00:00Europe 1, Christine Kelly.
00:01Christine Kelly, vous la suite sur Europe 1 avec cette question.
00:05Quelle décision des 50 dernières années a selon vous le plus abîmé notre pays ?
00:10Le débat se poursuit avec nos chroniqueurs Christine et votre invité,
00:15Jean Debello, administrateur de l'Institut Thomas More.
00:18Absolument, et je lui demandais pour le taquiner un petit peu,
00:21est-ce que ce n'est pas un rapport de plus ?
00:23Et ensuite on reviendra bien sûr sur le fond.
00:26Alors, un rapport de plus certainement, mais un rapport d'une nature et d'un contenu très particulier
00:32parce qu'il ne fait pas le constat des problèmes, il désigne précisément les causes
00:37au travers de notes approfondies, sérieuses, écrites par des gens ultra compétents
00:42et il explique comment les mesures prises ont été prises, dans quel contexte, l'impact qu'elles ont eu.
00:50Bien souvent, les notes racontent comment d'autres pays ont traité le problème que la décision prétendait traiter
00:58parce qu'il y a un phénomène, il y a deux choses que je voudrais dire.
01:03Le rapport 1, il est fait pour faire le constat et de ce constat sort quelque chose d'important,
01:09c'est qu'il y a un potentiel de rebond pour notre pays dans tous les domaines absolument considérable.
01:15Et ça, je tiens à le dire, notamment pour les auditeurs les plus jeunes, parce que le pays n'est
01:21pas foutu.
01:21C'est important.
01:23Et si vous voulez, c'est presque à la mesure de ce cumul d'erreurs, d'aberrations, d'erreurs d
01:28'analyse, d'erreurs de décision,
01:30d'erreurs d'action qui est la promesse d'un potentiel de rebond qui peut être assez colossal
01:38et que nous allons évidemment expliquer dans le rapport 2.
01:41C'était la première chose que je voulais dire.
01:43Et la deuxième chose, eh bien, il faut...
01:45Elle reviendra tout à l'heure si vous avez oublié.
01:47Mais sinon, pourquoi depuis 1975 ?
01:49Alors, pourquoi depuis 1975 ?
01:50Symboliquement, pour deux, trois raisons.
01:52D'abord, 1974, c'est le dernier budget à l'équilibre voté par la France.
01:58Deuxièmement, on est à la fin des Trente Glorieuses.
02:01Et il va falloir que tous les pays commencent à s'adapter à la mutation des choses
02:06organisée par le premier choc pétrolier suite à la guerre de Yom Kippour.
02:12Et donc, dès ce moment-là, vous avez des pays qui réagissent différemment de la France.
02:19On pourrait le détailler sur beaucoup de sujets.
02:23En 1974-1975, le pays était très industrialisé,
02:29avec une industrie à valeur ajoutée très forte et puissante,
02:35des filières respectées.
02:38Il était riche, il était en croissance, il était prospère, il faisait envie,
02:42sa parole était respectée sur la scène internationale.
02:45Absolument.
02:46Jean de Vélo sur Europe.
02:48Je suis en train de vous faire le constat de...
02:50Et moi, j'appartiens à une génération, si vous voulez, dans la présentation du rapport,
02:55j'ai voulu préciser que je me baptisais appartenant à la génération de la honte.
03:00Génération honte.
03:01J'ai 67 ans, il y a 50 ans, j'ai reçu un pays.
03:04Il y avait déjà des problèmes dans le pays.
03:06Il y avait deux, trois problèmes profonds.
03:08Il y avait déjà dans l'éducation nationale une culture du nivellement par le bas,
03:14mais on pouvait lutter.
03:15Elle était inscrite déjà depuis les années 60 en place,
03:17mais on pouvait, en 75, rétablir les choses.
03:21Il y avait la culture de l'excuse dans la justice,
03:25mais on pouvait rétablir les choses.
03:27Il y avait aussi...
03:29Mais je laisse la parole à qui veut, hein, Gabriel ?
03:31Non, non, non, je vous écoute religieusement.
03:34Après, vous poserez une question, et carrément, nous aussi,
03:35mais on a tellement de questions à vous poser,
03:37on est suspendus à ce que vous dites, vraiment, Jean de Vélo sur Europe.
03:40La possibilité, et d'ailleurs, il y a beaucoup de nos pays voisins ou comparables
03:45qui ont fait les choix différents et qui ne se retrouvent pas dans la situation
03:50d'avoir surendetté leurs citoyens, d'avoir un commerce extérieur déficitaire depuis 25 ans,
03:56d'avoir désindustrialisé le pays.
03:58Puis, si vous voulez, vous avez des données incroyables.
04:01« Rapport 2004 du Sénat sur les violences en milieu scolaire ».
04:05Combien d'agressions sur professeurs dans l'année, dans l'exercice 2022,
04:10dans l'année scolaire 2022-2023 ?
04:1348 000.
04:14Nous sommes allés les voir, parce que l'un d'entre eux,
04:17nous le connaissons bien et nous a aidés sur certains des aspects.
04:20Nous sommes allés les voir, nous leur avons demandé
04:22jusqu'à quand remontaient les statistiques.
04:25Eh bien, si on remonte à il y a 30 ans,
04:28les statistiques de coups, blessures, agressions
04:31sur professeurs de l'école du secteur public,
04:36c'est par an, c'est les doigts d'une main,
04:39deux doigts d'une main au maximum.
04:41Donc, la violence s'est répandue, y compris au sein de l'école,
04:44on le sait très bien, l'actualité nous le raconte tous les jours.
04:47Donc, la dégradation, voilà.
04:49Mais je répète, l'ampleur de la dégradation
04:53permet de décrire par des évidences
04:57le potentiel de rebond, et j'ajoute un élément,
05:00il y a dans les révolutions technologiques à l'œuvre aujourd'hui
05:04des arguments pour redresser le pays économiquement
05:09de façon assez rapide.
05:11Et donc, ce constat, c'est pas un rapport de plus,
05:14c'est le point préalable pour prétendre poser
05:17un projet de redémarrage, de reconstruction
05:20et de rebonheur du pays.
05:23Jean Debello sur Europe 1, administrateur de l'Institut Thomas More,
05:27j'ai le rapport entre les mains.
05:28Pour ceux qui regardent l'application,
05:30pour ceux qui regardent Europe 1.fr,
05:321975-2025, les 50 décisions qui ont coulé la France.
05:36Il nous reste 5 minutes.
05:38Question de Gabriel Cluzel, question de Karim Maloum,
05:40et votre mot de conclusion.
05:41Gabriel Cluzel.
05:42Oui, je constate que tout le monde a une nostalgie pour cette époque,
05:45alors Pompidou, Giscard, alors que tout était,
05:47on était en haut du toboggan, mais en germe,
05:50il y avait tout ce qui a conduit pour parler d'un livre célèbre
05:55au suicide français, si j'ose dire.
05:57Mais dans ces 50 mesures, est-ce qu'on ne peut pas quand même
05:59les hiérarchiser ? Pardon d'insister,
06:00mais il me semble qu'on peut se remettre d'une crise économique,
06:04on ne peut pas se remettre d'une submersion migratoire,
06:06parce qu'il y a ce que l'on est et il y a ce que l'on a,
06:08et il me semble que l'être est plus important que l'avoir.
06:11Alors, je suis parfaitement d'accord avec vous, Gabriel,
06:15on peut toujours redresser l'économie d'un pays,
06:18ça prend 5 ans, 10 ans, 25 ans, 30 ans,
06:22la Pologne, les pays de l'Est,
06:25certains pays se sont redressés économiquement,
06:27ça prend le vrai risque du pays,
06:30mais c'est ce que disait, comment s'appelle-t-il,
06:32l'ancien maire de Lyon, Gérard Collomb,
06:34ministre de l'Intérieur, sur le perron du ministère de l'Intérieur,
06:37en partant, le pays est divisé de l'impérieur,
06:39il est divisé de l'Intérieur, communautarisé,
06:43et il est en passe de ne plus être un pays.
06:46Nous sommes d'accord.
06:47Et donc, il y a cette priorité-là qui est la première urgence,
06:52mais je crois profondément, Gabriel,
06:55que pour traiter cette première urgence,
06:58qui est de faire que le pays reste un pays,
07:01il faut absolument traiter l'économie
07:04pour que chacun retrouve
07:07un rôle flatteur, valorisant dans la société,
07:11l'espoir d'une vie matérielle meilleure,
07:13même si bien évidemment, à Thomas Mans,
07:15on sait bien que ce n'est pas la vie matérielle
07:17qui fait le bonheur,
07:18mais tout de même,
07:20vu la façon dont les choses se sont dégradées
07:23pour une proportion très importante
07:26de nos concitoyens dans les 40 dernières années,
07:29il faut traiter effectivement
07:31le risque de fracturation du pays,
07:33de ne plus être un pays,
07:35mais la question économique,
07:37de réindustrialisation,
07:39de revalorisation des emplois,
07:41de la formation des jeunes,
07:43est à traiter, je dirais,
07:45c'est un outil de l'objectif principal
07:47que vous avez raison de qualifier
07:49et de signaler comme principal.
07:51Jean Debello sur Europe 1
07:53pour le rapport
07:54« Les 50 décisions qui ont coulé la France
07:581975 à 2025 en exclusivité pour Europe 1 ».
08:02Question de Karim Maloum.
08:03Rapidement, en 1975,
08:06la France a décidé
08:09de faire appel
08:09ou de maintenir sa main-d'œuvre étrangère,
08:11par le gouvernement familial.
08:13Par contre, le Japon et d'autres pays
08:14ont décidé de robotiser
08:16le choix stratégique
08:17qui a été fait les années 70,
08:19parce qu'en 1075,
08:20on peut aller jusqu'à les années 60,
08:21début 70.
08:23on a voulu à tout prix maintenir
08:26une main-d'œuvre étrangère
08:27qui n'est pas très chère,
08:28que d'aller dans la reprétisation
08:31et surtout, en faisant ça,
08:33non seulement on a fait
08:34le gouvernement familial,
08:35on a construit des quartiers
08:37partout autour des grandes villes,
08:39aujourd'hui, qui est un fluo
08:40et qu'on voit beaucoup de choses
08:41qui se déroulent dans ces quartiers.
08:43Nous sommes parfaitement d'accord
08:45que ça a été un continuum
08:47de décisions mauvaises
08:49et désastreuses
08:49pour les intéressés,
08:51pour les gens entassés,
08:52pour les gens, au fond, méprisés,
08:54parce que l'un des grands drames
08:55est de plus en plus aujourd'hui.
08:57Les gens qu'on a accueillis
08:59il y a 40 ans,
08:59qu'on a un peu entassés
09:01en banlieue,
09:01dans des zones pas très agréables,
09:03etc.
09:04Aujourd'hui, on continue
09:06d'accueillir des gens.
09:07Moi, je vis à Paris
09:09depuis très longtemps.
09:10J'étais à République,
09:12j'habitais à République
09:13jusqu'à il y a quelques mois.
09:14Le nombre de gens
09:15qui dorment et qui vivent
09:16dans la rue toute saison
09:18ne cessent d'augmenter.
09:20Donc, ce qu'il y a de lamentable,
09:22c'est qu'on met une pression
09:23sur la population en place
09:25et en fait,
09:26on prétend accueillir,
09:28mais on traite très mal.
09:30On n'en a plus les moyens.
09:31On n'en a plus les moyens.
09:33Et donc, c'est la double sanction
09:34pour tout le monde,
09:35pour les gens qui accueillent
09:36et qui s'essoufflent
09:37et pour les gens qui viennent
09:39et qui sont, en réalité,
09:41il y a beaucoup de mépris.
09:42Et il y a des sous-jobs.
09:44Quand vous voyez,
09:45on n'a que des gens
09:46dans des sous-jobs
09:47où ils sont très, très maltraités.
09:50Jean de Bellot sur Europe 1,
09:51administrateur de l'Institut Thomas More.
09:54Le mot de la fin,
09:55peut-être pour terminer,
09:56peut-être un mot d'espoir.
09:57Alors, je dis,
09:58à 67 ans,
10:00vous dites appartenir,
10:01je cite,
10:01à la génération honte,
10:03celle qui a hérité
10:04à la mort de Jean-Jean Pompidou,
10:05d'un pays heureux,
10:06dynamique,
10:07respecté, prometteur,
10:08qui a vu et compris
10:09où le pays sombrait
10:11du fait de l'accumulation historique
10:12de décisions néfastes,
10:14mais sans parvenir
10:15à les éviter.
10:16Un mot d'espoir, peut-être ?
10:18Alors, un mot d'espoir,
10:19si vous voulez,
10:19pourquoi j'ai écrit ça
10:20dans ma petite présentation ?
10:21C'est que chacune
10:22de ces décisions,
10:23quand j'étais journaliste
10:24ou quand j'étais conseil d'entreprise,
10:26je les ai vues,
10:27je les ai ressenties
10:27comme un coup de poignard
10:28pour l'intérêt de mon pays,
10:30de mes enfants,
10:31de mes petits-enfants,
10:32des gens qu'on aime,
10:33etc.
10:35Je répète,
10:36le cumul de décisions
10:39contre l'intérêt du pays
10:41est-elle
10:42à créer,
10:43segment par segment,
10:44dans l'éducation nationale,
10:45dans la sécurité,
10:47dans la justice,
10:48dans l'aménagement du territoire,
10:50évidemment,
10:50dans la politique économique,
10:52de tels amoncellements,
10:54d'aberrations,
10:55d'argent gaspillé,
10:57d'argent gaspillé,
10:58vous avez,
10:59le chiffre est connu,
11:00enfin, il n'est pas connu
11:01parce qu'il n'est pas connu
11:02des services de l'État.
11:03Vous avez à peu près
11:05800 organismes
11:06qui font à peu près
11:07la même chose
11:08que les ministères.
11:09Il y a un potentiel
11:10d'économie colossal
11:11et ailleurs.
11:12Donc,
11:14le redressement du pays,
11:15il est totalement possible
11:18à la mesure
11:19de l'ampleur
11:20des erreurs
11:20qui ont été commises
11:23dans les 50 dernières années.
11:24Jean de Bello
11:25a été notre invité
11:26sur Europe 1 août.
11:27Merci beaucoup.
11:28Entre autres,
11:29de ce rapport
11:30sur les 50 décisions
11:32qui ont coulé la France.
11:33Merci infiniment
11:34de nous avoir accordé.
11:36C'est moi qui m'en remercie.
11:36C'est nos noms
11:36de toute l'équipe,
11:37Thomas Le Smeur,
11:37Tariq Daly,
11:38Charles,
11:39Millon et d'autres.
11:40Et d'autres
11:40qui ne veulent pas forcément
11:41être signalés.
11:42Merci de vous pencher sur la France.
11:43On aime notre pays.
11:44Comme le disait Karine Le Marchand,
11:45comme le disait Chaotique,
11:46comme on le pense.
11:47On veut changer notre pays.
11:49On veut qu'il change.
11:50On veut que nos enfants
11:51puissent avoir un avenir.
11:52J'étais en train de parler
11:53avec des stagiaires
11:53la semaine dernière.
11:54Je leur disais
11:55vous avez 15 ans.
11:56Ne laissez personne vous dire
11:57que la France
11:58ne peut pas se relever.
11:59Merci encore d'avoir été
12:00en direction Europe 1.
12:01Bonjour Clélie Mathias.
12:02Quel est le programme ?
12:03Bonjour Christine Kelly.
12:04Bonjour à tous.
12:05Europe 1 Info
12:05dans quelques minutes.
12:06Et nous reviendrons
12:06sur les dates
12:07de l'élection présidentielle
12:08de l'année prochaine.
12:0918 avril, 2 mai.
12:11Et ça fait polémique.
12:12Ça fait polémique.
12:12Excellente émission.
12:13Merci Christine.
12:14A demain pour la dernière
12:15de la saison avec vous.
12:17De 11h30 à 13h sur Europe 1.
12:19C'était Christine Kelly.
12:20Excellente journée.
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