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  • il y a 7 minutes
Charles Luylier revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:00Je reviens à nos moutons quand même parce qu'on pense à tous ceux qui nous écoutent depuis peut-être
00:06les bouchons,
00:06d'ailleurs bison, futé, voie rouge, dans le sens des départs un peu partout en France, en ce début de
00:12vacances scolaires.
00:13Et les Français prévoient de dépenser moins cet été en vacances, ils partiront moins loin,
00:20feront moins d'activités ou des activités un petit peu moins coûteuses.
00:23En moyenne, je le disais en préambule, le budget vacances sera amputé d'environ 300 euros par rapport à l
00:30'an passé
00:31et le prix des carburants n'est pas étranger à ce phénomène, c'est terrible parce qu'on s'aperçoit
00:37qu'aujourd'hui
00:37à peu près 40% des Français ne vont pas partir en vacances, Georges Fenech, Mathieu Hock, cette année.
00:45Alors il y a toujours eu une partie des Français qui ne partaient pas en vacances,
00:49mais là, ce chiffre est encore plus important que d'habitude.
00:53Et évidemment, le prix de l'énergie, le prix de l'électricité, le prix des carburants n'est pas étranger
00:59à ce phénomène, Georges Fenech.
01:00Il y a un réel problème à ce niveau-là.
01:02– Bien sûr, et vous savez, nous n'avons pas été capables de faire ce qu'ont fait par exemple
01:06les Italiens qui ont baissé.
01:07– Les Espagnols aussi.
01:08– Les Espagnols, tout ça pourquoi ? Parce que nos caisses sont vides, on paie toutes les factures comme l
01:13'on dit,
01:13mais je pense que M. Chasserey nous expliquera tout à l'heure ce qu'il en est,
01:16mais c'est vraiment une pénalisation de nos concitoyens les plus fragiles
01:20qui vont être privés, effectivement, d'une partie de leurs congés.
01:24Et ça, c'est tout à fait regrettable.
01:25– Et vous parliez de ces citoyens les plus fragiles, d'ailleurs, je les invite à nous appeler,
01:30parce que vous qui nous écoutez, vous êtes peut-être concernés,
01:33vous partirez peut-être moins loin cet été en vacances.
01:37– Voire pas du tout.
01:37– Voire pas du tout, parce qu'à ce prix des carburants se rajoute le prix du péage,
01:41qui ne va pas en baissant.
01:42Et c'est vrai que c'est un énorme budget, le déplacement, et encore plus que d'habitude.
01:48J'aimerais qu'on accueille Pierre Chasserey, donc, pour son livre « Balance ton plein ».
01:53Bonjour, Pierre Chasserey.
01:56– Bonjour, Charles. Bonjour à Georges.
01:59Et Georges, il me semble que le sélectionneur était le regretté Gérard Houillet,
02:04qui devait être présent. C'était Gérard Houillet, je pense.
02:07– Bon, d'accord. Merci pour cette précision importante, Pierre Chasserey,
02:12parce que ça nous renvoie à ce que nous disions en début de cette émission.
02:17Alors, je rappelle que vous êtes le porte-parole de l'association 40 millions d'automobilistes.
02:21Vous publiez « Balance ton plein » chez Fayard.
02:24Alors, ce n'est pas que ça, Pierre Chasserey, mais c'est en fait une galerie de portraits
02:29sur ces Français qui, selon vous, à qui on enlève un bout de liberté
02:35à cause du prix des carburants, c'est ça ?
02:39– Alors, cher Charles, c'est plus que ça.
02:41On démarre, j'ai voulu démarrer ce livre, qui est un véritable pamphlet de vérité.
02:46J'ai voulu le démarrer en partant de ce qui fait la force et la puissance de la France,
02:50c'est-à-dire tous les Français qui m'ont contacté, que j'ai contacté,
02:54à qui j'ai pu parler dans le cadre de mes fonctions,
02:56suite à cette augmentation constante de la fiscalité sur les carburants.
03:01Car il faut le savoir, en 2026, on a augmenté la fiscalité sur les carburants,
03:06et pas d'un peu.
03:08On a augmenté ça, notamment à travers les certificats d'économie d'énergie.
03:11Une taxe écolo, ça représente 18 centimes d'euros en plus par litre
03:16par rapport aux années précédentes.
03:18Donc j'ai voulu que chacun puisse s'identifier, se reconnaître dans des histoires,
03:22à travers Monique, à travers Léa, à travers Marion, à travers des infirmières libérales,
03:26à travers un artisan.
03:28Que chacun puisse, dans un premier chapitre, se reconnaître et s'identifier.
03:31Parce que cette France, c'est notre France, c'est la France d'un autre regretté,
03:36celle de celui qui réussissait à faire des scores d'audience extraordinaires
03:41parce qu'il était proche des Français.
03:42Et lui, c'est vraiment le plus grand regretté pour moi de la télévision,
03:46c'est Jean-Pierre Pernault.
03:47Jean-Pierre Pernault avait ce talent de donner la parole aux Français.
03:51Très humblement, j'ai voulu le faire dans le premier chapitre de ce livre,
03:55dans Balance ton plein,
03:56pour ensuite pouvoir détricoter toutes les contre-vérités
04:02que j'entends partout, sur tous les médias.
04:04Quelles sont-elles, ces contre-vérités, Pierre Chasserey ?
04:07Quelles sont-elles ? Un exemple.
04:09La plus importante serait, la France n'a pas les moyens de baisser les taxes.
04:15Ça, c'est la pire des contre-vérités que j'ai entendue.
04:17Alors effectivement, on en a beaucoup parlé avec Georges Fenech d'ailleurs,
04:20effectivement, la dette de la France existe, c'est une réalité.
04:24Et la nier, c'est être un imbécile.
04:27En revanche, ce qu'il faut comprendre,
04:29et ce qui est justifié par tous les économistes,
04:31c'est que lorsque vous augmentez la fiscalité sur les carburants,
04:35vous allez amputer la mobilité des Français.
04:38Lorsqu'ils se déplacent moins, ils consomment moins.
04:41Lorsqu'ils consomment moins, on entraîne la France dans ce qui se passe aujourd'hui.
04:45Un État a un taux zéro de croissance, c'est-à-dire à la limite de la récession.
04:49Je vais vous donner un exemple, Charles.
04:51Prenez par exemple l'augmentation du nombre de petits colis
04:58ces derniers temps depuis l'augmentation des carburants.
05:00On a vu une augmentation ces trois derniers mois
05:03de 20% des petits colis remis en boîte aux lettres.
05:08C'est énorme, 20%.
05:09Pourquoi ? Parce que certains Français ne se sont plus déplacés.
05:13Le coût du déplacement était trop élevé.
05:15Au final, qu'est-ce qui se passe ?
05:16On va moins dans les centres commerciaux.
05:18On se déplace moins.
05:19Et les petits commerçants, Pierre Chasserey,
05:21les petits commerçants trinquent et sont les victimes un petit peu collatérales
05:25de ce phénomène dont vous allez nous parler.
05:28On vous retrouve dans quelques secondes, à peine.
05:31C'est 140 millions d'automobilistes, Pierre Chasserey.
05:33Oui, Pierre Chasserey, balance ton plein sous-titre.
05:36Quel est le prix de la vie d'un Français ?
05:38Alors, Pierre Chasserey, vous nous disiez, il y a quelques minutes,
05:42que ces prix des carburants avaient une conséquence,
05:46notamment sur les centres-villes, les petits commerçants.
05:49Cette désertion des centres-villes, qui ne date pas d'hier,
05:52mais qui est allée de mal en puits depuis quelques années,
05:54Pierre Chasserey, fait-elle partie, finalement, de ces conséquences
06:00concernant le prix des carburants, justement, Pierre Chasserey ?
06:03Bien sûr, tout entrave à la mobilité.
06:06D'ailleurs, quand on se pose et qu'on essaie d'y réfléchir,
06:09taxer la mobilité n'a strictement aucun sens.
06:12Si vous taxez la mobilité, vous taxez le déplacement.
06:15Et là, s'applique ce que j'appelle, de manière un petit peu ironique,
06:18le syndrome d'IKEA.
06:19Vous savez, quand on va chez IKEA, ce qui se passe,
06:21c'est qu'on n'a strictement rien à acheter.
06:23Mais au final, on va sortir.
06:25Une fois qu'on s'est déplacé, on sort toujours avec 3 schmulblucs
06:28et 4 chrischlublucs, un truc comme ça.
06:31Et on a toujours dépensé quelque chose.
06:33Le principe du déplacement, c'est qu'il permet de générer
06:35une activité et une vie économique.
06:37On le voit bien en ce moment, il fait beau.
06:39C'est une bonne nouvelle, d'ailleurs, pour le commerce, le beau temps,
06:41parce que ça permet de consommer.
06:43Lorsque vous avez un frein à la mobilité,
06:46surtout sur la taxe, il y a quand même...
06:48Pardonnez-moi, Charles, mais il n'y avait quand même pas besoin
06:50de sortir de Saint-Cyr pour comprendre
06:52que lorsqu'on enlève, on ampute une part du budget
06:57et du reste à vivre des Français
06:58pour quelque chose d'aussi stupide
07:01que la taxe sur les carburants,
07:03on se doute bien que ça se retrouve dans l'économie.
07:05Et ce qui me gêne encore le plus là-dedans,
07:07c'est que vous savez, on dit toujours
07:08Pierre Chasseret, c'est un anti-véhicule électrique.
07:11Je consacre un chapitre complet de ce livre
07:13à justement défendre ceux qui seront
07:16les électrocutés de demain.
07:18Comment voulez-vous qu'un État
07:20qui est en train de devenir un toxicomane
07:23de la taxe, qui est en train de dire
07:25qu'il ne peut pas se passer de 50 milliards
07:27de taxes de carburant, parce qu'on les a
07:29quasiment doublées ces taxes carburant
07:30depuis 15 ans ? Comment voulez-vous que cet État
07:33du jour au lendemain puisse se passer de fiscalité
07:35sur le véhicule électrique ? On tabassera
07:37à coups de taxes les véhicules électriques
07:39comme on tabasse actuellement
07:40tous les Français qui roulent à l'essence,
07:43au diesel ou autre.
07:44– Alors, vous évoquiez, Pierre Chasseret,
07:47ces recettes liées au carburant,
07:48j'entends les recettes fiscales,
07:50elles ont reculé d'ailleurs sur les 10 premiers jours
07:53du mois de mai, ça c'est important de le dire,
07:56les recettes fiscales liées au carburant
07:58ont reculé d'environ 300 millions d'euros.
08:00Est-ce que c'est un petit peu le résultat
08:03de la démonstration que vous faites
08:05sur ce ruissellement en réalité ?
08:08– C'est exactement cela.
08:10Vous voyez, le calcul de l'État a été extrêmement mauvais,
08:12parce qu'à ne pas vouloir baisser la fiscalité,
08:15on a des Français qui se sont moins déplacés,
08:18tellement moins déplacés que l'État lui-même
08:21n'y trouve plus son compte en termes de fiscalité
08:24parce qu'il y a eu moins de consommation de carburant.
08:26C'est précisément la courbe
08:29d'un économiste excellentissime américain
08:32qui s'appelle Arthur Laffaire.
08:34La courbe de Laffaire démontre bel et bien
08:37ce qui vient de se passer en France.
08:38Et vous voyez, je l'avais anticipé un petit peu dans le livre
08:40parce que j'avais bouclé les pages.
08:42C'était déjà à l'impression,
08:44je n'avais pas encore les chiffres des recettes de l'État
08:47et j'avais déjà anticipé ce phénomène.
08:49Mais pas parce que je ne suis ni brillant,
08:52ni économiste.
08:53Je suis juste quelqu'un qui regarde ma société
08:55avec pragmatisme et qui parle au français.
08:57Et quand on parle au français,
08:59dans ces cas-là, vous le savez comme moi,
09:00vous les avez eus à l'antenne,
09:01tous les auditeurs d'Europe 1.
09:02Et on va...
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