00:00Bonjour Cyril Gallet, bonjour et bienvenue.
00:03Bonjour à vous tous sur le plateau et bonjour aux auditeurs d'Europe.
00:06Oui, merci d'être avec nous ce dimanche, délégué permanent, unité valencienne agglomération,
00:12c'est-à-dire que cette commune de Denain, qui compte environ 20 000 habitants, vous la connaissez.
00:19Alors couvre-feu à Denain, couvre-feu à Liévin, couvre-feu à Calais, couvre-feu à Houdin,
00:24voici un petit peu dans votre grande région, dans les Hauts-de-France, les communes qui sont concernées, Cyril Gallet,
00:32mais plus précisément à Denain, parce que c'est la ville que vous connaissez le mieux,
00:37ce couvre-feu s'imposait, Cyril Gallet, vu ce que vous avez vécu, notamment je crois, le soir de la
00:43victoire du PSG en Ligue des Champions,
00:45c'était l'apocalypse, je crois.
00:48Alors oui, tout à fait, il y a eu beaucoup de débordements lors de ce match du PSG,
00:53mais c'est surtout suite au France-Norvège du vendredi 26 que la décision a été prise de mettre en
01:01place ce couvre-feu à partir de 22 heures.
01:03En effet, il y a eu six gardes à vue, dont quatre mineurs de 15 ans et deux majeurs de
01:0930 ans.
01:09Il y a eu des comparutions immédiates qui ont été demandées pour des faits de dégradation de biens publics en
01:14réunion
01:15et des violences sur des agents fonctionnaires de police par des jets de cailloux.
01:20À un moment donné, ce n'est plus acceptable, ça met en danger mes collègues.
01:25Là, une mesure alternative, on va dire, qui permet à mes collègues en amont de pouvoir procéder à des contrôles
01:31et en tout cas écarter ces mineurs isolés comme M. Fenech l'a expliqué tout à l'heure
01:35concernant le couvre-feu de 22 heures et l'organisation.
01:38Je pense que c'était une solution qui permet de donner une alternative supplémentaire de moyens à mes collègues sur
01:46le terrain.
01:46Bon, ce sont des jeunes de 11 ou 12 ans, parfois, qui, avant la mise en place de ce couvre
01:52-feu,
01:52notamment lors du 26 juin dernier face à la Norvège,
01:55ce sont des jeunes de 11 ou 12 ans, parfois, qui ont, j'ai lu, pris des poteaux et ont
02:01cassé des vitrines avec.
02:02On en était là.
02:03Tout à fait, tout à fait. C'est ça qui est dramatique.
02:06On se rend compte que les dégradations et puis les auteurs de ces faits sont de plus en plus jeunes.
02:12Et puis, mes collègues, il faut bien qu'ils puissent intervenir de manière optimale
02:16afin de mettre ces jeunes désorientés et esselés à l'écart de la foule
02:24et éviter cet effet de meute, puisque un va casser une vitrine, l'autre va rigoler,
02:30le troisième va donner un coup de main et après, tout le monde s'y met.
02:33Et c'est ces débordements-là qu'il faut cadrer.
02:35Et je pense que le couvre-feu, c'est tout simplement du bon sens
02:39que les parents devraient avoir avec leurs propres enfants.
02:42On ne devrait pas en arriver là.
02:44Je pense que des parents qui laissent leurs enfants après 22 heures esselés
02:48lorsqu'il y a des matchs de foot, où on sait qu'ils risquent d'avoir des débordements,
02:52ou en tout cas, des gens qui font la fête, peut-être légèrement alcoolisés,
02:56moi, en tant que papa, ça m'alerte.
02:58– Bien sûr.
02:59– Et Cyril Gallet, délégué permanent unité police pour Valenciennes agglomérations,
03:05est-ce que ces jeunes de 11 ou 12 ans, parce que voilà, je le répète,
03:08parce que peut-être que je ne l'ai pas dit assez clairement,
03:11mais 11 ou 12 ans, des jeunes, dans la rue, à Denain,
03:15petite commune, de prime à bord, sans histoire, de 20 000 habitants.
03:19On est à Denain, on n'est pas à Clichy-sous-Bois, à Romainville,
03:24ou bien à Sergi-Pontoise, on est à Denain, près de Valenciennes,
03:28des jeunes de 11 ou 12 ans.
03:31Cyril Gallet, est-ce qu'ils s'attaquent à vous, ces jeunes de 11 ou 12 ans,
03:34ou bon, à 11 ou 12 ans, on commence d'abord par les vitrines,
03:37et puis on verra pour les flics après ?
03:39Pardon, je m'excuse, mais je le dis un petit peu à dessein.
03:42– Oui, c'est un petit peu l'idée générale,
03:45en tout cas, c'est par les vrais, en parlant ainsi,
03:48puisque mes collègues sont confrontés à ces jeunes
03:49qui sont désorientés, qui sont seuls,
03:52donc forcément, j'ai envie de dire que font les parents,
03:55que font les parents, mais bon, là, il y a eu des violences
03:57sur AFP, vulgairement, donc sur des agents forces de police,
04:02avec des jets de cailloux, ça devient un jeu.
04:05Moi, mes collègues ne jouent pas, en fait,
04:07ils se les prennent, les cailloux.
04:09Et derrière des uniformes, il y a des êtres humains
04:11qui ont des familles, il y a des citoyens
04:13qui sont comme, en sortant de leur boulot,
04:15sont des citoyens comme tout le monde,
04:17avec une vie de famille, et on ne peut plus faire courir
04:19des risques comme ça à nos collègues.
04:20– Et puis le risque aussi, Cyril Gallet,
04:23le risque pour vous, c'est que,
04:25admettons, alors, je ne vais pas avoir l'indiscrétion,
04:28vous demandez où vous êtes localisé,
04:29pour votre sécurité, je ne vous poserai pas la question,
04:32mais il y a des collègues qui,
04:34bon, ne sont plus en sécurité,
04:36même lorsqu'ils ne sont plus en service,
04:39parce que, reconnus, lorsqu'ils vont faire leurs courses,
04:42lorsqu'ils vont sortir leurs chiens,
04:44enfin, ça, c'est une réalité également
04:45de ce que vous vivez, Cyril Gallet.
04:47– Mais c'est tout à fait ça,
04:49le problème, c'est que ces jeunes,
04:51comme je dis, désorientés et isolés,
04:54n'ont rien à perdre,
04:55sauf que moi, mes collègues, ont une vie à côté.
04:58Et en effet, parfois, certains collègues
05:00vivent à proximité,
05:02ou en tout cas même sur la même commune
05:04dans laquelle ils travaillent,
05:06et ça peut poser des problèmes dans la vie personnelle,
05:08et parfois, ils sont reconnus,
05:09et puis, les familles subissent.
05:11Les familles subissent,
05:12les époux, les épouses,
05:14les conjoints, les conjointes,
05:16les enfants,
05:17des fois, ont une pression aussi,
05:19dès qu'on est à l'école,
05:22forcément, quand on sait que le papa ou la maman
05:24est policière ou policier,
05:26ça pose problème, parfois.
05:28Nos enfants subissent également
05:29cette petite pression,
05:31et puis, ce n'est pas évident,
05:33je sais que j'ai certains collègues
05:34à l'école,
05:36préfèrent dire à leurs enfants,
05:37tu te dis que papa est fonctionnaire,
05:38ou maman est fonctionnaire.
05:39Bien sûr.
05:40Et on ne précise pas foncièrement de police.
05:42Vous vous rendez compte ?
05:44Moi, quand j'étais petit,
05:45Cyril Gallet,
05:47quand un camarade de classe me disait
05:49que son papa était policier,
05:51j'étais admiratif, effectivement.
05:53Aujourd'hui, 30 ans plus tard,
05:55parce que c'était il y a 30 ans pour moi,
05:5730 ans plus tard, aujourd'hui,
05:59le gamin, il ne dit plus
06:01que son papa est policier.
06:03Et voilà, la France de 2026,
06:05Cyril Gallet.
06:06Tout à fait, c'est générationnel.
06:08Alors, je ne sais pas quel âge vous savez,
06:09mais moi, j'étais également
06:12entre guillemets dans la peur du gendarme,
06:13dans la peur du policier,
06:14mais surtout dans le respect,
06:16en fait, des autorités,
06:17et puis des adultes.
06:18Et là, en fait, j'ai l'impression
06:19que tout ça, c'est parti à volo.
06:22Et ce qui m'inquiète le plus,
06:23c'est par exemple,
06:24même pour nos copains qui sont pompiers,
06:26ou les policiers municipaux,
06:27qui interviennent pour rendre service.
06:29Pour rendre service,
06:30ils se font payer assez aussi.
06:31Et ils sont parfois, Cyril Gallet,
06:33ils sont parfois les pompiers
06:34victimes de guet-tapants.
06:36On déclenche des feux.
06:37Bon, alors, on s'est un petit peu éloignés
06:38de notre sujet principal,
06:40parce qu'on parlait du couvre-feu,
06:42Cyril Gallet.
06:43Là, le couvre-feu, chez vous,
06:45à Denain, a été mis en place,
06:46donc, le 26 juin dernier,
06:47c'est-à-dire, il y a un peu plus
06:49d'une semaine.
06:50Entre-temps, il y a eu,
06:52donc, le 16e de finale,
06:54contre, donc, eh bien,
06:56avec le match de l'équipe de France,
06:58contre la Suède,
06:58trois buts à zéro.
06:59Est-ce que ça s'est mieux passé,
07:01parce que vous étiez sous couvre-feu
07:02contre la Suède ?
07:03Tout à fait.
07:04Est-ce qu'on a vu la différence ?
07:05On a vu la différence ou pas ?
07:07A Denain.
07:07Oui, tout à fait,
07:08parce qu'on voit, par exemple,
07:10que, comment dirais-je,
07:11les interpellations qui ont été faites,
07:13et puis les infractions qui ont été relevées,
07:16il y a eu trois AFD
07:18pour la détention de stupéfiants,
07:21il y a eu une interpellation
07:22pour la détention de protoxyde d'azote,
07:25il y a eu deux interpellations
07:26pour usage et détention de mortiers,
07:28mais pas de dégradation.
07:30Voilà.
07:30Mais il y a eu plus d'effectifs,
07:32il y a eu un couvre-feu,
07:33les collègues ont été confrontés
07:34à moins de choses à gérer.
07:37Donc le couvre-feu, Cyril Gallet,
07:39vous dites très clairement
07:39que ça vous a aidé.
07:42Tout à fait.
07:42Voilà, pour le match contre la Suède.
07:44Donc, il y a fort à parier
07:45pour que ce soir,
07:46contre le Paraguay,
07:47ce soit plus simple à gérer,
07:49également,
07:50comme contre la Suède.
07:51Je vous remercie infiniment,
07:52Cyril Gallet,
07:53délégué permattant,
07:55unité police dans la région de Valenciennes,
07:57qui comprend cette petite ville de Denain,
08:00théâtre d'exaction.
08:02Je le répète,
08:03on est à Denain,
08:04on est à Denain
08:04et on casse des vitrines
08:06avec des enfants de 11 ou 12 ans parfois.
08:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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