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Cette vidéo fait partie du Corner Football
  • il y a 20 heures
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Transcription
00:00Charles Huillier, il faut...
00:01Midi 32 sur Europe, merci d'être avec nous, de nous rejoindre pour cette dernière demi-heure d'émission.
00:06Une dernière demi-heure, plus en légèreté, avec de légendes, si c'en est, qui viennent de nous rejoindre.
00:11Non, c'est pas léger du tout, d'inviter Robert Pires.
00:13Non, non, non, non, c'est du lourd.
00:15C'est très du lourd.
00:16C'est très, très lourd.
00:17Même s'il est très léger, évidemment.
00:20Pour 50 ans, bonjour Robert Pires.
00:23Accompagné de Jacques Vandroux, bien sûr.
00:24Accompagné de Jacques Vandroux, on est des tempêtes, nous ?
00:27Je ne me permets pas.
00:28Je ne vais pas vous présenter Jacques.
00:29Est-ce qu'il est extraordinaire ?
00:31Une belle trompette.
00:33Bon, France-Paragouais, ce soir, 23h, huitième de finale de Coupe du Monde,
00:38et effectivement, il est champion du Monde 98.
00:42Il est champion d'Europe 2000.
00:44Il a été meilleur joueur de la Coupe des Confédérations 2001.
00:49Vous jouiez milieu défensif en 2001.
00:51Voilà, Coupe des Confédérations, pas votre poste de prédilection,
00:55et pourtant, meilleur joueur, je me rappelle d'un but, contre le Brésil.
00:59Je vous ai dit, il a bien révisé.
01:01Non, mais attendez, mais je n'ai pas besoin de réviser, moi.
01:03Je connais mon Robert Pires.
01:05Ça veut dire que nous, on a besoin de réviser.
01:07Non, non, mais il nous met des tampons.
01:09Pas vous, Jacques Vandroux, mais les autres, oui.
01:11Lui, il nous met des tampons, là.
01:13Non, non, mais reprise de volet extraordinaire face au Brésil.
01:17Mais je me rappelle du but, Robert.
01:18Ah, bah, non, mais ça fait plaisir.
01:19Attendez, c'est l'un de vos coéquipiers qui, je pense que c'est Marcel Dessailly,
01:24qui vous, sur un corner, met en retrait de la tête pour vous.
01:28Vous êtes à l'entrée de la surface de réparation,
01:30et vous, d'une reprise de volet extraordinaire.
01:32Et champion du groupe.
01:34Si, si, je m'en souviens, mais il y a très peu qui s'en souviennent.
01:37Parce que c'est que la, entre guillemets, que la Coupe des Confédérations,
01:40donc c'est pour ça.
01:40Eh oui, non, mais moi, je me rappelle très bien que vous étiez milieu défensif,
01:43et que ce n'était pas votre poste de prédilection.
01:45Pas du tout, même.
01:45Et que, et je ne sais pas d'ailleurs si vous avez aimé l'expérience en tant que milieu défensif.
01:50J'ai beaucoup aimé.
01:50D'accord.
01:51J'ai beaucoup aimé, sauf qu'à ce moment-là, j'ai pris la poste d'un pote.
01:54Donc, c'est pour ça que c'est parfois compliqué.
01:56C'était qui le copain ?
01:57Je crois que c'était Olivier Descours.
02:00Effectivement.
02:01Qui était prédit à jouer à ce poste-là et que Pat te vient.
02:04Effectivement.
02:05Bon, alors je reviens au thème qui nous intéresse,
02:07parce que, bon, France-Paraguay, c'est ce soir, 23h.
02:11Et évidemment, Robert Pires.
02:13Et ça aussi, je m'en rappelle.
02:14France-Paraguay, sous un soleil de plomb, en juin 98, au stade Bollard.
02:20Thierry-Henri se blesse, à la 65e minute de jeu.
02:23Je crois que c'était même une entorse.
02:25Une entorse à la jambe droite.
02:27Exactement.
02:27Et vous, vous rentrez, Robert Pires, vous avez 22 ans.
02:30Vous êtes joueur au FC Metz.
02:32Vous vous apprêtez à partir à l'OM.
02:34Et vous rentrez dans ce match, sur le côté droit.
02:37Et c'est vrai que vous rentrez, alors que le match est quand même pas mal engagé.
02:43Mais que l'équipe de France, depuis une heure de jeu, se heurte à un mur paraguayen.
02:48Jacques Vendroux, c'est également votre souvenir, parce que vous étiez au stade Bollard.
02:52C'est tout à fait ça.
02:53Rien à ajouter.
02:55Robert Pires, vous entrez.
02:56Et c'est vrai que c'est un match dont vous vous rappelez.
03:00Est-ce que c'est un bon ou un mauvais souvenir pour vous ?
03:02Parce que l'issue est favorable.
03:04Mais pour y arriver, ça a été compliqué.
03:06Pour y arriver, ça a été très compliqué.
03:08Ce que je veux dire, c'est que ce que l'on a vécu et ressenti en 98, c'est
03:12ce qui va se passer ce soir.
03:14Parce que ça va être le même style de match, parce que c'est la même équipe, parce que c
03:18'est la même agressivité qui va nous tomber dessus.
03:23C'est ce qu'on appelle un mur sur lequel il va falloir travailler, il va falloir le fissurer, il
03:29va falloir travailler cette défense paraguayenne, qui déjà à nous, à l'époque, nous avait vraiment mis en difficulté.
03:36Leur objectif, peut-être un peu comme ce soir, ça va être le même.
03:38C'est le même style de jeu, c'est d'aller au tir au but.
03:42Et non pas Rosé-Louis Chilaverte.
03:44Non, mais ils ont un très bon gardien, qui s'appelle le Ril.
03:47Donc attention, parce que c'est une équipe qui a beaucoup, comme on dit en Espagne, beaucoup de grinta.
03:52Donc c'est un peu leur mode de fonctionnement.
03:56Et puis, ce qu'il faut savoir, c'est qu'après la Cali face à l'Allemagne, leur sélectionneur a
04:01quand même dit des mots importants.
04:02C'est-à-dire qu'il avait en face de lui, pas des joueurs, mais des guerriers.
04:08Donc ça veut tout dire, quand on emploie ce terme-là, ça veut dire que ce soir, ça va être,
04:12bon, c'est peut-être pas le mot à employer, mais...
04:14Ça va être la guerre.
04:14Ça va être la guerre, parce que ça va être difficile.
04:16Donc, 98, bien évidemment, c'est un très bon souvenir pour nous, parce que l'issue, elle est favorable, parce
04:21que c'était un but en or.
04:22Et puis parce que c'est à ce moment-là, c'est Laurent Blanc qui nous permet d'aller en
04:27quart de finale.
04:27Lorsque je vous écoute, Robert Pires, c'est très intéressant, parce qu'en fait, en 27 ans,
04:32l'ADN de cette équipe paraguayenne n'a pas changé.
04:35Pas du tout.
04:37Pas du tout, mais après, c'est comme ça.
04:38Il faut faire en fonction de vos adversaires, de leur mode de fonctionnement.
04:43Je pense que l'équipe fait aussi en fonction de ses moyens, sans être péjoratif.
04:46Non, non, mais c'est pas question d'être péjoratif.
04:48Mais chacun a ses joueurs, chacun a ses armes, chacun, vous l'avez dit, a son ADN.
04:53Le paraguay en 98, c'était comme ça.
04:55Aujourd'hui, c'est la même chose.
04:57Peut-être même qu'à la différence, je ne serais pas surpris que le sélectionneur passe à 5 défenseurs.
05:02Vraiment pour dire, voilà.
05:04Pour bétonner.
05:05On bétonne, on vous attend.
05:06Si on a 3-4 opportunités, attention, parce qu'on est capable de le faire.
05:09Et on l'a fait, justement, face aux Allemands.
05:12Bon, même si les Allemands, ce n'est pas la force de frappe que l'on peut avoir,
05:15que ce soit offensivement, mais aussi défensivement.
05:18Donc, voilà, toujours cette notion, et je connais Didier, d'avoir cette notion de respect,
05:25de discipline, de travail, mais surtout, ce qui va être hyper important ce soir,
05:29c'est un peu ce que l'on a vécu, nous, en 90, c'est d'être vraiment patient
05:32et de ne pas tomber dans le piège de la provocation.
05:34Alors voilà, parce que le risque, et c'est vrai qu'en 98, vous n'êtes pas tombé dans ce
05:41piège,
05:42mais le risque, c'est d'avoir, et là je m'adresse aussi à Jacques Vendroux,
05:45d'avoir ce soir des joueurs qui vont faire en sorte de nous énerver,
05:50je parle des joueurs français, et de faire en sorte que nous ne finissions pas la rencontre à 11 contre
05:5411.
05:55Ça fait aussi partie du jeu.
05:58Mais ça fait partie du jeu, et c'est ce qui risque d'arriver.
06:03Je ne serais même pas surpris de voir un joueur au marquage individuel sur Michael Olysee.
06:10Ça, c'est aussi possible. Pourquoi pas ?
06:12Parce qu'aujourd'hui, je vais vous dire très honnêtement,
06:14si je suis sélectionneur du Paraguay, alors bien sûr, il faut neutraliser Mpapé,
06:19il faut neutraliser Ousmane Dembélé,
06:22mais vraiment, le chef d'orchestre, c'est Michael Olysee.
06:27Donc moi, si je suis sélectionneur, je sacrifie un joueur,
06:30et je lui dis, écoute, voilà, tu t'occupes de Michael Olysee.
06:32Bien sûr.
06:33Bien sûr.
06:34Non, mais parce que chacun joue avec ses armes.
06:36Nous, on a une frappe de force qui est exceptionnelle, aujourd'hui.
06:39Cette équipe de France, elle me fait penser à celle de 2000,
06:43dans laquelle j'ai eu vraiment ce privilège.
06:44Qui était sans doute l'une des meilleures équipes de France de l'histoire, Robert.
06:48Oui, donc c'est pour ça.
06:49Après, je ne suis pas là pour comparer,
06:51mais disons que j'ai eu un privilège de jouer en 2000
06:53avec cette génération qui était dorée, qui était forte.
06:55Aujourd'hui, on a la même chose.
06:57Quand je vois ce qu'offensivement, ils font, ce qu'ils nous proposent,
07:01le jeu qu'ils proposent, cette technique, cette vitesse,
07:04cette complicité aussi entre certains joueurs,
07:08ça m'amène à dire que normalement, je dis bien normalement,
07:11on devrait passer.
07:12Mais il y a toujours cette notion de prudence,
07:14parce que le football, parfois, il est bizarre.
07:17Robert Pires, est-ce que...
07:19Toujours respecter son adversaire.
07:21Évidemment, et je pense que vous allez...
07:23Et je m'excuse pour cette question.
07:25En 98, c'est une très jeune équipe de France,
07:28notamment en attaque, qui s'est frottée au Paraguay.
07:31Est-ce que ça vous a aussi porté préjudice ?
07:35Et est-ce que c'est aussi à cause de ça,
07:37malgré les Didier Deschamps, les Laurent Blanc,
07:39les Marcel de Sailly, les Lilian Thuram,
07:40qui étaient des joueurs un peu plus capés,
07:42mais est-ce que c'est aussi à cause de ça
07:44que vous vous êtes aussi longtemps heurté
07:46à cette défense en 98 ?
07:47Oui, peut-être, parce qu'on n'était pas non plus habitués
07:52à jouer au très haut niveau, en ce qui me concerne.
07:55J'étais au FC Metz, c'était une nouvelle expérience pour moi,
07:59c'était ma première Coupe du Monde.
08:01Vous avez fait les JO quand même avant.
08:03Oui, j'avais fait les JO, bien sûr.
08:04Mais disons que là, c'est pas pareil, c'est la Coupe du Monde.
08:08Et en plus, la différence, vous le savez tous,
08:10c'est qu'on était à domicile.
08:11Donc la pression n'est pas la même.
08:13On le dit souvent, nous, les joueurs,
08:14c'est que le maillot de club, ok, il est très bien,
08:18mais le maillot de la sélection, il est différent, il est lourd.
08:21Vous aviez une dizaine de sélections, en fait, à l'époque.
08:23Oui, en plus, j'étais jeune,
08:25et puis bon, quand je suis lancé dans le bain par Aimé Jacquet,
08:30contre qui ?
08:30La Turquie, je crois, c'est ça ?
08:32Ou le Portugal ?
08:33Ah, mon premier match ?
08:33La Turquie.
08:35Oui, c'est ça.
08:35Je veux dire, sur ce match...
08:364-0, bravo.
08:37Il se souvient tout.
08:39Moi, je rigole pas.
08:41Tu vois ça ?
08:42Mais mon premier match, mon premier premier,
08:44c'est au Parc des Princes contre le Mexique.
08:46La Turquie, c'est mon premier but.
08:47Premier but, effectivement.
08:48Exactement.
08:49Mais ce que je veux dire, c'est que, voilà,
08:50c'est le Paraguay,
08:52quand tu rentres dans un match comme ça,
08:54et en plus, tu vois comment tes collègues,
08:57tes partenaires, ils galèrent, c'est dur,
09:00on commence à s'énerver,
09:01il y a de la crispation.
09:03En fait, tu trouves pas la solution.
09:05Et quand Aimé me dit,
09:08voilà, Robert, tu rentres,
09:09tu essaies de provoquer,
09:11fais ce que tu sais faire depuis que t'es à Metz,
09:13bon, bah, j'essaye,
09:14mais c'est pas si évident que ça.
09:15Et Jacques Vendroux a été interviewé,
09:18Laurent Blanc,
09:18qui se souvient très bien de ce match,
09:20et qui parle de la prestation de Robert, justement.
09:22C'est vrai ?
09:23Et Kaviar.
09:24Oui, oui.
09:24Et Laurent Blanc, Laurent Blanc.
09:26Et on va marquer la pause,
09:27et on l'écoutera après, si vous voulez, Jacques.
09:28D'accord, avec plaisir,
09:29c'est vous, c'est vous, c'est vous.
09:31Je veux pas vous couper la parole.
09:32Non, non, mais c'est vous,
09:33vous inquiétez pas,
09:34c'est vous le patron de l'émission.
09:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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