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  • il y a 14 minutes
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly.
00:01Christine Kelly, vous la suite sur Europe 1 avec cette question.
00:05Quelle décision des 50 dernières années a selon vous le plus abîmé notre pays ?
00:10Le débat se poursuit avec nos chroniqueurs Christine et votre invité,
00:15Jean Debello, administrateur de l'Institut Thomas More.
00:18Absolument, et je lui demandais pour le taquiner un petit peu,
00:21est-ce que ce n'est pas un rapport de plus ?
00:23Et ensuite on reviendra bien sûr sur le fond.
00:26Alors, un rapport de plus certainement, mais un rapport d'une nature et d'un contenu très particulier
00:32parce qu'il ne fait pas le constat des problèmes, il désigne précisément les causes
00:37au travers de notes approfondies, sérieuses, écrites par des gens ultra compétents
00:42et il explique comment les mesures prises ont été prises, dans quel contexte, l'impact qu'elles ont eu.
00:50Bien souvent, les notes racontent comment d'autres pays ont traité le problème que la décision prétendait traiter
00:58parce qu'il y a un phénomène, il y a deux choses que je voudrais dire.
01:03Le rapport 1, il est fait pour faire le constat et de ce constat sort quelque chose d'important,
01:09c'est qu'il y a un potentiel de rebond pour notre pays dans tous les domaines absolument considérable.
01:15Et ça, je tiens à le dire, notamment pour les auditeurs les plus jeunes, parce que le pays n'est
01:21pas foutu.
01:21C'est important.
01:23Et si vous voulez, c'est presque à la mesure de ce cumul d'erreurs, d'aberrations, d'erreurs d
01:28'analyse, d'erreurs de décision,
01:30d'erreurs d'action qui est la promesse d'un potentiel de rebond qui peut être assez colossal
01:38et que nous allons évidemment expliquer dans le rapport 2.
01:41C'était la première chose que je voulais dire.
01:43Et la deuxième chose, eh bien, il faut...
01:45Elle reviendra tout à l'heure si vous avez oublié.
01:47Mais sinon, pourquoi depuis 1975 ?
01:49Alors, pourquoi depuis 1975 ?
01:50Symboliquement, pour deux, trois raisons.
01:52D'abord, 1974, c'est le dernier budget à l'équilibre voté par la France.
01:58Deuxièmement, on est à la fin des Trente Glorieuses.
02:01Et il va falloir que tous les pays commencent à s'adapter à la mutation des choses
02:06organisée par le premier choc pétrolier suite à la guerre de Yom Kippour.
02:12Et donc, dès ce moment-là, vous avez des pays qui réagissent différemment de la France.
02:19On pourrait le détailler sur beaucoup de sujets.
02:23En 1974-1975, le pays était très industrialisé,
02:29avec une industrie à valeur ajoutée très forte et puissante,
02:35des filières respectées.
02:38Il était riche, il était en croissance, il était prospère, il faisait envie,
02:42sa parole était respectée sur la scène internationale.
02:45Absolument.
02:46Jean de Vélo sur Europe.
02:48Je suis en train de vous faire le constat de...
02:50Et moi, j'appartiens à une génération, si vous voulez, dans la présentation du rapport,
02:55j'ai voulu préciser que je me baptisais appartenant à la génération de la honte.
03:00Génération honte.
03:01J'ai 67 ans, il y a 50 ans, j'ai reçu un pays.
03:04Il y avait déjà des problèmes dans le pays.
03:06Il y avait deux, trois problèmes profonds.
03:08Il y avait déjà dans l'éducation nationale une culture du nivellement par le bas,
03:14mais on pouvait lutter.
03:15Elle était inscrite déjà depuis les années 60 en place,
03:17mais on pouvait, en 75, rétablir les choses.
03:21Il y avait la culture de l'excuse dans la justice,
03:25mais on pouvait rétablir les choses.
03:27Il y avait aussi...
03:29Mais je laisse la parole à qui veut, hein, Gabriel ?
03:31Non, non, non, je vous écoute religieusement.
03:34Après, vous poserez une question, et carrément, nous aussi,
03:35mais on a tellement de questions à vous poser,
03:37on est suspendus à ce que vous dites, vraiment, Jean de Vélo sur Europe.
03:40La possibilité, et d'ailleurs, il y a beaucoup de nos pays voisins ou comparables
03:45qui ont fait les choix différents et qui ne se retrouvent pas dans la situation
03:50d'avoir surendetté leurs citoyens, d'avoir un commerce extérieur déficitaire depuis 25 ans,
03:56d'avoir désindustrialisé le pays.
03:58Puis, si vous voulez, vous avez des données incroyables.
04:01« Rapport 2004 du Sénat sur les violences en milieu scolaire ».
04:05Combien d'agressions sur professeurs dans l'année, dans l'exercice 2022,
04:10dans l'année scolaire 2022-2023 ?
04:1348 000.
04:14Nous sommes allés les voir, parce que l'un d'entre eux,
04:17nous le connaissons bien et nous a aidés sur certains des aspects.
04:20Nous sommes allés les voir, nous leur avons demandé
04:22jusqu'à quand remontaient les statistiques.
04:25Eh bien, si on remonte à il y a 30 ans,
04:28les statistiques de coups, blessures, agressions
04:31sur professeurs de l'école du secteur public,
04:36c'est par an, c'est les doigts d'une main,
04:39deux doigts d'une main au maximum.
04:41Donc, la violence s'est répandue, y compris au sein de l'école,
04:44on le sait très bien, l'actualité nous le raconte tous les jours.
04:47Donc, la dégradation, voilà.
04:49Mais je répète, l'ampleur de la dégradation
04:53permet de décrire par des évidences
04:57le potentiel de rebond, et j'ajoute un élément,
05:00il y a dans les révolutions technologiques à l'œuvre aujourd'hui
05:04des arguments pour redresser le pays économiquement
05:09de façon assez rapide.
05:11Et donc, ce constat, c'est pas un rapport de plus,
05:14c'est le point préalable pour prétendre poser
05:17un projet de redémarrage, de reconstruction
05:20et de rebonheur du pays.
05:23Jean Debello sur Europe 1, administrateur de l'Institut Thomas More,
05:27j'ai le rapport entre les mains.
05:28Pour ceux qui regardent l'application,
05:30pour ceux qui regardent Europe 1.fr,
05:321975-2025, les 50 décisions qui ont coulé la France.
05:36Il nous reste 5 minutes.
05:38Question de Gabriel Cluzel, question de Karim Maloum,
05:40et votre mot de conclusion.
05:41Gabriel Cluzel.
05:42Oui, je constate que tout le monde a une nostalgie pour cette époque,
05:45alors Pompidou, Giscard, alors que tout était,
05:47on était en haut du toboggan, mais en germe,
05:50il y avait tout ce qui a conduit pour parler d'un livre célèbre
05:55au suicide français, si j'ose dire.
05:57Mais dans ces 50 mesures, est-ce qu'on ne peut pas quand même
05:59les hiérarchiser ? Pardon d'insister,
06:00mais il me semble qu'on peut se remettre d'une crise économique,
06:04on ne peut pas se remettre d'une submersion migratoire,
06:06parce qu'il y a ce que l'on est et il y a ce que l'on a,
06:08et il me semble que l'être est plus important que l'avoir.
06:11Alors, je suis parfaitement d'accord avec vous, Gabriel,
06:15on peut toujours redresser l'économie d'un pays,
06:18ça prend 5 ans, 10 ans, 25 ans, 30 ans,
06:22la Pologne, les pays de l'Est,
06:25certains pays se sont redressés économiquement,
06:27ça prend le vrai risque du pays,
06:30mais c'est ce que disait, comment s'appelle-t-il,
06:32l'ancien maire de Lyon, Gérard Collomb,
06:34ministre de l'Intérieur, sur le perron du ministère de l'Intérieur,
06:37en partant, le pays est divisé de l'impérieur,
06:39il est divisé de l'Intérieur, communautarisé,
06:43et il est en passe de ne plus être un pays.
06:46Nous sommes d'accord.
06:47Et donc, il y a cette priorité-là qui est la première urgence,
06:52mais je crois profondément, Gabriel,
06:55que pour traiter cette première urgence,
06:58qui est de faire que le pays reste un pays,
07:01il faut absolument traiter l'économie
07:04pour que chacun retrouve
07:07un rôle flatteur, valorisant dans la société,
07:11l'espoir d'une vie matérielle meilleure,
07:13même si bien évidemment, à Thomas Mans,
07:15on sait bien que ce n'est pas la vie matérielle
07:17qui fait le bonheur,
07:18mais tout de même,
07:20vu la façon dont les choses se sont dégradées
07:23pour une proportion très importante
07:26de nos concitoyens dans les 40 dernières années,
07:29il faut traiter effectivement
07:31le risque de fracturation du pays,
07:33de ne plus être un pays,
07:35mais la question économique,
07:37de réindustrialisation,
07:39de revalorisation des emplois,
07:41de la formation des jeunes,
07:43est à traiter, je dirais,
07:45c'est un outil de l'objectif principal
07:47que vous avez raison de qualifier
07:49et de signaler comme principal.
07:51Jean Debello sur Europe 1
07:53pour le rapport
07:54« Les 50 décisions qui ont coulé la France
07:581975 à 2025 en exclusivité pour Europe 1 ».
08:02Question de Karim Maloum.
08:03Rapidement, en 1975,
08:06la France a décidé
08:09de faire appel
08:09ou de maintenir sa main-d'œuvre étrangère,
08:11par le gouvernement familial.
08:13Par contre, le Japon et d'autres pays
08:14ont décidé de robotiser
08:16le choix stratégique
08:17qui a été fait les années 70,
08:19parce qu'en 1075,
08:20on peut aller jusqu'à les années 60,
08:21début 70.
08:23on a voulu à tout prix maintenir
08:26une main-d'œuvre étrangère
08:27qui n'est pas très chère,
08:28que d'aller dans la reprétisation
08:31et surtout, en faisant ça,
08:33non seulement on a fait
08:34le gouvernement familial,
08:35on a construit des quartiers
08:37partout autour des grandes villes,
08:39aujourd'hui, qui est un fluo
08:40et qu'on voit beaucoup de choses
08:41qui se déroulent dans ces quartiers.
08:43Nous sommes parfaitement d'accord
08:45que ça a été un continuum
08:47de décisions mauvaises
08:49et désastreuses
08:49pour les intéressés,
08:51pour les gens entassés,
08:52pour les gens, au fond, méprisés,
08:54parce que l'un des grands drames
08:55est de plus en plus aujourd'hui.
08:57Les gens qu'on a accueillis
08:59il y a 40 ans,
08:59qu'on a un peu entassés
09:01en banlieue,
09:01dans des zones pas très agréables,
09:03etc.
09:04Aujourd'hui, on continue
09:06d'accueillir des gens.
09:07Moi, je vis à Paris
09:09depuis très longtemps.
09:10J'étais à République,
09:12j'habitais à République
09:13jusqu'à il y a quelques mois.
09:14Le nombre de gens
09:15qui dorment et qui vivent
09:16dans la rue toute saison
09:18ne cessent d'augmenter.
09:20Donc, ce qu'il y a de lamentable,
09:22c'est qu'on met une pression
09:23sur la population en place
09:25et en fait,
09:26on prétend accueillir,
09:28mais on traite très mal.
09:30On n'en a plus les moyens.
09:31On n'en a plus les moyens.
09:33Et donc, c'est la double sanction
09:34pour tout le monde,
09:35pour les gens qui accueillent
09:36et qui s'essoufflent
09:37et pour les gens qui viennent
09:39et qui sont, en réalité,
09:41il y a beaucoup de mépris.
09:42Et il y a des sous-jobs.
09:44Quand vous voyez,
09:45on n'a que des gens
09:46dans des sous-jobs
09:47où ils sont très, très maltraités.
09:50Jean de Bellot sur Europe 1,
09:51administrateur de l'Institut Thomas More.
09:54Le mot de la fin,
09:55peut-être pour terminer,
09:56peut-être un mot d'espoir.
09:57Alors, je dis,
09:58à 67 ans,
10:00vous dites appartenir,
10:01je cite,
10:01à la génération honte,
10:03celle qui a hérité
10:04à la mort de Jean-Jean Pompidou,
10:05d'un pays heureux,
10:06dynamique,
10:07respecté, prometteur,
10:08qui a vu et compris
10:09où le pays sombrait
10:11du fait de l'accumulation historique
10:12de décisions néfastes,
10:14mais sans parvenir
10:15à les éviter.
10:16Un mot d'espoir, peut-être ?
10:18Alors, un mot d'espoir,
10:19si vous voulez,
10:19pourquoi j'ai écrit ça
10:20dans ma petite présentation ?
10:21C'est que chacune
10:22de ces décisions,
10:23quand j'étais journaliste
10:24ou quand j'étais conseil d'entreprise,
10:26je les ai vues,
10:27je les ai ressenties
10:27comme un coup de poignard
10:28pour l'intérêt de mon pays,
10:30de mes enfants,
10:31de mes petits-enfants,
10:32des gens qu'on aime,
10:33etc.
10:35Je répète,
10:36le cumul de décisions
10:39contre l'intérêt du pays
10:41est-elle
10:42à créer,
10:43segment par segment,
10:44dans l'éducation nationale,
10:45dans la sécurité,
10:47dans la justice,
10:48dans l'aménagement du territoire,
10:50évidemment,
10:50dans la politique économique,
10:52de tels amoncellements,
10:54d'aberrations,
10:55d'argent gaspillé,
10:57d'argent gaspillé,
10:58vous avez,
10:59le chiffre est connu,
11:00enfin, il n'est pas connu
11:01parce qu'il n'est pas connu
11:02des services de l'État.
11:03Vous avez à peu près
11:05800 organismes
11:06qui font à peu près
11:07la même chose
11:08que les ministères.
11:09Il y a un potentiel
11:10d'économie colossal
11:11et ailleurs.
11:12Donc,
11:14le redressement du pays,
11:15il est totalement possible
11:18à la mesure
11:19de l'ampleur
11:20des erreurs
11:20qui ont été commises
11:23dans les 50 dernières années.
11:24Jean de Bello
11:25a été notre invité
11:26sur Europe 1 août.
11:27Merci beaucoup.
11:28Entre autres,
11:29de ce rapport
11:30sur les 50 décisions
11:32qui ont coulé la France.
11:33Merci infiniment
11:34de nous avoir accordé.
11:36C'est moi qui m'en remercie.
11:36C'est nos noms
11:36de toute l'équipe,
11:37Thomas Le Smeur,
11:37Tariq Daly,
11:38Charles,
11:39Millon et d'autres.
11:40Et d'autres
11:40qui ne veulent pas forcément
11:41être signalés.
11:42Merci de vous pencher sur la France.
11:43On aime notre pays.
11:44Comme le disait Karine Le Marchand,
11:45comme le disait Chaotique,
11:46comme on le pense.
11:47On veut changer notre pays.
11:49On veut qu'il change.
11:50On veut que nos enfants
11:51puissent avoir un avenir.
11:52J'étais en train de parler
11:53avec des stagiaires
11:53la semaine dernière.
11:54Je leur disais
11:55vous avez 15 ans.
11:56Ne laissez personne vous dire
11:57que la France
11:58ne peut pas se relever.
11:59Merci encore d'avoir été
12:00en direction Europe 1.
12:01Bonjour Clélie Mathias.
12:02Quel est le programme ?
12:03Bonjour Christine Kelly.
12:04Bonjour à tous.
12:05Europe 1 Info
12:05dans quelques minutes.
12:06Et nous reviendrons
12:06sur les dates
12:07de l'élection présidentielle
12:08de l'année prochaine.
12:0918 avril, 2 mai.
12:11Et ça fait polémique.
12:12Ça fait polémique.
12:12Excellente émission.
12:13Merci Christine.
12:14A demain pour la dernière
12:15de la saison avec vous.
12:17De 11h30 à 13h sur Europe 1.
12:19C'était Christine Kelly.
12:20Excellente journée.
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