00:00Sur l'affaire Liana, le drame qu'a provoqué cette disparition atroce,
00:06et on n'en connaît encore pas tous les contours, bien évidemment, puisque l'enquête est en cours.
00:12Mais la crainte des Français, c'est qu'on puisse établir des responsabilités individuelles
00:19sans prendre conscience que le problème est systémique, maître.
00:22Le problème est systémique.
00:24Ça fait maintenant 13 ans qu'on a découvert le fameux mur des cons,
00:29c'est-à-dire cette catégorie de magistrats qui vont épingler sur leur mur les parents des enfants victimes.
00:37Lorsque la mère de la petite Rosa va réclamer justice, va se demander les raisons pour lesquelles son procès n
00:44'avance pas,
00:4513 ans plus tard, on a la même réaction, c'est-à-dire arrêtez de nous emmerder, allez voir ailleurs.
00:51Donc on a encore des magistrats aujourd'hui, ou des enquêteurs, qui sont totalement indifférents
00:56à la réponse judiciaire ou la réponse policière qu'il faut avoir.
01:00C'est terriblement, terriblement inquiétant.
01:03Sébastien Ligné.
01:04Ce rapport, il est accablant, même si l'apparition complète n'aura lieu que demain.
01:09Les premières esquisses qui arrivent dans la presse sont accablantes pour toute l'institution judiciaire.
01:14Surtout, ce qui est très important, c'est que ce rapport tord le bras à cette idée,
01:18notamment mise en avant par le gouvernement depuis l'affaire Liana,
01:21que c'est avant tout une question de moyens.
01:23Et en fait, ce rapport dit le contraire.
01:25Ce rapport dit que, dans le cas de la petite Rosa,
01:27donc sa mère avait porté plainte, comme on l'a expliqué,
01:29neuf mois avant le meurtre de Liana contre Jérôme Barrella,
01:34ce rapport explique que, en fait, dans la juridiction hoche,
01:37c'est absolument pas un manque de moyens,
01:38mais plutôt une série de défaillances individuelles
01:41qui a causé le retard du traitement de la plainte de la petite Rosa
01:46dans une juridiction qui n'était pas débordée en plus.
01:49Donc, ce n'est même pas une question de manque de moyens ou trop de dossiers.
01:52Vous me permettez juste une chose, Sébastien,
01:54c'est que, pardonnez-moi, Emmanuel Macron,
01:56la première déclaration qu'il fait,
01:57c'est qu'on ne parle pas de moyens.
02:00Enfin, pardon, depuis dix semaines,
02:02tous les ministres qui succèdent,
02:03même une partie de la gauche et du socialiste,
02:05nous disent qu'il faut quand même surtout mettre le plus de budget dans la justice.
02:07Non, ça va beaucoup plus loin que ça.
02:09Vous me permettez une chose, Eliott ?
02:11Pardon, on parle de magistrats,
02:12on parle d'enquêteurs de la police judiciaire
02:15qui n'ont pas fait leur travail.
02:17Maintenant, la question, c'est pourquoi ?
02:18Est-ce que c'est une question de formation,
02:19est-ce que c'est une question d'idéologie ?
02:21C'est ça, les grands sujets qu'il faut mettre sur la table.
02:23Éric Revelle.
02:23J'appuie le point de Sébastien Ligné
02:25parce que vous parliez à l'instant
02:30de défaillance systémique.
02:33Mais moi, je ne voudrais pas
02:34qu'au nom de la défaillance systémique
02:36du réseau judiciaire
02:38ou au sens large,
02:39on en oublie précisément
02:41les responsabilités individuelles.
02:43Mais vous pouvez marcher sur les deux jambes, pardonnez-moi.
02:45Oui, mais là, à l'instant, on se posait la question.
02:47On disait, mais ça fait longtemps qu'on connaît le dysfonctionnement
02:50systémique.
02:51Alors, pour des raisons, peut-être pas de moyens,
02:53effectivement, à Hoche,
02:54mais oui, globalement.
02:55Mais moi, je ne voudrais pas quand même
02:56qu'au nom du systémique,
02:59on en oublie des responsabilités individuelles.
03:02Et on verra quelle sera, d'ailleurs,
03:04la position du CSM
03:06sur ce genre de sujet.
03:07Mais au-delà du système judiciaire,
03:09et c'est tellement bien mis en avance
03:12dans le JDD,
03:13et vraiment, je vous invite à lire
03:14les colonnes du JDD aujourd'hui.
03:17Au-delà du système judiciaire,
03:19les Français, écrivent-ils,
03:21n'ont plus confiance dans un État
03:23qui multiplie les défaillances
03:24dans ses missions premières.
03:25Et c'est notamment protéger
03:28les citoyens.
03:29Guilhem Carayon et Claire Géronimie
03:30ont décidé d'attaquer l'État
03:32pour une action sécuritaire.
03:34L'avocat et fondateur de la Ligue des Libertés
03:37et la fondatrice d'Éclats de Femmes
03:38attaque l'État en justice.
03:40Et notre démarche,
03:42explique-t-il,
03:43Guilhem Carayon,
03:44vise à créer un précédent juridique,
03:47faire reconnaître
03:47une faute de l'État
03:49dans l'exécution,
03:50par exemple, des OQTF,
03:51parce que Claire Géronimie,
03:52c'est une jeune femme
03:53qui a été violée
03:54par un individu
03:54qui était sous le coup
03:55d'une OQTF.
03:57Mais aussi une faute d'organisation
03:58dans le suivi
03:59des profils dangereux.
04:01Si ces mesures
04:02avaient été mises en œuvre,
04:03Claire n'aurait jamais croisé
04:04son agresseur.
04:06Maître.
04:06Oui, la condamnation
04:08de l'État français
04:09par les tribunaux
04:10est récurrente.
04:11On obtient rapidement
04:12et régulièrement
04:13la condamnation de l'État.
04:14Mais, au fond,
04:16qui est-ce qui paye ?
04:17C'est nous.
04:18C'est nous qui payons derrière.
04:19Donc la question,
04:20elle est quand même
04:21celle de savoir
04:22quelle est la responsabilité
04:23de ces magistrats.
04:24Aujourd'hui,
04:25un certain nombre
04:26de magistrats
04:27commencent à élever
04:28des protestations
04:29en disant
04:30qu'il faut
04:30que ces magistrats
04:31aient à répondre
04:34personnellement
04:34de la responsabilité
04:36qu'ils prennent
04:36ou qu'ils refusent
04:37de prendre,
04:38comme dans le dossier
04:39Doche,
04:39pour engager des prosuites
04:41ou au contraire
04:42mettre en sécurité
04:43un individu
04:44dont on pouvait se douter
04:46quand même
04:46depuis des années
04:47qu'il était dangereux.
04:48C'est important
04:49ce que rappelle,
04:50parce que le problème
04:51il est aussi un peu,
04:52c'est un problème
04:52de moyens humains.
04:53Non pas dans ce drame-là,
04:55mais dans les faillites
04:56judiciaires et sécuritaires.
04:58Guilhem Carayon dit
04:59la France compte
05:00un peu plus
05:01de 9000 magistrats,
05:02à peine plus
05:03que sous Napoléon,
05:04alors que nous sommes
05:0540 millions d'habitants
05:06de plus.
05:07Trois procureurs
05:08pour 100 000 habitants,
05:09c'est quatre fois moins
05:10qu'en Europe.
05:11Le manque de moyens
05:12humains et matériels
05:13dans les tribunaux
05:14est criant.
05:15Ça aussi,
05:16il faut le rappeler
05:17Maître Jansanier.
05:18Tout à fait.
05:20Si vous souhaitez réagir
05:21sur les questions
05:22de sécurité,
05:23sur les questions
05:24de justice,
05:25est-ce que vous considérez
05:26que l'État
05:27a une responsabilité ?
05:29N'hésitez pas
05:29à nous appeler
05:30au 01-80-20-39-21.
05:33Réagissez en direct,
05:34c'est très important.
05:35Vous êtes la boussole
05:36de cette émission,
05:37donc on a besoin aussi
05:38d'avoir votre regard.
05:40Sébastien Ligny.
05:40Non mais évidemment
05:41qu'il y a un problème
05:41de moyens.
05:42Quand sur 1000 euros
05:43d'impôts,
05:43vous en avez moins de 10
05:44qui partent au ministère
05:45de la Justice
05:46contre plus de 90
05:47pour l'éducation nationale
05:48ou plus de 500
05:49pour les prestations sociales,
05:51500 euros
05:51sur 1000 euros
05:52d'impôts,
05:53évidemment qu'il y a
05:53une question de moyens,
05:54évidemment que quand vous
05:55parlez à des magistrats
05:56ou des avocats,
05:56ils vous expliquent
05:57que le système informatique
05:58date des années 90,
06:00qu'on est quasiment
06:00au 36-15 Minitel,
06:03évidemment qu'il manque
06:03des magistrats.
06:04Mais je pense sincèrement
06:05que même si on recrutait
06:07des magistrats
06:08par milliers
06:09dans le même cycle
06:10et le même écosystème
06:11qu'aujourd'hui,
06:12on arriverait
06:13au même problème.
06:14C'est-à-dire que
06:14la formation des magistrats
06:15dans ce pays
06:16est un drame.
06:17Elle a été phagocytée
06:19par la gauche
06:19et par le syndicat
06:20de la magistrature.
06:21Aujourd'hui,
06:21l'école nationale
06:21de la magistrature
06:22est une école
06:24à juges gauchistes
06:26voire d'extrême-gauche
06:27qui considère
06:28qu'il faut aller
06:29vers les peines alternatives,
06:30que la prison doit être
06:31évitée par tous les moyens
06:33et que la prison
06:33doit être un endroit
06:34de réinsertion.
06:35Tant qu'on ne casse pas
06:36ce système de formation,
06:38on n'arrivera pas
06:39et je pense que vous pouvez
06:40avoir 1000 magistrats
06:41supplémentaires.
06:41Si sur ces 1000,
06:42vous en avez près de la moitié
06:44qui adhèrent au syndicat
06:45de la magistrature
06:45ou même un tiers,
06:47vous aurez les mêmes
06:47problèmes in fine.
06:48Mais d'ailleurs,
06:50quand vous aviez des juges
06:51qui étaient fermes,
06:54trop fermes,
06:55vous aviez par exemple
06:56un système médiatique
06:57qui prenait la main
06:59sur le dossier.
07:01J'en veux pour preuve,
07:02par exemple,
07:02l'enquête de libération.
07:04Tiens,
07:04je ne sais pas si
07:05la libération
07:06pourrait être attaquée
07:07comme l'a été
07:08Rick Tigner.
07:09Arrosent sur le juge
07:10Tony Scurtis,
07:11le marteau de la justice.
07:14Et c'est Gilles-William-Golnadel
07:15qui rappelle cette histoire
07:16tout en relayant
07:17l'article de libération.
07:20Tony Scurtis a été écarté
07:21de la chambre
07:21des comparations immédiates
07:22parce que des avocats
07:24et des juges
07:25d'extrême-gauche,
07:26dit-il,
07:27le trouvaient trop sévère.
07:29C'est intéressant
07:30de voir ça.
07:30Maintenant,
07:31quand vous avez un juge
07:32trop sévère,
07:32il faut le mettre à l'ombre.
07:33Il faut l'écarter.
07:35Ce n'est pas toute la justice,
07:36encore une fois.
07:37Ce ne sont pas tous les juges.
07:38Mais c'est un climat.
07:40C'est un problème
07:40qui est beaucoup plus profond,
07:41qui est même sociétal.
07:42C'est qu'est-ce qu'on fait
07:43pour protéger nos enfants ?
07:46L'association Innocence en danger ?
07:48Oui.
07:49La décision qui vient d'être rendue
07:51par le tribunal correctionnel
07:53de Bobigny
07:54donne la mesure
07:55de ce que peuvent penser
07:57certains magistrats.
07:59Il faut rappeler aux auditeurs
08:02ce que c'est cette affaire de Bobigny.
08:04On a une décision
08:05qui est rédigée
08:06plusieurs mois après l'audience.
08:08Il semblerait que l'audience
08:09qui concerne un enfant,
08:11victime,
08:12n'ait pas apporté
08:15suffisamment d'éléments
08:16pour convaincre
08:17la juridiction correctionnelle
08:18du tribunal de Bobigny
08:19et pour permettre
08:21la condamnation
08:22de celui qui est désigné
08:24comme étant l'agresseur
08:25de cet enfant.
08:26La mère de cet enfant
08:28dit que l'audience
08:29s'est bien passée
08:30et qu'à l'issue de l'audience,
08:31le magistrat a fait savoir
08:32qu'il ne remettait pas en doute
08:34la parole de l'enfant
08:35mais qu'il considérait
08:36n'avoir pas suffisamment
08:37d'éléments
08:37pour entrer en voie de condamnation.
08:39Quelques mois se passent,
08:41le jugement arrive,
08:42il semblerait qu'il arrive
08:43huit mois plus tard,
08:44et ce jugement
08:45est invraisemblable.
08:47Il décrit la mère
08:48avec des propos
08:49qui n'ont rien à voir
08:50avec le dossier,
08:51il la décrit
08:51comme étant bobos,
08:52bohèmes,
08:53plutôt bohèmes
08:54que bourgeoises,
08:55et puis il y a
08:57quelques plaisanteries
08:58en indiquant notamment
08:59que finalement
09:00cette mère
09:01qui était psychologue
09:02a très certainement
09:03victimisé son enfant
09:05et on va jusqu'à
09:07faire des blagues
09:08qui commencent
09:09par la fameuse phrase
09:10« non,
09:10NAN »
09:11et le magistrat
09:12se moque ouvertement
09:13du dossier.
09:15Manifestement,
09:16ce jugement
09:16n'était pas destiné
09:17à être publié,
09:18cela devait être
09:19un brouillon,
09:20mais si c'était un brouillon
09:21qui était destiné
09:22aux collègues
09:23de ce magistrat,
09:24cela signifie
09:24qu'ils étaient plusieurs
09:26à rire des victimes.
09:28Cela signifie
09:29qu'il y avait entre eux
09:30une sorte de terrain de jeu
09:31dont étaient victimes
09:32les victimes
09:34qui arrivaient devant
09:34le tribunal,
09:35et ce qui nous conforte
09:36nous,
09:36Association de défense
09:39des enfants,
09:40a considéré
09:41que de plus en plus
09:42la parole des enfants
09:43se ferme
09:45à la porte
09:46du tribunal
09:47et qu'il n'y a
09:48qu'une apparence,
09:49une apparence
09:50de protection
09:51qui ne parvient pas
09:53à convaincre
09:53les magistrats
09:54de la gravité
09:55de la chose.
09:56Vous savez,
09:56dans l'affaire
09:57de la petite Liana,
09:59il y a quelque chose
10:00qui devrait tous
10:00nous marquer.
10:01Maintenant qu'on en sait
10:02un peu plus
10:02sur les circonstances
10:03de la mort,
10:04c'est imaginer
10:06le regard
10:06qu'a eu cet enfant,
10:08cet enfant
10:08de à peine
10:1010 ans en plus,
10:12qui voyait
10:13que la mort
10:13était au bout.
10:14Est-ce que
10:15nous pouvons imaginer
10:16le regard
10:17de cette petite fille
10:18au moment
10:19où elle sait
10:21qu'elle ne sortira
10:22pas vivante
10:22de cette épreuve ?
10:23Si on a ce regard,
10:25alors on ne peut pas.
10:26On ne peut pas rigoler,
10:28on ne peut pas
10:29s'amuser,
10:30on ne peut pas
10:30plaisanter
10:31comme l'a fait
10:31le tribunal correctionnel
10:33de Bobigny.
10:34Ces affaires
10:34sont quand même
10:35trop graves
10:36pour qu'on puisse avoir
10:37autant d'humour
10:38au détriment
10:39des victimes.
10:40à ce moment-là.
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