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Dans Mediterraneo, rendez-vous d'abord à Haïfa, troisième ville d'Israël, où malgré le contexte de l'actualité internationale, la coexistence légendaire entre juifs et arabes n'a jamais cédé. Cap ensuite sur Palerme, dont les monuments arabo-normands sont classés à l'UNESCO. Nous vous dévoilons les lieux méconnus, là où se superposent dominations, migrations et mémoires entremêlées. Enfin, direction l'Albanie, à la rencontre des gardiens des chants isopolyphoniques. À Gjirokastër, la cité argentée classée à l'UNESCO, familles, couturières et danseurs perpétuent, de génération en génération, un patrimoine ancestral. Année de Production :

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Transcription
00:05La coexistence entre Juifs et Arabes à Haïfa pour commencer cette édition de Méditerranéo.
00:11Nous irons ensuite en Sicile pour voir les lieux méconnus de Palerme,
00:15en fin direction l'Albanie à la découverte des champs traditionnels.
00:41Une nouvelle fois, Haïfa s'est retrouvée en première ligne de la guerre.
00:45La troisième ville d'Israël a même subi le feu croisé des missiles iraniens et des roquettes du Hezbollah tirées
00:51depuis le Liban tout proche.
00:53Pourtant, jamais la légendaire coexistence entre Juifs et Arabes n'a été menacée.
00:57Mais les deux populations ont continué de vivre côte à côte.
01:17Au sommet de l'un des vieux immeubles du marché Talpillote, dans la ville base d'Haïfa, le toit.
01:23Un bar à la mode où l'on danse en plein jour, en dominant l'immense port de commerce sur
01:28la Méditerranée.
01:31Bernard mixe ici tous les vendredis après-midi.
01:39Je suis un arabe chrétien, un haïfien.
01:42Ici, chez nous, un homme, c'est un homme.
01:44Il n'y a pas de différence.
01:46Je vis ici, je respecte ce pays.
01:49Je suis heureux ici, on a tout ce qu'il faut.
01:51Il faut juste que l'on reste toujours fort pour montrer au monde que la vie est belle ici.
01:55Nous avons de la musique, nous avons des endroits mélangés comme celui-ci.
01:58Nous sommes libres.
02:04Je sais qu'il y a des gens qui aiment regarder les informations et qui se font une opinion.
02:09Mais il y a aussi des gens qui vivent leur vie tout simplement.
02:12Et ils sont en paix avec eux-mêmes.
02:13A mes yeux, c'est le plus bel endroit sur Terre.
02:18Venez ici, essayez.
02:20Et je vous le garantis, vous ne serez pas déçus.
02:23D'où que vous veniez, soyez les bienvenus.
02:31Ouvert à toutes les communautés, le toit synthétise l'ADN d'Aïfa,
02:35une oasis de coexistence dans un Proche-Orient en ébullition.
02:41Les Druzes, comme ce restaurateur,
02:43incarnent tout particulièrement l'espoir d'une réconciliation entre les peuples de la région.
02:50Ça, ce sont des feuilles de vigne, faites maison.
02:53Et ça, c'est de la pita druze.
02:55C'est une cuisine qu'on mange aussi au Liban et en Syrie.
03:00Avec les autres Druzes, nous sommes semblables dans bien des choses.
03:03On déguste les mêmes plats, on a les mêmes traditions.
03:08On peut dire que c'est la gastronomie de la paix ?
03:11Si Dieu le veut, si Dieu le veut.
03:12Si la paix arrive, je donne à manger à tout le monde gratuitement.
03:18Une ville solidaire malgré la guerre.
03:25Ces derniers mois, Aïfa s'est retrouvée en première ligne des crises du Moyen-Orient.
03:31Proche de la frontière libanaise,
03:33elle a été la cible à la fois des roquettes du Hezbollah et des missiles de l'Iran.
03:38Dans cet immeuble des hauteurs de la ville,
03:40quatre personnes d'une même famille ont été tuées par un missile iranien.
03:46Hier soir, un missile est tombé ici, à Haïfa.
03:50Malheureusement, le système antimissile n'a pas fonctionné
03:52et le missile s'est abattu sur la partie arrière de l'immeuble.
03:55Les conséquences sont catastrophiques.
04:01Non loin de là, perchée sur une des collines d'Haïfa,
04:04l'université abrite toutes les composantes de la mosaïque israélienne.
04:10Elle compte parmi les meilleurs établissements du pays,
04:12les plus politisés aussi.
04:15Mais en dépit des craintes initiales,
04:17le conflit régional n'a jamais été importé sur le campus.
04:22L'université de Haïfa, c'est un foyer pour les étudiants arabes.
04:26La majorité des étudiants ici sont arabes.
04:28C'est très agréable d'étudier ici.
04:30Il y a un pluralisme religieux,
04:32même parmi les musulmans,
04:33les druzes ou les chrétiens.
04:35En fait, on coexiste ici.
04:40Parfois, la situation politique se fait ressentir, c'est vrai.
04:43Mais d'un autre côté,
04:44si vous observez ce campus autour de nous,
04:47il y a des étudiants juifs
04:48qui étudient avec des étudiants chrétiens ou musulmans.
04:51En fait, cela fait baisser la tension.
04:53Bien sûr, il faut le reconnaître,
04:55la situation dans ce pays n'est pas simple.
04:57Elle pose des défis.
04:58Mais en même temps, ici, à l'université de Haïfa,
05:01vous constatez qu'il y a une forme de tolérance particulière.
05:12Paradoxalement, en s'étant troublé,
05:13Haïfa connaît une rénovation urbaine spectaculaire.
05:16Autrefois, l'abandon,
05:18ce quartier du centre-ville renaît de ses cendres.
05:21Amir vient d'y ouvrir un hôtel boutique.
05:25En fait, c'est un immeuble qui date du 19e siècle,
05:28à l'époque de l'Empire ottoman,
05:29quand les Turcs étaient souverains en terre d'Israël.
05:32La ville basse a connu ses heures de gloire dans les années 60.
05:35Mais depuis les années 70,
05:37jusqu'au moment où nous avons acheté ce bien, en 2009,
05:40le quartier était en déclin.
05:44Et puis, au moment où nous sommes arrivés,
05:45la mairie a entamé un processus de gentrification du quartier.
05:49Elle a attiré des jeunes.
05:50Cela a pris du temps, mais comme vous le voyez maintenant,
05:52il y a beaucoup de restaurants, de cafés.
05:59Architecte de formation,
06:00Amir a pensé à chaque détail de la décoration de son hôtel.
06:05Bienvenue dans l'hôtel des 700.
06:07Ici, c'est la réception.
06:15Depuis les tableaux sur les murs,
06:17tous conçus par des artistes de Haïfa.
06:19Jusqu'à la piste de skateboard,
06:21une véritable œuvre d'art.
06:24Pour ce natif de la ville,
06:26Haïfa commence à peine à prendre son envol.
06:34Le port de Haïfa a été acheté en partie par des Chinois.
06:38Pour eux, cela fait partie de leur réseau des nouvelles routes de la soie.
06:41On nous a parlé d'un projet de construction d'une voie ferrée,
06:43depuis ici jusqu'aux Émirats arabes unis,
06:46afin de raccourcir le chemin entre l'Europe et les Émirats.
06:50Pour moi, Haïfa est promise à un grand avenir.
06:56On se moque toujours de Haïfa en disant que c'est une belle endormie.
07:00Moi, je suis convaincu que cela lui prend du temps pour se développer
07:03et que l'âge d'or de Haïfa arrive.
07:06Je le constate par exemple,
07:08que de plus en plus de jeunes viennent s'installer ici.
07:11Moi qui suis né ici,
07:12je rencontre des gens qui ne sont pas de Haïfa.
07:15Avant, cela n'arrivait pas.
07:17Il y avait soit des enfants,
07:18soit des vieilles personnes.
07:20C'est vraiment un signe que la ville est en mouvement.
07:29Au sud de la ville, le quartier de Bad Galim,
07:32littéralement la fille des vagues,
07:33symbolise à la fois le rajeunissement
07:35et l'insouciance d'Haïfa.
07:39La plage, la musique, les jeux.
07:43On s'imagine mal à moins de 30 km de la frontière libanaise.
07:51Si vous regardez dans cette direction, c'est le Liban.
07:54On se sent vraiment tout près.
07:56Quand il y a des alertes, c'est un peu énervant.
07:58Les gens vont dans les abris.
08:00Mais ça ne change pas grand-chose à notre vie.
08:03Moi, je viens surfer ici
08:04même quand les missiles tombent sur la ville.
08:05Il y a une alerte, on va dans l'abri
08:08et on revient surfer.
08:11Ici, il y a un mélange de gens.
08:12On trouve vraiment de tout ici.
08:14Cela devient un peu comme Tel Aviv,
08:16mais en plus intime, en moins géant.
08:18On ressent vraiment la même vibration qu'à Tel Aviv.
08:22Pour moi, c'est une ville exactement à la bonne taille.
08:26Une ville à la bonne taille,
08:28loin des passions de Jérusalem
08:30et de la frénésie de Tel Aviv.
08:33Une ville si tranquille, en temps de paix.
08:43Capitale italienne de la culture en 2018,
08:46Palerme avec Montréal et Tchèfalou
08:48a vu ces monuments arabo-normands
08:50reconnus comme patrimoine de l'UNESCO
08:51en se présentant à l'Europe et au monde
08:54comme une ville d'art et d'histoire.
08:56Un patrimoine qui vient de loin,
08:57des siècles passés,
08:58des peuples ayant apporté avec eux
09:00leur civilisation et leurs valeurs.
09:13Pour comprendre Palerme,
09:15il faut accepter de s'y perdre,
09:17se frayer un chemin à travers
09:18ces murs érodés par le temps,
09:20respirer l'atmosphère de ces ruelles,
09:22laisser se confondre lumière et brume.
09:25Ville suspendue entre un passé foisonnant
09:27et un avenir encore incertain,
09:29Palerme ne se dévoile qu'à ceux
09:31qui prennent le temps de l'observer.
09:33L'historien de l'art Sergio Troisi
09:36nous guide dans cette exploration.
09:39A travers son ouvrage publié chez Calos,
09:41il nous aide à recomposer le portrait
09:43d'une ville faite de contrastes,
09:44de mémoires superposées
09:46et d'héritages entremêlés.
09:49Chaque ville est une machine à remonter le temps.
09:51Ce que nous admirons aujourd'hui
09:52comme des monuments ou des œuvres d'art
09:54répondait à l'origine à des fonctions
09:56et à des besoins bien précis.
09:58Une simple planche de bois rongée par le temps.
10:01Pourtant, elle témoigne d'un moment décisif
10:03dans l'histoire de Palerme.
10:04Il s'agit d'un vestige de la porte de la victoire,
10:07symbole du passage de la domination islamique
10:10à celle des Normands.
10:12C'est par cette entrée que Roger Guicard
10:14et Robert de Hauteville pénétrèrent dans la ville.
10:17Palerme était assiégé depuis plusieurs mois.
10:19Dans le quartier du Cassaro,
10:21près de la cathédrale,
10:22les remparts étaient particulièrement élevés
10:25et les Normands peinaient à vaincre les milices musulmanes.
10:28Ils décidèrent de déplacer leurs attaques vers la calce,
10:31aux fortifications moins imposantes.
10:33Soutenus par leur flotte,
10:35ils franchirent aisément les remparts
10:37et rentrèrent dans la ville par cet accès.
10:39Autant de récits fragmentaires
10:41qui permettent de reconstituer une mosaïque
10:43que plus vastes,
10:44où peuples, cultures et empires
10:46se sont succédés au fil des siècles.
10:49Il est étonnant de constater
10:51que les premières monnaies frappées
10:52après la conquête
10:53conservaient la date de l'égir
10:55et portaient encore des invocations
10:57à Allah et au prophète Mahomet.
10:59Pendant de nombreuses années,
11:01la monnaie semblait continuer ainsi
11:03à célébrer les vaincus,
11:04ce qui constitue un paradoxe remarquable.
11:16Au fil du temps,
11:17la ville se raconte aussi
11:18à travers des figures emblématiques.
11:20Parmi elles, les peintres Vendique
11:22et Sofonisba Anguissola.
11:24Leurs parcours se croisent
11:26durant ce que Fernand Braudel
11:27appelait le siècle des Génois,
11:29une époque de grands échanges
11:31commerciaux et culturels.
11:32Une période également marquée
11:33par deux protagonistes inattendus,
11:35La Peste et Sainte-Rosalie.
11:38L'épidémie fait rage
11:39et semble impossible à contenir.
11:41On se tourne alors vers Sainte-Rosalie
11:43dont les reliques auraient été découvertes
11:45sur le mont Pellegrino.
11:48Anthony Vendique se trouve alors à Palerme.
11:50C'est lui qui forge l'iconographie de la Sainte.
11:53Il est fascinant de constater
11:55qu'un peintre flamand
11:56arrivait presque par hasard dans la ville
11:58durant ces mois tragiques
11:59et contribuait de manière décisive
12:02à l'image que nous conservons aujourd'hui
12:03de cette figure.
12:09Ruines, débarquements, migrations, révoltes,
12:12autant d'événements qui ont façonné
12:13l'histoire de Palerme,
12:14comme la révolte anti-espagnole de Messines.
12:17A la même époque,
12:18la mort du roi Philippe IV
12:19est annoncée par une série de présages funestes.
12:25Le deuil prend alors une dimension spectaculaire.
12:28Les chroniques racontent qu'une grande partie de Palerme
12:31se couvre en noir.
12:32Les façades des palais sont drapées de teintures sombres
12:35tandis que la cathédrale est entièrement recouverte
12:37de tissus noirs jusque dans ses ornements.
12:41Aujourd'hui, cette mise en scène pourrait évoquer
12:43une œuvre de Christo et Jeanne-Claude.
12:45Pourtant, ce que nous appelons « art contemporain »
12:48plonge souvent ses racines dans des traditions
12:50beaucoup plus anciennes.
12:57Voici Palerme en arrière-plan
12:59d'un tableau de Francesco Lojaacono.
13:02Malgré l'urbanisation intensive
13:04et l'omniprésence du béton,
13:06le paysage demeure reconnaissable.
13:08A travers ses arbres, ses feuillages et ses racines,
13:11le peintre raconte aussi le dialogue constant
13:13de la Sicile avec les autres cultures du monde.
13:16Cette biodiversité exceptionnelle
13:21est le résultat à la fois des caractéristiques
13:23naturelles du territoire et de son histoire.
13:28Regardons cet olivier centenaire.
13:31Derrière lui, des agrumes,
13:34probablement des citronniers.
13:38Maintenant, quittons la Méditerranée
13:40pour le continent asiatique.
13:43Entre les citronniers et l'olivier,
13:45voilà une plante exotique,
13:47le néflier du Japon.
13:49Au loin, se dresse un palmier datier
13:55qui nous renvoie à l'Afrique.
14:01Plus loin encore,
14:03les figuets de barbarie
14:04et les agaves nous conduisent vers les Amériques.
14:07Dans un seul paysage,
14:08nous parcourons ainsi symboliquement
14:10les cinq continents.
14:15Palerme est une ville faite d'aveux et de silence,
14:18de révélations et de dénis.
14:19Derrière ce paysage idyllique,
14:21Léopoldo Franquetti et Sidney Sodnino
14:24révèlent pourtant une réalité plus sombre
14:26dans leur enquête sur la question méridionale.
14:30Derrière ce décor apparaissent les abus,
14:32les violences, les assassinats,
14:34les intimidations et les chantages.
14:35Tout ce qui constitue une part essentielle
14:38de l'histoire de Palerme
14:39demeure dissimulé derrière cette image séduisante.
14:43Ce n'est pas un hasard
14:44si les peintres siciliens
14:45ont rarement représenté le travail agricole,
14:48contrairement à un écrivain comme Giovanni Verga.
14:58Toute carte digne de ce nom
14:59doit aussi faire place
15:01aux lieux de dévotion,
15:02même les plus modestes,
15:03comme la maison-musée consacrée
15:05à Maria Carmeline, Léone,
15:08morte à seulement 17 ans,
15:10déclarée vénérable
15:11et dont le procès en canonisation est en cours.
15:13Dans un petit appartement
15:15du quartier du Cap,
15:16aux ex-votos, photographies,
15:18bouquets et robes de mariés
15:19racontent les espoirs,
15:20les souffrances et les prières
15:22de ceux qui s'y rendent.
15:26Cette accumulation d'objets
15:27rappelle les pratiques observées
15:29dans les grands sanctuaires de l'Antiquité,
15:32comme celui de Diane, à Éphèse.
15:35Mais elle évoque aussi
15:37certaines démarches de l'art contemporain.
15:40La répétition d'un même objet,
15:42photographie, poussette, bougie,
15:44casserole ou même bicyclette,
15:46établit un lien
15:48entre les femmes anciennes du sacré
15:50et notre monde actuel.
16:02Un répertoire d'émotions
16:03qui traverse les siècles.
16:05Un jeu d'enfants photographié
16:07par Enzo Sellerio
16:08évoque une célèbre scène de fusillade
16:11peinte par Goya.
16:12Les murs décrépits et les ruines
16:14rappellent quant à eux
16:15les visages grotesques
16:16de Chinico TV.
16:22C'est dans ce dialogue permanent
16:25entre passé et présent
16:26que se révèlent
16:27les multiples visages de Palerme.
16:29Une ville qui est parfois
16:30une destination,
16:31parfois une simple étape.
16:33Au cœur du quartier
16:34de l'alberguerie,
16:35un lieu accueille les visiteurs
16:37autour d'une immense carte du monde.
16:39Un entrelac de fils
16:40qui relie des itinéraires,
16:42des mémoires et des destins.
16:46La carte du monde derrière moi
16:48indique, grâce à des fils rouges,
16:50les lieux d'où l'on est parti
16:52et ceux où l'on est arrivé,
16:54même provisoirement,
16:55et ceux vers lesquels
16:56on aspire à aller.
16:58La Méditerranée disparaît
16:59presque sous cet enchevêtrement
17:01de lignes,
17:02tant elles sont nombreuses.
17:04Ces fils racontent une vérité simple.
17:07Nous avons toujours été des migrants.
17:09Nous le sommes aujourd'hui comme hier
17:11et nous le serons encore demain.
17:13Cette carte est à la fois
17:14une photographie du présent,
17:16une anticipation de l'avenir
17:17et, je crois,
17:18l'horizon même de notre espérance.
17:36A les écouter,
17:37on pourrait se croire
17:38dans les montagnes corses.
17:39Les chants traditionnels albanais
17:41racontent l'histoire
17:42de ce peuple des Balkans.
17:43Inscris au patrimoine culturel
17:45et matériel de l'humanité,
17:46ils se perpétuent
17:48de génération en génération,
17:49à l'instar des danses traditionnelles.
17:51Nous partons à la rencontre
17:53des gardiens
17:53de ces traditions ancestrales.
18:06Si les montagnes d'Albanie
18:08pouvaient parler,
18:10elles raconteraient leur histoire
18:12à travers la voix des hommes.
18:42Ces voix font résonner l'âme
18:44de tout un peuple.
18:48Les chants isopolyphoniques albanais,
18:50appelés ainsi en raison de l'iso
18:52qui est un bourdon continu
18:54qui suit la mélodie,
18:56sont inscrits au patrimoine
18:57culturel immatériel de l'humanité.
19:04Tout ce qu'on voit autour de nous
19:05et tout ce qui est sous nos pieds
19:06a une histoire.
19:07Et nous,
19:08nous chantons tout cela.
19:11C'est né avec les bergers
19:12qui chantaient seuls dans les montagnes.
19:13Et petit à petit,
19:14on s'est mis à chanter en groupe.
19:18On a de grandes maisons
19:19et des jardins en Albanie.
19:21On chante partout,
19:23en toute occasion.
19:25Les chanteurs de la famille Tchenko
19:27ont fondé un groupe de musique traditionnel
19:30dans la ville de Djirokastor.
19:32Cette ville du sud de l'Albanie
19:34est située à une trentaine de kilomètres
19:37de la frontière grecque.
19:38Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO,
19:41l'architecture ottomane de la vieille ville
19:43est l'une des mieux préservées des Balkans.
19:46Avec ses camailleux de gris,
19:48on la surnomme depuis l'époque byzantine
19:51la cité argentée.
19:53Au pied de la mosquée du bazar
19:55datant du XVIIIe siècle,
19:58le café-librairie tenu par Olsa
20:00rend hommage aux musiques traditionnelles
20:02et accueille régulièrement
20:04les chanteurs de la famille Tchenko.
20:06Plusieurs générations
20:08perpétuent une tradition isopolyphonique ancestrale,
20:11un trésor culturel.
20:14C'est quelque chose qui se transmet
20:16de génération en génération.
20:17Moi, je travaille avec les écoles
20:19pour partager mon savoir aux jeunes.
20:21On essaye de perpétuer cette tradition
20:23le plus longtemps possible.
20:28pour moi, c'est un héritage culturel
20:30qui vient de ma famille,
20:31de mon quartier,
20:32de ma ville
20:33et j'ai la chance d'avoir l'occasion
20:34de le faire vivre.
20:36On me l'a donné en cadeau
20:38et c'est à moi désormais
20:39de faire vivre cette histoire.
20:45Quand mon fils avait un an,
20:47je le prenais dans mes bras
20:48ou sur mes genoux avec moi
20:49quand je chantais.
20:50Et il a intégré l'âme
20:51des chants isopolyphoniques.
20:53Il chante depuis toujours.
20:55Et il a intégré l'âme des chants.
21:07Et il a intégré l'âme des chants.
21:15Et il a intégré l'âme des chants.
21:30A chaque fois que je vous entends,
21:33que ce soit des chantrices
21:34ou joyeux,
21:34vos voix sont toujours
21:35parfaitement en harmonie.
21:39C'est une tradition
21:40et c'est pour ça
21:41que ça vient de manière
21:42si naturelle.
21:42Ils se retrouvent ensemble
21:44dans les cafés
21:44et les ruelles de la ville.
21:45Quand ils chantent,
21:46on sent que ça vient
21:47du plus profond de même.
21:49C'est si beau,
21:51c'est si émouvant.
21:52Même si vous ne comprenez
21:53pas les paroles,
21:54vous pouvez tout comprendre.
21:55à travers la façon
21:56dont ils chantent.
21:57C'est ce qu'il y a
21:57de plus beau.
22:00Merci, merci beaucoup.
22:02A bientôt.
22:05Dans son café,
22:07Olsa a installé
22:07un petit musée
22:08sur l'histoire des chants
22:09de Girocaster
22:11et expose des tenues traditionnelles
22:14qui sont fabriquées
22:15à quelques rues de là,
22:17dans le bazar,
22:18dans l'atelier
22:19d'Elida Joulatti.
22:23Les gestes
22:24de cette couturière
22:25sont les mêmes
22:26qu'autrefois.
22:29Elida a appris
22:30à coudre
22:30à l'âge de 7 ans
22:31et tient
22:32son savoir-faire
22:33de sa maman.
22:34Elle est spécialisée
22:36dans la confection
22:36à la main
22:37de costumes traditionnels,
22:39comme cette fustanelle,
22:41une jupe plissée
22:42portée par les hommes
22:43des Balkans
22:44qui demande
22:45près de 5 jours
22:46de travail.
22:52Celle-ci compte
22:53500 plis.
22:55Il a fallu
22:55110 mètres de tissu.
22:57Cela montre
22:57que la personne
22:58qui la porte
22:59appartient à une classe
23:00sociale aisée.
23:01Certaines sont plus modestes.
23:03Elles ont de 150
23:04à 350 plis.
23:06Celle qu'on voit ici
23:06est donc celle
23:07qui est la plus prestigieuse.
23:14Moi, j'essaye
23:15de respecter
23:16la technique
23:16de couture traditionnelle
23:18comme on le faisait
23:19il y a au moins 100 ans.
23:24Elida confectionne
23:25des vêtements traditionnels
23:27depuis qu'elle a 26 ans.
23:28Elle continue ainsi
23:29à faire vivre une histoire,
23:31le patrimoine
23:32de tout un territoire.
23:35Elida loue
23:36et vend ses costumes
23:37aux habitants,
23:38aux touristes
23:39et aux chanteurs
23:40et danseurs
23:40de la région.
23:42Elle a rendez-vous
23:43à l'autre bout
23:44de la ville,
23:45dans une école de danse
23:47où des danseurs
23:48vont faire des essayages
23:49avec ses costumes.
23:53Bonjour tout le monde.
23:55Comment ça va ?
23:56Bonjour.
23:57Bonjour.
24:04Dans cette école de danse,
24:06deux fois par semaine,
24:08il y a des cours
24:08de danse traditionnels.
24:11Des danses aussi variées
24:13que les costumes
24:13qui diffèrent selon
24:15les régions
24:16et les villes d'Albanie.
24:26Je me sens très spéciale
24:28avec ce costume.
24:29Je suis fière
24:30de le porter.
24:44à la croisée des influences
24:46grecques, italiennes
24:48et orientales.
24:49Les danses traditionnelles
24:51albanaises peuvent accompagner
24:53les voix féminines
24:54et masculines
24:54des chants isopolyphoniques.
24:59Toutes les danses traditionnelles
25:00sont uniques.
25:01Et ce qui les différencie
25:02entre elles,
25:03ce sont les costumes
25:04et les chants
25:05isopolyphoniques spécifiques.
25:10Je fais de la danse classique,
25:11de la danse contemporaine,
25:13je fais du hip-hop,
25:14mais les danses traditionnelles
25:15sont celles que je pratique
25:16le plus
25:16parce qu'elles viennent
25:17de mon pays,
25:18de ma ville
25:19et elles me rendent très fière.
25:21En plus,
25:21le fait de porter
25:22cette tenue aujourd'hui
25:23me rend encore plus fière.
25:24je me sens vraiment moi-même.
25:29L'identité de tout un peuple
25:31se raconte dans les gestes,
25:33dans le dévouement
25:34de ces passionnés
25:35unis par un rêve,
25:37celui de relier les générations
25:39par une histoire ancestrale
25:41pour construire ensemble
25:43l'avenir d'un pays
25:45dont ils portent la voix
25:46et dont ils révèlent
25:48les secrets.
25:56Méditerranéo est terminé
25:57pour aujourd'hui.
25:58Rendez-vous prochainement
25:59pour de nouvelles découvertes
26:01en Méditerranée.
26:13Sous-titrage Société Radio-Canada
26:16Sous-titrage Société Radio-Canada
26:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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Lala_cinema
il y a 3 jours