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Avec Philippe Vigier, député de la 4e circonscription d'Eure-et-Loir

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-07-02##

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News
Transcription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:06Dernière étape à l'Assemblée Nationale avant un probable vote définitif le 15 juillet.
00:10L'Assemblée Nationale a une nouvelle fois adopté mardi à une large majorité la création d'un droit à l
00:15'aide à mourir.
00:16On fait le point avec le député modem d'Heure et Loire, Philippe Vigier, également rapporteur général de la proposition
00:20de loi sur la fin de vie.
00:22Bonjour Monsieur le député.
00:24Bonjour.
00:24Bonjour Philippe Vigier, merci d'être en direct aujourd'hui sur Sud Radio pour parler de ce douloureux et épineux
00:30problème politique.
00:32Je disais en titre que la loi sur la fin de vie vire à la fracture nationale, il y a
00:36des divergences d'interprétation.
00:38Doit-on avoir peur de l'euthanasie ? C'est le terme qui est interdit.
00:41Pour autant, vous êtes rapporteur général de la proposition de loi.
00:45Je vois bien que vous avez pris en compte tous les enjeux éthiques, moraux, bioéthiques qui concernent cette situation.
00:52Par rapport à la loi Leonetti, Philippe Vigier, c'est une évolution nécessaire, c'est une évolution raisonnable ?
00:59La proposition de loi.
01:02Par rapport à la loi Leonetti, ça n'est pas du tout la même loi.
01:04La loi Leonetti, c'est quoi ?
01:06Ce sont les soins palliatifs qui permettent à des patients dans des situations particulières de bénéficier d'une sédation profonde
01:13et continue jusqu'à la mort.
01:14Très bien.
01:15Là, sur la fin de vie, c'est le malade qui peut demander l'aide à mourir.
01:20Mais dans des conditions très particulières, avoir un pronostic engagé, avoir un phénomène irréversible, c'est-à-dire qu'en
01:27fait tous les traitements ne fonctionnent pas.
01:28Il y a des critères cumulatifs d'accès, c'est qu'en fait il n'y a pas d'enfant,
01:32il n'y a pas d'handicapé, il n'y a pas de personnes qui ne soient pas françaises.
01:35Et on a surtout des critères médicaux, une procédure de collégialité qui a été mise en place, la demande du
01:41patient jusqu'à la dernière demande et l'injection ensuite.
01:45A la différence de la loi Claes-Leonetti, le patient peut ne pas être conscient et avoir donné des directives
01:50anticipées, comme dans la loi Claes-Leonetti.
01:52Là, il n'y en a pas sur le texte sur la fin de vie.
01:54On avoue que la demande du patient soit au cœur du dispositif.
01:57C'est quelques centaines de personnes qui seront concernées, qui sont dans une impasse thérapeutique totale, pour lesquelles la vie
02:03n'est plus rien.
02:04Est-ce que cette loi, ni les valeurs fondamentales, j'allais dire des droits de l'homme, est-ce qu
02:10'elle n'est pas conforme à l'humanisme de la France ?
02:12Vous, qui êtes plutôt d'obédience démocrate chrétienne, est-ce qu'elle peut choquer des chrétiens ?
02:17Ou au contraire, vous pouvez nous assurer que ces éléments essentiels ont été respectés dans la proposition de loi ?
02:24D'abord, c'est une loi, évidemment, dans laquelle certains sont opposés frontalement, mais les mêmes, je tiens à le
02:31dire, dans le débat parlementaire,
02:32à Perico-Legas, regardez les députés républicains qui étaient les premiers très opposés à ce texte sur la fin de
02:38vie.
02:38Ce sont les mêmes qui n'avaient pas voté la loi Claes-Léonetti.
02:42Et ceux-là, si vous voulez, considèrent que quelque part, il n'y a pas d'humanité, de fraternité.
02:46Bien au contraire.
02:47C'est un droit en plus, ça n'est pas un droit obligatoire.
02:49C'est le patient qui décide.
02:51La clause de conscience des médecins est respectée.
02:53Et ce sont encore des cas dans lesquels on sait qu'on est au bout du chemin et que, malheureusement,
02:57la vie n'est plus pour eux, qu'il n'y a plus de souffle de vie.
03:01L'image qu'ils renvoient d'eux-mêmes, vous avez de leurs proches, vous avez d'eux-mêmes, est tellement
03:04dégradée.
03:05On a voulu aussi que l'auto-administration soit la base.
03:07C'est-à-dire qu'en fait, c'est le patient en public qui est le décideur qui s'auto
03:10-administre le produit, sauf lorsque il est dans la capacité physique.
03:14On a voulu aussi protéger ces patients qu'il n'y ait pas d'influence extérieure.
03:18C'est-à-dire que les proches, une personne de confiance peut être là lorsque la décision est annoncée, mais
03:22ne peuvent pas participer à la décision.
03:24Vous voyez, on a mis un certain nombre de garanties.
03:26Et le fait que le médecin et l'infirmier aient sa clause de conscience, ça veut dire que ceux qui
03:29ne voudront pas, ne le feront pas.
03:31Donc, je crois qu'on a mis le maximum de gardes fous.
03:33Ça n'est pas une loi belge, ça n'est pas une loi suisse, ça n'est pas une loi
03:36hollandaise ou canadienne.
03:38C'est une loi française, une loi d'exception.
03:40Non, mais il y avait, si je peux me permettre, quelque part, un trou dans la raquette.
03:45Il y a des patients qui ne rentraient plus dans la possibilité d'avoir des soins palliatifs et qui les
03:49amenaient jusqu'au décès.
03:50Parce que malheureusement, ça ne répondait pas à toutes les situations.
03:54Et pire encore, on a même fait en sorte que dans le texte, on propose aux patients les soins palliatifs.
04:01C'est eux, une fois de plus qu'ils décident s'ils en veulent ou s'ils n'en veulent
04:03pas.
04:03Donc, on a essayé de s'entourer du maximum des précautions.
04:06Et puis, vous avez prononcé le mot euthanasie.
04:08Et vous qui êtes fiers de l'histoire, chacun le sait.
04:11Oui, Philippe Gier, a dit Genevard, ministre de l'agriculture, quand même figure des LR, même si elle est un
04:18petit peu en retrait, a dit je suis contre l'euthanasie.
04:21Mais est-ce qu'il s'agit bien d'euthanasie dans cette proposition de loi ?
04:24Mais il ne s'agit pas d'euthanasie. D'abord, le mot euthanasie, vous connaissez la racine grecque, ça veut
04:29dire une mort douce.
04:30Tout à fait.
04:31Donc, ça n'est pas du tout dans ce contexte-là.
04:33Et on sait que ce mot a été souillé par l'histoire, notamment Hitler, les T4, qui ont fait en
04:38fait qu'on a exterminé, notamment ces handicapés, dans des conditions absolument folles.
04:42Les mots, vous savez, le titre a été choisi de façon très claire, très transparente.
04:47Aide à mourir, on aide quelqu'un à mourir, on prononce le mot mort, comme d'ailleurs dans la sédation
04:51profonde et continue.
04:52C'est dans la sédation profonde et continue, que se passe-t-il ?
04:55On ne nourrit plus le patient, on ne lui apporte plus d'apport hydrique dans le dos, et donc les
05:01organes s'arrêtent.
05:02Donc aussi, ça conduit à la mort.
05:04Il faut bien comprendre que les personnes auxquelles on s'adresse là, sont des personnes qui sont d'une impasse
05:07thérapeutique totale,
05:08ou d'une maladie dégénérative comme la vie de Charcot, de votre confrère, j'en ai une des sports que
05:14vous connaissez tous.
05:15Bref, je crois que c'est une loi d'humanité, donc ce mot-là est galvoné, est un avis, on
05:20ne peut plus l'utiliser.
05:21Et en plus, ça n'est pas un suicide.
05:23Un suicide, la personne est seule et malheureusement décide de se supprimer, alors que là, il y a un environnement
05:27médical.
05:28Non, ça n'est pas un soin, mais c'est un accompagnement médical pour faire en sorte que ceux qui
05:32n'ont plus d'espoir,
05:35de pouvoir un jour retrouver quelques lieux de vie et de bonheur, puisqu'on est dans un processus irréversible.
05:42Et puis, je vais réagir une chose. Les Français sont très majoritairement favorables à cela.
05:46Ou alors, qu'est-ce qui se passe ? Les riches vont en Belgique, vont en Suisse, vont ailleurs.
05:50Non, ils sont favorables à ça. Il y a eu une convention citoyenne qui a été voulue par le Président
05:53de la République,
05:54avec depuis 180 personnes, qui a émis des recommandations.
05:57La Haute Autorité de Santé a fait des recommandations.
05:59Le Comité Consultatif National d'Éthique a fait des recommandations.
06:02Le Conseil d'État a été saisi. Bref, on s'est entouré du maximum de garanties.
06:06Donc, les valeurs de la République sont préservées. Les valeurs de la France sont préservées.
06:10Pour vous, pour vous, en tant qu'élu du peuple, et vous avez une expérience politique ancienne,
06:15c'était nécessaire d'en arriver là, maintenant, parce que, jusqu'à présent, quel était le problème ?
06:20Vous avez dit, on allait à l'étranger. Est-ce que c'est un progrès social et c'est un
06:24progrès politique pour vous, Philippe Vigier ?
06:26C'est un progrès social, politique, et même pour les soignants, parce qu'il y a des choses qui se
06:30passaient sous le manteau.
06:31Il y a des médecins, des soignants, qui pratiquaient, quelque part, l'aide à mourir,
06:35sans que tout ça soit couvert par les procédeurs juridiques.
06:37On a tout encadré.
06:39Oui, c'est un progrès social, c'est une loi en plus, c'est une grande loi sociétale.
06:43Et vous savez, dans ces pays, Péricault-Légas,
06:45lorsque l'avortement, grâce à Simone Veil, a été porté dans les années 75,
06:50à l'époque, la droite de la société n'en voulait pas.
06:53Et le mariage pour tous, également.
06:54Lorsque la progression médicalement assistée, il y a quelques années, a été mise en place, c'est la même chose.
07:00Lorsque le mariage pour tous a été mis en place, c'est la même chose.
07:02D'ailleurs, regardez M. Retailleau, il dit qu'on va faire un référendum.
07:05Qu'il fasse un référendum, et il verra le jugement des Français.
07:08Je dis, il y a quelques mois de la présidentielle, je suis prêt à votre antenne à dire que
07:12pas un seul homme politique ou femme politique qui, demain, sera président de la République,
07:16reviendra en arrière sur cette loi.
07:18Vous dites que ça va dans le sens de l'histoire.
07:21Pour autant, vous êtes rapporteur général de cette proposition-là.
07:25Vous êtes donc au sein de l'Assemblée nationale.
07:27Il va y avoir une cohésion assez large des députés au-delà des clivages partisans,
07:33où elle va passer difficilement ?
07:36Dans la mesure où le Sénat l'a refusé.
07:39Le Sénat l'a refusé, le texte est revenu au Sénat hier.
07:42On sait très bien que de toute façon, malheureusement, c'est une impasse au Sénat
07:45parce qu'ils ne veulent entendre parler de rien du tout.
07:47Malheureusement, je regrette cette position sénatoriale très fermée.
07:50Écoutez, c'est ainsi.
07:52Elle va revenir, donc ce texte va revenir, comme c'était dit tout à l'heure dans l'annonce de
07:55l'émission,
07:56le 15 juillet prochain pour une lecture définitive de l'Assemblée nationale,
08:00mais sur le texte que l'on connaît, parce que sur le texte que nous avons voté maintenant,
08:03mardi dernier, donc avant-hier, et donc vous dire que je suis persuadé que ça passera de façon transpartisane.
08:09La gauche vote très largement et quasi-unanimement.
08:14Le parti centriste auquel j'appartiens vote majoritairement, mais ce n'est pas une majorité très large.
08:18Les partis d'Edouard Philippe n'ont pas très mobilisés pour cette loi.
08:24Ils sont à peu près la moitié du groupe à voter.
08:26En revanche, les Républicains ne votent pas.
08:28Mais il y a des députés RN, une quinzaine de députés RN qui devraient voter sec.
08:32Donc vous voyez que ça traverse les clivages et ça traverse les sensibilités politiques.
08:37Ça ne sera pas une majorité écrasante, mais elle peut être nette malgré tout.
08:40Vous dites bien, Edouard Philippe, enfin les horizons réticents.
08:44Est-ce que c'est un sujet que certains candidats potentiels à l'élection présidentielle
08:49peuvent essayer de contourner ou d'éviter pour éviter le malaise ?
08:53Est-ce qu'il y aurait une petite pointe de désertion ou de dérobade ?
08:58En tout cas, je ne vois pas comment ils pourront éviter ce débat.
09:00Comme je l'ai rappelé tout à l'heure, il y a eu une convention citoyenne.
09:03Il y a eu depuis cinq ans.
09:05Parce qu'il faut bien dire, j'ai lu chez vos confrères du Figaro que ce débat était bâclé.
09:09Mais ce n'est pas vrai.
09:10Ça fait cinq ans qu'on est sur ce texte.
09:12Trois propositions de loi.
09:13La première, en 2021, il s'est pris dans le groupe à l'Assemblée.
09:15On avait fait ça avec Olivier Falendi, qui a fait un boulot absolument formidable.
09:19Sans qui, nous ne serions pas là.
09:20Cinq ans d'audition, cinq ans de consultation, d'écoute, de visite, de tous les services.
09:26Très la fin de vie, personne ne sait évidemment comment il terminerait sa vie.
09:30Mais moi, ce qui me conduit dans ce texte, c'est quoi ?
09:33C'est évidemment mon expérience des soignants, mais c'est surtout l'humanité,
09:36d'apporter un peu de bienveillance pour ceux qui demandent à partir parce qu'ils n'en peuvent plus,
09:41parce qu'ils sont au bout du chemin, qui ont tellement souffert avec des douleurs réfractaires.
09:45où la médecine ne peut pas tout, elle ne peut pas tout pour tout.
09:49Et ça, il faut le comprendre, c'est les limites de la médecine,
09:51comme on l'avait connue au départ du SIDA.
09:54On pensait qu'on n'arriverait pas à enrayer cette année.
09:55On est arrivé à enrayer, mais avec encore des cas douloureux,
09:58comme on a vu pour la Covid, où on a eu, vous le savez,
10:01des centaines de milliers de morts en Europe et dans le monde,
10:04et même plus de millions après.
10:06Eh bien, ça veut dire que quelque part, la médecine,
10:08eh bien, ça n'est pas automatique, la réponse.
10:10Donc, c'est une vraie question sociétale,
10:12et je ne vois pas comment on pourra l'écarter dans le débat présidentiel.
10:15Philippe Vigier, une fois que cette loi soit votée, elle le sera probablement,
10:18on peut considérer que cette étape franchit, le débat est clos,
10:22ou est-ce qu'il y a encore une étape à franchir pour améliorer,
10:25ou déjà là, quelque chose d'énorme, quelque chose de considérable aura été acquis ?
10:30C'est quelque chose de considérable, mais voyez, moi, je n'oppose pas les soins palliatifs,
10:34et donc, le côté de l'on est type, parce qu'on sait qu'il y a des départements,
10:37c'est ce que disent les opposants de cette loi,
10:40l'aide à mourir, et disent que c'est vrai que tout le territoire français n'est pas couvert.
10:43Alors, je rappelle qu'il y a deux ans, il y a eu une décision gouvernementale très importante,
10:46c'est de mettre un milliard d'euros sur la table en 10 ans,
10:48pour couvrir tout le territoire, mais il y a quand même des équipes mobiles,
10:51des soins palliatifs qui, partout, vont sur le territoire accompagnés de cela.
10:54Donc, la montée en puissance des soins palliatifs,
10:56on devrait être à 450 000 Français qui pourront bénéficier en 2032,
11:01donc vous voyez que c'est quand même un effort absolument considérable.
11:03Pour autant, cette loi est une réponse différente pour certains cas,
11:07pour lesquels, eh bien, manifestement, c'est l'impasse totale,
11:10et ces gens-là, on a besoin, ces malades-là,
11:12parce que moi, mes mots et toute ma réflexion s'est organisée autour du malade.
11:16Vous savez, c'est un vieux combat, c'est le sénateur Henri Caillavé,
11:20qui était radical, qui, dans les années 75, parlait déjà des droits des malades.
11:24C'est Bernard Kouchner, qui a vraiment fait beaucoup avec sa loi Kouchner de 1999,
11:28et cette avancée que nous connaissons.
11:30Un dernier mot très rapide, vous êtes député de Réloire, député de la Beauce.
11:33Nos paysans souffrent de la canicule, de la sécheresse.
11:37Ils souffrent énormément.
11:38C'est très difficile, en fait, faire une grande culture qu'est la Beauce,
11:40toutes les difficultés d'approvisionnement en eau, il n'y a pas que cela.
11:43C'est l'explosion du coût des intrants, donc de tous les engrais,
11:46l'explosion du coût de l'énergie, du gaz, pour sécher du maïs ou d'autres plantes.
11:51Et donc, c'est très, très difficile.
11:54Il faut être à l'écoute, vous savez, le sujet de l'eau, également,
11:57est un sujet absolument majeur pour eux.
11:59Rappelez-vous tout ce débat, à l'émission, que j'ai eu l'Assemblée sur les bassines.
12:02Et donc, j'ai une pensée pour eux.
12:03Je vis au milieu d'eux, c'est dans les boissons qu'on est marré,
12:06les grains ne sont pas très chargés, d'après ce que je peux savoir.
12:08Ça veut dire que si les prix ne tiennent pas, ça sera une année très compliquée.
12:12Merci, M. le député Philippe Vigier, rapporteur général de la loi sur la fin de vie,
12:15de votre témoignage et des convictions que vous avez émises à cette antenne.
12:18Je vous dis à très bientôt.
12:20Nous savons désormais quand nous voterons au premier et au second tour de la présidentielle en 2027.
12:25Des dates qui ne mettent pas tout le monde d'accord.
12:27Dites-nous ce que vous en pensez à l'antenne de Sud Radio 0826 300 300.
12:32A tout de suite.
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