Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Merci aux auditeurs de nous suivre chaque week-end, de faire d'Eliott de Valais-Vous cette émission qui est
00:05votre émission, un rendez-vous,
00:07et de prendre votre téléphone, nous appeler au 01 80 20 39 21, de témoigner en direct et de réagir
00:16à nos thèmes d'actualité.
00:17On va parler de la canicule, de ces mesures contradictoires, de ce gouvernement qui cette semaine nous expliquait qu'il
00:22était plutôt satisfait des mesures qui étaient prises,
00:24alors que vous avez des soignants qui alertent, comme pendant la crise sanitaire, en nous disant que les hôpitaux sont
00:30saturés, il y a des patients dans les couloirs,
00:33il fait excessivement chaud, à tel point que vous avez Sébastien Lecornu qui a débloqué un budget pour qu'il
00:40y ait 30 000 climatiseurs dans les hôpitaux en France.
00:44On s'est dit, mais pourquoi avoir attendu autant de temps pour mettre en place une mesure évidente, c'est
00:51-à-dire de climatiser les établissements où vous recevez,
00:55des personnes fragiles, notamment dans les hôpitaux ou encore les EHPAD ?
00:59Qu'a-t-on fait de nos milliards ? C'est la question qu'on pourrait se poser.
01:02Tony Pitaro est avec nous.
01:03Bonjour Eliott.
01:04Tony Pitaro est un journaliste qui propose une autre forme de journalisme, puisque ce n'est pas dans les médias
01:10dits traditionnels que vous opérez.
01:12C'est ça.
01:13Pour reprendre la métaphore de l'hôpital, mais vous, c'est chirurgical, sur les réseaux sociaux ?
01:19Oui, directement sur les réseaux sociaux, du concret, on est avec les invités, et on montre ce qui se passe
01:24réellement.
01:24Réellement, dans les villes de France, sans aucun filtre.
01:28Et c'est pour ça que, parfois, c'est des séquences qui peuvent déranger.
01:32Aude Legrand est avec nous, vous êtes caviste, maître caviste, vice-présidente du syndicat des cavistes professionnels.
01:40Aude, bonjour.
01:40Bonjour Eliott.
01:41Et vous êtes un problème.
01:43Manifestement.
01:44Vous êtes un problème pour les autorités.
01:46Oui, c'est comme ça qu'on a été définis, a priori.
01:48Mais expliquez-nous ce qui s'est passé hier.
01:50C'est-à-dire qu'on vous a interdit de vendre de l'alcool à partir d'une certaine heure.
01:55Oui, à partir de 18h, hier et ce soir, jusqu'à 7h du matin, nous avons l'interdiction de vendre
02:02tout ce qui peut contenir de l'alcool.
02:04Pour un caviste, c'est problématique.
02:07Ça fait beaucoup moins de références à vendre, oui.
02:08Et c'est dans tout Paris, dans toute l'Île-de-France, c'est sur tout l'ensemble du territoire
02:12?
02:13C'est sur Paris.
02:14Il y a combien de cavistes à Paris aujourd'hui ?
02:17C'est difficile à dire, mais on est quand même nombreux, oui.
02:20Ok, et une soirée, un vendredi soir ou un samedi, c'est important pour le chiffre d'affaires du caviste
02:28?
02:28Alors, sur Paris et sur l'Île-de-France, l'heure de pointe, c'est après 17h, jusqu'à la
02:32fermeture.
02:33Alors, les gens achètent leurs bouteilles de vin en rentrant du travail, en général, entre le travail et la maison.
02:39Le vin pèse lourd, c'est ce qu'on achète en dernier, en fait.
02:42Donc oui, pour les chiffres d'affaires, ça peut poser un préjudice réel et sérieux.
02:47Et vous allez recevoir, du fait de ce préjudice, une compensation financière ? Qu'est-ce qui se passe pour
02:53vous ?
02:53Rien n'est prévu pour le moment, mais il faudrait surtout qu'on interdise d'interdire, en fait,
02:59et qu'on arrête d'infantiliser la population, surtout.
03:02Parce que je ne suis pas sûre que c'est en interdisant de vendre du vin entre 18h et 7h
03:07du matin
03:07qu'on règle les vrais problèmes.
03:11Liés à la canicule, évidemment, des surcharges dans les systèmes de santé.
03:15C'est incroyable, d'ailleurs. C'est la première fois que ça vous arrive d'être...
03:18Non, on s'aperçoit que depuis quelques années, le vin, la filière viticole, est assez vite fustigée.
03:24C'est le responsable un peu facile, en fait.
03:27Et comment vous avez appris cette mesure ?
03:30Alors, ça fait du bruit, donc on se transmet par le syndicat, essentiellement,
03:34qui a relayé l'information, puisque quand un préfet met un arrêté,
03:40parfois certaines préfectures communiquent sur les réseaux sociaux,
03:43parfois sur leur site internet, mais c'est un petit peu au gré de chacune des préfectures, en fait.
03:47Au gré de chacune des préfectures, ça se passe ?
03:49Oui, il n'y a pas de canal de communication officiel.
03:52Oui, parce que ce qui est d'ailleurs incohérent, pour ne pas dire absurde,
03:55cette interédiction à Paris n'opère pas à Boulogne-Biancourt.
04:01Non.
04:03N'opère pas à Montreuil, donc en région parisienne.
04:06Mais c'est pire que ça, c'est qu'au début, sur le premier arrêté,
04:09c'était que les magasins spécialisés, que les cavistes.
04:12Donc vous pouviez aller dans n'importe quelle super-être, n'importe quelle épicerie,
04:15n'importe quel commerce de bouche, n'importe quel commerce qui vend du vin ou n'importe quel autre alcool,
04:20vous pouviez aller acheter...
04:21Ce qui est vraiment ridicule, entre parenthèses,
04:25parce que quelqu'un qui veut vraiment être en état d'ébriété sur la voie publique,
04:29il ne va pas chez le caviste généralement, mais...
04:32Et puis le caviste vend avec responsabilité.
04:36S'il y a un commerce qui est responsable et conscient aussi,
04:40il ne faut pas nier les problématiques qui peuvent être liées à la consommation d'alcool.
04:44Je l'ai dit, pour le manque de chiffre d'affaires, vous avez tout à fait raison,
04:47parce que sans vouloir raconter ma vie, j'allais voir le match hier chez les amis,
04:55je voulais ramener une bouteille de vin après le boulot pour la politesse,
05:00que je n'ai pas fait du coup.
05:02Donc je pense qu'il y a eu un manque à gagner, effectivement,
05:05et je suis d'accord sur l'infantilisation,
05:07il ferait mieux de mettre des ventilateurs
05:09et surtout de réparer les hôpitaux, les écoles vétustes.
05:13Je ne sais pas si vous avez des enfants,
05:14mais quand on est parent, on comprend très très vite
05:16qu'interdire pour éviter la bêtise, ça ne fonctionne pas.
05:21Donc je pense qu'il y a plein d'autres choses à faire,
05:26comme encourager les commerces de proximité qui tiennent un vrai discours.
05:29Et on vit une situation quand même très intéressante,
05:32c'est-à-dire qu'on interdit, on retarde et puis on contraint.
05:39C'est-à-dire qu'on va faire peser la responsabilité d'une surcharge
05:43d'un système de santé aux Français,
05:45en disant si il y a ça, soyez responsable,
05:48parce que franchement, il faut soutenir les soignants quand même un petit peu.
05:54Donc en fait là, c'est l'inversion des responsabilités.
05:57L'État n'a pas été fichu ces 20 dernières années
06:00de mettre en place des dispositifs de santé suffisants
06:05pour affronter des vagues sanitaires,
06:09que ce soit la canicule, la grippe, le Covid,
06:12mais fait peser la responsabilité indirectement sur les Français.
06:17Vous imaginez ce renversement de la charge de la preuve ?
06:19Bien sûr, mais je pense que d'ailleurs,
06:20l'État nounou va de pair avec la tiérmondisation de l'État.
06:24En fait, comme l'État n'arrive plus à assurer ses missions,
06:27il a tendance à accroître le contrôle social sur les citoyens
06:30et généralement sur les honnêtes citoyens.
06:32C'est plus facile que sur ceux qui font les oeuvres au canal Saint-Martin,
06:37par exemple, ou qui cassent tout pendant les matchs de foot.
06:41Donc moi, c'est quelque chose qui me met en colère
06:45parce que c'est à la fois liberticide
06:48et pendant qu'on fait ça, on ne règle pas les vrais problèmes.
06:51C'est parce que du coup, l'État se dit
06:53le problème est réglé, on a agi.
06:55Alors en réalité, ils n'ont pas agi.
06:57Pour agir, il faut encore une fois
06:59mettre de la clim dans les hôpitaux,
07:01s'occuper des écoles, s'occuper des trains.
07:04On a des services publics qui ne sont pas à la hauteur
07:06compte tenu du taux de prélèvement obligatoire.
07:08Record dans notre paix.
07:09Et qu'est-ce qui est prévu pour le manque de gagné ?
07:12Est-ce qu'il y a une compensation ?
07:14J'ai posé la question.
07:15Il n'y a rien de prévu.
07:20Et on pourrait en parler,
07:21mais je pense qu'on ne refusera pas toute compensation
07:25parce qu'on a vraiment perdu un chiffre d'affaires.
07:26Mais ce n'est pas l'objet du ne perdons pas de temps
07:30à parler d'une éventuelle compensation.
07:33Retravaillons en amont, ce serait réinverser le système.
07:36J'ai accouché en pleine canicule 2003,
07:3823 ans plus tard, qu'est-ce qui a changé ?
07:40Rien du tout.
07:41On nous parle de réchauffement climatique tous les jours.
07:44La canicule, on en parle depuis trois semaines.
07:47Vous avez accouché en 2003 ?
07:48J'ai accouché en août 2003.
07:51Il n'y avait déjà pas de climatiseur,
07:54il y avait déjà du manque de personnel dans les hôpitaux.
07:56Qu'est-ce qu'on a fait depuis août 2003 ?
07:58À part continuer d'étioler le système.
08:01Et les commerces de proximité ?
08:03Alors j'ai un commerce climatisé
08:04parce que si je ne climatise pas mon commerce,
08:06je perds de la matière.
08:08Hier, on a ramassé trois personnes âgées
08:10de l'arrêt de bus qui sont venus se réfugier chez nous,
08:13le temps d'attendre les pompiers,
08:1545 minutes pour appeler les pompiers
08:17sans obtenir personne au téléphone.
08:19Donc on s'aperçoit que ce réseau de commerce de proximité,
08:23il joue son rôle social au quotidien,
08:26sans faire de bruit.
08:27Et il faut entretenir ça.
08:29Il y a de moins en moins de commerce.
08:30Mais les gens, quand ils tombent dans la rue
08:32et que les pompiers sont surbookés,
08:34qu'est-ce qui se passe ?
08:34Il y a quand même, socialement,
08:36les gens restent humains,
08:36contrairement à ce qu'on veut nous faire croire.
08:38Est-ce que vraiment le problème,
08:39c'est le canal de Saint-Martin,
08:41des jeunes qui vont plonger dans de l'eau
08:43parce qu'ils ont trop chaud ?
08:44De quoi on parle ?
08:45Je parle des assimilités tout autour.
08:47Mais bien sûr, mais parce que...
08:48Ils ne piquent pas qu'une tête.
08:50C'est-à-dire qu'ils interpellent,
08:52ils interpellent, pour ne pas dire agresse,
08:53les pauvres passants qui n'avaient rien demandé.
08:55On a vu des séquences...
08:56Évidemment, mais...
08:57Ils ne respectent pas, pour certains,
08:59les mesures de sécurité qui sont évidentes.
09:00Et donc, il y a des drames, après, qui se produisent.
09:02Mais vous avez raison, le tissu social,
09:04en tuant tous les petits commerces...
09:05Mais ce n'est pas ce que vous avez dit sur...
09:06Mais en remplaçant, par exemple,
09:07par la grande distribution,
09:09on accroît, effectivement, la sécurité.
09:11Écoutez, il est 11h15.
09:13Je vais remercier Aude Legrand,
09:15caviste indépendante,
09:17maître caviste et vice-présidente
09:19du syndicat des cavistes professionnels.
09:21Votre boutique, c'est Cave Yves Legrand.
09:24C'est à Issy-les-Moulineaux.
09:25Donc, vous avez eu la chance d'être ouverte hier.
09:28Moi, je pouvais ouvrir.
09:29Eh bien, écoutez,
09:30et c'est en qualité de vice-présidente
09:32des syndicats des cavistes professionnels aussi
09:33que vous apportez ce coup de gueule.
09:35Parce qu'à Paris,
09:36les cavistes ont dû fermer boutique plus tôt.
09:39Voilà, il y a eu d'autres arrêtés
09:40dans d'autres préfectures aussi.
09:41Et dans d'autres préfectures, bien sûr.
09:4211h15, 2003-2026,
09:46qu'a-t-on fait pour éviter
09:47que les hôpitaux soient débordés,
09:50que les plans blancs soient déclenchés ?
09:52C'est la question qu'on se pose sur Europe 1
09:55et qu'on vous pose au 01-80-20-39-21.
09:58N'hésitez pas à réagir en direct.
10:00Au revoir.
Commentaires

Recommandations

Europe 1
il y a 4 mois