- il y a 3 heures
Mardi 30 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Jérôme Stubler, PDG d'Equans, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:05Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:09Vous êtes bien dans le 18-19 mon invité, premier invité c'est Jérôme Stubler, le patron d'Equence.
00:15Bonsoir Jérôme Stubler.
00:16Bonsoir Edwige.
00:17Merci d'être là. Vous fêtez vos 5 ans.
00:205 ans déjà.
00:215 ans déjà. On se souvient de ce rachat, enfin rachat groupé on peut dire,
00:25qu'avait opéré Bouygues pour la modique somme de 7 milliards d'euros
00:30et tout le monde se disait mais c'est un pari impossible.
00:34Là on va revenir évidemment sur tout ce que vous faites aujourd'hui
00:38mais on peut dire quand même que vous fêtez vos 5 ans d'une manière plutôt euphorique ?
00:42Euphorique je ne sais pas mais on est en avance sur notre plan.
00:46Quand je suis venu vous voir en fin 2023, on avait annoncé qu'on atteindrait une rentabilité de 5%
00:53en 2027.
00:55On a annoncé en début d'année qu'on allait faire ça avec un an d'avance
00:57donc on est un petit peu mieux que le plan.
00:59Pour l'instant tout se passe bien.
01:01Tout se passe bien. Alors on va rappeler quand même ce que vous faites
01:02parce que tout le monde ne sait pas forcément.
01:04Vous êtes en filiale à 100% du groupe Bouygues
01:06et vous êtes devenu un leader mondial du secteur des énergies et des services.
01:12Vous faites à peu près 19 milliards, 18,7 milliards de chiffre d'affaires,
01:167 milliards en France.
01:17Combien de salariés ?
01:1983 000 salariés.
01:20On est une des plus grosses entreprises mondiales des énergies et services.
01:25Alors qu'est-ce que ça veut dire ?
01:26Ça veut dire qu'on travaille dans le domaine de l'électricité.
01:28On conçoit, on construit et on maintient des installations électriques.
01:33C'est de la production d'énergie.
01:35On travaille dans le domaine du nucléaire, du photovoltaïque.
01:38Oui mais vous, vous ne produisez pas de l'énergie.
01:40Non.
01:41On construit en fait des installations qui vont produire de l'énergie.
01:44Ensuite, on les transporte, c'est-à-dire sur des lignos de tension.
01:47On les distribue dans les villes.
01:49Et ensuite, on énerve les bâtiments et on fait tout l'usage de l'électricité.
01:52Ça, c'est une branche de l'activité qui est sur l'électricité.
01:55Vous prenez l'exemple de ce studio.
01:56Ce studio, il est alimenté dans tous ses ports pour éclairer,
02:01pour faire marcher les systèmes vidéo.
02:02Donc on appelle ça les courants forts, les courants faibles quand il s'agit de la vidéo.
02:05La deuxième chose, c'est qu'on est thermicien.
02:07Et ça, c'est une particularité.
02:09C'est qu'on réalise du chaud, du froid, du chaud et du froid électrique.
02:13Et on est informaticien, c'est-à-dire qu'on gère toute l'informatique de ces infrastructures
02:18qu'on appelle l'IOTIS, tout ce qui connecte les dispositifs
02:21qui vont permettre de gérer les systèmes de transport,
02:23faire en fait qu'un train arrive à l'heure,
02:26qu'on sache quand est-ce qu'il va arriver un bus,
02:28qu'on puisse faire en sorte d'automatiser les bâtiments,
02:32d'automatiser les usines, de robotiser les usines.
02:35On sert à trois choses.
02:37La transition énergétique, l'électrification,
02:41à réindustrialiser.
02:42Et c'est quand même un beau sujet.
02:44Donc on a participé à la construction d'usines très importantes,
02:49de batteries.
02:50Par exemple ?
02:51Les usines...
02:53Dans le nord de la France.
02:55Le nord de la France, de batteries.
02:56On est en train de construire une usine,
02:57on démarre une usine de batteries en Italie.
03:00On participe à la construction des usines de STMicroélectronique,
03:04dans la microélectronique,
03:06pour réindustrialiser profondément l'Europe sur les hautes technologies.
03:11Les biotech, la pharmacie.
03:14Donc ça, c'est la partie réindustrialisation.
03:16Et la troisième partie, c'est la partie digitale,
03:18où on sert à digitaliser.
03:20Digitaliser les villes, smart city, les usines,
03:24smart factory et les bâtiments.
03:26Tout ça, c'est du lourd, si j'ose dire.
03:29Vous avez été, j'imagine, soumis à une grosse pression avec la canicule, non ?
03:33Comment ça s'est passé, justement, pour Équence, la canicule ?
03:37Alors, nos équipes sont sur le terrain.
03:39Oui, on l'espère, oui.
03:41Voilà.
03:41Nous sommes appelés en urgence sur les installations qu'on maintient,
03:45mais aussi sur les installations pour lesquelles on n'a pas de contrat.
03:48On a installé récemment, dans l'urgence, des systèmes d'eau glacée.
03:53Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
03:54On vient mettre en place une machine qui va fabriquer de l'eau glacée
03:56et qui va être la source froide des installations d'un hôpital,
04:01d'un EHPAD, d'une école.
04:03Et donc, on est à disposition, et ça, c'est un message que je peux passer
04:06à toutes les écoles, tous les EHPAD, tous les hôpitaux.
04:09On a mis en place un numéro vert que je vais vous citer,
04:12le 0803 000 294.
04:15Oui, il devrait s'afficher, normalement, il devrait s'afficher.
04:180803 000 294, et on a un site internet, equance.com,
04:22dans lequel on a mis en place un service d'urgence.
04:24Pour tous ceux qui ont besoin de fraîcheur,
04:27on peut mettre en place des dispositifs qui vont permettre
04:29de renforcer la capacité à passer mieux la canicule.
04:33Oui, mais vous avez eu combien d'interventions ?
04:35On peut savoir un peu ?
04:37Je ne peux pas vous dire le nombre d'interventions, mais c'est...
04:40Non, mais c'est gigantesque, vous n'avez jamais connu ça ?
04:43Non, non, on a connu ça.
04:44C'est juste pour mesurer l'ampleur et l'impact de cette canicule ?
04:48Honnêtement, on connaît ça tous les ans,
04:50parce que tous les ans, on a une canicule.
04:52La particularité de cette canicule, c'est sa durée.
04:55C'est-à-dire que la durée a été telle que...
04:57C'est quand même les pics de chaleur, franchement, on a rarement connu ça.
04:59Oui, parce qu'en fait, petit à petit, les bâtiments montent en température,
05:03et donc l'inertie thermique des bâtiments ne fait plus son effet,
05:05et les bâtiments sont montés en température lorsqu'ils n'ont pas de système de rafraîchissement.
05:10Donc, c'est ça qui fait qu'il y a une ampleur.
05:12Et puis, l'autre ampleur, c'est la taille.
05:14C'est-à-dire que toute la France a été couverte,
05:16et même une grande partie de l'Europe de l'Ouest a été couverte par cette canicule,
05:19y compris des pays du Nord qui ont été touchés.
05:22Est-ce que vous avez dû affronter des pannes majeures ?
05:26Oui, on a dû affronter des pannes majeures.
05:28Par exemple ?
05:29Pardon, excusez-moi, mais parce que j'ai un affront plus concret.
05:31Tout simplement, des systèmes, les climatiseurs,
05:34dont les compresseurs tombent en panne,
05:36dont vous avez la climatisation qui est tombée en rade,
05:38et vous avez donc un hôpital qui se retrouve avec sa machine de froid qui ne marche pas.
05:44Et donc là, il faut intervenir extrêmement rapidement,
05:46parce que l'inertie du bâtiment fait que la température monte.
05:49Et là, on a quelques heures pour intervenir.
05:51Oui, hier, je recevais la patronne, la présidente du directoire d'Enedis.
05:55Donc effectivement, à la limite, on parlait en direct et on apprenait
05:58qu'il y avait, je ne sais pas, autour de la place de Paris,
06:01la bourse de Paris, il y avait une panne d'électricité.
06:04Après, c'était dans le 19e et puis c'était dans le sud de la France.
06:07Donc c'est sûr que ça a quand même,
06:09l'impact sur les installations et les infrastructures est très violent, non ?
06:14En fait, on tire sur les installations électriques dans cette période-là,
06:19avec évidemment des câbles qui chauffent par le courant qui passe,
06:23mais qui chauffent aussi par la température.
06:25Et du coup, on se retrouve effectivement avec des installations
06:28qui sont un petit peu plus aux limites.
06:29Là, il y a tout un lubaïde tout à l'heure,
06:31il y a une motion de censure qui a été déposée par les écologistes
06:35contre le gouvernement sur l'impréparation justement du gouvernement
06:39par rapport à la canicule, etc.
06:41On ne va pas rentrer dans la politique, ne vous inquiétez pas, Jérôme Subler.
06:44En revanche, ce qui est intéressant, c'est de voir si effectivement,
06:48on était préparés.
06:49Est-ce que les installations, les entreprises,
06:51est-ce que vous, vous avez le sentiment qu'il y avait une préparation
06:57in fine relativement correcte ?
07:00Ou pas du tout ?
07:02Non, on est préparés.
07:03On est préparés.
07:04Évidemment, lorsqu'il y a une crise de ce type,
07:07il y a des choses qui lâchent,
07:08parce que les maintenances ne sont pas forcément faites,
07:11parce que l'installation peut être un peu plus ancienne.
07:14Alors, je voudrais vous préciser quelque chose.
07:18Depuis un siècle, les installations sont conçues
07:22pour répondre, en fait, à des normes.
07:24Et ces normes sont basées sur la statistique du passé.
07:27C'est-à-dire qu'on a basé les normes sur la statistique du passé.
07:29Et là, on a un changement climatique
07:31qui fait qu'on a des vagues de froid très intenses,
07:35des vagues de chaleur très intenses,
07:37qui sortent des statistiques.
07:38Ça ne fait que quelques années
07:40qu'on prend en compte, en fait,
07:42cette évolution thermique
07:44dans la conception des bâtiments.
07:46Donc, les bâtiments les plus récents sont conçus
07:47pour résister à cette modification,
07:50au froid et au chaud.
07:51Mais le grand stock de bâtiments
07:54n'a pas été conçu
07:55pour répondre à ces évolutions.
07:58Et donc, on se retrouve avec dispositifs
08:00qui, d'un point de vue de l'énergie thermique,
08:02ne peuvent pas répondre à cette amplitude de température.
08:04Et c'est ça qui se produit.
08:06Donc, on n'a pas de baguette magique
08:07pour tout d'un coup changer tous les systèmes
08:11de toute la France.
08:12Et donc, on a des hôpitaux,
08:14on a des écoles
08:14qui n'ont pas été réalisées de cette manière.
08:16Oui, on s'est bien trompé.
08:18Vous me direz, tout le monde s'est trompé.
08:20Donc, c'est facile de dire ça.
08:22Mais c'est un peu ce qu'elle disait aussi,
08:24Marianne Legno-Denedis hier.
08:25Elle disait, en fait,
08:26puisqu'ils vont investir d'ici 2040,
08:2996 milliards.
08:30Donc, c'est quand même une petite somme.
08:31Surtout que c'est nous, les Français, qui payons.
08:33Mais c'est indispensable.
08:35Parce qu'effectivement, le réseau est vétuste.
08:37Mais surtout, on se rend compte
08:39que c'était basé,
08:41pourquoi je dis 2040 ?
08:43Est-ce que ce n'est pas trop tard ?
08:44Elle me disait, mais non,
08:44on s'est basé sur les prévisions du GIEC.
08:47Mais en fait, le GIEC lui-même,
08:49s'est un peu trompé
08:50parce que ça se précipite un peu
08:51quand même sur l'échauffement climatique.
08:53Je pense qu'on ne peut pas dire
08:54qu'on s'est trompé.
08:55On doit réagir.
08:56On doit anticiper la réponse
08:59au changement climatique,
09:00l'adaptation au changement climatique.
09:01L'adaptation au changement climatique,
09:03c'est faire face à ces vagues de chaleur
09:05en mettant des dispositifs
09:07qui consomment le minimum d'énergie
09:09pour ne pas recommencer à polluer
09:10et à émettre du CO2.
09:12Je vous donne un exemple.
09:13On a un dispositif qu'on utilise en Hollande
09:15qui s'appelle LATES.
09:16On cherche à le pousser.
09:17LATES, Aquifer Thermal Energy Storage.
09:21Ça consiste en quoi ?
09:23En fait, pendant l'hiver,
09:25à se faire, dans le sol,
09:27un pack de fraîcheur
09:28en refroidissant la terre
09:30de 4 ou 5 degrés.
09:32Sous nos pieds,
09:33la température,
09:34elle est à 15-16 degrés
09:35en région parisienne.
09:36Si on la refroidit de 5 degrés,
09:38on va être à 11 degrés
09:39et on va se faire pendant l'hiver
09:41un stock de 11 degrés.
09:42Sur ce bâtiment là où nous sommes,
09:44on pourrait ne pas utiliser la clim
09:45et ensuite échanger
09:47cette température
09:48qu'on a à 11 degrés dans le sol
09:50qu'on aurait stockée pendant l'hiver
09:51pour refroidir l'intégralité du bâtiment.
09:54Je vous donne un exemple.
09:55L'exemple le plus important,
09:57c'est l'aéroport de Chipol.
10:00Comme tous les aéroports,
10:01c'est une verrière.
10:02Donc si on ne climatise pas,
10:04ça va monter en température.
10:05Et bien, on ne met pas de clim à Chipol.
10:07Il y a zéro clim.
10:09Tout est refroidi
10:11par un échange
10:12de cette température fraîche
10:14avec ce qu'on appelle
10:15du free cooling,
10:15c'est-à-dire une pompe
10:16qui vient récupérer l'eau fraîche
10:17qu'il a fait passer
10:18dans un échangeur.
10:19Cet échangeur passe devant l'air
10:21et l'air chaud
10:22qui arrive de l'extérieur
10:23à 35-37 degrés
10:24est refroidi
10:25et essoufflé à 18 degrés
10:27simplement par le refroidissement
10:28de l'eau
10:28qui a été stockée
10:29pendant l'hiver.
10:31C'est des dispositifs de ce type
10:33qu'il faut qu'on puisse réaliser
10:34et ça, ça allie deux choses.
10:37Le fait qu'on va
10:39résister au changement climatique,
10:40s'adapter au changement climatique
10:42mais aussi faire en sorte
10:43de ne pas encore émettre
10:45du CO2
10:46en utilisant de l'énergie
10:47de manière inutile.
10:48Oui, ça c'est passionnant.
10:50Effectivement,
10:51c'est très intéressant
10:52parce qu'on se dit
10:53que ça consomme beaucoup moins.
10:55Vous savez combien ça consomme en moins ?
10:57Non.
10:5720 fois moins.
10:5820 fois moins l'été.
11:00Mais là, en même temps,
11:02toutes les peines
11:02qui ont eu à ce moment
11:03les peines du réseau électrique,
11:06c'est parce qu'il fait
11:0780 degrés sous terre.
11:08Et donc, en fait,
11:09les réseaux ne sont pas du tout équipés
11:12parce que les vieux réseaux,
11:13il y a une espèce de feuille autour
11:14avec de l'huile
11:15qui du coup monte en température
11:17et ça fait exploser le réseau.
11:22Vous savez,
11:22quand vous avez des infrastructures,
11:23ces infrastructures,
11:24c'est un stock
11:26qui, pour les anciennes infrastructures,
11:28peuvent avoir 60 ans, 80 ans,
11:31donc qui ont été conçus
11:32avec des matériaux anciens.
11:34Pas du tout à une époque
11:35où on consommait autant d'énergie,
11:37pas du tout pour cette adaptation
11:39au changement climatique.
11:40C'est peut-être que 5% du réseau,
11:43mais vous avez en fait
11:44tout l'historique de la construction
11:45parce que ces investissements,
11:47ces investissements
11:47qui sont faits pour durer
11:4840, 50, 60 ans.
11:50Donc évidemment,
11:50quand on remplace
11:52les vieux équipements,
11:53on les remplace,
11:54mais ils ont 60 ans.
11:55Donc en fait,
11:56cette transformation
11:57va prendre des années
11:58parce qu'il va falloir
11:59qu'on puisse investir
12:01pour rénover
12:02ce qui est le plus ancien
12:03et faire en sorte
12:04qu'on améliore
12:04les réseaux électriques.
12:06Enedis a un plan
12:08très ambitieux,
12:09RTE a un plan très ambitieux
12:10et ce plan très ambitieux,
12:11il faut le temps
12:12de le construire
12:12pour effectivement
12:14renforcer le réseau électrique
12:15et faire en sorte
12:16qu'il soit adapté
12:17au changement climatique.
12:18Vous avez le pôle
12:21justement thermicien,
12:22j'ai appris qu'on disait ça.
12:24Il y a le pôle évidemment
12:27énergéticien
12:27et il y a le pôle digital.
12:30Est-ce que vous avez
12:32le sentiment qu'on est
12:32suffisamment équipés
12:33aujourd'hui au regard
12:34de ce qu'on vit là
12:35ou de ce qu'on a vécu
12:37et qu'on va vivre malheureusement
12:38la semaine prochaine peut-être ?
12:40Est-ce qu'on a les moyens
12:41d'électrifier
12:42tous ces data centers
12:43qui vont inonder la France
12:46et les territoires français ?
12:47Alors on a la chance
12:49d'avoir un surplus d'énergie.
12:51Le président d'EDF
12:52le rappelle assez fréquemment.
12:54On a un surplus d'énergie
12:56parce qu'on a maintenant
12:57une grande fiabilité
12:59de notre système électronucléaire.
13:01On a en plus de l'hydraulique
13:02qui fonctionne relativement bien
13:04en France
13:05ce qui fait qu'on a
13:05un surplus d'énergie en France.
13:07Ce surplus d'énergie...
13:07On exporte, ça rapporte
13:085 milliards.
13:10Ça rapporte 5 milliards.
13:11C'est une très bonne chose.
13:11À la balance commerciale.
13:12À la balance commerciale.
13:14Et c'est aussi une capacité
13:15à installer des data centers.
13:17Si on installe, vous savez,
13:192 gigawatts de data centers,
13:21c'est énorme en termes
13:22de data centers pour l'Europe.
13:23Et c'est 2 centrales nucléaires
13:26là où on a
13:27un surplus d'énergie
13:30qui est de l'ordre
13:31de 10 centrales nucléaires
13:32en France.
13:33Donc c'est totalement compatible
13:34avec l'électrification
13:36des usages en France.
13:37On a cette capacité
13:39en France.
13:40Et puis il est fort possible
13:41que nous ayons prochainement
13:43une décision définitive
13:44pour fabriquer
13:446 EPR de plus.
13:46Oui.
13:47Peut-être.
13:47En tout cas,
13:48avant la présidentielle,
13:49il y a des chances.
13:50Et ça, ça vous concerne
13:52de quelle manière ?
13:52Qu'est-ce que vous faites
13:53sur les EPR ?
13:55Qu'est-ce que vous ferez ?
13:56On réalise principalement
13:58deux grandes activités
14:00dans le domaine du nucléaire.
14:02Les réseaux électriques
14:03qui sont internes
14:04aux centrales nucléaires,
14:05c'est-à-dire tous les fils électriques,
14:07les dispositifs
14:08qui vont permettre
14:09d'alimenter les machines
14:10et de sortir l'énergie
14:11de la centrale nucléaire.
14:13Et le deuxième élément,
14:15c'est le traitement d'air
14:15d'une centrale nucléaire.
14:17Une centrale nucléaire
14:18est conçue
14:18pour qu'il y ait
14:19un système de dépression
14:21pour que si jamais
14:22un jour il y avait une fuite,
14:23cette fuite soit vers l'intérieur.
14:24Et donc,
14:25c'est nous qui concevons
14:26ce système
14:27avec notre client EDF
14:28pour faire en sorte
14:29de faire ce qu'on appelle
14:31cette cascade
14:32de dépression.
14:33Le terme cascade
14:34est assez visuel
14:35et qui permet en fait
14:36de faire en sorte
14:38que si jamais
14:40il y avait un problème,
14:40la contamination
14:41reste confinée.
14:43Donc,
14:44c'est quelque chose
14:45que nous réalisons
14:46sur les centrales nucléaires
14:48en France,
14:49que nous avons réalisé
14:50sur la centrale de HPC
14:52donc les Point
14:53en Angleterre,
14:55que nous allons réaliser
14:56sur la centrale
14:58de Sizewell
14:59aussi en Angleterre.
15:00Nous avons un partenariat
15:01avec EDF
15:02pour cette spécialité.
15:03Avant de parler,
15:05justement,
15:05parce que quand vous avez
15:06repris les rênes
15:07de ce groupe
15:08qu'il a fallu intégrer,
15:10constituer quelque part,
15:12vous avez fait
15:14un plan stratégique
15:15qui arrive à sa fin
15:16et là,
15:17vous allez en faire un autre.
15:18Mais quelles leçons
15:19vous tirez
15:20des dix derniers jours
15:21que vous avez vécu
15:22et que nous avons tous vécu ?
15:24Vous,
15:25par rapport aux décisions
15:26que vous aviez prises
15:29et peut-être aujourd'hui
15:31modifiées ?
15:32Vous voulez dire
15:32par rapport à la canicule ?
15:33Oui.
15:34Parce qu'on voit quand même
15:35que ça bouscule les esprits.
15:37Là, il y avait ce grand colloque
15:37sur l'électrification.
15:39J'ai bien vu
15:39que tous les grands patrons
15:40se posent tous la question
15:41en se disant
15:41bon, il faut peut-être
15:42que je revoie un peu
15:44mon cadre.
15:45Cette crise
15:46apporte un premier renseignement,
15:48c'est que l'adaptation
15:50au changement climatique,
15:52ce n'est pas
15:53trois slides
15:54dans un PowerPoint,
15:55c'est une nécessité absolue
15:56de faire en sorte
15:58qu'on adapte
15:59nos industries,
16:00nos bâtiments,
16:01nos systèmes d'urgence,
16:02en particulier
16:03les hôpitaux,
16:04à cette adaptation.
16:05Oui,
16:06on va avoir des périodes
16:07de 40 degrés,
16:08de 45 degrés.
16:08j'ai entendu des climatologues
16:11qui parlent
16:11dans 2030
16:12de 50 degrés.
16:14Il faut qu'on adapte
16:15les installations.
16:16On a mis en place, nous,
16:17des dispositifs
16:18court terme
16:18qui sont ce qu'on appelle
16:19des systèmes de booster
16:21pour les hôpitaux
16:21qui permettent de faire
16:23ces groupes froids,
16:24même des stocks
16:25de glace
16:25qui vont permettre
16:26pendant ces pics
16:28de passer ces pics
16:29et de réaliser
16:31une climatisation.
16:32Donc, vous vous dites
16:33là-dessus,
16:33il faut qu'on investisse plus.
16:34Il faut qu'on investisse,
16:35il faut qu'on se prépare.
16:36Ces périodes-là
16:38vont être de plus en plus fréquentes.
16:40Vous avez vu
16:40les chutes de neige
16:41qu'on a eues cet hiver.
16:43On a eu tout d'un coup
16:43une chute de neige
16:44absolument incroyable
16:45qu'on n'avait jamais vue.
16:46Donc, on va avoir
16:46ces modifications climatiques
16:48et je crois que ce qui est...
16:50En fait,
16:50on a tous l'impression
16:52quand on regarde
16:54des rapports du GIEC
16:55qu'on va suivre
16:56une courbe bien linéaire
16:58d'augmentation
16:58petit à petit
16:59de la température.
17:00Mais en fait,
17:00ce qui se passe,
17:01c'est un dérèglement
17:03des phénomènes
17:05thermodynamiques
17:05qui fait que tout d'un coup,
17:07le vent ne vient
17:08plus de la mer
17:09mais il vient
17:11de la partie
17:12continentale de l'Europe
17:13ce qui fait que tout d'un coup,
17:14on a une chaleur
17:14qui arrive chauffée
17:15par le continent
17:17ou qu'on a tout d'un coup
17:18un bouleversement
17:18qui fait qu'on a
17:19de l'air chaud
17:20et de l'air froid
17:21qui vont se rencontrer
17:22et qu'on va avoir des pluies
17:22ou qu'on va avoir
17:23de la neige.
17:24Ces modifications climatiques
17:26soudaines,
17:27il faut qu'on s'adapte à ça.
17:29Je n'ai pas dit
17:30qu'on s'y habitue.
17:31Oui, il va falloir vivre avec
17:32et pour ça,
17:33il faut qu'on adapte
17:34nos infrastructures,
17:35qu'on fasse des investissements.
17:37Et c'est ça la leçon
17:37de ces 10 jours.
17:38Mais c'est ça ma question.
17:40Ça va quand même
17:42impacter votre stratégie
17:44telle que vous l'aviez définie.
17:46Ça ne modifie pas
17:48notre stratégie.
17:49Ça fait que nous devons
17:52adapter notre offre
17:53et on a mis en place
17:54des offres adaptées
17:56au changement climatique.
17:57Je vous donne un exemple
17:57précis.
18:00Nous avons mis en place
18:01un dispositif de surveillance
18:02des forêts
18:03que nous avons mis en place
18:05dans le Gard.
18:07Première année d'observation,
18:08premier été d'observation,
18:10on détecte avec des caméras,
18:12on a utilisé des caméras
18:13qui permettent globalement
18:14de lire une plaque
18:15d'immatriculation
18:15à 20 kilomètres.
18:17Premier été,
18:1970 feux évités.
18:21On a détecté 70 feux,
18:23démarrage de feu,
18:25ce qui fait que notre système
18:26automatiquement appelle
18:28les services de pompiers
18:29et indique,
18:30attention,
18:31démarrage de feu
18:32à tel point.
18:33Et ils viennent évidemment
18:34avec leur véhicule
18:34et ils arrêtent l'incendie
18:36lorsqu'il s'est juste
18:37un petit foyer.
18:38C'est absolument remarquable.
18:40Ça, ce dispositif-là,
18:43il faut qu'on arrive
18:44à le mettre
18:44dans le monde entier
18:45parce que c'est quelque chose
18:47qui va éviter les incendies,
18:50qui va éviter l'absorption,
18:52de casser l'absorbeur de CO2
18:54que sont la forêt
18:55et d'émettre ce CO2
18:57dans l'atmosphère.
18:58Donc c'est absolument capital.
18:59Un point quand même,
19:01c'est vous qui m'y faites penser,
19:02mais c'était une question
19:03que j'avais sous la main,
19:06comme on dit,
19:07les États-Unis.
19:07Parce qu'en fait,
19:08les États-Unis,
19:09c'est très important pour vous,
19:10pour réponse.
19:11On réalise 2 milliards de dollars
19:12aux États-Unis.
19:13Oui, mais je m'en souviens,
19:14vous m'avez expliqué
19:15qu'en plus,
19:16avec le plan green
19:18de Joe Biden,
19:20c'était vraiment
19:21un marché très intéressant.
19:24Est arrivé Donald Trump,
19:25donc tout a un peu changé
19:27parce qu'on voit bien
19:28que l'écologie,
19:28ce n'est pas sa priorité.
19:30Est-ce que pour vous,
19:30ça modifie là aussi
19:31un peu vos équilibres géographiques ?
19:34On doit s'adapter
19:35à la demande.
19:37Oui, et la demande,
19:37elle est là
19:38ou elle n'est plus là
19:39aux États-Unis ?
19:39La demande est là
19:40aux États-Unis
19:41dans deux grands domaines.
19:43Le premier domaine,
19:44c'est la construction
19:45d'usines nouvelles
19:46pour les biotech,
19:48pour la pharmacie,
19:49pour la microélectronique.
19:51La conséquence
19:52des évolutions tarifaires
19:54fait que la production
19:55made in the US
19:56se met en place.
19:58Et donc,
19:58il y a des constructions
19:59avec des dizaines
20:01de milliards de dollars
20:02qui sont investies
20:03pour construire ces usines
20:04pour l'autonomie
20:06d'un point de vue médicaments,
20:08d'un point de vue biologie,
20:09d'un point de vue
20:10de la production
20:11des puces
20:12de microélectronique.
20:13Ça, c'est le premier aspect.
20:14Et le deuxième aspect,
20:15c'est évidemment
20:15l'impact majeur
20:17de l'IA
20:17avec la construction
20:18des data centers
20:20d'entraînement
20:21des langages d'IA
20:22et d'inférences.
20:24Et on voit évidemment
20:25une construction
20:27beaucoup plus intense
20:28aux États-Unis
20:29de gros data centers
20:31en comparaison
20:32avec l'Europe.
20:33Est-ce que vous diriez
20:34si c'était un...
20:35Enfin, vous n'allez pas
20:35dire le contraire,
20:36sinon vous seriez pas là,
20:37s'il vous plaît,
20:37mais c'est un pari
20:38quand même
20:39qui est gagné
20:40par Bouygues
20:41et par le groupe Bouygues,
20:42par Martin Bouygues
20:43et Olivier Roussard
20:44parce que c'est vraiment
20:44eux qui ont fait ça
20:45avec vous.
20:47Donc de racheter,
20:47tout le monde disait
20:48mais c'est beaucoup trop cher,
20:49jamais il n'y aura
20:50des marges de 5%.
20:51Vous nous dites que
20:53finalement,
20:53vous les avez déjà atteintes.
20:567 milliards,
20:57quand est-ce que Bouygues
20:58retrouvera sa mise ?
21:01Alors, d'abord,
21:02est-ce que le pari est réussi ?
21:04Vous savez,
21:04c'est une longue histoire.
21:05Oui.
21:05C'est un investissement
21:07pour le très très long terme
21:08et donc la première étape
21:10est réussie
21:11dans le sens où
21:12nous avons atteint
21:13le niveau de rentabilité
21:14avec un an d'avance.
21:165% c'était la barre
21:18et tous les investisseurs
21:19disaient
21:19mais non,
21:19mais jamais il ne pourra le faire.
21:21Vous l'avez fait.
21:22Si vous faites les maths,
21:23vous verrez que
21:24l'investissement
21:25de 7 milliards
21:27qui est largement
21:29rentré dans,
21:30que le groupe Bouygues
21:31est rentré dans son argent.
21:33Déjà ?
21:33Déjà.
21:34Et donc c'est un bon investissement
21:36et on le voit
21:36dans le cours de bourse
21:37qui est monté.
21:39On contribue
21:40humblement
21:41au cours de bourse.
21:42Surtout
21:43parce qu'il est en train
21:43de procéder
21:44à l'acquisition
21:45de SFR
21:46et puis éventuellement
21:46une autre acquisition.
21:47C'est pour ça que j'indique
21:48humblement
21:48parce qu'il y a d'autres raisons
21:50qui pourraient faire évoluer
21:51le cours de bourse.
21:52Je pense que
21:53ce qui est très visionnaire
21:55en fait
21:56dans cet investissement
21:57c'est que
21:58ça positionne l'entreprise
21:59parmi les leaders mondiaux
22:01de ce qu'on appelle
22:02les énergies et services.
22:04à un moment
22:04où la transformation énergétique
22:06du monde
22:07est en marche
22:08et ne va pas s'arrêter.
22:1023%
22:11de l'énergie utilisée
22:12en France
22:12pardon
22:1327% de l'énergie
22:14utilisée en France
22:15est basée
22:16sur l'électricité.
22:17Les pays du Nord
22:18sont déjà à 50%.
22:20L'Europe
22:20est qu'à 23%.
22:22et l'électrification
22:23va être massive.
22:25L'électrification
22:26c'est
22:26l'électrification
22:27des usages
22:27c'est sans fin.
22:28C'est tout l'enjeu
22:29parce qu'on voit bien
22:30en fait l'offre
22:30elle est là
22:31et c'est la demande
22:32qui ne suit pas.
22:33C'est ça
22:34toute la difficulté
22:35d'aujourd'hui.
22:35La demande est là
22:36la demande
22:37est très très forte
22:38elle est simplement
22:39limitée par la capacité
22:40d'investissement.
22:41Voilà
22:41que ce soit
22:42pour les entreprises
22:43ou que ce soit
22:43pour les particuliers.
22:45Mais on fait
22:45des opérations
22:46qui sont formidables
22:47pour un grand
22:48producteur laitier
22:49on met en place
22:51un système
22:52de pompe à chaleur
22:52pour chauffer
22:54pour pasteuriser
22:55son lait
22:56il faisait ça
22:58au gaz
22:58depuis des années
22:59il décarbone
23:00retour sur investissement
23:02moins de 3 ans.
23:04Oui mais il faut
23:05pouvoir mettre
23:05l'argent sur la table
23:07vous voyez
23:07c'est pas la difficulté.
23:08Oui mais lorsque
23:09l'équation économique
23:10est posée
23:11on arrive à trouver
23:12des retours sur investissement
23:13qui sont rentables.
23:15Une papeterie
23:17qui est en Allemagne
23:18qui était basée
23:19à une zone
23:20où il y avait du charbon
23:20parce que les grands-parents
23:23se sont mis là
23:24parce qu'il y avait
23:24du charbon
23:25les enfants
23:26ont fait au gaz
23:27les petits-enfants
23:28sont en train de passer
23:29aux pompes à chaleur
23:30et à l'électrification
23:31on divise par 4
23:33la quantité d'énergie
23:34qui est nécessaire
23:35pour chauffer le papier.
23:37Il nous reste une minute
23:38c'est pas beaucoup
23:38vous me direz
23:39mais pour détailler
23:40votre plan
23:41que vous allez mettre en place
23:42nouveau plan stratégique
23:43parce qu'il y en a
23:44votre premier plan
23:45donc il s'arrête
23:46là en fin d'année
23:47début 2027
23:48là il y a un nouveau plan
23:49qu'il faut
23:50que vous allez mettre en place
23:51On a concentré
23:51notre premier plan
23:52sur un plan de performance
23:54qu'on a appelé
23:55performe
23:55voilà
23:56on va continuer
23:57le plan performe
23:58parce qu'on a encore
23:58quelques points de rentabilité
24:00à gagner
24:00et on met en place
24:01un plan de développement
24:02qu'on a appelé
24:03dans notre jargon
24:03select and focus
24:04parce qu'en fait
24:05on doit sélectionner
24:06quelques domaines
24:07et puis se focaliser
24:09sur ces domaines
24:09pour être bon
24:10et être capable
24:11d'apporter des
24:12Et c'est quoi ces domaines ?
24:13C'est le domaine
24:15du photovoltaïque
24:16sur lequel il y a encore
24:17beaucoup de choses à faire
24:18du stockage de batteries
24:19pour faire en sorte
24:20de stabiliser le réseau
24:21il est très très important
24:22de stabiliser le réseau électrique
24:24il faut à la fois
24:24le construire
24:25le renforcer
24:26mais le stabiliser
24:26et c'est le domaine
24:28de la thermique
24:28sur lequel on a
24:30un champ très très important
24:31pour décarboner
24:32la chaleur industrielle
24:34Merci beaucoup
24:35Jérôme Stubler
24:36d'avoir été avec nous
24:37donc le patron
24:37des couences
24:39Tiens, si il y avait
24:40ça fera le lien
24:40tout à l'heure
24:41la pire décision
24:42qui a été prise
24:43par les politiques
24:44dans les dernières années
24:45c'est quoi à vos yeux ?
24:47Écoutez, je ne vais pas
24:47faire de la politique
24:48je pense que
24:50l'arrêt
24:51de Crémalville
24:54qui était quand même
24:55un réacteur
24:56qui permettait
24:57de recycler
24:58le combustible
25:00était une erreur stratégique
25:01je ne suis pas sûre
25:01C'est une erreur stratégique
25:02c'est une erreur ancienne
25:04il y avait certainement
25:05des bonnes raisons
25:06de le faire
25:06toutefois
25:07la France aurait
25:08une avance technologique
25:10très importante
25:10dans les surgénérateurs
25:12Merci beaucoup
25:14si je vous posais
25:14cette question
25:15c'est dans un instant
25:16c'est l'ancien patron
25:17du Figaro et des Echos
25:17Jean de Belot
25:18qui sera avec nous
25:19il est administrateur
25:20de l'Institut Thomas More
25:22et justement
25:23il publie
25:23les 50 décisions
25:25qui ont coulé
25:26la France
25:27entre 1975
25:28et 2025
25:29et face à lui
25:30c'est Ludovic de Sauté
25:32mon confrère
25:33de la tribune
25:33dans la rédaction
25:34de la tribune
25:35ils ne seront pas
25:35complètement sur la même ligne
25:37ça va être intéressant
25:37de voir
25:38qu'est-ce qui leur sera
25:39tout de suite
25:40Merci Edwige
25:41Le 18-19
25:43d'Edwige Chevrillon
25:44sur BFM Business
25:46Sous-titrage Société Radio-Canada
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