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  • il y a 3 mois
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Les journaux télévisés du service public sur France 2 n'ont jamais
00:04parlé des violences et des interpellations qui ont lieu après la fête de la musique.
00:08Est-ce volontaire ? Est-ce pour cacher des informations aux français ?
00:12Nous recevons en ce moment donc Jacques Cardoz, ancien rédacteur en chef de complément d'enquête
00:17qui publie Les Inquisiteurs chez Fayard, un livre qui pose exactement la question
00:22« Pourquoi certains faits disparissent-ils des écrans ? »
00:26Avant de vous donner la parole, Jacques Cardoz, peut-être un mot du regard que portent sur ce sujet
00:31de Michel Fayard et de Karim Aloum, nos chroniqueurs.
00:35Comment pouvez-vous expliquer qu'après la fête de la musique,
00:39les journaux payés par les français ne puissent pas aborder ce sujet ?
00:44Michel Fayard sur Europe 1.
00:46Non, c'est injustifiable mais je pense que c'est parce qu'à la base la fête de la musique
00:50c'est une fête qui avait été créée par la gauche et que la gauche quand elle crée quelque chose
00:53elle veut toujours contrôler, maîtriser.
00:57Vous êtes en train de dire que France doit être de gauche ?
01:00Malheureusement, je pense que l'idéologie dominante chez les journalistes de France Télévisions
01:05c'est une idéologie de gauche et il suffit de voir ce qui est dit dans les programmes,
01:10ce qui est dit dans les journaux, etc.
01:13Donc oui, je pense que je considère que la fête de la musique ce n'est pas la fête de
01:18tous les français
01:18mais c'est une fête qui est de gauche et qui doit être préservée comme telle
01:23et qu'il ne faut surtout pas montrer des problèmes liés à l'insécurité.
01:26Michel Fayard sur Europe 1.
01:28Karim Maloum.
01:28C'est une faute professionnelle.
01:31Qu'une télé publique ou privée, un journal ou une radio, son rôle c'est d'informer.
01:38C'est tout.
01:39C'est de donner l'information, même s'il n'a pas éditorialisé.
01:42Il n'a même pas donné l'information.
01:44C'est un peu, c'est très grave.
01:46Il y a eu 240 à peu près.
01:49243.
01:50243 arrestations.
01:51268.
01:52Il y a eu des viols, il y a eu des puquures avec des siringues,
01:55il y a eu des arrestations, il y a eu de la bagarre, il y a eu des vols.
01:57Donc il s'est passé des choses graves dans le troisième arrondissement particulièrement.
02:02Le rôle d'un journal, c'est de donner l'information.
02:04Si vous ne le donnez pas, la question est supposée.
02:06Quelle est votre mission ?
02:07Bien sûr.
02:08Quelle est la mission du service public s'il ne donne pas l'information au public ?
02:11C'est la base.
02:12Merci.
02:13Jacques Cardoz, vous êtes notre invité.
02:15Bonjour, merci infiniment d'être là.
02:16Merci à vous, Christine.
02:18Jusqu'à midi.
02:19A partir de midi, nous avons une édition spéciale avec Boalem Sansa.
02:22N'hésitez pas déjà à appeler au standard.
02:24Jacques Cardoz, c'est intéressant parce que votre livre révèle justement ces défaillances.
02:31Cet événement-là que vous soulignez, il est effectivement absolument incompréhensible pour les Français.
02:38Et il s'explique très bien lorsque l'on est journaliste à France Télévisions.
02:42Je pense que ça vient d'être dit, il y a deux choses, il y a deux réflexes.
02:46Il y a à la fois l'identité culturelle plutôt ancrée à gauche qui fait qu'aujourd'hui, on a
02:53du mal à être critique contre son propre camp.
02:58Et c'est ça le problème, savoir penser contre soi-même, savoir être critique contre soi-même.
03:02Jacques Cardoz, pardon, en quoi être de gauche, par exemple, empêche de parler des 268 interpellations ?
03:08Pour essayer de comprendre, pour ceux qui nous écoutent.
03:10Et le deuxième argument que je voulais développer, c'est que vous avez une sorte de prévention dès lors qu
03:17'il s'agit de délinquance.
03:18Parce que l'idée qui est communément admise à France Télévisions, c'est que si vous parlez trop de délinquance,
03:24vous faites monter le vote du Rassemblement National ou le vote de la droite d'une façon générale.
03:28Et puis il y a quelque chose de sale à parler du fait divers.
03:31C'est aussi ça, c'est-à-dire que lorsqu'on est à France Télé, on considère qu'on doit
03:36donner l'exemple et que d'en donner l'exemple,
03:38eh bien, il y a l'idée qu'on ne parle pas des faits dives, des petits faits de délinquance,
03:44parce que ce n'est pas très important.
03:46C'est une atteinte grave aux Français. Pourquoi ?
03:51Parce que les Français sont des actionnaires, de fait, vous l'avez dit, vous l'avez rappelé Christine,
03:56qui paye aujourd'hui le service public quand vous allez prendre un café, quand vous allez au restaurant ?
04:00Mais de fait, vous êtes actionnaire du service public.
04:02Moi, je parle de toutes ces émissions de magazines qui coûtent, ceux qui nous écoutent l'aient en tête,
04:08coûtent 300 000 euros par soir.
04:10Chaque jeudi, c'est 300 000 euros de l'argent des Français qui est investi.
04:13Donc, en retour, je ne dis pas que c'est un problème d'ailleurs d'investir 300 000 euros.
04:16Ça coûte cher de faire de l'information et de faire de l'investigation.
04:19J'ai un quart d'ose sur Europe 1.
04:20Mais en quoi ça doit vous interdire de penser contre vous-même, de critiquer vos opinions, etc.
04:28Et c'est ça, la société dans laquelle on est aujourd'hui, c'est que vous avez en fait un
04:36parti pris
04:36qui a finalement pris le dessus sur votre travail journalistique.
04:40Parce que que vous soyez de gauche ou de droite, et que vous ayez d'ailleurs des opinions ambivalentes,
04:44parce que c'est ça aussi la réalité, c'est que vous pouvez aussi évoluer dans le cours de votre
04:48vie,
04:49eh bien, c'est que vous devez de toute façon savoir mettre ça de côté et traiter tout simplement l
04:54'information.
04:54Votre question, Christine, mais elle est essentielle.
04:57Pourquoi ce n'est pas dans le journal de 20 heures ?
04:58Honnêtement, je vous dis, j'y vois deux choses.
05:01J'y vois une forme de prévention politique et j'y vois une forme de rapport aux faits divers.
05:08Je consacre un de mes chapitres dans ce livre, Les Inquisiteurs chez Fayard, à cette difficulté-là.
05:15C'est que les journalistes ont un rapport aux faits divers qui est très compliqué
05:20parce qu'ils considèrent que ça fait pousser le vote RN et que ce n'est pas digne du discours
05:26qu'on doit développer sur le service public.
05:27Vous êtes en train de m'expliquer, je vous taquine un peu,
05:29de m'expliquer que comme il y a une certaine idéologie à gauche,
05:35ils ne veulent pas montrer la réalité ni les interpellations pour ne pas faire monter la droite nationale.
05:42Oui, il y a ça et puis, alors je vais vous dire une chose, je me souviens d'abord...
05:45Même si on est de gauche, qu'on soit de gauche, de droite, on peut faire son travail de journaliste.
05:51Normalement, ça ne devrait même pas être une question en fait.
05:53Tout à fait.
05:54On est bien d'accord avec ça.
05:55Ça ne devrait pas être une question.
05:57Moi, j'ai travaillé avec des gens dont je savais qu'ils étaient de gauche ou de droite.
06:00Peu importe, peu importe, ça ne rentrait pas en conflit.
06:04Ça ne rentrait pas et ça ne venait pas dominer un discours et un choix éditorial.
06:09La question du choix éditorial s'impose par des événements qui sont d'abord dans l'actualité
06:14et qui s'imposent à vous en fait.
06:17C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous refusez de traiter un sujet comme celui-là,
06:22ça signifie que c'est un acte politique quelque part.
06:24Puisque vous refusez une réalité.
06:26C'est ça qui est quand même incroyable.
06:27Jacques Cardoz, en direct sur Europe 1, ancien rédacteur en chef de complément d'enquête
06:31pour les inquisiteurs qui sortent chez Ferriard.
06:34Question, pourquoi avez-vous fait ce livre ?
06:37J'ai fait ce livre parce que je pense que les Français doivent savoir.
06:40Il est temps, on m'a reproché de, entre guillemets, cracher dans la soupe
06:48ou bien avoir, si vous voulez, un regard trop critique sur ceux avec qui j'avais travaillé
06:54pendant 27 ans.
06:55Ce n'est pas personnel, il n'y a aucun règlement de compte.
06:58Pas de revanche personnelle ?
07:00Mais non, aucune, je l'ai fait pour...
07:03Moi, je n'ai pas été viré.
07:05On ne m'a pas mis de côté.
07:06On ne m'a pas dit complément, c'est fini.
07:08On ne m'a pas retiré des émissions.
07:10On ne m'a pas dit...
07:11Je veux dire, mes patrons étaient les premiers surpris de ma décision.
07:15Et je leur ai dit, c'est irrévocable.
07:16Pourquoi ?
07:17Mais on m'a dit, mais attends, on va peut-être te proposer une autre émission.
07:20Ton nom a circulé pour un poste de direction.
07:22Tu peux faire plein de choses.
07:22Plus tard, les documentaires.
07:23Donc c'est vous qui êtes parti ?
07:25C'est moi qui suis parti, je suis parti.
07:27J'ai eu une longue conversation avec mon patron d'info.
07:29Et ensuite, même avec la présidente de France Télévisions.
07:32Et les deux ont très bien compris que j'étais, d'une certaine façon,
07:34je me sentais enfermé éditorialement.
07:37Je sentais que je devais lutter tous les jours pour un certain nombre de sujets.
07:40Je vous ai parlé de l'émission sur les faits divers,
07:43mais ça a été le cas sur le communautarisme, ça a été le cas sur Mélenchon.
07:46Aujourd'hui, par exemple, les crimes sexuels.
07:47Je regardais les crimes sexuels.
07:50On parle beaucoup de la couverture des crimes sexuels aujourd'hui dans les médias.
07:52Pourquoi pas une seule enquête sur Tariq Ramadan dans Cache Investigation ou dans Envoyé Spécial ?
07:58Pourquoi rien sur Gérard Miller ?
08:01Pourquoi pas de Cache Investigation sur Gérard Miller ?
08:03Il y a eu un 20 minutes dans Envoyé Spécial,
08:06mais ça n'est pas du tout la même exigence.
08:08Cache Investigation, c'est un an et demi d'enquête.
08:10Pourquoi je parle de Tariq Ramadan ?
08:12Parce qu'il a été l'invité pendant 20 ans des plateaux de France Télévisions.
08:15Quelque part, c'est un devoir moral.
08:17Les Français ont payé, d'une certaine façon, pour entendre Tariq Ramadan.
08:21Et c'est quelqu'un de prestigieux, de qualité, il avait une pensée.
08:26Il n'y a pas de problème pour tout ça, c'était légitime qu'il soit présent.
08:29Aujourd'hui, on découvre une phase sombre.
08:31Il est condamné.
08:33Il a eu cinq plaintes, plusieurs mises en examen.
08:38Il y a des faits extrêmement graves.
08:39On n'en parle pas, c'est passé totalement sous silence.
08:42C'est dans la continuité de ce dont vous parliez à l'instant,
08:45sur ces violences qui sont commises en plein Paris,
08:47et qu'on ne voit pas.
08:48Lorsqu'on ne voit pas, ça signifie qu'on veut cacher,
08:51qu'on veut occulter une partie de la réalité.
08:53Ça n'est pas sain pour la démocratie.
08:55Ça n'est pas la télé de tous les Français.
08:57Les Français payent qu'ils prennent un café,
09:00qu'ils aillent au supermarché faire leurs courses.
09:02De toute façon, ils financent, pardon de le dire comme ça,
09:05Élise Lucet et son équipe.
09:07Ou ils financent le journal de 20h ou le journal de 13h.
09:10C'est une réalité.
09:11Donc, les journalistes qui sont dans le service public
09:13devraient s'imposer d'être beaucoup plus critiques à leur égard,
09:17de savoir penser contre soi-même.
09:18Ils ont le droit d'avoir les opinions qu'ils veulent.
09:20On s'en fiche.
09:21Ce n'est pas le sujet.
09:21Ça ne devrait pas.
09:22Mais qu'ils fassent le boulot.
09:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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