la société française,
29:39transformer la civilisation française,
29:41la civilisation occidentale.
29:43Et on le voit
29:44avec,
29:45par exemple,
29:46le wokisme,
29:47c'est quelque chose
29:47qui est assumé
29:48à la fois par Emmanuel Macron
29:49et à la fois par
29:50Jean-Luc Mélenchon,
29:51mais aussi avec
29:52une certaine permissivité
29:54du côté des macronistes.
29:55Par exemple,
29:56on observe
29:56qu'au bout de neuf ans,
29:58rien n'a été fait
29:59pour lutter efficacement
30:01et à grande échelle
30:02contre la pédocriminalité,
30:04rien n'a été fait,
30:05on parle des racailles,
30:06une espèce de bande ethnique,
30:08de voyous,
30:11rien n'a été fait contre ça,
30:13on le voit encore,
30:14je le tweetais récemment,
30:16François Hollande
30:16avait été humilié
30:17par Léonarda,
30:18et bien Emmanuel Macron
30:19est humilié par Hamza
30:20la douane
30:20sur le canal Saint-Martin.
30:22Rien n'a été fait.
30:23Il a été interpellé.
30:24Oui, mais il a été relâché
30:25et puis c'est un...
30:27Malheureusement,
30:27c'est un exemple
30:28parmi tant d'autres,
30:28mais aujourd'hui,
30:29effectivement,
30:30l'Occident,
30:31la culture occidentale,
30:32la civilisation occidentale
30:33est menacée
30:35par ces phénomènes
30:36et par cette alliance
30:42des progressistes
30:42et de la gauche radicale
30:44qui d'ailleurs
30:44se retrouvent dans les urnes.
30:45On se soutient quand même
30:46que Gabriel Attal,
30:47Premier ministre,
30:48avait appelé à voter
30:50pour les candidats LFI
30:52aux législatives
30:52au moment de la dissolution
30:54contre des candidats
30:55du Rassemblement national.
30:56C'est dire que
30:57sur un certain nombre
30:58d'objectifs,
31:00notamment sociétaux,
31:01ces deux tendances
31:02ont quasiment strictement
31:04la même idéologie.
31:05Et vous êtes en train
31:05de nous dire
31:06qu'il y a d'une certaine manière
31:07un cordon sanitaire idéologique
31:09qui va se remettre en place
31:10et c'est pour ça
31:11que j'évoquais 2027.
31:12Va-t-il menacer de nouveau
31:14au moins la métapolitique française ?
31:16C'est tout à fait possible.
31:19Ceci étant,
31:20puisqu'on parle
31:20de cette dégénérescence occidentale,
31:22il faut quand même souligner
31:22qu'elle, malheureusement...
31:24C'est très polémique,
31:24il y a bien sûr,
31:25des dégénérescences,
31:25d'autres ont utilisé
31:26l'épithète avec un peu moins...
31:27Malheureusement,
31:28elle touche toutes les origines ethniques,
31:30toutes les communautés,
31:31toutes les religions
31:31et tous les partis politiques.
31:33Il y a aussi des dégénérés
31:34dans le...
31:35Il y a aussi de la dégénérescence
31:36dans le camp national.
31:38On le voit régulièrement.
31:40Donc, c'est une tendance
31:41de fond...
31:41Vous n'épargnez personne,
31:42vous voulez...
31:42Oui, oui,
31:43c'est une tendance de fond,
31:44malheureusement,
31:45contre laquelle il faut lutter
31:47parce que sinon,
31:49on risque de se retrouver
31:50comme la Belgique,
31:51comme l'Angleterre,
31:52des pays ultra communautarisés,
31:54je dirais,
31:55ou comme le Canada,
31:57une terre de wokisme intégral.
31:58Donald Trump avait...
32:00C'est dure l'accusation
32:01que vous portez.
32:01Vous dites,
32:02si je vous ai bien compris,
32:03qu'il y a des wokistes
32:04au sein du camp national.
32:06Pas des wokistes,
32:07mais quand on parle,
32:08je dirais,
32:08d'un certain nombre
32:13de thématiques sociétales,
32:14on voit qu'il y a
32:18certaines têtes
32:19du camp national,
32:20effectivement,
32:20sont assez progressistes.
32:23Alors, des noms,
32:24vous pensez à qui ?
32:24Je ne vais pas donner de noms
32:26parce qu'il y aura
32:27une suite à ce magazine.
32:30On va développer le thème.
32:31Mais ce que je veux dire,
32:33c'est que Donald Trump
32:34l'avait compris
32:35il y a déjà quelques années.
32:37Il a basé sa campagne électorale
32:39sur ce thème
32:41de l'Occident dégénéré.
32:43Il était en campagne
32:44aux Etats-Unis,
32:44évidemment,
32:45mais il a été élu
32:47justement pour lutter
32:48contre cet Occident dégénéré,
32:51contre tous ces fléaux
32:52qu'on a analysés
32:53et décryptés dans ce magazine.
32:55Et ce qu'on observe,
32:56et je le regrette,
32:56c'est que du côté
32:58du camp national en France,
33:00ces thématiques sociétales,
33:01elles font peur.
33:02On a peur de s'opposer
33:03au wokisme.
33:03On a peur de dénoncer
33:05la pédocriminalité de réseau,
33:07la pédocriminalité des élites,
33:08le laxisme total et intégral
33:11sur un certain nombre de sujets.
33:13Effectivement,
33:14il y a encore beaucoup à faire
33:15et on est très, très loin
33:18du dynamisme
33:20du mouvement Maga,
33:21par exemple,
33:21aux Etats-Unis,
33:22qui a pris tous ces problèmes
33:23à bras-le-corps.
33:24Eh bien,
33:24il y a beaucoup à faire,
33:25dites-vous,
33:26il y aura une suite
33:27à ce numéro
33:28sur l'Occident dégénéré,
33:29peut-être avec davantage de noms.
33:30Qui sait ?
33:31Merci beaucoup,
33:32Charles Danjou,
33:33d'avoir répondu présent
33:34à l'appel de Choc du Monde.
33:36Je rappelle donc
33:36que vous êtes le fondateur
33:37du média Omerta,
33:39dont voici le dernier numéro,
33:41la dernière revue
33:41Occident dégénéré.
33:43Merci à tous
33:44d'avoir suivi cet épisode
33:45de Choc du Monde.
33:46Surtout, bien sûr,
33:47n'oubliez pas
33:47de le partager
33:48et de le commenter
33:49et de vous abonner
33:50à TV Liberté.
33:51Merci à tous
33:52et bonne soirée.
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