- il y a 8 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Europe 1 Info, 13h-15h, Clélie Mathias.
00:04Bienvenue sur Europe 1, si vous nous rejoignez, nous sommes ensemble pendant une heure encore
00:07avec les grands entretiens politiques d'Europe 1 Info.
00:10Dans une demi-heure, je recevrai Aurélien Lecoq, le député de la France Insoumise du Nord.
00:14Mais avant cela, c'est Jean-Christophe Frommantin, le maire de Neuilly-sur-Seine
00:18et auteur de l'ouvrage Le retour des provinces, une traversée de la France à vélo,
00:22qui est avec moi en studio. Bonjour Jean-Christophe Frommantin.
00:26On va parler de votre livre, mais avant je voudrais revenir sur ce qui s'est passé la semaine dernière
00:31en France
00:31et on voit encore les conséquences de cette canicule aujourd'hui.
00:36Écoutez, Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, a critiqué le manque d'anticipation de l'État
00:41lors de cet épisode caniculaire. Elle était sur ici, Occitanie, ce matin.
00:45Le monde du travail nie notre société dans l'ensemble.
00:47Ce qui était extrêmement choquant, c'est l'absence complète d'anticipation par l'État et par les employeurs.
00:53Ça fait plus d'un an qu'il est obligatoire de mettre en place des plans de prévention de la
00:58canicule
00:58dans toutes les entreprises, dans toutes les administrations.
01:01Même dans les hôpitaux, il n'y a pas de plan canicule.
01:04Pendant dix jours, par exemple, les résidents des hôpitaux ont eu des repas chauds qui leur ont été servis.
01:09C'est autant de chaleur pour les salariés.
01:12Et puis pour les patients, c'est des repas qui n'ont pas été ingérés.
01:16Donc ça montre la situation ubuesque dans laquelle on est, avec un défaut complet d'anticipation.
01:23Jean-Christophe Fromonta, vous êtes d'accord avec elle, avec Sophie Binet ?
01:26Force est de constater que, oui, on ne s'attendait pas à un épisode qui soit d'abord en période
01:32scolaire aussi long
01:33et avec des prémices en mai, puisqu'on a eu une période courte de canicule en mai.
01:39Je trouve qu'elle est un peu sévère.
01:40Parce que, bien entendu, on a conscience de ce chemin, de cette trajectoire du réchauffement climatique
01:47et en parallèle des efforts d'adaptation qu'on doit faire.
01:50Pour autant, personne n'avait envisagé la probabilité d'un épisode aussi long, aussi fort, aussi soudain
01:56sur cette période du mois de juin.
01:59Donc je crois qu'on a cet engagement et on attend de l'État à ce qu'il accompagne cet
02:06engagement
02:07d'une adaptation de nos villes et de nos territoires, de nos organisations à un réchauffement climatique
02:13dont on voit qu'il s'accélère.
02:15Pour autant, il faut que chacun garde raison, que chacun soit à sa place, qu'on fasse des propositions,
02:20qu'on en discute et qu'on prenne des solutions durables.
02:23C'est-à-dire, ne pas acheter sur le coup des milliers de climatiseurs
02:27parce que ce ne sera pas forcément les bons appareils au bon endroit, au bon moment.
02:31Je pense qu'il faut garder un petit peu de mise en perspective de ce qu'on constate aujourd'hui,
02:37de prendre acte de l'accélération du réchauffement
02:39et de prendre un tout petit peu de temps pour travailler sur des solutions fiables et durables.
02:43Mais par exemple, comment ça s'est passé pour vous à Neuilly-sur-Seine ?
02:46Vous êtes le maire de cette ville.
02:47Est-ce que vous, justement, vous avez acheté des climatiseurs en urgence
02:50pour certains établissements, notamment certains hôpitaux ?
02:53Est-ce qu'au niveau des écoles aussi, est-ce qu'elles ont dû fermer ?
02:56Comment ça s'est passé ?
02:57Je ne suis pas favorable à travailler dans l'urgence.
02:59Je pense qu'on est conscient de cette évolution.
03:02Donc on a activé trois choses.
03:04On a activé d'abord le plan canicule senior qui tourne bien,
03:08qu'on pratique depuis des années, qui est protocolisé, qui est prêt.
03:12Donc on l'a déclenché aussitôt que l'alerte ait été donnée.
03:15Le sujet était différent pour les écoles,
03:16parce que les écoles, c'est une première, ce qu'on a vécu.
03:18Donc pour autant, on a petit à petit climatisé nos réfectoires,
03:25organisé certaines classes,
03:26et on a recensé dès dimanche dernier
03:28tous les lieux climatisés de la ville,
03:30de telle manière à assurer à côté de chaque école
03:32une solution dans un lieu climatisé.
03:34Par exemple, telle école avait le cinéma ou le théâtre à côté.
03:40On gardait les enfants le matin,
03:42puisque le matin, c'était encore acceptable en termes de température.
03:45Le déjeuner se passait dans des réfectoires
03:46qu'on a tous climatisés, donc qui étaient dans une ambiance plus agréable.
03:52Et dès la fin du repas, dans des bus climatisés,
03:54ils étaient emmenés dans des équipements culturels
03:57ou à proximité des écoles,
03:59pour des activités l'après-midi, en milieu climatisé,
04:03retour à l'école le soir pour la reprise des parents.
04:06Donc on comprend, vous avez agi,
04:08vous avez essayé de trouver des solutions,
04:11mais ça rejoint un peu ce que dit Valérie Masson-Delmotte,
04:13qui est scientifique, qui est climatologue et qui travaille au GIEC,
04:16qui dit qu'on avait alerté depuis le milieu des années 90,
04:19et là, il n'y a eu que bricolage et improvisation.
04:21Comment on fait justement pour rénover ce que vous disiez,
04:24adapter au changement climatique ?
04:26Alors, par exemple, que le fonds vert est passé de 2,5 milliards d'euros en 2024
04:29à 837,5 en 2026.
04:33Vous avez raison, simplement, il faut distinguer l'action de l'État
04:35et l'action de nos collectivités.
04:38L'action de l'État, clairement, et vous citez le fonds vert
04:40qui est passé de 2 milliards à 800 millions
04:42et qui est nettement insuffisant au regard des transformations qu'on va opérer.
04:46Donc il n'y a pas les moyens, aujourd'hui, au niveau de l'État,
04:48d'accompagner une véritable politique de préparation, d'adaptation,
04:52voire d'anticipation.
04:53En revanche, au niveau de nos villes,
04:55en ce qui concerne ma ville, on n'a pas attendu,
04:58vous voyez, les événements comme celui de la semaine dernière.
05:00Ça fait maintenant 6 ans qu'on travaille sur un contrat de performance énergétique.
05:05Donc on isole tous nos bâtiments,
05:07on commence à les climatiser,
05:08on végétalise énormément.
05:10Mais simplement, ce plan, il se fait,
05:12on a dépensé plusieurs dizaines de millions d'euros depuis 5 ans,
05:15on le continue,
05:16mais là où on a effectivement une articulation sensible,
05:18c'est entre nous et l'État.
05:19Parce que l'État nous a promis 2 milliards d'euros de fonds verts,
05:22alors qu'il devrait augmenter le fonds verts,
05:24C'est bien ce que vous allez en avoir besoin
05:26pour que les villes, justement, en autonomie,
05:28puissent aussi s'adapter aux changements.
05:30Et vous soulignez un point qui est majeur,
05:31c'est la contractualisation,
05:33le contrat au sens juridique, économique, social,
05:36et le contrat de confiance entre l'État et les collectivités,
05:39pour adresser un sujet qui est un sujet de moyen et de long terme,
05:42avec aucune visibilité,
05:44sur la manière dont l'État va organiser
05:47ses financements dans les années à venir,
05:49comment il prend sa part.
05:50Vous voyez, une école, c'est certes,
05:51gérée par les villes,
05:52on a la responsabilité des écoles primaires,
05:54mais pour autant, plus de la moitié du temps
05:56est occupée par l'éducation nationale.
05:58Donc on interroge, on a interrogé aussi,
06:01l'administration centrale, le gouvernement,
06:03sur quelle part il allait prendre
06:05à l'adaptation de nos écoles,
06:07puisque c'est pour occuper majoritairement
06:09du temps qui est dédié à l'éducation nationale.
06:12Alors, est-ce que vous pensez que cet épisode caniculaire,
06:14enfin ce deuxième épisode caniculaire,
06:16même qu'on vient de vivre après mois de mai
06:18et mois de juin, très précoce,
06:19est-ce que ça va agir, selon vous, comme un déclic ?
06:22Alors, nous, encore une fois,
06:23je parle pour Neuilly, mais beaucoup de collectivités,
06:27de mairies sont dans la même situation.
06:30On fait extrêmement attention à garder
06:32des marges de manœuvre d'investissement.
06:33Donc on a des marges de manœuvre,
06:35l'État nous en prend de plus en plus,
06:37puisqu'il vient puiser dans ce qu'on appelle
06:38notre épargne brut pour abonder son déficit public,
06:41mais nos marges de manœuvre,
06:43il faut que l'État nous les laisse,
06:44parce qu'à défaut, lui, de faire les développements
06:47et les investissements qu'il faut,
06:49nous, on peut les faire, on va les faire,
06:50on est contraints de les faire,
06:51et on a envie de les faire. Pour autant, il ne faut pas
06:53que l'État, non seulement ne nous finance pas,
06:55mais il vienne puiser dans nos comptes
06:57pour pallier son incurie
06:59et son inconséquence budgétaire.
07:00Moi, ce que je crains, c'est que,
07:02alors qu'il faut investir dans toute une série
07:05de composantes, dont la transition énergétique,
07:07on voit d'ores et déjà les perspectives
07:09sur la loi de finances 2027,
07:10qui va être extrêmement violente, extrêmement dure.
07:13On va avoir un déficit qui a dérapé,
07:15on va avoir des taux d'intérêt qui vont monter,
07:17on a des priorités dans tous les sens
07:19à financer, et je crains
07:21qu'il y ait une tension au moment de la loi de finances
07:23qui augmente l'écart
07:25entre ce qu'il faudrait faire
07:26et ce qu'on pourra faire,
07:27et qu'à trop attendre
07:29et à trop dégrader
07:32nos finances publiques,
07:33on va prendre du retard
07:34sur des objectifs,
07:35comme vous l'évoquez,
07:36sur lesquels on devrait au contraire accélérer.
07:38Et on aurait dû peut-être même accélérer
07:39il y a déjà quelques années.
07:41Oui, parce qu'agir dans la précipitation,
07:44c'est contre-productif.
07:45D'abord, on achète mal,
07:47on achète cher,
07:48on n'achète pas forcément
07:50la solution,
07:51parce qu'on n'apprécie pas
07:53dans l'urgence
07:54un petit peu le caractère global
07:56des solutions à mettre en œuvre.
07:57Une école, vous voyez,
07:58c'est de la clim,
07:59mais pas que.
08:00C'est des clims, par exemple,
08:01dans les dortoirs des maternelles,
08:02ça peut être des brasseurs d'air
08:04dans certaines classes,
08:05c'est des rideaux occultants
08:06pour les façades qui sont plein sud,
08:08c'est une végétalisation des cours.
08:10Donc, tout ça se prépare,
08:11tout ça se commande,
08:12tout ça s'organise.
08:13C'est aussi un sujet
08:14sur le nombre d'écoles,
08:15puisqu'il y a une baisse
08:16de la démographie scolaire,
08:17donc il faut s'interroger
08:18sur des regroupements d'écoles,
08:19plutôt qu'en avoir plein
08:20avec 20% de vacances,
08:22peut-être réduire un peu
08:23le nombre d'écoles,
08:24mais avoir des écoles
08:25hyper bien équipées
08:26en termes d'accompagnement énergétique.
08:28Et je rappelle,
08:28Jean-Christophe Romantin,
08:29que vous êtes maire
08:30de Neuilly-sur-Seine.
08:31Il y a un vote important
08:32à l'Assemblée nationale
08:33cet après-midi,
08:34le vote solennel
08:35sur la proposition
08:35de la loi
08:37sur la fin de vie,
08:39comme on l'a appelé,
08:43François Bayrou,
08:44qui était ce matin
08:44l'invité de Laurence Ferrari
08:45sur CNews et Europe 1.
08:47L'ancien Premier ministre
08:48affirme qu'il n'aurait pas
08:49voté ce texte.
08:51Non, je ne l'aurais pas voté.
08:52C'est un immense problème
08:54de conscience,
08:55parce que dans tous les pays
08:57où ce texte a été voté,
08:59ça a fait tâche d'huile.
09:00Ça s'immisce
09:02dans la conscience générale.
09:04Et ça se multiplie.
09:06Ça se multiplie pour qui ?
09:07Pas pour les gens
09:08qui sont avantagés,
09:10qui ont les moyens.
09:11C'est pour les autres
09:12que ça vient.
09:13Tous les médecins
09:14qui travaillent
09:15dans ces admirables services
09:16de soins palliatifs
09:17disent
09:18« Il ne faut pas faire ça.
09:19Donnez-nous les moyens
09:21de soulager la douleur. »
09:22On a constaté
09:22une chose très simple.
09:24Parmi tous les gens
09:25qui sont en soins palliatifs
09:26et qui voulaient avant
09:27qu'on leur applique
09:28cette fin de vie,
09:31il n'y en a plus
09:32que 2 ou 3 %
09:33s'ils sont soulagés
09:34de la douleur
09:35qui veulent continuer.
09:37Et vous alors,
09:37Jean-Christophe Fromantin ?
09:39De quel côté
09:40vous situez-vous
09:40sur ce texte ?
09:41Je partage complètement.
09:42Si j'étais encore parlementaire,
09:43je ne voterais pas ce texte
09:45et je me battrais
09:45même pour qu'il n'existe pas.
09:47C'est un aveu d'échec.
09:49C'est une société
09:50qui n'a pas intégré
09:52la vulnérabilité,
09:53les fragilités
09:54comme étant un élément
09:54de progrès, finalement.
09:57C'est une société
09:58qui renonce,
09:58une société qui cherche
09:59la solution
10:00la plus expéditive,
10:01la plus facile,
10:02celle d'abréger la vie.
10:05La philosophe Simone Veil
10:06disait une très belle phrase,
10:07elle disait
10:08la compassion pour la fragilité
10:10est liée à l'amour
10:10pour la véritable beauté.
10:13Cette phrase,
10:13elle dit tout,
10:14elle dit en fin de compte
10:15même la qualité
10:16des relations humaines.
10:18Elle se révèle
10:19dans la fragilité
10:20quand à un moment
10:20on a besoin
10:21d'adresser cette fragilité.
10:23Et là, je trouve
10:23qu'on a un expédient législatif
10:26qui occupe en plus
10:26la galerie
10:27dans un moment
10:27où il y a quand même
10:28beaucoup, beaucoup d'enjeux,
10:29qui n'offre pas
10:30un débat serein,
10:31qui offre un débat précipité
10:32sur lequel le président
10:33de la République
10:34renonce aussi
10:35à des engagements
10:35qu'il avait pris
10:36notamment vis-à-vis
10:37des maisons de retraite
10:39confessionnelles
10:39qui ne peuvent pas
10:40intégrer cet expédient
10:42dans leur manière
10:43d'adresser la fin de la vie.
10:45En gros,
10:45elles ne vont pas pouvoir
10:46s'y opposer.
10:48La tribune de M. Rouget
10:49était extrêmement juste,
10:51extrêmement forte
10:51sur le fait
10:52qu'on pourrait renoncer
10:53à des lieux
10:54qui sont des lieux
10:54de fraternité
10:55au sens beau du mot
10:56parce que justement
10:57Lucas administratif
10:58qui devrait découler
10:59de la loi
11:00empêchera cette beauté
11:01de la fin de vie
11:02dès lors qu'on sait
11:03l'accompagner
11:04et ce que citait
11:05François Bayrou
11:05ou ce qu'a cité
11:07également Philippe Juvin
11:08hier sur le changement
11:09du taux d'envie
11:11d'en finir
11:12dès lors qu'il y avait
11:13une prise en main,
11:14une prise en charge,
11:15une bienveillance,
11:16un amour
11:16même au sens affectif
11:18profond du mot.
11:20Elle dit beaucoup
11:20quand même d'une société
11:21qui devient totalement
11:22matérialisée,
11:23qui renonce
11:24à ce qui fait
11:24le sel de la vie
11:25et qui cherche
11:26du court terme
11:28un peu comme le débat
11:29qu'on avait avant.
11:30C'est-à-dire que le court terme
11:31qui dicte tout,
11:32qui précide tout,
11:33qui rythme tout,
11:35on l'a dans une version
11:38canicule,
11:38on l'a dans une version
11:39bien pire
11:39qui est celle
11:40de vouloir abréger
11:41la fin de vie
11:42dès lors qu'on n'a plus
11:43les moyens
11:43d'accompagner
11:44la fin de vie.
11:45Alors les députés
11:46partisans de ce texte
11:48disent eux
11:48qu'il crée
11:49un nouveau droit
11:50à l'aide à mourir,
11:51que cela éviterait
11:52à certains patients
11:54d'aller dans d'autres pays,
11:55notamment pays
11:57frontaliers de la France,
11:58que ça permet
11:59qu'il est assez cadré
12:00justement
12:01et qu'il n'y aura
12:02pas d'exception
12:03à ce cadre.
12:05Oui,
12:05c'est toujours
12:05la même chose.
12:06On se compare
12:07à ceux qui ont choisi
12:08cette expédiente.
12:09La France,
12:10elle gagnerait,
12:11vous voyez,
12:11avoir peut-être
12:11une autre doctrine là-dessus
12:12justement,
12:13parce que son histoire,
12:14parce que ses valeurs,
12:15parce que ses racines,
12:17parce qu'une construction
12:18qui fait qu'on a toujours
12:19sanctuarisé l'être humain
12:20qui est la priorité
12:21et une société
12:22qui commence à renoncer
12:23à ça
12:24parce que ça se fait ailleurs,
12:25parce qu'effectivement
12:26des pays pratiquent
12:27sans état d'âme,
12:29c'est une société
12:29qui finalement glisse
12:30parce que
12:30on n'a pas à être
12:32comme les autres.
12:32Au nom de quoi
12:33on serait comme les autres ?
12:34Au nom de quoi
12:34on ferait comme les autres ?
12:35Pourquoi on ne ferait pas différent ?
12:37On a une histoire différente ?
12:38On a des valeurs différentes ?
12:39On a un goût pour la vie ?
12:42Et je pense que là
12:42on envoie un signal
12:43extrêmement négatif.
12:44Quand j'étais parlementaire,
12:46j'avais voté contre
12:47la loi Léonie Ticlès
12:49en disant
12:49finalement avec la sédation
12:50profonde et continue,
12:52on ouvre un droit à la mort.
12:53On commence,
12:54on met le pied.
12:55Et j'avais dit
12:56dans le débat parlementaire
12:57à l'époque
12:58que cette loi
12:59que beaucoup avaient voté,
13:00y compris à droite,
13:01de ceux qui sont contre
13:02l'euthanasie,
13:03je leur dis
13:03elle est stratégique
13:06parce que justement
13:06elle nous fait basculer.
13:07Elle nous fait basculer
13:08dans un autre univers
13:09et vous verrez
13:10que de cet univers,
13:11les partisans de l'euthanasie
13:12tireront le fil
13:13très légitimement
13:14et arriveront
13:14à ce qu'on vit aujourd'hui,
13:15c'est-à-dire
13:16un droit à la mort
13:17qui est totalement octogonal
13:19par rapport
13:19à des valeurs de vie.
13:20Jean-Christophe Romantin,
13:22maire de Neillet-sur-Seine,
13:22qui est l'invité
13:23des grands entretiens politiques
13:24d'Europe 1.
13:24Vous militez pour le retour
13:26des provinces.
13:27Alors, vous allez nous expliquer
13:29parce que vous avez même fait
13:30une traversée de la France
13:31à vélo en plein hiver.
13:33A tout de suite sur Europe 1.
13:34Il est 14h16,
13:35vous écoutez Clélie Mathias
13:36sur Europe 1.
13:3813h15,
13:39Europe 1 Info.
13:4013h15,
13:41Europe 1 Info.
13:4314h19 sur Europe 1.
13:44Vous écoutez les grands entretiens
13:46d'Europe 1 Info
13:47avec votre premier invité,
13:48Clélie Mathias,
13:49Jean-Christophe Romantin,
13:50maire de Neuilly
13:51et auteur de l'ouvrage
13:52Le retour des provinces,
13:53une traversée de la France
13:54à vélo,
13:55parue aux éditions
13:56de l'Éclaireur.
13:571500 kilomètres à vélo
13:59en plein hiver.
14:01Un voyage qui est en fait
14:02un terrain d'observation
14:03des territoires français,
14:05de leurs habitants évidemment,
14:06de leurs élus aussi
14:07que vous avez rencontrés,
14:08de leur dynamique.
14:09L'idée pour vous,
14:11c'est de...
14:11Ce qui est assez étonnant
14:13en France,
14:13souvent on a tendance
14:14à avoir ce pouvoir central
14:17et vous vous dites
14:18non, là il faut...
14:19Les provinces aussi,
14:19elles ont leur mot à dire,
14:21elles sont intéressantes
14:21par leur territoire
14:22qui est différent
14:23et il faut finalement
14:25les mettre en valeur.
14:26J'ai fait ce travail
14:27à l'issue d'une thèse
14:29de doctorat d'économie géographique
14:32où j'avais vraiment
14:34travaillé sur la fin
14:35d'un cycle de métropolisation,
14:37la fin d'un cycle
14:38d'hyper-urbanisation
14:39en disant finalement
14:40ce cycle d'hyper-concentration urbaine
14:42il génère aujourd'hui
14:44beaucoup d'externalités négatives
14:45dont les îlots de chaleur
14:47liés à la quénicule
14:49et donc il arrive à la fin
14:51et on voit dans l'histoire
14:52que ces cycles
14:53de polarisation urbaine
14:54sont des cycles
14:55d'un siècle,
14:56un siècle et demi
14:56et donc une fois
14:57que j'ai eu terminé
14:58mes travaux universitaires
14:59j'ai voulu aller les confronter
15:01à la réalité
15:01mais en étant vraiment
15:03moi-même
15:04sans être le maire de Neuilly
15:05qui va dans les territoires
15:08donc j'ai pris mon vélo
15:09je suis parti à Nantes
15:10et j'ai fait Nantes-Strasbourg
15:12pour venir finalement
15:13mettre une touche finale
15:14à ces travaux de recherche
15:15et sonder
15:16et la leçon de cet itinéraire
15:20c'est d'abord
15:20que je pense
15:21qu'il y a une réalité profonde
15:22de décentralisation
15:24qui est devant nous
15:25qu'il faut opérer
15:25accompagner institutionnellement
15:27qu'il faut remettre aussi
15:29des moyens de production
15:31de l'innovation
15:32du capital
15:32de l'épargne
15:33dans les territoires
15:34pour faire lever finalement
15:35une nouvelle ère de prospérité
15:37et puis
15:38ce qui m'a le plus choqué
15:39c'est les gens
15:40qui se considèrent
15:41comme une charge
15:41et non plus comme une chance
15:42pour le pays
15:43c'est-à-dire des gens
15:44qui disent
15:44oui on a des prestations sociales
15:46on a des subventions
15:47il n'y a pas de problème
15:47mais nous ce qu'on veut
15:49c'est simplement
15:49montrer qu'on est une chance
15:50pour le pays
15:51dans notre village
15:52dans notre territoire
15:52dans notre exploitation agricole
15:54dans notre artisanat
15:54et quand dans un pays
15:56vous avez
15:57certains qui se considèrent
15:58comme une chance
15:59un petit peu
16:00le monde microcosmique
16:02métropolitain
16:02la start-up nation
16:03cette élite urbaine
16:05qui se considère
16:05comme une chance
16:06et que vous avez
16:0790% des gens
16:07qui se perçoivent
16:09comme une charge
16:10vous n'avez plus de société
16:11c'est la mort
16:12c'est la faim
16:12c'est mortifère
16:13et donc un pays
16:14surtout un pays comme le nôtre
16:15qui a une richesse culturelle
16:16et géographique extraordinaire
16:18elle doit faire en sorte
16:19de féconder cette richesse
16:20par de l'innovation
16:21de telle manière
16:22à ce que tous les français
16:23tous les villages
16:24chaque mètre carré
16:24soit une chance pour le pays
16:26et non pas une charge
16:27et ça vous voyez
16:28c'est un peu la théorie
16:29du ruissellement
16:30qu'on a théorisé
16:31avec la start-up nation
16:32on a dit
16:33la richesse se crée
16:34dans un microcosme
16:36métropolitain mondial
16:37et en fin de compte
16:37les autres bénéficient
16:39du ruissellement
16:39et ça ça ne marche pas
16:40une société ne fonctionne pas
16:42avec des obligés
16:43et des élites
16:45alors à ce propos justement
16:46est-ce qu'il y a un texte
16:48qui a été voté
16:48par les députés
16:49en première lecture
16:50c'est un projet
16:51de loi constitutionnelle
16:52dotant la Corse
16:52d'un statut
16:53d'autonomie
16:54alors c'est encore pas fait
16:55il y a tout un parcours
16:57législatif et constitutionnel
16:58même
16:58mais est-ce que
16:58dans la foulée
17:00de ce que vous venez de nous dire
17:00est-ce que vous seriez
17:01favorable à plus d'autonomie
17:03là par exemple
17:03pour la Corse
17:04ou pour d'autres
17:04ah mais clairement
17:05ce que je vous souhaite
17:06c'est qu'on ait isolé
17:07le cas de la Corse
17:08comme on avait isolé
17:09le cas de l'Alsace
17:11et qu'on traite comme ça
17:12par petites touches
17:13finalement des cas particuliers
17:14qui ont un peu poussé la voie
17:15pour obtenir ce qu'ils voulaient
17:17je pense que la réflexion
17:18sur l'obsolescence
17:19de la territorialité actuelle
17:21mérite d'être posée
17:22pour ça que j'ai appelé mon livre
17:24le retour des provinces
17:24c'est que j'ai repris l'histoire
17:26à la base
17:28à la fin du 18ème
17:29quand on a eu la révolution
17:31française
17:31et la révolution industrielle
17:32j'ai dit voilà
17:33l'histoire s'est arrêtée là
17:34elle a vécu un cycle
17:35fordiste et jacobin
17:36qui est l'histoire
17:37de cette économie politique
17:39qui a duré deux siècles
17:40maintenant on reprend l'histoire
17:42là où elle est enracinée
17:43et ça on n'y peut rien
17:44c'est comme ça
17:44on a des racines
17:45on a une histoire
17:46on reprend l'histoire
17:47à la fin du 18ème
17:48les provinces
17:49la construction très enracinée
17:52très culturelle
17:53en fin de compte
17:53de ces provinces
17:54et on réécrit
17:55une mise en perspective
17:57d'un projet territorial
17:58politique
17:59économique
17:59géographique
18:00à partir de ces éléments
18:02très structurants
18:03cette armature historique
18:05très structurante
18:06qui fonde
18:06l'histoire de France
18:07ça ne correspond pas forcément
18:09aux régions
18:10telles qu'elles sont actuellement
18:11non alors moi
18:11j'ai appelé
18:12le retour des provinces
18:13parce qu'en fin de compte
18:14vous avez 350
18:15ex-pays
18:16les pays d'ancien régime
18:18qui ont des villes moyennes
18:19qu'on connaît bien
18:21les uns et les autres
18:22et dont on voit
18:23par les églises
18:24par les monastères
18:25par un certain nombre de monuments
18:26qu'elles sont enracinées
18:27qu'elles ont traversées
18:28pour certaines
18:29depuis l'Antiquité
18:30elles ont traversé
18:31l'époque
18:31les époques
18:31les guerres
18:32les cycles économiques
18:33mais qu'elles restent
18:34et donc c'est un peu
18:35la lumière qui reste allumée
18:37dans nos territoires
18:37et moi je reprends cette armature
18:39qui est solide
18:39résiliente
18:40fiable
18:40qui génère un sentiment
18:42d'appartenance très fort
18:43et je la revisite
18:44à l'aune de l'innovation
18:46du monde nouveau
18:47des grands enjeux contemporains
18:49comme l'enjeu économique
18:50climatique
18:50ou les grands enjeux sociaux
18:52puisque vous parlez
18:53des enjeux climatiques
18:54Jean-Luc Mélenchon
18:55je ne sais pas si vous l'avez vu
18:56il a une autre proposition lui
18:57il veut remplacer
18:58enfin il propose de remplacer
18:59les régions de 2015
19:00par des éco-régions
19:01qui suivraient les contours
19:02des bassins hydrographiques
19:03à savoir donc en gros
19:04les fleuves
19:06et justement
19:07parce qu'il dit
19:07que c'est plus facile
19:08pour
19:08on parlait de la canicule
19:10de ses effets
19:10c'est plus facile
19:11de s'adapter
19:12au changement climatique
19:13via ces bassins
19:15fluviaux
19:16qu'avec un découpage
19:18territorial administratif
19:19comme on a actuellement
19:20on est d'accord
19:21la construction administrative
19:24un peu à la serre
19:25n'a aucun sens
19:26il y a deux éléments
19:27qui sont intéressants
19:28pour les régions
19:29c'est qu'elles soient
19:31des entités
19:31susceptibles
19:32de générer
19:33une création brute
19:34d'épargne
19:34qui permettent
19:35de faire tourner
19:35des marchés financiers régionaux
19:36moi je crois énormément
19:37à ça
19:38des marchés de capitaux
19:39régionaux
19:39comme en Allemagne
19:40avec les grandes caisses
19:41d'épargne allemandes
19:42qui financent le temps long
19:43de l'industrie allemande
19:44je crois beaucoup
19:44à cette idée
19:45qu'une région
19:46doit être un marché financier
19:47un espace
19:48qui génère
19:49finalement une ingénierie financière
19:51un marché financier
19:51pour que l'épargne
19:52d'une région
19:53reste dans la région
19:54et vienne justement
19:55fertiliser
19:56une économie régionale
19:57et une industrie régionale
19:58après ce que soulève
19:59Mélenchon
20:00n'est pas inintéressant
20:02c'est-à-dire qu'il y a
20:02effectivement une irrigation
20:03de nos territoires
20:04on le voit surtout
20:05avec une époque
20:06de conténérisation
20:07c'est-à-dire qu'il faut
20:07que ce qu'on appelle
20:08l'interlande
20:09des grands ports maritimes
20:10diffuse et infuse un territoire
20:12pour pas fermer le territoire
20:14à quelques villes
20:15et donc je pense
20:15qu'il faut critériser
20:16ce que ce sera
20:17une région demain
20:18c'est pas tant
20:18un sujet institutionnel
20:20c'est en matière économique
20:21sociale
20:21en matière de flux
20:23quelle est la bonne échelle
20:24pour une région
20:25sachant que quand même
20:26l'armature solide
20:27d'un territoire
20:28ce sont pour moi
20:28les communes
20:29Jean-Christophe Frommantin
20:31un mot de 2027
20:32écoutez François Bayrou
20:33l'ancien premier ministre
20:34qui était l'invité
20:35de Laurence Ferrari
20:35ce matin sur CNews
20:36et Europe 1
20:37il faut des candidats
20:38je suis sûr qu'il y en a
20:39qui vont apparaître
20:40qui ont les épaules
20:42pour être demain matin
20:43président de la République
20:44ça veut dire qu'il n'y en a pas
20:45actuellement
20:45qui ont les épaules ?
20:47Sûrement
20:47peut-être
20:48Edouard Philippe
20:49il n'a pas les épaules ?
20:49Je ne veux pas participer
20:53à ces concours
20:54de beauté
20:55Vous voyez bien
20:56que ce que traduisent
20:58les sondages
20:58c'est comme une insatisfaction
20:59par rapport aux candidats
21:01déjà déclarés
21:02qui ont des qualités
21:03qui ont des mérites
21:04qui ont des vertus
21:05mais qui ne semblent pas
21:07toucher et répondre
21:08à la question
21:10Est-ce que vous
21:10vous voyez un candidat
21:11qui semble
21:13adresser justement
21:14tous ces problèmes ?
21:15Avant de voir un candidat
21:17moi je cherche un peu
21:17une vision
21:18un récit
21:18quel est le projet
21:20de la France ?
21:21Comment la France
21:21se distingue
21:22et entraîne
21:24positivement les Français
21:25dans une perspective
21:26économique, sociale, politique
21:27moderne ?
21:28Et après l'incarnation
21:30elle se fera
21:30mais je pense qu'on n'a pas
21:31posé à l'heure
21:32des grands enjeux
21:34démographiques
21:35économiques
21:36climatiques
21:37qu'on a
21:37on n'a pas aujourd'hui
21:38dans les déclarations
21:39de candidature
21:40des visions
21:41à la hauteur
21:41des enjeux à défendre
21:42Merci beaucoup
21:43Jean-Christophe
21:44Romantin
21:44je rappelle que vous êtes
21:45maire de Neuilly-sur-Seine
21:46et que vous publiez
21:46le retour des provinces
21:47une traversée de la France
21:48à vélo
21:49aux éditions
21:49de l'éclaireur
21:51juste après le journal
21:52permanent de 14h30
21:53sur Europe 1
21:53je reçois Aurélien Lecoq
21:54député
21:55la France Insoumise du Nord
21:56Il est 14h27
21:57et vous écoutez
21:58les grands entretiens politiques
21:59d'Europe 1 Info
22:00c'est avec Lélie Mathias
22:01à tout de suite sur Europe 1
22:0313h15
22:04Europe 1 Info
Commentaires