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  • il y a 7 semaines
Partout en Europe, les températures ont atteint des niveaux historiques dès le mois de juin, plaçant les Européens face à la dure réalité du réchauffement climatique. Selon les experts, l'Europe se réchauffe deux fois plus vite que les autres continents. Les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient : canicules, inondations, incendies et tempêtes font de plus en plus de victimes. En 2024, la chaleur a provoqué la mort de soixante-deux mille personnes au sein de l'Union européenne. Le réchauffement climatique a aussi des conséquences économiques pour l'UE, avec des dommages chiffrés à quarante-cinq milliards d'euros par an. Les investissements nécessaires pour s'adapter au réchauffement, évalués à soixante-dix milliards d'euros par an, sont-ils assez importants ? L’Union européenne se donne-t-elle les moyens d'atteindre les objectifs fixés pour atteindre la neutralité carbone en 2050 ? Caroline de Camaret et Alexandre Poussard ouvrent le débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputées Christophe Clergeau, eurodéputé français, groupe socialiste et démocrate et Yvan Verougstraete eurodéputé belge et membre du groupe Renew Europe. Année de Production :

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Transcription
00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:17Bonjour à tous, merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe.
00:21Sur France 24 et les chaînes parlementaires, nous sommes au Conseil européen
00:25pour y retrouver une chef d'État dont le pays entend bien intégrer le club de l'Union européenne.
00:31Nous sommes en effet avec Maya Sandou.
00:33Bonjour Madame Sandou.
00:34Bonjour.
00:35Vous êtes la présidente de Moldavie.
00:37Alors un sommet UE Moldavie s'est tenu le 22 juin à Bruxelles
00:42car votre pays de 2,8 millions d'habitants, voisin de l'Ukraine,
00:45a ouvert son premier bloc de négociation.
00:48Les Européens veulent accompagner dans ce processus d'adhésion long et complexe la Moldavie
00:54parce que vous subissez une guerre hybride, une désinformation intense venant de Russie
01:00qui veut faire chuter le camp pro-européen d'élection en élection.
01:05Vous-même, vous avez été élu une première fois en 2020, réélu en 2024.
01:09Votre parti Action et Solidarité a réussi, lui aussi, à remporter les élections législatives.
01:15C'était en septembre dernier avec 50% des voix contre 24% au bloc électoral patriotique pro-Kremlin.
01:24Alors qu'est-ce qui a fait la différence ?
01:26Pourquoi vos électeurs ont voté plutôt pro-européens ?
01:30En effet, malgré l'ingérence massive du régime du Kremlin dans les élections en Moldavie,
01:36les Moldaves ont su décider par eux-mêmes et ils ont choisi l'UE.
01:42Ils ont choisi l'UE pour leur avenir car l'UE est synonyme de paix.
01:47Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie,
01:51nous percevons plus clairement l'agressivité russe
01:54et comprenons les risques émanant de Moscou.
01:59Nous voulons donc faire partie de l'UE.
02:02Tout d'abord pour préserver la paix, l'UE étant reconnue comme le projet de paix le plus abouti.
02:08L'UE nous permettra également de consolider notre démocratie.
02:12Il est crucial pour nous de rester dans le camp du monde libre.
02:15Enfin, l'UE est connu comme une famille de pays
02:18ayant réussi à élever considérablement le niveau de vie de leur population.
02:23Maya Sandou, comme toutes les semaines,
02:24nous vous proposons tout de suite un résumé de l'actualité.
02:27C'est l'Europe en bref, tout de suite.
02:34L'UE va appliquer un droit de douane de 3 euros
02:36sur les colis de moins de 150 euros entrant sur son sol.
02:40La taxe française de 2 euros de mars dernier est suspendue
02:43car contournée par les plateformes chinoises comme Chine ou Temu.
02:47Elles expédiaient par avion des marchandises dans d'autres pays européens
02:51puis les acheminaient par la route jusqu'en France.
02:53Pionnière en la matière, la France sera liée aux droits européens.
02:57Après Chypre, l'Irlande prend la présidence du conseil de l'UE pour six mois.
03:01Ses priorités, la relance de la compétitivité, l'investissement et l'euro numérique.
03:07Un numérique au top des préoccupations irlandaises
03:09avec la souveraineté européenne dans le cloud et l'IA
03:12et la sécurité en ligne des mineurs.
03:14Autre dossier sensible, le budget pluriannuel de l'UE 2028-2034.
03:20Budget controversé car il bouscule les politiques historiques
03:23comme la politique agricole commune et les fonds de cohésion.
03:27Enfin, l'Irlande affirme un soutien indéfectible à l'Ukraine
03:30et veut accroître la défense européenne.
03:33La Russie pourrait lancer une campagne militaire limitée
03:36contre un pays de l'OTAN à peine un an après la fin de la guerre en Ukraine,
03:40avertit la ministre néerlandaise de la Défense, Dylan Yezilgoz.
03:44Selon son rapport sur la stratégie,
03:46l'Europe se trouve dans une zone grise entre guerre et paix.
03:49Pour contrer ces menaces, les Pays-Bas se sont fixés
03:52de développer leur capacité opérationnelle,
03:54explique la ministre de la Défense.
03:58En tant que politiciens, nous devons garantir la sécurité de nos citoyens
04:02et pas seulement en nous reposant sur des forces extérieures.
04:06La menace russe sera au cœur du sommet de l'OTAN à Ankara les 7 et 8 juillet.
04:10Maya Sandou, votre pays situé entre la Roumanie et l'Ukraine,
04:14souhaite une réintégration progressive de la région séparatiste de Transnistrie,
04:19qui représente 10% du territoire moldave,
04:22avec 1500 soldats russes stationnés.
04:26C'est depuis une scission avec l'État moldave en 1992,
04:31un conflit armé donc,
04:32et les 355 000 habitants de Transnistrie
04:36sont devenus de plus en plus dépendants de Kisina,
04:39votre capitale, depuis la guerre en Ukraine,
04:42parce qu'ils ont perdu en particulier leur accès au gaz russe gratuit.
04:46Est-ce que vous croyez qu'une réunification est possible,
04:48possible notamment avant une adhésion à l'Union européenne ?
04:52Tout d'abord, je précise qu'il n'y a que 200 officiers russes
04:56dans la région de Transnistrie.
04:58Le reste du personnel militaire a été recruté localement.
05:02Certes, cette présence comporte des risques,
05:04mais pas aussi important pour la sécurité qu'on peut le penser.
05:08Je rappelle que la Russie a provoqué la guerre de 1992
05:11et a soutenu un régime séparatiste pendant toutes ces années.
05:18Toutefois, la Russie a abandonné la population de Transnistrie
05:22sans chauffage ni électricité.
05:27Il y a deux hivers de cela.
05:31Cela prouve bien que l'on ne peut pas compter sur la Russie.
05:35De plus en plus de résidents de Transnistrie
05:38traversent depuis la rive gauche du Dniestre
05:39et vont chercher du travail et du soutien social
05:42dans le reste du pays.
05:47Nous pensons effectivement qu'une opportunité de réunification
05:50pourrait bientôt se présenter.
05:52Les habitants de Transnistrie sont presque tous russophones
05:56avec un passeport moldave,
05:58mais il y en a aussi 200 000 qui ont un passeport russe.
06:03Et d'ailleurs, Vladimir Poutine vient de signer en mai
06:06un décret permettant à tous d'obtenir plus facilement
06:09la citoyenneté russe.
06:11Est-ce que c'est pour alimenter des troubles en Transnistrie,
06:14recruter des combattants contre l'Ukraine ?
06:18Faute de moyens financiers pour financer et pérenniser
06:22le soutien à la Transnistrie, comme par le passé,
06:26les Russes ont eu l'idée de proposer d'accéder
06:28au passeport russe selon des modalités simplifiées.
06:35Selon moi, seuls les plus âgés en Transnistrie
06:38seraient éventuellement intéressés par ce genre de passeport.
06:42A l'inverse, les jeunes craignent qu'une fois en possession
06:44d'un passeport russe, ils ne soient envoyés combattre
06:47en Ukraine pour le compte de la Russie.
06:50Vous avez déclaré, madame la présidente de Moldavie,
06:54alors que la langue officielle de votre pays, c'est le roumain,
06:57que vous n'excluyez pas une réunification avec la Roumanie,
07:01qui elle est un membre de l'Union européenne,
07:03pour rentrer plus vite dans l'UE.
07:07Nous voulons que la Moldavie rejoigne l'UE
07:09et nous prenons cet objectif très au sérieux.
07:13Nous travaillons d'arrache-pied.
07:15Nous mettons en œuvre toutes les réformes exigées par l'UE
07:19et nous espérons que les États membres reconnaîtront nos efforts
07:23et que le processus fondé sur le mérite nous mènera à l'adhésion.
07:29Si cela ne devait pas se concrétiser,
07:32nous envisageons bien entendu diverses options alternatives,
07:36mais notre objectif principal reste d'intégrer l'UE.
07:39Les dirigeants européens vous ont reçu ici même, à Bruxelles,
07:43pour un sommet UE-Moldavie,
07:44alors que le 15 juin, vous avez ouvert le premier bloc de négociation
07:49d'adhésion entre l'Union européenne et votre pays,
07:52consacré aux droits fondamentaux,
07:54à la réforme de l'administration publique et aux critères économiques.
07:58La Moldavie reçoit déjà des fonds de préadhésion
08:01pour soutenir son économie fragilisée par la guerre chez son voisin.
08:04Notre reporter Isabelle Romero est allée avec Anaïs Chénel
08:07à votre rencontre en Moldavie.
08:12Méréni, un petit village de 5000 habitants
08:14et pourtant un éclairage public moderne,
08:17un parc photovoltaïque et un système de vidéosurveillance.
08:21Des innovations technologiques réalisées grâce au programme pilote européen Smart Village.
08:27Pour le maire, Alexandru Birka, ce programme a changé la vie de sa commune.
08:35Grâce à la mise en œuvre de ce programme,
08:37ou plus précisément grâce aux économies réalisées,
08:41nous avons pu réinvestir l'argent dans d'autres projets,
08:45notamment éducatifs.
08:48Mais le chantier est immense.
08:50Le produit intérieur brut de la Moldavie
08:52est quatre fois inférieur à la moyenne de celui des 27.
08:55L'économie est fragilisée par la guerre dans l'Ukraine voisine
08:59et l'inflation atteint presque les 7%.
09:01Face à ces difficultés, l'UE soutient la Moldavie
09:05avec 1,9 milliard d'euros de fonds de préadhésion
09:08et la levée de capitaux auprès des investisseurs
09:11avec une promesse de plus de 641 millions d'euros.
09:15Exemple avec Jacob Bossard, PDG de Bossac.
09:18Nous travaillons pour que la Moldavie atteigne le niveau exigé
09:21par la directive européenne sur l'eau potable.
09:23Ainsi, la société belge Bossac,
09:26spécialiste du traitement technologique de l'eau,
09:28prévoit d'investir jusqu'à 51 millions d'euros.
09:31Et Fortinet, leader mondial de la cybersécurité,
09:34aide la Moldavie à se mettre en conformité
09:37avec les normes européennes,
09:39dans ce pays en pleine guerre hybride avec la Russie.
09:42Elle est une sorte de plateforme entre l'Est et l'Ouest.
09:47Aujourd'hui, elle préfigure ce qui risque d'être
09:51des grandes transformations géopolitiques
09:53dans cette partie du monde.
09:54Donc elle est particulièrement attaquée
09:56dans ces infrastructures énergétiques,
09:59de santé, de transport, de télécommunications.
10:02Encore faut-il que les fonds de préadhésion soient bien gérés.
10:05Or, la corruption représente un problème majeur dans le pays.
10:09Le procureur Roman Poroubine
10:11souligne les avancées du parquet anticorruption.
10:14L'Union européenne nous assure avec des moyens,
10:19avec des instruments, avec des consultances,
10:23avec des formations nécessaires.
10:27Nous avons réussi à confisquer des biens
10:31d'environ 49 millions de dollars.
10:36Face aux menaces portées par la Russie et la Transnistrie,
10:40territoire autonome russophone qui a fait sécession en 1991,
10:44la commissaire à l'élargissement, Marta Koss,
10:47souligne combien les opportunités économiques
10:49rencontrent les priorités géopolitiques.
10:54Le régime de Poutine, mais aussi d'autres adversaires,
10:57sont prêts à instrumentaliser ce pays.
10:59C'est-à-dire que si nous n'accueillons pas la Moldavie
11:02comme membre de l'Union européenne,
11:04il pourrait s'immiscer et l'utiliser contre nous.
11:08La Commission finance la stabilité économique Moldave
11:12et des réformes vérifiables.
11:1424 réformes validées et 289 millions d'euros
11:18versés l'an dernier.
11:22Maya Sandou, alors on parlait de la situation économique
11:25de votre pays, qui est évidemment très délicate
11:27depuis la guerre en Ukraine,
11:28parce que ça vous a coupé votre ressource principale
11:32en gaz russe.
11:33Donc vous êtes raccordée au réseau européen
11:35et vous recevez 1,9 milliard de fonds de préadhésion.
11:39Est-ce que vous espérez une embellie économique ?
11:42Il est vrai que l'invasion de l'Ukraine par la Russie
11:46a considérablement affecté l'économie moldave.
11:50Mais malgré ces difficultés,
11:51nous avons réussi à mettre en œuvre des réformes importantes.
11:54Nous avons éliminé totalement notre dépendance au gaz russe.
11:59Nous avons beaucoup investi dans les énergies renouvelables.
12:03Avec la guerre au Moyen-Orient,
12:06ces prévisions ont été revues à la baisse pour cette année,
12:08mais nous espérons un redressement.
12:13Nous compensons cette situation par des réformes,
12:15notamment dans le secteur de la justice et le monde des affaires.
12:19Il y a en effet le plan de croissance de 1,9 milliard d'euros
12:23soutenu par l'Union européenne,
12:24qui nous offre de réelles opportunités.
12:27L'énergie reste l'un des domaines les plus porteurs
12:30pour les investisseurs.
12:34Il en va de même pour les infrastructures,
12:37avec de grands projets dont certains sont cofinancés par l'UE.
12:41Sans oublier le secteur des technologies de l'information,
12:44qui connaît un développement très rapide en Moldavie.
12:49L'agro-industrie et la défense sont autant de secteurs
12:53susceptibles d'intéresser vivement les investisseurs étrangers.
12:58Je suis sûre que la guerre en Ukraine prendra fin prochainement,
13:02et que la Moldavie jouera un rôle de centre névralgique,
13:06aidant les entreprises étrangères à participer à la reconstruction de l'Ukraine.
13:13Alors, l'un des enjeux principaux quand même du point de vue économique
13:16et pour les Européens et pour vous,
13:18c'est la question de la corruption.
13:20Votre pays est encore un peu traumatisé
13:22par ce qui s'est passé il y a dix ans,
13:24le scandale du milliard volé,
13:26environ un milliard de dollars qui a disparu
13:28de trois banques, 12% de votre PIB.
13:31Dans le cadre de la réforme de la justice,
13:33la Moldavie d'ailleurs coopère avec certains États membres
13:36ou encore le parquet européen,
13:39est-ce que ça fonctionne bien ?
13:40Est-ce que cette corruption peut être endiguée ?
13:45Les principaux responsables de cette affaire de corruption
13:47que vous avez évoquée,
13:49la fraude dans le secteur bancaire,
13:51ont été condamnés.
13:52C'est un point très important.
13:55Nous avons travaillé sans relâche
13:57à la réforme du secteur de la justice
13:58et au renforcement des capacités
14:00des institutions de lutte contre la corruption.
14:02Avec le soutien de l'UE,
14:04nous procédons à un grand vetting,
14:05la vérification systématique
14:07de l'intégrité des juges et procureurs
14:09afin de garantir l'absence de problèmes éthiques
14:11en leur sein.
14:12Et nous obtenons des résultats.
14:14Cela se reflète également
14:15dans la confiance de la population.
14:18La Moldavie a vu sa position
14:20s'améliorer considérablement
14:21dans les classements internationaux
14:23relatifs à la perception de la corruption,
14:25comme ceux de Transparency International.
14:29D'ici deux ou trois ans,
14:30nous aurons achevé les principales réformes
14:32de la justice.
14:35Je suis convaincue
14:36que les mesures que nous prenons actuellement
14:38s'inscriront dans la durée
14:40et nous permettront d'instaurer
14:42l'état de droit
14:43attendu tant par l'UE
14:45que par les citoyens moldaves.
14:48Plus d'un million de Moldaves
14:50vivent en dehors de votre pays.
14:52C'est la diaspora.
14:54Les transferts de cette diaspora
14:56représentent 8% du PIB en 2024.
15:01Et il y a malheureusement pour vous
15:0340 000 Moldaves qui quittent le pays chaque année.
15:06Comment rééquilibrer les choses ?
15:08Nous comptons un million de personnes
15:10vivant à l'étranger
15:11et un million à une citoyenneté européenne.
15:16Certains résident hors du pays
15:18et d'autres sur les territoires nationals.
15:20Les Moldaves qui ont quitté le pays
15:22restent attachés à la Moldavie.
15:24Ils participent aux élections
15:25et envoient de l'argent,
15:26contribuant ainsi au développement économique.
15:30Beaucoup d'entre eux souhaitent revenir
15:32et nous voulons qu'ils rentrent en Moldavie.
15:36Nous savons qu'ils reviendront.
15:37D'abord lorsque le sentiment de sécurité
15:40se renforcera,
15:40ce qui implique la fin de la guerre en Ukraine,
15:45mais aussi lorsqu'ils constateront
15:47une amélioration du niveau de vie.
15:49Ainsi, toutes nos actions actuelles
15:51visent à la fois à servir la population
15:53restée au pays,
15:54mais aussi à offrir de meilleures perspectives
15:56à ceux qui vivent à l'étranger.
15:57La très grande majorité de la diaspora
16:00vote en faveur de l'UE et de la démocratie.
16:03Vous espérez une adhésion pleine et entière en 2030 ?
16:07Nous souhaitons une adhésion à part entière,
16:11mais nous sommes prêts à discuter
16:14de toute autre formule
16:15qui ne se substituerait pas à cette adhésion
16:17et ne retarderait pas le processus d'intégration à l'UE.
16:22Comment vous voyez la situation en Ukraine,
16:25Maya Sandou, évoluer ?
16:29La situation de l'Ukraine s'est nettement améliorée
16:32ces derniers temps,
16:33et je crois qu'il existe désormais une opportunité
16:35d'amener la Russie à la table des négociations de paix.
16:39Toutefois, pour y parvenir,
16:41l'Ukraine doit bénéficier d'un soutien accru
16:44dans les prochains mois,
16:45et la communauté internationale doit exercer
16:47une pression plus forte sur la Russie.
16:49C'est en effet le seul moyen d'amener Moscou
16:52à négocier et d'engager de véritables
16:54pour parler de paix.
16:56L'Ukraine souhaite ses négociations,
16:58contrairement à la Russie,
16:59qui s'y refuse.
17:01J'estime que l'UE devrait être associée
17:04aux négociations de paix,
17:05dont l'Ukraine reste l'élément central.
17:09Mais je le répète,
17:11pour inciter le Kremlin à négocier,
17:13il faut accentuer la pression économique
17:15sur la Russie.
17:17Merci Maya Sandou d'avoir été notre invitée aujourd'hui.
17:21On se retrouve tout de suite
17:22pour la partie débat consacrée
17:24à la vague de chaleur
17:26que nous subissons en ce moment même.
17:28Enfin, pas tout à fait dans le Conseil européen,
17:30mais à l'extérieur.
17:32C'est l'heure du débat.
17:37Merci de nous rejoindre à Bruxelles,
17:39au Parlement européen,
17:40où comme partout en Europe,
17:41ces dernières semaines,
17:42les températures ont atteint des niveaux historiques
17:45et font bien sentir aux Européens
17:47la réalité du réchauffement climatique.
17:49D'autant que selon les experts,
17:51l'Europe se réchauffe deux fois plus vite
17:53que les autres continents.
17:54Les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient,
17:57canicules, inondations, incendies, tempêtes,
17:58et font de plus en plus de victimes.
18:01En 2024, la chaleur a provoqué la mort
18:03de 62 000 personnes au sein de l'Union européenne.
18:05Et d'ailleurs, le réchauffement climatique
18:07a aussi des conséquences économiques
18:10et financières pour l'UE,
18:11avec des dommages chiffrés
18:13à 45 milliards d'euros par an,
18:16sans oublier les investissements nécessaires
18:19pour s'adapter au réchauffement
18:21et être plus résilients
18:23qui sont évalués à 70 milliards d'euros par an.
18:27L'Union européenne s'est fixée
18:28pour but d'atteindre la neutralité carbone
18:31en 2050,
18:33mais se donne-t-elle vraiment les moyens
18:35de poursuivre et d'atteindre ces objectifs ?
18:38Alors, pour répondre à cette question,
18:39deux eurodéputés cette semaine.
18:41Christophe Clergeau, bonjour.
18:42Bonjour.
18:42Vous êtes eurodéputé français socialiste
18:44et face à vous, Yvan Verostrade, bonjour.
18:46Bonjour.
18:46Vous êtes eurodéputé belge
18:47et membre du groupe Rignou
18:49au centre de l'hémicycle européen.
18:50Monsieur Clergeau,
18:51on vit l'été le plus chaud de tous les temps en Europe,
18:55mais est-ce que l'Union européenne
18:57y était préparée ?
18:59D'abord, est-ce que l'Union européenne
19:01a fait ce qu'il fallait pour l'empêcher ?
19:03Et ça reste urgent
19:04parce que dans ma ville de Nantes,
19:05c'est 42 degrés.
19:07Si on a 0,1 ou 0,2 degrés
19:09de réchauffement climatique global
19:11l'été prochain,
19:12ce sera 1, 2, 3 degrés de plus
19:14dans les phénomènes climatiques extrêmes.
19:17Donc, avant de parler d'adaptation,
19:18il faut continuer à se mobiliser
19:20pour limiter le changement climatique.
19:22Pensez aussi aux océans
19:23qui sont également en pleine canicule,
19:25en Méditerranée,
19:26dans le golfe de Gascogne.
19:27Les océans ont absorbé depuis un siècle
19:2990% de la chaleur supplémentaire
19:32que nous avons produite.
19:34S'il est aux océans Graques,
19:36nous serons grillés.
19:37Donc, des efforts massifs à faire
19:39pour freiner le réchauffement climatique.
19:42Et aussi, on va y revenir
19:43pour s'adapter, bien sûr.
19:44Oui, sur cette question
19:45de l'adaptation, Yvan Vérostrade,
19:47l'Union européenne
19:47est des commissaires aux crises.
19:49À la préparation,
19:50mais il y a quand même
19:51des dizaines de milliers de victimes
19:53de ces vagues de chaleur.
19:55Finalement, est-ce qu'on est vraiment préparé ?
19:56En tout cas, on avait été prévenus.
19:58Et certains, depuis des années,
20:00continuent à ne pas vouloir voir,
20:01voir simplement la réalité,
20:02la réalité qui frappe
20:03et qui devient de plus en plus difficile
20:04à nier.
20:05Et c'est vrai que c'est parfois effrayant
20:08et inquiétant de voir
20:09que certains ne se rendent pas compte.
20:10Ça fait des années
20:11qu'on travaille dessus,
20:12qu'on sait qu'il y a un problème,
20:13que ce problème arrive.
20:14Alors, évidemment,
20:15lutter contre le réchauffement,
20:17anticiper,
20:17travailler sur le problème de fond,
20:19mais aussi devoir investir
20:21dans l'adaptation.
20:22C'est une nécessité humaine,
20:23vous l'avez dit.
20:24Ce sont des personnes qui meurent,
20:26qui décèdent.
20:27Chaque degré de plus,
20:28ce sont aussi des coûts économiques,
20:30astronomiques.
20:30Ce n'est que le début.
20:31Et c'est pour ça que,
20:32depuis des années,
20:33avec des groupes plus progressistes
20:35du Parlement européen,
20:36on défend,
20:37non seulement,
20:38et on n'oppose pas
20:39économie et écologie.
20:40La réalité,
20:41on le voit aujourd'hui,
20:42c'est que le réchauffement climatique,
20:43ce n'est pas une taxe,
20:44c'est déjà une facture aujourd'hui.
20:45Alors, ceux qui crient
20:46chaque fois qu'on anticipe,
20:48qu'on veut investir,
20:49eh bien, ils se trompent
20:50parce que la réalité
20:50les rattrape toujours.
20:51Alors, justement,
20:52pour aller dans ce sens-là,
20:53pour certaines ONG environnementales,
20:55l'Union européenne
20:56n'a pas mis assez de moyens
20:57pour nous adapter
20:59à ces vagues de chaleur.
21:01On écoute Oxfam.
21:02La réponse de l'Union européenne,
21:05mais aussi de ses États membres,
21:06n'est pas du tout à la hauteur.
21:08Et ce sont les personnes
21:09les plus vulnérables
21:10qui ont payé le prix fort
21:11parce que la population
21:12n'est pas du tout protégée
21:14des impacts du changement climatique.
21:16Depuis des années,
21:17depuis des décennies,
21:18nous, on sait que
21:19le changement climatique
21:20aura des conséquences
21:21gravissimes sur la population.
21:24Par contre,
21:25on a laissé passer de temps,
21:27on a évité d'investir,
21:28et pire,
21:29on a continué à faire
21:31comme si de rien n'était.
21:32Donc en fait,
21:33ce qu'il faut absolument faire maintenant,
21:34c'est de rattraper ce retard,
21:36d'investir massivement
21:37dans la protection de la population
21:38et aussi de veiller
21:41à ce que tous les investissements
21:42tiennent compte
21:43des risques climatiques
21:44actuels et futurs.
21:46Christophe Clergeau,
21:46on connaît la facture d'investissement
21:48pour s'adapter
21:49à ce réchauffement climatique
21:50qui est une réalité.
21:52Est-ce que c'est vraiment
21:52une priorité
21:53dans le budget européen aujourd'hui ?
21:55Non.
21:56Il y a un recul
21:57dans le budget européen.
21:58On nous dit que la priorité
21:59doit être donnée
22:00à la compétitivité, certes,
22:01mais on abandonne partiellement
22:03la priorité à l'écologie
22:05et à la lutte
22:05contre le changement climatique.
22:06Donc on a un problème
22:07de taille du budget européen,
22:09mais ce n'est pas que l'Europe.
22:11C'est un déficit d'investissement,
22:12ça a été dit par Oxfam,
22:13des États membres,
22:15les collectivités locales
22:16sont peut-être celles
22:17qui font le plus d'efforts,
22:18et de l'Europe.
22:19On est face à un mur d'investissement.
22:21Pour s'adapter,
22:21pour lutter contre le changement climatique,
22:23on n'en prend pas les moyens.
22:25Et beaucoup de choses
22:26peuvent se faire très vite,
22:27à pas cher.
22:28Avant de faire la rénovation globale
22:29d'un logement,
22:30on peut mettre des brises soleil,
22:32s'assurer d'avoir des volets
22:33ou des rideaux qui protègent,
22:35vérifier que la ventilation fonctionne.
22:37Et ça, ce ne sont pas des choses
22:38qui coûtent des milliards d'euros,
22:40mais il faut une volonté politique.
22:42Et là encore,
22:43ça a été dit par Oxfam,
22:44un peu de le faire by design,
22:46comme on dit ici à Bruxelles.
22:48C'est-à-dire, dès le début,
22:49on pense aux conditions de vie.
22:51Et je termine juste avec un exemple.
22:52En France, on a le diagnostic
22:55performance énergétique.
22:57On ne s'occupe que de la consommation d'énergie.
23:00On devrait faire un diagnostic
23:01de qualité de vie dans le logement
23:03et tenir compte de la même manière
23:05consommation d'énergie l'hiver
23:07et confort de vie l'été.
23:10Et ces meilleurs indicateurs
23:11pour améliorer la vie des gens
23:13amèneraient des investissements différents,
23:15une hiérarchie différente
23:16des priorités politiques.
23:18Monsieur Verhofstrat,
23:19est-ce que l'Union européenne
23:19met assez de moyens sur la table ?
23:21Entre autres,
23:22face à des États très endettés,
23:25comment est-ce qu'on finance ces politiques ?
23:27Est-ce qu'on a déjà commencé
23:29à y penser,
23:29à cette résilience
23:30et à les financer ?
23:31Depuis quelques semaines,
23:33quelques mois,
23:34je défends au sein de ce Parlement
23:36l'idée d'un New Deal Energy.
23:38New Deal Energy,
23:39c'est aussi en grande partie
23:41isoler le bâti
23:42pour la transition climatique,
23:43pour évidemment éviter de dépenser,
23:46de chauffer l'atmosphère l'hiver.
23:47Mais évidemment aussi,
23:49améliorer la qualité de vie
23:50et garder un logement isolé l'été.
23:52En fait,
23:52ce n'est pas en contradiction.
23:54Il y a des moyens importants
23:55qui doivent absolument être mobilisés,
23:56mais beaucoup plus importants
23:58que ce que l'on fait actuellement,
23:59parce que vous parlez de dette des États.
24:00Mais le problème de nos États,
24:02ce n'est pas de la dette d'investissement
24:03qui rapportera de l'argent sur le long terme.
24:05Le problème de nos États,
24:06la France ou la Belgique,
24:07c'est qu'on a des dettes
24:08sur des dépenses courantes.
24:10Ce ne sont pas des dettes d'investissement,
24:11ce sont des dettes de tous les jours,
24:13des dépenses de tous les jours.
24:15Ce que l'on doit faire aujourd'hui,
24:16c'est un choc d'investissement
24:17pour préparer l'avenir.
24:18Et pour cela,
24:19l'Europe devrait être en capacité
24:21de faire de la bonne dette.
24:22Parce qu'investir dans nos infrastructures,
24:24isoler nos écoles,
24:25isoler nos hôpitaux,
24:26isoler nos maisons,
24:27dans nos infrastructures énergétiques,
24:29les réseaux,
24:29les capacités de production,
24:31ça, c'est de la bonne dette.
24:32De la bonne dette aussi
24:33pour pouvoir contrer ceux
24:34qui aujourd'hui continuent à dire
24:35« drill baby drill »
24:36et qui nous vendent du pétrole.
24:37On parle de Donald Trump, bien sûr.
24:39Christophe Clergeau,
24:40comment on finance ses investissements
24:41pour l'adaptation climatique ?
24:43Par de la dette supplémentaire des États
24:45ou par une fiscalité,
24:46une nouvelle taxe
24:47sur certains secteurs
24:48de l'économie polluant ?
24:49Les deux vont ensemble.
24:50Puisque la dette,
24:51il faudrait bien la rembourser.
24:52Donc, si on veut augmenter
24:53la taille du budget
24:54ou lever une dette,
24:55il faut prévoir
24:56les nouvelles ressources propres
24:58de l'Europe.
24:59Et les nouvelles ressources propres,
25:00oui,
25:01elles doivent s'asseoir
25:02sur les activités nocives
25:03pour la société.
25:04les jeux de hasard
25:05comme le marché du carbone,
25:08comme les profits excessifs
25:09des multinationales du pétrole,
25:11comme Total,
25:12je n'hésite pas à les nommer,
25:13mais il y en a évidemment
25:14d'autres en Europe.
25:14La tech,
25:14les data centers,
25:16par exemple,
25:16qui sont ultra-polluants aussi,
25:18taxer la tech,
25:20les big tech,
25:21c'est une des pistes.
25:24Moi, je suis pour taxer les big tech,
25:26il n'y a pas de problème,
25:27mais je me méfie toujours
25:28de l'idée
25:29qu'une taxe serait affectée
25:30à un sujet précis.
25:32Il faut d'abord se dire
25:33quel effort on veut faire,
25:34quelle dette on veut lever
25:35pour financer les investissements
25:36et en bon gestionnaire,
25:38comment on équilibre le budget
25:39avec des recettes.
25:41C'est trop facile de dire
25:42on taxe X pour faire ça
25:44et puis le lendemain,
25:45on dit qu'on taxe les mêmes
25:45pour régler un autre problème.
25:47La principale taxe,
25:48c'est le prix du carbone.
25:50Le prix du carbone,
25:51ce qui guide les investissements,
25:53l'extrême droite
25:53et la droite PPLR
25:57nous demandent de lâcher là-dessus.
25:58Il faut rester à taxer le carbone
26:00pour avoir une évolution positive
26:02vertueuse des activités humaines.
26:04Qu'est-ce que vous en pensez
26:05Emmanuel Ostrat ?
26:05Il faut une nouvelle taxe
26:06pour financer ces investissements ?
26:07Je vais y venir,
26:08mais la principale taxe aujourd'hui
26:09que l'extrême droite
26:10et la droite conservatrice
26:11ne comprennent pas,
26:12c'est la taxe qu'on paye tous
26:14et qu'aucun politicien ne décrète,
26:16c'est-à-dire la taxe
26:17que l'on paye
26:17à cause du réchauffement climatique.
26:19Des femmes et des hommes
26:19qui perdent leur vie,
26:21des coûts astronomiques
26:22pour refroidir nos bâtiments,
26:23ça c'est une taxe.
26:24C'est une taxe
26:25qu'un politicien n'a pas décidée,
26:26donc elle est facile,
26:27mais ce sont des milliards
26:28et des dizaines de milliards d'euros
26:30en effet qui coûtent
26:31en vie inchiffrable
26:33et en réalité économique.
26:34Ce sont l'équivalent
26:35de journées et de journées de grève
26:37simplement parce qu'on n'a pas
26:38le courage de prendre les décisions
26:39et ça, la droite et l'extrême droite
26:41ils refusent de le voir
26:42parce que c'est facile,
26:43parce que ça ne se décrète pas.
26:44Mais on ferait bien mieux
26:45décréter des vrais taxes,
26:46des vrais emprunts,
26:47des vraies dettes positives
26:49justement pour arrêter
26:50de dépenser de l'argent
26:50de manière inutile.
26:51C'est ça la réalité.
26:52Pour le reste,
26:53sur la big tech,
26:53pour revenir à la big tech,
26:54moi je suis pour,
26:55pas forcément pour ceci,
26:56je suis pour parce que
26:57simplement on sait
26:57qu'aujourd'hui il y a un évitement
26:58de la taxe de la part
27:00des entreprises numériques
27:01qui au mieux se délocalisent
27:03au sein de l'Europe
27:03avec une concurrence fiscale
27:04et plus que probablement
27:05sortent de l'Europe
27:06et vont dans les paradis fiscaux
27:08ou des valorisations en bourse
27:09entre autres
27:10avec l'intelligence artificielle.
27:11C'est la fin de notre système
27:12de solidarité
27:14si on n'arrive pas demain
27:15à taxer
27:15entre autres
27:16l'intelligence artificielle.
27:17Et les grands groupes pétroliers,
27:18il faut aussi les taxer
27:18pour pouvoir investir
27:19dans cette adaptation ?
27:20Moi je suis un libéral
27:21et je suis un libéral aussi
27:23au sein du Parlement européen
27:24mais un libéral qui pense
27:25que d'abord la liberté
27:26elle doit être faite
27:27pour du sens.
27:28Mais ce qui est sûr
27:29c'est que certains libéraux
27:30ce qu'ils oublient de dire
27:31c'est que le premier acte
27:32d'un libéral
27:32c'est de veiller à ce qu'il n'y ait
27:33pas d'abus de position de monopole,
27:35qu'il n'y a pas d'abus de position
27:35dominant de ce qu'on a fait
27:36au sein de l'Europe.
27:37Aujourd'hui les géants
27:40énergétiques
27:40ce sont des abus de position
27:41de monopole,
27:42ce sont des rentes
27:43qui se créent.
27:43Ça c'est pas du libre-échange,
27:45c'est même pas du commerce,
27:51les citoyens qui souffrent
27:53de ces vagues de chaleur
27:55et dans le débat
27:56surgit l'idée
27:57d'un congé climatique
27:58permettant à un salarié
28:00de ne pas aller travailler
28:02sans perdre son revenu.
28:04Ce congé climatique
28:05il a été mis en place
28:06par l'Espagne en 2024
28:08après les inondations meurtrières
28:10qui ont frappé le pays.
28:11Écoutons ces défenseurs.
28:13Nous mettons en place
28:14un congé climatique
28:16pouvant aller jusqu'à 4 jours
28:18lorsque les travailleurs
28:19en raison d'événements météorologiques
28:21ne sont pas en mesure
28:22de se rendre physiquement au travail
28:24ni de travailler à distance.
28:27Christophe Clergeau,
28:28vous dites oui au congé climatique
28:29même si cela a un coût
28:30et si cela peut aussi
28:32baisser la productivité.
28:33Mais la responsabilité
28:34de la société
28:35c'est de protéger
28:36ceux qui sont victimes
28:38des phénomènes climatiques.
28:39Les plus vulnérables
28:40qui peuvent mourir
28:40si un salarié
28:41ne peut pas aller à son travail.
28:43Pourquoi c'est lui
28:43qui devrait en payer le prix ?
28:46Mais protéger aussi sa maison.
28:47Quand on a 12 millions de maisons
28:49en France
28:50avec des fondations
28:52sur l'argile
28:52que ça peut déformer l'argile
28:54et faire exploser les fondations
28:56et qui peut refaire
28:58les fondations de sa maison
28:59avec son budget.
29:00Donc la puissance publique
29:01aujourd'hui
29:01elle doit protéger
29:03ceux qui sont les victimes
29:04du changement climatique
29:06et des phénomènes climatiques
29:07extrêmes.
29:07Les travailleurs
29:08comme les plus vulnérables
29:09comme les petits propriétaires
29:10et ça c'est un changement
29:11de paradigme total
29:12qu'il faut assumer.
29:13Comment on fait
29:14côté productivité
29:15s'il y a congé climatique
29:18de plusieurs jours
29:20des travailleurs
29:21en cas d'épisode climatique
29:23excessif ?
29:24C'est-à-dire assez souvent
29:25ça va arriver
29:26de plus en plus souvent.
29:27Et c'est pour ça
29:27que je pense qu'il faut s'adapter.
29:28L'objectif n'est évidemment
29:29pas le congé climatique.
29:31Le congé climatique
29:31c'est une solution
29:33à court terme
29:34parce qu'on n'a pas
29:34d'autre solution à proposer.
29:35L'objectif c'est
29:36qu'il y ait le bien-être
29:37au travail
29:37y compris dans des conditions
29:38climatiques difficiles
29:39qui vont être de plus en plus fréquentes
29:41et donc c'est de travailler
29:42de nouveau
29:43sur la structure du bâti
29:44sur nos écoles
29:45nos hôpitaux
29:45nos bureaux
29:47pour que les gens
29:47puissent travailler.
29:48Alors évidemment
29:49il y a des professions
29:49qui seraient évidemment difficiles
29:51ceux qui travaillent à l'extérieur
29:52ou d'autres
29:53pour lesquelles évidemment
29:54il faut pouvoir s'adapter
29:55parce que c'est simplement
29:56un devoir de réalité.
29:57Donc congé climatique
29:58vous dites oui ?
29:59Je ne dis pas
30:00je pense qu'à certains moments
30:01et à certains endroits
30:02c'est nécessaire
30:03c'est juste nécessaire
30:04mais ce n'est pas l'objectif.
30:05L'objectif doit être
30:06que chacun puisse travailler
30:07correctement
30:08dans des conditions
30:08qui sont acceptables.
30:09Faire travailler les gens
30:10dans des conditions inacceptables
30:11c'est juste de nouveau
30:12ce que vous voulez à la face.
30:12Donc c'est la climatisation
30:13parce qu'elle est assez mal vue
30:14dans le débat en particulier
30:15du côté des écologistes
30:16que vous connaissez bien
30:18Christophe Kellergeau
30:21elle refroidit l'intérieur
30:23mais réchauffe l'extérieur.
30:25Le Rassemblement National
30:26en France prône
30:27un grand plan
30:27de climatisation
30:29non chiffré.
30:30Est-ce que l'Union Européenne
30:31doit financer un tel plan
30:33notamment pour les services publics
30:34les lieux publics
30:36et même
30:36on parle d'ailleurs
30:37de l'hôpital de Nantes
30:38qui ne serait pas
30:39le futur hôpital
30:40qui ne serait pas
30:40vous êtes de cette région
30:41il ne serait pas
30:43suffisamment climatisé
30:44installer la climatisation
30:46aussi avec des aides
30:47chez les personnes
30:48les plus vulnérables.
30:49D'abord l'extrême droite
30:50ce sont les pompiers pyromanes
30:52ils ont allumé le feu
30:53et maintenant
30:53ils nous expliquent
30:54comment il faut l'éteindre
30:55ce qui est quand même
30:56un paradoxe absolument
30:57incroyable
30:58et assez criminel.
30:59Ensuite
30:59Pourquoi ils ont allumé le feu ?
31:01C'est eux qui se sont battus
31:03contre les politiques
31:04de lutte contre le changement climatique
31:06c'est eux qui ont alimenté
31:07le climato-scepticisme
31:09le déni climatique
31:10c'est ceux qui nous agressent
31:11tous les jours
31:12au Parlement européen
31:13pour détruire
31:14les législations environnementales
31:15et la mobilisation
31:16pour le climat
31:17donc le mensonge
31:19doit cesser.
31:20Après la climatisation
31:21c'est ni un tabou
31:22ni une solution
31:24la généraliser
31:25ce serait une catastrophe climatique
31:27ne pas protéger
31:28les plus vulnérables
31:29ce serait un déni de réalité
31:30donc oui
31:31il faut d'abord climatiser
31:32des lieux d'accueil
31:33et derrière ça
31:34il y a quoi ?
31:34il y a l'idée que face à une crise
31:36parce que ce n'est quand même pas
31:37tous les jours
31:37qu'il fait 40 degrés
31:38on fait attention au genre
31:40on est capable de proposer
31:42à une personne âgée
31:42d'aller se déplacer
31:44à un endroit
31:44où il faut plus frais
31:45et d'être avec elle
31:47pendant plusieurs heures
31:48on est capable
31:48d'ouvrir des lieux collectifs
31:50même pour les SDF
31:51même pour les gens
31:52en grande précarité
31:53c'est retrouver
31:54le sens de la solidarité
31:56et puis il y a des
31:57systèmes de climatisation
31:58qui sont assez performants
31:59dans les pompes à chaleur
32:01les plus récentes
32:02si on pouvait
32:02si on fait un peu de climatisation
32:04acheter des pompes à chaleur
32:06européennes
32:07et produites en Europe
32:08ce serait aussi mieux
32:09que de partir
32:10dans tous les sens
32:11climatisation
32:11à l'infini
32:12pour acheter en Chine
32:14les amis de Madame Le Pen
32:15Poutine
32:16Trump
32:16et les Chinois
32:18c'est ça l'avenir
32:18qu'on nous propose pour l'Europe
32:19c'est pas le mien
32:20Yvan Verroustrat
32:21est-ce qu'il faut un plan européen
32:22pour financer le développement
32:23de la climatisation ?
32:24De nouveau
32:25je pense que
32:25comme l'exemple que vous citez
32:27vu de Belgique
32:28honnêtement
32:28le Rassemblement National
32:29c'est débile en fait
32:31la politique qu'il propose
32:32ils nous disent
32:33il faut absolument
32:34mettre des climatiseurs
32:35mais ça fait des années
32:36qu'ils luttent
32:37contre l'isolation
32:38ça fait des années
32:38qu'ils nous empêchent
32:39de mettre correctement
32:40un business case
32:41pour des pompes à chaleur
32:42alors de la climatisation
32:43oui
32:44mais de la climatisation
32:45sans isolation
32:46je suis désolé
32:47c'est ridicule
32:48et donc à un moment donné
32:49je crois que c'est là
32:50où mettre un emplade
32:51sur une jambe de bois
32:51quand c'est nécessaire
32:52il faut le faire
32:53mais l'objectif
32:54c'est quand même
32:54de soigner la jambe de bois
32:55et avec le Rassemblement National
32:57vu de l'extérieur
32:58je peux vous dire
32:58qu'on n'a vraiment pas l'impression
32:59qu'il n'y a qu'une jambe de bois
33:00qui va être soignée
33:01alors parlons de nos objectifs
33:032050
33:04donc on veut être
33:05à zéro émission de CO2
33:07et pour ça d'ailleurs
33:08il faudrait investir
33:09450 milliards par an
33:12pour atteindre cet objectif
33:13qui est très théorique
33:14et puis en même temps
33:15on voit au Parlement
33:16dans votre hémicycle
33:18que le pacte vert
33:18toutes les lois justement
33:21qui permettraient
33:21d'atteindre ces objectifs
33:22elles sont petit à petit
33:25détricotées
33:25au motif que la concurrence
33:27de Donald Trump
33:28aux Etats-Unis
33:29de la Chine
33:29etc.
33:30est trop forte
33:30et qu'ils ne font pas comme nous
33:32et bien justement
33:33il faut un
33:34avoir une volonté politique
33:35donc vouloir investir
33:36cet argent
33:37pour éviter
33:38le changement climatique
33:40qui arrive
33:41et qui serait encore plus
33:42dévastateur
33:43que les crises
33:43que l'on connaît
33:44aujourd'hui
33:45il faut conquérir
33:46notre indépendance
33:47et on ne paye pas seulement
33:48les conséquences
33:49sanitaires des crises
33:51on paye aussi
33:52les hydrocarbures
33:53le pétrole
33:54soit à la Russie
33:55soit aux Etats-Unis
33:56c'est de l'argent qui part
33:57et toutes les filières
33:59vertes
33:59doivent être
34:00des filières européennes
34:01on a la capacité industrielle
34:03à produire en Europe
34:04ce qui est nécessaire
34:05et donc derrière
34:06à créer des emplois
34:07en Europe
34:08grâce à la révolution
34:09écologique
34:10donc le pouvoir d'achat
34:11le social
34:12l'écologie
34:13le climat
34:13ça doit aller ensemble
34:14et moi je suis socialiste
34:15je suis écologiste aussi
34:16je l'assume
34:17et je suis aussi pour l'industrie
34:19merci à vous
34:20d'avoir été nos invités
34:21aujourd'hui
34:21et très bonne suite
34:22des programmes
34:22sur nos antennes
34:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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